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Pourquoi les véhicules économiquement irréparables sont-ils plus nombreux ?

Publié le 3 avril 2026
Par Nicolas Girault
2 min de lecture
Le nombre de véhicules économiquement irréparables est reparti à la hausse en 2025. En cause : la flambée des coûts de réparation, combinée aux évolutions du parc automobile et des valeurs de marché.
Les véhicules électriques économiquement irréparables restent encore rares par rapport à leurs homologues thermiques, conformément à leur part dans le parc roulant. ©J2R/NG
Les véhicules électriques économiquement irréparables restent encore rares par rapport à leurs homologues thermiques, conformément à leur part dans le parc roulant. ©J2R/NG

En 2025, la part des véhicules économiquement irréparables (VEI) est repartie à la hausse. Selon SRA, les procédures VRADE (valeur de remplacement à dire d’expert) ont concerné 11,6 % des dossiers de sinistre, contre 10,6 % un an plus tôt.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte de hausse continue des coûts de réparation, sur fond de vieillissement du parc roulant. Une dynamique qui avait été partiellement contenue entre 2021 et 2023 par la forte valorisation des marchés du véhicule neuf (VN) et d’occasion (VO), limitant alors les mises au rebut. Cette phase est désormais révolue.

Un parc vieillissant, mais des valeurs en hausse

L'explication de cette tendance est logique. Plus un véhicule vieillit, plus le coût de sa remise en état tend à dépasser sa valeur. Pourtant, dans le même temps, la valeur des voitures a fortement progressé ces dernières années (+32,4 % entre 2021 et 2025), malgré le vieillissement global du parc.

Ce double mouvement a temporairement permis de maintenir en circulation certains véhicules anciens. À l’inverse, il conduit aussi à classer en VEI des modèles plus récents, dont les équipements – notamment électroniques – renchérissent fortement le coût des réparations.

Dans les faits, les véhicules les plus anciens restent de loin les plus concernés : 73,6 % des VEI ont plus de 10 ans, et 45,5 % dépassent les 15 ans. Leur faible valeur résiduelle se confirme également : à peine 13,2 % dépassent 10 000 euros hors taxes. À l’autre extrémité, seuls 2 % des VEI ont moins de deux ans.

Structure du parc et type de motorisation

La répartition des voitures envoyées au rebut reflète directement celle du parc roulant. Les modèles diesel sont les plus exposés, avec 14,6 % des dossiers, contre 10,3 % pour les véhicules essence.

Les modèles électriques, encore récents, plus chers et moins diffusés, restent pour l’instant moins concernés par les procédures VEI. Leur faible présence dans le parc, leur mise en circulation plus récente et leur valeur plus élevée limitent mécaniquement leur basculement en perte économique.

SRA souligne que les coûts des réparations restent nettement supérieurs à l’inflation générale et continuent de progresser sur des niveaux déjà historiquement élevés. "En quatre ans, le coût moyen des réparations, celui de chacun des postes qui le composent ainsi que la valeur des VRADE ont augmenté de près de 30 %, confirmant une transformation structurelle du coût du sinistre automobile", précise l'association.

Recours aux PRE encore limité

La progression des VEI s’explique d’abord par la hausse continue des coûts de réparation. Les pièces de rechange en constituent le principal moteur : 72 % des pièces endommagées sont remplacées, ce qui accentue mécaniquement la facture.

Par ailleurs, le prix grandissant du poste main-d'œuvre pèse sur la balance. La revalorisation des taux horaires, dans un contexte de pénurie de techniciens, s’ajoute à une complexité croissante des interventions, qui allonge les temps de réparation.

Dans ce contexte, les pièces de réemploi (PRE) constituent un levier potentiel pour limiter les classements en VEI. Leur usage progresse : en 2025, plus d’une réparation sur cinq intègre au moins une pièce issue de l’économie circulaire. Mais leur poids reste encore limité. Surtout, la montée en complexité et en technicité des véhicules récents restreint leur déploiement à grande échelle, freinant leur capacité à inverser durablement la tendance.

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