Défaillances : plus de 1 200 garages automobiles concernés en un an

Les garages sont en première ligne face à la hausse des défaillances dans l'après-vente automobile. Entre octobre 2025 et septembre 2026, 1 203 entreprises de réparation et de carrosserie ont fait l'objet d'une procédure collective, soit une progression de 9,8 % sur un an. Une tendance qui contraste avec le recul des défaillances dans le contrôle technique et la distribution en gros d'équipements automobiles, selon une étude publiée par Insourcia.
Au total, la plateforme d'analyse des entreprises recense 1 511 défaillances dans les cinq activités de l'après-vente automobile, contre 1 409 sur les douze mois précédents (+7,2 %). Ces données, issues notamment du Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (Bodacc), portent sur les ouvertures de redressements et de liquidations judiciaires.
Cette augmentation s'est surtout manifestée entre avril et juin 2026. Sur ce trimestre, 342 garages ont fait l'objet d'une procédure, contre 273 un an plus tôt (+25,3 %). La progression a été plus modérée durant les trois autres trimestres étudiés, oscillant entre 2 % et 7,7 %.
Des garages deux fois plus exposés que la moyenne nationale
Avec 109 défaillances pour 10 000 entreprises en activité, les garages affichent un taux deux fois supérieur à la moyenne nationale, établie à 53,7 pour 10 000 entreprises, tous secteurs confondus. Il dépasse également largement celui des centres de contrôle technique (56,3).
Les réparateurs ne sont toutefois pas les professionnels de l'automobile les plus exposés. Les distributeurs de pièces et d'équipements affichent des taux encore plus élevés, avec 143,1 défaillances pour 10 000 entreprises dans le commerce de détail et 127 dans le commerce de gros. La vente de véhicules neufs et d'occasion atteint, quant à elle, 139,1.
En volume, les évolutions restent néanmoins contrastées. Les centres de contrôle technique enregistrent 37 défaillances, soit une baisse de 7,5 % sur un an. Le commerce de gros d'équipements automobiles suit la même tendance, avec 74 procédures (-9,8 %), tandis que le commerce de détail en totalise 170 (+5,6 %). Enfin, l'entretien et la réparation d'autres véhicules, notamment les poids lourds, comptabilisent 27 défaillances (-10 %).
Des entreprises souvent liquidées sans redressement
L'étude d'Insourcia dresse également le portrait des entreprises d'après-vente confrontées à ces difficultés. Dans 65 % des cas, une liquidation judiciaire est prononcée dès le premier jugement, sans période de redressement. Les sociétés récemment créées apparaissent particulièrement représentées : près d'une sur quatre (24 %) avait moins de trois ans au moment de la procédure.
Les structures de petite taille sont nombreuses parmi les entreprises concernées. Selon les derniers effectifs connus, 788 employaient entre un et neuf salariés, tandis que 82 n'en comptaient aucun. Les données restent toutefois indisponibles pour 601 entreprises. Au total, Insourcia estime qu'entre 2 541 et 4 595 salariés sont concernés par ces défaillances.
Leur situation financière révèle également certaines fragilités. Parmi les sociétés défaillantes d'au moins trois ans dont les comptes sont disponibles, 28 % présentaient des fonds propres négatifs, contre 12,4 % des entreprises toujours en activité, à ancienneté des comptes comparable.
Le chiffre d'affaires médian des sociétés défaillantes s'établit, pour sa part, à 220 000 euros, contre 309 000 euros pour les entreprises en activité. Une comparaison à considérer avec prudence, puisqu'elle repose sur les comptes publiés d'un échantillon limité de sociétés.
L'ÃŽle-de-France concentre une grande partie de la hausse
Les disparités géographiques sont également marquées. L'Île-de-France apparaît comme la région la plus exposée, avec 275 défaillances dans l'après-vente automobile, contre 231 un an auparavant (+19 %). À elle seule, elle représente 44 des 102 défaillances supplémentaires enregistrées à l'échelle nationale.
Son taux atteint 148,1 procédures pour 10 000 entreprises, devant La Réunion (144,1) et les Hauts-de-France (131,9). Pour les seuls garages franciliens, la situation apparaît encore plus dégradée, avec 221 défaillances, soit une hausse de 27 % sur un an.
À l'opposé, les Pays de la Loire (82,9) et le Centre-Val de Loire (86,2) affichent les taux de défaillance les plus faibles parmi les régions recensées.
Au-delà de l'après-vente, la vente automobile connaît elle aussi une augmentation des procédures collectives. Les distributeurs de véhicules totalisent 1 379 défaillances sur la période, soit une hausse de 9 %. En ajoutant le commerce et la réparation de motocycles, qui enregistrent 133 procédures, l'ensemble de ces activités automobiles cumule 3 023 défaillances en douze mois, contre 2 824 sur la période précédente.

