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E-commerce

Comment LPAO compte pousser plus loin le réemploi automobile

Publié le 8 janvier 2026
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Par Mohamed Aredjal
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3 min de lecture
Présent pour la première fois à Equip Auto, LPAO (La Pièce Aut'Occasion) multiplie les initiatives. L'entreprise alsacienne y a dévoilé une plateforme automatisée de recherche de pièces de réemploi pour les professionnels et confirmé l'ouverture, au premier trimestre 2026, d'un nouveau centre VHU en Alsace.
Avec son nouveau centre VHU implanté en Alsace, LPAO entend approfondir le démontage des véhicules et mieux répondre aux besoins du marché de la pièce de réemploi. ©LPAO
Avec son nouveau centre VHU implanté en Alsace, LPAO entend approfondir le démontage des véhicules et mieux répondre aux besoins du marché de la pièce de réemploi. ©LPAO

Fini le temps perdu à multiplier les appels pour traquer une pièce de réemploi. Pour aider les professionnels à trouver facilement leurs PRE, LPAO (La Pièce Aut'Occasion) propose, depuis 2019, un service de recherche sur mesure. Une prestation que la jeune entreprise a améliorée, depuis fin 2024, avec une nouvelle interface qui automatise la recherche parmi les stocks de ses centres VHU partenaires.

Baptisé Quick Scan et présenté lors du salon Equip Auto 2025, l'outil, testé en amont avec plusieurs garages, permet d’effectuer une recherche à partir d’un devis, d’un rapport d’expertise, d’une photo ou encore d’une simple note. Les lignes de demande, dont la plaque d'immatriculation, sont retranscrites automatiquement. Le garagiste vérifie, complète si nécessaire, valide, et la recherche démarre.

La solution ne se limite pas aux ateliers. Les experts y trouvent également leur compte, puisqu'ils peuvent désormais évaluer rapidement la disponibilité des pièces d'occasion et ajuster leurs estimations en conséquence. "L'objectif est de leur fournir une estimation plus juste, fondée sur la pièce d'occasion", précise Laetitia Glasser, directrice de la stratégie et du développement de LPAO. Un calcul plus réaliste qui peut faire la différence entre une réparation viable et une mise à l'épave prématurée.

Une réactivité pensée pour le terrain

Conçu pour répondre aux besoins de toute la chaîne, de l'apprenti à la comptabilité, l'outil archive chaque demande par plaque d'immatriculation. Un historique consultable à chaque passage du client au garage. La réactivité reste au cœur du dispositif : LPAO s'engage à répondre dans la demi-journée, souvent dans l'heure, grâce à des API connectées en temps réel aux stocks des centres partenaires. Cette connexion évite les mauvaises surprises, notamment lorsqu'une pièce vient d'être vendue ailleurs.

Lorsqu'un garage commande plusieurs éléments pour un même véhicule, LPAO centralise les approvisionnements. Une pièce peut venir de Marseille, une autre de Rennes, une troisième de Strasbourg : l'entreprise consolide le tout et transmet une offre globale avec un suivi détaillé. Pas de marketplace ici, mais un modèle basé sur deux relations bilatérales, l'une avec le garage, l'autre avec les centres VHU.

LPAO devient propriétaire de la pièce commandée et gère directement le service après-vente. En cas de problème, c'est l'entreprise alsacienne qui arbitre, évitant au garagiste de se retourner vers le centre expéditeur. Le client dispose de 15 jours pour renvoyer une pièce en cas d'erreur d'identification. Quand aucune Piec n'est disponible au moment de la demande, une attestation d'indisponibilité lui est fournie.

Environ 500 structures ont déjà adopté la plateforme, un chiffre en constante progression. Du côté des centres partenaires, la société alsacienne en fédère aujourd’hui une centaine. "Nous veillons à maintenir à leur égard un certain niveau d’exigence : pièces nettoyées, conformes aux photos, correctement emballées et garanties deux ans, contre un an en moyenne sur le marché. Nous prenons en charge la différence si ce n’est pas le cas", souligne Laetitia Glasser.

Un nouveau centre VHU pour LPAO

Autre projet d’ampleur mené par LPAO : la création d'un nouveau centre VHU, qui ouvrira ses portes au premier trimestre 2026 à Soufflenheim (67). Il remplacera l’ancien site localisé à Hoerdt, dont la configuration n’était plus adaptée aux ambitions de la jeune entreprise.

En effet, avec une capacité de traitement de 400 à 800 véhicules par an, la nouvelle structure vise à démanteler les voitures de manière bien plus exhaustive que ce qui se pratique habituellement. LPAO entend s’appuyer sur les données collectées via sa plateforme pour identifier précisément les besoins des réparateurs.

"Nous voulons aller beaucoup plus loin dans le démontage : ne pas se contenter d'une dizaine ou d'une vingtaine de pièces mises en avant, mais exploiter le véhicule de manière beaucoup plus complète", explique Laetitia Glasser.

Un engagement social autour de la réinsertion

Convaincue par les vertus de l’économie circulaire, LPAO élargit son périmètre d'action au-delà de la seule pièce automobile. L'entreprise a créé divers outils de gestion autour de la mobilité et travaille sur un programme de réinsertion professionnelle destiné aux militaires blessés de guerre, en partenariat avec le ministère des Armées.

Chaque année, environ 3 300 blessés au sein de l'armée de terre reviennent sans solution professionnelle stable. "Ces personnes n'ont actuellement aucune solution, les portes leur restent fermées", souligne la directrice du développement.

Le dispositif, déployé en pilote à Soufflenheim, prévoit une formation complète aux métiers de la filière VHU. L'armée assure le suivi médical et psychologique, tandis que LPAO accompagne et forme les bénéficiaires pour faciliter leur recrutement dans des centres VHU ou auprès d’autres professionnels de l’automobile (garages, carrosseries, etc.).

Pour structurer cette dimension sociale, LPAO a recruté un directeur spécialisé dans l'économie sociale et solidaire, Jérémie Lievin. L'ambition : accompagner d'autres entreprises dans leurs démarches RSE et créer des ponts avec les organismes compétents, ce qui est l'essence même de l'entreprise alsacienne.

Enfin, LPAO prépare l'intégration d'un indicateur d'empreinte carbone sur sa plateforme, permettant de mesurer les économies réalisées par véhicule ou par entreprise. Une fonctionnalité en cours de développement en interne, permettant un éclairage averti aux consommateurs et à "faible coût", précise le spécialiste de la Piec.

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