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Chronopost : le transport est une valeur ajoutée !

Publié le 7 juillet 2011
Par Clotilde Chenevoy
4 min de lecture
Le spécialiste de la messagerie a identifié l’automobile comme un marché prioritaire depuis trois ans. Et sur son plan triennal, Chronopost souhaite encore améliorer son portefeuille de clients BtoB, tout comme son taux de service.
Chronopost a investi plus de 57 millions d’euros dans l’industrialisation de ce hub, dont 20 millions pour le bâtiment et 22,5 millions dans le processus de tri.
Chronopost a investi plus de 57 millions d’euros dans l’industrialisation de ce hub, dont 20 millions pour le bâtiment et 22,5 millions dans le processus de tri.

Il y a trois ans, Chronopost a mis en place une politique de sectorisation des marchés, et a ainsi créé des marchés stratégiques, dont l’automobile fait partie. L’objectif était clair : prendre des parts sur ce secteur, qui englobe les métiers de la conception, la fabrication, la commercialisation et la réparation de l’automobile. Aujourd’hui, le spécialiste de messagerie compte 5 000 clients référents, avec plus de 2,5 millions de colis livrés sur 2010, soit une croissance de 50 % en trois ans.

“Cette progression s’explique selon plusieurs critères, précise Karine Bensimon, chef de marché automobile. D’une part, nous avons mis au point des offres spécifiques au marché automobile. D’autre part, des paramètres conjoncturels doivent être pris en compte, comme la LME, qui a fait baisser les stocks chez les professionnels, générant une augmentation des commandes en express, la crise ayant transformé le service express en facteur de différenciation.” Ce dernier point résume d’ailleurs la philosophie de Chronopost, qui souhaite que la logistique de livraison soit considérée comme une valeur ajoutée pour une entreprise. “On n’est plus dans la logique de livrer un colis d’un point A à un point B, précise la chef de marché. Le transport peut être un atout différenciant. Assurer à son client qu’il sera livré avant 9, 10 ou 13 heures, représente un moyen de fidélisation important. Nous proposons ainsi aux grossistes un suivi complet de toutes leurs livraisons, leur permettant d’identifier le service qu’ils apportent à chacun de leurs clients garagistes. Ces informations peuvent d’ailleurs relativiser l’impact d’un mauvais envoi, ou justifier une facture.”

54 % des MRA veulent une livraison avant 10 heures

Chronopost a effectué une étude auprès des MRA, afin d’identifier l’heure de livraison qui leur convient le mieux. Ainsi, 80 % des réparateurs veulent leurs colis avant 13 heures, 54 % précisant tout de même préférer une réception entre 8 et 10 heures. Le spécialiste de la messagerie a ainsi développé des produits qui correspondent à ces attentes, avec des engagements de livraison, dans l’optique de mieux répondre aux besoins du client final. Comme pour les envois de type Colissimo proposés par La Poste, le colis peut être suivi dès sa prise en charge. Désormais, le client reçoit directement les informations de tracking, il n’a donc plus besoin de faire la recherche lui-même. En cas de problème, Chronopost a créé un service après-vente dédié à l’automobile, pour une prise en charge adaptée.

Bien évidemment, ces promesses clients passent également par un outil logistique adéquat. Chronopost possède 80 agences et 5 hubs, dont celui de Chilly-Mazarin. Le spécialiste de la messagerie a investi au total plus de 57 millions d’euros dans l’industrialisation de ce hub, dont 20 millions pour le bâtiment et 22,5 millions dans le processus de tri. En moyenne, le site traite dans les 200 000 colis par jour, soit environ 60 % des commandes nationales. Le hub a atteint le record, en décembre 2010, de 310 752 colis livrés sur une journée ! Parmi les pièces auto, de nombreux pneus, en provenance d’Europe, transitent sur cette plate-forme.

Un hub de pointe

Au total, le site possède 87 quais de chargement, situés à droite et à gauche des 34 quais de déchargement. L’objectif consiste à répartir les flux sur les deux trieurs, afin que les colis restent le moins de temps possible sur le site. Aujourd’hui, un colis passe seulement 3,30 minutes dans l’entrepôt ! Explications : lors du déchargement, les opérateurs utilisent des systèmes télescopiques qui s’ajustent en hauteur et longueur, pour éviter de porter inutilement les colis ; ces derniers sont donc directement injectés sur le trieur, qui les répartira en scannant le code-barres de 28 caractères qui indique le code postal de la destination, le numéro de l’agence et celui de la tournée de livraison.

Chaque colis est dirigé selon sa destination et intégré sur un trieur, un tapis roulant qui fait 650 mètres de long, avec 5 km de linéaire pour le convoyage. Il sera ensuite pesé et mesuré automatiquement, à l’aide de capteurs, pour être intégré sur une chaîne de transport composée de 800 plateaux basculants posés sur rail et avançant à la vitesse de 2,5 mètres par seconde. Selon son gabarit et son poids, le paquet sera positionné sur un ou deux plateaux, toujours de façon automatique. Il passera tout de suite après par un tunnel, doté de 5 caméras chargées de lire le code-barres. Cette lecture indique alors au système sur quel toboggan le plateau devra basculer, et ainsi rejoindre le point de chargement.

Une telle machine requiert également un entretien très précis. Chronopost réalise de la maintenance préventive comme curative. La plus grosse panne connue a été l’arrêt d’un trieur pendant une heure trente. Chaque panne est scrupuleusement analysée, pour en identifier la cause et y remédier. Par exemple, Chronopost ayant identifié un mauvais jeu de boulons qui tiennent les plateaux, les 800 boulons de la chaîne ont tous été changés. Par précaution. Pas question de provoquer un arrêt de la machine.

Plus de 180 entrées et sorties de camions

Une salle, située en mezzanine, contrôle sur des écrans l’ensemble des opérations intérieures. Elle fait écho à la salle de la vigie, qui gère le flux des camions et des conteneurs. Tout est bien sûr géré informatiquement, à partir d’un plan de transport. Camions et caisses se voient attribuer une place d’attente, de déchargement et de déchargement. La vigie a un œil sur la disponibilité des quais grâce au DCU (Dock control unit). C’est sur cette borne que l’opérateur précise qu’il charge ou décharge, qu’il lui reste dix minutes de temps de travail ou qu’il a fini.

Au total, le site compte, par jour, 180 entrées et sorties de camion ainsi que 450 mouvements de flux des contenants. Ces derniers sont bien sûr adaptés en fonction des besoins de livraison. Ainsi, Chronopost travaille avec des caisses mobiles (appelées Swap), des camions (SPL) et des utilitaires de moins de 3,5 tonnes (qui ont le grand intérêt de rouler à 130 km/h). Pour le directeur du site, le Swap a bien des avantages puisque les caisses se transportent par deux, sur un tracteur, et peuvent être chargées l’une indépendamment de l’autre en quarante-cinq minutes, alors que l’opérateur mettra une heure quinze pour vider un SPL.

Chilly-Mazarin représente le premier hub industrialisé chez Chronopost. Roissy vient tout juste d’être transformé, et les trois autres structures devraient également changer à terme. Fort de cet outil, Chronopost a annoncé un plan triennal, avec des objectifs de croissance sur différents axes, dont le BtoB. La société compte atteindre les 97 % de clientèle pro d’ici 2013, contre 90 % aujourd’hui.

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