Flauraud : Cédric Kuhn dévoile son plan de redressement

Le Journal de la Rechange et de la Réparation : Flauraud a présenté un PSE pour relancer son activité. Plusieurs informations ont circulé dans la presse régionale sur un projet de fermeture de magasins. Où en est réellement ce dossier aujourd’hui ?
Cédric Kuhn : Il faut déjà rappeler que nous avons lancé le processus d'information et de consultation du PSE le 23 mars 2026. Ce processus prend fin dans trois mois, donc le 23 juin prochain. D'ici là, des arbitrages sont en cours et en discussion. Le projet que nous avons soumis au PSE prévoit effectivement la fermeture de 9 magasins sur les 27 que détient actuellement Flauraud.
Une précision s'impose : certaines informations communiquées dans la presse régionale après l’interview de délégués syndicaux peuvent apparaître comme figées. Mais je tiens à souligner qu'elles restent à l'état de discussion et de négociation.
J2R : Dans le communiqué publié par le groupe, il est évoqué un contexte "profond et durable" concernant les difficultés de Flauraud. Concrètement, qu'est-ce qui ne fonctionne plus aujourd'hui dans le modèle qu'a développé l'entreprise ?
C.K. : Nous avons une organisation démesurée par rapport à l'activité que nous réalisons, sur un marché très concurrentiel où des acteurs bien plus agiles et souples sont capables d'apporter le même niveau de service, voire un niveau supérieur, avec des structures bien plus réduites. Notre masse salariale est, selon les études de marché, quasiment deux fois supérieure à celle des autres acteurs de la distribution.
Nous avons donc besoin de nous recentrer sur l'essentiel : être un distributeur proposant une gamme adaptée au marché, avec des livraisons à la hauteur des attentes de nos clients selon les zones couvertes, et surtout gagner en agilité tout en développant les marchés en croissance.
Je pense notamment à la pièce technique, qui nous permettra de rebondir et de mieux nous positionner, aussi bien face à nos concurrents directs traditionnels comme Autodistribution ou Alliance Automotive, que face aux acteurs du e-commerce présents depuis une dizaine d'années, voire plus récemment, qui captent des parts de marché sur certains types de produits.
J2R : Les neuf magasins que vous souhaitez fermer dans ce plan initial sont-ils des sites structurellement déficitaires, ou s'agit-il plutôt d'un choix stratégique de recentrage géographique de votre maillage ?
C.K. : Ce sont effectivement des sites qui présentent financièrement assez peu d'intérêt pour relancer Flauraud. Plusieurs d'entre eux ont été ouverts assez récemment, selon un nouveau modèle, généralement avec une surface plus réduite, avec moins de stock. Mais ils n'ont pas, à quelques exceptions près, trouvé leur accroche sur le marché, ou du moins pas aussi rapidement que prévu.
Partant de ce constat, nous estimons néanmoins pouvoir sécuriser les clients sur les périmètres actuellement couverts par les magasins que nous allons fermer, en gagnant en souplesse et en améliorant nos circuits de navettes de distribution.
Nous disposons de véritables locomotives parmi nos magasins, des sites très profitables sur lesquels nous voulons capitaliser pour nous redéployer. Il y a également une logique de recentrage sur les zones que nous maîtrisons, là où l'intensité concurrentielle est moindre et où nous pouvons créer une vraie différence sur le marché.
J2R : Vous n'abandonnez donc pas ces zones de chalandise : l’objectif, c'est de desservir ces endroits à partir des magasins qui seront conservés ?
C.K. : Tout à fait, il y a typiquement la zone de Clermont-Ferrand, où nous avons une plateforme et deux magasins : il est possible de faire plus efficace, avec un dispositif plus "light" en termes d'implantation.
J2R : Est-ce que les magasins conservés ont vocation à être renforcés, notamment en termes de stock, afin d’élargir leur zone de couverture ?
C.K. : L'idée n'est pas d'augmenter les stocks, c'est au contraire quelque chose que nous souhaitons maîtriser. Nous avons hérité de stocks pléthoriques, totalement en décalage avec les attentes de nos clients. Depuis quelques semaines, nous avons donc engagé une révision profonde de notre gamme, en phase avec les Pareto de nos fournisseurs, avec les taux de couverture souhaités, et avec les pièces de grande vente qui constituent notre fonds de commerce.
Ce sont des produits pour lesquels nous ne tolérerons plus de rupture de stock et pour lesquels nous voulons absolument réduire le recours au dépannage. Ce chantier a été ouvert récemment avec l'arrivée de Steven Jouve il y a un mois, et celle d'un nouveau directeur supply chain aujourd'hui même (interview réalisée le 5 mai, ndlr), pour piloter le sujet des stocks et de notre gamme. Mon ambition est claire : d'ici douze mois, nous devons avoir la meilleure gamme du marché avec un taux de dépannage réduit au minimum.
Retrouvez l’intégralité de cet entretien dans Le Journal de la Rechange et de la Réparation n°164, à paraître en juin 2026.
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