First Brands mis en pièces détachées

Quatre mois après son placement en redressement judiciaire, First Brands passe à la table de découpe. L'équipementier américain, qui possède un large portefeuille de marques (Trico, FRAM, Philips, Autolite, etc.), vient d'annoncer l'ouverture d'un processus de vente de ses activités. Le groupe envisage une cession globale ou un démantèlement par lots, selon les offres qui lui parviendront.
First Brands Group affirme avoir reçu des marques d'intérêt de la part d'acquéreurs potentiels, qu'ils soient stratégiques ou financiers. Le groupe s'est fixé comme échéance le premier trimestre 2026 pour finaliser cette transaction, une cadence serrée qui témoigne de l'urgence de la situation.
L’effondrement spectaculaire de First Brands
La déconfiture de First Brands, fondé par l'homme d'affaires Patrick James, a marqué les esprits dans le secteur financier américain. Avec un passif compris entre 10 et 50 milliards de dollars selon les déclarations officielles de septembre dernier, cette faillite s'annonce comme l'un des plus gros sinistres de l'histoire du crédit privé.
Le groupe s'était développé à marche forcée par acquisitions successives, rachetant des marques diverses en recourant massivement à l'endettement. Au-delà des prêts classiques, First Brands s'appuyait sur des montages financiers sophistiqués : affacturage de créances clients et financement inversé de la chaîne d'approvisionnement.
Ces mécanismes hors bilan ont permis de minorer artificiellement le niveau d'endettement apparent. Les créanciers qui ont repris les rênes du groupe – parmi lesquels figurent plusieurs banques d'investissement comme Jefferies, UBS ou Santander – ont depuis découvert un édifice financier fragile, bâti sur des factures gonflées voire fictives. Certaines créances auraient même été gagées plusieurs fois auprès de différents prêteurs.
Un dossier sous surveillance judiciaire
La justice américaine s'est saisie du dossier et mène désormais une enquête sur les pratiques comptables du groupe. Patrick James, qui a démissionné au moment du dépôt de bilan, fait l'objet d'accusations de détournement de fonds par les créanciers.
Ces derniers tentent de récupérer une partie des sommes disparues (près de deux milliards de dollars manqueraient à l'appel).
