Continental se sépare de ContiTech

Cette fois, le projet est bouclé. Après plusieurs années de restructuration et de réorganisation de ses activités, Continental a signé un accord avec le fonds d'investissement américain Lone Star pour lui céder ContiTech, sa division spécialisée dans les solutions en caoutchouc destinées aux marchés industriels.
L'opération, valorisée à quatre milliards d'euros auxquels pourraient s'ajouter jusqu'à 250 millions d'euros selon les performances futures de l'activité, doit être finalisée avant la fin de l'année 2026. "Avec la vente prévue de ContiTech, Continental achève son réajustement stratégique", résume le groupe allemand.
Le produit de la vente servira en partie à réduire l'endettement de l’équipementier, tandis qu'environ 2,5 milliards d'euros seront redistribués aux actionnaires.
Le pneumatique comme priorité pour Continental
Cette vente ne constitue pas une surprise. Dès 2023, Continental étudiait la possibilité de céder tout ou partie de ContiTech afin d'améliorer sa rentabilité. Entre-temps, le groupe a profondément revu son organisation.
Sa branche Automotive est devenue une société indépendante sous le nom d'Aumovio, tandis que plusieurs milliers de suppressions de postes ont été annoncés à travers le monde. ContiTech elle-même a subi une importante restructuration, avec notamment la fermeture de plusieurs sites allemands annoncée début 2025. En France, cette réorientation s'est également traduite récemment par la décision de céder l'essentiel du réseau BestDrive à ASC Investment.
Cette opération illustre le même mouvement de fond : abandon progressif des activités jugées périphériques pour concentrer les investissements sur le métier historique du manufacturier.
Une division de poids
ContiTech représente pourtant un actif majeur. La division emploie près de 20 000 collaborateurs répartis sur une soixantaine de sites dans le monde et a réalisé environ six milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025.
Elle produit notamment des courroies de transmission, des flexibles, des bandes transporteuses et des solutions d'étanchéité destinées à de nombreux secteurs industriels.
La cession ne fait toutefois pas l'unanimité. Le syndicat allemand IGBCE, qui représente les salariés de ContiTech, s'est opposé au projet sans parvenir à l'empêcher.
Son représentant au conseil de surveillance de Continental, Francesco Grioli, appelle désormais le futur propriétaire à préserver l'emploi. "Cela se heurtera à notre résistance farouche", a-t-il averti.
