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Distribution

Global Distribution revoit son modèle pour mieux rebondir

Publié le 1 juin 2026
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Par Mohamed Aredjal
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3 min de lecture
Après plusieurs années de croissance rapide, Global Distribution marque une pause. Le distributeur restructure son organisation et centralise ses stocks pour préserver sa rentabilité dans un marché plus tendu. Une transition assumée par le spécialiste de la pièce poids lourd qui prépare sa prochaine phase de développement.
Régis Verne, fondateur et PDG de Global Distribution, a engagé en 2025 une profonde réorganisation de son réseau d'agences, avec pour priorité la consolidation logistique et l'amélioration de la rentabilité du groupe. ©J2R
Régis Verne, fondateur et PDG de Global Distribution, a engagé en 2025 une profonde réorganisation de son réseau d'agences, avec pour priorité la consolidation logistique et l'amélioration de la rentabilité du groupe. ©J2R

Pendant plusieurs années, Global Distribution a avancé à vive allure. Multiplication des ouvertures, acquisitions, extension du maillage… Le distributeur de pièces pour véhicules industriels s’est imposé comme l’un des acteurs les plus dynamiques du secteur. Mais après cette phase d’expansion, l’entreprise, membre du groupement Nexus Automotive France, a décidé de revoir son organisation.

"On s’est posés, parce qu’on a eu beaucoup de développement pendant plusieurs années. Et à un moment, il a fallu se poser pour mieux s’organiser, notamment sur tout le plan logistique", explique Régis Verne, gérant de Global Distribution.

Le groupe a ainsi engagé un important travail de rationalisation de ses structures. Plusieurs sites ont été fermés ou absorbés par des agences plus importantes. L’agence de Fréjus (83), jugée insuffisamment rentable, a cessé son activité. Celle de Brignoles (83), acquise en septembre 2024 lors du rachat de New Trucks Services, a été intégrée à la structure de Vitrolles (13). Même logique pour Salon-de-Provence (13), dont l’activité est progressivement transférée vers Carpentras (84).

Derrière ces décisions, le distributeur assume une nouvelle logique logistique. "L’idée aujourd’hui chez Global, c’est de faire des plus gros call centers, des plus gros stocks et des plus gros magasins quand on a une proximité géographique." Une stratégie qui vise autant à réduire les coûts qu’à améliorer la qualité de service.

Une logistique recentrée

Le cœur du projet se situe désormais à Carpentras. Global Distribution y transforme progressivement son site en plateforme centrale pour le groupe. L’entreprise y a réorganisé ses espaces de stockage, investi dans de nouveaux équipements et retravaillé ses flux logistiques.

Objectif : éviter les doublons entre plusieurs agences proches géographiquement et améliorer la disponibilité des pièces. "L’idée, c’est d’éviter d’avoir deux plateformes séparées d’à peine 60 kilomètres. Ça n’avait plus vraiment de sens", complète Régis Verne.

Le projet s’accompagne aussi d’une centralisation des équipes commerciales et téléphoniques. Là où plusieurs petites agences fonctionnaient auparavant avec des effectifs réduits, Global Distribution privilégie désormais des structures plus importantes et davantage mutualisées.

Cette réorganisation repose également sur un important travail réalisé autour de la gestion des stocks. Le distributeur s’est doté de nouveaux outils informatiques lui permettant d’affiner son pilotage et ses approvisionnements. "Nos développeurs informatiques nous ont permis d’optimiser notre stock", ajoute le dirigeant.

Global Distribution a également remplacé son système téléphonique par une solution intégrant de l’intelligence artificielle. Celle-ci retranscrit automatiquement les échanges et facilite les recherches internes. "On va beaucoup plus vite, on recherche beaucoup plus vite, et on a développé plein d’outils qui optimisent aujourd’hui notre service."

Une rentabilité sous surveillance

Cette restructuration intervient dans un contexte de marché tendu pour la distribution de pièces pour poids lourds. Comme beaucoup d’acteurs du secteur, Global Distribution constate un ralentissement des dépenses chez les transporteurs. Pour Régis Verne, les difficultés actuelles sont avant tout liées aux tensions sur la trésorerie de ses clients.

Quand une entreprise a un problème de trésorerie, qu’est-ce qu’elle fait ? Elle réduit ses dépenses. Donc les transporteurs reportent tous les projets de remise en état du matériel.

Le dirigeant observe également une forte pression sur les coûts d’exploitation, notamment liée à la hausse du gazole et du transport. Global Distribution indique d’ailleurs avoir subi une augmentation de 15 % de ses frais logistiques à partir du mois de mars.

Dans ce contexte, l’entreprise a choisi de privilégier la rentabilité plutôt que la croissance à tout prix. Le chiffre d’affaires recule légèrement, notamment en raison des fermetures d’agences et de l’abandon volontaire de certains dossiers jugés peu sécurisés. "On a aussi fait des choix très stratégiques sur certains clients. Des clients à faible rentabilité, ou avec des difficultés financières."

Cette prudence s’accompagne d’un suivi très strict des encours clients. Une vigilance que le distributeur considère aujourd’hui indispensable alors que plusieurs acteurs du marché ont récemment subi des défaillances de clients. "Notre plus gros risque aujourd’hui, ce sont les dépôts de bilan."

Global Distribution met le cap sur 2027

Avec environ 73 salariés aujourd’hui, Global Distribution estime avoir désormais quasiment achevé sa phase de consolidation. Le groupe prévoit de finaliser l’ensemble des transferts logistiques d’ici fin août avant d’ouvrir une nouvelle séquence.

Le distributeur n’abandonne pas pour autant ses ambitions de développement. Mais celles-ci prendront une forme différente. "Aujourd’hui, on réfléchit davantage avec une logique logistique qu’avec un modèle classique d’agences", confie le dirigeant.

Grâce aux outils numériques et à l’organisation centralisée mise en place, Global Distribution envisage désormais de multiplier les points de distribution légers plutôt que d’ouvrir de grandes structures régionales. Une stratégie que le groupe pourrait déployer à partir de 2027 ou 2028 selon l’évolution du marché.

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