Le réseau NexusAuto poursuit son irréductible ascension

À Porto (Portugal) en 2025, lors de la dernière convention de NexusAuto France, le chiffre de 200 avait été présenté comme un repère. Il a depuis été dépassé. À son nouveau rendez-vous annuel avec ses adhérents, en mars dernier au Parc Astérix, l’enseigne pilotée par ID Rechange a revendiqué près de 220 sites, grâce à une vingtaine de nouvelles signatures enregistrées depuis janvier.
Directeur de l’enseigne, Christophe Chapot se félicite d’avoir franchi ce seuil symbolique, mais n’entend pas s’arrêter là. "Si on arrive à 270 sites d’ici la fin de l’année, ce serait déjà exceptionnel. Mais si on atteint 270-280, là on va commencer à peser et à être réellement visibles", lance-t-il.
Cette ambition répond à une logique de taille critique. "Pour un réseau de garages, sous la barre des 300 implantations, c’est compliqué d’avoir un poids national", poursuit le dirigeant. Convaincre de nouveaux apporteurs d’affaires et prestataires, afin d’obtenir notamment des conditions commerciales différenciées : tout cela suppose un maillage territorial que NexusAuto est encore en train de tisser dans l’Hexagone.
La tête de réseau souligne également qu’un maillage dense de garages constitue un levier direct de croissance pour les distributeurs d’ID Rechange, en stimulant les ventes additionnelles de pièces. Un argument décisif pour les embarquer dans la dynamique de recrutement.
Construire avec le terrain
Pour mener à bien ces projets de développement, Christophe Chapot a mis en place, fin 2024, une commission distributeurs. Elle se réunira désormais tous les trimestres pour présenter les projets en amont et recueillir les retours avant tout lancement terrain.
"Je veux éviter qu’on sorte des choses sans concertation et que les distributeurs disent ensuite : « Ça ne nous convient pas »". Dans le même esprit, l’enseigne a annoncé pendant la convention la création d’une commission réparateurs, composée de cinq à sept représentants aux parcours variés : anciens adhérents, nouveaux entrants, profils issus d’autres réseaux.
"On leur présente les projets, ils nous disent ce qui est pertinent ou non. Ensuite, on fait le lien avec les distributeurs et on construit ensemble", synthétise le directeur du réseau. Une méthode participative qui tranche avec une approche purement descendante.
Pour soutenir la montée en compétences techniques des adhérents, NexusAuto a également lancé un club partenaires réunissant Delphi, Niterra, Mecafilter, Valeo et Wolf Oil. Objectif : accompagner la montée en compétences des garages du réseau avec l’appui de ces fournisseurs et de leurs équipes.

Les tables rondes ont notamment permis aux responsables du réseau d’évoquer les nouveaux enjeux des ateliers de réparation automobile. ©ID Rechange
Cinq dates techniques sont programmées tout au long de l’année, sur cinq plateformes distinctes du groupement. "La mécanique évolue très vite. On ne peut plus se limiter à des opérations simples. Il faut monter en compétences", résume le responsable de l’enseigne.
La formation occupe d’ailleurs une place centrale dans le concept NexusAuto. Le partenariat avec DAF Conseil structure une offre qui couvre à la fois les obligations réglementaires et les mutations technologiques du métier – avec un regard pragmatique sur les priorités.
"Il est nécessaire de se former aux technologies d’aujourd’hui et de demain. Le réglementaire ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt", insiste Gaël Guillaume, directeur commercial de DAF Conseil. Il a rappelé pendant la plénière que les MRA bénéficient désormais du dispositif ProPulsion, dédié au financement de la formation professionnelle.
Autre outil de formation mis au service des adhérents : ID Academy, le portail lancé l’année dernière et maintenant rodé, qui fédère l’ensemble des formations disponibles, internes comme celles des fournisseurs.
Carrosserie : Wanda, le pari d’une marque différente
C’est dans cette même logique d’accompagnement que s’inscrit le chantier carrosserie, qui avance lui aussi dans les rangs du réseau. À Porto, le concept Nexus Carrosserie était annoncé pour le milieu de l’année 2025, avec quelques tests au sein d’ateliers prêts à afficher le nouveau panneau. Depuis, la stratégie continue d’évoluer.
Pour Christophe Chapot et ses équipes, pas question d’agir dans la précipitation : "La carrosserie n’est pas dans l’ADN historique d’ID Rechange. Ça suscite encore des interrogations. On prend donc notre temps, avec la conviction qu’il ne sert à rien de déployer une enseigne carrosserie si l’on n’a pas d’abord quelque chose de différent à proposer."
Le premier changement concret est humain. Virginie Grassin, recrutée en septembre 2025 après des années passées chez Omia et PPG, pilote désormais le sujet au quotidien. Son impact a été immédiat : depuis qu’elle sillonne le réseau de distributeurs pour présenter et installer les solutions TechniPro Carrosserie, les volumes ont été multipliés par trois.
"Le fait d’avoir une spécialiste qui va chez les distributeurs, qui présente et installe les solutions, ça change tout", apprécie Christophe Chapot.
Côté produit, la gamme TechniPro Carrosserie – environ 90 références couvrant mastics, apprêts, bases, vernis et abrasifs – est maintenant complétée par un partenariat avec AkzoNobel autour de la marque Wanda. Originaire du Brésil, rachetée par le groupe il y a une cinquantaine d’années et bien implantée en Amérique du Sud et en Europe de l’Est, cette marque est encore très peu distribuée en France.
C’est précisément ce qui en fait une opportunité aux yeux de NexusAuto. Christophe Coin, consultant business développement & services France d’AkzoNobel, en résume le positionnement : "C’est une offre simple, gamme courte, très économique, mais qui fait le job. Parfaitement adaptée à des ateliers mécaniques."
La particularité de Wanda est de s’appuyer sur la technologie développée pour les marques premium du groupe, notamment la base de données colorimétrique et les outils digitaux, tout en se maintenant sur un segment tarifaire accessible. "Cela permet d’être très agressif et compétitif tout en préservant un bon niveau de marge sur le poste peinture et la main-d’œuvre", ajoute Christophe Coin.
L’arrivée de Wanda vient compléter le dispositif de commande de peinture en ligne lancé en 2022. Pour mémoire, il permet aux grossistes de commander, à partir d’un portail dédié, tous les produits peinture de leur choix, dans des conditionnements multiples (du stylo retouche de 20 ml au pot de 5 kg, en passant par les aérosols de 200 ml).
C’est un premier levier d’entrée sur le marché de la réparation-collision pour des distributeurs qui hésitent à structurer une offre complète, en leur permettant de tester l’activité sans alourdir leurs stocks ni complexifier leur organisation.
Des partenaires spécialistes pour doper l’activité carrosserie
Pour renforcer la crédibilité de son offre carrosserie, NexusAuto s’appuie, outre son partenariat avec AkzoNobel, sur plusieurs partenaires. Parmi eux, l’éditeur DAT France, expert des données d’aide à la réparation.
Son directeur général, Amaury de Pascal, a rappelé à la convention une réalité souvent sous-estimée : environ 30 % du parc roulant français est composé de véhicules importés. "On ne peut plus raisonner uniquement à l’échelle nationale. Les bases de données que nous utilisons sont construites à l’échelle internationale, car le parc roulant est, par nature, globalisé."

Le workshop partenaires, lors de la convention NexusAuto France, a réuni l’ensemble des acteurs qui contribuent, chacun dans leur domaine, à l’offre de services de l’enseigne. ©ID Rechange
Sur le plan réglementaire, la Fédération française de carrosserie (FFC) a profité de la convention pour rappeler une obligation souvent méconnue : tout réparateur ou mécanicien du réseau doit bénéficier de la couverture d’un médiateur de la consommation, conformément à la loi de 2016.
Sans cette protection, le professionnel s’expose à une amende pouvant atteindre 15 000 euros. La FFC a aussi mis en avant le mécanisme de cession de créance permettant aux carrossiers non agréés par les compagnies d’assurance d’être réglés directement par l’assureur, sans les aléas du paiement différé.
Quand la complexité technique redéfinit le métier
Le lancement de cette activité réparation-collision s’inscrit, plus largement, dans un environnement de plus en plus exigeant pour les réparateurs. Audrey Bidart, présidente de Nexus Automotive France, l’a formulé clairement lors de la plénière : le parc roulant n’est plus homogène.
Véhicules électriques, motorisations hybrides et thermiques traditionnelles cohabitent désormais dans les mêmes ateliers, avec des besoins techniques très différents. "Les mécaniciens devront soit se spécialiser, soit développer des compétences multiples afin d’intervenir efficacement sur l’ensemble de ces technologies", a-t-elle résumé. À cette diversité du parc s’ajoute une complexité croissante dans l’identification et l’approvisionnement des pièces.
Face à ces enjeux, Claudie Cahart, directrice générale d’ID Rechange, a tenu à rappeler, lors de la table ronde "Le garage de demain", le rôle clé des distributeurs dans l’accompagnement de leurs clients MRA.
"La place du distributeur partenaire local est prépondérante, non seulement pour la logistique mais surtout pour l’apport de services et d’informations résultant de décisions gouvernementales contraignantes." Dans un marché où la pression réglementaire, concurrentielle et technologique ne cesse de s’intensifier, ce support n’a jamais été aussi tangible.
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