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Les ambitions de NSK

Publié le 26 juin 2014
Par Romain Baly
3 min de lecture
Omniprésent en première monte, l’équipementier japonais spécialisé dans les pièces de roulement travaille désormais activement à son développement sur le marché de l’après-vente. Si le message se veut mesuré, les ambitions s’avèrent bien réelles.
Siège de NSK France, à Guyancourt (78).
Siège de NSK France, à Guyancourt (78).

Le Petit Poucet veut grandir ! Acteur méconnu de l’industrie automobile, NSK n’a pourtant rien d’un débutant. Spécialisée dans les roulements et les colonnes de direction, la société japonaise s’est construit une solide réputation depuis près de cent ans. Aujourd’hui, celle-ci emploie 28 000 personnes dans le monde – réparties dans 29 pays et 63 usines – et affiche un chiffre d’affaires de 8 milliards d’euros (données 2013), dont 60 % proviennent de l’industrie automobile. Des chiffres flatteurs corroborés par ceux réalisés en Europe. Arrivée sur le Vieux Continent en 1963, NSK y dégage désormais près d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires et y emploie 3 600 salariés, principalement en Allemagne, en Angleterre, en Pologne et en France. Autant dire que parler d’elle en tant que “Petit Poucet” relève en apparence de l’hérésie. Sauf que, si la présence de l’équipementier en première monte en Europe demeure indéniable et inattaquable – NSK travaillant notamment avec le groupe Volkswagen et l’Alliance Renault-Nissan –, sa visibilité en rechange reste limitée. Une situation expliquée par Jean-Yves Chapelet, directeur Aftermarket Europe : “Cela est essentiellement dû à une différence de culture. Nous sommes une société japonaise et, là-bas, le marché de la rechange est verrouillé par des contrats d’exclusivité, ce qui explique que les principaux fabricants détiennent la majorité du marché après-vente.” Faible jusqu’à peu, l’intérêt de sa société pour ce secteur est désormais bien réel au vu du potentiel qu’elle représente.

Repartir de zéro

Un potentiel qui ne viendra pas forcément de chez nous, l’après-vente y étant déjà bien trop établie, mais davantage du Japon. “Notre dynamique est basée sur notre croissance auprès des principaux constructeurs européens mais surtout sur notre présence chez les constructeurs japonais, étaye Jean-Yves Chapelet. Or, les contrats d’exclusivité qui les lient aux fabricants sont en train de tomber petit à petit.” Le volume de véhicules Toyota, Nissan, Mitsubishi ou encore Honda étant extrêmement important en Europe, se profilent donc de nouvelles perspectives de développement pour NSK. Problème : si la société a pour elle sa solide expérience et son savoir-faire, ces derniers ne concernent que la première monte. Si l’on a tendance à penser qu’il s’agit là d’un avantage pour se développer en rechange (un garagiste étant enclin à changer une pièce par une autre de même marque), Jean-Yves Chapelet réfute complètement cette idée. “Clairement, nous partons d’une feuille blanche”, note-t-il. D’autant plus que son entreprise arrive “après tout le monde” sur un marché dominé de la tête et des épaules par Schaeffler, SKF et NTN-SNR. Depuis deux ans, ses équipes travaillent ainsi à créer une structure commerciale dédiée à l’après-vente. Une tâche colossale dont la première pierre de l’édifice est constituée par l’offre produit. Sur un marché particulièrement concurrentiel où tous présentent un taux de couverture presque maximal, il est désormais devenu impératif de proposer une gamme aussi riche que variée. Roulements pour galets, roulements de poulies “plastique” pour courroies, roulements à doubles rangées de billes, constituent autant de produits forts sur lesquels repose tout le développement de NSK.

25 % de son CA d’ici dix ans

Encore faut-il que ces derniers trouvent preneurs. S’engage alors un autre défi : celui de la distribution. “Là encore, cela nous demande un gros travail”, avoue Jean-Yves Chapelet, expliquant que “la configuration des distributeurs en Europe n’est pas homogène. Dans certaines régions, les plus gros n’étant pas présents, nous devons faire appel à des petites structures spécialisées”. Un travail de fond qui consiste à chercher les distributeurs, à leur présenter les produits et à tenter de les convaincre. A cela s’ajoutera d’ici peu une phase de développement marketing dans le but de faire connaître la marque auprès des professionnels de la réparation. Conscient que sa place actuelle ne lui permet pas de prétendre dès demain aux premiers strapontins, NSK reste malgré tout convaincu de pouvoir se faire une place au soleil à moyen terme. Evalué à 6 % aujourd’hui, l’équipementier estime que son activité rechange devrait représenter 25 % de son CA d’ici dix ans. Un niveau susceptible de le rapprocher de ses principaux concurrents.
 

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