Réparation des batteries : Covéa entre au capital d’Entroview

La réparation automobile durable reste l’un des chevaux de bataille de Covéa. Pour répondre au défi de l’électrification du parc roulant, l’assureur entre au capital d’Entroview, une jeune pousse créée en 2021 et spécialisée dans le diagnostic avancé des batteries de véhicules électriques.
Limiter le remplacement systématique de batterie
Cette opération capitalistique prolonge les travaux engagés depuis 2024 entre Entroview et le Cesvi, technocentre de Covéa. "Nous avons d'abord travaillé ensemble en atelier, sur de vraies batteries, explique Gaëtan Depaëpe, dirigeant et cofondateur d’Entroview. Nous en tirons une conviction commune : une batterie abîmée n'est pas une batterie perdue. La réparer ou la réutiliser, c'est rendre l'après-vente plus résiliente et l'électrique plus vertueux".
Le Cesvi cherche à éviter le remplacement systématique des batteries après un accident. Il étudie les possibilités de les maintenir en service, de les réparer ou de les réemployer lorsque leur état le permet. L’objectif : mieux maîtriser le coût des sinistres impliquant des véhicules électriques.
Pour y parvenir, "la technologie développée par Entroview apporte une approche innovante du diagnostic des batteries et notre expertise terrain contribue à l’adapter aux réalités de la réparation automobile, précise Christophe Petrynka, directeur de Cesvi France.
La jeune entreprise combine une méthode physique et l’intelligence artificielle pour évaluer l’état de santé des batteries. Cette approche permet d’estimer leur intégrité et de déterminer si elles peuvent être réparées ou réemployées après un sinistre.
Enjeu économique et environnemental
L'enjeu de ces travaux est de réparer les modèles électriques dont le coût reste supérieur en moyenne de 11 % à celui des véhicules thermiques. Cela, notamment en raison de leur poids, des contraintes de leur mise en sécurité et du prix des batteries. Sans oublier l'impact environnemental de leur remplacement.
L’assureur et ses deux partenaires souhaitent donc privilégier le maintien en service de la batterie chaque fois que son état le permet. À défaut, ils donnent la priorité à sa réparation puis, si celle-ci est impossible, à son remplacement par une batterie de réemploi plutôt que neuve.
"Analyser, réparer et réemployer les batteries plutôt que de les remplacer systématiquement, est un enjeu économique, environnemental et sociétal majeur pour nos sociétaires comme pour l’ensemble de la filière automobile", résume Philippe Rondeau, directeur Expertise et Solutions de l'Indemnisation de Covéa.
La collaboration entre l’assureur, le Cesvi et Entroview devrait accélérer les expérimentations et les travaux menés avec les constructeurs automobiles. L’objectif est de développer des méthodes et des outils de diagnostic destinés aux professionnels de la réparation et du réemploi, afin de contribuer à la structuration d’une filière de réemploi des batteries de véhicules électriques.
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