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Distribution

La pièce technique, terrain d’expertise du groupe TIC

Publié le 30 juillet 2026
Par Nicolas Girault
4 min de lecture
Dans l’Angoumois, le groupe TIC s’est imposé comme un spécialiste de la pièce technique automobile. Une expertise construite autant sur son organisation atypique que sur sa capacité à accompagner les réparateurs face à la complexité croissante des véhicules.
Fondée en 2019, la plateforme PRCO – Drop Nouvelle Aquitaine est le résultat de la vision de trois distributeurs. Dès le départ, leur objectif était de nouer des partenariats solides avec des équipementiers internationaux tels que Denso, Hella, Marelli, etc. ©TIC
Fondée en 2019, la plateforme PRCO – Drop Nouvelle Aquitaine est le résultat de la vision de trois distributeurs. Dès le départ, leur objectif était de nouer des partenariats solides avec des équipementiers internationaux tels que Denso, Hella, Marelli, etc. ©TIC

Capteurs introuvables, références floues, diagnostics complexes… Dans l’après-vente automobile, la pièce technique est devenue un sujet central pour de nombreux réparateurs. À Angoulême, le groupe TIC a fait de cette complexité sa spécialité. Une réputation que son dirigeant, Frédéric Toussaint, accueille pourtant avec modestie.

Le PDG du groupe explique cette reconnaissance par plusieurs facteurs. D’abord, par les relations entretenues avec les fournisseurs du groupement Agra, dont TIC est adhérent. Mais surtout par l’évolution naturelle de son activité. Au fil des années, l’entreprise a développé une expertise pointue pour répondre à la demande du terrain. Sa structure particulière, mêlant distribution, diesel et logistique, a également nourri cette culture technique.

"Notre position à la fois de grossiste et de plateforme nous donne l’avantage d’obtenir beaucoup d’informations sur les pièces techniques, aussi bien de la part des clients que des équipementiers", explique Frédéric Toussaint.

Le groupe s’appuie aujourd’hui sur trois sites : les magasins Pierre Auto Angoulême et Cognac Pièces Autos, tous deux implantés en Charente. Ils approvisionnent notamment 25 garages membres des réseaux Proximeca et Point Repar en Charente, Charente-Maritime et Dordogne.

À cela s’ajoute l’atelier RBE, spécialisé dans les prestations de rectification et d’usinage destinées aux réparateurs. Enfin, TIC détient également deux tiers des parts de la plateforme PRCO, créée avec deux autres distributeurs du groupement Agra. L’ensemble représente désormais un chiffre d’affaires d’environ 18 millions d’euros.

Pour Frédéric Toussaint, la notion de pièce technique reste toutefois difficile à définir précisément. Certaines références entrent ou sortent de cette catégorie selon les visions des équipementiers ou des distributeurs. Plus concrètement, le groupe accompagne surtout ses clients sur les opérations mécaniques les plus complexes, qu’il s’agisse du remplacement d’une vanne EGR, d’un injecteur d’urée ou encore de capteurs particulièrement rares.

Favoriser la qualité d'origine

La partie la moins visible de cette activité réside dans le travail de sourcing. Car derrière chaque pièce technique se cache un important travail de sélection des références. "Chez nous la pièce technique doit être fiable, martèle Frédéric Toussaint. Nous nous informons donc beaucoup pour éviter les problèmes de qualité".

Raison pour laquelle le grossiste favorise les références d'origine ou équivalentes. Un exercice parfois compliqué, notamment lorsque les fournisseurs de première monte restent difficiles à identifier. Exemple : le dirigeant confie avoir longtemps ignoré qui fournissait les injecteurs d’urée aux constructeurs.  "Tout s'est finalement éclairé lorsque nous avons appris qu'il s'agit de Vitesco Technologies (groupe Schaeffler, ndlr), qui fabrique aussi 95 % des capteurs de NOx".

À l’inverse, TIC écarte certains fournisseurs jugés moins fiables. Frédéric Toussaint pointe notamment certaines marques ayant considérablement élargi leur catalogue au détriment, selon lui, de la qualité de certaines références. À l'opposé, le dirigeant met en avant ses partenariats avec Denso et Hitachi Astemo. Chez ce dernier, "la philosophie est simple : soit on propose de l’origine, soit on propose le même niveau de qualité, soit on ne fait pas", rapporte-t-il.

"C’est une approche qui nous correspond." Toutefois, il constate que même la qualité d'origine commence à décliner pour certains produits. Défauts qualitatifs et d'ingénierie seraient de plus en plus fréquents. Les défauts de conception et de fabrication auraient tendance à se multiplier sur certaines familles de produits. Une évolution qui pousse le distributeur à renforcer encore ses recherches afin d’identifier les meilleures alternatives disponibles.

Pour répondre à ces exigences, TIC multiplie les partenariats ciblés avec différents équipementiers, chacun apportant son expertise sur des familles de produits spécifiques. Frédéric Toussaint cite le cas du groupe Hella qui occupe, avec plus de 1 300 références, une place importante sur les capteurs PMH, les pompes à carburant ou les potentiomètres. Magneti Marelli propose également une offre jugée pertinente sur plusieurs composants techniques.

Hitachi Astemo couvre notamment les besoins en bobines d’allumage, arbres à cames ou corps papillon, tandis que Denso reste incontournable pour certains modèles Toyota et plusieurs références européennes, notamment sur les sondes lambda et capteurs de température des gaz d’échappement. Le groupe s’approvisionne aussi auprès de Pierburg pour certaines applications spécifiques. D'autres fournisseurs – avec lesquels TIC entretient des discussions – pourraient prochainement rejoindre cette liste.

Des capteurs insoupçonnés

L'enjeu est de répondre à la demande croissante issue du terrain, liée à la complexification croissante des technologies automobiles. Car avec la sophistication des véhicules, les réparateurs se retrouvent confrontés à des pannes toujours plus complexes. "Au moins un appel sur deux concerne aujourd’hui la pièce technique", constate Frédéric Toussaint. "Nos clients nous appellent évidemment pour commander, mais aussi très souvent parce qu’ils sont bloqués sur un diagnostic ou une réparation."

Pour accompagner les garages, TIC s’appuie notamment sur un technicien expert en diagnostic. Les vendeurs comptoir disposent eux aussi d’une solide expérience sur les problématiques liées aux composants électroniques et aux systèmes complexes. "Ils aident par exemple les garagistes à résoudre un problème rencontré lors des changements de connexion sur les feux ou des changements de faisceaux." Mais certaines situations vont beaucoup plus loin.

"Nous découvrons régulièrement des capteurs dont personne ne soupçonnait l’existence et qui peuvent pourtant immobiliser complètement un véhicule", poursuit-il. "Chez Stellantis, par exemple, certains déphaseurs intègrent des capteurs très spécifiques que l’on ne retrouve pas ailleurs."

Pour suivre l’évolution rapide des technologies, les équipes assurent une veille permanente sur les nouveaux composants et les méthodes de réparation. Elles échangent régulièrement avec les équipementiers, considérés comme les sources d’information les plus fiables dans un contexte où les constructeurs restent souvent très discrets sur leurs données techniques.

Soigner l'animation technique

Reste ensuite à transmettre ces savoir-faire aux réparateurs. Cette montée en compétence passe d’abord par la formation. TIC travaille notamment avec DAF Conseil pour organiser des sessions destinées aux techniciens. Frédéric Toussaint regrette toutefois la difficulté croissante à faire sortir les mécaniciens de leurs ateliers pour participer à ces rendez-vous. Réunir suffisamment de participants afin de rentabiliser le déplacement des formateurs devient parfois compliqué.

Le groupe mise donc également sur l’animation technique. TIC organise environ une soirée technique par trimestre, selon la disponibilité des intervenants et des fournisseurs.

"Je m'attache à la qualité des sujets traités, assure Frédéric Toussaint. Je veux que les participants y apprennent quelque chose et règlent un sujet précis. Nous avons ainsi organisé deux sessions du CTA (Club Technique Auto, ndlr) sur les moteurs PureTech et EcoBoost, ayant attiré plus de 100 personnes".

Ces rendez-vous permettent aussi de valoriser les capacités logistiques de l’entreprise auprès des clients et prospects. "Notre dernière soirée s’est déroulée directement sur notre plateforme de 9 000 m² à Angoulême afin de montrer notre capacité de stockage et de disponibilité des pièces", précise le dirigeant.

Une manière pour TIC de rappeler que, derrière la distribution de composants techniques, l’enjeu repose avant tout sur la capacité à accompagner les réparateurs face à des véhicules toujours plus complexes. Dans ce contexte, l’expertise devient autant un facteur de différenciation qu’un enjeu de pérennité.

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