Comment Distri Cash a changé de dimension

L’année 2025 marque un cap important pour Distri Cash. Déjà solidement installé dans notre Top 100, le groupe a franchi à l’issue du dernier exercice le seuil symbolique des 100 millions d’euros de chiffre d’affaires dans la pièce détachée. Précision utile car rappelons-le, le grossiste a d’abord bâti sa réputation dans le pneumatique, jusqu’à en devenir un mastodonte dans l’Hexagone avec 700 millions de chiffre d’affaires.
Cette performance est surtout le fruit d’une stratégie engagée depuis plus de dix ans. Longtemps considérée comme une activité complémentaire, travaillée sans véritable fil conducteur, la pièce détachée est devenue un objectif majeur pour Distri Cash à partir de 2014. Cette année-là , l’ouverture de la première DCA Plateforme à Gennevilliers (92) a marqué le début d’une nouvelle phase de développement.
Sans chercher à dupliquer son modèle historique, le groupe basé à Sainte-Soulle (17) a rapidement compris que certaines recettes éprouvées dans le pneu pouvaient être transposées à la pièce. Stock, logistique et force commerciale demeurent ainsi les piliers de son organisation. "La dynamique est bonne sur 2025 comme sur 2026 puisque, fin mai, nous sommes à +15 % sur la pièce. On sait l’entretenir. On se pose toujours des questions, on avance, on investit beaucoup", étaye Jean-Philippe Moyet, président du groupe.
Grandir et voir
Le renforcement de l’offre et l’allongement des gammes font figure de priorité. Chaque mois, partout en France, les stocks évoluent et de nouvelles marques sont intégrées. Cette montée en puissance exige toutefois une vigilance permanente sur le plan logistique. DCA s’appuie aujourd’hui sur huit plateformes en France (Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rennes, Rouen et Toulouse). Ce maillage lui permet de desservir l’ensemble du territoire en H+4.
Là encore, le mouvement est permanent. Gennevilliers, Toulouse et Rouen bénéficient de nouveaux locaux depuis quelques mois, tandis que les autres entrepôts s’inscrivent eux aussi dans une logique d’augmentation continue des capacités. Cette stratégie impose des réaménagements réguliers, mais elle répond à une méthode bien rodée.
"C’est là que notre savoir-faire dans le pneu nous est très utile. Nous avons toujours eu l’habitude de surdimensionner nos plateformes pour anticiper la croissance. Aujourd’hui, nous savons que nous pourrons encore développer la pièce pendant deux ou trois ans. Après quoi, il nous faudra augmenter nos capacités, ce que nous avons déjà anticipé avec des possibilités d’agrandissement", précise Jean-Philippe Moyet.
En parallèle, le projet d’implantation dans l’Est de la France devrait être lancé en 2027. Aujourd’hui desservie par Lyon et Lille, cette région demeure la seule zone encore insuffisamment couverte par le réseau DCA. L’objectif est de concrétiser rapidement ce projet afin d’offrir aux clients locaux un service plus conforme aux standards du groupe.
Le marché a fini par accepter ce nouvel entrant
Cette progression ne saurait être dissociée de la présence terrain de Distri Cash. Avec une force de vente de 66 personnes dans l’Hexagone, le groupe estime disposer d’une organisation solide pour poursuivre son développement et porter son offre auprès des réparateurs. Jean-Philippe Moyet observe d’ailleurs que les réticences exprimées lors du lancement de DCA se sont progressivement dissipées. "Le marché a compris qu’on n’était pas là pour casser les prix en étant hyper agressif."
Fort de cette réussite, le dirigeant ne fixe aucune limite à ses ambitions dans la pièce de rechange. "On veut aller le plus loin possible", affirme-t-il. Initialement visé pour la fin 2026, le seuil des 100 millions d’euros a finalement été atteint avec plusieurs mois d’avance. Distri Cash a donc revu son objectif annuel à la hausse, entre 115 et 120 millions d’euros, et vise désormais une croissance de 15 % par an sur les cinq prochaines années.
Pour maintenir cette cadence, le grossiste pourra aussi s’appuyer sur son partenariat avec Alternative Autoparts. Celui-ci repose sur un échange de compétences et de leviers commerciaux : le pneumatique dans un sens, les relations avec les fabricants de pièces et des conditions d’achat plus compétitives dans l’autre.
Une coopération que Jean- Philippe Moyet juge aujourd’hui équilibrée. "On s’entend très bien avec leurs équipes, on discute régulièrement, on trouve aussi des solutions. Ce partenariat a du sens", conclut Jean-Philippe Moyet. Dans un marché en constante mutation, Distri Cash entend bien continuer à accélérer sans lever le pied.
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