Diesel Technic automatise son stock pour mieux dépanner les ateliers

Chez Diesel Technic France, une commande ne compte en moyenne que 1,5 ligne, pour un montant d’environ 150 euros. Ces petits paniers traduisent la place du fournisseur de pièces du catalogue DT Spare Parts dans l’après-vente : celle d’un véritable spécialiste du dépannage. "Notre métier est de livrer le lendemain matin avant 8h la pièce manquante pour réparer un véhicule industriel immobilisé", résume Benoît Debargue, directeur général adjoint et commercial de la filiale du groupe allemand.
C’est pour tenir cette promesse que la filiale a investi 13 millions d’euros dans sa nouvelle plateforme de Janzé (35). Mis en service début 2026, le site doit lui permettre de mieux servir ses quelque 1 500 clients actifs (distributeurs, concessionnaires, groupements, etc.) sur le territoire national.
Davantage de pièces à faible rotation
À Janzé, le stock atteint aujourd'hui 26 700 références. L’objectif est d’en proposer 30 000 à la fin de 2026, sur les quelque 50 000 du catalogue mondial. Le nombre d’articles en réapprovisionnement automatique a également doublé, passant de 13 000 à 26 000, en intégrant davantage de faibles rotations.
Cette politique vise à compléter les assortiments des distributeurs, qui concentrent leurs moyens sur les références les plus vendues. "Quand l’activité d’un distributeur ralentit, son groupe lui demande de baisser ses stocks. S’il baisse ses stocks, il a encore plus besoin de dépannage", analyse Yanick Lemarié, directeur général de la filiale.
Selon Diesel Technic France, le taux de disponibilité approchait 95 % en septembre 2026, contre 88 à 89 % les années précédentes. L’enjeu est de réduire les reliquats, les annulations et les approvisionnements depuis l’Allemagne. La carrosserie illustre ce positionnement : première gamme de produits du fournisseur, elle réunit des pièces encombrantes et dispersées entre de nombreux modèles, que les grossistes peinent à stocker.
"Il n'y a pas de loi des 20/80 stricte en carrosserie. Très peu de distributeurs stockent de la carrosserie en grande quantité, car ce sont des pièces particulièrement volumineuses, encombrantes et fragiles", complète le gérant.
L’automatisation au service des commandes urgentes
Pour tenir les départs du soir, la plateforme s’appuie sur une cellule automatisée AutoStore, dotée de 16 robots et de près de 26 800 bacs. Les pièces arrivent aux postes des préparateurs, tandis que les produits volumineux restent stockés en rayonnages. Les commandes prises en charge par le système sont traitées en moyenne en 5 à 7,5 minutes, selon l’entreprise. "La question n’est pas de supprimer des postes, mais de savoir si nous pouvons traiter 200 commandes de plus par jour avec le même nombre d’opérateurs", souligne Yanick Lemarié.
Le site prépare désormais environ 750 commandes par jour. "Demain, notre outil nous permettra d’absorber 1 000 commandes quotidiennes sans difficulté", assure le directeur général. La filiale en attend 185 000 sur l’ensemble de 2026, contre 110 000 en 2020. La rapidité de mise en stock compte aussi : une pièce réceptionnée ne devient disponible à la vente qu’une fois intégrée au stockage.
"Historiquement, la mise en stock était secondaire par rapport à l’urgence du traitement des commandes clients", reconnaît Yanick Lemarié. Pour accélérer l’intégration des arrivages, la filiale conserve une marge de manœuvre. "L’AutoStore n’est aujourd’hui exploité que pendant les heures de bureau", rappelle Benoît Debargue, qui envisage une amplitude de 6 heures à 22 heures si les volumes le nécessitent.
Les concessionnaires, un relais de croissance
L’investissement doit aussi accompagner le développement commercial de Diesel Technic France, notamment auprès des concessionnaires, qui représentent désormais 23 % de son chiffre d’affaires. Le référencement par Force Réseau, le groupement des concessionnaires Renault Trucks, a conduit la filiale à interconnecter les commandes TecCom via le Golda.
"Nous avons refusé d’embaucher du personnel uniquement pour effectuer de la saisie manuelle de commandes", indique Benoît Debargue. Les clients équipés commandent ainsi depuis leur propre logiciel, sans ressaisie sur le portail du fournisseur. Plusieurs distributeurs ont depuis adopté ce fonctionnement. Au total, 96,6 % des commandes sont désormais passées en ligne.
Avec Janzé, la filiale dispose donc d’une capacité supplémentaire pour soutenir cette conquête commerciale. "Lorsque nous avons dimensionné l’AutoStore et les surfaces de stockage de Janzé, nous avons établi nos calculs sur un horizon de dix ans, c’est-à-dire jusqu’en 2036", annonce Yanick Lemarié.
Le chiffre d’affaires de la filiale devrait atteindre 20,7 millions d’euros en 2026, contre 8,3 millions en 2015. Pour la suite, le dirigeant fixe le cap : "Nous nous sommes fixé un objectif de croissance moyenne de 5 % par an." Une ambition qui repose d’abord sur la disponibilité des pièces. "La qualité de notre stock et la disponibilité immédiate constituent le cœur de notre stratégie commerciale", conclut Yanick Lemarié.
