Assurance auto : des sinistres plus rares, mais toujours plus coûteux

En 2025, les assureurs automobiles ont perçu 30,2 milliards d’euros de cotisations (contre 28,1 milliards en 2024) pour assurer 45,9 millions de véhicules légers, indique France Assureurs. Une progression qui ne suffit toutefois pas à absorber l’ensemble de leurs charges. En incluant le coût des sinistres et les frais de gestion, celles-ci représentent 101,2 % des primes collectées. Autrement dit, elles dépassent les recettes de 1,2 %. Ce ratio s’est dégradé de 0,9 point en un an.
Pourtant, la fréquence globale de sinistres – corporels, matériels, vol, incendie, bris de glace et dommages aux véhicules – continue de décroître (de -2,6 %). Seule celle des voitures incendiées a augmenté de 14,7 %. Autrement, la fréquence des dossiers de responsabilité civile matériels baisse de 2,4 %, ceux des corporels de 4,1%, des vols de 7,2 %, des bris de glace de 2,6 %.
La difficulté vient surtout du renchérissement des indemnisations. Selon les garanties, leur coût moyen a augmenté de 3,4 % pour les vols, pour atteindre 4 400 euros, et de 7,5 % pour les sinistres relevant de la responsabilité civile matérielle, dont la facture moyenne s’élève désormais à 2 155 euros.
Primes et bénéfices en hausse
Dans le même temps, la prime moyenne d’un véhicule léger assuré en monocontrat s’est établie à 511 euros hors taxes. Elle progresse ainsi de 6,5 % par rapport à 2024. Une augmentation qui pourrait avoir contribué à la hausse des résiliations, lesquelles ont progressé de 14,5 % en 2025, après une augmentation de 14 % l’année précédente.
Le déficit technique de la branche automobile doit cependant être distingué des résultats globaux enregistrés par les compagnies. L’automobile représente 37,8 % de l’ensemble des activités d’assurance de biens et de responsabilité, mais plusieurs acteurs majeurs du secteur ont publié des comptes bénéficiaires sur la période.
Ainsi, le premier d'entre eux, Covéa, a renoué avec la rentabilité en dégageant un bénéfice de 1,74 milliard d'euros. Le deuxième du podium, Axa, a dégagé un résultat net de 2,21 milliards d'euros, tandis que la Macif a enregistré un bénéfice de 185,5 millions d’euros. Cette bonne santé globale ne devrait toutefois pas écarter de nouvelles hausses tarifaires, les assureurs continuant de mettre en avant l’augmentation du coût moyen des sinistres.
Sur le même sujet
