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La FNA interpelle l’Europe sur son plan d’action pour l'automobile

Publié le 23 mars 2025
Par Mohamed Aredjal
2 min de lecture
Alors que la Commission européenne a dévoilé son plan d’action pour l’industrie automobile, la FNA souligne les lacunes de cette feuille de route concernant les services de l’après-vente. Accès aux données, réparabilité des véhicules et formation des professionnels sont au cœur de ses préoccupations.
Pour Bruno Choix, président de la branche maintenance-vente de la FNA, le plan européen pour l'automobile n’apporte pas de réelles avancées majeures et omet les services de l’automobile. ©FNA
Pour Bruno Choix, président de la branche maintenance-vente de la FNA, le plan européen pour l'automobile n’apporte pas de réelles avancées majeures et omet les services de l’automobile. ©FNA

La Fédération nationale de l'automobile (FNA) a récemment réagi au plan d'action pour le secteur automobile, présenté par Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission européenne. Ce plan vise à répondre aux transformations rapides et profondes que connaît la filière, notamment avec l'intégration croissante de services numériques tels que l'intelligence artificielle et la connectivité accrue des véhicules.

Innovation : quelques avancées, mais des lacunes persistantes

Parmi ses recommandations, cette feuille de route met l’accent sur la nécessité pour l’industrie automobile de regagner son leadership dans les domaines des véhicules connectés et autonomes. La FNA salue certaines propositions, comme l’harmonisation des normes pour les systèmes d’aide à la conduite (Adas) ou la création d’une alliance pour les véhicules connectés.

Cependant, Bruno Choix, président de la branche maintenance-vente de la fédération, rappelle que la profession attend "des engagements concrets pour garantir l’accès aux données et fonctionnalités des véhicules". Raison pour laquelle il appelle donc à une accélération de l’adoption du Data Act Auto, afin de ne pas laisser les acteurs économiques devancer le législateur.

Le parc roulant existant, grand oublié du plan

Si Bruxelles mise sur les véhicules neufs électriques pour atteindre ses objectifs de décarbonation, la FNA rappelle que le parc automobile actuel, majoritairement thermique, reste une priorité. En 2025, l’âge moyen des véhicules en circulation atteindra 13 ans, avec plus de 60 % des voitures ayant plus de 10 ans.

Les mesures proposées, comme le leasing social ou le renouvellement des flottes, ne suffiront pas à répondre aux besoins des ménages modestes. De plus, les délais administratifs et les changements fiscaux fréquents créent une instabilité qui freine les décisions d’achat, qu’il s’agisse de véhicules neufs ou d’occasion.

Assurer l'approvisionnement du marché de la rechange

La compétitivité de l’industrie automobile européenne dépend en grande partie de la résilience de sa chaîne d’approvisionnement. Pourtant, le plan de la Commission semble se concentrer principalement sur la production de véhicules neufs, négligeant les enjeux liés à la réparation et à l’entretien. "De nombreux véhicules sont immobilisés faute de pièces disponibles", déplore la FNA.

La question de la réparabilité des batteries électriques est également cruciale. Le syndicat appelle à des délais légaux garantissant la disponibilité des pièces et à une interdiction de la sérialisation, qui limite leur réutilisation. Enfin, la recyclabilité des batteries, qui représentent 30 à 40 % de la valeur d’un véhicule, doit devenir une priorité pour intégrer ces composants dans une économie circulaire.

Formation et emploi : un enjeu stratégique

La transition écologique et numérique du secteur automobile nécessite une adaptation rapide des compétences des professionnels. La FNA salue l’augmentation des fonds de formation via le FSE+, mais appelle à une répartition équitable de ces financements. "Les TPE et artisans de la filière automobile ne doivent pas être laissés pour compte", insiste l'organisation professionnelle.

Enfin, le syndicat regrette que le plan européen ne propose pas de mesures concrètes pour soutenir les TPE indépendantes, qui jouent un rôle clé dans l’offre de services compétitifs et abordables. "Un véritable engagement pour une mobilité plus propre et circulaire nécessiterait un pilier dédié aux services de l’automobile", conclut la FNA.

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