Mondial de Paris : l'Europe joue gros sur ses stands
La 91e édition du Mondial de l'Auto s'ouvre le lundi 12 octobre, avec une journée réservée à la presse, avant l'accueil du public du 13 au 18 octobre, Porte de Versailles. Environ 500 000 visiteurs sont attendus par les organisateurs. Serge Gachot, directeur du salon, promet "une belle fête de l'automobile". L'affluence ne devrait toutefois pas masquer les difficultés d'une filière dont le marché demeure inférieur à son niveau de 2019.
Plus de 60 marques automobiles
Annulé en 2020, puis organisé avec une participation réduite en 2022, le rendez-vous parisien retrouve des exposants. Selon son directeur, le nombre de marques est passé de 24 en 2022 à 48 en 2024, pour dépasser la soixantaine cette année. Serge Gachot assure ainsi qu'"on a retrouvé un vrai engouement".
Le groupe Stellantis mobilise huit marques : Alfa Romeo, Citroën, DS Automobiles, Fiat, Lancia, Leapmotor, Opel et Peugeot. Le groupe annonce plus de 60 véhicules exposés. Renault sera également présent, tandis que Mercedes, Hyundai, Volvo et Smart reviennent après leur absence en 2024.
Du côté des équipementiers, leur présence est concentrée sur deux espaces : la Fabrique de l’Innovation du hall 5.1, où se trouvent Forvia, OPmobility et Valeo, et le hall 7.1, plus orienté vers les acteurs spécialisés, la mobilité légère et les technologies émergentes.
La "Deudeuche" au Mondial de Paris
Sur les stands, plusieurs nouveautés devraient susciter l’intérêt. Citroën annonce notamment un concept inspiré de la 2 CV, sans confirmer à ce stade le lancement d'un modèle de série.
Les visiteurs pourront aussi prendre le volant. Le centre d'essais proposera près de 90 voitures et plus de 5 000 créneaux pour découvrir différents modèles, électriques ou hybrides. Des démonstrations de conduite automatisée sous supervision, notamment avec Tesla, sont également annoncées.
Les marques chinoises toujours plus nombreuses
Serge Gachot annonce 25 marques chinoises, contre 10 lors de la précédente édition. Une présence notable dans les halls qui traduit leurs ambitions européennes, mais aussi la pression qu’elles exercent sur les constructeurs historiques. "Il y a aussi une émulation saine avec l'arrivée de nouveaux acteurs très innovants qui encouragent les autres à rester dans la compétition et à se battre", estime Serge Gachot.
Cette concurrence se joue notamment sur la rapidité de renouvellement des produits. Les industriels de l’Empire du Milieu développent une voiture en deux ans au maximum, contre trois ans et demi en moyenne auparavant. Les groupes européens ont dû s’adapter, à l’image de Renault qui a développé sa nouvelle Twingo en 21 mois.
L'inquiétude reste pourtant forte sur le terrain industriel. Dans les colonnes du journal Le Parisien, Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA), a alerté sur le risque de voir disparaître 75 000 emplois supplémentaires en France d'ici à 2035, après 50 000 postes perdus en cinq ans.
Il met notamment en cause la concurrence chinoise et l'échéance européenne de 2035 pour les voitures neuves sans émissions de CO₂ à l'échappement. Une perspective qui alimente le débat sur les moyens de soutenir la production européenne.
Voiture électrique : Paris défend l'Europe
C’est d’ailleurs le sujet qu’entend mettre en avant Emmanuel Macron lors de sa visite prévue le 12 octobre. Le président doit notamment participer à une table ronde sur le véhicule autonome après son passage chez Valeo, Renault et Stellantis, ainsi qu'à la Fabrique de l'Innovation.
Précisons qu’un dîner à l'Élysée a été également organisé le dimanche soir avec une soixantaine d'acteurs européens de la filière. Les constructeurs chinois n'y ont pas été conviés, la présidence privilégiant les entreprises ayant investi de longue date en Europe.
Il reste à définir les conditions du soutien européen. Paris défend une préférence pour les modèles fabriqués dans l'Union, notamment dans l'attribution des financements publics. L'Allemagne et plusieurs autres pays souhaitent une approche intégrant certains partenaires commerciaux.
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