Dépannage-remorquage : les premières réponses de l’État jugées insuffisantes

Ils étaient plus de 200, venus de toute la France, à manifester le 21 mai 2026 à Paris pour dénoncer la baisse de rentabilité de leur activité et demander une révision des tarifs réglementés. Réunie à Bercy à l'issue de la manifestation, la FNA a obtenu des pouvoirs publics la reconnaissance du décalage entre ces tarifs réglementés et la réalité économique des entreprises de dépannage-remorquage et de fourrière.
Comme évoqué avant la mobilisation dans nos colonnes, les dépanneurs dénoncent depuis plusieurs mois des tarifs jugés trop bas au regard de l’augmentation des coûts d’exploitation, mais aussi des contraintes liées aux interventions de nuit, de week-end ou sur des véhicules accidentés ou volés. La profession réclame notamment un alignement des tarifs fourrière sur ceux appliqués pour les dépannages VL sur autoroute.
L'État a, quant à lui, salué le déroulement de la mobilisation et reconnu le rôle joué par les entreprises du secteur. La FNA rappelle que ces sociétés assurent des interventions 24h/24 et 7j/7, en lien direct avec les forces de l’ordre et les services de l’État, dans des conditions jugées de plus en plus difficiles et parfois dangereuses.
Des propositions jugées insuffisantes
Lors de la réunion à Bercy, des propositions de revalorisation tarifaire ont été évoquées. Mais elles n’ont pas convaincu les organisations professionnelles, qui estiment qu’elles ne répondent pas aux difficultés rencontrées par les entreprises. Le détail de ces propositions n'a pas été rendu public à ce stade.
La mobilisation du 21 mai ne portait d’ailleurs pas uniquement sur une hausse ponctuelle des tarifs. Les professionnels demandent aussi une meilleure prise en compte des contraintes du métier, avec notamment des majorations pour les interventions de nuit, les week-ends et les jours fériés.
La décision du Conseil d'État inquiète la profession
La FNA souligne également l'impact d'une récente décision du Conseil d'État concernant les véhicules volés retrouvés. Jusqu'ici, les entreprises pouvaient appliquer des tarifs libres pour la garde de ces véhicules avant leur éventuelle mise en fourrière.
Mais cette décision impose désormais les tarifs réglementés de la fourrière, jugés trop bas par les dépanneurs-remorqueurs. Selon la fédération, cette évolution fragilise encore davantage la situation économique des entreprises, déjà touchées par la hausse des charges et les contraintes du métier. Certains professionnels envisageraient même de cesser leur activité.
"Il était indispensable que les pouvoirs publics entendent et reconnaissent enfin officiellement les difficultés économiques de la profession et l’inadéquation des tarifs réglementés. Mais les entreprises ne peuvent plus intervenir à perte tout en assurant un service essentiel pour l’État et la sécurité des automobilistes", déclare Philippe Gimenez, président de la branche dépannage-remorquage-fourrière de la FNA.
Une réunion interministérielle attendue en juin
Face à la situation, les représentants de l’État ont reconnu la nécessité d’un travail commun entre plusieurs ministères, notamment celui de l’Intérieur, des Finances et de la Justice. Une réunion interministérielle pourrait avoir lieu dans les prochains jours, possiblement sous l’égide de Matignon. Les discussions doivent porter sur les tarifs, les conditions d’intervention, la sécurité des professionnels et le cadre réglementaire du secteur. La réunion pourrait débuter dès le mois de juin 2026.
"Les professionnels du dépannage-remorquage et de la fourrière restent pleinement mobilisés et attendent désormais des engagements concrets, rapides et à la hauteur des enjeux", conclut Philippe Gimenez.
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