Ces neuf marques automobiles qu’un assureur ne veut plus couvrir

Neuf. C'est le nombre de marques automobiles que l'assureur néerlandais Univé refuse désormais de couvrir. Motif invoqué : l'incapacité des constructeurs concernés à organiser une réparation rapide et fiable après un sinistre.
Un modèle électrique américain en a récemment fait les frais. Un dommage de quelques centimètres près du train avant a suffi pour déclarer le véhicule économiquement irréparable. La procédure du constructeur imposait tout simplement le remplacement intégral de la carrosserie pour ce dommage limité.
"C'est un exemple extrĂªme, mais il montre bien l'ampleur que peuvent prendre les consĂ©quences lorsqu'une mĂ©thode de rĂ©paration adaptĂ©e fait dĂ©faut", affirme Henkjan Matthijs, responsable mobilitĂ© chez UnivĂ©.
Des restrictions faute de SAV structuré
L'assureur en a tiré les conséquences en publiant une nouvelle grille, qui exclut ou restreint la couverture de plusieurs marques, chinoises pour la plupart.
Ainsi, Univé refuse désormais de couvrir les modèles Hongqi, Changan, Voyah, KGM, Leapmotor, VinFast, Jaecoo, MHero et Omoda. Quant aux véhicules Dongfeng, Lucid, Firefly, Nio et Zeekr, ils ne sont couverts qu'en responsabilité civile.
L'assureur insiste toutefois sur un point : ce n'est pas la nationalité du constructeur qui motive ces choix, mais sa capacité à structurer rapidement l’offre de pièces, de formation et du réseau de réparateurs. Il cite ainsi l’exemple des véhicules Lynk & Co qui restent assurables sans restriction.
Des acheteurs peu attentifs à l’après-vente
Le marché néerlandais compte aujourd'hui 88 marques automobiles, dont 16 sont arrivées au cours des cinq dernières années. Elles représentent 2,4 % des immatriculations de VN cumulées sur cette période.
Une bonne partie de ces nouveaux entrants vient de Chine, et les consommateurs locaux s'y montrent plutĂ´t rĂ©ceptifs. Selon l'enquĂªte rĂ©alisĂ©e par MarketResponse pour le compte d'UnivĂ©, 66 % des automobilistes ne s'opposent pas Ă l'achat d'un vĂ©hicule chinois.
Mais au moment de choisir, l’après-vente reste souvent ignorĂ©. Le prix arrive en tĂªte des critères pour 67 % des sondĂ©s, suivi de la consommation ou de l'autonomie, puis de la sĂ©curitĂ©. La disponibilitĂ© des pièces dĂ©tachĂ©es, elle, ne pèse que pour 12 % des acheteurs.
Plus frappant encore, 56 % des personnes interrogées ignorent que cette disponibilité peut influer sur les conditions d'assurance de leur futur véhicule. "Une voiture peut sembler excellente sur le papier, mais c'est seulement après un sinistre que l'on découvre la qualité de l'organisation qui se cache derrière la marque", conclut Henkjan Matthijs.
