Moovly, l'enseigne qui veut réparer aussi la confiance

Dans le quart sud-est de la France, c'est le rĂ©seau qui monte, qui monte… Sur un marchĂ© dominĂ© par les enseignes nationales (Norauto, Vox Vert, Speedy, Midas, Point S…), Moovly entend se distinguer par un fonctionnement plus simple, plus lisible et davantage centrĂ© sur le client, dans un contexte oĂ¹ l'Ă¢ge moyen du parc atteint 11,5 ans et oĂ¹ les besoins d'entretien augmentent.
Le pari peut sembler audacieux dans un marchĂ© oĂ¹ les consommateurs peuvent obtenir et comparer des devis en quelques secondes. Mais Moovly croit que la bataille commerciale ne se rĂ©duit pas aux seuls critères de la vitesse d'exĂ©cution et du prix. La jeune sociĂ©tĂ©, dont la baseline est "Centres auto 2.0", a choisi de revaloriser le service, en rendant les interventions totalement lisibles et en misant sur une relation client mieux construite.
Une stratégie pensée comme une réponse directe aux évolutions du marché. En effet, selon une étude IFOP pour ID Garages de septembre 2015, seulement 48 % des automobilistes font confiance aux garagistes en général, alors que 86 % font confiance à leur garagiste habituel. Preuve que le lien humain reste décisif dans un secteur encore perçu comme manquant de transparence.
Une vision née de l'expérience de réseau
Julien Vernaison, fondateur de Moovly, connaît bien ce rapport ambivalent au métier. Mécanicien de formation, passé par la case concession puis par une fourgonnette atelier itinérante, il ouvre son premier garage en 2015. Au fil des années, il constate un décalage tenace entre les attentes des clients – des explications simples, une organisation carrée, un accueil soigné – et la réalité du terrain. "Le métier de garagiste a mauvaise presse, mais on peut en faire quelque chose de moderne, propre et ambitieux. On ne répare pas que des voitures. On répare l'image du métier", insiste Julien Vernaison.

Julien Vernaison, fondateur de Moovly, dans l'un des espaces d'accueil du centre auto de Meyzieu en 2015. ©Moovly
Aujourd'hui, Moovly compte cinq centres en Auvergne-Rhône-Alpes (Nicolas-Vermelle, Saint-Savin, Charanxieu, Meyzieu et Romans-sur-Isère). Un maillage volontairement régional, pensé pour rester proche des équipes, maîtriser les ouvertures et garantir la qualité de service. Pas question, pour l'instant, de se disperser à l'échelle nationale.
Un service pensé pour restaurer la confiance
Le concept Moovly repose avant tout sur la qualitĂ© de l'accueil et l'accompagnement des clients. L'enseigne met en avant un fonctionnement simple : un accueil lisible, un devis comprĂ©hensible, un garage propre et moderne, et une prise de rendez-vous accessible. Le rĂ©seau s'engage Ă©galement Ă fournir un prĂªt de vĂ©hicule gratuit pour toute intervention dĂ©passant deux heures, ainsi qu'un nettoyage pour les prestations les plus longues. Autant de dĂ©tails qui, cumulĂ©s, transforment l'expĂ©rience.
"Nous ne sommes pas moins chers que les autres, nous cherchons simplement à proposer un meilleur rapport service/prix, comme au restaurant", souligne Julien Vernaison. Les centres fonctionnent en effectifs réduits, au maximum quatre techniciens par atelier, pour garantir une relation plus directe entre les équipes et les automobilistes.
Une stratĂ©gie payante puisque Moovly affiche une note moyenne de 4,9/5 sur plus de 330 avis collectĂ©s en un an sur Avis VĂ©rifiĂ©s. En 2025, les cinq sites du rĂ©seau ont entretenu environ 12 000 vĂ©hicules, un volume consĂ©quent pour une enseigne encore jeune. La stratĂ©gie de Moovly 2.0 repose aussi sur un maillage rĂ©gional resserrĂ©. Aucun centre ne doit Ăªtre situĂ© Ă plus de deux heures de route d'un autre, afin de faciliter l'accompagnement opĂ©rationnel, la standardisation des process et l'entraide entre ateliers.
Tous utilisent les mĂªmes outils de gestion, les mĂªmes standards qualitĂ© et les mĂªmes protocoles Ă l'atelier, afin de garantir une expĂ©rience identique d'un centre Ă l'autre. "L'idĂ©e, c'est que le client sache toujours oĂ¹ en est sa voiture", indique le fondateur de Moovly. Le rĂ©seau veut rompre avec l'image du garage oĂ¹ l'on dĂ©pose son vĂ©hicule sans vraiment savoir ce qui sera fait.
Une diversification des besoins du réseau
Pour rĂ©pondre au mieux aux attentes des automobilistes, Julien Vernaison n'a pas hĂ©sitĂ© Ă Ă©toffer petit Ă petit la boĂ®te Ă outils de Moovly. Le rĂ©seau a dĂ©veloppĂ© une offre de rĂ©paration de vitrages, en s'appuyant sur Zenty Pare-Brise, partenaire de longue date. RĂ©paration, remplacement et prĂªt de vĂ©hicule de courtoisie : le client ne change pas d'interlocuteur et bĂ©nĂ©ficie d'un suivi complet.
Dernier lancement en date : la carrosserie. Une Ă©volution naturelle, portĂ©e par les attentes des automobilistes qui, satisfaits du service, souhaitent pouvoir confier l'ensemble de leurs rĂ©parations au mĂªme rĂ©seau. Moovly prend dĂ©sormais en charge les sinistres de A Ă Z. Les travaux sont en partie sous-traitĂ©s pour ce qui est de la peinture et de la tĂ´lerie, mais restent entièrement pilotĂ©s par les centres, qui restent le principal interlocuteur du client.
"Nous voulons simplement Ăªtre capables de tout gĂ©rer pour nos clients, sans les renvoyer d'un prestataire Ă l'autre", explique Julien Vernaison. L'ambition n'est pas de devenir un "supermarchĂ© de l'auto", mais de simplifier la vie des automobilistes en proposant un parcours cohĂ©rent, fluide et lisible.
Cette approche se retrouve également dans la démarche environnementale de l'enseigne. Avec le programme GreenMooV, lancé il y a quelques mois, Moovly structure sa politique RSE autour notamment du tri des déchets et du recours aux pièces de réemploi. L'enseigne se fournit via des volumes groupés, en mutualisant les achats pour les centres. Les motorisations électrifiées représentent encore une faible part de l'activité du réseau (3 à 5 %) mais le réseau se prépare à l'électrification du parc en passant par la formation de ses équipes.
Une expansion qui se maîtrise et se structure
La franchise Moovly, ouverte il y a moins d'un an, constitue un levier de développement majeur. L'enseigne a choisi ce modèle pour accélérer son maillage tout en préservant son ADN. Mais si le réseau veut s'étendre, c'est uniquement avec des partenaires capables de porter ses valeurs de proximité et de transparence. Le premier franchisé, installé à Romans-sur-Isère (26), a vu son chiffre d'affaires augmenter d'environ 25 % après la transformation de son garage en centre Moovly. Sa réputation locale s'est également améliorée.
Le modèle de franchise repose sur deux possibilités : l'ouverture d'un nouveau centre ou la transformation d'un garage existant. Dans les deux cas, les candidats doivent justifier d'au moins trois ans d'expérience dans l'automobile ou dans la relation client. Pour une création, un apport minimum de 20 000 euros est demandé. Mais l'enseigne insiste surtout sur un point : les valeurs humaines. Moovly recherche des profils capables d'accompagner leurs équipes, proches des clients et soucieux d'offrir un service constant. "Moovly n'est pas né d'un business plan, mais d'une volonté de dépoussiérer les vieilles méthodes du secteur", rappelle Julien Vernaison.
Le développement de Moovly est volontairement progressif : deux à trois ouvertures par an, avec un maillage géographique resserré pour maintenir la qualité de service. Et qui dit développement du réseau dit aussi nouvelles exigences à maîtriser. Car avec l'extension du maillage, une autre réalité s'impose : l'évolution d'un métier plus technique.
Entre l'essor des modèles électrifiés et la généralisation de l'électronique embarquée, l'entretien automobile nécessite des compétences toujours plus pointues. Le réseau mise sur la formation pour rester au niveau, mais aussi pour attirer des techniciens qualifiés, alors que le secteur souffre de fortes tensions sur le recrutement.
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