IDLP avance dans un marché sous tension

Depuis plusieurs années, l’après-vente automobile évolue dans un environnement paradoxal. D’un côté, les immatriculations de véhicules neufs peinent à retrouver leur dynamisme, avec seulement 1,7 million d’unités vendues en France l’an dernier. De l’autre, le parc roulant continue de vieillir. En théorie, cette situation devrait mécaniquement soutenir l’activité des ateliers et des distributeurs de pièces. Dans les faits, la dynamique est plus complexe.
"C’est un vrai paradoxe pour le marché de l’après-vente : les ventes de VN sont catastrophiques depuis 2019, le parc vieillit de plus en plus mais la rechange ne progresse pas", observe Fabrice Godefroy, directeur général du groupe IDLP.
Selon le dirigeant, plusieurs facteurs expliquent ce décalage. Le premier tient à la pression persistante sur le pouvoir d’achat des automobilistes. Les augmentations de prix survenues après la période Covid n’ont pas été réellement corrigées depuis. Résultat : de nombreux conducteurs reportent leurs interventions d’entretien ou de réparation.
De nombreuses personnes attendent pratiquement la panne avant de s’occuper de leur véhicule.
Autre phénomène préoccupant pour Fabrice Godefroy : la progression du taux d’évitement au contrôle technique. En retardant cette échéance réglementaire, certains automobilistes repoussent également leur passage en atelier, ce qui réduit mécaniquement les volumes d’intervention.
Une croissance malgré un contexte chahuté
Le directeur général d’IDLP pointe aussi la concurrence croissante des constructeurs et de leurs réseaux, qui ciblent de plus en plus le parc roulant âgé de 5 ans et plus. "Les constructeurs ont vraiment besoin de l’après-vente pour améliorer leur rentabilité. C’est devenu un vrai pilier de leur profitabilité", rappelle-t-il.
Dans cet environnement peu porteur, IDLP parvient toutefois à tirer son épingle du jeu. Le groupe enregistre une progression d’environ 5 % sur l’exercice 2025. Pour rappel, en 2024, le CA du distributeur s'était élevé à 264 millions d'euros.
"C’est un résultat satisfaisant, même s’il reste loin des hausses à deux chiffres que nous avons connues par le passé", admet Fabrice Godefroy.
La pièce alternative s’impose dans l’offre d’IDLP
Pour maintenir son développement dans cette conjoncture, le groupe francilien, longtemps positionné sur les produits premium, IDLP adapte aujourd’hui son offre pour répondre à l’évolution de la demande. La montée en puissance des marques de distributeur et des équipementiers de second rang s’impose progressivement comme une réalité du marché.
"Historiquement chez IDLP, notre leitmotiv a toujours été la pièce d’origine et la pièce premium. Force est de constater qu’on a de plus en plus besoin de MDD et de fournisseurs alternatifs", confirme le dirigeant.
L’appartenance d’IDLP au groupement Alternative Autoparts constitue sur ce point un levier important grâce à sa MDD Novalt, qui ne cesse d’intégrer de nouvelles familles de produits.
Cet élargissement du catalogue répond directement aux attentes d’une clientèle de plus en plus attentive aux prix. Pour Fabrice Godefroy, il ne s’agit pas de cannibaliser l’offre premium, mais d’éviter que les automobilistes ne se tournent vers d’autres circuits de distribution. "Le client à la recherche d’un prix ne va pas acheter un autre produit à un tarif plus élevé, il va aller ailleurs."
Anticiper les mutations technologiques
Au-delà de ces enjeux concurrentiels, IDLP prépare aussi les transformations techniques du parc automobile. Le distributeur francilien s’intéresse notamment à l’électrification des véhicules et à la généralisation des systèmes d’aide à la conduite (Adas) qui modifient progressivement les besoins des ateliers.
Les aides à la conduite sont devenues incontournables dans les véhicules modernes. Elles nécessitent une maintenance adaptée et nous voulons accompagner cette évolution technique du marché.
Le groupe travaille notamment avec Mobilians pour anticiper l’arrivée massive des véhicules électriques dans les ateliers. Ces évolutions nécessitent des investissements importants, tant en équipements qu’en formation.
"Tout cela implique des investissements en hommes et en équipements. Mais à quel moment se fera réellement le basculement ? C’est une vraie question", s’interroge Fabrice Goderoy.
D’autres sujets émergent également, comme l’évolution des contrôles techniques liés aux émissions polluantes. IDLP réfléchit notamment à la création d’un garage pilote pour suivre ces évolutions réglementaires.
