Rachat de BestDrive : Stéphane Drouillard aux manettes

Depuis le 1er juin 2026, les 130 centres de BestDrive France ont officiellement rejoint ASC Investment. Cette opération marque la prise de contrôle d’un réseau désormais exploité sous franchise et intégré à l’enseigne du groupe Continental. Pour piloter cet ensemble, le fonds d’investissement allemand a créé une nouvelle structure, Xellent Service, confiée à Stéphane Drouillard. Un profil expérimenté.
Après sept années passées au sein du groupe Emil Frey France comme directeur des enseignes Flauraud et Barrault, Stéphane Drouillard se voit ainsi confier la présidence de Xellent Service. Il est épaulé par un directeur général en charge de la transformation, Frédéric Duprat. Ce tandem vient répondre aux interrogations sur le manque d’expertise d’ASC dans les métiers de l’après-vente et du pneumatique, en incarnant une approche résolument orientée "homme de métier".
Rendez-vous début 2027
"Je représente les intérêts de l'actionnaire mais j'incarne effectivement aussi ce rôle compte tenu de mon expérience passée, confirme-t-il. À titre personnel, c'est une formidable aventure qui s'ouvre avec un projet passionnant." Gage à lui désormais de dérouler avec succès la feuille de route fixée par ASC. Sans entrer dans les détails et promettant de dévoiler tous les contours de la stratégie début 2027, Stéphane Drouillard parle du moment présent comme "d'une période d'observation".
Ce qui n'empêche pas d'avoir déjà certaines convictions. "En s'appuyant sur Continental, BestDrive a pu compter sur une belle image et sur un rayonnement conséquent. Cependant, le réseau a également toujours cultivé une forme d'instabilité tout en restant enfermé dans la lourdeur d'un manufacturier pour prendre réellement son envol. Il faut désormais que les 130 centres que nous représentons prennent une nouvelle dimension."
Rompre avec les limites du passé
Dans le discours du dirigeant, un mot revient ainsi régulièrement. Pour Stéphane Drouillard, l'agilité s'avère au cœur de la réussite future de Xellent Service. "Il faut miser sur des circuits de décision courts et gagner du temps, car l'entreprise perd de l'argent au quotidien." Un problème colossal, qui se compte en dizaines de millions d'euros, et en bonne partie imputable à une identité sur ce marché très concurrencé toujours mal définie plus de dix ans après le lancement de l'enseigne ainsi qu'à un modèle économique qui n'a jamais été réellement trouvé.
Bien qu'il n'en dise rien, Stéphane Drouillard est certainement au fait de tout cela, tout comme la direction d'ASC. Mais le fonds allemand, à défaut de maîtriser la rechange tricolore, est un spécialiste des opérations de ce type dites de spin-off. Jusqu'où ira-t-il pour réussir son pari de redresser la barre ? Mystère. Dans une enquête publiée fin 2025, nous révélions qu'une cinquantaine de sites étaient dans le rouge en affichant des pertes chroniques depuis des années. Une restructuration est-elle à prévoir ? Là encore, Stéphane Drouillard nous renvoie à début 2027.
Le dossier sensible du rechapage
Ce que le dirigeant peut d'ores et déjà assurer, c'est que Xellent Service compte toujours s'appuyer sur Continental dans le futur. Premièrement en vertu d'un accord contractuel "de longue durée" et deuxièmement sur le plan de l'animation, l'entité d'ASC se plaçant de facto dans la peau d'un franchisé lambda malgré sa taille XXL. "On veut rester le plus proche possible de Continental", confirme le président.
Dans cette vaste équation, demeure toutefois un autre point d'interrogation. Le deal entre Continental et ASC prévoyait le rachat des 130 centres intégrés mais aussi des deux usines de rechapage du groupe allemand situées à Colmar (68) et Bayeux (14). Un "package" difficile à comprendre et à analyser en amont, et toujours autant aujourd'hui. Sur l'avenir de ces sites industriels, Stéphane Drouillard botte en touche. "Je ne sais pas quoi vous répondre. Encore une fois, on est dans une période d'observation." Il faudra donc attendre encore quelques mois pour savoir où va ce BestDrive version ASC.
