Pourquoi AAG est au cœur d'une crise en Espagne

Le différend qui oppose une partie des actionnaires de Groupauto Unión Ibérica (GAUIb) à sa direction ne cesse de s'intensifier. Après plusieurs mois de tensions, six distributeurs, Recambios Nafer, Recambios Valladares, Repuestos Ramiro, Mafecar, Suvima et Voltamper, ont décidé de rendre publique leur position dans un communiqué commun obtenu en exclusivité par nos confrères d'Autopos.
Ces entreprises dénoncent le déroulement des assemblées générales de GAUIb et d'Eurotaller (réseau de garages animé par le groupement), organisées le 22 juin dernier. Elles estiment que ces réunions illustrent une évolution préoccupante de la gouvernance de la centrale.
"GAUIb a pris une tournure inquiétante et est en passe de devenir une structure hiérarchique, à intégration verticale, qui dénature l'esprit de coopération et d'équité qui avait présidé à cette centrale depuis sa création", indiquent les six adhérents signataires du communiqué.
Ils affirment dénoncer depuis plusieurs mois un fonctionnement qu'ils jugent opaque, ainsi qu'un traitement privilégié accordé, selon eux, à AAG, premier actionnaire de GAUIb avec près de 20 % du capital.
Ils évoquent notamment un manque de visibilité sur les relations commerciales avec les fournisseurs, la gestion des contributions financières versées au groupement et les éventuels conflits d'intérêts liés à la place occupée par AAG au sein de la gouvernance.
Des demandes d'explications restées sans réponse
Selon ces six actionnaires, une assemblée générale extraordinaire avait été demandée début mars afin d'obtenir des précisions sur plusieurs sujets sensibles : rémunération des dirigeants, contrats conclus avec les fournisseurs, gestion des remises commerciales ou encore éventuels conflits d'intérêts. Cette requête aurait d'abord été refusée avant que plusieurs de ces points soient finalement inscrits à l'ordre du jour de l'assemblée générale ordinaire.
Les intéressés assurent toutefois n'avoir obtenu aucune des informations sollicitées. Ils reprochent aux administrateurs d'avoir limité les débats et refusé la communication de documents qu'ils jugent indispensables pour exercer leur droit de vote en connaissance de cause.
Les critiques portent également sur l'organisation même des assemblées, avec des horaires inhabituels, un temps de parole restreint et une campagne de délégation de votes en faveur d'AAG qui aurait, selon eux, réduit les possibilités de débat.
Une action en justice ?
Estimant que le dialogue est désormais rompu, les six distributeurs annoncent avoir confié à un cabinet d'avocats l'étude des recours envisageables. Leur objectif est d'engager, si nécessaire, des procédures contre la société, ses administrateurs ou ses dirigeants afin, expliquent-ils, de rétablir des règles de fonctionnement conformes aux intérêts de l'ensemble des associés.
Cette nouvelle étape confirme que la crise interne de GAUIb est loin d'être résolue. À ce stade, les accusations formulées émanent exclusivement des six actionnaires signataires du communiqué publié par Autopos. Aucune réponse de la direction de GAUIb n'accompagnait ces nouvelles révélations au moment de leur publication.
Pour mémoire, Groupauto Unión Ibérica a été créé en 1989 et compte aujourd’hui 27 membres pour 285 points de vente. Alliance Automotive est entré dans son capital en 2020.
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