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Contrôle technique

Pour ses 30 ans, le contrôle technique retrouve des couleurs

Publié le 18 février 2022
Par Florent Le Marquis
4 min de lecture
Après deux exercices difficiles, le contrôle technique a retrouvé en 2021 son niveau de 2018. Alors qu’il fête ses 30 ans, Dekra est revenu, lors d’un point presse, sur son histoire, son actualité et son avenir.
En 30 ans, le nombre de centres de contrôle technique a doublé. © Dekra
En 30 ans, le nombre de centres de contrôle technique a doublé. © Dekra

Dans la fleur de l’âge. Le 1er janvier 2022, le contrôle technique a fêté ses 30 ans. Trois décennies jalonnées d’évolutions. Hier, jeudi 17 février, Dekra Automotive a fait le point sur l’année écoulée et rappelé les grandes lignes de ces trois décennies. S'il a réalisé un chiffre d'affaires de 3,4 milliards d’euros au niveau mondial en 2021, le réseau détient en France 1 547 centres parmi les 6 496 sites agréés sur le territoire. Le groupe revendique ainsi environ 24 % de part de marché sur le contrôle technique des VL. "Nous œuvrons dans une soixantaine de pays avec plus de 47 800 collaborateurs", ajoute Karine Bonnet, directrice générale de Dekra Automotive.

Une bonne reprise en 2021

En 2021, selon le dernier bilan annuel de l'Utac-OTC, 25 427 131 contrôles ont été réalisés, soit un niveau proche de 2018 en volumes. 2019 avait notamment souffert de la crise des gilets jaunes, et 2020 de la crise sanitaire. De son côté, le taux de contre-visites a chuté de 5,5 % en un an. L’orientation des feux de croisement (4,7 % des véhicules contrôlés), l’opacité, hors limite ou instable (3,2 %) et l’endommagement des pneumatiques (3 %) sont les défaillances majeures les plus récurrentes. Seuls 0,75 % des contrôles donnent lieu à la constatation de défaillances critiques.

Au fil des ans, le taux de contre-visites a baissé, tombant sous les 20 %. © Dekra

Au fil des ans, le taux de contre-visites a baissé, tombant sous les 20 %. © Dekra

"Le parc contrôlé a tendance à vieillir, avec 12,3 ans de moyenne, soit 15 mois de plus qu’il y a 10 ans", décrypte Rémi Courant, directeur qualité et technique chez Dekra Automotive. "Mais le kilométrage reste stable depuis 2015, à 15 000 km en moyenne. Cela laisse penser que ces véhicules roulent un peu moins." Chiffre qui interpelle : 11 % des véhicules contrôlés repartent sans défaillance décelée, contre 26 % à l’origine. Mais la raison est simple : "Le nombre de points de contrôle a augmenté", répond simplement Rémi Courant. Plus de points de contrôle, c’est plus de chances de déceler des défaillances mineures.

Les véhicules Diesel représentent 66 % des véhicules contrôlés. Une part toujours majeure mais qui diminue. Les modèles hybrides (1 %) et électriques (0,3 %, soit 50 000 véhicules) n’occupent encore qu’une faible partie. Mais ces chiffres "auront vocation à augmenter ces prochaines années" selon Rémi Courant.

Stabilité du côté du PL

Du côté du marché poids lourd, la stabilité est de mise : 1,244 million de contrôles ont été réalisés en 2021 contre 1,139 million en 2006. Pour rappel, les transports de marchandises doivent effectuer leur premier contrôle au bout d’un an puis tous les six mois.

"Le taux de prescription est plus bas que pour les VL, à 10,95 %, indique Karine Bonnet. C’est normal, car ces véhicules sont des outils de travail ou de production, il y a donc un enjeu plus prégnant de sécurité et les entreprises sont rigoureuses." L’âge moyen des poids lourds contrôlés est de 9,7 ans. Un chiffre également stable, malgré le renouvellement du parc.

1 000 postes non pourvus

Le contrôle technique va encore évoluer. Préparer l’arrivée en masse des électrifiés est forcément un enjeu majeur, mais il n’est pas le seul pour la branche. "1 000 postes ne sont actuellement pas pourvus", déplore Karine Bonnet. Le nécessité d’avoir un bac pro spécifique en poche depuis 2018 est un frein important. "Cela a raréfié la base de candidats et est donc un frein pour le recrutement", ajoute-elle. Pour y remédier le réseau propose notamment de diversifier les voies d’accès au métier et de réaliser un test d’entrée pour évaluer les capacités du candidat.

Depuis octobre dernier, le contrôle technique fait partie du "package sécurité routière" mis en révision par l’Union européenne. Des évolutions suivront donc encore. Contrôle des véhicules de catégorie L, fréquence des VUL, pollution… Des sujets qui feront encore parler dans les mois et années à venir.

Trois décennies d’évolutions

Karine Bonnet, directrice générale de Dekra Automotive.

Karine Bonnet, directrice générale de Dekra Automotive.

En trois décennies, le contrôle technique a connu moultes évolutions. D’abord sur le plan réglementaire : ce n’est qu’en 1995 que l’âge des véhicules concernés a été avancé de 5 à 4 ans, et l’année suivante que la périodicité suivant ce premier contrôle est passé de 3 à 2 ans. Aussi, de 52 points de contrôle à l’origine lors de la visite périodique, on est aujourd’hui monté à 133. "Les véhicules hybrides et électriques ont fait évoluer la formation initiale et le maintien de qualification", complète Karine Bonnet.

Les évolutions ont aussi eu lieu au niveau des chiffres : le nombre de centres de contrôles VL a presque doublé depuis 1995, et le nombre de contrôles annuels a été multiplié par 2,5, passant de 10,3 millions en 1996 à plus de 25,4 millions en 2021. En revanche, le taux de prescription a chuté, de 25,6 % à 19,47 % sur la même période. "C’est une donnée importante sur l’état du parc contrôlé : il est plus vieux mais en meilleur état, et ce malgré le nombre grandissant de points de contrôle", conclut la directrice générale de Dekra Automotive.

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