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Electrification : s'investir avant qu'il ne soit trop tard

Publié le 20 octobre 2022
Par Florent Le Marquis
2 min de lecture
Lors d'une conférence organisée à Equip Auto, la Feda a réuni plusieurs acteurs majeurs de l'écosystème après-vente pour aborder les défis liés à l'électrification du parc. Pièces à forte valeur ajoutée, seconde vie de la batterie... Des sujets qui intéressent en atelier.
Cinq acteurs du secteur étaient réunis lors de cette conférence animée par Emmanuel Taillardat.

Au cœur d'Equip Auto, la Feda a rassemblé les responsables de constructeurs et équipementiers pour répondre aux interrogations de ses adhérents sur les conséquences de la transition énergétique sur le marché de l'après-vente. "70 % des mécaniciens hésitent aujourd'hui lorsqu'ils sont sollicités pour changer une plaquette de frein sur un VE", constate Éric Schuler, président de Valeo Service. Un chiffre démontrant l'importance primordiale d'accompagnement. Cependant, il y a le temps de s'y préparer, car les VE ne représenteront que 16 % du parc en 2030.

"C'est un élément de croissance pour l'IAM pour au moins les vingt années à venir, poursuit Éric Schuler. Certains types de produits dans ces véhicules ont des taux de remplacement intéressants, qui se rapprochent de celui des pièces mécaniques." Avec une offre de plusieurs milliers de pièces et un programme de formation, qui sera enrichi de 23 nouveaux modules en 2023, Valeo compte jouer pleinement son rôle dans l'accompagnement des distributeurs.

Des pièces à valeur ajoutée

"On n'échappera pas à l'électrification du secteur automobile", prévient de son côté Daniel Berreby, directeur commercial France pièces & réseaux chez Bosch. Ce n'est pas une menace mais une opportunité. Ces véhicules seront composés des pièces qui auront une plus forte valeur ajoutée. Elles coûteront plus cher même si elles se changeront moins souvent." L'équipementier propose notamment un câble de recharge universel, accessoire supplémentaire que pourront vendre les garagistes. Côté diagnostic, Bosch aide aussi à distance les réparateurs avec Remote Diagnostic. "Cela ne suffira pas, les ateliers devront être formés", précise tout de même Daniel Berreby.

Il ajoute : "D'autres éléments, comme les alternateurs démarreurs, étriers de frein et autres injecteurs vont connecter avec le VE. Il y aura un taux d'intervention supérieur pour la climatisation, qui est importante pour le refroidissement des batteries."

Oui, les batteries se recyclent

Ces dernières sont d'ailleurs un autre sujet au cœur des questionnements, et particulièrement leur seconde vie. "On entend tout et n’importe quoi sur le recyclage des batteries, déplore Jean-Denis Curt, responsable du pôle économie circulaire de Renault. Mais elle est bien recyclable. Aujourd'hui, Renault recycle 60 % de ses batteries. Nous travaillons avec notre filiale, "The Future is Neutral", pour développer la boucle de recyclage des matériaux. Cobalt, nickel, lithium… ces matériaux pourront être ramenés à un niveau de pureté leur permettant d'être réutilisés. Ce sera une réalité dans trois ou quatre ans."

A l'heure actuelle, le constructeur recycle 60 % de ses batteries, quand la législation impose un minimum de 50 %. Avec 22 centres avec habilitation électrique en Europe, Renault a un taux de réparation supérieur à 90 %. "La majorité dure toute la vie du véhicule, et 50 % ont même une seconde vie", reprend Jean-Denis Curt. Du côté de chez Bosch, Daniel Berreby rappelle qu'"il ne faut pas changer toute la batterie tous les cinq ans, sous peine de générer trop de déchets". Il ajoute : "Nous effectuons des recherches pour remplacer certaines cellules uniquement." Mais le directeur commercial n'a pas manqué de le marteler : "Le parc est encore vieillissant et composé de véhicules thermiques qu'il faudra continuer d'entretenir demain, et il ne faut pas le perdre de vue."

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