Emploi automobile : la baisse du nombre de jeunes en France alerte l’ANFA

La relève automobile pourrait bientôt rouler en effectif réduit. Dans son 125e Autofocus, l'ANFA estime qu'entre 2025 et 2035, les effectifs des 15-19 ans devraient diminuer de 5 % à l’échelle nationale. Jusqu’à présent, le nombre de jeunes disponibles n’avait jamais freiné le remplissage des lycées professionnels et des CFA. La baisse devrait atteindre 11 % en Normandie et 9 % en Bretagne.
Et les tensions sont déjà là : dans les Pays de la Loire, 84 % des entreprises interrogées en 2025 jugeaient difficiles leurs recrutements de mécaniciens et techniciens en maintenance de véhicules. Cette proportion atteignait 95 % pour les carrossiers.
Les besoins devraient pourtant continuer à progresser dans les régions les plus dynamiques. D'ici à 2035, la population augmenterait de 0,45 % par an en Occitanie et de 0,40 % dans les Pays de la Loire. Cette hausse démographique devrait alimenter le parc automobile et les besoins de main-d'œuvre, avec moins de jeunes disponibles pour se former.
Mieux insérer et garder les jeunes
Pour répondre à cette situation, l'ANFA identifie trois priorités : anticiper l'évolution du nombre de 15-19 ans et de leurs choix d'orientation, améliorer l'insertion des jeunes formés et limiter les ruptures de contrats d'apprentissage et les décrochages.
Car tous les jeunes formés ne restent pas dans la course. En 2023-2024, le taux d'insertion à six mois des apprentis en maintenance de véhicules particuliers variait de 63 % à 75 % selon les régions. Le taux de déperdition au cours des deux dernières années de formation automobile atteignait, lui, 25 % en France.
Autre piste : attirer davantage de jeunes femmes. Elles représentent près de 23 % des salariés de la branche, mais seulement 2 % des mécaniciens et carrossiers. Dans un contexte où le nombre de jeunes va diminuer, l'ANFA estime nécessaire d'en attirer et d'en fidéliser davantage dans les métiers techniques.
"Le principal défi des prochaines années réside dans la capacité de la branche à mieux anticiper les évolutions de son vivier de jeunes, dans un contexte de progression de l'emploi, de transformation du parc, des besoins de qualification et de départs importants en fin de carrière", souligne Jocelyn Gombault, responsable de projets au sein de l'Observatoire des métiers des services de l'automobile.
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