France Pare-Brise prolonge son aventure avec le Stade Français Paris

Deuxième sport le plus médiatisé en France, le rugby offre une visibilité incontournable pour un ticket d'entrée marketing bien en-deçà du ballon rond. Une raison évidente pour inciter de nombreuses entreprises à investir dans l'ovalie pour parfaire leur notoriété. C'est notamment le cas de France Pare-Brise qui a noué dès 2023 un partenariat avec le Stade Français Paris.

Miser sur le deuxième club le plus titré du rugby français (14 titres nationaux et une coupe d'Europe) "a été un levier stratégique" pour l'enseigne spécialisée dans la réparation de vitrages automobiles "permettant de professionnaliser sa communication et d’accroître sa notoriété" indique-t-elle dans un communiqué.

Après deux saisons réussies, et désormais pleinement intégré dans la politique de communication de France Pare-Brise qui souhaite s’ancrer davantage dans le quotidien des Français, ce partenariat a été prolongé pour une saison supplémentaire.

Renforcer les liens avec le club et ses supporters

"Le Stade Français Paris est un club de référence du sport français, commente Grégoire Papillard, directeur général de l'enseigne aux 640 centres. Ce partenariat nous offre l’opportunité de renforcer notre visibilité auprès du grand public. Ensemble, nous continuerons à proposer des expériences marquantes aux supporters et à développer des initiatives engageantes pour notre communauté et pour les supporters du club."

Outre par une présence sur les tenues officielles des joueurs, ce partenariat se déclinera de plusieurs façons. Campagnes interactives sur les réseaux sociaux, création de contenus digitaux exclusifs, newsletters personnalisées ou encore expériences immersives in-stadia viendront renforcer les liens entre les deux entités et les supporters du club parisien.

Un an après sa création, Purflux Group affiche de solides résultats

Créé en 2024 à la suite de son rachat par le fonds américain Pacific Avenue Capital Partners, Purflux Group a clôturé son premier exercice complet avec un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros. Une performance d’autant plus notable selon l’équipementier qu’elle intervient dans un contexte de recul de 1,1 % de la production automobile mondiale.

"Les débuts de Purflux Group ont été marqués par une forte mobilisation des équipes, que je tiens à remercier. Face aux bons résultats de cette première année, notre ambition reste inchangée : maintenir notre position de leader là où nous sommes forts, et gagner des parts de marché là où nous avons encore du potentiel", souligne Julien Grange, CEO du groupe.

Une stratégie bâtie sur trois axes

Fort de dix usines de production, quatre centres de distribution et trois centres de R&D, l’équipementier entend poursuivre son développement autour de trois priorités. Il souhaite d’abord conforter sa position historique sur les motorisations thermiques, qui représentent encore la majorité du parc mondial. Son savoir-faire en matière de filtration contribue à préserver les performances et la longévité de ces motorisations.

En parallèle, Purflux Group mise sur l’innovation pour accompagner la transition vers les nouvelles énergies. L’entreprise a ainsi développé des solutions de filtration adaptées aux véhicules électriques, hybrides et à hydrogène, ciblant notamment les transmissions, les systèmes de freinage et les piles à combustible.

Le troisième pilier de sa stratégie concerne le marché de l’après-vente. Le groupe capitalise sur ses quatre marques – Purflux, CoopersFiaam, Tecnocar et Fram – pour offrir aux professionnels de la rechange une couverture étendue du parc automobile. En 2024, près de 400 nouvelles références ont été lancées, permettant d’atteindre une couverture d’au moins 97,9 % des véhicules roulant en France et l’une des plus élevées en Europe.

Ajoutons que Purflux Group met également en avant ses engagements en matière de responsabilité sociétale et environnementale. L’entreprise déploie un plan de décarbonation global et investit dans les énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire sur plusieurs de ses sites en France, en Italie et en Inde. Elle fabrique par ailleurs des produits à faibles émissions de CO₂ et utilise des matériaux recyclables.

Pneus : les automobilistes continuent de suivre la voie des ateliers

Malgré l’essor des recherches en ligne, les automobilistes français continuent de faire confiance au conseil des professionnels pour choisir leurs pneus. Selon la dernière enquête réalisée par Apollo Tyres auprès de 1 000 propriétaires de voitures en France, 28 % d’entre eux citent la recommandation d’un distributeur ou d’un atelier comme principale source d’information lors du choix d’une marque de pneus de rechange.

Les conseils du constructeur ou le simple remplacement par la monte d’origine arrivent ensuite (21 %), suivis par les avis d’autres automobilistes en ligne (13 %) et les recommandations de proches (12 %).

Cette influence est particulièrement marquée chez les plus de 65 ans : 37 % d’entre eux privilégient l’avis des professionnels, contre seulement 19 % des 18-24 ans. Les conducteurs les plus jeunes se tournent davantage vers les avis d’experts indépendants sur Internet, signe d’un rapport différent à l’information automobile.

Prix et sécurité, moteurs de l’achat en ligne

L’étude s’est également intéressée aux critères de choix des consommateurs lors de recherches sur Internet. Les réponses mettent en avant deux priorités : l’économie (30 %) et la sécurité (23 %). L’efficacité énergétique (19 %), le confort de roulage (14 %) et les performances globales (13 %) suivent à distance. Les considérations financières sont particulièrement déterminantes pour les 35-44 ans (38 %), mais nettement moins pour les 25-34 ans (24 %).

Pour Yves Pouliquen, vice-président commerce EMEA chez Apollo Tyres Ltd, cette tendance confirme l’importance du conseil des professionnels au moment de l’achat. "Même si de nombreux propriétaires de voitures commencent leurs recherches de pneus de rechange en ligne, il est clair que les distributeurs et les ateliers continuent de jouer un rôle essentiel lors des décisions d’achat finales", conclut-il.

François Provost, nouvel homme fort du groupe Renault

Après plus de vingt ans au sein de Renault et un parcours international riche, François Provost succède à Luca de Meo à la tête du constructeur.

Âgé de 57 ans, le dirigeant a rejoint Renault en 2002 après un début de carrière dans la haute fonction publique. Diplômé de l'École polytechnique et des Mines, il a d'abord occupé diverses responsabilités au sein de la direction du Trésor et au cabinet du ministre de la Défense Alain Richard.

Au sein du groupe au losange, il a gravi les échelons en occupant divers postes à responsabilité, d'abord en France, puis au Portugal, en Russie, en Corée et en Chine. Cette expérience internationale lui a permis de devenir l'un des piliers de la stratégie de développement du groupe hors d'Europe.

Architecte discret de la "Renaulution"

Proche de Luca de Meo, qu'il a rejoint à la direction centrale en 2020, François Provost a joué un rôle clé dans le plan de redressement "Renaulution". Comme directeur des affaires publiques, il a accompagné la montée en gamme de la marque et la diversification de son offre. Il a également pris en main la direction des achats, un poste stratégique dans un contexte de perturbations des chaînes d'approvisionnement.

Le président de Renault, Jean-Dominique Senard, a salué sa nomination : "Je suis convaincu que François Provost saura piloter le groupe avec discernement et de manière durable, dans un environnement qui exige à la fois rigueur d'exécution, vision stratégique et capacité d'innovation."

Une vision lucide sur les défis à venir

Lors d'une rencontre organisée par Renault en juin dernier, François Provost avait souligné l'impact de la stratégie menée avec Luca de Meo : "On est monté en gamme avec 22 nouveaux modèles. On était centrés sur l'Europe. Là on part sur l'international."

Il avait aussi pointé la pression réglementaire européenne et la nécessité d'offrir des véhicules abordables face à la concurrence chinoise : "Il y a une demande de nos clients pour des véhicules moins chers. Quand nos concurrents chinois viennent avec des voitures suréquipées, il faut une offre décente."

Sur les relations avec les fournisseurs, il plaidait pour une approche plus collaborative : "Les constructeurs ont abandonné le 'peeling', le fait de gratter les prix au maximum, au profit d'une coopération agile. C'est le moment de se mettre ensemble."

François Provost s'est également illustré par sa gestion de dossiers complexes, comme celui de la Fonderie de Bretagne, ancienne filiale de Renault menacée de fermeture et finalement reprise.

(Avec AFP)

Plongez au cœur de la technologie hydrogène

Espagne : AAG passe à la vitesse supérieure avec Recambios Colón

Alliance Automotive Group (AAG) a annoncé l’acquisition de Recambios Colón, acteur majeur de la distribution de pièces automobiles à Valence, en Espagne. Fondée en 1977, la société compte 26 centres de distribution, appuyés par deux plateformes logistiques situées à Albal et Játiva. Elle dessert aujourd’hui plus de 4 000 ateliers de la région.

Pour AAG, déjà implanté en Espagne via Lausan et Recambios Gaudí, cette acquisition renforce significativement sa présence dans le Levant. "Cette intégration confirme notre stratégie et étend notre présence dans une région stratégique de la péninsule ibérique", explique Nacho Pernas, directeur général d’Alliance Automotive Iberia.

Alliance Automotive consolide ses positions en Espagne

Jusqu’à présent membre du groupement Serca, Recambios Colón a affiché un chiffre d’affaires de 44,4 millions d’euros en 2023 et devrait dépasser les 50 millions en 2024. Sa vente à AAG marque un tournant pour le distributeur, qui reste dirigé par son équipe historique.

"Pour une entreprise familiale comme la nôtre, c’est un vrai plaisir de rejoindre AAG Iberia. Nous allons pouvoir développer notre activité et relever les défis à venir avec des ressources renforcées", souligne Juan Tamarit, directeur général de Recambios Colón.

Avec cette opération, AAG Iberia voit son chiffre d’affaires global atteindre près de 295 millions d’euros, confirmant son rang de premier acteur de la distribution multimarque sur la péninsule. Cette acquisition marque, en outre, la reprise de la stratégie de croissance externe de la filiale du géant américain Genuine Parts Company sur le marché espagnol après deux ans sans rachat.

Précisons que l’intégration de Recambios Colón au sein d’Alliance Automotive a également des conséquences pour le groupement Serca (Nexus Automotive), qui perd l’un de ses membres les plus importants.

Autodoc déploie sa marketplace en Allemagne et Autriche

Inaugurée en France en février dernier, la place de marché d'Autodoc s'étend à deux nouveaux marchés européens : l'Allemagne et l'Autriche. Objectif : proposer aux internautes de ces deux pays un choix élargi de références, une meilleure disponibilité des produits ainsi que des délais de livraison plus courts.

En parallèle, la plateforme offre aux acteurs locaux (distributeurs, équipementiers, etc.) un accès direct à plusieurs millions de clients, utilisateurs du site et de son application.

"L’extension du marketplace à notre marché d’origine et à l’Autriche est une évolution logique, indique Dmitry Zadorozhny, CEO d’Autodoc. Ce lancement représente un jalon majeur dans notre ambition de devenir l’écosystème technologique de référence pour l’après-vente automobile en Europe."

Une offre enrichie au-delà de la pièce de rechange

Aujourd'hui déployée en France, en Italie, en Espagne, au Portugal et dans les pays du Benelux, la place de marché du groupe allemand s’appuie sur une architecture technologique développée par Mirakl. Elle permet aux vendeurs partenaires sélectionnés de proposer leurs articles sur l’interface Autodoc, tout en garantissant une expérience d’achat fluide et standardisée.

La gamme de produits dépasse désormais le cadre des pièces détachées traditionnelles pour s’ouvrir à de nouvelles catégories : électronique embarquée, accessoires, articles de style de vie, solutions de mobilité et équipements de sécurité.

"Contrairement aux places de marché généralistes, nous mettons en avant des offres pertinentes pour un public spécialisé et engagé", souligne Dmitry Zadorozhny. "Les marchands bénéficient d’un canal de distribution ciblé, tandis que les clients gagnent en diversité et en pertinence."

Les vendeurs partenaires assument la gestion de leurs ventes, y compris l’expédition, la facturation et le service client. Autodoc s’assure néanmoins du respect des niveaux de qualité et de réactivité définis contractuellement. Des indicateurs de performance et des engagements de service (SLA) encadrent l’activité des marchands. En cas de manquement, la plateforme peut intervenir pour garantir la satisfaction des utilisateurs.

Airbags Takata : un distributeur BMW mis en examen

Les scandale des airbags Takata, qui a provoqué des centaines de morts dans le monde, prend un nouveau tournant en France. Pour la première fois, un distributeur automobile a été mis en examen pour blessures involontaires.

Il s’agit de Leal Réunion, importateur officiel de BMW sur l’île. Le professionnel est accusé de n’avoir pas suffisamment informé un conducteur dont le véhicule était équipé d’un airbag défectueux.

Une "inertie" pointée par les juges

Le 6 mai 2020, un automobiliste réunionnais est grièvement blessé au visage lors de l’explosion de l’airbag de sa BMW 318i. L’enquête a révélé que le véhicule, immatriculé pour la première fois en 2001, faisait partie de ceux rappelés pour risque de dysfonctionnement des airbags Takata. Selon l’expertise judiciaire, Leal Réunion n’aurait réellement commencé à prévenir les détenteurs de BMW qu’à partir de juillet 2020, soit après l’accident.

Lors de son interrogatoire, un dirigeant de Leal Réunion a reconnu que le conducteur n’avait reçu "ni courrier ni appel" de leur part. "C’est vrai… Je n’avais pas ses coordonnées", a-t-il admis, expliquant que la société avait repris en 2013 la distribution BMW d’un concurrent sans disposer de son fichier client. Il a également invoqué les difficultés liées à la pandémie de Covid-19 et à l’absence d’accès au système d’immatriculation des véhicules (SIV), pourtant sollicité auprès de l’État.

Une défense qui conteste toute faute

L’entreprise nie toute responsabilité et a demandé à être placée sous le statut plus favorable de témoin assisté. Son avocat, Me Guillaume Martine, entend démontrer que "Leal Réunion a mis en œuvre toutes les diligences possibles pour empêcher de tels accidents, compte tenu de la connaissance limitée, à l’époque, de la dangerosité des airbags défectueux".

Il met aussi en avant "des entraves diverses qui existaient, y compris de la part de pouvoirs publics qui étaient alors nettement moins mobilisés qu’ils ne le sont aujourd’hui".

Pour rappel, en France, au moins 18 décès sont imputés à ces dispositifs défectueux. Depuis fin juin, 1,7 million de véhicules sont interdits de circulation tant que leur airbag n’a pas été remplacé.

Les enquêtes, désormais centralisées à Paris, portent sur des soupçons de tromperie aggravée et de mise en danger de la vie d’autrui.

(Avec AFP)

Sinnek renforce sa position en France

Arrivé sur le marché français de la carrosserie en 2018, Sinnek s’y est fait un beau nid. Positionnée en "marque B avec une qualité premium", alternative aux acteurs historiques, cette peinture est maintenant commercialisée par 35 distributeurs. Ceux-ci approvisionnent eux-mêmes environ 700 machines installées dans les ateliers de réparation. Une performance particulièrement remarquable pour la marque du groupe espagnol Bernardo Ecenarro (également propriétaire de Besa pour l'industrie).

Porté par l'inflation

Fort de ces conquêtes, "nous sommes maintenant neuf en France, pour distribuer les produits de peinture Sinnek, explique Unai de la Fuente, responsable des ventes en France. Mais nous allons encore recruter d'ici à la fin de l'année. Nous pourrons ainsi partager la France en quatre zones, avec quatre commerciaux". Ce fin connaisseur du marché français est le principal artisan du succès de la marque dans l’Hexagone.

Il a su convaincre de nombreux distributeurs d’adopter ses produits, dans un contexte de montée en puissance des "marques B" avec la crise inflationniste (liée à la Covid et à la guerre en Ukraine). Le premier à franchir le pas a été Lartigue Lavie à Bayonne (64), alors membre de Centaure – racheté et intégré au sein d'Alliance Auto Industrie (Groupauto). Une dizaine d'autres distributeurs du même groupement spécialisé dans la peinture avait alors suivi son exemple… Avant des adhérents d'autres groupements, ainsi que des apporteurs d'affaires comme Elexia et Caps Auto.

En effet, faut rappeler qu'Unai de la Fuente et son équipe disposent d'arguments sérieux. Ils se reposent sur un catalogue de produits de plus en plus riche. Ceux-ci sont fabriqués dans l'usine ultramoderne d'Azquoitia (Espagne), en partie automatisée. Leur colorimétrie, performance et services associés n'ont rien à envier à leurs concurrents des marques haut de gamme. Certains d'entre eux ont même été labellisés par le Cesvi. D'ailleurs, lorsque l'un des spécialistes peinture du technocentre ouvre son propre atelier de réparation (NG Carrosserie), il sélectionne Sinnek.

Faire grandir les réparateurs

Concrètement, la marque propose aujourd'hui des systèmes de réparation dédiés au spot repair ou à séchage rapide. Ces derniers "permettent de gagner 20 à 30 % de volume en plus sur un même temps dans l'atelier", rappelle Unai de la Fuente. Tandis que lors de l'édition 2022 du salon Equip Auto, la marque avait présenté sa machine de mélange de teinte automatisée. La même année, au salon Automechanika, elle avait mis en avant son application mobile Sinnek App, à destination des carrossiers.

Forts de ces atouts, l'équipe du fabricant monte donc en puissance pour répondre aux besoins du terrain. "Les distributeurs nous demandent un accompagnement commercial, pour soutenir les nouveaux clients, et technique, pour effectuer des démonstrations", précise Unai de la Fuente. Elle les forme dans les magasins, les ateliers et au Cesvi. Parallèlement, "nous effectuons aussi beaucoup de formations à l'usine. Celles-ci nous permettent de fidéliser les réparateurs et de pousser les distributeurs à les faire grandir".

C'est donc dans ce contexte favorable que l'équipe de Sinnek prépare la prochaine édition d'Equip Auto. Elle promet des nouveautés qui y seront exposées à Paris, du 14 au 18 octobre 2025. Un rendez-vous qui devrait encore lui permettre de gagner quelques parts de marché en attirant de nouveaux réparateurs et distributeurs.

Maxopièces : développement maîtrisé d’un distributeur audacieux

Déjà présent depuis plusieurs années dans le top 100 de la distribution du J2R, Maxopièces poursuit son ascension avec méthode. L’entreprise axonaise, créée en 2017 à Chauny (02) par Boris Hourcade, connaît une croissance continue, misant autant sur la proximité client que sur la diversification de son offre et l’ancrage local.

Sur les trois derniers exercices, Maxopièces a vu son chiffre d’affaires progresser d’un million d’euros chaque année, soit une hausse de 40 % entre 2021 et 2024. "Nous avons atteint les 5 millions en 2022, 6 millions l’année suivante, et nous venons de clôturer l’exercice à 7 millions", résume Boris Hourcade.
En cette mi-2025, l’entreprise anticipe un atterrissage à 7,5 millions d’euros.

"Notre ambition n’a jamais été de multiplier les ouvertures, mais de développer avec bon sens, en gardant la maîtrise de nos équilibres humains et logistiques", souligne le président. La croissance est également tirée par une stratégie produit diversifiée, une forte fidélisation client et des évènements fédérateurs.

Une large couverture territoriale et produit

Aujourd’hui organisé autour de trois points de vente – dont le site historique de Chauny –, Maxopièces prépare l’ouverture d’un quatrième site à Château-Thierry (02), une zone jusqu’ici desservie à distance. Le projet, initialement envisagé par rachat immobilier, a été temporairement freiné par une décision de préemption municipale.

Mais le dirigeant se veut rassurant : "Nous avons déjà trouvé un nouveau terrain de discussion avec la collectivité. Ce point de vente est clé : il permettra d’alléger la pression logistique du site central et de couvrir efficacement le sud du département."

Grossiste généraliste, Maxopièces revendique une large palette de produits : pièces techniques, outillage, pneumatiques, carrosserie, jusqu’à la peinture sur mesure, avec un labo couleur interne animé par un technicien expérimenté.

Notre cœur de métier reste la pièce mécanique, mais la peinture est un segment dynamique. On a investi dans les équipements et les profils techniques pour accompagner ce développement.

Une digitalisation structurée, un SAV différenciant

Partenaire de LKQ France également dans l’utilisation de son catalogue électronique CarCat, Maxopièces développe en parallèle, depuis près d’un an, sa propre plateforme de commande avec Albalogic. Le projet, baptisé Autoprécision, vise à couvrir l’ensemble des gammes du distributeur, au-delà du catalogue du groupement.

Notre objectif est de pouvoir proposer 100 % de notre offre en ligne. Le site sera prêt pour la rentréeannonce Boris Hourcade.

Sur le plan organisationnel, le siège héberge un centre d’appels de six télévendeurs, qui gèrent les flux entrants pour les trois points de vente. Ce dispositif mis en place depuis trois ans a permis de fluidifier la relation client. Autre point fort souligné par le dirigeant : un service après-vente internalisé, peu courant à ce niveau de structure.

"Nous avons choisi d’assumer nous-mêmes la gestion des garanties, des erreurs d’emballage ou de référencement. Cela évite à nos clients de perdre du temps, et c’est très apprécié."

Une Foire automobile qui prend de l’ampleur

Évènement désormais attendu par les clients comme par les fournisseurs, la Foire de l’Automobile organisée chaque année par Maxopièces a franchi un cap en 2025. Exit le site de Chauny : l’équipe a cette année privatisé le circuit de Folembray, situé à 15 minutes du siège.

"On a accueilli une trentaine de fournisseurs et près de 250 invités. Chaque client a pu faire un tour en voiture de prestige, rencontrer nos partenaires et bénéficier d’offres personnalisées. C’est un gros chantier en amont, mais un moment fédérateur très fort pour tous", témoigne le dirigeant. Une centaine de clients étaient présents, représentant le cœur du portefeuille du distributeur.

Synergies à taille humaine

Cofondateur du groupement Beem (devenu Bem) aux côtés d’Eudiff, du réseau BAP et de feu Eagle Spare Parts, Maxopièces continue de participer activement à la dynamique collective de l’entité. "On tient à rester trois. On a été sollicités pour élargir, mais ce qu’on cherche, ce n’est pas de grossir, c’est de rester alignés sur nos méthodes et nos valeurs."

Les membres se voient tous les trimestres pour échanger sur les enjeux RH, la relation fournisseurs, la stratégie commerciale ou les outils numériques. Alors que l’entreprise entre dans sa huitième année, Boris Hourcade garde la même ligne de conduite.

"Je ne me projette pas à dix ans. Tant que je suis motivé, on continue. Ce qui me porte, c’est l’esprit d’équipe, la dimension humaine de l’entreprise, et les projets comme l’ouverture du quatrième site. On veut continuer à bien faire, tout simplement."

Guillaume Ramirez, Autopuzz : "Nous sommes tous des amoureux de la pièce"

Le Journal de la rechange et de la Réparation : Autopuzz s’est rapidement imposé dans l’univers de la pièce de rechange. Pourtant, l’entreprise reste encore méconnue de certains acteurs du secteur. Pouvez-vous revenir sur sa genèse et les étapes clés de son développement ?

Guillaume Ramirez : L’histoire d’Autopuzz débute en réalité bien avant sa création officielle. J’étais alors salarié du groupe Hory, où nous avions lancé dès 2007 des sites de vente en ligne dédiés à la pièce automobile. L’activité a très vite pris de l’ampleur, mais nous étions confrontés à une limite physique et organisationnelle : faire tourner un site e-commerce dans un magasin de concession, ce n’est pas viable à long terme. Les flux augmentaient, les volumes aussi, et les locaux n’étaient plus adaptés.

À ce moment-là, j’ai ressenti le besoin de porter un projet plus structurant, plus ambitieux, avec l’envie de bâtir une activité pérenne autour de la pièce de rechange. J’ai présenté mes idées à Bernard Hory, président du groupe Midi Auto. L’échange a été décisif : nous avons décidé de nous associer, avec sa fille, Isabelle, pour fonder Autopuzz en 2014.

L’aventure a démarré à Caudan, dans le Morbihan. J’étais seul au début. Quinze jours plus tard, deux collègues m’ont rejoint. Nous étions trois, très motivés, avec une volonté farouche de faire notre place. Nous avons commencé par traiter les demandes que les autres délaissaient, les produits complexes ou peu rentables, les recherches spécifiques.

 

J2R : Votre développement s’est appuyé dès le départ sur une offre diversifiée et une proximité avec les réparateurs. Comment cette approche a-t-elle évolué dans le temps ?

G. R. : Nous avons toujours cherché à partir des besoins du terrain. Le réparateur est au cœur de notre réflexion. À chaque étape, nous nous sommes efforcés d’enrichir notre offre pour coller à ses attentes, tout en gardant une grande réactivité. Initialement centrés sur les marques Peugeot et Citroën, pour des raisons historiques et de compétences internes, nous avons rapidement élargi notre catalogue à toutes les marques, en pièce d’origine comme en pièce d’équipementier.

Notre gamme s’est ensuite étendue au matériel de garage, aux consommables, à l’outillage, bref, à tous les besoins quotidiens de l’atelier. Aujourd’hui, un garagiste peut s’équiper entièrement chez nous, y compris pour des demandes complexes ou très spécifiques. Cette capacité à répondre à tout, même à ce qui sort des standards, est restée une constante.

 

J2R : Quelles ont été les conséquences de cette croissance sur l’organisation d’Autopuzz ?

G. R. : Notre chiffre d’affaires a doublé plusieurs années de suite. Ce qui a évidemment entraîné une montée en puissance des effectifs. Mais au lieu d’aller chercher systématiquement des profils extérieurs, nous avons fait un choix fort : celui de la promotion interne. C’est un pilier de notre stratégie RH.

Notre premier vendeur est devenu responsable commercial. Mon premier magasinier est aujourd’hui mon directeur adjoint. La responsable marketing a débuté en alternance. Notre responsable d’exploitation est arrivé comme intérimaire. Nous avons bâti une culture d’entreprise solide, où chacun peut progresser s’il en a l’envie et les capacités. Ce modèle humain, fondé sur la fidélité et la montée en compétences, est un facteur clé de notre réussite.

 

J2R : Vous avez élargi votre activité à de nouveaux segments : clients particuliers, garages, puis vente de véhicules. Comment cette diversification s’est-elle opérée ?

G. R. : Cela s’est fait progressivement, mais toujours avec le même esprit d’observation du terrain. À force de voir des particuliers venir acheter leurs pièces chez nous et demander s’ils pouvaient aussi faire réparer leur voiture, l’idée d’ouvrir un atelier s’est imposée.

Quelques années plus tard, nous avons franchi un nouveau cap avec la vente de véhicules. Ce n’est pas courant pour un distributeur de pièces, mais nous avons vu là une opportunité.

Depuis septembre 2024, nous sommes distributeurs de la marque de pick-up Isuzu et de la marque de véhicules utilitaires Maxus, via un nouveau site à Lanester (56), qui intègre aussi une activité VO.

 

J2R : Quel est aujourd’hui votre maillage ?

G. R. : Ce point de vente complète notre réseau : la plateforme historique de Caudan (15 salariés), celle de Quéven, dotée d’un atelier, et la plateforme d’Évreux (27), ouverte en 2023, qui connaît un beau succès.

Plus récemment, en avril 2025, nous avons ouvert un garage à Cavaillon (84), dans une ancienne concession Citroën. Nous y développons les marques Maxus et Bosch Car Service, et c’est aussi notre premier site à arborer le label Distinxion pour la vente de voitures d’occasion. Dans la foulée, nous avons aussi repris un garage à Apt (84) où nous avons également pris le panneau Bosch Car Service. Plus récemment, début juin, nous avons ouvert un nouveau site Bosch Car Service à Caudan.

 

 

J2R : Quelle part représente chacune des activités dans votre chiffre d’affaires ?

G. R. : La pièce de rechange reste de très loin notre cœur de métier. Elle pèse 85 % de notre chiffre d’affaires. Le reste se répartit entre les ventes de véhicules neufs et d’occasion. C’est une activité complémentaire, qui nous permet de capter d’autres profils de clients et d’étendre notre maillage territorial.

 

J2R : Comment s’organise votre activité pièces de rechange ? Quels sont vos atouts sur ce marché ?

G. R. : Nous distribuons aussi bien la pièce constructeur que la pièce équipementier, avec un positionnement très complet. Ce qui nous distingue, c’est aussi notre capacité à développer des outils numériques sur mesure. Nous proposons à nos clients des sites de commande personnalisés, des plateformes en marque blanche, des services de logistique intégrée, un accompagnement téléphonique.

Par exemple, un réseau de garages qui souhaite commercialiser des pièces sous sa propre marque peut s’appuyer sur nous pour créer son site, assurer la livraison, le SAV, les conseils. C’est une offre clé en main qui séduit de plus en plus.

 

J2R : Et sur le plan logistique ?

G. R. : Nous avons aussi développé une vraie expertise logistique. Notre site principal tourne 24h/24, en 3×8, du lundi au samedi midi. Cela nous permet de traiter les commandes la nuit, d’optimiser les surfaces, et d’éviter les chevauchements d’équipes. Ce système, en place depuis trois ans, nous a permis de franchir un cap en termes de productivité.

 

J2R : Autopuzz est toujours lié au groupe Midi Auto. Quel est le détail de votre actionnariat ?

G. R. : Oui, nous restons étroitement liés. Midi Auto détient 55 %, Isabelle Hory en possède 30 %, et je détiens les 15 % restants.

 

J2R : D’après un classement publié par Les Échos, Autopuzz affiche une croissance annuelle moyenne de 42,65 % depuis 2020. Quels sont les moteurs de cette performance ?

G. R. : Il y a plusieurs facteurs. D’abord, notre proximité avec les clients. Nous sommes très présents sur le terrain. Chaque année, nous organisons un grand salon au stade de Lorient. Nous le transformons en un immense espace d’exposition, avec des stands fournisseurs, des animations et une soirée festive. En 2024, nous avons accueilli plus de 1100 personnes.

Nous organisons aussi des voyages clients : en juin, nous avons emmené les meilleurs d’entre eux au Portugal, à Lisbonne. Ces moments permettent de créer du lien, de recueillir des retours, d’ajuster notre offre. Ce sont des temps forts dans la relation client.

Ensuite, il y a notre logistique, pensée pour livrer vite et bien, et notre capacité à offrir un vrai service, au-delà du prix. Et puis, il y a notre culture d’entreprise. Chez Autopuzz, les gens aiment ce qu’ils font. Moi-même, je suis passionné par la pièce automobile depuis l’adolescence. Quand j’étais en 4e, je disais déjà que je voulais vendre des pièces ! Mes professeurs croyaient à une lubie, mais mes parents m’ont soutenu et je suis allé jusqu’au bout. Aujourd’hui, cette passion, je la retrouve dans mon équipe. Nous sommes tous des amoureux de la pièce.

 

J2R : Votre maillage territorial s’étend peu à peu. Peut-on parler d’un début de déploiement national ?

G. R. : Oui, c’est une dynamique qui se met en place naturellement. L’ouverture d’Évreux, il y a deux ans, a prouvé que nous pouvions réussir hors de notre base bretonne. Cavaillon vient confirmer cette capacité. Aujourd’hui, une grande partie du territoire est couverte à moins de 3 heures d’un de nos sites. C’est un avantage logistique important.

 

J2R : Vous avez opté pour l’enseigne Bosch Car Service. Pourquoi ce choix ? Et comptez-vous le développer ?

G. R. : Oui, c’est une orientation que nous assumons pleinement. Bosch Car Service permet de rester indépendant tout en bénéficiant d’un soutien technique solide, notamment sur les nouvelles technologies. Le réseau a aussi une belle image auprès du grand public, ce qui est précieux quand on développe des garages. Nous envisageons de multiplier les établissements sous cette enseigne.

 

 

J2R : Vous êtes également membre du groupement Alternative Autoparts. Qu’en attendez-vous pour la suite ?

G. R. : Nous avons rejoint le groupement en 2020. Ce qui nous plaît, c’est la souplesse. On vous propose, vous disposez. Le catalogue fournisseurs est très riche, les interlocuteurs compétents, les outils efficaces. Mais surtout, vous restez maître de vos décisions. Pas de quotas imposés, pas de contraintes. Cette liberté, paradoxalement, nous pousse à consommer plus dans le réseau.

 

J2R : Vous préparez votre prochain salon en novembre. Quelles sont vos ambitions pour cette édition ?

G. R. : Notre objectif est toujours de faire mieux. Plus de fournisseurs, plus d’ateliers, plus d’échanges. Ce salon est devenu un rendez-vous très attendu. Un réparateur m’a un jour confié : "Je ne vais même plus à Equip Auto, je viens chez vous et je trouve tout ce qu’il me faut." C’est une belle reconnaissance. Cela nous motive à élever encore le niveau.

 

J2R : Vous mentionniez des résultats prometteurs pour 2025. Quels sont vos objectifs chiffrés ?

G. R. : Nous ne nous mettons pas de pression excessive sur les chiffres, mais notre ambition de progresser reste évidemment très forte. En 2024, notre chiffre d’affaires a atteint 70 millions d’euros. En 2025, nous espérons encore une croissance de 30 %. À mi-parcours, les résultats sont très encourageants.

Jacob Services parie sur l’avenir

Au jeu des nouveaux entrants et des croissances plus fortes que la sienne, Jacob Services a perdu deux places dans notre classement des plus gros distributeurs de l’Hexagone. Classée cette année au 100e rang, l’entreprise installée au Creusot (71) a souffert d’un contexte de marché peu favorable aux grandes envolées.

On avait enchaîné trois exercices avec des croissances à deux chiffres avant que la dynamique se tasse en 2024confirme Yanis Jacob, son dirigeant.

Avec un chiffre d’affaires de 6,2 millions d’euros – en hausse modeste de 1 % sur un an, dont 5,2 millions issus de la vente de pièces détachées –, le distributeur reste toutefois en ordre de marche. Loin d’avoir la taille et les moyens des grandes maisons du secteur, Jacob Services a toujours su tirer son épingle du jeu en misant sur des idées différentes, sur un engagement de tous les instants et sur une science innée de la relation client.

Les derniers mois n’ont pas fait défaut à cette règle. Déjà présente au Creusot (avec un site dédié à l’automobile, un centre peinture et le siège social), à Montceau-les-Mines et à Paray-le-Monial, elle a inauguré en mars un 4e point de service à Perrecy-les-Forges, toujours en Saône-et-Loire. Ce nouveau site de 300 m² vient compléter son ancrage local.

Le potentiel de l’industrie

Ce développement revêt un caractère stratégique. Installé dans un ancien garage Renault, le site héberge désormais un entrepôt logistique destiné aux pièces lourdes et volumineuses, ainsi qu’un atelier technique. Jacob Services y propose plusieurs prestations : contrôle d’injecteurs, nettoyage de filtres à particules pour véhicules légers et utilitaires, et fabrication de flexibles hydrauliques à destination des clients industriels.

"Concernant l’injection, il reste énormément de véhicules diesel dans notre région, donc ce développement a du sens. Quant à l’hydraulique, c’est une corde de plus à notre arc, un élément très différenciant. Ça permet de répondre à des attentes sur l’industrie avec un potentiel avéré et des marges intéressantes."

Outre le recrutement d’un technicien spécialisé, ce projet a nécessité des investissements significatifs : 200 000 euros de stock, un banc d’essai à 60 000 euros et deux machines pour la fabrication de flexibles, à 15 000 euros l’unité.

"Il n’y a rien de gagné, admet Yanis Jacob. Le marché de l’automobile est de plus en plus difficile à lire et à anticiper, mais il faut aller chercher la croissance. Avec ce projet, on regarde plus loin qu’aujourd’hui. Et puis de cette manière, on conforte aussi notre philosophie tournée vers le service client."

Ce salon fait partie de notre identité. Il nous demande beaucoup d’efforts, mais il est très apprécié par ceux qui y participent. D’édition en édition, on accueille toujours plus de monde et on est très fiers du résultattémoigne le dirigeant.

Un distributeur proche du terrain

Une proximité savamment entretenue. Nouvelle preuve de cela, le distributeur Precisium a organisé les 26 et 27 juin la 5e édition de son salon local. Sur le circuit Vaison de Torcy (71), plus de 1 500 personnes se sont rassemblées.

Entre un espace qui a permis aux partenaires de présenter leurs offres, une parade sur la piste avec des véhicules de collection, des courses de karting intenses et des baptêmes de moto et de drift, l’évènement, authentique et convivial, a tenu toutes ses promesses.

R-M Premium Partners poursuit sa montée en puissance

Du 5 au 8 juin 2025, 200 adhérents et partenaires de R-M Premium Partners se sont retrouvés à Dubrovnik (Croatie). Sur les bords de l’Adriatique, carrossiers et experts métiers ont donc pu échanger autour de leurs expériences respectives. Leur objectif est ensuite d’en tirer toutes les leçons, afin d’améliorer leurs pratiques et de définir leurs orientations stratégiques, en s’adaptant à leur marché. Le club compte ainsi se positionner en référence de la carrosserie durable en se reposant sur le partage et l’innovation.

RSE et environnement

Parmi les points marquants de son actualité, le réseau confirme sa croissance très rapide, annoncée début 2024. Ainsi, 42 carrossiers utilisant la marque de peinture R-M (groupe BASF) l’ont rejoint en 2024. Un véritable record qui lui permet d’atteindre désormais 210 membres – contre 66 initialement, lors de son lancement en 2016. Ces réparateurs sont plutôt des utilisateurs de ses gammes et outils les plus récents et innovants. Parmi eux figure notamment la carrosserie Brachet, dont le J2R avait rapporté comment elle avait mené son chantier d'optimisation.

Lors de leur congrès, la tête de réseau a fixé deux priorités : la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et la protection de l’environnement. Son groupe de travail dédié a défini une "logique tripartite : économique, sociale et environnementale". Celle-ci passe notamment par l'attractivité commerciale, la digitalisation, l'aménagement de l'atelier, l'utilisation de produits à faible impact carbone, la limitation des déchets, etc.

Parallèlement, le club participe au développement d’un label "Carrosserie verte". Celui-ci vise à valoriser les ateliers les plus engagés dans la transition écologique d’ici à 2030. Une ambition commune avec BASF (soumis à la réglementation CSRD), proposant d'ores et déjà des systèmes de peinture qui permettent de réduire jusqu’à 50 % les émissions de CO₂ de la réparation automobile.

Solutions à la carte

Ce congrès a également été l'occasion d'accueillir de nouveaux partenaires. Parmi ceux-ci figurent Sidexa (pour le chiffrage), Distrigo (pièces de rechange) et Dechent (concessionnaire multimarques allemand). Au total, les membres de R-M Premium Partners peuvent maintenant profiter des services de 23 partenaires, à des conditions préférentielles. Pour eux, le club a aussi introduit de nouvelles solutions à la carte, comme Body Shop Boost – outil de gestion et d'optimisation de l'atelier.

Témoin de ce rassemblement, Stéphane Colpaert, responsable de Sidexa, déclare : "Ce qui m'a le plus marqué, c'est l'ambiance de grande famille avec énormément de bienveillance. Une rencontre professionnelle comme celle-ci est rare, et c'est vraiment un atout pour ce club. On se croirait presque à une réunion de famille, mais sans dispute et plus de chiffres". Un atout pour attirer de nouveaux adhérents et partenaires. Le club vise désormais les 240 membres d’ici à la fin de l’année et 300 en 2027.

Airbags Takata : l'UFC-Que Choisir veut obtenir des indemnisations de Stellantis

Après avoir déposé plainte, début 2025, contre le groupe pour pratiques commerciales trompeuses, tromperie aggravée et mise en danger de la vie d’autrui, l'UFC-Que Choisir s'attaque de nouveau à Stellantis. L'association de défense des consommateurs a annoncé, mardi 22 juillet 2025, avoir lancé une action de groupe visant le constructeur automobile. Son objectif : obtenir le versement d'indemnités aux propriétaires de véhicules équipés d'airbags Takata faisant l'objet d'une immobilisation forcée.

L'association a décidé de saisir le tribunal "afin que les préjudices causés aux automobilistes victimes des rappels sous «stop drive», opérés depuis 2023 de façon totalement anarchique et déraisonnée, soient réparés", a-t-elle indiqué.

1,7 million de véhicules bloqués

Fin juin, le gouvernement français a ordonné aux constructeurs automobiles toutes marques confondues d'immobiliser 800 000 véhicules supplémentaires équipés d'airbags Takata, potentiellement défectueux, portant à 1,7 million le nombre de véhicules visés par une interdiction de circuler pour cette raison, jusqu'à remplacement du dispositif.

Cette décision a été prise après l'accident mortel d'une automobiliste survenu à Reims (51) en raison de l'explosion de son airbag lors d'un choc avec un autre véhicule. "Ces mesures de «stop drive» sont les conséquences directes et certaines du manquement, de par l'incurie et la gestion chaotique de Stellantis et Citroën, dans l'exécution de leur obligation générale de sécurité, constituant une faute du constructeur, et ouvrant ainsi le droit à réparation", développe l'UFC-Que Choisir. Au moins trois des automobilistes tués ces dernières années conduisaient une Citroën C3.

L'association demande une série d'indemnités pour divers préjudices, notamment une indemnité journalière pour toute la durée de l'immobilisation du véhicule ou encore pour les préjudices moraux subis par les consommateurs "transportés dans des automobiles équipées d'équipements mortels".

L'exemple des États-Unis

C'est la première action de groupe intentée en France au sujet de ces airbags défectueux, responsables d'au moins 60 morts dans 11 pays ces 15 dernières années, dont 18 en France. Aux États-Unis, pays le plus touché avec 28 morts, Ford, Toyota, Honda, BMW, Nissan et Mazda ont versé un total de 1,5 milliard de dollars d'indemnisations aux victimes.

Les airbags Takata sont responsables d'explosions mortelles ou provoquant de graves blessures à cause d'un gaz, le nitrate d'ammonium, qui se dégrade avec le temps, particulièrement dans les climats chauds et humides. Alors, les coussins de sécurité se déclenchent, même en cas de collision mineure, provoquant une explosion identique à celle d'une grenade et projetant dans l'habitacle des pièces de métal et de plastique, souvent fatales au conducteur.

L'entreprise japonaise Takata, fabricant mondialement connu de systèmes d'airbags et de ceintures de sécurité, n'a pas survécu au scandale et a déclaré faillite en 2017. En France, des juges d'instruction enquêtent sur des soupçons de tromperie aggravée et de mise en danger de la vie d'autrui.

Un nouveau centre de pièces détachées pour Daimler Truck France

"Inaugurer un bâtiment de cette taille et de cette importance stratégique n'est pas une chose courante pour nous", introduisait Ulrich Loebich, président de Daimler Truck France, au moment d'inaugurer le nouveau centre logistique hexagonal du constructeur, situé à Autrèche (37), le jeudi 10 juillet 2025.

Le site est déjà opérationnel depuis plusieurs mois. "Il est né de la décision de Daimler de séparer la branche camions et bus de la branche véhicules particuliers, retrace Ulrich Loebich. Daimler Truck et Daimler Buses ont pris leur indépendance, et ont donc pu créer ce centre de pièces détachées à 100 % dédié aux véhicules industriels."

Un timing serré

Ce nouveau site se substitue aux deux centres logistiques de la société situés à Valenciennes (59) et Étoile-sur-Rhône (26). Autrèche et ses quelque 430 habitants ont été choisis pour plusieurs raisons. D'abord, son emplacement géographique : la ville occupe une position assez centrale en France et pour l'activité de Daimler dans le pays. "De plus, la zone d'activité de la porte de Touraine était dotée de bâtiments récents avec une grande surface et une disponibilité immédiate. C'était nécessaire pour nous. Les planètes se sont alignées", ajoute Ulrich Loebich.

Les équipes de Daimler (Ulrich Loebich au centre) et Daher, ainsi que les élus locaux, inaugurent le centre logistique d'Autrèche. ©J2R/FLM

Les équipes de Daimler (Ulrich Loebich au centre) et Daher, ainsi que les élus locaux, inaugurent le centre logistique d'Autrèche. ©J2R/FLM

Notons que les locaux, dont la construction s'est achevée en 2024, sont exploités par le groupe Daher, qui opère dans l'aviation, l'industrie, les services industriels et la logistique. "Nous sommes fiers d'avoir été sélectionnés par Daimler pour assurer les opérations logistiques sur ce site, se réjouit Arnaud Lecomte, directeur commercial de la branche logistique de Daher. Le gros challenge était le calendrier. Nous y sommes parvenus en trois mois, entre la signature le 17 juin 2024 et la livraison des locaux le 1er octobre." Les réceptions ont alors pu commencer. Le temps d'aménager le site et de lancer les opérations, les expéditions ont quant à elles débuté le 3 février 2025.

750 000 pièces en stock

Au total, on compte 24 000 m² de surface de stockage. Actuellement, 6 000 m² supplémentaires sont occupés par le constructeur, et seront rendus au 1er septembre prochain. 23 000 références de pièces de camions et 12 000 références de pièces de cars et bus sont stockées à Autrèche. Le site logistique compte environ 55 000 emplacements, dont 36 000 dédiés aux pièces pour camions. Environ 750 000 articles unitaires sont stockés.

L'engagement du constructeur est de livrer à J+2 avant 8 heures du matin pour toute commande passée avant 18h30. Si la pièce est déjà en stock à Autrèche, une livraison express peut être réalisée à J+1 avant 8 heures, si la commande est passée avant 16 heures. Chaque jour, cinq camions arrivent d'Allemagne avec les pièces. Chaque soir, onze repartent pour dispatcher les commandes dans les huit hubs logistiques des quatre partenaires transporteurs de Daimler Truck. Ces derniers les redistribuent ensuite vers les sites dédiés au camion (164) et bus/cars de Daimler.

Notons enfin que le site d'Autrèche assure le retour de pièces de poids lourds usagées. Elles y transitent avant de partir pour l'Allemagne afin d'y être reconditionnées avant d'être revendues. "L'économie circulaire est indispensable et va prendre encore plus d'importance dans le futur", conclut Ulrich Loebich.

Ambitions renouvelées pour Eudiff

Le 19 juin 2025, Eudiff a réuni clients, fournisseurs et partenaires sur le circuit automobile d’Abbeville (80) pour la seconde édition de son salon régional. Fort du succès rencontré l’an dernier, l’évènement a pris une nouvelle dimension cette année. "Nous avions tablé sur 700 visiteurs, contre 500 lors de la première édition", annonce Antoine Beaudet, dirigeant du groupe normand.

Ce rendez-vous professionnel a mis en avant 75 exposants, principalement issus de l’univers de la pièce de rechange. Outre les stands, de nombreuses animations étaient organisées : essais sur circuit avec six véhicules, challenges, jeux concours, tombolas, concerts… Un programme dense destiné à renforcer les liens avec les réparateurs. "On a vraiment mis les moyens pour en faire un temps fort de la relation client", résume le dirigeant.

Croissance organique et expansion territoriale

Ce salon a ponctué le premier semestre d’Eudiff au sein du réseau Alternative Autoparts. Après avoir quitté Alliance Automotive Group fin 2024, le distributeur a, en effet, rejoint son nouveau groupement en janvier, et poursuit depuis son intégration. "C’est toujours difficile de tirer un vrai bilan au bout de six mois, mais nous sommes très contents d’avoir rejoint une structure indépendante", confie Antoine Beaudet, qui précise que les premiers chantiers communs se mettent progressivement en place.

Fort de ces nouveaux atouts, le distributeur basé à Eu (76) confirme avoir démarré cet exercice 2025 sur une cadence soutenue. Grâce aux ouvertures récentes des points de vente du Havre et de Yerville (76), qui commencent à trouver leur rythme de croisière, Eudiff vise un chiffre d’affaires organique de 25 millions d’euros d’ici la fin de l’année.

D’ailleurs, le maillage territorial va encore s’étoffer à la rentrée avec le rachat en septembre de deux nouveaux magasins en Normandie. Antoine Beaudet préfère rester discret sur cette acquisition, mais nous devrions en savoir plus très prochainement…

Le virage digital d’Eudiff

En parallèle, Eudiff a renforcé sa stratégie digitale avec le lancement en avril de son site e-commerce grand public. La plateforme permet de commander en ligne et de retirer les produits en click & collect dans les points de vente du groupe.

Le site commence à fonctionner. Nous allons développer sa visibilité à partir de juillet, une fois le salon passéexplique le dirigeant.

Plusieurs opérations de fidélisation sont au programme, à commencer par un séminaire à Lanzarote (Espagne) avec une vingtaine de réparateurs partenaires. En octobre, une autre initiative sera organisée à l’occasion du salon Equip Auto. "Nous voulons continuer à créer du lien et proposer des moments privilégiés à nos clients", conclut Antoine Beaudet.

Entre Mister-Auto et les équipementiers, le courant passe

Mister-Auto renforce ses liens avec les équipementiers. Alors qu’ils représentaient 30 % de ses fournisseurs en 2022, ces derniers constituent aujourd’hui la moitié de ses partenaires. Une évolution significative qui témoigne de la confiance croissante des industriels envers la plateforme et de leur volonté d’accélérer leur développement sur le canal e-commerce.

Parmi les nouveaux venus, le spécialiste du lubrifiant Castrol, qui vient de signer un accord d’approvisionnement direct avec la filiale du groupe Stellantis. Son objectif : mieux couvrir le marché en ligne, tant auprès des particuliers que des professionnels. "Nous sommes heureux de la signature du partenariat avec Mister-Auto qui reflète l'engagement de Castrol à proposer des produits haut de gamme via des plateformes numériques fiables", confirme Fabrizio Betteto, vice-président e-commerce, retail et moto pour Castrol Europe.

De son côté, Mister-Auto peut se targuer d'un catalogue global toujours plus large, qui atteint désormais 2,4 millions de références.

Des relations vertueuses au bénéfice de tous

Sur le plan logistique, la diversité des fournisseurs permet à Mister-Auto de sécuriser ses approvisionnements. En multipliant les sources et les points d’entrée, le e-commerçant limite les ruptures, tient ses engagements de livraison et maintient une profondeur de stock adaptée aux exigences des clients.

Au-delà du référencement de marques reconnues, ces partenariats offrent aussi la possibilité au pure player d'étoffer ses services. L'opérateur bénéficie notamment d’un accès direct aux contenus techniques produits par les équipementiers : fiches d’application, visuels ou vidéos explicatives. Autant de ressources qui facilitent l’expérience d’achat des internautes et les aident à mieux identifier le bon produit.

De leur côté, les équipementiers accèdent aux données d’usage et de satisfaction récoltées par Mister-Auto. Ces remontées constituent de précieux indicateurs pour ajuster leurs gammes, suivre la performance de leurs produits et identifier de nouveaux besoins.

L'attrait du e-commerce

Au-delà de ces bénéfices, Mister-Auto voit dans ces synergies une évolution notable chez les équipementiers traditionnels, qui s’emparent pleinement du digital pour élargir leur distribution.

"Les équipementiers automobiles font de plus en plus confiance aux acteurs du e-commerce sur le secteur de la rechange et des accessoires automobiles, c’est une tendance qui se confirme année après année", conclut Jean-Michel Booh-Begue, directeur des opérations de Mister-Auto.

Breteault a revu sa copie pour se recentrer sur son cœur de métier

Réorganisation logistique, vente d'agence et changement à la direction… Ça bouge chez Breteault ! L'entreprise cofondatrice du groupement Centaure en 1984 s'est entièrement réorganisée en trois ans, sous l'impulsion de son président Guillaume ­Leduc, successeur de son père Didier ­Leduc en 2018. À la suite de la crise Covid, la société a abandonné une partie de son activité dédiée au bâtiment pour se concentrer sur la carrosserie et l'industrie.

Nous avons basculé vers un modèle de plateformeannonce Guillaume Leduc.

Elle a fermé plusieurs sites, en conservant la même zone de chalandise. Ses agences d'Orléans (45) et d'Eure-et-Loir ont été cédées à un réseau de peinture décorative. Raison pour laquelle son chiffre d'affaires a baissé de 18 % en 2024 (10,7 millions d'euros).

Organisation resserrée et spécialisée

"Pour gérer notre zone de chalandise, nous avons basculé vers un modèle de plateforme. Mais nous répondons toujours en local aux besoins de services de nos clients", annonce Guillaume Leduc. Un vrai bouleversement pour ce groupe qui a compté jusqu'à dix comptoirs en 2021, couvrant la Normandie, la Bretagne, les Pays de la Loire, jusqu'à la région Centre.

Désormais, il ne compte plus que trois agences, dont Mouen (14) et La Ferté-Bernard (72) – cette dernière étant dédiée au bâtiment. Ces sites sont appuyés par sa plateforme logistique associée à un comptoir, à son siège de Sargé-lès-le-Mans (72), capable de livrer dans toute la France en J+1.

Plateforme logistique Breteault

L'optimisation par Breteault de sa plateforme logistique permet au distributeur d'approvisionner les carrossiers dans tout le Grand Ouest de la France. ©Breteault

Mais évidemment, pas question d'empiéter sur les territoires de ses partenaires du réseau Centaure. D'ailleurs, Guillaume Leduc insiste : "Nous n'avons pas vocation à passer entièrement sur Internet. Ce modèle ne fait pas partie de nos valeurs, basées sur la proximité et le terrain." Les pure players restent selon lui des concurrents à surveiller de près, notamment pour éviter l'érosion des volumes.

L'entreprise s'appuie sur une équipe de 36 salariés, qui approvisionnent quelque 250 machines de peinture dans le Grand Ouest, jusqu'à Orléans. Pour assurer le suivi technique et commercial, six commerciaux et quatre techniciens accompagnent au quotidien les ateliers.

"La centralisation de notre logistique a permis de réduire notre stock en valeur, mais pas en quantité. Nous sommes même mieux achalandés. Par exemple, nous avons réduit le stock des teintes de base à faible rotation et avons ajusté celui des références les plus courantes", explique Guillaume Leduc. Résultat : la valeur du stock est passée de 3,6 millions d'euros fin 2023 à 2,4 millions début 2025.

Soirées techniques et formations

Dans le même temps, Breteault a mis un terme à son activité de distribution de pièces. "Nous avons essayé de nous diversifier, notamment sur notre site du Petit-Quevilly (76) à partir de 2015. Mais nous ne sommes pas parvenus à créer une synergie entre les pièces et la peinture." Ce changement stratégique a modifié sa gouvernance. À la direction, Sonia Leduc a pris la suite de l'ancien associé, orienté vers la rechange. Après une séparation en bonne entente, "désormais, nous nous concentrons chacun sur nos métiers respectifs."

Breteault accompagne donc la distribution des produits Akilak (MDD du groupement Centaure), Lesonal et Sikkens (AkzoNobel), Sinnek (Besa) et Standox (Axalta). "Nous ne privilégions aucune marque. Tout dépend du profil du client, de ses besoins en logiciels, en technicité ou en rapidité d'exécution. Le choix est guidé par l'usage, non par la marque. Ce sont les exigences du carrossier ou de l'industriel qui dictent la solution", précise le dirigeant.

L'entreprise accompagne aussi une cinquantaine de carrossiers du réseau Autoneo. Elle leur propose régulièrement des soirées techniques locales et met l'accent sur la formation. Son centre dédié, ouvert en 2016, est aujourd'hui certifié Qualiopi. Une proximité renforcée qui devrait, selon Guillaume Leduc, porter ses fruits dans les années à venir.

Réorganisé, le groupe Hubert voit plus loin

Classé au 41e rang de notre Palmarès de la Distribution 2025, le groupe Hubert a gagné trois places en un an. Mais au-delà de notre étude annuelle, celui-ci a gagné bien davantage. Omniprésente dans l’est de la France avec de multiples cordes à son arc, la structure dirigée par Didier ­Hubert compte depuis longtemps parmi les forces vives du réseau Autodistribution.

Comme les Niort, APA, Talbot, Villebenoit, Farsy, Dhenin ou Fichou, le groupe Hubert est un acteur connu et reconnu, tant dans son groupement que dans l’univers de la rechange.

Cependant, aussi développé soit-il, il était confronté depuis quelque temps à des difficultés inhérentes à sa croissance. Avec ses 19 sites, ses 340 collaborateurs et son chiffre d’affaires de 84 millions d’euros, le groupe Hubert est une grosse machine qu’il fallait réajuster.

"À force de tout faire, on ne rentrait plus dans aucune case et on ne savait plus se benchmarker avec le marché", pose le président. Dès lors, le premier semestre 2024 a vu s’enclencher un projet titanesque : démanteler le groupe pour le reconstruire avec des sociétés distinctes pour chaque activité.

Un alignement renforcé avec Autodistribution

Depuis un an, la structure du distributeur mosellan est composée de la sorte : la partie automobile est chapeautée par Autodistribution Hubert, celle industrielle par Thomé Rubix Partenaire, et le poids lourd par PLS (Poids Lourds Services). Le tout, bien entendu, avec des responsables et des équipes qui se concentrent désormais sur un seul et unique métier.

Didier Hubert a pris la tête du secteur automobile, son associé Pierre Berwald (actionnaire minoritaire) est aux commandes de l’industrie. Quant au poids lourd, le responsable partant prochainement à la retraite, une nomination sera actée dans quelques semaines. Avec son sens de l’analyse millimétrée et du verbe ciselé, le dirigeant résume la situation à sa façon : "Avant, on avait trois couteaux suisses. Maintenant, on a une fourchette, un couteau et une cuillère. Tout est plus clair."

Il voit surtout deux grandes vertus dans la concrétisation de ce projet. La première est de pouvoir s’inscrire pleinement dans les us et coutumes d’Autodistribution grâce à un schéma qui a fait ses preuves chez d’autres confrères. "On est bien aligné avec l’organisation de notre centrale", confirme Didier Hubert.

La seconde vertu porte sur l’efficacité et la performance de chaque entité. En clarifiant le périmètre des équipes concernées, le groupe Hubert a aussi permis à chacune de se concentrer sur son métier, et donc d’aller plus loin dans l’effort de développement et de conquête.

Une arrivée en Belgique

"Personnellement, je suis très optimiste. Nos clients et partenaires ont, pour certains, mis quelques mois à comprendre cette nouvelle logique mais, dans l’ensemble, les choses se sont mises en place assez rapidement. Aujourd’hui, on voit déjà les premiers résultats de ce travail." Entre tous, le distributeur a notamment concrétisé son arrivée outre-Quiévrain.

Après la France et le Luxembourg, le voilà ainsi installé dans un troisième pays, une chose rare, voire unique dans le secteur, avec la reprise d’un magasin API. Situé dans le sud de la Belgique, le point de vente réalise six millions d’euros de CA avec une vingtaine de salariés. Un développement loin d’être anecdotique qui vient renforcer le maillage du groupe et confirmer le bien-fondé de sa récente réorganisation.

Grands Prix de la Rechange 2025 : les temps forts d’une édition marquante

Entre débats prospectifs, prises de parole d’experts et moments de convivialité, les Grands Prix de la Rechange 2025 ont une nouvelle fois démontré le dynamisme et la capacité d’innovation de la filière.

Avec plus de 250 professionnels réunis, notre événement a brillamment mis à l’honneur celles et ceux qui font avancer l’après-vente par leur sens de l’innovation et leur engagement terrain.

Revivez les temps forts de cette journée exceptionnelle :

 

Norca maintient son cap vers la croissance

Le groupe biterrois, spécialiste de la distribution de pièces pour poids lourds, poursuit et accélère son expansion. Depuis l'ouverture de sa plateforme logistique nationale de Vendres (34) en juin 2022 et son adhésion à Autolia en septembre 2023, Norca a changé de dimension. L'entreprise s'est structurée pour conquérir progressivement de nouveaux territoires en France. Elle est portée par une croissance de son chiffre d'affaires de 6,5 %, atteignant ainsi 34,9 millions d'euros en 2024.

"Globalement, nous avons pris un peu de retard dans notre projet à cinq ans, qui prévoyait de franchir le cap des 50 millions d'euros de chiffres d'affaires en 2025, explique Thibault Castellanos, directeur général du groupe. Finalement, nous devrions achever l'année à environ 40 millions d'euros." Cependant, aucune raison de s'alarmer : la dynamique reste positive, et le développement du réseau se poursuit sereinement.

Ambitions dans les Vosges et en Île-de-France

L'acquisition de SMA Distribution en juillet 2024 a marqué l'arrivée stratégique de Norca dans la région lyonnaise, une zone cruciale pour le secteur du transport. "Nous entamons la seconde phase après le rachat, précise Thibault Castellanos. Nous cherchons des locaux plus grands dans la région de Lyon, pour y poursuivre notre développement."

Cette agence réalisait quatre millions d'euros de chiffre d'affaires avant son acquisition. C'est maintenant une équipe de six personnes qui l'anime : trois commerciaux itinérants et trois sédentaires (magasinier, technico-commercial et responsable). Ils assurent le négoce de pièces de rechange pour véhicules industriels, utilitaires et semi-remorques.

Nous devrions achever l'année à environ 40 millions d'eurosannonce Thibault Castellanos.

Parallèlement, le maillage territorial du groupe s'étend progressivement vers le nord de la France et même outre-mer, conjuguant ouvertures d'agences propres et recrutements de distributeurs et réparateurs partenaires. "Notre ambition nationale après le développement en Rhône-Alpes avec SMA Distribution est de remonter vers les Vosges", confie Thibault Castellanos. Une région autour de laquelle il compte déjà deux adhérents distributeurs : MPLS à Chavelot (88) et Sarre-Union PL Services à Thal-Drulingen (67).

Par ailleurs, le dirigeant rappelle qu'il scrute toujours les opportunités en Île-de-France. En un peu plus d'un an, le réseau Norca a vu son nombre d'adhérents distributeurs et réparateurs passer à 24, avec 39 implantations. Parmi les dernières recrues, figure notamment Aker Logistics (groupe EFBE), qui a intégré le réseau en janvier 2024 avec sa plateforme de 1 500 m² à Saint-Herblain (44). Celle-ci rejoint ainsi AB Truck au Tampon (La Réunion), AMVI à Saint-Victurnien (87) ou encore le garage Belguiral à Moissac (82).

Accès aux pièces de véhicules industriels et utilitaires

Pour attirer l'ensemble de ces partenaires dans son réseau, l'adhésion au groupement Autolia en 2023 constitue un atout majeur, notamment grâce aux avantages tarifaires associés. L'entreprise familiale y a rejoint le groupement TVI, avec lequel elle entretient de bonnes relations. Concurrents sur le terrain, les deux opérateurs unissent leurs forces au niveau international. "Nous sommes entrés chez Autolia parce que les décideurs chez les équipementiers ne sont plus nécessairement basés en France. Les négociations s'opèrent désormais à l'échelle européenne, via Temot, ce qui nous permet d'être mieux considérés et d'obtenir des conditions avantageuses."

Norbert et Thibault Castellanos du groupe Norca

Norbert (à droite) et Thibault Castellanos, dirigeants du groupe Norca. ©Norca

En complément, sa coopération avec l'Agra offre au groupe un accès précieux aux informations et références des pièces VP, essentielles pour répondre aux demandes spécifiques des flottes d'utilitaires.

Autre atout de Norca : sa plateforme logistique nationale, véritable pilier opérationnel du groupe. Elle gère 12 000 références représentant une valeur de 6 millions d'euros, et expédie annuellement près de 50 millions de pièces. Pour accéder facilement à son catalogue, le distributeur met à la disposition de ses clients son application Elpy, lancée lors du salon Solutrans 2023. Cet outil numérique leur permet d'accéder à toutes les informations nécessaires à la gestion et à la maintenance de leurs véhicules, facilitant leurs approvisionnements en pièces détachées.

Fidélisation des équipes et défis RH

Grâce à Autolia et à son infrastructure logistique, Norca traverse avec succès un contexte économique difficile. Cependant, le succès commercial des agences dépend fortement de leur configuration : celles intégrant un atelier mécanique et des services de contrôle réglementaire (chrono-tachygraphes) s'en sortent mieux que les agences sans atelier.

Pour surmonter les défis humains rencontrés dans ces ateliers – pénurie de personnel qualifié, turnover élevé, épuisement des équipes –, le groupe mise sur la fidélisation. "Sur le plan commercial, la stabilité des équipes est cruciale pour la productivité. Concernant les ateliers, je souhaite instaurer la semaine de 4 jours pour améliorer les conditions de travail, mais nous nous heurtons actuellement à une réelle difficulté de recrutement", explique Thibault Castellanos. Norca répond à cette problématique en proposant des accords de participation aux résultats supérieurs aux obligations légales afin de valoriser ses collaborateurs.

Nous assistons à un regroupement et à une concentration des entreprises de transportindique Thibault Castellanos.

Enfin, Norca reste vigilant sur les évolutions de son marché, notamment dans le domaine de la carrosserie, qui représente sa première famille de vente devant la filtration et le freinage. Bien que cette activité ne soit pas encore intégrée à ses ateliers, le groupe étudie sérieusement cette possibilité. "Nous nous posons la question d'ouvrir cette activité dans nos ateliers, mais nous n'avons pas encore franchi le pas", expose le dirigeant.

Et de préciser que les spécificités de ce type de réparation sur les véhicules industriels imposent une réflexion pour s'assurer de leur rentabilité. "Sur les poids lourds, il y a très peu de gros chocs et ils coûtent très cher. La carrosserie repose plutôt sur la restitution de véhicules en LOA, pour les rendre dans un état convenable au revendeur. Il s'agit donc de réparer des petits chocs et de remplacer des pièces comme les parechocs."

Accords nationaux et locaux

En attendant de trancher, le groupe s'adapte aux évolutions de son secteur. Le dirigeant constate que celui-ci connaît un ralentissement depuis le début 2025. Les défaillances parmi les transporteurs ont explosé, affirme-t-il. "Parallèlement, nous assistons à un regroupement et à une concentration des entreprises de transport. Mais à côté, apparaissent de plus en plus de petites entreprises, d'un à deux camions."

Raison pour laquelle les membres du réseau ouvrent un nombre croissant de petits comptes locaux, tandis que Norca développe des partenariats nationaux pour les flottes. Deux de ses agences, à Toulouse (31) et à Héricourt (70), ont ainsi rejoint l'enseigne Vulco depuis 2023.

"Nous nous sommes rapprochés de cette enseigne, car elle dispose d'accords-cadres pour les pneus avec diverses flottes. Et elle est aussi référencée par EDF au niveau national", indique le dirigeant. Un exemple des synergies que Norca peut désormais développer pour nourrir durablement sa croissance et renforcer sa présence sur tout le territoire national.

Leocare attaque à son tour la "mafia du pare-brise"

Pour Leocare, le constat est sans appel : l’application de la loi Hamon sur le libre choix des assurés entraîne des dérives. Le courtier en ligne – notamment partenaire d'Allianz, Axa, Europ Assistance et Generali – a publié un communiqué dans lequel il attire l'attention des particuliers et professionnels sur les pratiques "abusives" de certains spécialistes du bris de glace.

"En tant que néo-assurance, nous avons le devoir de tirer la sonnette d’alarme. Ces fraudes font exploser les coûts pour tous les protagonistes et nuisent à la relation de confiance entre les assurés, les réparateurs et les assurances", affirme Christophe Dandois. Le cofondateur du courtier en ligne relance ainsi la polémique initiée par les assurances en novembre 2024.

"À la limite du blanchiment d'argent"

Selon Leocare, la loi offre "une opportunité à des professionnels désireux d’attirer des clients", mais certains exploiteraient cette liberté en proposant des cadeaux à chaque remplacement de pare-brise – un argument commercial en apparence imbattable. "En réalité, ces gratifications ne sont jamais gratuites. Leur coût est répercuté sur la facture, via des hausses sur les pièces, la main-d’œuvre ou des prestations inutiles", souligne l’assureur.

Il pointe du doigt le mécanisme de la cession de créance utilisé de façon abusive. En avançant les frais au client, certains réparateurs adresseraient ensuite à l’assurance des factures artificiellement gonflées, bénéficiant automatiquement du remboursement permis par la loi.

Leocare reprend à son compte la formule de "mafia des pare-brise". Il répète que son impact "est tel, que l’Agence de lutte contre la fraude à l’assurance (Alfa) évoque des pratiques potentiellement frauduleuses, à la limite du blanchiment d’argent".

Les surcoûts engendrés s'élèveraient en moyenne à 40 %. Ainsi, un remplacement de pare-brise serait facturé 1 000 euros auprès d’un professionnel indépendant, contre 700 euros avec un agréé. Il en conclut que la surfacturation moyenne serait de plus de 300 euros.

Retour sur l'encadrement légal des cadeaux commerciaux

L'assureur affirme ensuite que ces dérives impactent tous les assurés. En effet, les surcoûts supportés par les assurances sont répercutés sur l'ensemble des contrats. Ces hausses de cotisation des assurés s'élèveraient globalement entre 6 % et 10 %. Tandis que sur le plan individuel, les expertises effectuées par les assureurs dans les cas de suspicion de fraude entraînent des retards.

Leocare rappelle alors qu'en cas de surfacturation estimé par les assurances, la différence de remboursement peut être laissée à l'assuré… Voire annulée si la réparation est antérieure à la déclaration de sinistre. Enfin, la signature d'une fausse déclaration peut entraîner jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende.

Pour lutter contre ces abus, l'assureur prône donc un encadrement de la pratique des cadeaux commerciaux. Il rappelle qu'une proposition de loi avait été déposée en septembre 2023 avant que l'Assemblée nationale ne soit dissoute. Celle-ci visait à encadrer les cadeaux, en les limitant à 5  % du montant de la prestation.

Les assureurs réclamaient aussi que toute gratification offerte figure clairement sur les devis et les factures. Objectif de ces informations : apporter davantage de transparence sur les pratiques et tarifications autour des réparations, ainsi que faire prendre conscience du problème aux assurés. "Offrir un cadeau de plusieurs centaines d’euros pour attirer un assuré n’est pas une stratégie commerciale, c’est une dérive qui met en péril le modèle assurantiel solidaire français", martèle Christophe Dandois.

Réaction prévue des réparateurs indépendants

Nul doute que cette prise de position du courtier en ligne entraînera de nouvelles réactions des réparateurs non agréés et de leurs fédérations. Beaucoup d'entre eux ont déjà répondu à des propos semblables. La FFC avait ainsi démenti le fait que "les non-agréés soient des mafieux". Tandis que de son côté, la FNA avait rétorqué : "Les assureurs ne sont pas des policiers".

Tous défendent la loi Hamon et le mécanisme de la cession de créance, mis en place contre les abus des assureurs. En effet, certains d'entre eux seraient tentés de prendre le contrôle de toute la chaîne de valeur de la réparation, via le système de l'agrément. Cela, en assimilant tous les réparateurs indépendants à des escrocs – car ne travaillant pas aux tarifs négociés avec les apporteurs d'affaires. Parallèlement, l'Alfa s'est révélé jusqu'à maintenant incapable de donner au Journal de la Rechange et de la Réparation des chiffres précis sur l'ampleur des réparations de vitrage abusives ou frauduleuses.

Les non-agréés dénoncent des attaques généralisées contre une minorité d’abuseurs, au détriment de l’ensemble de la profession. À leurs yeux, ces discours nuisent à la défense des assurés et menacent la liberté des prix garantie par le droit commercial. Plusieurs d’entre eux rappellent que la pratique des cadeaux commerciaux a d’abord été initiée… par des réseaux agréés eux-mêmes. C’était dans un contexte de concurrence exacerbée, encouragée selon eux par les assureurs.

Le groupe Niort se structure par métiers

À l'approche de son 80e anniversaire, Niort Frères affiche un nouveau visage. L'entreprise fondatrice n'est désormais plus qu'une composante d'un ensemble plus vaste : le groupe Niort, qui fédère plusieurs structures, chacune dédiée à un métier spécifique et dotée d'une entité juridique propre. Niort Frères concentre l'activité liée à la pièce automobile et génère encore environ 45 % du chiffre d'affaires global.

Autour de cette activité historique gravitent aujourd'hui d'autres entités spécialisées : Niort Frères Poids Lourds, NTech (équipements de garage), DPAN (remanufacturing), Mecatrans (production de turbos), Migné (distribution) ou encore Fortia. Une structuration pensée pour offrir plus de lisibilité économique, comme l'explique Jean-François Niort, PDG du groupe : "Nous voulons avoir une vision précise de la rentabilité et du fonctionnement de chaque métier. Par ailleurs, les équipes se sentent plus concernées en étant dans une unité dédiée plutôt qu'au sein d'un département parmi d'autres."

Une entité poids lourd en pleine montée en puissance

L'entité Niort Frères Poids Lourds est née le 1er janvier 2024, se détachant de la branche automobile. Elle représente à elle seule 24 % du chiffre d'affaires du groupe, soit près de 20 millions d'euros, et mobilise 90 des 620 collaborateurs. Ses activités se répartissent équitablement entre la vente de pièces et l'atelier.

"Le premier exercice, clôturé en décembre, s'est caractérisé par une stabilité globale. Il a fallu absorber la réorganisation liée à la création de l'entité. Désormais, une dynamique s'est enclenchée en 2025, avec un fort développement en cours", rapporte Jean-François Niort. Adhérent Autodistribution depuis 1970, Niort Frères reste lié au groupement pour son activité PL et conserve d'ailleurs une logistique mutualisée avec sa branche automobile.

Un site PL majeur à Saint-Étienne-du-Rouvray (76)

La distribution de pièces poids lourds s'appuie sur trois sites. Le centre principal, à Saint-Étienne-du-Rouvray (76), s'étend sur un terrain de 20 000 m², dont 5 500 m² de bâtiments. "Nous avons une carrosserie intégrée avec notamment une cabine de peinture. Nous réparons des transmissions PL, ce qui n'est pas très courant, et avons une activité de chronotachygraphe", détaille Jean-François Niort.

Une autre installation similaire, mais de dimension plus modeste, est implantée au Havre (76), et une troisième à Dieppe (76). L'entité Fortia réalise également une partie de son activité en poids lourd à Mantes-la-Jolie (78). "Nous avons vraiment l'ambition de développer le métier poids lourd", insiste le dirigeant.

Une stratégie industrielle au service du reman'

Outre le poids lourd, le groupe mise fortement sur le développement du remanufacturing, qui mobilise 140 collaborateurs et représente 26 % de son activité. Un nouveau site industriel verra prochainement le jour en banlieue de Rouen (76) pour accueillir l'entité DPAN. "Il regroupera toutes nos fonctions reman' existantes sur les filtres à particules, la partie diesel et les autres produits que l'on souhaite développer, confie Jean-François Niort. Le permis de construire a été déposé, les travaux démarrent en septembre 2025 pour une ouverture prévue fin 2026."

Une autre implantation est d'ores et déjà annoncée : un nouveau site logistique, toujours à Rouen, ouvrira ses portes en 2027. Il viendra remplacer les installations actuelles situées en centre-ville, sur une surface de 12 000 m². "Nous y sommes depuis les années 1960, mais nous manquons d'espace. Il nous faut un outil de travail adapté à notre développement", souligne le dirigeant. Avec un chiffre d'affaires consolidé de 113 millions d'euros et des ambitions affichées, le groupe Niort n'a pas fini de croître.

Véhicules hors d'usage : l'Europe précise les règles du recyclage

Le cadre réglementaire autour de la fin de vie des véhicules entre dans une nouvelle phase. Sous la houlette des corapporteurs Jens Gieseke (PPE, Allemagne) et Paulius Saudargas (PPE, Lituanie), les commissions parlementaires IMCO (marché intérieur) et ENVI (environnement) ont validé une version enrichie du projet de règlement européen sur les exigences de circularité et de traitement des VHU.

Ce texte, encore soumis au vote en séance plénière du Parlement du 8 au 11 septembre, vise à renforcer la durabilité des véhicules sur l’ensemble de leur cycle de vie, de la conception au recyclage.

Mais pour atteindre ses objectifs environnementaux, ce futur règlement devra aussi garantir un équilibre concurrentiel entre constructeurs et opérateurs indépendants. Une condition jugée essentielle par la Figiefa pour assurer le bon fonctionnement des marchés de la collecte, du traitement des VHU et de la filière du réemploi.

Des avancées saluées par la Figiefa

L’association européenne des distributeurs indépendants de pièces détachées juge, en effet, les modifications apportées par le Parlement comme une "amélioration substantielle" du texte initial proposé par la Commission. Parmi les points notables, la définition des opérateurs de réparation et d’entretien a été clarifiée, en cohérence avec celle déjà en vigueur dans le règlement sur l’homologation des véhicules. Elle couvre ainsi l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur, des réparateurs aux recycleurs.

Le rapport parlementaire précise également la notion de "remanufacturing", ou réusinage, inscrite à l’article 3. Une avancée qui contribue à asseoir la légitimité des pièces remanufacturées au sein de l’économie circulaire, selon la fédération. "Ces définitions sont indispensables pour ouvrir les marchés de la réutilisation, du remplacement, du réusinage et de la rénovation des pièces automobiles", insiste la Figiefa.

Des exigences de conception orientées vers le réemploi

Autre point d’amélioration : l’article 7, qui encadre la conception des véhicules, prévoit désormais des exigences facilitant la réutilisation, le remplacement, la rénovation et le remanufacturing des composants. Ces obligations sont accompagnées par l’article 11 et l’annexe V, qui garantissent un accès suffisant aux informations techniques nécessaires pour les opérateurs indépendants.

Enfin, les critères permettant de déclarer un véhicule comme techniquement irréparable ont été revus dans l’annexe I. L’objectif est d’éviter que des véhicules réparables ne soient prématurément envoyés à la casse, alors que des solutions de réparation existent sur le marché. Une mesure de bon sens, censée réduire le gaspillage et améliorer le bilan environnemental de la filière.

Prochaine étape : les négociations interinstitutionnelles

Avant l’ouverture du Trilogue prévue en septembre, la Figiefa appelle les négociateurs du Parlement, du Conseil de l’Union européenne et de la Commission à soutenir les amendements adoptés. "Il en va de la possibilité de rendre réellement circulaire le secteur automobile", résume l’organisation professionnelle.

Dans une industrie où plus de 500 000 opérateurs indépendants font vivre près de quatre millions de professionnels en Europe, elle rappelle que l’ouverture des marchés de la réparation et du réemploi reste une condition clé d’un écosystème à la fois durable, innovant et accessible.

Renault change de pilote : Duncan Minto nommé temporairement

Renault n’a pas encore tranché sur le nom de son futur directeur général, mais le constructeur n'a pas laissé le poste vacant. Mardi 15 juillet 2025, le groupe a annoncé que Duncan Minto, directeur financier depuis début 2023, assurera la direction générale par intérim. Âgé de 50 ans, ce cadre écossais connaît bien la maison au losage puisqu'il y a effectué toute sa carrière, occupant plusieurs fonctions financières clés au sein du groupe.

"Le processus de nomination se déroule très normalement et ne devrait pas durer longtemps", a indiqué Duncan Minto lors d’une conférence de presse. Si plusieurs candidats sont pressentis – notamment Denis Le Vot, actuel patron de Dacia, et Maxime Picat, ancien dirigeant de Stellantis – aucun nom n’a encore été retenu officiellement. Le départ de Luca de Meo, désormais attendu chez Kering, a été annoncé mi-juin, prenant de court la gouvernance de Renault.

Des résultats sous pression pour Renault

Ce changement de direction intervient dans un contexte économique moins favorable que prévu. Renault a dû revoir ses prévisions annuelles à la baisse. La marge opérationnelle visée est ramenée à 6,5 % du chiffre d’affaires, contre 7 % ou plus initialement. De même, les flux de trésorerie attendus sont revus à la baisse, entre 1 et 1,5 milliard d’euros, alors que le groupe espérait dépasser les 2 milliards.

Le ralentissement des ventes en juin et la mauvaise tenue du marché des utilitaires en Europe pèsent lourdement. "Nous avons constaté une pression commerciale accrue et des performances en deçà des attentes sur certains segments", a reconnu Duncan Minto. Au premier semestre, Renault a enregistré un chiffre d’affaires de 27,6 milliards d’euros (+2,5 %), mais la marge opérationnelle s’est limitée à 6 % et les flux de trésorerie disponibles ont chuté à 47 millions d’euros, en raison d’un niveau élevé de production et de stocks en hausse.

Face à ces tensions, Renault prévoit de renforcer ses efforts de réduction des coûts. Les mesures concernent aussi bien les frais généraux que les dépenses de production ou de recherche et développement. Une manière de préserver les marges en attendant des jours meilleurs, et peut-être, un nouveau cap stratégique.

(Avec AFP)

Accès aux données techniques : la justice allemande sanctionne BMW

Le 27 juin 2025, le tribunal régional de Munich a rendu un jugement très attendu dans le différend opposant BMW à l’ADPA (Association européenne des éditeurs de données techniques) et à la GVA (Fédération allemande des distributeurs de pièces). Au cœur de l’affaire : la politique du constructeur visant à encadrer strictement l’accès et l’usage de l’information technique nécessaire à l’entretien et à la réparation de ses véhicules.

Les deux associations reprochaient notamment à BMW une forte augmentation des coûts d'accès à ces données et des limitations sur les informations liées au numéro de série (VIN). Elles pointaient aussi du doigt les restrictions sur l'utilisation que les éditeurs peuvent faire de leurs propres produits. Pour l’ADPA et la GVA, de telles pratiques nuisent à la libre concurrence et entravent le travail des professionnels indépendants.

Le tribunal de Munich valide trois plaintes sur quatre

La décision du tribunal est sans équivoque sur plusieurs points essentiels. D’une part, BMW n’est plus autorisé à facturer l’accès aux informations liées au VIN sur la base de requêtes unitaires. D’autre part, la marque ne peut revendiquer de manière uniforme des droits sur les produits développés par les éditeurs.

Enfin, le juge a estimé que la tarification appliquée par le groupe automobile pour l’accès aux données techniques est contraire au droit européen de l’homologation.

Cette victoire juridique ouvre notamment la possibilité, pour les membres d’ADPA, de réclamer le remboursement des frais versés indûment. Elle constitue également un précédent fort en matière de régulation des relations entre constructeurs et acteurs indépendants de l’après-vente.

Un signal fort pour la filière indépendante

"Une fois encore, nous avons dû saisir la justice pour faire reconnaître notre droit d’accès équitable à l’information technique. Le tribunal a rappelé que les constructeurs ne peuvent entraver le travail du marché indépendant", a commenté Pierre Thibaudat, directeur général d’ADPA. Ce dernier appelle désormais à "construire ensemble des relations commerciales durables et équilibrées".

Du côté de la GVA, Thomas Vollmar salue une décision qui dépasse les intérêts des seuls requérants : "Cette victoire claire est bénéfique pour tout le marché indépendant, mais aussi pour les consommateurs, qui pourront continuer à choisir des solutions innovantes et abordables pour l’entretien de leur véhicule".

Pour Marcus Sacré, avocat au cabinet Osborne Clarke qui représentait les deux organisations professionnelles, ce jugement constitue une confirmation bienvenue de l’esprit du droit européen. "La législation, comme l’intention des législateurs européens, a toujours été claire : les constructeurs ne peuvent pas restreindre unilatéralement la concurrence."

Si BMW dispose encore d’un droit d’appel, cette décision constitue un tournant dans les rapports entre constructeurs et acteurs indépendants de l’après-vente. Elle pourrait inciter d’autres opérateurs à revoir leurs pratiques contractuelles, dans un contexte où l’accès aux données techniques devient un enjeu stratégique majeur pour la filière des services à l’automobile.

Carole Palfray, BASF : la chimie sans chichi

Une trajectoire linéaire pour une personnalité déterminée. Voilà comment pourrait se résumer, jusqu’ici, le chemin professionnel de Carole Palfray. Posée et terre-à-terre, la jeune femme égrène les étapes de son parcours sans forfanterie, alors qu’elle a déjà relevé bien des défis. À commencer par celui qui l’animait plus jeune, elle qui ambitionnait de voir son travail tous les jours dans la rue…

Diplômée de l’école de chimie de Compiègne (60), l’Escom, Carole Palfray s’est prise au jeu de cet univers si technique, et intègre alors l’université de technologie de Compiègne, où elle décroche un master en génie des produits. L’UTC va lui donner beaucoup plus qu’un diplôme.

Férue de voyages, elle part à cette époque pendant un an aux États-Unis, à Washington, nourrissant son envie de découvrir le monde. La fin de son cursus lui permet surtout de faire ses premiers pas professionnels. En 2016, un stage la conduit chez Colas. Un véritable tremplin puisqu’elle sera embauchée dans la foulée par Aximum, filiale du groupe de travaux publics, au département produits de marquage.

"Cette expérience m’a beaucoup apporté en termes de développement produits, retrace-t-elle. Et aussi sur le plan humain puisque je travaillais avec une équipe très expérimentée, j’allais aussi sur les chantiers…"

Jamais confrontée à la misogynie de ses collègues – "même si j’ai bien conscience que ça existe", précise-t-elle – Carole Palfray doit malgré tout faire sa place dans un univers très masculin. La nécessité de s’affirmer va ainsi de pair avec ce besoin de grandir et de maîtriser son sujet. Ce qu’elle trouve chez Colas puis chez BASF, groupe qu’elle intègre en 2018.

Une vision à 360°

Rejoindre le chimiste constitue une réelle opportunité. Déjà parce qu’il lui ouvre de nouvelles perspectives, mais aussi parce qu’il lui propose un cadre sur mesure pour découvrir son environnement. "En entrant chez BASF, j’ai intégré le programme Pépinière, destiné à des salariés ayant moins de cinq ans d’expérience et qui permettait de travailler sur des projets spécifiques et transverses. C’était vraiment très enrichissant."

Cette ouverture d’esprit sera d’ailleurs le véritable fil conducteur de sa carrière chez BASF. En 2020, elle rejoint l’équipe excellence opérationnelle et complète son champ technique avec des notions de budget, de gestion de projets, de lead management, etc. Deux ans plus tard, nouveau défi.

En prenant la tête des vernis automobiles pour la première monte et les équipementiers, elle se confronte à des géants du secteur (Renault, Stellantis…). "C’était très challengeant. Ces groupes ne sont pas forcément évidents, mais on travaille en équipe, avec un objectif toujours orienté vers les besoins clients."

Il faut croire que ce pari a été largement relevé. Assez en tout cas pour permettre à Carole Palfray d’être promue au poste de responsable technique pour l’Europe de l’Ouest, en 2024, après le départ à la retraite de Thierry Leclerc. Ce personnage charismatique était une encyclopédie vivante de la peinture automobile.

Lui succéder n’en était que plus difficile. "Bien sûr que cela n’avait rien d’évident, mais c’est le genre d’opportunité qui ne se refuse pas, affirme-t-elle. Ça m’a sortie de ma zone de confort. Et puis, Thierry m’a accompagnée pendant trois mois pour bien appréhender tous les dossiers."

Elle sait qu’aujourd’hui, tout reste encore à construire et n’ambitionne rien d’autre que "de continuer à s’éclater". Et de conclure avec humilité : "J’ai encore beaucoup à apprendre avant d’aller plus loin."

Jean-Sébastien Bignozzi élargit son périmètre chez Borg Automotive

Moins de deux ans après avoir rejoint Borg Automotive en tant que directeur pour la France et la Belgique, Jean-Sébastien Bignozzi voit ses responsabilités s’élargir. Ce dernier pilotera désormais les activités du spécialiste européen du remanufacturing également en Italie et aux Pays-Bas. Il couvrait déjà le Luxembourg depuis sa prise de poste initiale.

"Je suis très honoré de la confiance que me témoigne le groupe Borg Automotive en m’offrant l’opportunité de développer notre présence sur deux marchés aussi stratégiques que l’Italie et les Pays-Bas. C’est un nouveau défi passionnant au service d’une ambition européenne commune", a réagi l’intéressé sur LinkedIn.

Jean-Sébastien Bignozzi connaît particulièrement bien l’Italie, où il a vécu plusieurs années. Le dirigeant se dit aussi impatient d’explorer les spécificités du marché néerlandais, réputé pour son dynamisme et son orientation durable dans le domaine de l’après-vente automobile.

Diplômé de l’Essec (promotion 1994), Jean-Sébastien Bignozzi dispose d’un solide parcours de 25 ans dans la filière automobile. Il débute sa carrière chez Heuliez en 1995 avant de rejoindre Valeo en 1998, où il restera 17 ans, notamment en tant que directeur marketing de l’activité aftermarket.

Il intègre ensuite Alliance Automotive Group en 2015 au poste de directeur commercial, puis évolue comme directeur marketing du groupement. En 2023, il prend brièvement les rênes de l’activité aftermarket d’Osram France, avant de rejoindre Borg Automotive.

Pour mémoire, Borg Automotive propose une large gamme de pièces reconditionnées : démarreurs, alternateurs, compresseurs de climatisation, vannes EGR, colonnes et crémaillères de direction, turbocompresseurs, etc.

Milwaukee lance deux servantes d’atelier prêtes à l’emploi

Après avoir lancé des servantes d’atelier en version vide, Milwaukee enrichit son offre avec deux modèles livrés cette fois avec l’ensemble des outils à main nécessaires à l’entretien et à la réparation automobile. Elles sont disponibles en largeurs de 69 cm ou 78 cm.

Leur châssis en acier leur assure une durabilité éprouvée. Elles sont également dotées de modules en mousse haute densité afin de résister aux chocs et aux vibrations fréquentes en atelier. De plus, chaque emplacement est identifié au laser, facilitant ainsi la reconnaissance rapide des outils nécessaires.

Jusqu’à 206 outils à portée de main

Le modèle 78 cm accueille pas moins de 206 outils et consommables, répartis dans neuf modules distincts. On y trouve notamment des jeux de douilles, des clés plates, des tournevis trilobes, des pinces, marteaux ou encore des outils de mesure et de découpe.

Plus compacte, la version 69 cm embarque 196 outils organisés en sept modules. Chaque élément est intégré dans une mousse découpée au laser, ce qui permet une lecture instantanée des tailles et une excellente tenue lors des déplacements.

Mobilité, sécurité et fonctionnalité

Outre leur contenu, les deux modèles bénéficient d’un design pensé pour les contraintes du terrain. La servante de 78 cm repose sur des roulettes industrielles renforcées, avec une capacité totale de charge atteignant 800 kg. Elle est équipée d’un système de fermeture amortie, d’un mécanisme antibasculement et de pare-chocs aux coins.

Un grand tiroir inférieur peut accueillir jusqu’à 90 kg de matériel, notamment électroportatif. "Les absorbeurs de chocs aux angles protègent efficacement la servante lors des déplacements", souligne le fabricant.

La version 69 cm, plus maniable avec ses 625 kg de capacité, s’adresse aux ateliers où l’espace est compté. Son plateau supérieur en ABS intègre des compartiments de rangement pour les outils fréquemment utilisés. Là aussi, chaque tiroir dispose de protections contre les ouvertures multiples et d’une grande stabilité en mouvement.

Des solutions évolutives

Les deux servantes peuvent être complétées par une série d’accessoires vendus séparément, comme des crochets pour outils à lanière, des supports pour canettes ou encore des multiprises magnétiques. La plus grande version peut aussi être équipée d’un coffre supérieur à quatre tiroirs pour encore plus de capacité.

Le groupe Simon se réorganise et prépare l’avenir

Quelques mois après la disparition de son fondateur Michel Simon, le groupe éponyme engage une nouvelle phase de structuration. Yvonne Simon reprend la présidence de l’entreprise familiale, fondée à Morlaix en 1974.

Elle sera accompagnée de sa fille, Catherine Le Bannier, qui prend en charge le pôle immobilier. Cette réorganisation marque une volonté de pérennité familiale, tout en ouvrant la voie à un pilotage renforcé pour soutenir les ambitions du groupe.

Un tandem expérimenté à la direction opérationnelle

Le pilotage opérationnel est désormais confié à un duo expérimenté : Olivier Dacquin, directeur général en charge des opérations, et Erwan Gouerou, directeur général en charge des fonctions support. Ensemble, ils incarnent une gouvernance resserrée, bâtie sur des compétences complémentaires.

"Notre gouvernance évolue mais nos fondamentaux restent : l’ancrage familial, la proximité, la solidarité et l’agilité", souligne Olivier Dacquin. "Avec Erwan, nous formons un duo complémentaire […] fidèle à notre histoire et tourné vers l’avenir."

Expert-comptable de formation, Erwan Gouerou est arrivé en janvier 2025 pour structurer les fonctions transverses, de la finance aux achats, en passant par les RH et les infrastructures. "Ma mission est de structurer les fonctions transverses pour accompagner les ambitions de croissance du groupe", déclare-t-il.

De son côté, Olivier Dacquin a rejoint le groupe Simon en 2019. Fort de plus de 20 ans d’expérience dans l’univers du pneumatique, notamment chez Michelin en France et à l’international, il continuera de superviser l’ensemble des opérations : les pôles industriel et automobile, les activités d’exploitation, ainsi que la supervision des deux filiales Chrono SLPA Pneus et Atlantique Bretagne Rechapage.

Schaeffler intègre Vitesco et cible les pièces électroniques

La division Vehicle Lifetime Solutions (VLS) de Schaeffler franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de développement. Le groupe annonce l’intégration du portefeuille de produits de Vitesco Technologies, un spécialiste des composants électroniques pour la chaîne cinématique. Objectif : étoffer son offre sur le marché de la rechange avec des technologies répondant aux exigences croissantes de dépollution et de diagnostic.

Le nouveau portefeuille couvre une large palette de groupes motopropulseurs, du thermique à l’hybride, jusqu’à l’électrique. Capteurs de type NOx, unités de commande et modules mécatroniques font désormais partie de l’offre Schaeffler, avec un objectif : accompagner les ateliers dans la réparation de véhicules toujours plus complexes.

"L’intégration du portefeuille Vitesco marque une étape stratégique importante pour Schaeffler Vehicle Lifetime Solutions", explique Ramdas Cherupara, responsable du développement et de la gestion des produits au sein de la division. "Les distributeurs et ateliers bénéficient d’une chaîne d’approvisionnement stable, de produits de haute qualité et d’un soutien technique complet pour tous types de chaînes cinématiques."

Un atout pour les réparateurs indépendants

L’intégration des produits Vitesco s’accompagne d’une stratégie de cobranding sous l’étiquette "Schaeffler Vitesco". Cette approche vise à capitaliser sur la reconnaissance des produits en première monte, tout en assurant une transition fluide pour les acteurs de la distribution.

Jusqu’à présent, une grande partie des composants électroniques liés aux émissions étaient disponibles uniquement via les réseaux constructeurs. Avec ce partenariat, Schaeffler entend donc ouvrir ces technologies à la rechange indépendante.

Précisons que l'industriel annonce déjà un élargissement de cette nouvelle gamme pour 2026, dans la continuité de sa volonté de proposer des solutions complètes, adaptées à l’ensemble des motorisations du parc roulant.

Sekurit Circular : une nouvelle filière pour recycler les pare-brise

En France, près de 2,5 millions de pare-brise sont remplacés chaque année. Un volume qui génère plus de 37 000 tonnes de déchets verriers, dont la majeure partie reste aujourd’hui non valorisée. Ces éléments composites, mêlant verre feuilleté, plastiques et résidus de colle, finissent le plus souvent en décharge ou dans des circuits à faible rendement matière.

C’est à ce constat que France Pare-Brise et Sekurit Service ont choisi de répondre ensemble, en initiant une filière pérenne : Sekurit Circular. Déployée après une phase de test menée dans plusieurs centres de l’enseigne, cette démarche vise à structurer le recyclage des pare-brise cassés à l’échelle nationale. Elle s’appuie sur les ressources et le savoir-faire du groupe Saint-Gobain, auquel appartiennent les deux entreprises.

Une logistique mutualisée et une traçabilité assurée

Le dispositif repose sur une collecte organisée via des tournées de poids lourds existantes, sans trajets à vide. Selon les volumes traités, les centres sont équipés de bennes ou de bacs grillagés, facilitant le stockage et la récupération des vitrages remplacés.

Une fois collectés, les pare-brise sont acheminés vers des sites de traitement spécialisés, où les matériaux sont triés mécaniquement. Le verre est ensuite transformé en laine de verre, un matériau recyclable à l’infini, par l’industriel Isover.

Chaque centre participant reçoit un suivi personnalisé du tonnage collecté et un bilan d’impact annuel. L’initiative comprend également un kit de communication, permettant aux réparateurs de valoriser leur engagement environnemental auprès de leurs clients et partenaires.

"Notre objectif n’est pas d’ajouter une promesse de plus, mais d’utiliser une solution concrète, mesurable et transparente pour accompagner la transition environnementale de notre filière", explique Grégoire Papillard, directeur général de France Pare-Brise.

Un levier RSE pour les poseurs de vitrage

À l’échelle actuelle du déploiement, le programme permettrait déjà d’économiser 361 tonnes de matières premières par an, tout en évitant l’émission de 14 tonnes de CO₂. L’équivalent de 122 allers-retours Paris-Lyon. Un impact encore modeste à l’échelle nationale, mais qui constitue un socle opérationnel sur lequel les deux partenaires comptent bâtir un modèle circulaire élargi.

Car si la filière ne permet pas encore de produire de nouveaux pare-brise à partir d’anciens, elle pose les bases d’une approche responsable, tournée vers une meilleure gestion des déchets et la réduction des émissions.

"C’est une démarche qui valorise autant les déchets que l’engagement de nos clients, et qui s’inscrit pleinement dans la mission de Sekurit Service : accompagner les professionnels du vitrage avec des services concrets, responsables et tournés vers l’avenir", ajoute Noëmi Boutet, directrice générale de Sekurit Service France, Benelux et Export.

Dieselgate : Renault dans la ligne de mire

Le Dieselgate, qui a secoué l'industrie automobile depuis 2015, connaît un nouveau rebondissement en France. Le parquet de Paris a requis le 25 juin un troisième procès pour tromperie aggravée, cette fois à l'encontre de Renault.

Après les poursuites engagées contre Volkswagen, puis contre les groupes Peugeot et Citroën, le constructeur au losange est suspecté d'avoir employé des stratégies similaires pour faire passer certains de ses modèles diesel aux normes réglementaires.

Selon les réquisitions transmises aux juges d'instruction, Renault aurait volontairement "calibré" des véhicules diesel Euro 5 et Euro 6 commercialisés entre 2009 et 2017, de manière à ce qu'ils respectent les limites d'émissions polluantes uniquement lors des tests d'homologation. En conditions réelles de circulation, les émissions de NOx (oxydes d'azote) auraient largement dépassé ces seuils.

Une pratique "collégiale" selon le parquet

L'enquête judiciaire, ouverte depuis plusieurs années, a donné lieu à de nombreuses expertises techniques et auditions. Pour la procureure en charge du dossier, les déclarations recueillies au sein de l'entreprise pointent vers une politique interne assumée.

"L'ensemble des déclarations des équipes travaillant sur la conception des moteurs diesel au sein de la SAS Renault tendait à démontrer que l'objectif en matière de dépollution était de passer la norme, en limitant de facto la norme au protocole d'homologation", estime le ministère public. Cette stratégie d'optimisation aurait été décidée collectivement.

En juin 2021, lors de sa mise en examen, Renault avait contesté toute volonté de tromperie et assuré s'être conformé aux règles en vigueur à l'époque. L'entreprise n'a pas réagi dans l'immédiat aux réquisitions du parquet.

Un impact sanitaire et commercial majeur

Au-delà du préjudice environnemental, le parquet évoque les risques sanitaires associés à ces pratiques. Le dépassement des seuils d'émission en usage réel est susceptible de contribuer à l'apparition de maladies respiratoires. Pour l'accusation, "cette norme devait trouver à s'appliquer aussi dans des conditions d'utilisation normale du véhicule", et non se limiter aux bancs d'essai.

L'affaire implique à ce jour 381 parties civiles, parmi lesquelles des particuliers, des ONG, des villes comme Paris, Lyon, Montpellier ou Grenoble, ainsi que des entreprises. Mais ce chiffre pourrait augmenter : la Répression des fraudes estime à près de 900 000 le nombre de véhicules concernés pour un seul type de moteur, générant un chiffre d'affaires de 16,85 milliards d'euros.

C'est aussi l'image du constructeur qui se trouve fragilisée. "À l'évidence, un consommateur qui se tourne vers Renault, un constructeur à l'excellente réputation, ne s'attend pas à ce que son véhicule ne soit pas conforme aux normes européennes en matière d'émissions polluantes", résume le parquet.

(avec AFP)

Olympiades Five Star : trois carrosseries à l’honneur

Une cinquantaine de participants ont rivalisé de créativité et de technicité à l’occasion des Olympiades organisées par Five Star. Répartis en trois catégories – restauration de véhicule, création artistique et illustration régionale –, les carrossiers ont mis à profit leur savoir-faire, leur sens du détail et leur engagement. Le verdict a été dévoilé lors du congrès 2025 du réseau : les carrosseries Fechino, de Melac et Laronze-Bouvet se sont distinguées par la qualité de leurs réalisations.

Basée à Carros (06), la carrosserie Fechino décroche pour la seconde année consécutive le prix de la meilleure restauration de voiture ancienne. Son équipe a redonné tout son éclat à une rare De Tomaso Mangusta de 1967, modèle produit à seulement 401 exemplaires, dont la moitié à destination du marché européen. Un chantier exceptionnel qui a une nouvelle fois confirmé la maîtrise des équipes de l’atelier azuréen.

Le jury, présidé par François Alain, a également décerné deux mentions honorables dans cette catégorie. La carrosserie Sébastien, située à Vallauris (06), a été saluée pour la restauration méticuleuse d’une Golf II GTI G60 Edition One de 1991. De son côté, CG Carrosserie, implantée à Lorette (42), s’est illustrée avec une Renault 4L entièrement remise à neuf, dans le respect des standards d’origine.

Esprit de groupe et d'excellence

La meilleure réalisation artistique a été présentée par Tiphaine Le Goff, de la carrosserie de Melac, à Tresses (33). Cette apprentie âgée de 23 ans a fabriqué un buste féminin réalisé à partir de portières de voitures. Cette épreuve de tôlerie visait ainsi à mettre en avant l’utilisation de pièces de réemploi et la RSE (responsabilité sociétale des entreprises).

Deux autres ateliers ont été mis à l’honneur pour leurs créations : la carrosserie du Martelet, à Limas (69), avec un robot métallique, et JD Automobiles, à Saint-Géréon (44), avec une guitare réalisée à partir de pièces automobiles détournées.

Enfin, l'épreuve de la meilleure illustration régionale visait à peindre une décoration sur un capot de voiture. C’est donc la carrosserie Laronze-Bouvet de Beaune (21) qui s'y est distinguée avec un élément de BMW X3, naturellement décoré aux couleurs du vignoble bourguignon. Non loin derrière ce vainqueur, les carrosseries Bergin de Chaneins (01) et Saint Martin Automobiles de Saint-Martin-de-Londres (34) ont reçu la mention honorable.

Mais au-delà des réparateurs récompensés, c'est l'ensemble des talents des participants qui ont été mis en avant. "Excellence, esprit de groupe, collaboration et créativité sont les mots que nous avons pu lire dans chacun des dossiers de candidature que nous avons reçus", affirme Thomas Melzer.

Le président du GIE Five Star France souligne que ce sont précisément ces valeurs que le réseau veut cultiver à travers cette compétition. "Les Olympiades Five Star sont évidemment appelées à être renouvelées, mais cette fois-ci nous donnons rendez-vous aux carrossiers Five Star dans deux ans", annonce-t-il.

Les limites du rétrofit LED

Sur les salons consacrés aux véhicules anciens, il n'est pas rare de croiser des stands proposant des kits LED pour tous types d'usages : éclairage intérieur, feux de position, clignotants, voire projecteurs principaux.

Ces ampoules séduisent par leur compacité, leur faible consommation électrique, leur longévité et la qualité de lumière qu'elles émettent. Pourtant, leur usage est en pratique interdit pour les feux de croisement et de route, sauf cas très exceptionnels.

LED, une technologie éprouvée mais spécifique

Les lampes LED sont désormais bien établies dans l'univers automobile. Elles sont utilisées pour l'éclairage intérieur (tableau de bord, plafonniers), les feux arrière, les clignotants ou encore les feux de jour. En efficacité lumineuse et en longévité, elles surpassent largement les lampes halogènes.

Surtout, elles consomment beaucoup moins d'énergie : une LED de 3 watts peut produire un flux lumineux équivalent à celui d'une lampe halogène de 50 watts. Cette différence s'explique notamment par l'absence de pertes liées à l'émission de chaleur, caractéristique des filaments incandescents.

Mais c’est justement ce mode d’émission lumineuse qui change tout. Contrairement aux lampes traditionnelles, la lumière d’une LED ne vient pas de l’incandescence d’un fil chauffé par le courant, mais d’une réaction électronique. L’incandescence émet d’abord de la chaleur, quand la LED n’émet que des photons de lumière. Alors qu’un filament produit une lumière à 360°, une LED émet dans un angle bien plus réduit, souvent autour de 180°. C’est précisément ce point qui empêche de remplacer une technologie par l’autre.

Optiques halogènes et led : deux conceptions différentes

Dans une optique halogène traditionnelle, une parabole accueille en son centre la lampe, dans une position qui concentre les rayons lumineux émis vers le verre de phare et vers la route. Les paraboles les plus sophistiquées sont à surface complexe : le rayonnement est alors renvoyé vers le point extérieur, sur la route. Avec un phare plus ancien, les rayons lumineux sont dirigés par des stries sur le verre, au travers de lentilles de Fresnel.

Pour obtenir un faisceau correct, les rayonnements lumineux doivent être parfaitement positionnés au cœur de l’optique. À l’inverse, un éclairage à LED repose sur une architecture différente. Chaque puce LED émet dans une direction définie et est souvent couplée à une lentille dédiée. Le faisceau est formé à l’intérieur même du module LED, selon une conception pensée dès l’origine pour cette technologie.

Les incompatibilités optiques et photométriques expliquent en grande partie pourquoi on ne peut pas simplement substituer une ampoule halogène par une LED dans une optique conçue pour l’incandescence.

Une homologation possible, mais complexe

Adapter une LED comme source lumineuse dans un phare traditionnel impose de transformer l’émission d’une lumière à 180° depuis une surface plate en omnidirectionnel sur 360° pour reconstituer l'éclairage du filament. Ce qui implique des tests complexes et coûteux, où la lampe est évaluée en association avec un modèle d'optique précis. Les équipementiers Osram et Philips ont franchi cette étape pour certains véhicules.

Résultat : une centaine de modèles, identifiés par ces marques, peuvent recevoir légalement des kits de conversion LED (H4 ou H7) fournis avec notice et autocollant justificatif à apposer sur le phare. En dehors de ces cas bien définis, toute installation de LED dans une optique halogène est considérée non conforme à la réglementation routière.

Une offre abondante… mais non homologuée

Sur Internet ou certains réseaux de distribution, on trouve des ampoules LED non homologuées vendues comme solutions de remplacement. Ces produits, souvent destinés à un usage hors route (circuit, show-car, tuning, etc.), n'offrent pas toujours une répartition lumineuse correcte et peuvent, à l'inverse, être trop puissants et éblouir les autres usagers.

Il est donc essentiel de rappeler que ces ampoules ne sont pas autorisées pour la conduite sur route ouverte, même si leur fiche produit indique une compatibilité avec un culot H4 ou H7. Le risque est réel : une mauvaise répartition du faisceau peut non seulement réduire la visibilité du conducteur, mais aussi mettre en danger les autres automobilistes.

Il existe néanmoins des situations où l'installation de LED en post-équipement peut se justifier. Pour un véhicule relativement ancien mais référencé parmi les modèles homologués, un kit LED bien installé peut améliorer considérablement l'expérience de conduite : éclairage plus clair, fiabilité accrue, consommation réduite. Le rétrofit LED peut notamment être une solution séduisante pour redonner vie à un modèle youngtimer.

Pour les véhicules non référencés, certains distributeurs proposent des produits off-road clairement identifiés comme non conformes à l'usage routier. En atelier, la vigilance est de mise. Le contrôle technique, s'il ne détecte pas visuellement la nature de l'ampoule (ce qui est souvent le cas avec des optiques à glace lisse), jugera principalement la coupure nette du faisceau et la puissance d'éclairage. Mais cela ne constitue en rien une validation réglementaire.

OuiGlass met le cap sur l’international avec le Maroc et la Suisse

Avec désormais 100 centres répartis sur l’ensemble du territoire national, OuiGlass confirme sa solidité sur le marché hexagonal. L’enseigne de réparation de bris de glace poursuit désormais son développement à l’étranger, avec deux premières incursions.

La première est prévue au Maroc avec des centres physiques en propre. Cette implantation sur le royaume chérifien est pensée comme un levier de croissance stratégique en direction du continent africain, où OuiGlass entrevoit un potentiel important pour les prochaines années.

En Suisse, le réseau mise plutôt sur son modèle de pose mobile, déployé dans le cadre de contrats en master franchises. Ce modèle souple permettra de s’adapter aux spécificités locales et de réduire les coûts d’implantation.

"Notre vision s’est élargie, et les opportunités à l’international confirment la pertinence de notre modèle, notamment autour du développement de la pose mobile", souligne Hadrien Dijoux, cofondateur et actuel dirigeant de OuiGlass. "Le Maroc et la Suisse sont des marchés clés, et nous préparons déjà l’avenir en Afrique et en Europe."

Ouiglass renforce ses équipes

Pour accompagner ce tournant à l’export, l’organisation du réseau évolue. Hadrien Dijoux prend désormais en main le développement international de la marque. Il sera chargé d’ouvrir la voie sur les nouveaux marchés, en Afrique comme en Europe.

La direction de OuiGlass France est désormais confiée à Johan Audet, qui devient également directeur des opérations. Ce professionnel du vitrage automobile connaît bien le réseau pour avoir dirigé un centre franchisé, avant d’accompagner les adhérents en tant qu’animateur réseau.

"OuiGlass est un réseau solide, avec une belle dynamique et une éthique forte. Rien ne va être révolutionné : nous sommes dans la continuité d’un modèle qui fonctionne, avec pour objectif de poursuivre le déploiement national et d’accompagner la croissance du réseau", affirme-t-il. Il rappelle aussi les engagements du réseau, notamment en matière de transparence tarifaire et de relations équilibrées avec les assureurs.

David Joulot rejoint également l’équipe en tant que directeur commercial, dans une logique de structuration renforcée.

La pièce technique au centre des mutations de l'après-vente

Si la définition précise de la pièce technique divise encore les spécialistes, une chose est sûre : elle se distingue nettement de la pièce à forte rotation (plaquettes de frein, filtres, amortisseurs, etc.). Pour compliquer la problématique, certaines références fluctuent, intégrant ou quittant cette catégorie au fil du temps. Ce flou reflète sans doute les mutations profondes que connaît actuellement le secteur de l'entretien-réparation, autant que le positionnement stratégique de ses acteurs. Le segment de marché des pièces techniques est encore dominé à 70 % par les constructeurs. Le potentiel de croissance est donc réel pour les indépendants.

Si la pièce technique était traditionnellement réservée aux réseaux constructeurs, elle est aujourd'hui au cœur de la stratégie commerciale d'un nombre croissant de distributeurs. Injecteurs, capteurs, systèmes antipollution, organes électroniques de transmission… autant d'éléments exigeant une expertise pointue et des services à forte valeur ajoutée. Chez Alternative Autoparts, qui s'appuie dans ce domaine sur l'expérience d'IDLP – spécialiste historique des organes moteur – ces familles de produits représentent désormais la moitié des ventes. Dans les rangs d'Autodistribution, on estime qu'elles comptent pour 9 % du chiffre d'affaires. Mais elles y affichent une croissance annuelle de 10 %.

Pièces techniques : la nouvelle donne

Sur le terrain, dans les magasins ou les ateliers, le périmètre de ce segment de marché varie donc selon les acteurs. "Une pièce est technique lorsqu'elle nécessite davantage qu'une simple compétence mécanique, estime Julien Merlaud, responsable marketing chez Alternative Autoparts. Cela peut impliquer une formation spécifique pour la sécurité du véhicule ou des interventions comme la reprogrammation, notamment sur une vanne EGR."  Pour Christophe Combes, directeur des opérations d'IDLP, cette catégorie de produits regroupe les injecteurs, pompes, capteurs, mais aussi les systèmes de dépollution, assistance au freinage et Adas. Mais pas une pièce de suspension et de direction (PSD), d'après lui.

"Une pièce est technique lorsqu'elle nécessite davantage qu'une simple compétence technique" Julien Merlaud, responsable marketing chez Alternative Autoparts

Julien Merlaud Alternative Autoparts

Julien Merlaud, responsable marketing chez Alternative Autoparts. ©Alternative Autoparts

Alliance Automotive Group adopte une approche plus souple. Pour Luc Fournier, directeur des activités Green & Innovation d'AAG, il s'agit avant tout d'une pièce de panne. "Nous classons les pièces techniques en trois familles : les systèmes thermiques et diesel (injection et admission), les capteurs tels que les vannes EGR, et enfin les organes liés à la sécurité", détaille-t-il. Cette définition simplifiée se rapproche de celle privilégiée par le réseau Autodistribution, qui parvient à être encore plus concis. "Pour nous, la pièce technique correspond à tout élément pouvant déclencher une alerte OBD ou contribuer à la pollution", résume Florian Audigier, promoteur pièces techniques du groupement au triangle rouge. Les anciennes pompes à injection ne font plus partie de ce catalogue, mais les systèmes AdBlue y sont récemment entrés, indique-t-il.

Des gammes de plus en plus diversifiées

Autre spécificité de ce segment de marché : il ne cesse de croître avec le vieillissement du parc roulant. Raison pour laquelle MS Motorservice France peut aujourd'hui se targuer d'une stratégie dynamique de développement de produits. Le fournisseur met à la disposition des grossistes un catalogue exhaustif. Celui-ci est articulé autour de trois gammes principales : les pièces techniques (Pierburg), les pièces moteur (Kolbenschmidt) et les turbos. "Toutes les nouveautés sont adaptées aux spécificités du parc français, dans une logique « time to market ». C'est très attendu par les distributeurs, car c'est ce qui va faire d'eux des spécialistes en local", affirme Yves Maillière, directeur général de MS Motorservice France.

Remplacement injecteur pièces techniques

Le remplacement des injecteurs, opération emblématique des pièces techniques, exige une expertise pointue. Ces composants complexes bénéficient aussi d’une dynamique croissante sur le marché du remanufacturé. ©Norauto

Dans ce portefeuille produits, l'équipementier promeut ainsi ses nouvelles lignes de pièces techniques (notamment ses capteurs) en constante évolution. La gamme moteur ne cesse également de s'élargir, en particulier avec les kits chaînes et couvre-culasses, au succès grandissant. Enfin, MS Motorservice France s'est forgé une solide réputation grâce à sa ligne de turbos. Celle-ci compte plus de 7 000 références en VL, PL, marine, agricole, etc.).

Même stratégie chez ZF Aftermarket, qui repose sur une diversification notable des références techniques. "Nous observons une généralisation de technologies comme les volants bimasse de notre marque Sachs sur les véhicules downsizés (notamment les moteurs 3 cylindres), ainsi que le déploiement massif d'équipements spécifiques pour les véhicules électrifiés : frein de parking électrique EPB, booster de freinage électronique EBB, et nos plaquettes Electric Blue pour motorisations électriques. Le freinage devient une pièce technique clé, au même titre que les embrayages ou les solutions de dépollution", analyse Gilbert Soufflet, responsable communication et évènements pour l'équipementier allemand.

Un marché porteur

Si sa définition reste fluctuante, une chose est sûre, la pièce technique affiche une bonne dynamique commerciale. Cela, avec des marges non négligeables à la clé. Elle peut jouer également un rôle stratégique en matière de fidélisation… "Ce sont des pièces d'appel. La disponibilité prime alors sur le prix", explique Florian Audigier.

Parmi les fournisseurs, Delphi confirme que ce segment est globalement porteur. "Les capteurs, en particulier, se distinguent grâce à un contexte favorable, indique Caroline Silly, category manager de Delphi. Les véhicules de viennent de plus en plus technologiques pour améliorer les performances environnementales (consommation de carburant, émissions, etc.) et sécuritaires (nouvelles normes Adas pour répondre à l'objectif « zéro mort » sur les routes en 2050 fixé par l'Union européenne)." Et de citer l'estimation de BIS Research. Celle-ci prévoit qu'en France, la rechange de capteurs passerait de 6,5 à 29,2 millions d'unités vendues entre 2023  et 2033 – soit une multiplication par 4,5.

Pour sa part, Latifa Boussif, responsable marketing de Magneti Marelli France, observe une progression soutenue du marché des injecteurs. "Surtout en diesel, avec une forte demande en injecteurs common rail. Marelli a d'ailleurs lancé en février dernier une nouvelle gamme d'injecteurs GPL pour des performances élevées et une durée de vie prolongée", complète la responsable. Elle ajoute que les références électriques bénéficient d'une bonne dynamique "avec une forte demande, notamment sur les alternateurs, démarreurs et batteries".

"Marelli a lancé en février une nouvelle gamme d'injecteurs GPL" Latifa Boussif, responsable marketing de Magneti Marelli France

Latifa Boussif Magneti Marelli France ©Magneti Marelli

Latifa Boussif, responsable marketing de Magneti Marelli France. ©Magneti Marelli

Le coût élevé de ces pièces de rechange favorise par ailleurs une hausse de la demande pour le reconditionné et les pièces de réemploi. Une tendance qui avantage naturellement les spécialistes du remanufacturing. Par exemple, le groupe IDLP s'appuie sur l'une de ses filiales pour rénover différentes lignes de produits (injecteurs, turbos, etc.). Ceux-ci sont distribués sous sa marque Techn-Parts.  Si la logistique des pièces techniques est généralement maîtrisée, certaines références sont complexes à gérer.

"L'embrayage est particulièrement problématique, avec une marge faible et une gestion logistique délicate", rapporte Christophe Combes. De même, Julien Merlaud précise qu'à l'exception de la sonde lambda, non reprise une fois ouverte, la majorité des pièces techniques suivent un flux standard. Leur gestion commerciale, en revanche, reste exigeante : peu de promotions, pas d'animations spécifiques. "Ce sont des produits chers, mais sans marge très importante quand elles ne sont pas à très forte valeur ajoutée. Mais nous pouvons nous distinguer grâce à cette famille de produits", affirme Nicolas Touchant, directeur commercial et support d'Autodistribution.

Quand la technicité monte d'un cran

Face à la technicité croissante du parc, le support client devient en effet stratégique. Il représente un véritable levier de différenciation. En accompagnant – voire en assistant directement – ses clients réparateurs pour réduire le temps d'immobilisation des véhicules, le réseau Autodistribution renforce leur fidélité sur d'autres familles de pièces. Le groupe souligne que cette expertise repose largement sur la qualité des relations humaines. "Nous ne comptons pas d'équipe terrain dédiée à la pièce technique, mais nous travaillons à ce que tous nos vendeurs le deviennent", explique Florian Audigier.

"Nous pouvons nous distinguer grâce à notre offre de produits liés à l'embrayage" Nicolas Touchant, directeur commercial et support d'Autodistribution

"Lorsque nous vendons une pièce technique, nous ne fournissons pas uniquement une notice de montage, mais aussi des procédures spécifiques", ajoute Nicolas Touchant. "Par exemple, remplacer une boîte de vitesses exige que l'ordinateur de bord soit complètement au repos, tandis que certains injecteurs et vannes EGR nécessitent un apprentissage routier précis, en suivant une check-list imposant une vitesse précise sur une certaine distance."

Dans ce contexte, les groupements consacrent de gros efforts au support client. Chez Alternative Autoparts, la hotline technique traite chaque jour 50 à 70 appels de niveau 1 (pour identification). Elle monte jusqu'au niveau 3 (diagnostic à distance) dans certains cas. L'équipe dédiée comprend deux techniciens fixes et un support volant. En outre, une plateforme extranet permet de localiser les relais et leurs spécialités. Puis, elle met en relation clients et spécialistes.

Former les techniciens et identifier les pièces

Chez Alliance Automotive, l'accompagnement technique constitue également une priorité. "Nous avons huit techniciens hotline et quatre personnes chargées de la recherche de pièces. Nous parvenons à résoudre 98 % des demandes. Cela évite aux garagistes d'aller chez le concessionnaire pour monopoliser la valise de diagnostic pendant trois heures", rapporte Luc Fournier. Surtout, ce service permet aux ateliers de répondre au plus vite aux besoins des automobilistes. Pour régler les cas les plus difficiles, AAG leur propose aussi des rendez-vous en ligne pour des interventions à distance.

Plaquettes de frein pour véhicules électriques

Les plaquettes de frein TRW Electric Blue, destinées aux VE, rejoignent les pièces techniques. Si leur montage semble simple, l’intervention implique des procédures spécifiques pour sécuriser le véhicule et interagir avec l’électronique embarquée. ©ZF/TRW

Dans ce contexte, la formation des équipes internes et des réparateurs demeure primordiale. "C'est dans notre ADN", insiste Julien Merlaud. Alternative Autoparts organise régulièrement des sessions techniques, avec le soutien de DAF Conseil. Alliance Automotive dispose de son propre centre certifié Qualiopi, actif depuis deux ans. Tandis qu'Autodistribution investit également massivement dans ce domaine.

Identifier les références techniques représente aussi un défi majeur. Il s'agit d'ailleurs de l'une des principales activités des hotlines. Entre les nomenclatures parfois différentes d'une marque à l'autre et les variations de références en première monte, on peut facilement se tromper. On peut alors monter une pièce qui n'est pas reconnue par le calculateur. Raison pour laquelle le projet Goliath chez AAG vise à harmoniser les familles de pièces techniques à l'échelle européenne.

Fidèle à sa philosophie, MS Motorservice France ne se limite pas non plus à la commercialisation de son catalogue. Grâce à une connaissance approfondie du métier de distributeur, l'équipementier aide ses clients à optimiser leur stock. Cela, en présentant une sélection des références à proposer en H+4 ou J+1. "Nous avons une véritable expertise de ce que doit stocker un distributeur", affirme Yves Maillière.

L'électrique redistribue les cartes

Avec l'électrification croissante du parc, certaines pièces courantes deviennent techniques. "Des plaquettes de frein pour véhicules électriques nécessitent parfois une connexion permanente au calculateur", relève Christophe Combes. "De même, la climatisation des véhicules hybrides et électriques devient technique, notamment à cause des contraintes de refroidissement des batteries", complète Julien Merlaud.

La pièce technique va donc continuer à structurer durablement le marché de l'après-vente automobile. "C'est un indicateur de maturité de notre secteur", conclut Florian Audigier. Elle restera un levier essentiel de différenciation, à condition d'assurer service, disponibilité et compétences techniques. Une véritable course de fond.

La Feda renforce sa gouvernance

À l’occasion de son Assemblée générale annuelle, la Feda a procédé au renouvellement partiel de son Conseil d’administration. Treize administrateurs sortants ont été reconduits, auxquels s’ajoutent quatre nouveaux membres élus pour un mandat de trois ans : Denis Descosse (Autolia), Vincent Ferron (Ferron), Pascale Lefeuvre (Dasir) et Ludovic Montenot (LKQ France – VHIP).

Ce renouvellement partiel vise à consolider la diversité des profils et à représenter au mieux les différentes sensibilités du secteur.

"Ce renouvellement du conseil d’administration témoigne de la vitalité et de l’engagement des distributeurs de pièces détachées automobiles et poids lourds au sein de leur filière", affirme Alain Landec, président de la Feda. Ce dernier a également salué la fidélité des membres réélus et souhaité la bienvenue aux nouveaux administrateurs.

Une gouvernance repensée pour les groupements

Parallèlement à cette élection, les adhérents de la Feda ont adopté une révision des statuts visant à créer un comité des groupements. Cette nouvelle instance viendra appuyer le conseil d’administration en tant qu’espace de dialogue et de proposition, en lien direct avec les réseaux de distributeurs indépendants.

"Cette révision va permettre à notre fédération d’être encore plus représentative de son secteur", souligne Alain Landec. "Le comité des groupements apportera à la Feda une expertise supplémentaire, ainsi qu’une représentativité professionnelle permettant de toucher quasiment 100 % des distributeurs indépendants de pièces détachées automobiles de notre pays".

Le nouveau CA de la Feda :

Autodistribution : jeu de chaises musicales entre LVR et Garonne Arnaudiès

Le 1er juin 2025, David Bellarbre a été officiellement nommé directeur général d’Enseigne d’Autodistribution LVR. À 50 ans, ce professionnel expérimenté connaît bien la maison, pour y avoir fait l’essentiel de sa carrière.

Entré dans l’entreprise en 2008, il a occupé divers postes à responsabilité commerciale jusqu’à diriger récemment le développement des ventes BtoB mécaniques. Il s’est ainsi forgé une solide connaissance du tissu économique local, en particulier dans les cinq départements couverts par l’enseigne (Corrèze, Haute-Vienne, Indre, Cher et Nièvre).

Diplômé de l’IUT de Limoges, David Bellarbre a d’abord exercé comme dessinateur industriel, avant de rejoindre le groupe Simon, entre 2005 et 2008, en tant que responsable de plateforme pneumatique.

Il succède à Jérôme Amat avec pour mission de poursuivre la croissance rentable du distributeur. "Cette nomination s’inscrit dans une logique de continuité et de dynamisation de notre développement commercial", précise l’enseigne.

Jérôme Amat prend les commandes de Garonne Arnaudiès

Un mois plus tard, au 1er juillet, c’est Jérôme Amat qui change de territoire et de casquette pour devenir directeur général d’enseigne d’Autodistribution Garonne Arnaudiès.

Entré chez Autodistribution en 2019, Jérôme Amat a dirigé pendant cinq ans l’enseigne LVR, qu’il quitte pour succéder à Philippe Roure, récemment retraité. Il hérite ainsi de la direction d’un distributeur bien implanté dans le Sud-Ouest, avec une présence dans quatre départements : Tarn-et-Garonne, Haute-Garonne, Ariège et Lot.

À 46 ans, ce diplômé de Toulouse Business School possède un solide parcours dans l’univers automobile, où il a évolué chez plusieurs constructeurs (Ford, Opel, Renault via Sodicam) avant de rejoindre le groupe Faurie comme directeur après-vente.

Les marques qui tombent le plus en panne selon Leocare

Alors que plus de 8,1 millions de demandes d’assistance ont été recensées en France en 2024, soit une hausse de 4 % en un an, les sinistres automobiles continuent de grimper. En cause : un parc vieillissant, un entretien parfois négligé et des tensions sur la disponibilité des pièces ou des ateliers.

Dans ce contexte, Leocare a analysé les sinistres déclarés par 350 000 assurés entre 2023 et 2025 pour établir un classement des marques les plus touchées par les incidents. Renault, Peugeot et Citroën – largement représentées sur le territoire – arrivent en tête dans quasiment toutes les catégories : vol, bris de glace, vandalisme, dommages avec tiers ou matériels.

"Ce classement reflète avant tout la part importante des constructeurs français dans le parc roulant. Mais il met aussi en lumière certains comportements à risque ou négligences qui favorisent les sinistres", analyse Christophe Dandois, cofondateur de Leocare.

Chers modèles haut de gamme...

Au-delà de la fréquence des incidents, Leocare s’est également penché sur le montant moyen des sinistres selon les modèles. Sans surprise, l’étude révèle que certains véhicules premium affichent des frais bien supérieurs à la moyenne.

L’Audi Q3 II arrive ainsi en tête avec un coût moyen de sinistre de 5 959 euros, suivie de la Mercedes CLA II (5 667 euros), de la BMW Série 4 (4 832 euros) et – plus étonnamment – de la Renault Megane V (4 827 euros), au coude à coude avec la BMW X5 (4 228 euros).

La néo-assurance estime que ces écarts sont avant tout dus aux différences de conception et de technologies embarquées, mais aussi au coût des pièces détachées et à la complexité des réparations.