Des stations de climatisation plus automatisées et connectées

Sous l’effet combiné du vieillissement du parc et d’étés plus intenses, les occasions d’intervenir sur les systèmes de climatisation se multiplient. Longtemps perçue comme un service d’appoint, cette activité s’inscrit désormais dans le quotidien des ateliers. Les professionnels – MRA, réseaux indépendants, carrossiers ou centres autos – renforcent leurs équipements pour accompagner cette montée en charge.
Une tendance qui s’accentue avec l’essor des motorisations électriques. "Sur les deux à trois dernières années, le marché a connu une croissance portée notamment par l’arrivée des véhicules électriques, qui nécessitent des systèmes de refroidissement pour leurs batteries", explique Stéphan Descroix, responsable logistique et services après-vente station de recharge chez Texa France.
Un mouvement soutenu par la réglementation européenne de 2017, qui a imposé l’adoption du réfrigérant R1234yf sur les véhicules neufs, contraignant les ateliers à adapter leurs équipements.
Des opérations désormais largement automatisées
Au-delà de leur fonction initiale de recharge, les stations de climatisation se sont transformées en équipements techniques complets. "C’est devenu un outil beaucoup plus complexe, qui intègre de nombreuses fonctions automatisées", constate Hervé Gaftarnik, directeur adjoint du pôle équipements chez Clas.
Le cycle d’intervention reste structuré autour de grandes étapes. Il débute par la récupération et le recyclage du fluide usagé, suivis d’un tirage à vide destiné à assécher le circuit. "La durée minimale de la phase à vide doit être de 20 minutes", précise Rémi Prats, responsable commercial chez Mahle Aftermarket France. Viennent ensuite le test d’étanchéité, puis la recharge en fluide et en huile.
Autrefois réalisées manuellement, ces opérations sont désormais largement automatisées. "L’automatisation est devenue la norme. Elle réduit le temps opérateur, améliore la répétabilité et sécurise les interventions", souligne Adrien Mallinjoud, chef de produit équipement d’atelier chez Bosch. Les stations de dernière génération fonctionnent ainsi en temps masqué, permettant au technicien de se consacrer à d’autres opérations.
Un levier de rentabilité pour les ateliers
Ce gain de productivité se traduit directement sur le plan économique. "En s’équipant d’une station de climatisation, un atelier peut dégager environ 50 euros de marge nette par prestation", estime Hervé Gaftarnik. Du côté de Texa, qui commercialise entre 1 500 et 1 600 machines par an en France, on met en avant la durabilité de ces équipements. "La durée de vie d'une station de climatisation est généralement de 10 à 12 ans", précise Stéphan Descroix.
Et cette automatisation passe aujourd'hui par une interface digitale. Toutes les nouvelles machines sont d'ailleurs équipées d'un écran tactile afin de guider précisément l'opérateur. Objectif : simplifier la prise en main pour le technicien et limiter les risques d'erreur humaine.

Les stations de climatisation modernes intègrent désormais toutes un écran tactile afin de guider plus facilement le technicien. ©Texa
C'est notamment le cas chez SNDC, seul fabricant français du segment, dont les dernières machines intègrent ce type d'interface, avec à la clé un SAV plus efficient. "On peut contrôler la machine à distance et faire un diagnostic rapide en cas de problème. Ça évite de déplacer un technicien", indique Régis Berdoulat, directeur général de SNDC.
Le choix des fluides complique l’équation
À ces mutations technologiques s'ajoute une problématique persistante pour les ateliers : celle du choix des fluides. Malgré l’entrée en vigueur du R1234yf sur les véhicules récents, le vieillissement du parc maintient une forte présence du R134a dans les ateliers. "Aujourd'hui, il y a un équilibre entre les deux gaz", révèle le responsable commercial de Mahle.
Cette situation pose une question concrète aux réparateurs : faut-il investir dans une station polyvalente ou dans deux machines dédiées ? Clas et SNDC préconisent l'utilisation de deux machines. Si elles nécessitent davantage d’espace, elles offrent plus de souplesse. "Cela facilite la logistique. On peut travailler sur deux véhicules simultanément et maintenir l'activité même en cas de panne", affirme Régis Berdoulat.
Des freins encore présents
Malgré ces atouts, certains ateliers hésitent encore à franchir le pas. Le coût d'acquisition constitue le premier obstacle. "Une machine représente un investissement d'environ 3 000 euros", rappelle Hervé Gaftarnik. Les contraintes réglementaires constituent un second frein non négligeable. En France, la manipulation des fluides frigorigènes impose la détention d’une attestation de capacité, impliquant la présence d’un technicien habilité.
En complément, la nouvelle réglementation F-Gas, entrée en vigueur en 2024, impose une traçabilité stricte des fluides pour limiter l'utilisation des gaz à effet de serre fluorés (HFC). Des obligations qui pèsent davantage sur les petites structures indépendantes que sur les organisations plus structurées, généralement mieux dotées en personnel et en équipements.
Vers des stations toujours plus connectées
Les mutations en cours ne constituent pourtant qu'une première étape aux yeux des professionnels. "Les prochaines générations iront vers davantage d’automatisation, de connectivité et d’intégration avec les outils de diagnostic", anticipe Adrien Mallinjoud.
Sur le plan des fluides, de nouvelles solutions pourraient également émerger. Encore marginal, le R744 (CO₂) commence à être adopté par certains constructeurs, notamment allemands, pour ses performances environnementales et thermodynamiques. Dans ce contexte, les stations de climatisation devraient continuer à évoluer pour s’adapter à un environnement technique et réglementaire en mutation.
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Clas : l'AC 9344, entre modernité et conformité

Côté performance, la machine assure un pompage de 100 l/min et une récupération de 95 % à 250 g/min, permettant de réduire sensiblement le temps d'immobilisation du véhicule. Sa bouteille interne de 7 kg offre à l'atelier la possibilité de limiter ses coûts en gaz et de gagner en autonomie entre deux réapprovisionnements. La précision de ±5 g sur la balance gaz garantit quant à elle la conformité aux exigences réglementaires sur les gaz fluorés. Garantie deux ans, l'AC 9344 est également rétrocompatible avec le R134a.
Texa : Konfort 707 Touch, la connectivité au cœur de l’atelier
Dernière-née de la gamme Konfort, la 707 Touch mise sur une utilisation intuitive et connectée. Elle intègre un écran tactile couleur de 7 pouces avec technologie glove touch, permettant une prise en main aisée même avec des gants. Côté connectivité, Wi-Fi et Bluetooth assurent le pilotage à distance, tandis que l’application MyTexa facilite la gestion et la récupération des rapports d’intervention.
La station embarque également une base de données actualisée. La gestion des incondensables, autrefois manuelle, est désormais entièrement automatisée. Avec un réservoir de 10 kg et une pompe à vide simple étage de 100 l/min, elle se veut performante et efficace pour les techniciens. Pensée pour le quotidien des ateliers, elle se distingue aussi par sa maniabilité grâce à ses quatre roues pivotantes. Enfin, elle est compatible avec tous types de véhicules, ainsi qu’avec les réfrigérants R134a/R456A et R1234yf/R444a (dans sa version off road).
Ecoclim : Workshop W134, un équipement haut de gamme qui combine performance et efficacité

Grâce à sa technologie à double électrovanne, elle supprime les clapets anti-retours traditionnels et élimine tout risque de dégazage intempestif. Pensée pour l’atelier, la station intègre une interface tactile connectée, un pilotage à distance sans application et deux bases de données, dont une personnalisable. Polyvalente, elle propose trois tests d’étanchéité et une fonction de rinçage du circuit. La traçabilité des interventions est enfin assurée via des tickets personnalisés, dans une logique d’efficacité et de durabilité.
Bosch : ACS863, une station premium pour le R1234yf
Bosch enrichit sa gamme de stations de climatisation avec l'ACS 863, un modèle entièrement automatique haut de gamme dédié au réfrigérant R1234yf. Pensé pour les ateliers exigeants, il assure une récupération des gaz fluorés jusqu’à 99 %, ainsi qu’une pompe à vide de 170 l/min pour des interventions rapides et efficaces. La machine prend également en charge les huiles PAG et POE et intègre une fonction de rinçage des flexibles.
Dotée d'un système d’injection à conception scellée, elle limite les risques de contamination et s’adapte aux véhicules thermiques, hybrides et électriques. Elle dispose également d'une connexion sans fil avec un accès à la plateforme Bosch Connected Repair afin d'assurer une efficacité opérationnelle. Enfin, la machine dispose d'une capacité de réservoir de 19,5 kg pour assurer l'autonomie nécessaire aux ateliers à fort volume d'activité.
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