Indra réorganise son réseau VHU pour accélérer dans le réemploi

Indra Automobile Recycling prépare une nouvelle organisation pour ses 235 centres de traitement de véhicules hors d'usage (VHU) autour de trois statuts qui entreront en vigueur en janvier 2028.
Présentée le 15 octobre 2026 lors de sa convention Cap Réseau à Boulogne-Billancourt (92), cette initiative s'inscrit dans le plan Valeur 2030. Le groupe, qui a réalisé 120 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025, vise une croissance de 70 % d'ici 2030.
Le spécialiste du recyclage automobile cherche ainsi à tirer davantage de valeur des épaves traitées par son réseau. En France, le marché des VHU est passé de 1,3 million d'unités en 2021 à moins d'un million en 2025, selon Indra.
"Le recyclage automobile change de dimension. Les volumes baissent, les exigences montent, le secteur se consolide. Dans ce contexte, la force d'un réseau ne se mesure plus seulement au nombre de centres mais à ce que chacun produit. Avec Valeur 2030, nous engageons nos 235 partenaires dans une trajectoire commune vers les meilleurs standards, et nous prenons de notre côté des engagements précis sur ce que nous leur apportons", souligne Xavier Kaufman, président-directeur général d'Indra.
Pour maintenir l'approvisionnement de ses déconstructeurs, Indra compte renforcer ses partenariats avec les assureurs et développer ses contrats auprès des distributeurs automobiles, des loueurs et des gestionnaires de flottes. Le groupe prévoit aussi de faire évoluer son outil Connect'Car pour faciliter le traitement des dossiers.
Trois statuts pour les centres VHU
Pour mieux organiser son réseau, Indra a défini trois niveaux d'engagement pour chacun de ses centres : "associé", "partenaire" et "référence". A chaque niveau correspondra des exigences croissantes en matière de conformité réglementaire, de qualité de déconstruction et de partage des données. En contrepartie, les recycleurs bénéficieront, selon leur statut, d'un accès aux contrats nationaux, aux outils numériques et d'un accompagnement renforcé.
Le niveau attribué dépendra des performances du déconstructeur et non de sa taille. Aucun quota n'est prévu, les trois statuts restant accessibles aux entreprises qui répondront aux critères fixés par Indra. Ces derniers doivent encore être finalisés avec les représentants du réseau.
Le déploiement se fera progressivement, avec des réunions régionales d'ici fin 2026, puis des entretiens individuels et des audits en 2027. Les nouveaux contrats entreront en vigueur en janvier 2028. Les neuf sites détenus en propre par Indra devront respecter les mêmes standards que les centres partenaires.
Une garantie de 24 mois pour les pièces de réemploi
Cette volonté d'harmoniser les pratiques concerne aussi les pièces de réemploi produites par le réseau. Indra prévoit notamment de mettre en place une garantie de 24 mois sur toutes les pièces, afin de faire de sa marque un label de qualité reconnu par les acheteurs professionnels.
Le groupe compte aussi faciliter la commercialisation de ces pièces puisque sa plateforme actuelle Precis doit évoluer, avant le lancement d'un nouvel outil de distribution. Il sera dévoilé à l'occasion du salon Equip Auto Paris, en octobre 2027.
Indra poursuit dans le même temps sa collaboration avec Opisto, dont il détient 47 % du capital. Déjà utilisées par la grande majorité de ses centres, les solutions de l'entreprise doivent bénéficier de nouvelles évolutions d'ici fin 2026, afin de simplifier leur gestion et d'améliorer la valorisation des VHU.
Indra se prépare à la hausse des véhicules électrifiés
Le réseau se prépare aussi à recevoir davantage de véhicules électriques et hybrides accidentés. Selon Indra, leur nombre pourrait dépasser 10 000 au début des années 2030, contre environ 2 000 en 2026.
Le groupe compte ainsi renforcer ses centres experts véhicules électriques (CEVE), harmoniser leurs pratiques et développer la valorisation des composants de la chaîne de traction. Il prévoit également d'élargir ses prestations auprès des constructeurs, notamment dans le cadre du règlement européen sur les VHU et de la REP batteries.
Indra cherche enfin à mieux valoriser les matières récupérées lors de la déconstruction. Le groupe travaille au développement de nouveaux débouchés et à la mise en commun des solutions de valorisation au sein de son réseau. Son objectif est d'atteindre 350 euros HT de valorisation des matières par véhicule d'ici fin 2027.
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