Peinture : PPG revoit ses tarifs à la hausse

Le spectre de l’inflation plane de nouveau dans les carrosseries. Le groupe américain PPG a annoncé une revalorisation de ses prix à l’échelle mondiale sur l’ensemble de son portefeuille, incluant peintures, revêtements et produits spécialisés. Ces augmentations, qui peuvent atteindre 20 %, sont appliquées au cas par cas, en fonction des contrats en cours et des marchés.
Cette décision intervient dans un contexte de forte instabilité des marchés pétrochimiques, énergétiques et logistiques. L’industriel évoque une accumulation de facteurs exogènes qui renchérissent simultanément les matières premières, l’énergie, le transport et même les emballages.
"Notre priorité absolue reste d'accompagner nos clients en leur offrant une qualité constante, un approvisionnement fiable et une expertise technique, même si les conditions du marché restent très changeantes", souligne Tim Knavish, président-directeur général de PPG.
Cette mesure tarifaire nous permet de garantir la disponibilité des stocks alors que nous faisons face à des pressions imprévues et accrues sur les coûts.
Au-delà de ces hausses, le groupe insiste, en effet, sur sa capacité à maintenir ses livraisons grâce à son maillage industriel et à la diversification de ses sources d’approvisionnement. Une manière de rassurer un marché déjà sous tension.
En France, selon nos informations, la division Refinish de PPG n'a pas souhaité passer de hausses d'une telle importance pour préserver la rentabilité des carrossiers.
L’onde de choc venue du Moyen-Orient
L’annonce de PPG ne peut se lire sans tenir compte du contexte international. La guerre en Iran agit comme un accélérateur de tensions déjà présentes sur les marchés de l’énergie et des matières premières.
Les produits de peinture reposent en grande partie sur des dérivés pétrochimiques : résines, solvants, additifs ou encore certains pigments. Toute hausse du pétrole ou du gaz se répercute directement sur leur coût de production. À cela s’ajoute un effet énergétique, le processus de fabrication étant particulièrement gourmand en énergie, notamment lors des phases de cuisson et de séchage.
Le transport constitue un autre point de fragilité. Les perturbations autour du détroit d’Ormuz allongent les routes maritimes et renchérissent les coûts logistiques. Assurance, délais et fret subissent des hausses en cascade, affectant aussi bien les matières premières que les produits finis.
Un impact direct pour les ateliers
Pour les carrossiers et les réparateurs, la conséquence de ces hausses peut être très visible : les prix catalogue augmentent et les conditions commerciales deviennent plus instables. Les fabricants ajustent leurs tarifs, mais aussi leurs clauses contractuelles, avec des indexations de plus en plus fréquentes sur les coûts de l’énergie et des intrants. Toutefois, ces augmentations peuvent varier d'une région à l'autre et selon les secteurs d'activité.
Au-delà du prix, c’est toute la chaîne technique qui peut être affectée. La peinture automobile repose sur des formulations précises, validées pour garantir qualité et durabilité. En cas de tension sur certains composants, les industriels peuvent être contraints d’adapter leurs formulations…
Précisons que le phénomène dépasse largement le seul marché de la peinture. Plastiques, pneumatiques, lubrifiants ou encore pièces de carrosserie, tous dépendants des dérivés pétroliers et subissent les mêmes pressions.
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