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Equipements

Dégraissage : la fin programmée des solvants

Publié le 24 avril 2026
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Par Lucas Autréau
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5 min de lecture
Dans un contexte de durcissement des exigences environnementales, les fontaines de dégraissage s’imposent progressivement dans les ateliers. Rapides et simples d’utilisation, elles remplacent peu à peu les solvants traditionnels pour le nettoyage des pièces mécaniques.
Selon Bardahl, les fontaines biologiques nécessitent des vidanges huit à dix fois moins fréquentes que les modèles utilisant des solvants. ©Bardahl
Selon Bardahl, les fontaines biologiques nécessitent des vidanges huit à dix fois moins fréquentes que les modèles utilisant des solvants. ©Bardahl

À l’heure où la durabilité et la recyclabilité des pièces s’imposent comme des enjeux majeurs pour la filière automobile, les ateliers doivent faire évoluer leurs pratiques. Cela concerne aussi des opérations courantes comme le nettoyage des pièces, avec un équipement qui se diffuse progressivement dans les garages : la fontaine de dégraissage.

Principalement utilisée en phase de pré-nettoyage, elle permet d’éliminer les salissures et contaminants présents sur les pièces mécaniques, tels que les graisses, les huiles ou encore les copeaux métalliques. Ce traitement concerne notamment les étriers de frein, les supports d’amortisseurs ou certains éléments de la boîte de vitesses, souvent encrassés du fait de conditions d’utilisation intensives.

Vers des ateliers sans solvants

Le principe reste relativement simple : une solution dégraissante circule dans la machine et est appliquée sur les pièces pour assurer leur nettoyage. Mais pour répondre aux nouvelles attentes des réparateurs, ces équipements ont eux aussi évolué avec désormais plusieurs versions disponibles : fontaines manuelles, cœur historique du marché, modèles à haute pression et systèmes automatisés. "C’est un marché en pleine mutation, qui s’oriente vers la substitution des solvants", observe Laurent Lazeron, directeur commercial chez Bardahl.

Cette évolution marque un tournant. Pendant longtemps, les solvants chimiques ont été privilégiés pour leur efficacité de dégraissage, malgré leur caractère potentiellement nocif pour les opérateurs et l’environnement. "Les solvants peuvent pénétrer dans les pores de la peau si les opérateurs ne portent pas de gants. Ils peuvent aussi être inhalés, avec des risques pour la santé", résume Aurélien Boureille, directeur commercial chez Mewa.

Présente sur ce segment depuis une quinzaine d’années, l’entreprise développe notamment des solutions sans COV (composés organiques volatils). "Cela permet aux collaborateurs et aux entreprises de ne pas se mettre en danger", poursuit Aurélien Boureille. De son côté, BPAC mise sur les fontaines à haute pression pour améliorer la productivité des ateliers, avec un gain estimé à 50 %. "Ces appareils permettent un nettoyage plus en profondeur, plus efficace et plus rapide", affirme Frédéric Olivier, président de BPAC. Bardahl, pour sa part, développe une solution sans solvant afin de limiter l’exposition des opérateurs aux produits chimiques. "Les fontaines de dégraissage permettent de nettoyer autrement en conjuguant efficacité de nettoyage et confort de travail", ajoute Laurent Lazeron.

Les fontaines biologiques : de la nouveauté à la norme

Dans ce contexte, les acteurs du secteur convergent vers des solutions plus respectueuses de l’environnement, et en particulier les fontaines biologiques. "Elles sont en train de remplacer tous les autres types de fontaines", observe Aurélien Boureille. Cet essor s’explique notamment par le durcissement des normes environnementales, comme le règlement européen Reach qui encadre l’utilisation des substances chimiques, mais aussi par la généralisation de démarches environnementales structurées, comme la certification ISO 14001.

Ce contexte pousse les fabricants à accélérer leurs efforts d’innovation pour proposer des solutions à la fois performantes et durables. "Les développements porteront surtout sur la qualité des détergents, leur efficacité et leur compatibilité avec l’environnement de travail", conclut Frédéric Olivier.

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Mewa : quand le dégraissage devient automatique

Avec l’Eco-Matic, Mewa lance pour la première fois une fontaine de dégraissage entièrement automatisée. Conçue pour éliminer les salissures tenaces, elle vise à optimiser le nettoyage et à limiter les opérations manuelles. Les pièces à traiter sont placées dans un panier rotatif. Une fois le cycle lancé, 21 buses projettent la solution aqueuse de nettoyage dans trois directions, par le haut, le bas et les côtés, pour assurer un lavage complet. Les pièces sont nettoyées sous une pression de 6 bars et à une température de 41 °C pendant la rotation du panier, garantissant un traitement homogène. La durée du cycle est réglable manuellement et peut atteindre 30 minutes selon le niveau d’encrassement.

Au-delà de ses performances, l’Eco-Matic se veut également respectueuse de l’environnement. La solution de nettoyage est à base d’eau et ne contient pas de COV. L’utilisation de produits non étiquetés et non inflammables contribue également à améliorer la sécurité et la santé des techniciens. Associé à des agents dégraissants et à des micro-organismes, le système permet ainsi d’assurer un nettoyage efficace tout en apportant un gain de productivité aux ateliers et à leurs clients.

 

Ocean Lagoon, la fontaine biologique portable

Bardahl poursuit l’extension de sa gamme de fontaines biologiques avec l’Ocean Lagoon, sa première fontaine portable. Compacte, elle dispose d’un réservoir de 10 litres et affiche des dimensions de 710 × 440 × 360 mm en capot fermé. Avec un poids à vide de 9,8 kg et deux poignées de transport, l’équipement mise sur la mobilité pour accompagner les différentes opérations de maintenance. L’espace de travail permet ainsi d’assurer la préparation, le nettoyage et l’égouttage des pièces mécaniques, notamment pour les systèmes de freinage. Les poignées intégrées à la cuve facilitent également la vidange grâce à un bec verseur dédié.

L'aspersion des pièces est aussi facilitée par la présence d'une brosse interchangeable et d'un pinceau logé dans le capot. Comme les modèles 100 L, 60 L et 40 L de la gamme, cette machine intègre la solution Beeclean, reposant sur un mélange de tensioactifs et de micro-organismes capables de dégrader les hydrocarbures. Ce procédé, sans solvants, permet ainsi d’assurer un nettoyage efficace à température ambiante tout en limitant l’exposition des opérateurs aux produits chimiques.

 

Une fontaine en inox pour un usage intensif

BPAC se dote d'une nouvelle fontaine à haute pression avec son modèle tout inox 304SUS, pour optimiser le traitement des pièces dans les ateliers. Sa puissance de lavage, pouvant atteindre 8 bars, et la mise en chauffe du liquide, réglable jusqu’à 50 °C, permettent d’éliminer les salissures les plus tenaces. L'ergonomie et la sécurité sont également au cœur du dispositif. Le lavage des pièces s'effectue dans une cabine entièrement fermée, offrant une protection contre les éclaboussures de détergents et les odeurs d'huiles ou de graisses potentiellement nocives.

Le système intègre un ventilateur d'air externe pour aérer l'espace. La machine peut supporter un poids de 70 kg, avec des dimensions intérieures de 61 × 51 × 36 cm. Équipée d'un détergent Fontwash et d'une lumière LED, elle facilite le nettoyage des cavités, y compris dans les zones les plus difficiles d’accès, tout en réduisant la consommation énergétique. Côté performance, la fontaine dispose d'une capacité de nettoyage de 8 à 20 litres et d'une résistance de chauffage de 1200 W. La présence d’un pistolet et son débit de recirculation de 0,8 l/min assurent un nettoyage efficace, avec un temps de lavage qui pourrait être réduit jusqu’à 50 %, selon le fabricant.

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