Avec Jetstream, Sata veut robotiser la pulvérisation de peinture

Le spécialiste allemand de la pulvérisation ne se contente plus des pistolets. Avec sa nouvelle filiale Sata Automation, il expose à Automechanika Francfort 2026 son robot Jetstream, capable d'automatiser une partie des opérations de mise en peinture. Les visiteurs peuvent découvrir le système en fonctionnement autour d'un véhicule, au sein d'une cabine équipée d'une structure métallique dédiée.
4 500 véhicules en mémoire
Le dispositif se distingue notamment par un râtelier fixé sur l'une des parois de la cabine. Celui-ci accueille plusieurs pistolets et leurs godets, permettant au Jetstream de changer automatiquement d'outil et de produit. Le robot peut ainsi passer de l'apprêt à la base, puis au vernis, tandis que l'intervention humaine se limite à la préparation des produits en amont.
Sata Automation est une coentreprise créée par Sata et le fabricant chinois de robots CurveRobot. Le Jetstream associe notamment la technologie de buse Jet X de Sata à un système numérique développé conjointement par les deux partenaires et faisant appel à l'intelligence artificielle.
"Il dispose des informations géométriques sur la carrosserie de 4 500 véhicules européens pour l'instant et nous allons encore enrichir sa base de données", explique Lion Lang, responsable du développement commercial de Sata Automation. Selon les travaux à réaliser, le robot indique également à l'opérateur la quantité de peinture à préparer. Son programme intègre par ailleurs les caractéristiques des produits de plusieurs grandes marques, parmi lesquelles AkzoNobel, Axalta, PPG, Sherwin-Williams et Surventis.

Détail du râtelier, sur lequel le bras du robot de peinture Jetstream peut changer de pistolets et de godets. ©J2R/NG
Déjà près de 60 robots actifs en Chine
Sata Automation recommande d'intégrer le Jetstream dans une ligne de production complémentaire au sein de l'atelier. L'objectif est de libérer du temps pour le peintre, qui peut ainsi intervenir sur un autre véhicule ou effectuer d'autres opérations pendant que le robot travaille.
Selon l'entreprise, le Jetstream peut déjà prendre en charge jusqu'à 35 % des opérations de peinture, tout en réduisant la consommation de produits. Sa cadence resterait proche de celle d'un opérateur humain. "Sa vitesse d'application est plus ou moins la même que celle d'un peintre", précise Lion Lang.
Ajoutons que la machine est déjà en phase de test en Allemagne, dans la carrosserie Boya (groupe Aribos), à Hanovre. Elle est exploitée avec la gamme Ligne 100 de Surventis. D'autres expérimentations sont annoncées en France, Italie et Autriche. En Chine, elle compte déjà près d'une soixantaine d'ateliers utilisateurs. Sata Automation précise que son robot sera très prochainement disponible sur le marché français.
Sur son stand, l'entreprise ne communique pas de tarif précis. Le montant de l'investissement dépend notamment des éventuels travaux de génie civil nécessaires à son installation. "Selon les entreprises et leur niveau d'activité, nous visons un retour sur investissement en trois à quatre ans", indique Lion Lang. "Tout dépend toutefois de l'activité supplémentaire générée dans la carrosserie."
Sur le mĂŞme sujet
