Black Star relance la machine

L'incertitude qui planait depuis plusieurs mois sur Black Star s'est dissipée. Placée en procédure de sauvegarde puis confrontée à de graves difficultés financières, l'entreprise nordiste spécialisée dans le rechapage de pneumatiques vient d'obtenir un nouveau départ. Le tribunal de commerce d'Arras a validé sa reprise par un consortium d'investisseurs emmené par l'entrepreneur Cédric Meston. Une opération qui donne naissance à une nouvelle structure, baptisée Black Star Next, et vise à préserver un savoir-faire industriel unique en France.
Un nouvel actionnariat aux commandes
Pour piloter cette relance, les repreneurs ont constitué une équipe mêlant entrepreneurs et spécialistes de l'industrie. Aux côtés de Cédric Meston, connu notamment pour avoir repris Tupperware France en 2025, Arnaud Hage prend la présidence opérationnelle de Black Star Next. Adrien Eymard, qui a effectué l'essentiel de sa carrière chez Continental puis Aumovio, est nommé directeur général. Laurent Cabassu, ancien dirigeant de Black Star, conserve quant à lui un rôle de conseil afin d'accompagner la transition.
Les nouveaux dirigeants entendent repositionner le pneu reconditionné comme une alternative crédible face à la hausse continue du coût des pneumatiques neufs. Entre 2021 et 2024, les prix de ces derniers ont progressé de plus de 25 %, favorisant l'intérêt des automobilistes et des gestionnaires de flottes pour des solutions plus abordables.
Pour Cédric Meston, les atouts du dossier dépassent la seule dimension économique. "Reprendre Black Star, c'est sauver un actif industriel unique et des dizaines d'emplois. C'est aussi une évidence stratégique : nous sommes au croisement du pouvoir d'achat, de l'économie circulaire et de la souveraineté industrielle."
Béthune au cœur du projet
Le plan de reprise repose sur une concentration des activités industrielles à Béthune, dans le Pas-de-Calais, où Black Star est installé depuis 2021 sur l'ancien site de Bridgestone. Cette usine de 45 000 m² devient le centre névralgique de la nouvelle organisation.
Cette décision se traduit toutefois par l'abandon du site de Saint-Pierre-de-Bœuf, dans la Loire, berceau historique de l'entreprise. Les repreneurs justifient ce choix par la nécessité de réduire les surcapacités qui pesaient sur les coûts de fonctionnement du groupe.
Sur le plan social, le projet permet néanmoins de préserver immédiatement 91 emplois sur le bassin béthunois. Les repreneurs se sont engagés à maintenir ces effectifs pendant les deux prochaines années et affichent même l'objectif de porter le nombre de collaborateurs à 144 d'ici 2030.
"91 personnes reprennent le travail sur le site de Béthune. C'est ça, d'abord", souligne Arnaud Hage. Le président de Black Star Next affiche également une ambition industrielle forte : "Nous avons une mission : prouver que l'on peut fabriquer en France, vendre en France et être rentables."
Miser sur les flottes et les grands comptes
Pour retrouver le chemin de la rentabilité, annoncée dès la fin de l'année 2026, Black Star Next pourra s'appuyer sur plusieurs contrats déjà sécurisés avec Mobivia et Bridgestone. La nouvelle direction entend également accélérer son développement auprès de segments jugés prioritaires.
Les gestionnaires de flottes, les grands comptes, les réseaux d'entretien automobile, les constructeurs et le commerce en ligne figurent parmi les principaux relais de croissance identifiés. Des partenariats sont notamment évoqués avec des acteurs comme Fraikin, Ayvens, Renault ou Euromaster.
Objectif : atteindre 316 000 pneus vendus dès 2027, puis 436 000 unités en 2028. Un pari qui repose sur un contexte réglementaire de plus en plus favorable à l'économie circulaire et sur la recherche d'économies par les automobilistes.
Pour Adrien Eymard, le redémarrage de l'entreprise s'appuie avant tout sur les compétences internes. Le nouveau directeur général met en avant "des équipes de grande qualité" ainsi qu'un savoir-faire industriel rare sur le marché français.
