Réemploi : un groupe espagnol débarque en France et voit grand

C’est fait : Recomotor dispose désormais d’une filiale sur le marché français. Spécialisée dans la distribution de pièces issues de l’économie circulaire (Piec), l’entreprise espagnole, basée à Lleida, a officialisé la création de Casse Recomotor, à Lorp-Sentaraille (Ariège).
Un choix logique pour Recomotor puisque l’Hexagone représente déjà 8 % de son activité. Mais jusqu’ici, sa présence reposait sur une approche commerciale à distance. La société souligne, en outre, que le marché du réemploi tricolore bénéficie aussi d’un cadre réglementaire incitatif, notamment autour de l’obligation pour ateliers de proposer, dans certains cas, des pièces de seconde vie.
"La France constitue la première étape logique de notre expansion internationale. C'est un marché important, plus concentré que le marché espagnol, et dont la réglementation est très en phase avec notre modèle d'économie circulaire. La création de Casse Recomotor nous permet d'agir avec plus de souplesse et d'accélérer notre croissance", annonce Jan Amat, CEO et cofondateur.
Une stratégie sans acquisition immédiate
Contrairement à son développement en Espagne, marqué par l’intégration rapide de plusieurs centres VHU, Recomotor adopte une approche plus progressive en France. Aucune opération de croissance externe n’est prévue à court terme.
La priorité est ailleurs : structurer la logistique, sécuriser les flux et développer les ventes à partir du stock existant depuis son entrepôt de Balaguer. Pour accélérer son lancement, l’entreprise a également noué des accords avec des places de marché, notamment eBay et France Casse.
Les ateliers constitueront la principale clientèle du déconstructeur. La répartition devrait rester proche de celle observée en Espagne, où ce canal pèse 85 % du chiffre d’affaires, les 15 % restants étant réalisés auprès des particuliers.
Première étape d’un projet européen
Cette implantation en France s’inscrit dans une ambition plus large pour Recomotor. Fondée il y a moins de six ans, la société a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 9 millions d'euros en 2025, soit près du double de l'année précédente, et vise 14 millions d'euros cette année, une progression de 50 %.
Après avoir consolidé sa base industrielle en Espagne, avec cinq sites VHU et un catalogue dépassant les 300 000 références, le déconstructeur cherche désormais à dupliquer son modèle.
"L’internationalisation est une évolution logique après l’intégration industrielle en Espagne. Notre objectif est de devenir un acteur majeur en Europe du Sud dans le domaine de la pièce de réemploi, en combinant technologie, traçabilité et efficacité logistique", poursuit Jan Amat.
La France doit ainsi servir de point d’appui pour explorer d’autres marchés européens, sans calendrier précis à ce stade. Le groupe cible en priorité des pays offrant un cadre réglementaire comparable et un parc roulant favorable au développement du réemploi. Sur son marché domestique, Recomotor ambitionne de doubler son réseau de centres VHU d'ici deux ans.
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