Dégraissage : la fin programmée des solvants

À l’heure où la durabilité et la recyclabilité des pièces s’imposent comme des enjeux majeurs pour la filière automobile, les ateliers doivent faire évoluer leurs pratiques. Cela concerne aussi des opérations courantes comme le nettoyage des pièces, avec un équipement qui se diffuse progressivement dans les garages : la fontaine de dégraissage.
Principalement utilisée en phase de pré-nettoyage, elle permet d’éliminer les salissures et contaminants présents sur les pièces mécaniques, tels que les graisses, les huiles ou encore les copeaux métalliques. Ce traitement concerne notamment les étriers de frein, les supports d’amortisseurs ou certains éléments de la boîte de vitesses, souvent encrassés du fait de conditions d’utilisation intensives.
Vers des ateliers sans solvants
Le principe reste relativement simple : une solution dégraissante circule dans la machine et est appliquée sur les pièces pour assurer leur nettoyage. Mais pour répondre aux nouvelles attentes des réparateurs, ces équipements ont eux aussi évolué avec désormais plusieurs versions disponibles : fontaines manuelles, cœur historique du marché, modèles à haute pression et systèmes automatisés. "C’est un marché en pleine mutation, qui s’oriente vers la substitution des solvants", observe Laurent Lazeron, directeur commercial chez Bardahl.
Cette évolution marque un tournant. Pendant longtemps, les solvants chimiques ont été privilégiés pour leur efficacité de dégraissage, malgré leur caractère potentiellement nocif pour les opérateurs et l’environnement. "Les solvants peuvent pénétrer dans les pores de la peau si les opérateurs ne portent pas de gants. Ils peuvent aussi être inhalés, avec des risques pour la santé", résume Aurélien Boureille, directeur commercial chez Mewa.
Présente sur ce segment depuis une quinzaine d’années, l’entreprise développe notamment des solutions sans COV (composés organiques volatils). "Cela permet aux collaborateurs et aux entreprises de ne pas se mettre en danger", poursuit Aurélien Boureille. De son côté, BPAC mise sur les fontaines à haute pression pour améliorer la productivité des ateliers, avec un gain estimé à 50 %. "Ces appareils permettent un nettoyage plus en profondeur, plus efficace et plus rapide", affirme Frédéric Olivier, président de BPAC. Bardahl, pour sa part, développe une solution sans solvant afin de limiter l’exposition des opérateurs aux produits chimiques. "Les fontaines de dégraissage permettent de nettoyer autrement en conjuguant efficacité de nettoyage et confort de travail", ajoute Laurent Lazeron.
Les fontaines biologiques : de la nouveauté à la norme
Dans ce contexte, les acteurs du secteur convergent vers des solutions plus respectueuses de l’environnement, et en particulier les fontaines biologiques. "Elles sont en train de remplacer tous les autres types de fontaines", observe Aurélien Boureille. Cet essor s’explique notamment par le durcissement des normes environnementales, comme le règlement européen Reach qui encadre l’utilisation des substances chimiques, mais aussi par la généralisation de démarches environnementales structurées, comme la certification ISO 14001.
Ce contexte pousse les fabricants à accélérer leurs efforts d’innovation pour proposer des solutions à la fois performantes et durables. "Les développements porteront surtout sur la qualité des détergents, leur efficacité et leur compatibilité avec l’environnement de travail", conclut Frédéric Olivier.
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Mewa : quand le dégraissage devient automatique
Avec l’Eco-Matic, Mewa lance pour la première fois une fontaine de dégraissage entièrement automatisée. Conçue pour éliminer les salissures tenaces, elle vise à optimiser le nettoyage et à limiter les opérations manuelles. Les pièces à traiter sont placées dans un panier rotatif. Une fois le cycle lancé, 21 buses projettent la solution aqueuse de nettoyage dans trois directions, par le haut, le bas et les côtés, pour assurer un lavage complet. Les pièces sont nettoyées sous une pression de 6 bars et à une température de 41 °C pendant la rotation du panier, garantissant un traitement homogène. La durée du cycle est réglable manuellement et peut atteindre 30 minutes selon le niveau d’encrassement.
Au-delà de ses performances, l’Eco-Matic se veut également respectueuse de l’environnement. La solution de nettoyage est à base d’eau et ne contient pas de COV. L’utilisation de produits non étiquetés et non inflammables contribue également à améliorer la sécurité et la santé des techniciens. Associé à des agents dégraissants et à des micro-organismes, le système permet ainsi d’assurer un nettoyage efficace tout en apportant un gain de productivité aux ateliers et à leurs clients.
Ocean Lagoon, la fontaine biologique portable

L'aspersion des pièces est aussi facilitée par la présence d'une brosse interchangeable et d'un pinceau logé dans le capot. Comme les modèles 100 L, 60 L et 40 L de la gamme, cette machine intègre la solution Beeclean, reposant sur un mélange de tensioactifs et de micro-organismes capables de dégrader les hydrocarbures. Ce procédé, sans solvants, permet ainsi d’assurer un nettoyage efficace à température ambiante tout en limitant l’exposition des opérateurs aux produits chimiques.
Une fontaine en inox pour un usage intensif

Le système intègre un ventilateur d'air externe pour aérer l'espace. La machine peut supporter un poids de 70 kg, avec des dimensions intérieures de 61 × 51 × 36 cm. Équipée d'un détergent Fontwash et d'une lumière LED, elle facilite le nettoyage des cavités, y compris dans les zones les plus difficiles d’accès, tout en réduisant la consommation énergétique. Côté performance, la fontaine dispose d'une capacité de nettoyage de 8 à 20 litres et d'une résistance de chauffage de 1200 W. La présence d’un pistolet et son débit de recirculation de 0,8 l/min assurent un nettoyage efficace, avec un temps de lavage qui pourrait être réduit jusqu’à 50 %, selon le fabricant.

