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Equipementiers

Sébastien Thiriez (Actia) : "Simplifier au maximum la vie des réparateurs"

Publié le 3 juin 2022
Par Nicolas Girault
4 min de lecture
Arrivé chez Actia en juin 2021 en qualité de responsable de l’activité diagnostic, Sébastien Thiriez veut mettre l'accent sur l'expertise multimarque du groupe, tout en développant son offre de services et d'outils pour réparateurs. Cet ancien de Valeo et de Delphi Technologies souhaite aussi se tourner davantage vers les groupements de distribution.
Sébastien Thiriez entend contribuer avec Actia aux différents chantiers que mène la Feda.
Sébastien Thiriez entend contribuer avec Actia aux différents chantiers que mène la Feda.

Quelles actions avez-vous mises en place depuis votre arrivée dans le groupe Actia ?
Sébastien Thiriez :
Avec mes équipes, nous nous sommes d'abord attachés à poursuivre la valorisation de l'expertise diagnostic multimarque du groupe Actia et de l'innovation que nous pouvons apporter au réparateur. En arrivant, j'ai constaté un vrai décalage entre la qualité des outils que l'on propose, la grande satisfaction des utilisateurs, et leur perception par le marché et certains prospects. Ceux-ci n'avaient pas forcément conscience de toutes nos évolutions de produits et de services. Il a fallu mettre tout ce travail en valeur, le "marketer". Je suis aussi là pour opérer la transition vers un autre business model et mettre l'accent sur la distribution traditionnelle indépendante. Par ailleurs, nous avons réalisé un vrai travail pour sensibiliser nos clients sur l'importance des mises à jour logicielles, afin qu'ils bénéficient de toutes les nouvelles fonctionnalités disponibles chaque mois.

 

Quels sont les prochains objectifs de la division après-vente de l'équipementier ?
Nous allons continuer à investir sur la couverture de parc de nos outils, notamment sur les véhicules électriques et les marques asiatiques.

L'intégration des security gateways des constructeurs est un objectif prioritaire pour 2022.

Il est déjà presque accompli car nous avons déjà Fiat, Renaut et Iveco. Volkswagen et Mercedes vont s'y ajouter prochainement. Le PRP est un autre projet majeur sur lequel nous allons accélérer. C'est un service sur demande qui permet une prise en main à distance des véhicules du réparateur, pour faire du remote diagnostic via une hotline expert. Elle est notamment utile pour faire des téléchargements, télécodages et reprogrammations de calculateurs. Nous voulons aussi simplifier au maximum la vie des réparateurs en renforçant notre offre de services et d'outils intuitifs et ergonomiques. Nous continuons notre approche métier, qui est très appréciée des utilisateurs, en travaillant notamment sur la partie customer care, mise en place depuis maintenant deux ans.

 

Quelle place occupe Actia sur le marché des outils de diagnostic électronique ?
Nous occupons une place innovante et premium, grâce à nos relations de plus de trente ans avec les constructeurs et à notre longue histoire dans l'IAM. Nous souhaitons consolider notre place sur le podium français et visons le top 3 européen à horizon de trois ans, en nous fondant notamment sur des partenariats structurés en France et à l'export.

Actia est l'un des seuls fournisseurs à avoir une vision 360° sur les métiers liés au diagnostic : R&D, usine, après-vente, véhicule connecté, multimarque…

C'est important en vue des mutations technologiques qui arrivent. Nous maîtrisons toute la chaîne de valeur sur le diagnostic. Nous avons une expertise sur les architectures électroniques des véhicules, nous développons les logiciels, produisons les interfaces, gérons le SAV, la hotline, la formation, la distribution, etc. Cela nous permet de travailler en mode projet avec nos clients, de leur proposer des outils spécifiques qui viennent s'insérer dans leur écosystème, dans les ateliers.

 

Quels bénéfices attendez-vous de la charte sur le diagnostic électronique de la Fiev et du Gieg ?
Le sujet n'a pas encore abouti, car la charte a été reprise au niveau européen à travers l'initiative de la Fiev, ce qui explique pourquoi Actia ne l'a pas encore signée. La règle, c'est la fair competition. D'un côté, les constructeurs doivent fournir un accès aux données et aux véhicules, qui embarquent des contenus de plus en plus sensibles, sécurisés et technologiques. De l'autre, la filière de la réparation doit garantir que tout le monde respecte les mêmes règles du jeu. Les constructeurs veulent s'assurer de l'intégrité des véhicules avec une traçabilité des opérations réalisées. Nous voulons éviter que certains acteurs du diagnostic discréditent l'ensemble de la profession.

Il y a aussi un enjeu de qualité : avec la complexité croissante des opérations de diagnostic, il est impératif de rassurer les clients avec un label qui certifie la qualité des solutions et l'origine des données que l'on utilise.

 

Actia vient d'annoncer la cession de ses activités contrôle technique et équipements de garage. Quelles raisons ont motivé cette décision ?
Actia souhaite se recentrer sur ses activités stratégiques pour répondre à de forts besoins d'investissements et assurer sa continuité d'innovation, qui nécessite beaucoup de R&D. Le groupe a de gros leviers de croissance avec 462,8 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2021, et un objectif confirmé de 800 millions d'ici quatre ans.

Le but de ces cessions est de se redonner des capacités de financement pour redynamiser les cœurs de métier du groupe, dont le diagnostic électronique. Les activités contrôle technique et équipements de garage n'en faisaient plus partie.

 

Pourquoi avoir choisi de rejoindre la Feda en 2022 ?
Après des échanges sur différents sujets techniques en 2021, nous avons décidé d'y adhérer cette année. La principale raison est notre conviction de pouvoir apporter notre contribution aux chantiers que mène la Feda. Actia a son rôle à jouer dans les discussions sur les évolutions du métier. J'en vois trois principales. D'abord, l'accès aux données. Ensuite, le volet formations et compétences : nous voulons accompagner les ateliers qui font face à de nombreuses évolutions. Enfin, il y a tout ce qui est lié à l'électrification du parc : la Feda communique beaucoup. Il y a à la fois la gestion de fin de vie du parc roulant thermique et la partie maintenance, pour lutter contre les émissions.

 

Y a-t-il aussi une volonté de vous rapprocher des groupements de distribution pour promouvoir votre portefeuille de produits ?
En effet, c'est important pour nous et c'est une des raisons de ma venue chez Actia : un vrai changement de business model. Le groupe est historiquement très présent chez les réseaux de centres autos, de pneumaticiens, de fast-fitters, etc. Nous devons maintenant accélérer avec les groupements de distribution, car ils représentent 50 % des ventes d'outils de diagnostic multimarques. Nous avons déjà finalisé plusieurs référencements d'envergure, et d'autres sont en cours. Les groupements s'organisent pour enrichir le contenu de leur offre de services, et les ateliers vont avoir besoin d'accompagnement sur l'accès aux véhicules, aux données, à la formation, etc.

Les groupements vont trouver en Actia un vrai partenaire technique, plus qu'un fournisseur.

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