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Phoenix Mobility recherche des partenaires pour ses solutions rétrofit

Publié le 25 mai 2022
Par Nicolas Girault
4 min de lecture
La start-up grenobloise démarre l’industrialisation de son offre de rétrofit de véhicules utilitaires. A cette fin, Phoenix Mobility constitue désormais un réseau de garage partenaires pour électrifier ces VUL.
Les techniciens de Phoenix Mobility remplacent le bloc moteur thermique par la chaîne de traction électrique (dont 65 % des éléments sont français). ©J2R
Les techniciens de Phoenix Mobility remplacent le bloc moteur thermique par la chaîne de traction électrique (dont 65 % des éléments sont français). ©J2R

Après quatre ans de recherche et développement, Phoenix Mobility lance la commercialisation de son offre de conversion d’utilitaires thermiques en véhicules électriques. "Nous avons déjà rétrofité une dizaine de dépanneuses sur base de Toytota Land Cruiser. Elles circulent actuellement en Ile-de-France", annonce Antoine Desferet, co-cofondateur et directeur des revenus de la start-up. Pour l’instant, l'entreprise transforme uniquement des Renault Trafic, en attendant d’autres VUL… Un premier exemplaire a été proposé à l'essai pour des clients et prospects franciliens.

Parallèlement, Phoenix Mobility met en place son réseau de garagistes partenaires. Elle en compte déjà une vingtaine. Mais, la jeune entreprise a maintenant besoin de sérieusement densifier son maillage, pour élargir sa clientèle. Son ambition est d’en rassembler une centaine d’ici à la fin de l’année.

Réparateurs et prescripteurs

"Nous recherchons d’abord des réparateurs indépendants motivés. Trois niveaux de partenariat leur sont actuellement proposés. Dans un premier temps, nous leur demandons de nous apporter des affaires contre des remises commerciales. Ensuite, nous leur proposerons d’intervenir sur les véhicules que nous électrifions, après une formation à la maintenance des kits. Enfin, nous formerons ceux qui veulent aller plus loin, pour installer eux-mêmes nos kits sur les véhicules", explique le cofondateur de Phoenix Mobility. Les premières formations à l’installation de kits sont prévues début 2023.

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Les investissements nécessaires pour les candidats sont inférieurs à 20 000 euros s’ils ne sont pas déjà équipés affirme Antoine Desfret. Les réparateurs partenaires doivent d’abord disposer de personnel qualifié avec l’équipement nécessaire pour opérer sur des véhicules électriques. Ils ont aussi besoin d’une table élévatrice et de racks de stockage ignifugés (pour entreposer les batteries). Mais par-dessus tout, "notre typologie de garagistes recherchés est habituée à travailler avec les professionnels et avoir le sens du service pour ce type de clients", ajouté Antoine Desfret.

Relayer l’assistance à distance

Devant le VUL présenté à l'essai, une partie de l'équipe de Phoenix Mobility. De gauche à droite, Chloé Chambrey, Marwan Masmoudi, Charlotte Desprey, Elise Lemoine, Théo Sorret (en bas) et Antoine Desferet. ©J2R

Devant le VUL présenté à l'essai, une partie de l'équipe de Phoenix Mobility. De gauche à droite, Chloé Chambrey, Marwan Masmoudi, Charlotte Desprez, Elise Lemoine, Théo Sorret (en bas) et Antoine Desferet. ©J2R

Avec ce réseau, l’objectif de la jeune pousse est de proposer un panel de prestations à ses clients des grands groupes, artisans et collectivités. Il doit lui permettre de proposer à sa clientèle de la mettre en relation avec des réparateurs agréés. Des prestations de carrosserie et de sellerie lui sont ainsi présentées. Tandis qu’une offre de remise à neuf complète du VUL, en plus du rétrofit, est à l’étude…

Ces garages sélectionnés relaient sur le terrain son assistance de maintenance et diagnostic à distance (six jours sur sept), ainsi que ses garanties sur les composants de ses kits… En complément de ses offres de financement, d’aide à l’installation de bornes de recharge et de formation des conducteurs à l’écoconduite.

A l’origine de ce projet, "nous sommes partis de la question qu’allons-nous faire des millions de véhicules thermiques lors de l’électrification du parc ? Nous avons lancé une étude de marché au cours de laquelle 20 000 demandes de devis nous ont été envoyées pour des VP. Mais le taux de conversion vers de vraies commandes étaient très faibles, en comparaison avec celles concernant les utilitaires – pourtant moins nombreuses au départ", raconte Antoine Desfret. Il précise que la clientèle professionnelle soumise aux contraintes des ZFE a davantage intérêt à transformer ses VUL, notamment lorsqu’ils sont déjà aménagés et floqués.

Homologué à l’UTAC

Il faut compter 28 000 € HT pour payer l’installation d’un kit sur Renault Trafic et bientôt 40 000 € HT pour un Renault Master. Cette somme peut être rabaissée à respectivement 19 000 € et 31 000 €, avec les diverses subventions disponibles. En comparaison, un Renault Master ZE électrique est vendu à partir de 55 000 € (hors aides), tandis que le Renult Trafic n’existe pas encore avec ce type de motorisation. Par ailleurs, "sur l’ensemble du cycle de vie d’un véhicule, un modèle rétrofité est 40 % moins polluant qu’un VN électrique", affirme Antoine Desfret.

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Le système monté sur Renault Trafic et homologué à l’UTAC par Phoenix Mobility est composé d’un moteur de 34 kW/h. Son bloc de batteries (installé à la place de l’ancien réservoir) est complété par un système de freinage régénérateur d’énergie. L’ensemble présente 157 kilomètres d’autonomie – la version en préparation sur Renault Master sera supérieure. Soit une capacité équivalente à plusieurs marques de modèles neufs équivalents… Son surpoids est de 100 kilos en comparaison avec le modèle d’origine. Mais, la réglementation (identique à celle sur le GNV) permet de l’exonérer, lui permettant de conserver sa charge utile. Les cellules des batteries supportent 2 500 cycles de charge-décharge…

Bientôt le Renault Master aussi… et tous les autres

Pour l’instant, la jeune pousse a déjà lancé la transformation des véhicules sur son site grenoblois (38) de 1 500 m2, qui devrait être officiellement inauguré en juin prochain. Six de ses techniciens (appelés à être renforcés par une équipe plus importante) y rétrofitent les VUL, au rythme de trois en même temps. Ils remplacent leur moteur thermique en environ 14 heures. Un travail qui ne devrait pas poser de problèmes pour un réparateur familier de l’architecture de ce modèle d’utilitaire…

Elle compte livrer une vingtaine de Renault Trafic électrifiés cette année et prévoit d’en convertir 200 à 300 en 2023. L’an prochain, l’entreprise lancera parallèlement la transformation de Renault Master. Ceux-ci devraient être rétrofités dans l’Ouest de la France – le site définitif n’a pas encore été sélectionné…  En attendant de proposer des modèles d’autres constructeurs : Fiat Ducato, Citroën Jumper, Peugeot Boxer, etc.

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La start-up espère atteindre plus de 2 000 conversions par an entre 2023 et 2024. Ses dirigeants ont calculé que l’ensemble de leurs développements seront amortis à partir de 800 VUL transformés. Leur force repose sur 35 salariés (dont 27 ingénieurs). Ils sont parvenus à boucler une levée de fond de 3 millions d’euros en octobre dernier et s’apprêtent à en lancer une nouvelle pour accélérer leur développement.

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