Stellantis rappelle 930 000 véhicules diesel pour risque de casse moteur

L’été sera chaud dans les ateliers des réseaux Stellantis. Le groupe automobile a annoncé un rappel de grande ampleur pour ses véhicules équipés du moteur 1.5 BlueHDi (DV5). Cette opération concerne précisément 930 000 voitures des marques Peugeot, Citroën, Fiat, Opel et DS fabriquées entre octobre 2017 et janvier 2023. En cause : des dysfonctionnements récurrents de la chaîne d'arbre à cames, susceptible d'entraîner une casse moteur.

Le problème se manifeste d'abord par des bruits inhabituels, souvent décrits par les automobilistes comme des "claquements" ou des "sons de cigales". Ces symptômes peuvent rapidement évoluer vers des dégâts majeurs sur le moteur, notamment des ruptures de soupapes.

Dès leur arrivée en concession, les véhicules concernés bénéficieront d'une analyse innovante basée sur une application capable d’identifier précisément l’usure de la chaîne d'arbre à cames à partir du bruit du moteur. En cas d'usure prématurée, la pièce défectueuse sera remplacée gratuitement.

Une prise en charge totale et prolongée

Pour répondre à l'inquiétude des clients concernés, Stellantis déploie, en parallèle, un dispositif inédit d’accompagnement. La garantie de ces moteurs est désormais prolongée à 10 ans ou 240 000 kilomètres, à condition que les interventions et l'entretien aient été réalisés selon les préconisations du constructeur.

Par ailleurs, à partir de mi-juillet, les clients ayant déjà engagé des frais liés à ce problème spécifique pourront demander un remboursement rétroactif via une plateforme dédiée accessible sur les sites internet des différentes marques du groupe.

Ces compensations s'appliquent aux réparations effectuées entre janvier 2023 et juin 2025, à nouveau sous réserve du respect strict des conditions techniques fixées par le constructeur.

Dans le même temps, Stellantis a choisi d'accompagner les clients achetant des véhicules d'occasion via son réseau Spoticar ou auprès des concessionnaires du groupe. Un certificat Check+ sera désormais délivré, garantissant à ces automobilistes l’accès à la même couverture spéciale étendue que les premiers propriétaires.

Formation : Bodemer investit dans la relève des carrossiers

Dès septembre 2025, dix apprentis issus de l’Institut Lemonnier rejoindront les carrosseries du groupe Bodemer grâce à un partenariat inédit signé le 30 juin dernier. Ces alternants suivront une formation en Bac Pro Carrosserie-peinture, à la fois à l’école située à Caen (14) et au sein des établissements du concessionnaire basé à Saint-Brieuc (22). À l'issue de leur cursus, cinq d’entre eux se verront proposer un emploi dans l’un des quarante sites du groupe.

Ce partenariat, présenté par ses initiateurs comme facilement duplicable par d'autres acteurs du secteur, a l’ambition de répondre simultanément aux besoins urgents de recrutement de la filière automobile et aux aspirations des nouvelles générations. Selon eux, cet accord école-entreprise constitue un modèle structuré et concret de formation professionnalisante, fondé sur une coopération étroite.

Un modèle pour répondre à la pénurie

Concrètement, ces dix apprentis entreront donc dans un dispositif répondant à la pénurie massive de main d'œuvre touchant les ateliers. Raison pour laquelle, "repenser la carrosserie est un enjeu stratégique", affirme Benoît Briard, directeur de l'après-vente du groupe Bodemer. Il ajoute : "Pour innover dans nos pratiques, nous devons structurer la formation et accompagner les jeunes vers des carrières durables. Nous restons fidèles à notre leitmotiv : grandir et faire grandir".

Pour atteindre cet objectif, Bodemer agit à moyen terme autour de trois axes majeurs. D’abord, l’opérateur breton développe ses propres filières de formation interne sur plusieurs de ses sites. Ensuite, il s’attache à valoriser l’image des métiers de la carrosserie auprès des futurs professionnels. Enfin, il mobilise ses équipes terrain et RH afin d’offrir à chaque apprenti un accompagnement sur mesure. L'accueil de cette première promotion concrétise ainsi pleinement les ambitions du concessionnaire.

L’ouverture de cette classe a également été rendue possible grâce au soutien de plusieurs autres partenaires. Ainsi, l’Opco Mobilités a soutenu l'installation de plateaux techniques de nouvelle génération au sein de l'Institut Lemonnier pour aider les apprentis à monter en compétences rapidement, en suivant les standards du secteur.

Le constructeur Renault, partenaire du groupe Bodemer, soutient aussi cette initiative, en mettant à disposition de la promotion un véhicule utilitaire Trafic. Il permettra aux élèves d’apprendre dans des conditions professionnelles réelles.

Approche humaine de l'apprentissage

Par ailleurs, les deux partenaires soulignent que leur accord va bien au-delà de la dimension technique. Selon eux, cette collaboration repose avant tout sur une vision partagée de l’humain et de la transmission. Outre l'apprentissage des savoir-faire, la formation doit également accompagner les jeunes dans leur parcours de vie, grâce à une relation étroite et durable entre l’école et l’entreprise. Dans ce cadre, les tuteurs occupent une place essentielle sur le terrain, véritables relais d’expérience.

"Toujours croire en soi : c’est ce que nous voulons transmettre à ces jeunes. Le sérieux, le respect et la passion doivent rester le socle de nos métiers. Le partenariat avec Bodemer en est une démonstration concrète", expose Benoît Bernard directeur général de l'Institut Lemonnier.

De son côté, Benoît Briard souligne : "Ce partenariat exprime notre volonté d’anticiper nos besoins en compétences en formant dès aujourd’hui des jeunes passionnés. L’avenir de nos métiers repose sur l’humain, la formation et l’investissement dans des parcours professionnalisants". Une conviction forte dans un contexte où l'après-vente automobile cherche continuellement à se réinventer pour rester attractive.

Renault : Ixell mise sur la robotique pour soulager les carrossiers

Pour ses carrosseries, Renault est prêt à passer la main à la machine pour les opérations les plus pénibles. Dans son Technocentre, le constructeur affine en effet, avec sa marque de peinture Ixell, le développement d’un robot de pulvérisation baptisé Robot Ixell Paint Assistant. Encore en phase d’expérimentation, ce bras articulé intelligent répond à un objectif clair : assister le peintre, non le remplacer.

Pour concevoir cet automate, Renault s’est associé à un fabricant dont la notoriété ne cesse de grimper sur le marché de la réparation-collision : Onew. L’entreprise chinoise est à l’origine du robot PaintGo, dévoilé au salon Automechanika de Francfort en septembre 2024, qui a été déployé dans plusieurs carrosseries françaises depuis.

Des tâches ciblées et automatisées

Le constructeur a toutefois établi un cahier des charges précis pour garantir une compatibilité parfaite avec les produits Ixell, et répondre aux besoins de ses ateliers. Ainsi, son robot a été configuré pour intervenir sur des tâches bien identifiées, à faible valeur ajoutée ou pénibles physiquement, comme la mise en peinture de capots, de pavillons ou de flancs latéraux.

Il démarre par un scan 3D de la pièce à traiter afin d’en définir les contours, puis calcule automatiquement ses trajectoires de pulvérisation. L’automate est capable d’effectuer toutes les étapes : application de l’apprêt, des bases et du vernis. Et ses bénéfices sont loin d’être négligeables : jusqu’à 80 % de temps gagné sur chaque opération.

En outre, l’outil a été conçu pour être facilement intégré dans une cabine standard : son encombrement est inférieur à un mètre carré, et son interface est pensée pour un usage simple et reproductible. "Ce robot doit permettre au peintre de se concentrer sur les interventions qui demandent de la finesse, de l’expérience ou une lecture subtile de la matière", explique Christopher Le Coq, manager partenariats stratégique & business développement, en charge notamment de la marque Ixell. Si le robot peut peindre un capot sans difficulté, il ne remplace pas l’expertise requise pour réaliser des raccords complexes ou des effets spéciaux.

Une machine de dosage déjà en service

En parallèle, Ixell a déjà introduit dans son réseau une autre innovation technologique : la machine de dosage automatique Daisywheel. Déjà installée dans plusieurs ateliers, elle permet de stocker jusqu’à 96 teintes et de les doser avec une précision de 0,05 gramme. En remplaçant le montage manuel d’une teinte – tâche fastidieuse, chronophage et sujette à erreurs – la machine libère du temps pour le peintre, tout en limitant les déchets et les risques de troubles musculosquelettiques.

"Avec cet outil, nous sommes capables de produire de très petites quantités de peinture avec la même précision colorimétrique, ce qui évite de préparer plus que nécessaire", souligne Xavier Pecqueur, chef de produit Ixell. Couplée à des outils connectés qui évaluent la surface à couvrir, la machine peut ajuster la quantité de peinture à appliquer sur une aile ou un pare-chocs, évitant ainsi le surdosage et les pertes.

Des innovations présentées à Equip Auto

Pour le groupe au losange, le Robot Ixell Paint Assistant et la Daisywheel Ixell ont été pensés comme complémentaires. Ensemble, les deux équipements forment un écosystème capable de soulager les opérateurs tout en augmentant la régularité et la productivité des ateliers.

Selon les premières estimations partagées par le constructeur, l’amortissement du robot pourrait être réalisé en moins d’un an, notamment grâce à la réduction des erreurs d’application et au travail en parallèle permis par son autonomie. "Plusieurs facteurs entrent en compte : travail en parallèle ou en temps masqué (pause déjeuner, nuit…), réduction des quantités de peinture utilisées, baisse du taux de retouches, amélioration de la régularité des résultats", précise Christopher Le Coq.

De plus, ces automates répondent à une autre problématique structurelle pour les carrosseries : la pénurie de main-d’œuvre. Ils permettent de libérer du temps pour des opérations plus complexes, aidant ainsi les ateliers à optimiser leur productivité. "Nous restons dans une logique d’assistance, pas de substitution", conclut Xavier Pecqueur.

Une chose est sûre : ces innovations, encore en phase d’expérimentation pour le robot de pulvérisation, devraient franchir une nouvelle étape à l’automne. Renault et Ixell prévoient en effet de les présenter sur leur stand lors du prochain salon Equip Auto. L’événement pourrait aussi être l’occasion d’annoncer les premières modalités de déploiement du robot dans le réseau après-vente du constructeur.

Eur-Auto Pièces : un nouveau concept pour les réparateurs et distributeurs

Eur-Auto structure son offre avec le lancement d’un nouveau concept : Eur-Auto Pièces. Cette enseigne vise un public complémentaire de celui des centres autos traditionnels. Le réseau soutenu par le distributeur LAD cible tout particulièrement les distributeurs indépendants qui ne disposent pas d’atelier, ainsi que les réparateurs souhaitant proposer à leur tour des pièces détachées à la vente.

Avec cette initiative, Eur-Auto entend aider ces professionnels à diversifier leur activité, tout en bénéficiant d’un accompagnement structuré.

Parallèlement à cette annonce, l’enseigne de centres autos, historiquement ancrée dans le Grand Ouest, a étendu son maillage avec l’ouverture de deux nouveaux centres franchisés à Segré-en-Anjou Bleu (49) et Cazouls-lès-Béziers (34). Cette double implantation permet à l’enseigne d’accroître sa couverture nationale, avec désormais 54 sites, dont 22 en franchise.

Eur-Auto renforce sa visibilité

Pour accompagner ces évolutions, Eur-Auto a renforcé sa stratégie de communication. L’équipe dédiée s’est étoffée en 2024 et anime désormais les réseaux sociaux du groupe (LinkedIn, Facebook et Instagram) afin de développer la notoriété de l’enseigne.

"Nous sommes dans une très bonne dynamique de recrutement. Ces nouveaux centres illustrent la capacité de notre enseigne à répondre aux attentes des réparateurs qui souhaitent garder leur indépendance tout en bénéficiant du soutien d’un réseau structuré et innovant", complète Romain Fouché, responsable du développement d’Eur-Auto.

Prochaine étape : la première participation du réseau au salon Equip Auto de Paris, prévue en octobre 2025. L’occasion pour Eur-Auto de poursuivre le recrutement de nouveaux partenaires sur l’ensemble du territoire.

Recycler Mon Véhicule se lance dans le traitement des batteries électriques

Recycler Mon Véhicule prépare l’élargissement de son champ d’action pour intégrer les batteries de véhicules électriques. En effet, à partir d’août prochain, une nouvelle filière à responsabilité élargie du producteur (REP) verra le jour en France pour encadrer leur collecte et leur traitement.

L’éco-organisme, déjà en première ligne sur les VHU, entend capitaliser sur son expérience pour obtenir l’agrément et structurer cette nouvelle activité. Recycler Mon Véhicule offrira ainsi à ses constructeurs adhérents un accompagnement complet.

Quant aux centres VHU qui ne sont aujourd’hui pas encore habilités à démonter les batteries de véhicules électriques, l'organisme entend les accompagner dans leur mise en conformité. Précisons que les batteries seront collectées au sein de son réseau de déconstructeurs mais aussi auprès des réparateurs.

Une procédure de sélection pour la logistique et le traitement

Afin que son réseau soit opérationnel rapidement après l’obtention de l’agrément, Recycler Mon Véhicule vient de lancer un appel à candidatures destiné à sélectionner ses futurs opérateurs de traitement. La procédure repose sur des critères stricts, incluant la proximité géographique, l’expertise technique et l’insertion par l’activité économique.

Objectif : garantir un maillage territorial équitable, tout en valorisant les savoir-faire français en matière de recyclage complexe. Pour participer à ce dispositif, un formulaire dédié a été mis en ligne sur le site de l'éco-organisme.

"Notre mission est de bâtir un modèle vertueux et transparent : amélioration de la traçabilité, accompagnement des professionnels agréés, lutte contre les filières illégales, et soutien à l’innovation pour recycler des matériaux complexes (batteries lithium, plastique, verre)", annonce Vanessa Montagne, directrice générale de l’éco-organisme.

Rappelons que Recycler Mon Véhicule fédère aujourd’hui 79 marques et s’appuie sur un réseau de 820 centres agréés en métropole et outre-mer. Ces installations traitent chaque année plus d’un million de véhicules, atteignant des taux de réemploi de 11,6 % et de valorisation supérieurs à 95 %.

Gauthier Leroy, Grandblaise-Leroy : "En 12 ans, nous avons multiplié par 3,5 notre chiffre d’affaires"

Le Journal de la Rechange et de la Réparation : Grandblaise-Leroy est une entreprise historique dans votre région. Pouvez-vous revenir sur ses origines et son évolution ?

Gauthier Leroy : Effectivement, nous approchons des 100 ans. L’entreprise a été fondée en 1930 à Saint-Dié-des-Vosges par Henri Grandblaise, qui travaillait seul à ses débuts dans une petite structure de distribution de pièces auto et industrie. Mon grand-père est entré dans l’entreprise dans les années 1950, il en a progressivement pris les rênes, puis mon père a poursuivi le développement par croissance externe.

Quant à moi, j’ai repris la direction en 2013. Depuis, nous avons réalisé plusieurs acquisitions, notamment à Colmar et Mulhouse, ce qui nous permet aujourd’hui d’opérer cinq sites sur deux départements : les Vosges et le Haut-Rhin. Le siège reste à Saint-Dié. Le nom Grandblaise-Leroy est un héritage, même s’il n’y a aujourd’hui plus de Grandblaise dans le capital.

 

J2R : Quel est le périmètre de vos activités, ainsi que la structure de votre chiffre d’affaires ?

G. L. : Nous sommes organisés autour de deux pôles principaux : la pièce automobile, qui représente environ 65 % de notre activité, et la fourniture industrielle, qui en pèse 21 %. Nous avons également développé des prestations techniques à forte valeur ajoutée, notamment en hydraulique ou en équipements industriels, qui comptent pour 11 %. Enfin, une petite activité de transport représente les 3 % restants. Au total, notre groupe emploie 180 collaborateurs pour un chiffre d’affaires consolidé de 43,2 millions d’euros en 2023.

 

J2R : Vous avez pris la direction du groupe en 2013, succédant à votre père, Jacques Leroy. Quels ont été les grands tournants dans l’évolution de Grandblaise-Leroy depuis votre arrivée ?

G. L. : Nous avons adopté une stratégie de croissance structurée. En douze ans, nous avons multiplié notre chiffre d’affaires par 3,5. L’un des pivots de notre stratégie est la multispécialisation : nous avons créé des divisions métiers très ciblées (mécanique, carrosserie, peinture, technique), avec des équipes expertes. En interne, nous avons également segmenté nos fonctions pour renforcer la qualité de service : call center, comptoirs, logistique…

 

J2R : Vous avez récemment inauguré un nouveau site à Illzach (68). Quelles sont les spécificités de ce site ?

G. L. : Le site d’Illzach, ouvert en 2023, répond à une nécessité de croissance. Nos gammes s’élargissent, nos flux augmentent. Il nous fallait un outil logistique plus adapté pour accompagner cette dynamique. Ce bâtiment nous permet de stocker davantage de références, d’améliorer nos délais de traitement et d’assurer une qualité de service constante.

Et ce n’est pas terminé : nous sommes en train d’acquérir un nouveau bâtiment à Colmar, deux fois et demie plus grand que le précédent, qui ouvrira en avril 2026. Cette capacité logistique est indispensable pour soutenir notre développement, tout en maintenant un haut niveau d’exigence opérationnelle.

 

J2R : Quelle est votre politique en matière de gestion de stock ?

G. L. : Nous avons aujourd’hui environ 5,5 millions d’euros de stocks répartis sur nos sites. Notre logique est d’élargir nos gammes plutôt que d’approfondir le stock sur chaque référence. En 2024, nous avons investi 375 000 euros supplémentaires pour enrichir notre offre, et nous continuerons dans cette voie.

 

J2R : Envisagez-vous d’autres croissances externes ?

G. L. : Oui, nous restons attentifs à toute opportunité cohérente avec notre implantation géographique. Cela dit, en tant que membre du réseau Autodistribution, nous avons un respect strict des zones de chalandise. Notre priorité reste donc de consolider notre position dans les Vosges et le Haut-Rhin, où il existe encore un potentiel de développement.

 

 

J2R : Quels sont les leviers de votre ancrage local ?

G. L. : Nous sommes une entreprise profondément territoriale. Nos collaborateurs sont du cru, et nous faisons tout pour créer un climat de confiance durable. Cela se traduit par une politique RH forte : près de 48 % de nos salariés en CDI ont évolué dans l’entreprise via la promotion interne. La fidélisation, la formation continue, la montée en compétence… tout cela crée une culture d’entreprise solide et une véritable connaissance client. En parallèle, notre appartenance au groupement Autodistribution nous apporte des outils puissants : sites e-commerce, systèmes de call center, référentiels produits, standards logistiques, concepts magasins… C’est une relation gagnant-gagnant.

 

J2R : Comment accompagnez-vous l’évolution technologique du métier ?

G. L. : Nous avons structuré une division technique dédiée, avec trois collaborateurs qui interviennent directement chez nos clients sur des prestations complexes : calibration Adas, diagnostic, passage au banc, etc. Nous investissons aussi dans des outils numériques pour optimiser nos processus internes. L’intelligence artificielle est, par exemple, intégrée dans certains flux d’analyse pour anticiper les commandes ou affiner les stocks. Enfin, nous mettons un point d’honneur à former nos équipes en continu : plus de 1 450 heures de formation en interne en 2024, sans compter les 1 200 heures de formation dispensées à nos clients.

 

J2R : Vous avez organisé un salon de grande ampleur en 2023. Souhaitez-vous renouveler cet évènement ?

G. L. : Nous faisons très peu de salons professionnels, nous organisons plutôt un évènement fédérateur et qualitatif de grande ampleur tous les dix ans. Le dernier était organisé sur le circuit du Géoparc de Saint-Dié-des-Vosges. Quatre jours de démonstrations, de formations, d’échanges, mais aussi de moments conviviaux autour d’un parc automobile exceptionnel. C’était à la fois un temps fort professionnel, et un signal de reconnaissance à nos clients et partenaires. Ce type d’évènement n’a pas vocation à être récurrent, mais nous avons déjà en ligne de mire le centenaire du groupe, dans cinq ans.

 

J2R : Quel regard portez-vous sur la conjoncture actuelle ?

G. L. : Notre activité reste bien orientée. Sur le premier semestre 2025, notre segment automobile affiche une croissance de 6,8 %. Nous avons un modèle stable, structuré, résilient, qui s’appuie sur des fondamentaux solides : service, proximité, largeur de gamme, qualité relationnelle. Le marché est exigeant, mais nous avons les outils pour y répondre.

 

J2R : Et sur les grandes tendances à moyen terme ?

G. L. : Les évolutions technologiques dans le véhicule (électronique, assistance à la conduite, électrification…) constituent à la fois un défi et une opportunité. Le parc roulant vieillit, ce qui maintient une forte activité en après-vente. En revanche, nous devons faire face à une guerre des prix alimentée par des plateformes étrangères souvent très agressives. Notre réponse, c’est le service. Nous assumons un positionnement premium sur le plan relationnel et technique. Le client professionnel y est réceptif.

 

J2R : Votre entreprise mène également une réflexion RSE. Où en êtes-vous ?

G. L. : Nous sommes certifiés ISO 9001 depuis 1993. En parallèle, nous avons engagé une démarche RSE ambitieuse, avec pour objectif une certification en 2026. Nos groupes de travail sont opérationnels et plusieurs actions sont en cours sur les volets environnemental, social et économique. Par exemple, notre activité transport, qui génère une empreinte carbone significative (l’équivalent de quatre fois la distance Terre-Lune parcourue chaque année), fait l’objet de réflexions spécifiques. Ce chantier sera structurant pour les années à venir.

Baisse des entrées en atelier mais des prestations mieux valorisées

Entre janvier et mai 2025, les ateliers automobiles continuent de faire preuve de solidité, dans un environnement pourtant marqué par l’instabilité du marché. C’est ce que met en lumière le dernier baromètre d’activité publié par Mobilians en partenariat avec Solware.

En mécanique, le chiffre d’affaires global s’établit à 290,3 millions d’euros. Soit un résultat quasi stable par rapport à la même période de 2024 (-0,2 %). Cette stabilité masque toutefois un recul des volumes : les entrées en atelier ont diminué de 2,6 %, pour s’établir à 40,2 véhicules traités en moyenne chaque semaine.

Un panier moyen mécanique en hausse

Malgré cette contraction de la fréquentation, la dynamique reste positive sur la valeur des interventions. Le panier moyen progresse de 2,5 %, atteignant 403,4 euros. Cette hausse résulte d’une part d’un chiffre d’affaires pièces légèrement en baisse (–0,4 %, à 198,7 millions d’euros), mais aussi d’une activité main-d’œuvre en légère hausse (+0,6 %, à 89,6 millions d’euros).

Selon Mobilians, ces indicateurs révèlent une meilleure valorisation des prestations, mais aussi une capacité d’adaptation des professionnels face aux évolutions du parc roulant et aux attentes des automobilistes.

Carrosserie : un repli modéré

Le constat est similaire pour les ateliers de carrosserie, même si le recul s’y révèle un peu plus marqué. Le chiffre d’affaires global ressort à 57,1 millions d’euros, en baisse de 2,2 % sur un an. Ce repli s’explique par une diminution des entrées en atelier (-3,8 %, à 4,1 véhicules par semaine) et des chiffres d’affaires liés aux pièces (-2 %) et à la main-d’œuvre (-2,5 %).

Là encore, le panier moyen progresse. Il gagne 1,7 %, pour atteindre 1 692,1 euros, confirmant la tendance à une montée en gamme des réparations, sans doute portée par des sinistres plus complexes ou un recentrage sur les dossiers à plus forte valeur ajoutée.

Malgré des indicateurs de fréquentation orientés à la baisse, le secteur conserve, selon Mobilians, une dynamique positive grâce à l’amélioration continue de la rentabilité par intervention. "Ces signaux démontrent la capacité du secteur à s’adapter dans un environnement en transformation, avec des perspectives solides pour la suite de l’année", conclut l’organisation professionnelle.

Pour rappel, l'indicateur Mobilians-Solware est établi à partir des données consolidées de plus de 1 200 ateliers de mécanique et de carrosserie.

Antonin Peinture, premier distributeur robotisé

C’est une première en France et vraisemblablement aussi en Europe : Antonin Peinture a robotisé son entrepôt. Le distributeur de Cugnaux (31) n’a pas hésité à investir dans une technologie jusqu’alors réservée aux géants de la logistique. En effet, ce partenaire privilégié de la marque de peinture Axalta compte 27 salariés, générant un chiffre d'affaires 2024 de dix millions d'euros. Soit, une taille bien moins importante que les exploitants habituels d'entrepôts automatisés. Le sien est entré en service en février 2025, avant d'être officiellement inauguré le 26 juin dernier.

Pour l’occasion, l’adhérent Precisium Color (AAG), lauréat des Grands Prix de la Rechange 2023, a vu les choses en grand. Clients carrossiers, équipementiers, fabricants de peinture, assureurs, représentants du groupement et de la Feda — où l’entreprise est particulièrement engagée — ainsi que de nombreux partenaires ont répondu présents. Tous sont repartis impressionnés par les capacités de cette nouvelle plateforme automatisée.

Contre la pénurie, pour le bien-être

Les invités ont pu assister en direct à la démonstration. Trois robots élévateurs circulent sans relâche entre les 17 niveaux de racks pour déposer les bacs contenant les produits commandés sur un tapis roulant. Chaque référence est scannée, numérisée et intégrée dans un système de gestion automatisé. Seuls quelques consommables restent traités manuellement.

Les robots traitent ainsi jusqu'à neuf commandes en même temps, là où un préparateur est incapable d'en gérer plus d'une à la fois. Par ailleurs, ces automates ne se trompent quasiment jamais. Mais attention, ces systèmes n'ont pas été installés pour remplacer des salariés ! La motivation première des dirigeants était de résoudre deux problématiques : la pénurie de main-d'œuvre et le bien-être au travail.

"Nous avions des collaborateurs qui partaient en retraite, certains magasiniers prenaient leur place sur la route, avec des difficultés pour en recruter de nouveaux, comme dans tous les métiers, explique Nicolas Demoulin, dirigeant d'Antonin Peinture. Nous devions penser autrement et penser autrement, c'est adopter la robotisation".

Par ailleurs, ce distributeur très sensible aux thématiques de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) cherche aussi constamment à améliorer les conditions de travail de ses salariés. "Auparavant les préparateurs faisaient entre 10 et 14 km par jour. Aujourd'hui, ils se fatiguent beaucoup moins. L'automatisation leur permet d'aller plus vite et de se consacrer entièrement à la gestion de stocks en magasin".

Le service avant tout

Le métier a lui aussi évolué. "Ce ne sont plus de «simples magasiniers». Maintenant, ils gèrent les robots, les capteurs du système, en plus des stocks. Leur métier est plus intéressant et plus il l'est, plus il sera facile d'embaucher des gens." Cerise sur le gâteau : la formation requise est infiniment plus rapide. En effet, alors que de longs mois sont nécessaires pour former un bon magasinier, deux heures suffisent pour apprendre à travailler avec les robots.

Objectif : réduire les risques d'un turn-over "déjà inexistant" dans l'entreprise. Les salariés peuvent ainsi se concentrer exclusivement sur les services vers les clients. Tandis que la manutention est presque entièrement confiée aux machines. "Car, notre intérêt est de faire passer le service à nos clients avant tout. Car, comme je le dis toujours, les fabricants de peinture n'ont pas besoin de nous si nous sommes incapables de proposer des services."

C'est une visite de la plateforme First d'AAG qui a poussé les deux dirigeants – Nicolas Demoulin et Nicolas Franchet – à sauter le pas. Mais il leur a fallu trouver le bon partenaire pour concrétiser leur vision. Le premier spécialiste contacté, habitué aux très grands sites, a décliné la demande : il n’avait jamais travaillé avec de petites structures. C’est finalement le groupe Schäfer qui a accepté de relever le défi. Ensemble, ils ont ouvert un nouveau segment de marché : l’automatisation à la taille d'une PME.

Un investissement assumé

Le chantier aura duré douze mois, sur un site en activité permanente. Tandis que la climatisation et l’alimentation électrique étaient modernisées, Schäfer concevait et installait le système robotisé. Il a également fallu interfacer l’ensemble avec l’ERP de l’entreprise. Le chantier aurait été beaucoup plus rapide à mener sur un bâtiment neuf. Mais finalement, la bascule entre organisation logistique traditionnelle et automatisée a été aussi prompte que prévu.

L’investissement est conséquent : environ 9 000 euros par mois et donc 108 000 euros par an. Il représente 3 000 euros de plus que les précédents financements d'Antonin qui arrivaient à terme. Mais, "si une société comme la nôtre est incapable d'investir 36 000 euros de plus à l'année, il faut penser autrement, estime Nicolas Demoulin. D'autant plus que cet équipement peut nous permettre de doubler le chiffre d'affaires de notre magasin".

Antonin se donne ainsi les moyens de sa croissance. "Chez Antonin, les erreurs étaient déjà très rares avant, mais là on se rapproche vraiment de la perfection", commente un invité… Et ce n’est peut-être qu’un début. Lors de la soirée, un autre automate — le robot de peinture Paint Go — a également été présenté. Comme chez les carrossiers qui s’équipent de bras automatisés, reste à voir combien de distributeurs de peinture — et au-delà, de pièces de rechange — franchiront le pas dans les années à venir.

J2R#155

Juillet/Août 2025

Magneti Marelli signe son retour sur le marché français de la batterie

Après plusieurs années d’absence sur le marché tricolore de la batterie, Magneti Marelli Parts & Services est de retour avec une offre dédiée aux véhicules légers, utilitaires, poids lourds et engins de chantier. Côté VL, la gamme compte près de 80 références de batteries de démarrage plomb-acide couvrant une large partie du parc européen et asiatique. Pour le PL, l’équipementier italien propose déjà 16 références.

Le fournisseur précise que cette nouvelle offre tient compte des dernières exigences OE. Pour le parc de véhicules légers, désormais équipé en grande partie de systèmes start-stop, les batteries doivent ainsi être capables de supporter un nombre de cycles de charge beaucoup plus élevé.

Une gamme VL étendue pour couvrir tous les besoins du marché

Sur le segment des technologies avancées, l’équipementier commercialise des batteries AGM (Absorbent Glass Material) et SST à technologie EFB (Enhanced Flooded Battery), toutes deux largement utilisées par les constructeurs automobiles en première monte. La batterie AGM, disponible en six références, affiche une résistance aux cycles de charge quatre fois supérieure à celle des batteries traditionnelles, ce qui la rend particulièrement adaptée aux véhicules récents fortement sollicités.

De son côté, la batterie SST (12 références), dotée de la technologie Graphite Power, permet de réduire les temps de charge jusqu’à 50 % tout en offrant une longévité accrue — jusqu’à trois fois supérieure à une batterie standard.

La gamme inclut également des batteries auxiliaires (AUX), proposées en quatre références. Conçues pour stabiliser la tension et alimenter temporairement les équipements de bord, ces batteries jouent un rôle de soutien à la batterie principale dans certaines conditions d’usage spécifiques.

Pour répondre à la demande toujours forte en batteries conventionnelles, Magneti Marelli décline trois familles de produits : RUN, ETS et ES. Le modèle RUN (16 références), le plus performant de la gamme, se distingue par une puissance accrue de 30 %, idéale pour les véhicules fortement consommateurs d’énergie ou soumis à des démarrages fréquents.

La batterie ETS, avec ses 31 références, couvre la quasi-totalité du parc européen et asiatique, tout en offrant un gain de puissance de démarrage de 15 %. Enfin, le modèle ES (6 références) s’adresse aux petits véhicules et constitue une solution économique pour des besoins énergétiques plus modestes.

Deux lignes : Cargo EFB EVR et Cargo HD

Quant aux constructeurs de poids lourds, ils ont profondément modifié leurs exigences vis-à-vis des batteries. La généralisation du montage sur l’essieu arrière et la multiplication des équipements électroniques à bord nécessitent des accumulateurs capables de supporter de fortes vibrations et une décharge lente prolongée. C’est dans ce contexte que Magneti Marelli a développé deux gammes distinctes.

La première, baptisée Cargo EFB EVR, se compose de trois modèles conçus pour répondre aux sollicitations les plus sévères. Conformes à la norme européenne V4 sur la résistance aux vibrations, ces batteries intègrent la technologie Graphite Power, qui accélère les cycles de charge. Elles ciblent les véhicules récents, particulièrement énergivores ou peu sollicités durant de longues périodes.

La seconde ligne, Cargo HD, compte 12 références pensées pour un usage plus classique. Robustes et fiables, elles sont destinées aux véhicules utilitaires légers et poids lourds opérant dans des conditions standards.

Des batteries à découvrir à Equip Auto

À l’occasion de ce lancement, Magneti Marelli a tenu à rappeler son savoir-faire dans le domaine de la batterie. Cette expertise remonte à 1929, avec la production des premières unités dans son usine de Milan. Depuis, l’équipementier a élargi ses activités à d’autres secteurs, comme l’électromobilité, le ferroviaire ou le militaire.

"Nous avons décidé de relancer notre gamme de batteries sur le marché français à l’occasion du renouvellement de notre offre. Reconnues pour leurs qualités et performances, nos batteries sont installées en première monte par différents constructeurs de véhicules industriels et sont une référence sur le marché de l'après-vente, partout dans le monde", confirme Marco Travaglia, directeur France de Magneti Marelli Parts & Services.

Les professionnels pourront découvrir cette nouvelle gamme sur le stand F073 (Hall 1) du salon Equip Auto Paris, du 14 au 18 octobre, à Paris Expo Porte de Versailles.

L’intelligence artificielle entre dans les ateliers Renault

Chez Renault, l’intelligence artificielle révolutionne le diagnostic automobile. Pour optimiser la performance de ses ateliers, le constructeur vient, en effet, de déployer deux nouvelles solutions innovantes reposant sur l’IA.

"Diag du bruit" : écouter pour mieux réparer

La première, baptisée "Diag du bruit", surprend par son originalité. Le principe est simple : identifier une défaillance potentielle du véhicule grâce aux signaux sonores qu’il produit. Renault a constitué une véritable bibliothèque sonore regroupant environ 20 000 enregistrements différents, associés aux verbatims des clients et à divers mots clés.

Parmi ces fichiers, 2 000 ont été soigneusement nettoyés et servent désormais à alimenter l’IA, qui utilise la méthode dite du "plus proche voisin". Frédéric Clevede, expert data & IA du groupe, précise : "Chaque bruit enregistré est associé à une préconisation précise d’intervention. Cela permet aux équipes de gagner en efficacité dès l'accueil du client".

À son arrivée, le conseiller après-vente peut ainsi renseigner dans l’outil quelques mots clés décrivant le bruit signalé, puis écoute et valide avec lui l’enregistrement correspondant. À l’atelier, les techniciens bénéficient eux aussi de cette assistance lors des premières étapes de diagnostic. "L’objectif, à terme, est de réduire les demandes d’assistance de 10 %", annonce Emmanuel Laurain, chef de service diagnostic.

Un "Shazam du diagnostic"

Le dispositif est actuellement accessible à 150 opérateurs de la hotline et 200 utilisateurs du réseau via le portail New Dialogys. D’ici la fin de l’année, il sera déployé à grande échelle auprès de 8 000 utilisateurs, avec une ouverture à l’international prévue pour 2026. Cette solution est appelée à évoluer constamment grâce aux retours et aux expériences cumulées du réseau.

"C’est un outil qui sera nourri par les contributions et les apprentissages des équipes. Notre ambition ultime est d’offrir à nos clients un véritable « Shazam du diagnostic »", souligne François Delion, directeur de l'après-vente Renault. À terme, grâce à une application spécifique intégrée au système multimédia du véhicule, les clients pourront même enregistrer eux-mêmes les bruits suspects et les transmettre automatiquement à l’atelier avant leur rendez-vous, facilitant ainsi une prise en charge préventive.

Diag Predict : anticiper les interventions

La seconde solution, Diag Predict, vient enrichir les fonctionnalités du service Remote Diag lancé en 2024. Grâce à l’intelligence artificielle et à une méthode dite de "Random forest", cet outil propose une prédiction des pièces potentiellement en cause à partir de la liste de codes défauts établie lors du diagnostic électronique.

Selon Emmanuel Laurain, chef de service diagnostic, Renault mise sur l’IA pour réduire les demandes d’assistance et gagner en efficacité en atelier. ©J2R

Selon Emmanuel Laurain, chef de service diagnostic, Renault mise sur l’IA pour réduire les demandes d’assistance et gagner en efficacité en atelier. ©J2R

Pour garantir une fiabilité optimale, Renault a développé une bibliothèque complète de modèles adaptés aux différentes familles de véhicules, en commençant par les architectures les plus complexes. À terme, toute la gamme du constructeur sera couverte par cette innovation, permettant d’établir près de 60 % des diagnostics avec une prédiction claire et précise.

Actuellement opérationnel sur quatre familles de véhicules et 350 pièces de rechange, Diag Predict sera progressivement déployé dans tout le réseau dès 2026. Cette innovation permet non seulement de gagner du temps (de 10 min à 1 h selon les interventions), mais aussi de favoriser l’intelligence collective au sein du réseau au losange, en capitalisant sur les interventions passées.

Logicat et le CFPA s’allient pour former 3 000 réparateurs indépendants

Spécialiste des solutions techniques pour les ateliers, Logicat s'associe à CFPA France, l’organisme de formation de la Fédération nationale de l’automobile (FNA), pour un partenariat stratégique. Leur objectif : former 3 000 réparateurs indépendants dans toute la France. Un accord qui mise sur la montée en compétence des professionnels pour faire face aux mutations du secteur.

Dans un contexte de forte évolution technologique et réglementaire, ce partenariat entend offrir des parcours de formation opérationnels adaptés aux réalités du terrain. Logicat, connu pour ses outils de gestion, de diagnostic et ses services connectés, s’appuie sur l’expertise pédagogique du CFPA pour proposer des modules directement utilisables en atelier.

"Ce partenariat illustre notre volonté commune d’accompagner les professionnels face aux mutations de la filière", déclare Aliou Sow, secrétaire général du CFPA et de la FNA.

Formation de proximité et ancrage local

Les formations seront déployées sur l’ensemble du territoire, en lien avec le réseau Logicat et ses partenaires locaux. Objectif : constituer un maillage d’interlocuteurs capables d’anticiper les évolutions techniques et d'accompagner les petites structures dans leur modernisation.

"La formation est un levier stratégique pour nos clients. Ce partenariat permet d’aller plus loin dans notre accompagnement", souligne Badr Boukili, directeur général de Logicat.

En combinant outils technologiques et pédagogie métier, les deux structures veulent faire de la formation un vecteur de performance et de pérennité pour les ateliers indépendants. Cette initiative s’inscrit dans une logique de long terme visant à renforcer la résilience des acteurs face aux transformations de la filière automobile, notamment liées à la mobilité électrique et à la digitalisation des services.

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Avec son salon, Jacob Services cultive sa proximité

Les idées valent parfois mieux que les moyens. À l'échelle de la rechange tricolore, Jacob Services demeure un petit distributeur. Avec son chiffre d'affaires de 6,2 millions d'euros, l'adhérent Precisium basé au Creusot (71) ne peut rivaliser avec les géants du secteur.

Toutefois, celui-ci a toujours su se différencier des autres en cultivant sa différence. Sa science du service client, le travail de maillage réalisé sur sa zone de chalandise ou encore son sens du marketing (avec une image et des logos soignés) sont assurément ses points forts.

Mais depuis dix ans, Jacob Services a aussi su faire parler de lui grâce à un autre atout. Si de nombreux distributeurs de pièces détachées organisent chaque année leur propre salon, l'entreprise dirigée par Yanis Jacob a réussi de son côté à en faire un évènement très attendu de l’écosystème régional.

Des bénévoles aux petits soins

Organisée les 26 et 27 juin derniers, la cinquième édition du salon a confirmé cette dynamique. Durant deux jours, 2 200 personnes se sont pressées au circuit Vaison de Torcy, encadrés par 80 bénévoles (amis, connaissances ou salariés retraités), pour y croiser de nombreux spécialistes de la rechange et découvrir un salon pas tout à fait comme les autres.

"C'est un évènement qui nous demande beaucoup de travaille mais dont on est très fier, explique le dirigeant. Ce salon est très apprécié par nos clients et nos partenaires qui se réunissent dans un cadre chaleureux, avec la possibilité de faire des affaires." Dans les allées, 70 exposants étaient de la partie dont quelques-uns avec des structures XXL.

Des exposants présents en force

Milwaukee avait par exemple déplacé son semi-remorque de démonstration récemment aperçu aux 24 Heures du Mans. D'autres équipementiers comme Clas, Texa, Gys, Champion, Beta ou Muller Automotive étaient eux-aussi présents en force. De grands noms tels que Valeo ou Hella ont également fait le déplacement. "C'est un rendez-vous incontournable pour Sodise", confirme Ugo Morin, directeur général du fournisseur d'outillages et d'équipements d'ateliers.

Même son de cloche pour Christophe Tassi, directeur commercial IAM France de TMD Friction, qui souligne la renommée acquise par l'événement dans la région. "Lors de la dernière édition, plusieurs centaines de réparateurs ont fait le déplacement pour découvrir les nouveautés des fournisseurs. Le salon prend de l'ampleur à chaque fois ! Finalement, il est à l'image du dynanisme de Jacob Services", indique-t-il.

Alors que le distributeur s'est ouvert cette année au monde de l'industrie, un an après avoir finalisé une autre diversification dans la peinture, le salon se voulait à l'image des multiples expertises du distributeur avec une organisation autour de plusieurs pôles : le poids lourd, la peinture, l'industrie, etc.

Un investissement qui rapporte

"D'une certaine façon, c'est un peu l'expérience qu'on veut faire vivre à nos clients. Certains nous font confiance sur une activité et quand ils voient ça, ils comprennent qu'on peut leur apporter bien d'autres choses et la relation prend une autre tournure."

Avec un budget d’environ 50 000 euros, l’organisation d’un tel événement représente un effort conséquent pour une entreprise de cette taille. Mais l’investissement s’avère rentable. Entre 20 000 et 25 000 euros sont couverts par la participation des exposants tandis que le reste est amorti par les affaires conclues sur le salon ou dans les semaines suivantes

"L'an passé, dès la première journée, nos ventes avaient permis d'atteindre l'équilibre, développe Yanis Jacob. Et à chaque fois, ce salon booste notre activité, notamment dans les deux mois qui suivent son organisation où les commandes se multiplient."

Une autre idée de la performance

Cette année encore, les affaires ne constituaient pas l'unique ligne directrice. Fidèle au dirigeant qu'il est, profondément humain et attaché aux moments de convivialité, Yanis Jacob proposait à ses convives des baptêmes à moto ainsi que dans des voitures de collection ou de sport, mais aussi des sessions de karting.

"C'est à notre image, convivial et festif, ajoute encore le patron. Cette entreprise est une belle réussite humaine parce qu'on pense davantage à servir nos clients qu'à gagner coûte que coûte de l'argent." Rendez-vous est pris dans deux ans pour la prochaine édition.

 

Omia se positionne pour moderniser les cabines de peinture des carrossiers

Les Caisses d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) allouent jusqu'à 25 000 euros de subvention aux réparateurs pour installer une cabine de peinture conforme au code du travail. Le détail des critères est indiqué sur les sites des Carsat (comme ici).

Cependant, cette subvention nationale reste à durée et à budget limités. Omia souligne donc l'opportunité unique offerte par ce dispositif, pour les carrossiers. D'autant plus que leurs demandes sont traitées par ordre chronologique. Seules celles les ayant finalisées dans les temps pourront en bénéficier.

Le fabricant de L'Isle-d'Espagnac (16) rappelle l'enjeu de ce dispositif visant à moderniser la protection des techniciens dans l'atelier. Celui qui installe 600 cabines par an, en France et à l'étranger, insiste sur l'intérêt pour les carrossiers de se conformer à la réglementation.

Lutter efficacement contre les dangers des COV

En effet, les cabines de peinture les plus récentes assurent de meilleures performances contre les COV (composés organiques volatils) que les anciennes. Leurs moyens de captation à la source des émissions produites sont plus efficaces pour les rejeter à l'extérieur du bâtiment. Elles préservent donc mieux la santé des salariés, réduisant les arrêts de travail qui pénalisent les activités des carrossiers.

Par ailleurs, une cabine de peinture modernisée améliore aussi leur image vis-à-vis de leurs clients et apporteurs d'affaires.

L'enjeu est d'assurer une protection contre les expositions répétées aux COV. Ceux-ci font partie des composants intégrés dans les solvants et les peintures. Leur inhalation provoque des troubles respiratoires, des maux de tête, et peuvent entraîner des maladies graves à long terme (troubles cardiaques, cancer, etc.).

Or, lors de l'application de peinture, jusqu'à 50 % du poids de la peinture peuvent s'évaporer dans l'atmosphère de travail. D'où l'intérêt de se protéger avec des systèmes d'aspiration et de filtration efficaces… Et l'engagement des Carsat dans ce domaine.

SAV structuré

Ces dernières ont lancé une subvention nationale à destination des entreprises de 1 à 49 salariés relevant du régime général de la Sécurité sociale. Baptisée "Captage cabine de peinture", cette mesure "ouvre une fenêtre rare pour les professionnels", affirme Omia. Elle vise les cabines fermées et ouvertes (à ventilation verticale ou horizontale), box de préparation (avec captation des vapeurs), équipements de nettoyage automatique, ainsi que les formations à la maintenance de ces équipements et la vérification des performances aérauliques, acoustiques et électriques.

Les aides disponibles couvrent jusqu’à 50 % du coût HT des équipements, et 70 % des dépenses liées aux vérifications et formations, avec un plafond de 25 000 euros.

Soient autant de services que le fabricant angoumoisin assure en accompagnant l'installation des cabines chez les réparateurs. Il met ainsi à leur disposition une équipe projet dédiée, ainsi qu'un bureau d’études de 25 techniciens. Tandis que son SAV repose sur une hotline, un réseau national de techniciens et un stock de 8 000 pièces.

Enfin, la marque met en avant son expérience, avec 25 000 cabines installées depuis 1968 (dans les carrosseries et l'industrie). Autant de services visant à apporter de la sérénité aux PME de carrosserie.

Pièces de rechange : quel bilan d'activité pour mai 2025 ?

Malgré les traditionnels ponts du mois de mai, qui ont pesé sur les affaires, les distributeurs de pièces automobiles et poids lourds affichent un bilan honorable. L’indicateur Feda-Xerfi révèle une croissance modeste de 0,6 %. Depuis le début de l’année, les chiffres témoignent d'une légère hausse cumulée de 0,5 %. Une stabilité apparente qui masque néanmoins des réalités locales contrastées.

Dans le détail, le marché des véhicules légers (VL) affiche une stabilité relative (+0,5 %), avec cependant des performances variables selon les familles de produits et de services. Si la pièce mécanique porte la croissance (+1 %), la situation est nettement plus mitigée en peinture-carrosserie (-1,5 %). De leur côté, les équipements et l'outillage (-1,5 %) ainsi que les interventions en atelier (-3 %) reculent également.

L’activité PL soutenue par le matériel d’atelier

Le segment poids lourd connaît lui aussi une progression modérée (+1 %), principalement portée par la famille équipements et outillages (+30 %). À l’inverse, les ventes de pièces (-1 %) ainsi que les interventions en atelier (+0,5 %) enregistrent des résultats moins convaincants.

Distribution de pièces : l’activité poursuit son redressement en avril 2025

Malgré ces chiffres en demi-teinte, la Feda conserve son optimisme, soulignant une dynamique positive engagée depuis mars, qui devrait se poursuivre dans les prochains mois.

Texa France lancera l'Ediag Charger à Equip Auto

Tous les voyants sont au vert pour Texa France. À l'approche de son 20e anniversaire, l'équipementier affiche une croissance de 15 % sur les cinq premiers mois de l’année. Son activité est portée par la montée en puissance des systèmes de calibration Adas, ainsi que des solutions de diagnostic dans les segments VL, agricole et TP. La filiale française du fabricant italien prépare également l’introduction d’un nouvel équipement dédié aux véhicules électrifiés.

L'Ediag Charger présenté à Equip Auto

C'est à Equip Auto, en octobre prochain à Paris, que Texa dévoilera, en effet, l'Ediag Charger. Cet équipement multifonction combine recharge (AC/DC) et diagnostic haute tension. Il se positionne sur le créneau de la maintenance des véhicules électrifiés, sans nécessiter d’infrastructure lourde ni de personnel habilité haute tension.

Compact et mobile, l’appareil est disponible en trois puissances (22, 30 et 60 kW), et s’adapte intelligemment à l’infrastructure électrique des ateliers.

"L'Ediag Charger permet aux ateliers de franchir un cap technologique : c’est une solution mobile, complète et évolutive, qui combine recharge et diagnostic intelligent dans un seul outil. Il répond concrètement aux enjeux de la transition énergétique en atelier", explique Francis Pegues, directeur général de Texa France.

RSE : la carte maîtresse de Carglass face à la concurrence

Alors que les critères RSE deviennent incontournables pour les assureurs, apporteurs d’affaires indispensables dans l’activité vitrage automobile, Carglass se targue d’avoir pris une longueur d’avance sur le sujet. La réduction des émissions carbone est, depuis déjà plusieurs années, un enjeu stratégique majeur pour l’enseigne.

Entre 2021 et 2024, le réseau a abaissé en France ses émissions de CO₂ de 55 % sur les scopes 1 et 2, surpassant les objectifs fixés par sa maison mère, le groupe Belron, au niveau international. "Nous croyons fermement que la responsabilité environnementale doit s’inscrire dans la durée. Ce n’est pas incompatible avec un développement économique vertueux, bien au contraire", soutient Dominique Cadiou, directeur commercial de Carglass France.

L’enseigne doit notamment ces résultats à son programme baptisé "Impact Plus", structuré autour d’objectifs précis sur les émissions de CO₂, le recyclage, la mobilité durable et la gestion des déchets.

Réparation du vitrage : une priorité pour Carglass

L’un des leviers majeurs de cette stratégie se concentre sur la réparation des vitrages plutôt que leur remplacement. Carglass assure faire figure de précurseur sur le sujet en faisant du "réparer avant tout" sa marque de fabrique depuis les années 1990. "Fort de cet engagement, nous maintenons un taux de réparation supérieur à 30 %. C’est probablement le plus élevé du marché", précise Dominique Cadiou.

Pour les assureurs, les bénéfices sont manifestes : le coût moyen d'une réparation s'élèverait à 100 euros contre 900 euros pour un changement de pare-brise. Fort de ces chiffres, le directeur commercial de Carglass estime que favoriser davantage la réparation serait une stratégie bien plus efficace que lutter uniquement contre la surenchère de cadeaux dans certains réseaux. "C'est là que se trouve la solution pour baisser la charge sinistre dans le vitrage, qui s'élève à environ 1,8 milliard d'euros", insiste-il.

Sur le plan environnemental, la réparation est tout aussi vertueuse : 99 % de déchets en moins par rapport au remplacement d’un pare-brise, et 80 % de réduction des émissions de CO₂ sur l’ensemble du cycle logistique. Pourtant, cette démarche rencontre de nouvelles contraintes avec les vitrages modernes, équipés de technologies Adas (caméras, radars, etc.) qui rendent certaines zones non réparables. Un enjeu supplémentaire pour sensibiliser les conducteurs à adopter le réflexe de la réparation.

"Un conducteur a en moyenne un sinistre vitrage tous les 13 à 14 ans. Il n'y a pas de fréquence d’usage suffisante pour créer un réflexe réparation. C'est pour cela que nous devons communiquer sans relâche", rappelle Dominique Cadiou.

Recyclage et mobilité électrique

Le recyclage constitue un autre volet majeur des engagements de l’entreprise. Carglass affiche un taux de recyclage de 99 % du verre récupéré et de 95 % sur l’ensemble de ses déchets d’activité, chiffres stables depuis plusieurs années. Cette démarche s’accompagne d’une utilisation à 98 % d’électricité renouvelable dans ses centres et bureaux, et d’une vigilance renforcée sur la réduction des déchets.

En matière de mobilité, le spécialiste du bris de glace est également passé au vert grâce à une flotte d’environ 400 ateliers mobiles électriques. Un véritable atout alors que la demande pour le service à domicile est croissante. En parallèle, Carglass s’est penché sur l’optimisation des tournées en adoptant notamment une logistique inversée. En effet, les unités mobiles repartent systématiquement avec les vitrages déposés, évitant ainsi les trajets inutiles et les émissions associées.

Un réseau en constante expansion

Cette stratégie RSE est renforcée par plusieurs certifications telles que l’ISO 14001 et la médaille Platinum Ecovadis, avec un score de 89/100. "C’est un standard parfois exigé dans les appels d’offres, et ne pas l’avoir peut même être disqualifiant", indique Dominique Cadiou.

À l’heure où les exigences des partenaires (assureurs, gestionnaires de flottes) deviennent de plus en plus fortes en matière de durabilité, la démarche engagée par Carglass devient donc un levier de compétitivité (les apporteurs d'affaires représentent les trois quarts de son activité). Qui plus est face à une concurrence qui s’est fortement développée ces dernières années : le marché compterait aujourd’hui près de 20 000 points de réparation de bris de glace !

Pas de quoi inquiéter la filiale française du groupe Belron qui enregistre une croissance continue malgré ces nouveaux entrants  (Midas, Cary, Point S, etc.) sur le marché. Passé de 512 à 558 millions d’euros entre 2022 et 2023, son chiffre d’affaires a connu une nouvelle progression "significative" en 2024. Une dynamique que l’enseigne entend bien entretenir grâce à son engagement RSE mais aussi à un maillage toujours plus dense du territoire. Carglass s’appuie aujourd’hui sur 417 centres succursales, et 340 centres Connect. L’enseigne est aussi présente dans 62 stations-service TotalEnergies et 43 centres autos Norauto. Soit un réseau global de 862 points de service.

Réparer durablement : le pari gagnant du Garage Morhet

C’est entre prés, bois et zones pavillonnaires qu’est implanté ce site de réparation automobile devenu un modèle du genre. À Saint-Michel-sur-Orge (91), le Garage Morhet se réinvente sous le signe de l’écoresponsabilité. En janvier 2024, son équipe a emménagé dans une carrosserie flambant neuve, conçue selon les principes les plus rigoureux de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Ses dirigeants, Antoine Morhet, son épouse Catherine et son frère Olivier, s’étaient engagés dans cette voie avant même de s’approprier ces nouveaux murs. Adhérent du réseau Acoat Selected, le garage s’est porté volontaire pour être l’une des trois premières carrosseries françaises à expérimenter le programme "Sustainable Repair Network" (Réseau de réparation durable) d’AkzoNobel.

Le fabricant de peinture néerlandais a déployé cette initiative pour réduire les émissions de CO₂ liées à l’emploi de ses produits. Ce programme repose sur son outil digital CO₂ eRepairCalculator, qui collecte les émissions de gaz à effet de serre (CO₂, méthane, protoxyde d’azote) et de composés organiques volatils (COV), puis les restitue sous forme de tableaux de bord. Objectif : aider les ateliers à évaluer et à optimiser leurs performances environnementales.

Préparer l’avenir de la réparation-collision

"Le déclic environnemental est venu sur le tard chez moi. Je n’ai pas été élevé dans cette culture", confie Antoine Morhet. Sensibilisé par ses enfants, le dirigeant s’est d’abord penché sur le sujet avec la gestion des déchets. Par la suite, le carrossier a été marqué par le documentaire d’Al Gore en 2006 (Une vérité qui dérange), et s’est intéressé aux travaux de l’expert du changement climatique Jean-Marc Jancovici, le très médiatique créateur du bilan carbone pour l’Ademe.

Toutefois, le carrossier refuse tout dogmatisme écologique, essayant "de faire la part des choses" et restant éloigné des polémiques. Le réparateur se dit d’ailleurs parfaitement conscient que son activité repose sur l’usage de produits pétroliers et sur une consommation énergétique significative. "Je me suis donc dit que je devais également prendre ma part d’effort."

Carrosserie Morhet atelier

Dans l'atelier, l'espace permet de fluidifier le parcours des véhicules et de sécuriser le travail des employés. ©Carrosserie Morhet

Au-delà de ses convictions, l’analyse des évolutions du marché l’a conduit à s’engager dans cette voie. D’une part, la réglementation européenne CSRD contraint assureurs et fabricants de peinture à influer sur leurs partenaires (notamment carrossiers) pour généraliser les pratiques RSE. Une tendance qui risque de toucher plus directement les réparateurs à un moment ou à un autre…

En outre, la jeune génération, plus soucieuse d’environnement, infléchit déjà les attentes des clients de demain. "La génération de mes enfants sera plus sensible aux problématiques environnementales. Il faut s’y préparer", ajoute-t-il.

Autre motivation : assurer l’avenir de l’entreprise. Antoine Morhet pense que l’avenir de la carrosserie passe par des structures rationalisées, capables d’absorber de plus gros volumes. "L’une de mes motivations était aussi de préparer ma sortie. Quand ce moment viendra, je transmettrai une entreprise viable et obtiendrai donc aussi un retour sur investissement grâce à ces efforts", complète le dirigeant. Autant de points qui ont poussé l’équipe à mûrir ce projet pendant cinq ans.

Une carrosserie agrandie et pensée pour durer

L’entreprise est ainsi passée d’un bâtiment de 400 m² avec 800 m² de foncier à un site de 1 000 m² construit sur un terrain de 4 000 m². Cette nouvelle carrosserie a été dimensionnée pour accueillir à terme des panneaux photovoltaïques – ce qui a impliqué un surcoût au moment de son financement. "Nous ne les avons pas encore installés car ils sont trop chers. Nous voulions d’abord rentabiliser la cabine de peinture, sans nous lancer dans plusieurs chantiers en même temps", précise Antoine Morhet. L’investissement global, de l’achat du foncier à l’équipement complet, se situe entre deux et trois millions d’euros.

Le site a permis de presque doubler les effectifs (de 8 à 14 salariés) et d’augmenter l’activité, passant de 800 à environ 1 300 véhicules réparés par an. Le chiffre d’affaires, qui s’élevait à plus de 1,8 million d’euros en 2023, a progressé d’environ 55 %. La nouvelle carrosserie est installée sur une parcelle jouxtant l’ancien atelier. À l’extérieur, le visiteur se gare d’abord sur un parking au revêtement gazonné, qui laisse les eaux pluviales s’infiltrer dans le sol. Puis, en entrant à l’accueil, il constate que l’entreprise obéit aux critères les plus récents de la réparation automobile.

Équipements de peinture RSE

Depuis l’élégant comptoir blanc et noir, les clients sont accueillis dans un espace moderne et vitré, offrant une vue sur l’atelier. Ce dernier est vaste, laissant de l’espace aux réparateurs pour opérer confortablement sur les véhicules. Les postes de travail sont dotés de tables élévatrices assurant ergonomie et sécurité pour les techniciens.

Carrosserie Morhet cabine de peinture

La cabine de peinture connectée Weinmann Technologies permet de surveiller et d'optimiser sa consommation énergétique. ©Carrosserie Morhet

La plus importante contribution à la protection de l’environnement dans l’atelier réside dans les installations conçues par Weinmann Technologies. Le spécialiste a installé des aires de pulvérisation, un laboratoire et une cabine de peinture économes en énergie et sûrs. Son puissant système d’aspiration centrale réduit les émissions de COV et protège la santé des salariés.

Surtout, la cabine est intelligente. Connectée, elle calcule sa consommation énergétique par cycle et s’éteint automatiquement lorsqu’elle n’est pas utilisée. Ses données permettent donc à son exploitant d’ajuster et de maîtriser ses coûts de fonctionnement.

Des gestes simples, un impact concret

Mieux, cet équipement permet d’affiner l’étude des consommations énergétiques et des émissions de CO₂ nécessaires pour réparer un sinistre en carrosserie. "Weinmann Technologies est le premier fabricant de cabines à proposer un automate donnant une empreinte carbone mensuelle. Ces données sont essentielles pour notre reporting", souligne Antoine Morhet. À terme, il espère pouvoir comparer ses performances à celles d’ateliers voisins, pour challenger ses équipes et poursuivre l’amélioration continue. "Je trouve que c’est une dynamique intéressante."

Carrosserie Morhet aire de pulvérisation

Même l'aire de pulvérisation, également conçue par Weinmann Technologies, est dotée d'équipements de levage et d'un système d'aspiration optimisé pour réduire la pénibilité des travaux. ©Carrosserie Morhet

Outre le déploiement de moyens importants, l’entreprise applique des mesures simples mais efficaces. Par exemple, l’atelier emploie de préférence des produits et consommables écoconçus. De plus, les salariés sont sensibilisés à la lutte contre le gaspillage. Tandis que les dirigeants suivent avec précision l’utilisation des consommables. Un bon sens qui rapproche le garage francilien de l’époque où les carrossiers évitaient de gaspiller leurs ressources. Par exemple, lorsqu'ils récupéraient des journaux pour masquer les véhicules.

Grâce à ce modèle vertueux, Antoine Morhet est convaincu que la carrosserie familiale prend de la valeur. Les efforts de l’entreprise ont d’ailleurs été distingués par plusieurs récompenses. Mais surtout, les apporteurs d’affaires n’ont pas discuté ses demandes de revalorisation de taux horaire. Un signe que l’image de durabilité et de professionnalisme véhiculée par l’atelier s’inscrit parfaitement dans l’air du temps, tout en répondant aux exigences de ses partenaires.

Airbags Takata : le gouvernement étend l’immobilisation à 1,7 million de véhicules

La défaillance des airbags Takata continue de faire peser une menace sérieuse sur la sécurité des automobilistes. L’accident impliquant une Citroën C3, le 11 juin dernier à Reims (51), a causé la mort d’une conductrice de 36 ans. À l’approche des grands départs estivaux, ce drame a conduit les autorités à revoir l’évaluation des risques effectuée jusqu’alors par les constructeurs.

Le ministère des Transports a annoncé ce 24 juin une nouvelle salve de mesures. La procédure d’immobilisation (stop drive) s’applique désormais à 800 000 véhicules supplémentaires. Ce qui porte à 1,7 million le nombre total de voitures interdites de circuler en raison de la présence d’un airbag Takata à risque.

Sont désormais concernés l’ensemble des modèles équipés du coussin gonflable de l'équipementier japonais dans les départements et régions d’Outre-mer, en Corse, ainsi que tous les modèles construits jusqu’en 2011 sur le reste du territoire métropolitain. Les propriétaires sont invités à ne plus utiliser leur voiture et à contacter rapidement leur concessionnaire ou réparateur agréé.

Rappel généralisé des véhicules à risque

Parallèlement, le gouvernement a ordonné un rappel général de toutes les voitures équipées d’un airbag Takata fonctionnant au nitrate d’ammonium sans agent desséchant, quelle que soit leur date de fabrication. Cette technologie est celle qui a provoqué des accidents à répétition dans le monde entier depuis une décennie. Au total, ce sont 2,5 millions de véhicules qui font désormais l’objet d’un rappel en France.

"Cette décision vise à adresser un message clair et ferme aux constructeurs, tout en incitant les propriétaires de véhicules concernés à faire vérifier leur voiture dès que possible", précise le ministère des Transports.

Des obligations renforcées pour les constructeurs

Pour accompagner ces décisions, un arrêté ministériel sera publié dans les prochains jours. Il doit imposer de nouvelles exigences aux constructeurs, notamment en matière de service et de réactivité : mise à disposition de solutions de mobilité pour les automobilistes immobilisés, délais fixés pour les réparations et niveau minimal de stock de pièces disponibles.

Depuis sa prise de fonctions, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a renforcé le suivi des rappels et les obligations des constructeurs. Une mission d’inspection, lancée en février, doit prochainement remettre ses conclusions. D’autres mesures pourraient encore être prises à leur issue.

Grands Prix de la Rechange : pourquoi il ne faut pas manquer l’édition 2025

Comme chaque année, les Grands Prix de la Rechange (GPR) réuniront les acteurs clés de l’après-vente automobile autour d’un programme pensé pour nourrir la réflexion et valoriser les initiatives du secteur. Pour cette édition 2025, l’événement organisé en partenariat avec la Feda aura lieu le mardi 8 juillet 2025 dans un lieu aussi moderne que symbolique : Métal 57, à Boulogne-Billancourt, ancien site industriel du groupe Renault, devenu lieu d’innovation et de rencontres professionnelles.

L’ouverture des débats est confiée à un témoin de choix : Franck Baduel, CEO d’Alliance Automotive Group Europe. Pendant un échange en tête-à-tête, le dirigeant dressera un état des lieux de la stratégie du groupe, filiale de Genuine Parts Company, et livrera sa vision sur l’évolution du marché de l’après-vente à l’échelle européenne. Un temps fort attendu, qui donnera le ton d’une journée résolument tournée vers les transformations en cours.

L’intelligence artificielle en première ligne

L’intelligence artificielle, omniprésente dans les débats économiques et technologiques, occupera une place centrale au sein de cette édition. Elle fera d’abord l’objet d’une carte blanche confiée à Rodolphe Gelin, expert leader en intelligence artificielle chez Renault Group. À travers cette intervention, les participants auront un aperçu des projets concrets menés par le constructeur, notamment dans le champ de l’IA générative.

Les Grands Prix de la Rechange 2025 réuniront la filière aftermarket autour d’une journée d’échanges, d’analyses et de distinction des initiatives les plus marquantes. ©J2R

Les Grands Prix de la Rechange 2025 réuniront la filière aftermarket autour d’une journée d’échanges, d’analyses et de distinction des initiatives les plus marquantes. ©J2R

Dans la foulée, une première table ronde viendra approfondir les impacts concrets de l’IA dans l’aftermarket. Intitulée "IA et aftermarket : des promesses aux applications concrètes", elle réunira plusieurs personnalités issues de la rechange et de l’innovation technologique. Parmi elles, Audrey Bidart, directrice générale de Nexus Automotive France, Badr El Idrissi Mokdad, cofondateur de la start-up Sandra AI, Elliot Langella, lead supply chain scientist chez Lokad ainsi que Sébastien Thiriez, responsable des ventes diagnostics chez ZF Group.

Ensemble, ils évoqueront les cas d’usage les plus prometteurs : maintenance prédictive, diagnostic assisté, gestion des stocks, automatisation des processus. Des exemples concrets viendront illustrer l’évolution rapide de la filière face à ces nouvelles technologies.

La circularité, nouvel axe de développement

Autre pilier de cette édition : l’économie circulaire. Ce thème, désormais incontournable dans l’après-vente, fera l’objet d’une carte blanche confiée à Matthieu Noël, analyste chez Roland Berger. Ce dernier apportera son éclairage sur les dynamiques de transformation à l’œuvre dans l’aftermarket, où la circularité tend à s’imposer comme un modèle économique viable, en phase avec les attentes environnementales et réglementaires.

Une seconde table ronde, baptisée "Économie circulaire : de la contrainte à l'opportunité ?", viendra illustrer ces propos à travers des retours d’expérience concrets. Elle mettra en lumière les stratégies d’acteurs engagés sur différents segments du marché. Seront notamment présents Florence Bailleul, directrice générale d’Indra Automobile Recycling, Hugo Barberot, directeur commercial du groupe GPA, Laurent Cabassu, directeur général du manufacturier Black Star, ainsi que Julien Dubois, président du métier remanufacturing au sein de Mobilians et fondateur de Valused.

Leurs échanges mettront en perspective la montée en puissance du réemploi, du recyclage et du remanufacturing, dans un contexte où la durabilité devient un levier de compétitivité.

Des distinctions pour valoriser l’innovation

La journée sera également rythmée par deux cérémonies. D’abord celle des stagiaires de la dernière promotion de l’École de commerce de la filière automobile (ECFA) qui recevront leurs diplômes de fin d'études.

La journée s’achèvera par un cocktail convivial, propice aux échanges informels entre les professionnels de la rechange automobile. ©J2R

La journée s’achèvera par un cocktail convivial, propice aux échanges informels entre les professionnels de la rechange automobile. ©J2R

Puis, à partir de 17h30, la traditionnelle cérémonie des Grands Prix de la Rechange viendra clore l’événement, en mettant à l’honneur les distributeurs qui se sont illustrés au cours des derniers mois. Enfin, la journée s’achèvera à 19h30 autour d’un cocktail, l’occasion pour les participants de prolonger les échanges dans une ambiance détendue et conviviale, propice au networking.

Ne manquez pas cette occasion de vivre, avec nous, ces temps forts. Il est encore temps de vous inscrire via ce formulaire. Rejoignez la communauté de l’après-vente le 8 juillet, à Metal 57, pour célébrer ensemble les initiatives qui font avancer la filière !

En attendant, (re)vivez en images les temps forts de l’édition 2024 :

Jérôme Brunner rejoint Purflux Group pour piloter les ventes poids lourd

Jérôme Brunner poursuit son parcours dans l’après-vente poids lourd. Il vient d’annoncer sur son compte LinkedIn sa prise de fonction en tant que directeur commercial poids lourd IAM chez Purflux Group. Il supervisera les ventes des produits de l’équipementier, spécialiste de la filtration, sur le marché de la rechange indépendante PL.

Pour mémoire, Purflux Group est né en 2024 de la cession des activités filtration du groupe Sogefi au fonds d'investissement américain Pacific Avenue Capital Partners.

Titulaire d’un diplôme de responsable en ingénierie et négociation d’affaires obtenu à Sup de V (Saint-Germain-en-Laye), Jérôme Brunner a débuté sa carrière chez Valeo en 2008. Il y évolue pendant plus de douze ans, occupant divers postes à responsabilités, d’abord comme responsable clientèle sur les zones Île-de-France et Nord, puis en tant que responsable du trade marketing poids lourd au niveau national.

Il y développe également des activités à l’international, notamment en Afrique, avant de revenir en France pour piloter une équipe de huit commerciaux sur le secteur VL et PL. Début 2023, il rejoint Alliance Automotive Group, où il succède à Jean-François Bernard à la direction des réseaux poids lourd.

Nexus Automotive et Amerigo International unissent leurs forces

Nexus Automotive International poursuit son expansion mondiale avec l’accueil d’Amerigo International dans sa communauté. Cette intégration vise à renforcer la couverture du groupement dans les zones émergentes à fort potentiel, en particulier sur le continent africain, où il est déjà actif via sa structure régionale Iamaga.

Créé en 2018, Amerigo International fédère aujourd’hui plus de 50 membres répartis dans une trentaine de pays. En partenariat avec 35 fournisseurs internationaux, la centrale génère un chiffre d’affaires en revente supérieur à 1,5 milliard d’euros par an. Les accords existants avec les fournisseurs resteront inchangés et continueront de s’appliquer dans leur périmètre géographique initial.

Un renforcement de l’écosystème Nexus

Dans un communiqué, Nexus Automotive précise que cette alliance s’inscrit dans une volonté affirmée de structurer un écosystème plus large pour faire face aux défis du marché de la rechange.

"Cette alliance marque une nouvelle ère dans le monde des groupements internationaux, à un moment où agilité, innovation et unité sont plus que jamais nécessaires, dans un secteur automobile en profonde mutation", confirme Gaël Escribe, directeur général de Nexus Automotive International.

Une complémentarité géographique et opérationnelle

Pour Amerigo International, cette alliance représente une opportunité de développement significative, notamment en Afrique. Grâce au soutien de Iamaga, ses membres devraient bénéficier d’un ancrage plus solide sur ses différents marchés.

"À travers ce partenariat avec Nexus, nous sommes fiers d’offrir à nos membres et fournisseurs une opportunité forte de croissance, fondée sur une logique gagnant-gagnant. Amerigo International, en tant que société de services à l’international, conservera son ADN tout en bénéficiant de l’expertise et de la structure d’Iamaga en Afrique", explique Sylvain Abergel, président d’Amerigo International.

Pour rappel, Amerigo International fait partie du groupe Amerigo, qui repose sur trois autres entités : Amerigo Global Parts, dédiée à l’exportation de pièces détachées automobiles et poids lourds, Amerigo Supply Chain, pôle logistique, et le catalogue électronique E-Reliable.

Stockage optimisé dans la future plateforme logistique de Diesel Technic France

Basée à Janzé (35), près de Rennes, la future plateforme logistique de Diesel Technic France comptera 6 200 m² d'entrepôts et 460 m² de bureaux. Le bâtiment est déjà sorti de terre, et les premières installations techniques ont débuté. Le site sera opérationnel début 2026.

Treize millions d’euros ont été investis dans ce projet pour permettre à la filiale française de Diesel Technic de doubler sa capacité de stockage et de soutenir durablement sa croissance. La plateforme actuelle est en effet saturée à 95 %.

La nouveauté AutoStore

La grande nouveauté de cette plateforme est l’intégration d’un système AutoStore dédié aux petites pièces. Installée sur 1 500 m² de mezzanine, cette technologie permettra de stocker jusqu’à 26 000 bacs plastiques et compartimentés, chacun codé, scanné et localisé avec précision. Les 16 robots circulant au-dessus du stock viendront récupérer les pièces automatiquement pour les amener à des stations de travail ergonomiques. De quoi simplifier la vie des opérateurs, qui n'auront plus à marcher 15 km par jour.

"Le système AutoStore de Diesel Technic a été spécifiquement conçu pour répondre aux exigences très particulières du secteur de la pièce de rechange. L’intégration du stockage sur mezzanine a permis d’optimiser pleinement le volume disponible du bâtiment, tout en préservant de précieuses surfaces au sol dédiées aux opérations de réception, de packaging et d’expédition. Il s'agit d’un design innovant et inédit pour une installation de ce type en France. Le pilotage informatique de l’installation a été totalement adapté aux besoins métier de Diesel Technic", explique Alban de Lassus, directeur commercial chez Kardex, en charge du projet Diesel Technic France.

Notons que le bâtiment intègre deux centrales photovoltaïques : l’une pour l’autoconsommation, l’autre pour la revente. Il est par ailleurs équipé d’un éclairage LED 100 % optimisé, d’une isolation performante et de bassins de rétention pour l’eau utilisée en cas d’incendie. Prochaine étape : l'installation du système AutoStore cet été, mais aussi la mise en place des infrastructures IT et l’optimisation des flux.

Comment réparer les nouvelles voitures asiatiques ?

Ce n’est pas un raz-de-marée, mais leur progression est tangible. Arrivés en Europe au début des années 2020, ces véhicules apparaissent au compte-gouttes dans les ateliers tricolores. Et lorsqu’ils s’y présentent, les réparateurs peuvent rencontrer des difficultés pour les remettre en état dans les règles de l’art.

Pour le moment, leur faible présence limite l’ampleur du problème. Mais cela pourrait rapidement évoluer. En 2024, les voitures chinoises ont totalisé 31 576 immatriculations en France, soit 1,83 % du marché. Une part encore modeste, mais en nette croissance. En seulement trois à quatre ans, ces nouvelles venues ont déjà dépassé des marques bien établies comme DS, Mini ou Volvo.

Les plus en vue, BYD et MG Motor (filiale du groupe SAIC), semblent vouloir s’installer durablement. D’autres tentent leur chance avec plus ou moins de succès, à l’image de Leapmotor (distribuée par Stellantis), XPeng, Lynk & Co ou le vietnamien VinFast. Certaines, en revanche, ont déjà quitté la scène française, telles que Seres, DFSK ou Aiways.

Un approvisionnement en pièces qui s’organise

Certaines marques posent davantage de problèmes que d’autres. Aiways, notamment, a laissé un souvenir amer dans les ateliers. "Les services du réseau de distribution, d’après-vente et de pièces d’Aiways étaient complètement dépassés", témoigne un carrossier qui préfère garder l’anonymat. "Ils nous faisaient attendre des pièces indéfiniment, sans jamais fournir d’information. Leur service après-vente restait silencieux, y compris auprès de leurs propres clients."

Parmi les réparateurs, Jessica Descoubes, dirigeante d’Esthetic Auto à Tours (37), exprimait ses inquiétudes lors d’un évènement organisé par l’association SRA en février dernier : "Avec l’arrivée de ces nouvelles marques dans nos ateliers, on se demande quelle est la disponibilité de leurs pièces, où s’approvisionner et quelles marges espérer ?"

Chaque marque répond différemment à ces problématiques. Lynk & Co, par exemple, s’appuie sur le réseau logistique de Volvo, sa marque sœur au sein du groupe Geely. "Les pièces de carrosserie sont actuellement stockées en Suède, avec des livraisons en 5 à 7 jours ouvrés et une option express sous 24h. Un projet de mutualisation logistique avec Volvo permettra prochainement de s’appuyer sur le centre de distribution français de Volvo, réduisant les délais à 1 à 3 jours", annonce Michael Meyer, directeur du réseau Lynk & Co France, Belgique et Pays-Bas.

Stock européen selon les volumes vendus

Pour intégrer le réseau agréé de la marque, un atelier doit d’abord être agréé Volvo. Des formations spécifiques couvrent les caractéristiques techniques des modèles : diagnostic, électronique embarquée, systèmes connectés… Les réparateurs non agréés ont accès aux prescriptions de réparation via une plateforme en ligne. L’accès aux données logicielles (recalibrage des Adas, etc.) est possible sur abonnement.

Du côté de BYD, la structuration du service après-vente se met en place progressivement. La marque est en discussion avec Sidexa et Lacour pour référencer ses véhicules dans les outils de chiffrage. Elle dispose d’un stock européen, complété par un autre en France. "Ce dernier est organisé en fonction des volumes de vente de nos modèles. On y trouve ainsi toutes les références pour le Seal U hybride rechargeable, qui représente 50 % de nos ventes", explique Jean-Briac Dalibard, responsable communication de BYD France.

Il ajoute que BYD n’a pas encore de réseau de carrossiers agréés mais développe un maillage de points de vente, tous dotés d’un atelier. Certains confient la carrosserie à des prestataires externes. "Les carrossiers indépendants peuvent se rapprocher du distributeur local pour obtenir les prescriptions techniques. Ce n’est évidemment pas dans notre intérêt de pratiquer la rétention d’information", assure-t-il.

Des marques très pragmatiques

Parmi les derniers arrivés, le constructeur VinFast fait valoir une organisation ambitieuse. La marque vietnamienne a noué un partenariat stratégique avec DHL pour assurer des livraisons de pièces en 24h depuis son centre de distribution d’Holtum (Pays-Bas). En France, elle a ouvert un centre de formation à Trappes (78), certifié par Dekra, où les réparateurs sont formés aux procédures spécifiques de la marque.

L’agrément des ateliers se veut rigoureux. VinFast s’appuie notamment sur le réseau Norauto et sur des partenaires comme le groupe Albax-Lecoq. "Nous sommes en cours d’agrément et devrions bénéficier d’une exclusivité territoriale avec cette marque", confirme Thomas Alunni, dirigeant de Lecoq. Le groupe familial dispose déjà d’une certaine expérience avec les véhicules asiatiques : il est agréé pour les marques Aiways et LEVC (les taxis londoniens rachetés par Geely). Le carrossier observe que certains constructeurs chinois arrivent en France en s’organisant dès le départ, quand d’autres peinent à structurer leur implantation. "Certains constructeurs chinois se structurent, mais pas tous. Les moins solides sont ceux qui ne s’appuient pas sur des garages ou des concessionnaires", rapporte Thomas Alunni.

Malgré ces disparités, la plupart de ces nouvelles marques semblent faire preuve de pragmatisme et d’une grande capacité d’adaptation. Il est toutefois trop tôt pour mesurer leur impact sur le marché de la réparation-collision. Alexandre Brisseau, directeur de la stratégie et du développement réseau chez Five Star, reste prudent : "Pour l’instant, nos carrossiers en réparent très peu, car ces véhicules restent marginaux dans le parc." L’enseigne aux cinq étoiles collecte actuellement des données pour mieux anticiper les enjeux à venir.

Quel avenir pour la réparabilité de ces véhicules ?

Cette approche est d’autant plus nécessaire que la question de la réparabilité de ces nouveaux modèles demeure. Moins chers que leurs équivalents européens, ces véhicules pourraient être plus facilement jugés économiquement irréparables en cas de sinistre.

Pour l’instant, l’association SRA ne relève pas de hausses anormales sur les prix des pièces chez Lynk & Co ou MG Motor. De son côté, Jean-Briac Dalibard affirme : "Nous ne pratiquons pas de hausses arbitraires sur les pièces, contrairement à certaines marques européennes."

Mais les professionnels restent sur leurs gardes, et plusieurs organisations syndicales, à l’instar de la Feda, se sont alertées sur la pratique du gigacasting, consistant à remplacer plusieurs pièces de châssis assemblées par soudage par un seul gros élément moulé. Ce procédé, est utilisé par certaines marques asiatiques évoquées. Si elle optimise la production, cette technique pourrait gravement compliquer les réparations, en réduisant l’accessibilité et en alourdissant les coûts. De quoi nourrir les inquiétudes sur la réparabilité réelle de ces véhicules nouvelle génération, et leur avenir dans les ateliers.

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3 questions à Jean-Briac Dalibard, responsable communication BYD France

J2R : Quelles sont les différences entre les marchés de la carrosserie en France et en Chine ?
J.-B. D. : La grande différence entre les marchés européens et chinois, c’est qu’en Chine (comme en Amérique latine), le client est souvent primo-accédant à l’automobile. Son réflexe naturel est donc de faire entretenir et réparer son véhicule chez le distributeur qui le lui a vendu. À l’inverse, en Europe, et notamment en France, les automobilistes se tournent volontiers vers le garagiste de proximité, qu’ils connaissent bien. Autre point important : en Chine, tous les concessionnaires sont équipés d’un service carrosserie intégré.

J2R : Quelle est la spécificité de BYD par rapport aux autres marques chinoises ?
J.-B. D. : La principale différence entre BYD et d’autres constructeurs réside dans notre intégration verticale, qui atteint 95 %. Nous produisons nous-mêmes nos pièces et ne sommes donc pas dépendants d’équipementiers extérieurs et de leurs lignes de production. C’est un véritable avantage, qui nous permet de mieux maîtriser nos approvisionnements et notre réactivité.

J2R : Quelle est la stratégie de la marque en matière d’après-vente ?
J.-B. D. : BYD suit une stratégie à contre-courant de celle de Tesla ou d’autres marques récemment implantées en France, qui s’appuient peu, voire pas du tout, sur un réseau d’ateliers physiques. De notre côté, nous misons au contraire sur une présence locale solide, avec un espace dédié à la réparation dans chaque point de vente – à l’exception de celui des Champs-Élysées, à Paris. Nous sommes passés de 2 à 50 implantations en deux ans, et notre objectif est d’atteindre entre 100 et 120 sites d’ici fin 2025.

Equip Auto 2025 : ce que réserve le salon pour ses 50 ans

"Le compte à rebours est lancé !". À quelques semaines seulement de l’ouverture de sa 50e édition, les dirigeants d’Equip Auto se sont réunis pour marquer le lancement du décompte qui nous sépare de ce rendez-vous incontournable pour les professionnels de l’après-vente automobile. Et ce 50e anniversaire s'annonce particulièrement ambitieux.

Au total, 1 400 exposants et entreprises sont attendus sur une surface de 100 000 m² répartis dans cinq pavillons, confirmant l'envergure de l’événement. À titre de comparaison, la précédente édition parisienne en 2022 couvrait 80 000 m². "94 % de la surface est déjà réservée !", se félicite Philippe Baudin, président du salon.

Preuve supplémentaire de l’attractivité exceptionnelle de cette édition anniversaire, 39 % des exposants déjà confirmés participent pour la première fois au salon, contre une moyenne de 27 à 30 % lors des éditions précédentes. Les organisateurs saluent également le retour de plusieurs acteurs majeurs du secteur (Valeo, Facom, Michelin, etc.) qui avaient choisi de faire l'impasse sur les dernières éditions.

La technologie au cœur des nouveautés

"Nous traversons une période de mutations profondes, où il est crucial pour les professionnels de l'automobile d'anticiper et de maîtriser les évolutions technologiques et économiques en cours", souligne Claude Cham, président d’Equip Auto SAS. La biennale s’inscrit ainsi pleinement dans cette démarche avec des projets innovants destinés à accompagner la filière dans ces défis.

Cette édition anniversaire donne une place centrale à l’innovation technologique avec la création d’un tout nouveau Village de la Tech. Celui-ci mettra en avant les software defined vehicles (SDV), l’intelligence artificielle et les nouvelles solutions liées à la transition énergétique. Pour compléter cette expérience, une aire d’évolution extérieure permettra aux visiteurs de tester concrètement les innovations présentées, rendant la visite interactive et immersive.

Autre nouveauté majeure de 2025, la Tech Academy proposera un programme complet composé de tables rondes, de keynotes et de pitchs animés par des experts internationaux. Parmi les thèmes abordés, la cybersécurité, l’ultra-connectivité des véhicules, et la réparabilité des batteries occuperont une place prépondérante. Selon Philippe Baudin, "ces initiatives visent à rapprocher les industriels, réparateurs et distributeurs pour favoriser une meilleure compréhension mutuelle des enjeux technologiques actuels".

Enfin, la créativité de la filière sera également mise en lumière avec les Grands Prix Internationaux de l’Innovation, qui soufflent cette année leur 40e bougie.

Formation et emploi : une priorité

Parmi ses autres innovations, Equip Auto 2025 accueillera un espace spécifique à la formation, à l'emploi et aux nouveaux métiers de la filière : le Village Avenir. Cette zone dédiée accueillera un "mur de l’emploi", des sessions de job dating, ainsi qu’un hackathon impliquant écoles d’ingénieurs et professionnels autour de grands défis technologiques et environnementaux.

Par ailleurs, l’école du Garac participera à l’animation de cet espace avec un "e-Garage", qui offrira une immersion complète dans la maintenance des véhicules électriques. Des démonstrations y seront réalisées par des enseignants et étudiants. Cet espace inclura également des expériences en réalité virtuelle pour mieux appréhender les spécificités de ces nouvelles motorisations.

Une dimension internationale renforcée

Avec la présence confirmée de 31 pays représentés par des pavillons nationaux comme l’Espagne, le Maroc, la Chine ou encore la Turquie, cette édition renforce considérablement sa dimension internationale. Cette présence accrue souligne la reconnaissance d’Equip Auto comme un salon stratégique non seulement pour la France, mais également pour l’ensemble du marché européen et mondial.

Une journée spéciale Europe, prévue le 15 octobre, réunira les fédérations européennes lors d’un grand forum consacré aux futurs défis de la filière. Une manière claire pour le salon de confirmer son ambition de s’imposer durablement à l’échelle internationale, comme le souligne Philippe Baudin.

Des engagements concrets en matière de RSE

Parmi les nouveautés majeures de cette édition, Equip Auto affiche un engagement fort en faveur de la responsabilité sociétale et environnementale (RSE). L'objectif est ambitieux : une réduction de 30 % de l'impact environnemental global d'ici 2025.

Concrètement, cela se traduit par des actions telles que le bilan carbone en temps réel, une gestion optimisée des déchets, la mise à disposition d’un guide d’éco-conception gratuit pour les exposants et une meilleure maîtrise de la logistique événementielle.

Aurélie Jouve, directrice du salon Equip Auto, porte une ambition forte en matière de responsabilité environnementale pour cette 50e édition. ©J2R

Aurélie Jouve, directrice du salon Equip Auto, porte une ambition forte en matière de responsabilité environnementale pour cette 50e édition. ©J2R

"Notre plan RSE est structurant et participatif. Nous voulons mobiliser l’ensemble des acteurs présents sur Equip Auto pour faire de ce salon un exemple de durabilité et de responsabilité environnementale", insiste Aurélie Jouve, directrice du salon.

Des animations exceptionnelles

Enfin, à l’occasion de son anniversaire, Equip Auto prépare une série d’animations exceptionnelles pour marquer l’événement. Parmi elles, l’exposition "(R)évolution", qui retracera 50 ans d’innovation automobile à travers des équipements, pièces et systèmes qui ont marqué l’histoire de la biennale. Le dîner de gala, prévu au prestigieux Palais Brongniart le 14 octobre, réunira également les participants dans une ambiance conviviale et festive.

Par ailleurs, deux nocturnes exclusives, un atelier d’artistes inspirés par l’automobile et une animation de montage/démontage de deux Jeep Willys, animée par François Allain, compléteront ce programme riche et varié.

"Je peux vous assurer que nos équipes travaillent sans relâche pour faire de ce 50e anniversaire une édition mémorable", conclut Claude Cham. À 50 ans, la mécanique d’Equip Auto tourne mieux que jamais !

KS Tools dévoile sa gamme électroportative

REPORTAGE VIDEO - AD Carrosserie Lilloise adopte la semaine de quatre jours

En janvier 2025, AD Carrosserie Lilloise a lancé l'expérimentation pendant trois mois de la réorganisation de son activité en semaine de quatre jours. "Nous avions proposé cette opportunité aux membres de nos équipes. Quasiment tous y avaient répondu favorablement, alors que j'étais moi-même hésitant", raconte Emmanuel Clément, le dirigeant de l'entreprise. Mais à l'issue de la période de test, il n'a pas observé de baisse de productivité de ses ateliers. Tandis que ses salariés ont confirmé leur satisfaction. Ce nouveau rythme de travail a donc été adopté.

Cette réorganisation a été lancée un an après l'entrée dans les nouveaux murs. En effet, le dirigeant a géré jusqu'à trois carrosseries dans l'agglomération de Lille (59). Mais comme dans d'autres agglomérations, la politique urbaine locale l'a poussé à abandonner son atelier le plus proche du centre-ville. Le carrossier a donc décidé de réunir deux de ses carrosseries sur un site plus grand et moderne.

Conditions de travail améliorées

Attaché au bien-être de ses salariés, Emmanuel Clément en a profité pour améliorer encore leurs conditions d'emploi avec du matériel plus récent. Ainsi, chacun dispose de son propre poste de travail, équipé d'une table élévatrice. Par ailleurs, outre les tickets-repas, réparateurs et administratifs bénéficient d'un 13e mois. Des horaires aménagés avaient aussi été mis en place pour les bénévoles associatifs. Car, "si les salariés se sentent bien dans l'entreprise, avec de bonnes conditions de travail, ils nous le rendent bien", assure le dirigeant.

Il tire cette affirmation de sa longue expérience en réparation-collision. Ancien étudiant en droit, il a démarré dans cette profession après avoir passé un CQP et un bac professionnel. Le carrossier a ensuite fait ses premières armes dans l'atelier de son beau-père pendant six ans. Puis, il a été chef d'atelier dans deux grosses carrosseries de concessionnaires. Avant d'acheter sa première entreprise de réparation en 2012, puis deux autres en 2015 et 2020. Son épouse, en charge de la gestion des ressources humaines, cherche à s'éviter les écueils de l'actuelle pénurie de main-d'œuvre en carrosserie.

Toujours à l'affût des innovations, c'est elle qui a proposé le passage à la semaine de quatre jours. Cette organisation avait déjà notamment été mise en place par la carrosserie AD Aubert, à Gap (05). Les plages horaires sont ainsi élargies de 6 h 30 à 18 h. Tandis qu'une permanence est organisée à tour de rôle le vendredi, de 7 h 30 à 13 h. Ce dernier jour d'ouverture permet à la fois d'achever les éventuels retards de chantier, de restituer et d'accueillir des véhicules. Cette organisation implique un gros effort d'anticipation. De la commande de pièces au flux des véhicules, tout doit être précisément planifié.

Avantages et inconvénients

Mais à la fin, les réparateurs apprécient de pouvoir mener de bout en bout un (ou plusieurs) chantiers sur une seule journée. Tandis que ceux qui habitent le plus loin sont contents d'éviter les embouteillages matinaux du trajet domicile/travail. Surtout, tout le monde apprécie de bénéficier d'un week-end prolongé pour profiter du temps en famille et pouvoir organiser ses rendez-vous administratifs et médicaux.

Seul inconvénient : les journées sont parfois plus longues. "Je suis là tout le temps, du lundi au vendredi matin, plus longtemps qu'avant dans la carrosserie. Mais, j'y ai quand même gagné en confort", explique Emmanuel Clément. Autrement, les salariés ne trouvent pas d'autres inconvénients à ce système.

Si un salarié veut changer d'entreprise, il devra se réhabituer à un rythme de travail traditionnel. Or, il est apparemment difficile de se passer de celle de quatre jours lorsqu'on y a goûté. Par ailleurs, cette organisation permet aussi d'attirer des talents. Ainsi, la Carrosserie Lilloise a embauché récemment un nouveau peintre. Cette entreprise, qui souffrait déjà peu du turn-over, semble s'en mettre entièrement à l'abri. Et elle conservera un avantage d'attractivité tant que ses homologues ne la copient pas.

Avec Autodistribution, Solly Azar simplifie la réparation automobile

Solly Azar veut simplifier la prise en charge des sinistres de ses assurés avec deux nouvelles solutions mises en œuvre avec le groupe Autodistribution. Le courtier lance, tout d’abord, la réparation à domicile. Ce service permet une prise en charge directe du véhicule chez l’assuré par un garage du réseau AD.

Ce dernier fournit un véhicule de remplacement avant d’acheminer la voiture sinistrée vers son atelier. Selon Solly Azar, ce partenariat avec l’enseigne multimarque permettra aux assurés de réaliser une économie moyenne pouvant atteindre entre 600 et 1 000 euros sur leur facture, tout en évitant les démarches fastidieuses associées à un sinistre.

Autre nouveauté : pour accélérer les procédures lors des sinistres mineurs, Solly Azar déploie la réparation sans expertise préalable. Les assurés peuvent directement convenir d’un rendez-vous avec un garage AD. Les réparations sont réalisées immédiatement, sans que l’automobiliste ait à avancer les frais ni à subir les délais liés à une expertise. Au-delà d'un seuil défini, une expertise rapide à distance permet une prise en charge adaptée.

Un réseau solide pour un service fiable

Grâce à un maillage de 5 000 ateliers adhérents, Solly Azar estime que le réseau AD garantit une large couverture géographique. L’enseigne propose, en outre, plusieurs services complémentaires, tels que la mise à disposition gratuite d'un véhicule de courtoisie durant les réparations et la suppression des frais de gardiennage pendant un mois.

"Nous sommes fiers de collaborer avec Autodistribution, un acteur reconnu, pour proposer des services de qualité accessibles à tous. Travailler avec un réseau de réparateurs agréés est une marque forte de la volonté de Solly Azar de développer l’aspect responsable de l’assurance en contribuant à lutter contre l’inflation grâce à des tarifs encadrés", souligne Valérie Imbert, directrice des services clients de Solly Azar.

Five Star et Solera face aux enjeux de la réduction d'émissions de CO2 en carrosserie

À la suite de l'annonce du lancement de l'expérimentation sur la mesure des émissions de CO2 en carrosserie, lors du congrès Five Star de juin 2024, "de nombreux carrossiers se sont portés volontaires pour faire partie des 150 premiers utilisateurs", annonce Jean-François Grimaldi. Le directeur des opérations du réseau insiste sur la précision inédite de l'outil développé conjointement par Axalta et Solera. Celui-ci pourrait donner un avantage concurrentiel non négligeable à ses utilisateurs. Cela, dans un contexte où l'impact environnemental de la réparation prend de l'importance.

Viser le chiffrage des émissions de CO2 en temps réel

"Solera est parvenu à développer un algorithme au niveau international, permettant de calculer très précisément les émissions de CO2 des scopes 1, 2 et 3 à partir de ses bases de données, explique Fernando Pernigo, vice-président régional Europe de l’Ouest, Moyen-Orient, Afrique du Nord et Turquie Sidexa Solera. En plus, l'intégration de la data d'Axalta lui permet d'être encore plus précis qu'avec la donnée standard du marché".

Cet outil prend en compte le mix énergétique des pays dans lesquels est installé le réparateur. Le système calcule aussi ses données selon sa localisation, la gamme de peinture qu'il utilise, l'emploi ou non de pièces d'occasion, la logistique nécessaire pour l'approvisionner et sa main-d'œuvre. À la fin, il peut lui donner les émissions de gaz à effet de serre par poste, selon le poids, la dimension et le matériau de chaque pièce remplacée. Si dans un premier temps, les résultats seront mensualisés, à terme, ce chiffrage environnemental sera délivré en temps réel.

L'intérêt de cet outil ? "Les émissions de CO2 vont devenir un nouvel enjeu pour les assurances, dans les années à venir. Elles auront autant d'importance que les indicateurs de performance existants, affirme Fernando Pernigo. Les assureurs y sont à la fois poussés par la CSRD (directive relative à la publication d'informations en matière de durabilité par les entreprises) et par leurs clients". De son côté, Axalta est également concerné par la même réglementation.

Un modèle économique à définir

Côté pratique, l'outil est intégré au logiciel de chiffrage Qapter de Sidexa, utilisé par une grande partie des membres de Five Star. Les carrossiers n'ont donc pas d'informations supplémentaires à fournir pour obtenir l'information sur les émissions liées à chaque réparation. Ils ne perdent donc pas de temps. Et à la fin, "les résultats de ces rapports donnent des arguments solides pour négocier les tarifs avec les apporteurs d'affaires : loueurs, flottes et assureurs. Il donne donc un avantage concurrentiel aux réparateurs de Five Star", affirme Jean-François Grimaldi.

Ensuite, qui devra payer ce service qui a nécessité de lourds investissements de Solera et d'Axalta ? Les apporteurs d'affaires le paieront-ils en partie à côté des réparateurs et d'autres acteurs de la réparation ? Pour l'instant, son modèle économique n'est pas encore fixé. Ses initiateurs se donnent les six mois de test pour le définir.

Dans tous les cas, ce dispositif devance largement ses concurrents. "Five Star va être un pilote parmi les réseaux d'Axalta en Europe, souligne Jean-François Grimaldi. Les autres enseignes, notamment en Suisse et en Allemagne, vont attentivement observer ce que font les carrossiers français". Reste donc à scruter attentivement les bénéfices qu'en tireront les 150 premiers expérimentateurs du réseau.

Clés à chocs : pneumatique ou sans-fil, quel choix pour votre atelier ?

Même si elles sont surtout destinées au desserrage de gros écrous, notamment pour démonter les pneus, certaines clés à chocs peuvent révéler d'autres options bien utiles.

Porté par l'innovation et l'essor du service rapide, le marché français de l'outillage électroportatif affiche une croissance annuelle de 3 à 5 %. Pourtant, dans les ateliers, la clé à chocs pneumatique continue d'avoir les faveurs des réparateurs, principalement pour des raisons économiques. “C'est l'outil numéro un, comme la baguette chez le boulanger”, résume Matthieu Marche, responsable national grands comptes chez Milwaukee. Mais la ligne de front bouge et les modèles électriques montent en puissance, remettant en cause cette domination.

Pneumatique vs électroportatif, un duel serré

Sur le papier, l’électroportatif semble cocher toutes les cases : sans fil, compacité et puissance croissante. "Aujourd'hui, on atteint les mêmes performances que le pneumatique", souligne Matthieu Marche. "Le gros avantage, c’est de pouvoir travailler n’importe où."

Adieu les tuyaux d'air qui traînent au sol, parfois sources d'accidents dans les ateliers. Mais l’électroportatif n’est pas exempt d'inconvénients, notamment le poids élevé des batteries lithium-ion. "Si vous avez la possibilité de porter un outil moitié moins lourd toute la journée, c’est quand même très intéressant", pointe Arnaud Metzger, directeur de la division automobile/PL de KS Tools France.

Et côté nuisances sonores ? Encore une victoire pour le pneumatique… ou presque. “Nos modèles les plus puissants sont à 98 dB à vide et 87 dB en charge, en dessous des seuils légaux”, précise Arnaud Metzger.

Côté durabilité, l'avantage reste à la boulonneuse pneumatique : plus robuste, plus facile à entretenir et surtout plus écologique. "Un outil pneumatique est plus vertueux qu’un outil sur batterie, de la fabrication au recyclage", plaide Guillaume de Bel Air, dirigeant associé de Airoutil.

L’électroportatif présente un autre handicap : la gestion des batteries. Parmi les atouts du pneumatique, on note aussi la possibilité de modèles très spécialisés. Airoutil mise notamment sur la clé pneumatique articulée, taillée pour les accès complexes dans les compartiments moteur. "Ce n’est pas l’outil de la grosse puissance, mais il est passe-partout", affirme Guillaume de Bel Air.

Une complémentarité évidente

Alors, entre le pneumatique et le sans-fil, qui s’imposera définitivement dans l’atelier ? Les deux, probablement. “KS Tools couvre l’ensemble des besoins des ateliers, qu’ils privilégient l’air comprimé ou les solutions sans fil”, résume Arnaud Metzger.

Un positionnement double qui répond à la réalité du terrain : les attentes divergent selon les utilisations et les profils. Chez Airoutil, on partage cette vision pragmatique. “La clé à chocs pneumatique aura toujours sa place sur le marché, parce que tout le monde ne va pas s’équiper en électrique”, estime Guillaume de Bel Air.

Entre enjeux de rentabilité, confort d’utilisation, sécurité et transition écologique, la clé à chocs reste au cœur des préoccupations des ateliers. Son avenir ne semble donc pas passer par une opposition frontale de ces deux technologies, mais plutôt par une complémentarité. •


KS Tools 515.4710F : la mini clé à chocs sans fil qui en fait un maximum

Compacte, légère et redoutablement efficace, la clé à chocs brushless 1/2” 18V de KS Tools (réf. 515.4710F) allie puissance et précision dans un format très maniable. Avec ses 850 Nm de couple de desserrage et ses trois niveaux de serrage (280, 400 et 650 Nm), elle répond aux besoins des professionnels sur une grande variété d'applications.
Dotée d’un moteur brushless (sans charbon), elle offre un meilleur rendement énergétique, moins d’usure et une plus longue durée de vie. La gâchette progressive, l’inverseur rotatif à une main et l’arrêt automatique après desserrage permettent un travail fluide et sécurisé, même dans des conditions exigeantes.

Elle pèse seulement 1,5 kg, ce qui, combiné à sa forme compacte (135 × 85 × 210 mm), la rend idéale pour les espaces restreints. Son corps en aluminium et sa coque renforcée en fibre de verre garantissent robustesse et durabilité, tandis que la poignée ergonomique en caoutchouc assure une excellente prise en main.
Livrée avec deux batteries lithium-ion 18V 4 Ah, un chargeur et un coffret, elle est compatible avec toute la gamme KS Tools 515.47XX (y compris les projecteurs et enceintes de chantier). Un outil sans fil puissant, fiable et polyvalent, parfaitement taillé pour les ateliers mobiles comme pour les garages.

Airoutil CC1205 : articulée pour les accès les plus extrêmes

Travailler dans des zones exiguës n’est plus un défi avec la clé à chocs Race Xtra Mini Compact signée Airoutil (réf. CC1205). Pensée pour les professionnels, cette clé pneumatique se distingue par sa tête articulée à 120° et sa poignée rotative à 180°, offrant une flexibilité exceptionnelle dans les environnements encombrés.
Malgré son format très réduit (seulement 85 mm de long), elle délivre un couple de desserrage puissant de 550 Nm grâce à son mécanisme de frappe Twin Hammer, réputé pour sa robustesse et son efficacité. Sa gâchette progressive permet un contrôle précis de la vitesse, tandis que l’inverseur à une main et l’échappement latéral assurent un confort d’utilisation optimal, que l’on soit gaucher ou droitier.

Avec un poids de 1,3 kg seulement, cette mini-boulonneuse pneumatique offre la puissance d’une clé à chocs associée à l’ergonomie d’une clé à cliquet. Un outil indispensable pour toutes les interventions techniques dans les espaces réduits. Récemment relancée, cette clé à chocs Airoutil est garantie 1 an.

Milwaukee M12 Fuel : compacte, légère et performante

Avec seulement 1 kg sans batterie pour 122 mm de longueur, la clé à chocs électroportative du fabricant américain Milwaukee M12 Fuel combine puissance et compacité. Ce gabarit réduit permet une utilisation prolongée sans fatigue et un accès facilité dans les espaces confinés, une maniabilité qui s’avère être un vrai plus pour les interventions en atelier ou sur site.
Elle développe tout de même des performances de premier plan : 542 Nm en serrage et 746 Nm au desserrage, grâce à son moteur “brushless powerstate”.

Le système 4-Mode Drive control permet de moduler vitesse (jusqu’à 3 000 tr/min) et couple selon l’application.
L’éclairage Tri-LED garantit une bonne visibilité de la zone de travail, même en environnement sombre.
Livrée en coffret HD Box avec 2 batteries 12V 5 Ah (M12 HB5) et un chargeur, elle est compatible avec toute la gamme M12. Un outil qui allie puissance et maniabilité, particulièrement adapté aux usages intensifs et aux configurations techniques exigeantes.

Laurent Frelat, Xerfi Specific : "Le baromètre de la Feda révèle des dynamiques clés pour l'avenir du marché"

Le Journal de la Rechange et de la Réparation : Quelle a été la genèse de ce baromètre ?

Laurent Frelat : La Feda souhaitait disposer d'un outil de suivi économique régulier. La première note véritablement consolidée, sous la forme que nous connaissons aujourd'hui, remonte au troisième trimestre 2018. Elle retraçait l'évolution de l'activité depuis le début de l'année. Le choix d'un rythme trimestriel correspondait à un compromis : il permettait une vision assez fine de la conjoncture tout en ménageant le temps nécessaire à la collecte des données. Depuis janvier 2025, le baromètre est passé à une cadence mensuelle, dans une logique de réactivité accrue.

J2R : Pourquoi ce besoin d'un outil de suivi spécifique pour la rechange et la réparation ?

L. F. : C'est une démarche que l'on retrouve dans toutes les fédérations professionnelles. Il est indispensable de disposer d'indicateurs objectifs pour défendre les intérêts d'un secteur, notamment face aux pouvoirs publics ou aux institutions. Mais au-delà de cette dimension institutionnelle, le baromètre est également un outil conçu pour les adhérents eux-mêmes. Ceux-ci en sont à la fois les contributeurs, puisqu'ils transmettent leurs données, et les premiers bénéficiaires. Ils peuvent se comparer au marché national, identifier les postes où ils performent ou sous-performent, et ajuster si besoin leur gestion ou leurs priorités. En somme, le baromètre sert autant à objectiver les tendances générales du secteur qu'à permettre un retour d'information opérationnel pour les acteurs de terrain.

J2R : Quels sont les indicateurs analysés dans ce baromètre ?

L. F. : Nous avons fait le choix d'un cadrage assez sobre, pour assurer la régularité et la fiabilité des données remontées. Le baromètre distingue les activités liées aux véhicules légers (VL) de celles consacrées aux poids lourds (PL), avec une segmentation en grandes familles de produits ou de prestations. Pour les VL, nous suivons quatre grands postes : les pièces de mécanique, la peinture carrosserie, l'équipement et l'outillage, ainsi que les prestations atelier. Du côté du PL, nous avons retenu trois catégories : les pièces détachées, les prestations atelier et l'équipement/outillage. Cette épure permet de garantir une comparabilité constante et une vision claire de l'évolution des marchés, en évitant l'écueil d'une segmentation qui ne serait pas commune à tous les acteurs.

J2R : Pour les distributeurs, ce suivi mensuel fait-il encore plus sens ?

L. F. : La mensualisation du baromètre répond à une attente croissante des professionnels en matière de pilotage à court terme. Elle permet un suivi plus régulier de l'activité, avec un décalage de publication réduit à quelques semaines seulement. Cela leur offre un miroir fiable pour évaluer leur propre dynamique.

J2R : Comment avez-vous fait évoluer la méthodologie au fil des années ?

L. F. : Nous avons progressivement renforcé la robustesse du dispositif. Aujourd'hui, le baromètre s'appuie sur les données fournies par environ 115 entreprises pour les véhicules légers, et une cinquantaine pour les poids lourds. Mais surtout, la représentativité économique est exceptionnelle : nous couvrons près de 85 % du chiffre d'affaires réalisé par les professionnels. Peu de fédérations peuvent s'appuyer sur un tel périmètre pour un outil de suivi conjoncturel. Ce haut niveau de représentativité permet d'offrir une photographie très fidèle de l'état du marché.

J2R : Quelles grandes tendances ce baromètre met-il en évidence ?

L. F. : La première chose à dire, c'est que le marché de la rechange fait preuve d'une remarquable résilience. C'est un terme trop souvent employé de façon abusive, mais qui est ici tout à fait approprié. Malgré les crises économiques, sanitaires ou inflationnistes, le secteur est resté dynamique. Pour preuve, sur la distribution VL, le baromètre atteste d'une croissance proche de 30 % en sept ans, soit dix points de plus que l'inflation. Cette dynamique de moyen terme de plus de 4 % par an en moyenne s'explique en grande partie par le vieillissement du parc roulant, qui soutient mécaniquement l'activité de maintenance et donc celle de la distribution indépendante. Ce constat vaut aussi bien pour les pièces que pour les prestations. L'augmentation du coût des véhicules neufs, le développement du marché de l'occasion et les nouveaux canaux de distribution afférents, mais aussi l'assouplissement des réglementations relatives aux pièces captives, contribuent à cette dynamique. Nous observons une certaine stabilité dans les grandes tendances. Les hausses ou baisses restent contenues, sans à-coups majeurs si l'on fait abstraction du coup d'arrêt de la crise Covid et du rattrapage qui s'en est suivi.

La situation de la distribution PL est en revanche plus tendue avec à peine plus de 10 % de croissance sur les mêmes sept ans, ce qui traduit une contraction du marché en volume. D'une part, les obligations réglementaires en matière de sécurité et d'émissions poussent les entreprises à adopter des technologies récentes. D'autre part, la concurrence s'intensifie avec des concessionnaires et des SAV fabricants particulièrement actifs.

J2R : Sur la période récente, que nous dit le baromètre de la conjoncture ?

L. F. : La situation internationale – particulièrement anxiogène, de la succession des conflits armés à l'imprévisibilité de la politique étrangère de Donald Trump, les incertitudes fiscales en France et le retournement du marché du travail – impactent directement la propension à consommer et favorisent la préférence pour une épargne de précaution. Ce contexte défavorable limite l'activité des réparateurs auto et, par conséquent, celle des distributeurs de PDA. D'après notre baromètre, les activités VL + PL confondues ne progressent que de +1,4 % en janvier et se contractent de 2,9 % en février. La contreperformance de février mérite cependant d'être nuancée, compte tenu d'un effet calendaire négatif de l'ordre de 5 %. À noter concernant les VL : l'activité relevant de l'univers mécanique, qui constitue 60 % du chiffre d'affaires des distributeurs, résiste nettement mieux que celle relative à la peinture carrosserie ou à l'équipement/outillage.

J2R : Les grandes mutations du secteur – électrification, digitalisation, etc. – ont-elles déjà un impact mesurable ?

L. F. : Les mutations récentes du secteur n'ont pas encore d'impact de façon manifeste. L'électrification, par exemple, ne pèse pas encore suffisamment dans le parc pour bouleverser les équilibres du marché. Il y a probablement des mouvements internes – des substitutions entre types de pièces ou de prestations – mais cela ne transparaît pas encore dans les données agrégées. Même constat sur la digitalisation ou la montée en puissance des réparateurs-constructeurs. Ce sont des phénomènes réels mais leur impact structurel sur le volume d'activité globale reste, à ce jour, marginal. Le baromètre ne mesure pas de basculement significatif.

J2R : Ce baromètre peut-il aussi guider des décisions stratégiques ?

L. F. : Il faut bien distinguer le pilotage opérationnel et la planification stratégique. Le baromètre est un outil de court terme. Il permet de suivre des tendances, d'identifier un ralentissement ou un rebond, mais il ne remplace en aucun cas une étude stratégique. Il n'a pas vocation à orienter des investissements de long terme ou à redessiner des modèles économiques.

J2R : À quoi pourrait ressembler le baromètre de demain ?

L. F. : Je pense qu'il est important de préserver la simplicité du dispositif. Moins on multiplie les indicateurs, plus on garantit une participation élevée et une qualité de données optimale. Cela dit, des pistes d'évolution existent. On pourrait imaginer une déclinaison régionale, à condition d'avoir des volumes de données suffisants. Autre perspective : le croisement avec une étude annuelle plus approfondie. Beaucoup de fédérations associent une étude structurelle annuelle à leur baromètre conjoncturel. Elle pourrait venir compléter notre approche, en apportant une photographie plus détaillée du secteur : profil des entreprises, ressources logistiques et équipements des ateliers, ressources humaines, typologies de clientèle, importance de familles de produits et de prestations détaillées, sources d'approvisionnement… Le baromètre apporte une lecture rapide et régulière de l'activité, et un panorama annuel viendrait enrichir la compréhension globale du secteur. Ces deux approches sont complémentaires, et leur articulation permettrait à la Feda d'offrir un pilotage à 360° à ses adhérents.

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Bio express

Directeur général de Xerfi Specific, Laurent Frelat est titulaire d'un master en études et analyses marketing de l’université Paris Dauphine. Après un parcours initial en mathématiques appliquées et en économétrie, il rejoint dès 2000 l’Institut I+C, devenu Xerfi I+C. Il y gravit les échelons en tant que directeur d’études, puis directeur du développement et enfin directeur général. Depuis 2020, il dirige Xerfi Spécific, entité née de la fusion de Xerfi I+C et Xerfi MCI. Il est également membre du comité exécutif du groupe Xerfi depuis 2019.

Bruno Caranta réélu pour trois années à la présidence de Lideo

À l’issue d'un premier mandatBruno Caranta est réélu pour poursuivre l'exercice de la présidence du réseau Lideo pendant trois ans.

Si les 140 cabinets d'expertise automobile ont décidé de lui faire à nouveau confiance, c'est notamment par les transformations profondes qu'il a entamées durant ses premières années d'exercice, avec un objectif clair de continuellement progresser dans la satisfaction client.

"Tout ce que nous avons accompli jusqu’à aujourd’hui est le fruit d’un collectif engagé. Rien n’aurait été possible sans la mobilisation de l’ensemble de l’équipe Lideo et de notre communauté d’experts", fait remarquer Bruno Caranta.

Et maintenant ?

La priorité du président réélu pour les trois années à venir est claire : consolider les acquis et continuer à améliorer le service client. L'homme issu de la profession compte également poursuivre projets initiés et développer de nouvelles stratégies.

"La croissance engendre des responsabilités. Nous voulons maintenant consolider nos fondations pour continuer à offrir le meilleur service à nos clients"termine le directeur général du réseau Lideo, Stéphane Le Crom.

Alternateurs démarreurs : Bosch mise sur HC-Cargo pour compléter son offre

Gaël Navinel, responsable de la division Automotive Aftermarket France & Benelux du groupe Bosch, nous l’avait confié en janvier dernier, c’est désormais officiel : la gamme de machines tournantes HC-Cargo fait désormais partie du catalogue de la marque allemande. Cette décision stratégique vise à simplifier et renforcer l’offre Bosch en regroupant sous une même bannière des solutions neuves, échange-standard et milieu de gamme.

"Cette intégration permet aux distributeurs et réparateurs d’accéder à une offre élargie et plus flexible, leur donnant les moyens de rester compétitifs sur un marché en constante évolution", souligne Bosch France.

Un catalogue riche de 2 800 références

La marque danoise, créé en 1963 par Holger Christiansen, compte aujourd’hui plus de 2 400 références dédiées aux véhicules légers, utilitaires et engins hors-route. Soit un taux de couverture de 80 %. Elle répond aussi aux besoins du parc de poids lourds avec plus de 400 références (taux de couverture de 70 %).

Bosch ajoute que cette intégration des produits HC-Cargo dans son écosystème permettra, en outre, aux professionnels de bénéficier de l’appui des équipes locales en matière de logistique, de conseil technique et de service commercial.

Précisons que ce transfert de gamme intervient dans un contexte de réorganisation pour l’équipementier allemand, marqué par la fermeture du site d’Olivet (45), le 30 avril dernier.

Salon du Cesvi 2025 : toujours plus fort, toujours plus haut

Mais jusqu’où ira le Cesvi ? À chaque édition de ce salon désormais bien ancré dans le calendrier professionnel, les participants repartent impressionnés, persuadés que la barre est placée trop haut pour être dépassée. Et pourtant, année après année, le centre de R&D et de formation – filiale de Covea – parvient à faire mieux. Pour preuve, cette 4e édition a réuni 68 exposants (contre 56 en 2024) et 1 200 visiteurs (contre 1 000 l’an dernier).

Promotion de la réparation durable

"Cette année, nous avons atteint le maximum de gens que nous pouvons accueillir, annonce Christophe Petrynka, directeur du Cesvi. Nous réfléchissons à une autre stratégie, mais en même temps, notre force est d'être chez nous". De fait, cette année, tous les espaces intérieurs du Technocentre sont occupés par des stands, jusqu'à l'emplacement des crash-tests. L'ambiance reste détendue et bon enfant. Les participants sont visiblement heureux de s'y retrouver.

Christophe Petrynka Nadia Bestaoui, respectivement directeur et responsable technique du Cesvi

Christophe Petrynka et Nadia Bestaoui, respectivement directeur et responsable technique du Cesvi, au salon 2025 du Technocentre. ©J2R/NG

Tous les responsables de réseaux, de certains fournisseurs et d'apporteurs d'affaires se rencontrent et échangent dans les allées. Les grands carrossiers nationaux côtoient aussi bien ceux de la région qui sont évidemment présents. "Ce qui fait la richesse de notre salon, c'est qu'il n'y vient que des partenaires, des clients ou des professionnels venus en formation", explique Nadia Bestaoui, directrice technique du Cesvi.

Tandis qu'une fois encore, l'évènement a été placé sous le thème de la réparation durable, le Technocentre a mis en avant son partenariat avec Grip, qui fournit des petites pièces imprimées en 3D aux réparateurs. Il a aussi exposé ses efforts de R&D pour aider notamment les recycleurs à augmenter le nombre de pièces exploitables en PRE. Le Cesvi s'intéresse notamment aux composants électroniques, en plus de ses travaux sur les plastiques.

Des savoir-faire uniques

Côté formation, le Technocentre a pris en charge 2 200 stagiaires. "Pour la première fois, nous avons réalisé 50 % de nos sessions hors du centre", annonce Nadia Bestaoui. Les formateurs s'adaptent ainsi aux contraintes géographiques des réparateurs. Enseignement des réparations complexes, de celle des véhicules électriques, des aciers spéciaux et des plastiques... Ils interviennent sur de nombreuses thématiques dans toutes les régions, jusqu'à La Réunion.

Le salon des partenaires est ainsi l'occasion d'étaler les savoir-faire uniques du Cesvi en France. Il s'agit de l'un des rares évènements à faire quasiment l'unanimité de la part des participants qui promettent de revenir pour la prochaine édition !

Mondial Pare-Brise veut bousculer la hiérarchie du vitrage

Passée dans le giron de La Macif en 2023, l’enseigne Mondial Pare-Brise – numéro trois du marché du vitrage – n’avait encore jamais communiqué sur ses nouvelles orientations. C’est désormais chose faite. Sa directrice générale, Françoise Blais, en poste depuis deux ans, a dévoilé les ambitions du réseau à l’occasion d’un point presse organisé le 17 juin.

Dans un contexte de vive concurrence sur le marché du bris de glace, la dirigeante affiche clairement son objectif : doubler le numéro du marché (France Pare-Brise). "Nous ne sommes pas loin, mais on n’y est pas encore", admet-elle. Pour y parvenir, l’enseigne mise sur sa relation privilégiée avec les apporteurs d’affaires. "Nous sommes les alliés des assureurs comme des assurés. C’est l’ADN de la marque", rappelle-t-elle.

Aujourd’hui, 90 % des opérations menées dans le réseau sont issues des agréments (assureurs, mutuelles, courtiers), les 10 % restants provenant du segment BtoB, principalement flottes et loueurs.

Un modèle aligné sur les assureurs

Cette stratégie s’inscrit dans la logique du rapprochement avec l’assureur mutualiste, soucieux de mieux maîtriser le coût des sinistres bris de glace, qui augmente en moyenne de 6 % par an (+42 % entre 2015 et 2021). Mondial Pare-Brise se positionne donc comme un acteur vertueux du modèle agréé, en proposant des interventions "au juste prix".

Cela passe notamment par une politique active en faveur de la réparation des impacts, privilégiée au remplacement du pare-brise. Le taux de réparation s’établit aujourd’hui entre 20 et 25 % au sein du réseau, contre environ 30 % chez le leader Carglass. Pour renforcer cette dynamique, des incitations ont été mises en place dans les centres succursalistes, et le réseau s’appuie sur des outils de déclaration de sinistre de plus en plus affinés.

Dans la même veine, l’enseigne expérimente l’intégration de pièces issues de l’économie circulaire. "Nous menons un test avec le réseau Caréco pour réemployer des vitres latérales", explique Françoise Blais.

Pas de traitement de faveur pour la Macif

Malgré ce positionnement résolument aligné avec les standards du monde agréé, Mondial Pare-Brise réfute tout traitement préférentiel de la part de son actionnaire. "La Macif figurait déjà parmi nos cinq principaux partenaires avant même le rachat. Et nous connaissons une croissance avec la quasi-totalité d’entre eux", souligne la directrice générale. Elle précise qu’aucun donneur d’ordre ne dépasse à ce jour 20 % du chiffre d’affaires du réseau.

Pour consolider ces relations, le groupe poursuit activement le développement de son maillage territorial. Pas moins de 25 ouvertures ont été réalisées en 2024. Le réseau revendique désormais 392 centres (dont les deux tiers en franchise) et 514 points relais, principalement des professionnels de l’automobile – centres autos, concessions, etc. – sous-traitant leur activité vitrage à l’enseigne. L’ensemble constitue un maillage de 906 points de contact.

"C’est une couverture qui nous satisfait, confie Françoise Blais. Notre objectif est désormais de transformer une partie de ces points relais en centres dédiés." Ce maillage est par ailleurs renforcé par une flotte de véhicules ateliers pour les prestations mobiles.

Objectif : +20 % en 2025 ?

Porté par cette stratégie de croissance maîtrisée, Mondial Pare-Brise regarde vers l’avenir avec confiance. Après avoir bouclé l’année 2024 sur un chiffre d’affaires de 185 millions d’euros – en hausse de 10 % –, le réseau espère poursuivre sur cette lancée.

Il mise sur deux leviers pour accélérer le développement de l’activité : renforcer les liens avec les courtiers et intensifier les partenariats avec la clientèle BtoB. "Une progression de 20 % nous irait bien", sourit sa directrice générale.

La nouvelle usine de GPA dans les starting-blocks

Le timing de sa réalisation est aussi prodigieux que le projet en lui-même. Deux ans et demi après le début de la réflexion et un an à peine après la pose de la première pierre, la troisième usine de GPA sera opérationnelle d'ici le mois d'août 2025. "Comme quoi, on dit que le moindre projet est difficile à concrétiser en France, et c'est sans doute vrai, mais quand tout le monde avance ensemble, tout devient plus facile…", se félicite le président du groupe, Johan Renaud.

Si le spécialiste du recyclage automobile a pu compter sur le soutien de ses partenaires bancaires pour financer un chantier titanesque évalué à 42 millions d'euros, et sur celui des collectivités territoriales (mairie, communauté de communes, région…), il a surtout pu compter sur ses convictions pour concrétiser ses idées. Après Livron-sur-Drôme (26), son site historique, et Écouflant (49), grâce à un rachat opéré en juin 2024, voilà le groupe désormais installé dans l'Oise.

Pour couvrir un vaste territoire allant de l'Île-de-France au Nord, et de la Normandie à une partie du Grand Est, GPA a posé ses valises dans la commune de Pont-Sainte-Maxence. Hasard des choses, la friche industrielle retenue a été exploitée à partir de 1928 par une société produisant du cuir artificiel sur la base… de déchets de cuir. Au sein des 9,5 hectares du site, le déconstructeur a imaginé ce qui se fait de mieux pour lui et même pour toute sa profession, en France, en Europe ou dans le monde.

Un bâtiment dédié aux VE

"C'est de très, très loin l'investissement le plus important du secteur, ajoute le dirigeant. Cette usine sera la plus développée, la plus évoluée et la plus technique au monde. Il n'y a aucun autre équivalent chez nous comme à l'international." Avec son modèle de producteur et de distributeur, GPA a pensé à tout, à l'extérieur comme à l'intérieur de l'usine.

Dehors, une vaste zone d'entreposage de 26 000 m2 permettra d'accueillir jusqu'à 800 véhicules grâce à l'aménagement de cantivelers, ces structures permettant d'empiler jusqu'à cinq voitures les unes sur les autres. Autour de cette zone se trouvent deux bâtiments bien distincts. Le premier, le plus petit, s'étend sur 900 m2 et se concentrera sur les véhicules électrifiés. Pour sécuriser le site, GPA a fait le choix d'isoler le plus possible cette activité, alors que le démontage des batteries (qui ne sont pas traitées in situ mais envoyées vers des entreprises spécialisées) reste très dangereux.

Plus loin donc, un vaste complexe intègre à la fois la production et la logistique. La première s'étend sur 9 400 m2. Dès l'entrée, les VHU sont installés sur des rails et passent de poste en poste pour être démontés étape par étape (roues, éléments de carrosserie, pièces d'intérieur, différents fluides, bloc moteur, boîte de vitesses…). Le tout suivant un schéma industriel où rien n'est laissé au hasard. En outre, une zone a aussi été aménagée pour le traitement des poids lourds, deux-roues motorisés et utilitaires.

Plus de 200 CV reçus

Accolé à ce vaste bâtiment, la partie stockage et préparation des commandes s'appuie sur 6 600 m2. Avec d'un côté le stockage en palette pour les pièces lourdes et/ou volumineuses et de l'autre des plus petites gérées de façon autonome. Sur une mezzanine, GPA a fait le choix de miser sur le système Autostore. Potentiellement, 200 000 pièces (démarreurs, alternateurs, phares, rétroviseurs…) y prendront place dans 15 000 à 27 000 bacs gérés par des robots. De quoi assurer les objectifs de la société qui compte expédier quotidiennement entre 1 000 et 2 000 colis.

Preuve du potentiel du site et des ambitions de GPA, l'usine de Pont-Sainte-Maxence pourra s'étendre sur une friche voisine de deux hectares, déjà achetée, voire sur l'Oise qui longe l'arrière du site. Le groupe discute en effet avec les Voies Navigables de France pour recourir éventuellement à l'acheminement des matières recyclées par voies fluviales.

GPA et eBay, duo moteur de la pièce de réemploi

D'ici là, le prochain chantier des équipes du site sera de constituer l'équipe. Plus de 200 CV ont été reçus et une trentaine de personnes lanceront l'aventure (puis 70 dès 2026). Un succès pour Johan Renaud qui y voit le signe "d'une perception qui évolue. On a longtemps fait un métier de casse-auto qui était mal vu et qui apportait pourtant de grandes solutions pour la mobilité de nombreuses personnes." Et de conclure : "Aujourd'hui, les gens sont heureux de se dire qu'ils font un geste pour la planète ou pour leurs enfants en nous rejoignant."

Comment Distri Cash optimise ses livraisons nocturnes avec le groupe Sterne

Le groupe Distri Cash, distributeur de pneumatiques et de pièces détachées, renforce sa logistique nationale en s’appuyant sur le groupe Sterne. Ce partenariat, noué depuis 13 ans, permet d’assurer des livraisons nocturnes de pièces détachées vers les agences du réseau. Chaque soir, environ 150 colis sont expédiés.

Cinq plateformes stratégiques sont situées à Villeneuve-la-Garenne (92), Noyal-Châtillon-sur-Seiche (35), Saint-Priest (69), Toulouse (31) et Bordeaux (33). Les colis, préparés jusqu’à 18h, sont collectés dans la soirée par Sterne. Ils arrivent avant 8h le lendemain matin dans une vingtaine d’agences. Ce service permet aux agences de lancer leurs tournées de livraison dès l’ouverture ou de mettre les pièces à disposition des clients venus en retrait.

"Là où certains de nos anciens prestataires nous livraient avant 13h, la solution du groupe Sterne nous garantit une arrivée des colis avant 8h. Résultat : nos agences peuvent immédiatement déclencher leurs tournées de livraison locales ou accueillir les clients à l'ouverture avec les pièces prêtes à être retirées", commente Cédric Allard, gestionnaire transport chez Distri Cash.

Le fonctionnement repose sur un envoi en colis unitaires de poids limité (25 kg). Avec un suivi informatisé au colis près et une traçabilité assurée jusqu’à la réception en agence. La coordination entre les systèmes d’information de Distri Cash et de Sterne a par ailleurs permis de mettre en place un langage commun facilitant la gestion et le suivi des flux. Un interlocuteur unique est dédié au pilotage du dispositif.

Un réseau national et de nouveaux projets logistiques

Distri Cash exploite 29 agences couvrant 85 départements. L’entreprise commercialise plusieurs millions de pièces détachées et stocke 271 700 références réparties sur 57 km de rayonnage dans ses plateformes. Ce maillage logistique lui permet donc d'assurer des livraisons deux fois par jour à ses clients professionnels.

Dans un contexte où la diversité des références rend difficile le stockage en atelier, la disponibilité immédiate est alors un enjeu central. La livraison avant 8h répond à cette exigence de réactivité. Le partenariat permet enfin de renforcer la fiabilité et la régularité des flux logistiques internes.

Par ailleurs, Distri Cash et Sterne travaillent à de nouveaux services logistiques. Parmi eux, un service H+4 (prise en charge le matin, livraison avant 17h) est à l’étude. Des solutions de reverse logistique pour les retours de pièces aussi. Les deux entreprises explorent également des pistes de réduction de l’impact environnemental du transport. Ils pensent d'ailleurs à l’usage de contenants réutilisables et la limitation des emballages.

"Cette réactivité est aujourd’hui essentielle sur le marché de la pièce détachée auto où la disponibilité immédiate conditionne la satisfaction client et renforce notre avantage concurrentiel", termine Cédric Allard.

ZF lance ses premiers amortisseurs pneumatiques Sachs

Longtemps réservée aux véhicules haut de gamme, la suspension pneumatique s’installe progressivement comme un standard dans de nombreux modèles. Environ dix millions de véhicules circulant aujourd’hui en Europe en sont équipés, selon ZF Aftermarket. Ce qui génère une demande de plus en plus forte en pièces de rechange adaptées.

Pour répondre à cette évolution, le groupe allemand déploie une nouvelle ligne d’amortisseurs avec ressorts pneumatiques Sachs, destinée aux professionnels de la rechange indépendante.

Cette gamme associe dans un seul composant un amortisseur et un ressort pneumatiques. Une conception intégrée qui permet non seulement de gagner en compacité, mais aussi de simplifier les opérations d’entretien.

Ajoutons que chaque amortisseur est fourni avec les éléments de montage nécessaires, ce qui facilite son installation en atelier. ZF Aftermarket garantit des performances équivalentes à celles de la première monte, conformément aux standards du constructeur.

Une extension progressive de l’offre

Les premières références de cette nouvelle ligne s’adressent à trois SUV premium : Audi Q7, Porsche Cayenne et Volkswagen Touareg. Au total, 22 références sont déjà disponibles. D'autres applications viendront compléter l’offre dans les prochains mois, notamment pour les modèles Mercedes-Benz et Land Rover.

Tous les composants sont conçus pour être pleinement compatibles avec les systèmes électroniques embarqués, qu’il s’agisse du nivellement automatique ou de l’amortissement adaptatif.

Chaque amortisseur Sachs de cette gamme intègre une électronique sophistiquée. Des capteurs analysent en permanence l’état de la chaussée, la charge du véhicule et son comportement dynamique. Les données sont traitées instantanément par une unité de commande, qui ajuste la force d’amortissement toutes les deux millisecondes à l’aide d’une vanne proportionnelle.

Ce fonctionnement permet une adaptation continue aux conditions de conduite, garantissant ainsi un meilleur équilibre entre confort, tenue de route et sécurité.

Formation : ce que prépare AkzoNobel dans son nouveau centre

À Montataire (Oise), AkzoNobel a levé le voile, le 16 juin 2025, sur son nouveau centre de formation en présence de plusieurs dizaines de partenaires. Cette nouvelle infrastructure pédagogique, implantée à proximité immédiate du siège français du groupe et de son usine de peinture décorative, est désormais accessible aux utilisateurs des marques Sikkens et Lesonal.

Conforme aux ambitions environnementales du groupe

Jugé obsolète, l’ancien centre de formation a été remplacé par un site flambant neuf. "Nous avons décidé de repartir de zéro, avec des locaux et des équipements neufs", explique Pascal André, directeur général d'AkzoNobel France. Le groupe a investi 560 000 euros pour faire sortir de terre un impressionnant centre moderne de 340 m2. Celui-ci comprend une salle de formation d'une capacité de 20 personnes, voisine avec un laboratoire, une cabine de peinture et une aire de préparation (de marque CMC) entièrement électrifiés.

"Initialement, nous avions pensé implanter une cabine à gaz, proche de celles que les carrossiers connaissent. Mais comme le site doit devenir «zéro émission» en 2026, nous avons franchi le pas dès maintenant, explique Jérôme Suchier, directeur technique réparation auto d'AkzoNobel France. Nous avons adopté cette cabine électrique déjà utilisée par deux de nos clients. Cet équipement correspond davantage à notre objectif de réduction des émissions de CO2 sur toute notre chaîne de valeur". En effet, elle peut être approvisionnée par 400 à 600 m2 de panneaux photovoltaïques.

500 stagiaires formés par AkzoNobel

Le nouveau site devrait accueillir environ 300 stagiaires – distributeurs et réparateurs – par an. Il complète les deux autres structures utilisées par AkzoNobel pour la formation : celles du Cesvi, à Poitiers (86), et d’Anest Iwata, à Saint-Quentin-Fallavier (38). Ils dispensent une dizaine de formations à un total de 500 stagiaires par an. Ces enseignements comprennent des sessions dédiées aux produits, à leur application et à la colorimétrie, ainsi qu'à l'amélioration de l'organisation d'atelier (pour les carrossiers), d'audit et de KPi (pour les forces de vente des distributeurs)…

L’inauguration de ce nouveau centre intervient alors qu’AkzoNobel multiplie les lancements de produits et de services. "Ce centre de formation n’est pas un aboutissement, mais le début d’une nouvelle ère", conclut Jérôme Suchier.