Pourquoi certains garages ont été épinglés par la DGCCRF

Lorsqu'un automobiliste pousse la porte d'un atelier, il s'attend à connaître précisément le coût des prestations qui lui seront facturées. Pourtant, ce principe élémentaire continue de faire défaut dans une partie de la profession.
Dans son dernier bilan consacré à l'entretien et à la réparation automobile, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) indique que près de 40 % des établissements contrôlés en 2024 présentaient des anomalies ayant conduit à des mesures correctives ou à des sanctions.
L'administration a inspecté plus de 1 600 garages, centres automobiles et concessionnaires à travers le territoire. Les manquements constatés concernent principalement l'information délivrée aux consommateurs avant l'intervention. De nombreux professionnels ne respecteraient pas pleinement leurs obligations d'affichage, avec des tarifs incomplets, peu lisibles ou absents pour certaines prestations pourtant régulièrement facturées.
Les enquêteurs relèvent notamment l'absence fréquente de mention des frais de diagnostic, de gardiennage ou encore des coûts de main-d'œuvre. Les factures remises aux clients sont également parfois jugées insuffisamment détaillées pour permettre de comprendre précisément la nature des opérations réalisées et leur coût.
Quand la facture ne reflète pas l'intervention
Au-delà de la seule question de l'information tarifaire, la DGCCRF a également identifié plusieurs situations relevant de pratiques commerciales trompeuses. Certaines interventions auraient ainsi été facturées à un montant supérieur au prix annoncé au client. D'autres dossiers concernent des prestations facturées sans avoir été effectivement réalisées.
Les agents de contrôle évoquent notamment des cas où des opérations de dépose et de remplacement de pièces de rechange ont été portées sur les factures alors qu'aucune intervention de ce type n'avait été effectuée sur le véhicule… L'enquête a par ailleurs mis en évidence l'existence de clauses contractuelles litigieuses dans certains établissements ainsi que quelques pratiques plus graves, à l'image du retrait illégal de dispositifs antipollution.
Ces constats ont conduit la DGCCRF à engager 220 procès-verbaux administratifs ou pénaux. En parallèle, près de 500 entreprises ont fait l'objet d'injonctions de mise en conformité et plus de 580 autres ont reçu un avertissement.
Un secteur toujours sous observation
Si la proportion d'établissements ayant fait l'objet de suites correctives ou répressives progresse par rapport à la précédente enquête menée en 2022, la DGCCRF nuance toutefois cette évolution. Selon elle, cette hausse ne traduit pas nécessairement une dégradation générale des pratiques du secteur, mais pourrait aussi résulter d'un ciblage plus précis des contrôles.
Ces nouveaux résultats s'inscrivent dans la continuité des campagnes précédentes. Déjà en 2024, les inspections menées par l'administration avaient mis en évidence un niveau élevé de non-conformité dans les ateliers, notamment en matière d'information précontractuelle, d'affichage des prix et de respect des règles liées à l'économie circulaire. (avec AFP)
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