Jean-François Huan, Kyb : "À nos yeux, il n'y avait pas d'autre solution que le Golda"
J2R : Depuis la fermeture de votre entrepôt de Cergy-Pontoise (95) en 2018, comment se passe l'activité de Kyb en France ?
Jean-François Huan : Le groupe a pris cette décision pour se concentrer sur la livraison des plateformes depuis l'Allemagne. La typologie de commandes a changé : nous étions davantage sur de la grande quantité. Le transfert d'activité s'est d'abord bien passé, mais beaucoup de clients nous ont reproché une baisse de notre taux de disponibilité sur le marché français, et des soucis de livraison sur certaines pièces. En deux ans, nous avons perdu la vente de 800 références. Le groupe a donc décidé d'ouvrir un nouvel entrepôt en France, capable d'offrir l'entièreté de la gamme, pour ramener un service de proximité avec livraison express en 24h, quand on est plutôt sur du 72h en Allemagne, avec l'entrepôt de Nuremberg.
J2R : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce nouvel entrepôt ?
J.-F. H. : La plateforme est située à Seiches-sur-le-Loir (49), près d'Angers. Nous nous sommes mis d'accord avec le groupe Orium pour utiliser une partie de l'espace de stockage disponible sur place. Nous disposons d'une surface totale de 1 500 à 2 000 m², pour environ 350 000 euros de marchandises. C'est un entrepôt de taille modeste, mais l'idée pour le moment est de reproposer du service, et non du volume. De plus, les possibilités d'évolution sont grandes. Mais il ne s'agit pas de concurrencer les plateformes, qui continueront de livrer une partie de notre clientèle. Nous ajoutons juste un canal de distribution.
Nous stockons dans ce nouvel entrepôt l'ensemble de la gamme, en particulier les produits à plus faible rotation. D'où la notion de service, car on ne peut pas demander à nos clients de stocker toute notre gamme, composée de plus de 9 000 références. L'activité a démarré en octobre 2023 et, dans un premier temps, nous tablons sur 400 commandes par semaine. D'ici la fin de l'année, le service va monter en puissance.
J2R : En quoi le Golda a-t-il été important pour cette ouverture ?
J.-F. H. : C'est simple : c'est en partie grâce à la présence du Golda que ce projet d'entrepôt existe. À nos yeux, il n'y avait pas d'autre solution. Nous avons pu revenir en nous appuyant sur ce que le Golda sait faire : mettre en relation les équipementiers et la distribution. C'était vraiment la pierre angulaire du projet car on savait qu'on n'allait pas repartir de zéro. Les équipes du Golda ont de l'expérience. Elles nous ont aidés à remettre rapidement en place toutes nos connexions. Nous avons pu recréer un flux direct de ventes depuis la France vers la France, qui avait été désactivé lors de la fermeture de 2018. Concernant le paramétrage, la mise en place des solutions et la remontée des stocks, cela a aussi été très simple car ils maîtrisent leur sujet.
J2R : En juin 2023, vous avez intégré le conseil de surveillance du Golda. Pourquoi ?
J.-F. H. : Du fait de ne plus avoir d'entrepôt en France, nous avions moins de rapport avec le Golda. Mais nous sommes membres depuis mai 2004, et j'étais toujours dans la boucle des courriels. À la suite de notre projet, il nous paraissait évident de rejoindre le comité de surveillance du Golda. Cela s'est fait par opportunité, car l'ouverture de l'entrepôt a réactivé quelques connexions. C'était important de retravailler avec le Golda, pour rattraper le wagon et suivre ses travaux et actualités, qui sont riches et denses.
J2R : Comment imaginez-vous la suite de votre partenariat avec le Golda ?
J.-F. H. : Il doit rester fort. Nous sommes convaincus du succès de notre nouvelle plateforme logistique. Nous nous laissons un ou deux ans pour voir comment le projet sera perçu par les clients, et quels ajustements effectuer. Nous devons rester dynamiques, apporter nos idées, nos problématiques pour faire avancer au mieux, avec la distribution indépendante, le cheminement des pièces vers les clients. C'est l'objectif.