Olympiades Five Star : trois carrosseries à l’honneur

Une cinquantaine de participants ont rivalisé de créativité et de technicité à l’occasion des Olympiades organisées par Five Star. Répartis en trois catégories – restauration de véhicule, création artistique et illustration régionale –, les carrossiers ont mis à profit leur savoir-faire, leur sens du détail et leur engagement. Le verdict a été dévoilé lors du congrès 2025 du réseau : les carrosseries Fechino, de Melac et Laronze-Bouvet se sont distinguées par la qualité de leurs réalisations.

Basée à Carros (06), la carrosserie Fechino décroche pour la seconde année consécutive le prix de la meilleure restauration de voiture ancienne. Son équipe a redonné tout son éclat à une rare De Tomaso Mangusta de 1967, modèle produit à seulement 401 exemplaires, dont la moitié à destination du marché européen. Un chantier exceptionnel qui a une nouvelle fois confirmé la maîtrise des équipes de l’atelier azuréen.

Le jury, présidé par François Alain, a également décerné deux mentions honorables dans cette catégorie. La carrosserie Sébastien, située à Vallauris (06), a été saluée pour la restauration méticuleuse d’une Golf II GTI G60 Edition One de 1991. De son côté, CG Carrosserie, implantée à Lorette (42), s’est illustrée avec une Renault 4L entièrement remise à neuf, dans le respect des standards d’origine.

Esprit de groupe et d'excellence

La meilleure réalisation artistique a été présentée par Tiphaine Le Goff, de la carrosserie de Melac, à Tresses (33). Cette apprentie âgée de 23 ans a fabriqué un buste féminin réalisé à partir de portières de voitures. Cette épreuve de tôlerie visait ainsi à mettre en avant l’utilisation de pièces de réemploi et la RSE (responsabilité sociétale des entreprises).

Deux autres ateliers ont été mis à l’honneur pour leurs créations : la carrosserie du Martelet, à Limas (69), avec un robot métallique, et JD Automobiles, à Saint-Géréon (44), avec une guitare réalisée à partir de pièces automobiles détournées.

Enfin, l'épreuve de la meilleure illustration régionale visait à peindre une décoration sur un capot de voiture. C’est donc la carrosserie Laronze-Bouvet de Beaune (21) qui s'y est distinguée avec un élément de BMW X3, naturellement décoré aux couleurs du vignoble bourguignon. Non loin derrière ce vainqueur, les carrosseries Bergin de Chaneins (01) et Saint Martin Automobiles de Saint-Martin-de-Londres (34) ont reçu la mention honorable.

Mais au-delà des réparateurs récompensés, c'est l'ensemble des talents des participants qui ont été mis en avant. "Excellence, esprit de groupe, collaboration et créativité sont les mots que nous avons pu lire dans chacun des dossiers de candidature que nous avons reçus", affirme Thomas Melzer.

Le président du GIE Five Star France souligne que ce sont précisément ces valeurs que le réseau veut cultiver à travers cette compétition. "Les Olympiades Five Star sont évidemment appelées à être renouvelées, mais cette fois-ci nous donnons rendez-vous aux carrossiers Five Star dans deux ans", annonce-t-il.

Les limites du rétrofit LED

Sur les salons consacrés aux véhicules anciens, il n'est pas rare de croiser des stands proposant des kits LED pour tous types d'usages : éclairage intérieur, feux de position, clignotants, voire projecteurs principaux.

Ces ampoules séduisent par leur compacité, leur faible consommation électrique, leur longévité et la qualité de lumière qu'elles émettent. Pourtant, leur usage est en pratique interdit pour les feux de croisement et de route, sauf cas très exceptionnels.

LED, une technologie éprouvée mais spécifique

Les lampes LED sont désormais bien établies dans l'univers automobile. Elles sont utilisées pour l'éclairage intérieur (tableau de bord, plafonniers), les feux arrière, les clignotants ou encore les feux de jour. En efficacité lumineuse et en longévité, elles surpassent largement les lampes halogènes.

Surtout, elles consomment beaucoup moins d'énergie : une LED de 3 watts peut produire un flux lumineux équivalent à celui d'une lampe halogène de 50 watts. Cette différence s'explique notamment par l'absence de pertes liées à l'émission de chaleur, caractéristique des filaments incandescents.

Mais c’est justement ce mode d’émission lumineuse qui change tout. Contrairement aux lampes traditionnelles, la lumière d’une LED ne vient pas de l’incandescence d’un fil chauffé par le courant, mais d’une réaction électronique. L’incandescence émet d’abord de la chaleur, quand la LED n’émet que des photons de lumière. Alors qu’un filament produit une lumière à 360°, une LED émet dans un angle bien plus réduit, souvent autour de 180°. C’est précisément ce point qui empêche de remplacer une technologie par l’autre.

Optiques halogènes et led : deux conceptions différentes

Dans une optique halogène traditionnelle, une parabole accueille en son centre la lampe, dans une position qui concentre les rayons lumineux émis vers le verre de phare et vers la route. Les paraboles les plus sophistiquées sont à surface complexe : le rayonnement est alors renvoyé vers le point extérieur, sur la route. Avec un phare plus ancien, les rayons lumineux sont dirigés par des stries sur le verre, au travers de lentilles de Fresnel.

Pour obtenir un faisceau correct, les rayonnements lumineux doivent être parfaitement positionnés au cœur de l’optique. À l’inverse, un éclairage à LED repose sur une architecture différente. Chaque puce LED émet dans une direction définie et est souvent couplée à une lentille dédiée. Le faisceau est formé à l’intérieur même du module LED, selon une conception pensée dès l’origine pour cette technologie.

Les incompatibilités optiques et photométriques expliquent en grande partie pourquoi on ne peut pas simplement substituer une ampoule halogène par une LED dans une optique conçue pour l’incandescence.

Une homologation possible, mais complexe

Adapter une LED comme source lumineuse dans un phare traditionnel impose de transformer l’émission d’une lumière à 180° depuis une surface plate en omnidirectionnel sur 360° pour reconstituer l'éclairage du filament. Ce qui implique des tests complexes et coûteux, où la lampe est évaluée en association avec un modèle d'optique précis. Les équipementiers Osram et Philips ont franchi cette étape pour certains véhicules.

Résultat : une centaine de modèles, identifiés par ces marques, peuvent recevoir légalement des kits de conversion LED (H4 ou H7) fournis avec notice et autocollant justificatif à apposer sur le phare. En dehors de ces cas bien définis, toute installation de LED dans une optique halogène est considérée non conforme à la réglementation routière.

Une offre abondante… mais non homologuée

Sur Internet ou certains réseaux de distribution, on trouve des ampoules LED non homologuées vendues comme solutions de remplacement. Ces produits, souvent destinés à un usage hors route (circuit, show-car, tuning, etc.), n'offrent pas toujours une répartition lumineuse correcte et peuvent, à l'inverse, être trop puissants et éblouir les autres usagers.

Il est donc essentiel de rappeler que ces ampoules ne sont pas autorisées pour la conduite sur route ouverte, même si leur fiche produit indique une compatibilité avec un culot H4 ou H7. Le risque est réel : une mauvaise répartition du faisceau peut non seulement réduire la visibilité du conducteur, mais aussi mettre en danger les autres automobilistes.

Il existe néanmoins des situations où l'installation de LED en post-équipement peut se justifier. Pour un véhicule relativement ancien mais référencé parmi les modèles homologués, un kit LED bien installé peut améliorer considérablement l'expérience de conduite : éclairage plus clair, fiabilité accrue, consommation réduite. Le rétrofit LED peut notamment être une solution séduisante pour redonner vie à un modèle youngtimer.

Pour les véhicules non référencés, certains distributeurs proposent des produits off-road clairement identifiés comme non conformes à l'usage routier. En atelier, la vigilance est de mise. Le contrôle technique, s'il ne détecte pas visuellement la nature de l'ampoule (ce qui est souvent le cas avec des optiques à glace lisse), jugera principalement la coupure nette du faisceau et la puissance d'éclairage. Mais cela ne constitue en rien une validation réglementaire.

OuiGlass met le cap sur l’international avec le Maroc et la Suisse

Avec désormais 100 centres répartis sur l’ensemble du territoire national, OuiGlass confirme sa solidité sur le marché hexagonal. L’enseigne de réparation de bris de glace poursuit désormais son développement à l’étranger, avec deux premières incursions.

La première est prévue au Maroc avec des centres physiques en propre. Cette implantation sur le royaume chérifien est pensée comme un levier de croissance stratégique en direction du continent africain, où OuiGlass entrevoit un potentiel important pour les prochaines années.

En Suisse, le réseau mise plutôt sur son modèle de pose mobile, déployé dans le cadre de contrats en master franchises. Ce modèle souple permettra de s’adapter aux spécificités locales et de réduire les coûts d’implantation.

"Notre vision s’est élargie, et les opportunités à l’international confirment la pertinence de notre modèle, notamment autour du développement de la pose mobile", souligne Hadrien Dijoux, cofondateur et actuel dirigeant de OuiGlass. "Le Maroc et la Suisse sont des marchés clés, et nous préparons déjà l’avenir en Afrique et en Europe."

Ouiglass renforce ses équipes

Pour accompagner ce tournant à l’export, l’organisation du réseau évolue. Hadrien Dijoux prend désormais en main le développement international de la marque. Il sera chargé d’ouvrir la voie sur les nouveaux marchés, en Afrique comme en Europe.

La direction de OuiGlass France est désormais confiée à Johan Audet, qui devient également directeur des opérations. Ce professionnel du vitrage automobile connaît bien le réseau pour avoir dirigé un centre franchisé, avant d’accompagner les adhérents en tant qu’animateur réseau.

"OuiGlass est un réseau solide, avec une belle dynamique et une éthique forte. Rien ne va être révolutionné : nous sommes dans la continuité d’un modèle qui fonctionne, avec pour objectif de poursuivre le déploiement national et d’accompagner la croissance du réseau", affirme-t-il. Il rappelle aussi les engagements du réseau, notamment en matière de transparence tarifaire et de relations équilibrées avec les assureurs.

David Joulot rejoint également l’équipe en tant que directeur commercial, dans une logique de structuration renforcée.

La pièce technique au centre des mutations de l'après-vente

Si la définition précise de la pièce technique divise encore les spécialistes, une chose est sûre : elle se distingue nettement de la pièce à forte rotation (plaquettes de frein, filtres, amortisseurs, etc.). Pour compliquer la problématique, certaines références fluctuent, intégrant ou quittant cette catégorie au fil du temps. Ce flou reflète sans doute les mutations profondes que connaît actuellement le secteur de l'entretien-réparation, autant que le positionnement stratégique de ses acteurs. Le segment de marché des pièces techniques est encore dominé à 70 % par les constructeurs. Le potentiel de croissance est donc réel pour les indépendants.

Si la pièce technique était traditionnellement réservée aux réseaux constructeurs, elle est aujourd'hui au cœur de la stratégie commerciale d'un nombre croissant de distributeurs. Injecteurs, capteurs, systèmes antipollution, organes électroniques de transmission… autant d'éléments exigeant une expertise pointue et des services à forte valeur ajoutée. Chez Alternative Autoparts, qui s'appuie dans ce domaine sur l'expérience d'IDLP – spécialiste historique des organes moteur – ces familles de produits représentent désormais la moitié des ventes. Dans les rangs d'Autodistribution, on estime qu'elles comptent pour 9 % du chiffre d'affaires. Mais elles y affichent une croissance annuelle de 10 %.

Pièces techniques : la nouvelle donne

Sur le terrain, dans les magasins ou les ateliers, le périmètre de ce segment de marché varie donc selon les acteurs. "Une pièce est technique lorsqu'elle nécessite davantage qu'une simple compétence mécanique, estime Julien Merlaud, responsable marketing chez Alternative Autoparts. Cela peut impliquer une formation spécifique pour la sécurité du véhicule ou des interventions comme la reprogrammation, notamment sur une vanne EGR."  Pour Christophe Combes, directeur des opérations d'IDLP, cette catégorie de produits regroupe les injecteurs, pompes, capteurs, mais aussi les systèmes de dépollution, assistance au freinage et Adas. Mais pas une pièce de suspension et de direction (PSD), d'après lui.

"Une pièce est technique lorsqu'elle nécessite davantage qu'une simple compétence technique" Julien Merlaud, responsable marketing chez Alternative Autoparts

Julien Merlaud Alternative Autoparts

Julien Merlaud, responsable marketing chez Alternative Autoparts. ©Alternative Autoparts

Alliance Automotive Group adopte une approche plus souple. Pour Luc Fournier, directeur des activités Green & Innovation d'AAG, il s'agit avant tout d'une pièce de panne. "Nous classons les pièces techniques en trois familles : les systèmes thermiques et diesel (injection et admission), les capteurs tels que les vannes EGR, et enfin les organes liés à la sécurité", détaille-t-il. Cette définition simplifiée se rapproche de celle privilégiée par le réseau Autodistribution, qui parvient à être encore plus concis. "Pour nous, la pièce technique correspond à tout élément pouvant déclencher une alerte OBD ou contribuer à la pollution", résume Florian Audigier, promoteur pièces techniques du groupement au triangle rouge. Les anciennes pompes à injection ne font plus partie de ce catalogue, mais les systèmes AdBlue y sont récemment entrés, indique-t-il.

Des gammes de plus en plus diversifiées

Autre spécificité de ce segment de marché : il ne cesse de croître avec le vieillissement du parc roulant. Raison pour laquelle MS Motorservice France peut aujourd'hui se targuer d'une stratégie dynamique de développement de produits. Le fournisseur met à la disposition des grossistes un catalogue exhaustif. Celui-ci est articulé autour de trois gammes principales : les pièces techniques (Pierburg), les pièces moteur (Kolbenschmidt) et les turbos. "Toutes les nouveautés sont adaptées aux spécificités du parc français, dans une logique « time to market ». C'est très attendu par les distributeurs, car c'est ce qui va faire d'eux des spécialistes en local", affirme Yves Maillière, directeur général de MS Motorservice France.

Remplacement injecteur pièces techniques

Le remplacement des injecteurs, opération emblématique des pièces techniques, exige une expertise pointue. Ces composants complexes bénéficient aussi d’une dynamique croissante sur le marché du remanufacturé. ©Norauto

Dans ce portefeuille produits, l'équipementier promeut ainsi ses nouvelles lignes de pièces techniques (notamment ses capteurs) en constante évolution. La gamme moteur ne cesse également de s'élargir, en particulier avec les kits chaînes et couvre-culasses, au succès grandissant. Enfin, MS Motorservice France s'est forgé une solide réputation grâce à sa ligne de turbos. Celle-ci compte plus de 7 000 références en VL, PL, marine, agricole, etc.).

Même stratégie chez ZF Aftermarket, qui repose sur une diversification notable des références techniques. "Nous observons une généralisation de technologies comme les volants bimasse de notre marque Sachs sur les véhicules downsizés (notamment les moteurs 3 cylindres), ainsi que le déploiement massif d'équipements spécifiques pour les véhicules électrifiés : frein de parking électrique EPB, booster de freinage électronique EBB, et nos plaquettes Electric Blue pour motorisations électriques. Le freinage devient une pièce technique clé, au même titre que les embrayages ou les solutions de dépollution", analyse Gilbert Soufflet, responsable communication et évènements pour l'équipementier allemand.

Un marché porteur

Si sa définition reste fluctuante, une chose est sûre, la pièce technique affiche une bonne dynamique commerciale. Cela, avec des marges non négligeables à la clé. Elle peut jouer également un rôle stratégique en matière de fidélisation… "Ce sont des pièces d'appel. La disponibilité prime alors sur le prix", explique Florian Audigier.

Parmi les fournisseurs, Delphi confirme que ce segment est globalement porteur. "Les capteurs, en particulier, se distinguent grâce à un contexte favorable, indique Caroline Silly, category manager de Delphi. Les véhicules de viennent de plus en plus technologiques pour améliorer les performances environnementales (consommation de carburant, émissions, etc.) et sécuritaires (nouvelles normes Adas pour répondre à l'objectif « zéro mort » sur les routes en 2050 fixé par l'Union européenne)." Et de citer l'estimation de BIS Research. Celle-ci prévoit qu'en France, la rechange de capteurs passerait de 6,5 à 29,2 millions d'unités vendues entre 2023  et 2033 – soit une multiplication par 4,5.

Pour sa part, Latifa Boussif, responsable marketing de Magneti Marelli France, observe une progression soutenue du marché des injecteurs. "Surtout en diesel, avec une forte demande en injecteurs common rail. Marelli a d'ailleurs lancé en février dernier une nouvelle gamme d'injecteurs GPL pour des performances élevées et une durée de vie prolongée", complète la responsable. Elle ajoute que les références électriques bénéficient d'une bonne dynamique "avec une forte demande, notamment sur les alternateurs, démarreurs et batteries".

"Marelli a lancé en février une nouvelle gamme d'injecteurs GPL" Latifa Boussif, responsable marketing de Magneti Marelli France

Latifa Boussif Magneti Marelli France ©Magneti Marelli

Latifa Boussif, responsable marketing de Magneti Marelli France. ©Magneti Marelli

Le coût élevé de ces pièces de rechange favorise par ailleurs une hausse de la demande pour le reconditionné et les pièces de réemploi. Une tendance qui avantage naturellement les spécialistes du remanufacturing. Par exemple, le groupe IDLP s'appuie sur l'une de ses filiales pour rénover différentes lignes de produits (injecteurs, turbos, etc.). Ceux-ci sont distribués sous sa marque Techn-Parts.  Si la logistique des pièces techniques est généralement maîtrisée, certaines références sont complexes à gérer.

"L'embrayage est particulièrement problématique, avec une marge faible et une gestion logistique délicate", rapporte Christophe Combes. De même, Julien Merlaud précise qu'à l'exception de la sonde lambda, non reprise une fois ouverte, la majorité des pièces techniques suivent un flux standard. Leur gestion commerciale, en revanche, reste exigeante : peu de promotions, pas d'animations spécifiques. "Ce sont des produits chers, mais sans marge très importante quand elles ne sont pas à très forte valeur ajoutée. Mais nous pouvons nous distinguer grâce à cette famille de produits", affirme Nicolas Touchant, directeur commercial et support d'Autodistribution.

Quand la technicité monte d'un cran

Face à la technicité croissante du parc, le support client devient en effet stratégique. Il représente un véritable levier de différenciation. En accompagnant – voire en assistant directement – ses clients réparateurs pour réduire le temps d'immobilisation des véhicules, le réseau Autodistribution renforce leur fidélité sur d'autres familles de pièces. Le groupe souligne que cette expertise repose largement sur la qualité des relations humaines. "Nous ne comptons pas d'équipe terrain dédiée à la pièce technique, mais nous travaillons à ce que tous nos vendeurs le deviennent", explique Florian Audigier.

"Nous pouvons nous distinguer grâce à notre offre de produits liés à l'embrayage" Nicolas Touchant, directeur commercial et support d'Autodistribution

"Lorsque nous vendons une pièce technique, nous ne fournissons pas uniquement une notice de montage, mais aussi des procédures spécifiques", ajoute Nicolas Touchant. "Par exemple, remplacer une boîte de vitesses exige que l'ordinateur de bord soit complètement au repos, tandis que certains injecteurs et vannes EGR nécessitent un apprentissage routier précis, en suivant une check-list imposant une vitesse précise sur une certaine distance."

Dans ce contexte, les groupements consacrent de gros efforts au support client. Chez Alternative Autoparts, la hotline technique traite chaque jour 50 à 70 appels de niveau 1 (pour identification). Elle monte jusqu'au niveau 3 (diagnostic à distance) dans certains cas. L'équipe dédiée comprend deux techniciens fixes et un support volant. En outre, une plateforme extranet permet de localiser les relais et leurs spécialités. Puis, elle met en relation clients et spécialistes.

Former les techniciens et identifier les pièces

Chez Alliance Automotive, l'accompagnement technique constitue également une priorité. "Nous avons huit techniciens hotline et quatre personnes chargées de la recherche de pièces. Nous parvenons à résoudre 98 % des demandes. Cela évite aux garagistes d'aller chez le concessionnaire pour monopoliser la valise de diagnostic pendant trois heures", rapporte Luc Fournier. Surtout, ce service permet aux ateliers de répondre au plus vite aux besoins des automobilistes. Pour régler les cas les plus difficiles, AAG leur propose aussi des rendez-vous en ligne pour des interventions à distance.

Plaquettes de frein pour véhicules électriques

Les plaquettes de frein TRW Electric Blue, destinées aux VE, rejoignent les pièces techniques. Si leur montage semble simple, l’intervention implique des procédures spécifiques pour sécuriser le véhicule et interagir avec l’électronique embarquée. ©ZF/TRW

Dans ce contexte, la formation des équipes internes et des réparateurs demeure primordiale. "C'est dans notre ADN", insiste Julien Merlaud. Alternative Autoparts organise régulièrement des sessions techniques, avec le soutien de DAF Conseil. Alliance Automotive dispose de son propre centre certifié Qualiopi, actif depuis deux ans. Tandis qu'Autodistribution investit également massivement dans ce domaine.

Identifier les références techniques représente aussi un défi majeur. Il s'agit d'ailleurs de l'une des principales activités des hotlines. Entre les nomenclatures parfois différentes d'une marque à l'autre et les variations de références en première monte, on peut facilement se tromper. On peut alors monter une pièce qui n'est pas reconnue par le calculateur. Raison pour laquelle le projet Goliath chez AAG vise à harmoniser les familles de pièces techniques à l'échelle européenne.

Fidèle à sa philosophie, MS Motorservice France ne se limite pas non plus à la commercialisation de son catalogue. Grâce à une connaissance approfondie du métier de distributeur, l'équipementier aide ses clients à optimiser leur stock. Cela, en présentant une sélection des références à proposer en H+4 ou J+1. "Nous avons une véritable expertise de ce que doit stocker un distributeur", affirme Yves Maillière.

L'électrique redistribue les cartes

Avec l'électrification croissante du parc, certaines pièces courantes deviennent techniques. "Des plaquettes de frein pour véhicules électriques nécessitent parfois une connexion permanente au calculateur", relève Christophe Combes. "De même, la climatisation des véhicules hybrides et électriques devient technique, notamment à cause des contraintes de refroidissement des batteries", complète Julien Merlaud.

La pièce technique va donc continuer à structurer durablement le marché de l'après-vente automobile. "C'est un indicateur de maturité de notre secteur", conclut Florian Audigier. Elle restera un levier essentiel de différenciation, à condition d'assurer service, disponibilité et compétences techniques. Une véritable course de fond.

La Feda renforce sa gouvernance

À l’occasion de son Assemblée générale annuelle, la Feda a procédé au renouvellement partiel de son Conseil d’administration. Treize administrateurs sortants ont été reconduits, auxquels s’ajoutent quatre nouveaux membres élus pour un mandat de trois ans : Denis Descosse (Autolia), Vincent Ferron (Ferron), Pascale Lefeuvre (Dasir) et Ludovic Montenot (LKQ France – VHIP).

Ce renouvellement partiel vise à consolider la diversité des profils et à représenter au mieux les différentes sensibilités du secteur.

"Ce renouvellement du conseil d’administration témoigne de la vitalité et de l’engagement des distributeurs de pièces détachées automobiles et poids lourds au sein de leur filière", affirme Alain Landec, président de la Feda. Ce dernier a également salué la fidélité des membres réélus et souhaité la bienvenue aux nouveaux administrateurs.

Une gouvernance repensée pour les groupements

Parallèlement à cette élection, les adhérents de la Feda ont adopté une révision des statuts visant à créer un comité des groupements. Cette nouvelle instance viendra appuyer le conseil d’administration en tant qu’espace de dialogue et de proposition, en lien direct avec les réseaux de distributeurs indépendants.

"Cette révision va permettre à notre fédération d’être encore plus représentative de son secteur", souligne Alain Landec. "Le comité des groupements apportera à la Feda une expertise supplémentaire, ainsi qu’une représentativité professionnelle permettant de toucher quasiment 100 % des distributeurs indépendants de pièces détachées automobiles de notre pays".

Le nouveau CA de la Feda :

Autodistribution : jeu de chaises musicales entre LVR et Garonne Arnaudiès

Le 1er juin 2025, David Bellarbre a été officiellement nommé directeur général d’Enseigne d’Autodistribution LVR. À 50 ans, ce professionnel expérimenté connaît bien la maison, pour y avoir fait l’essentiel de sa carrière.

Entré dans l’entreprise en 2008, il a occupé divers postes à responsabilité commerciale jusqu’à diriger récemment le développement des ventes BtoB mécaniques. Il s’est ainsi forgé une solide connaissance du tissu économique local, en particulier dans les cinq départements couverts par l’enseigne (Corrèze, Haute-Vienne, Indre, Cher et Nièvre).

Diplômé de l’IUT de Limoges, David Bellarbre a d’abord exercé comme dessinateur industriel, avant de rejoindre le groupe Simon, entre 2005 et 2008, en tant que responsable de plateforme pneumatique.

Il succède à Jérôme Amat avec pour mission de poursuivre la croissance rentable du distributeur. "Cette nomination s’inscrit dans une logique de continuité et de dynamisation de notre développement commercial", précise l’enseigne.

Jérôme Amat prend les commandes de Garonne Arnaudiès

Un mois plus tard, au 1er juillet, c’est Jérôme Amat qui change de territoire et de casquette pour devenir directeur général d’enseigne d’Autodistribution Garonne Arnaudiès.

Entré chez Autodistribution en 2019, Jérôme Amat a dirigé pendant cinq ans l’enseigne LVR, qu’il quitte pour succéder à Philippe Roure, récemment retraité. Il hérite ainsi de la direction d’un distributeur bien implanté dans le Sud-Ouest, avec une présence dans quatre départements : Tarn-et-Garonne, Haute-Garonne, Ariège et Lot.

À 46 ans, ce diplômé de Toulouse Business School possède un solide parcours dans l’univers automobile, où il a évolué chez plusieurs constructeurs (Ford, Opel, Renault via Sodicam) avant de rejoindre le groupe Faurie comme directeur après-vente.

Les marques qui tombent le plus en panne selon Leocare

Alors que plus de 8,1 millions de demandes d’assistance ont été recensées en France en 2024, soit une hausse de 4 % en un an, les sinistres automobiles continuent de grimper. En cause : un parc vieillissant, un entretien parfois négligé et des tensions sur la disponibilité des pièces ou des ateliers.

Dans ce contexte, Leocare a analysé les sinistres déclarés par 350 000 assurés entre 2023 et 2025 pour établir un classement des marques les plus touchées par les incidents. Renault, Peugeot et Citroën – largement représentées sur le territoire – arrivent en tête dans quasiment toutes les catégories : vol, bris de glace, vandalisme, dommages avec tiers ou matériels.

"Ce classement reflète avant tout la part importante des constructeurs français dans le parc roulant. Mais il met aussi en lumière certains comportements à risque ou négligences qui favorisent les sinistres", analyse Christophe Dandois, cofondateur de Leocare.

Chers modèles haut de gamme...

Au-delà de la fréquence des incidents, Leocare s’est également penché sur le montant moyen des sinistres selon les modèles. Sans surprise, l’étude révèle que certains véhicules premium affichent des frais bien supérieurs à la moyenne.

L’Audi Q3 II arrive ainsi en tête avec un coût moyen de sinistre de 5 959 euros, suivie de la Mercedes CLA II (5 667 euros), de la BMW Série 4 (4 832 euros) et – plus étonnamment – de la Renault Megane V (4 827 euros), au coude à coude avec la BMW X5 (4 228 euros).

La néo-assurance estime que ces écarts sont avant tout dus aux différences de conception et de technologies embarquées, mais aussi au coût des pièces détachées et à la complexité des réparations.

Grands Prix de la Rechange 2025 : la peinture, nouvel axe stratégique pour Ouest Injection

En 2016, Ouest Injection ne vendait pas de peinture. Aujourd'hui, l'entreprise alimente les deux tiers des 350 machines de ses clients dans le réseau IDLP. Membre du groupement Alternative Autoparts et partenaire du réseau Centaure, le distributeur a connu en sept ans un développement spectaculaire dans le Maine-et-Loire et en Loire-Atlantique. "Nous sommes partis de zéro, se souvient Julien Lefort, directeur des opérations d'Ouest Injection et des achats groupe IDLP. J'ai mis en application ce que j'avais appris dans ce domaine chez Ixell, puis au sein de Precisium. Notre développement a également été accompagné par Axalta."

Produits, services et réseaux : les piliers de la réussite

Julien Lefort Ouest Injection IDLP

Julien Lefort, directeur des opérations d'Ouest Injection et des achats du groupe IDLP, pilote la diversification du distributeur sur le marché de la peinture automobile. ©Ouest Injection

Aujourd'hui, la peinture représente entre 7 et 8 % du chiffre d'affaires d'IDLP, qui s'élève à 270 millions d'euros. Mais dans sa filiale, cette spécialité atteint 20 %. Et la courbe reste ascendante. Cette diversification a démarré à la suite du rachat de Dublé à Angers (49), en 2016. Ce distributeur multispécialiste commercialisait la marque R-M (groupe BASF). L'offre a séduit IDLP, qui l'a progressivement étendue à d'autres sites et d'autres marques. Quatre des 24 agences du groupe distribuent désormais les marques Axalta, Lesonal, PPG, R-M et Sinnek aux carrossiers.

En parallèle, l'entreprise fournit aussi des industriels via des gammes spécifiques, comme Besa. Au total, 25 collaborateurs sont dédiés à cette activité. "Nous comptons un technicien pour environ 40 machines de peinture, soit sept au total. Peu de distributeurs investissent autant dans ce domaine", souligne Julien Lefort. Cette structure technique contribue à fidéliser les clients réparateurs et alimente la croissance du groupe, en lien étroit avec les fabricants de peinture.

"Peu de distributeurs consacrent autant de moyens à cette activité", Julien Lefort, directeur des opérations d'Ouest Injection et des achats groupe IDLP

Pour Julien Lefort, le succès repose sur trois piliers : “Le produit, les services et les réseaux”. En matière d'enseignes, Ouest Injection collabore non seulement avec Autoneo (adossé à Centaure), mais aussi avec Axial, Five Star et, plus récemment, Acoat Selected. "Nous orientons nos clients en fonction du maillage des réseaux et des apporteurs d'affaires." La stratégie multimarque du distributeur lui permet aussi de répondre aux attentes des ateliers indépendants. Aujourd'hui, seuls 15 à 20 % des clients carrossiers du groupe IDLP sont affiliés à un réseau.

Un service technique et logistique au cordeau

Soucieux de s'adapter à tous les profils, Ouest Injection vient de créer une cellule dédiée aux grands comptes. Celle-ci accompagne les grands groupes de carrosserie et les ateliers de réparation de taille importante. Elle propose des prestations sur mesure, notamment en matière de formation, à une trentaine de sites majeurs de réseaux constructeurs. Cette stratégie lui permet d'élargir sa zone d'influence à 14 départements.

L'organisation logistique d'Ouest Injection permet des livraisons jusqu'à quatre fois par jour. Pour les grands comptes, l'entreprise propose aussi des délais J+1 et H+4. Côté technique, un plan de formation structuré garantit le maintien des compétences de ses techniciens, avec plusieurs sessions obligatoires chaque année. Des formations sont également organisées pour les carrossiers, à la fois dans leurs ateliers et au sein de lycées professionnels. L'ensemble de ces services reflète une stratégie de conquête réfléchie. "Nous suivons toujours une stratégie de croissance et construisons notre maillage patiemment, avec le temps", assure Julien Lefort. À la vitesse où Ouest Injection progresse, on peut effectivement se demander où – et quand – cette dynamique s'arrêtera.

Grands Prix de la Rechange 2025 : croissance maîtrisée et ambitions affirmées pour FPA

Si certains prix honorifiques peuvent être anecdotiques, d’autres viennent valider des choix stratégiques de fond. Pour Nathan Infantino, vice-président de Fournitures Pièces Auto (FPA), la nouvelle distinction attribuée par le jury des Grands Prix de la Rechange n’est pas anodine, après celle décrochée l'an dernier. "C’est une reconnaissance du secteur. Elle souligne que nos efforts, nos valeurs et notre travail de fond sont perçus, compris et reconnus", apprécie-t-il.

Fondée il y a plus de vingt ans à Metz, FPA a pris un tournant décisif il y a trois ans en investissant dans une plateforme logistique de 2 500 m² dans la ZA Metz Actipôle. Ce bâtiment permet aujourd’hui d’alimenter efficacement les quatre magasins de l’entreprise, répartis sur le territoire mosellan.

"Ce site a véritablement marqué un avant et un après", souligne Nathan Infantino. "Il nous a permis d’améliorer considérablement notre logistique et de dire 'oui' à pratiquement toutes les demandes de nos clients." Résultat : jusqu’à quatre livraisons par jour sont assurées, avec un stock évalué à 1,9 million d’euros pour près de 19 000 références.

Du développement rapide à la consolidation

Après plusieurs années de forte croissance (entre 15 et 25 % par exercice), FPA a fait le choix, en 2024-2025, de ralentir le rythme pour mieux structurer ses fondations. "On avait doublé notre chiffre d’affaires en trois à quatre ans. À un moment, il faut consolider. On a préféré investir dans l’humain, former, structurer, plutôt que de continuer à croître pour croître", explique le président Raymond Infantino.

Cette phase de stabilisation s’est notamment matérialisée par la création d’une salle de formation interne, équipée de 15 postes. "C’est un vrai outil de montée en compétences, notamment pour nos jeunes collaborateurs. Ils ont l’envie, mais il faut leur donner les moyens d’acquérir la technicité nécessaire", souligne le dirigeant.

FPA mise sur un modèle hybride avec des intervenants internes spécialisés dans la vente, la peinture ou le gros équipement qui forment les équipes en continu, et des intervenants externes ponctuellement sollicités pour des produits spécifiques. Objectif : faire monter les collaborateurs en autonomie et les accompagner dans l’adoption des outils numériques. "Il est essentiel que nos équipes soient à l’aise avec les outils digitaux et les logiciels métier."

Cette approche pragmatique, centrée sur l’humain, s’est imposée comme un pilier stratégique pour le groupe, qui emploie aujourd’hui une quarantaine de personnes.

Une expansion réfléchie et raisonnée

Le distributeur lorrain ne cache pas ses ambitions. Il souhaite ouvrir un nouveau magasin par an, mais il le fera à son rythme. "On ne veut pas ouvrir pour ouvrir. Ce qui fait notre force, c’est la qualité de notre service. Si on n’a pas la bonne personne pour porter un projet localement, on attend. Chaque ouverture implique un investissement humain."

L’idée étant toujours de construire un maillage dense en restant fidèle à l’ADN de proximité. "On est déjà bien implantés autour de Metz. L’étape suivante, c’est de sortir de la Lorraine."

Historiquement positionnée sur la pièce mécanique, FPA s’est progressivement ouverte à d’autres secteurs : la carrosserie-peinture, l’outillage, et désormais les EPI (équipements de protection individuelle).

"On ne travaille pas que pour les garagistes. Nos clients incluent aussi des sociétés de transport ou des industriels. Cela nous pousse à diversifier nos offres, à rechercher de nouveaux fournisseurs et à développer nos connaissances. C’est stimulant."

Un modèle basé sur la qualité de service

Fort de cette stratégie, le distributeur revendique un modèle où la qualité du service prime sur la guerre des prix. "On ne sera jamais les moins chers. Ce n’est pas notre positionnement. On veut être irréprochables en matière de disponibilité, de conseil et de support technique."

Deux collaborateurs sont spécialistes de la matière, l’un en carrosserie, l’autre en gros équipement. Ils interviennent aussi bien en interne qu’en clientèle, en appui des commerciaux. "Ce sont de vrais référents. On peut ainsi répondre de manière concrète aux problématiques rencontrées sur le terrain", souligne Nathan Infantino.

Toujours pour répondre aux problématiques des clients, FPA a aménagé une zone de formation technique sur le site de Metz Actipôle. Cet espace pensé pour les accueillir lors de soirées techniques ou de démonstrations produits se veut "un véritable atelier-école avec ponts, outils, équipements, et des véhicules sur lesquels nos fournisseurs pourront intervenir en situation réelle."

Un lieu destiné à renforcer le lien avec les professionnels, dans un secteur en pleine mutation technologique. "Le marché évolue vite. Il faut que nos clients puissent suivre. Et pour cela, on veut leur offrir un espace concret, loin des simples présentations PowerPoint."

Alors que la distribution indépendante fait face à une concurrence toujours plus structurée, Fournitures Pièces Auto mise sur ses fondamentaux : proximité, expertise, réactivité. "Ce qui fera la différence demain, ce sera notre capacité à rester proches de nos clients, à les accompagner, à leur apporter de vraies solutions."

Et si l’enseigne se prépare à élargir encore son champ d’action, elle garde les pieds sur terre. "Nous avons une vision claire : progresser, oui, mais jamais au détriment de ce qui fait notre force."

Grands Prix de la Rechange 2025 : le bon TIC pour animer son réseau

Fait rare : le jury des Grands Prix de la Rechange n'a pas réussi à départager les finalistes dans la catégorie Animation Réseau. À l'issue de longues discussions, ses membres ont donc choisi de récompenser deux acteurs, dont le groupe TIC, implanté à Gond-Pontouvre (16), en périphérie d'Angoulême. Il s'est imposé grâce à un modèle de développement solide et une proximité client exemplaire.

Une croissance maîtrisée

Frédéric Toussaint Groupe TIC

Frédéric Toussaint, dirigeant du groupe Tic. ©TIC

Membre du groupement Agra, TIC a vu son chiffre d'affaires passer de 3,5 millions d'euros en 2007 à 9,6 millions en 2024. Une performance portée par une équipe de 50 salariés répartis dans trois structures distinctes. Le groupe possède les sites de Pierre Auto Angoulême et Cognac Pièces Autos, tous deux grossistes. Il gère également RBE, entreprise spécialisée dans la rectification et l'usinage de pièces, et codirige la plateforme PRCO, créée en 2019 avec deux  partenaires du même groupement.

Mais c'est surtout son activité de distribution de pièces détachées, de peinture, d'accessoires et d'outillage automobile qui soutient sa dynamique. Avec un stock valorisé à 4 millions d'euros, TIC approvisionne près de 200 ateliers. Le site de Cognac, notamment, enregistre depuis plusieurs années une croissance annuelle de 15 %. Conscient que cette progression ne durera pas indéfiniment, Frédéric Toussaint, dirigeant du groupe, préfère miser sur la solidité des relations humaines. "Pour animer notre réseau, nous cherchons avant tout à être proches de nos clients. Je suis moi-même vendeur au comptoir. J'ai commencé comme livreur, et beaucoup de réparateurs m'ont vu grandir."

Les réseaux accompagnés au quotidien

Parmi les garages partenaires du groupe, 17 arborent l'enseigne Proximeca, davantage destinée aux structures de taille importante, et six autres le panneau Point Repar. Pour les accompagner, TIC a recruté un référent réseau, d'abord formé en alternance, désormais chargé de présenter les outils et services proposés. Celui-ci prend part aux rencontres régulières avec les clients afin de leur présenter les nouveautés du réseau et recueillir leurs retours d'expérience. L'implication du distributeur ne s'arrête pas là. Les sites du groupe mettent gratuitement à disposition de leurs clients des équipements de diagnostic et d'autres outils, proposés à la location aux garages extérieurs. TIC coordonne aussi certains services, comme l'orientation des réparateurs vers d'autres clients mieux équipés, notamment pour le recalibrage de systèmes Adas.

"J'ai commencé comme livreur, et beaucoup de réparateurs m'ont vu grandir" Frédéric Toussaint, dirigeant du groupe TIC

Pour renforcer l'expertise de ses clients, l'adhérent Agra s'appuie aussi sur des formations régulières. "Chez Pierre Auto, nous disposons d'une aire dédiée aux démonstrations et formations. Nous y organisons régulièrement des ateliers pour les carrossiers avec nos partenaires Gys et Anest Iwata", précise Frédéric Toussaint. Les mécaniciens ne sont pas en reste. Chaque trimestre, des sessions techniques sont proposées sur des thématiques variées : équipements, moteurs PureTech et EcoBoost, nouveaux produits ou évolutions technologiques. Ces formations sont animées avec des partenaires actifs comme Denso, LuK ou encore Milwaukee.

Pour orchestrer ces actions, le groupe s'est doté d'une organisation interne renforcée, sans renier ses racines familiales. La direction veille à entretenir la cohésion de ses équipes, en cultivant la transparence sur ses choix stratégiques et ses ambitions. Fort de cette structure agile, d'un ancrage local fort et de relations de confiance bien établies, Frédéric Toussaint entrevoit encore des perspectives de croissance dans sa zone de chalandise.

Grands Prix de la Rechange 2025 : la transition est lancée

Le décor change, pas l’esprit. Le mardi 8 juillet 2025, les Grands Prix de la Rechange (GPR) ont délaissé les Jardins de Saint-Dominique (Paris) pour s’installer à Métal 57 (Boulogne-Billancourt). Un bâtiment aussi symbolique qu’iconique puisque c’est là, à deux pas de la Régie, que l’atelier de métallerie de Renault y a fonctionné des années 1980 à 2000. Depuis, le lieu s’est métamorphosé. De site industriel, il est devenu un espace tertiaire emblématique, pont entre deux époques.

Un symbole fort pour un évènement qui explore les mutations de la filière. Se réunir là le 8 juillet dernier était un clin d’œil à ce qui attend l’univers de la rechange automobile. Entre après-midi d’échanges et débats pour plonger dans les enjeux et défis du moment, et soirée mettant en lumière le savoir-faire, la stratégie et l’histoire d’entités ou de personnalités, les GPR restent fidèles à leur vocation : célébrer les réussites du secteur de la rechange et inspirer tous les décideurs.

Une ouverture tournée vers l'avenir

Cette 19e édition s'est ouverte dès 14h30 avec une prise de parole d'une grande figure du monde de la rechange, Franck Baduel, CEO d'Alliance Automotive Group Europe, en l'occurrence, qui nous a livré son analyse des défis à relever dans le secteur. Une carte blanche a ensuite été donnée à Rodolphe Gelin, expert leader intelligence artificielle de Renault Group, pour présenter les travaux du constructeur automobile sur cette problématique de l’IA.

Cela nous a ainsi amenés à la première table ronde, consacrée précisément à cet enjeu, lors de laquelle sont intervenus des experts – Audrey Bidard (Nexus Automotive France), Badr El Idrissi Mokdad (Sandra AI), Elliot Langella (Lokad) et Sébastien Thiriez (ZF Group) – d’horizons variés.

La question de l’économie circulaire constituait l’autre axe fort de ces GPR avec la participation de Matthieu Noël, associé et analyste du cabinet Roland Berger, qui a dressé un état des lieux du sujet.

De quoi lancer les débats de la seconde table ronde à laquelle plusieurs spécialistes – Florence Bailleul (Indra Automobile Recycling), Hugo Barberot (Groupe GPA), Laurent Cabassu (Black Star) et Julien Dubois (Valused) – ont pris part. Dans la pièce comme dans le pneu, la contrainte du réemploi se transforme en opportunité, offrant de probants débouchés de business à qui sait s’organiser pour les saisir.

La qualité n'a pas d'âge

Après avoir nourri les esprits, l’évènement a nourri les cœurs avec la très attendue cérémonie de remise des prix. Comme chaque année, la rédaction du J2R a engagé un travail de plusieurs mois pour solliciter la profession, recueillir les candidatures et permettre à notre fidèle et précieux jury de les analyser. Réunis à Paris il y a quelques semaines, nos partenaires se sont livrés à d’intenses échanges pour définir un palmarès alliant qualité et temporalité.

Car derrière une expertise unanimement reconnue, ce nouveau tableau d’honneur s’inscrit aussi dans une forme de transition à la fois sur le plan des stratégies, des dynamiques et des générations dirigeantes. Exemple de cette évolution, le Distributeur Groupe 2025, Autodistribution Blanchardet-Sarrat, porte près d’un siècle d’histoire. Après être longtemps restée une référence locale, la société dirigée par Jérôme Mougin a pris une dimension autrement plus grande ces dernières années en alliant gestion rigoureuse et conquête commerciale.

Des atouts partagés avec Fournitures Pièces Auto, élu Distributeur Entreprise de l’année. Fondée il y a plus de vingt ans à Metz, la société, membre de LKQ France, a déjà eu les honneurs des GPR l’an passé. Ce doublé vient récompenser l’engagement de la famille Infantino et les choix forts faits par Raymond puis par son fils Nathan pour pérenniser leur croissance.

Remise en question et croissance ont aussi été à l’ordre du jour chez ACR Group. La filiale de PHE décroche le Prix de la Plateforme, que l’on aurait pu rebaptiser Prix "des" Plateformes pour l’occasion. Plus que par ses neuf entrepôts logistiques, ACR s’est surtout illustré pour avoir entrepris un travail de fond ces trois dernières années entre renforcement des gammes, intégration de la logistique de Doyen Auto, déménagement de sites et optimisation des livraisons.

Engagements et convictions

Avec les prix spéciaux, le jury distingue des entreprises qui ont su imposer une identité forte. Ouest Injection remporte ainsi le trophée du Distributeur Peinture. Connue pour ses compétences dans la pièce de rechange, la filiale d’IDLP s’affirme aussi comme un acteur de référence dans la carrosserie.

Avec le Prix Distributeur Pneumatiques, le jury des GPR a souhaité récompenser le groupe MPSA (Massa). En sept ans, l’entreprise familiale a bâti, avec l’enseigne Avatacar, un maillage national solide, doublé d’une capacité logistique impressionnante et d’une culture de l’innovation saluée par les jurés. Une réussite portée par la famille Massa, et plus particulièrement par Cédric et Magali, qui ont su faire pivoter le groupe fondé par leurs aînés.

Dans la catégorie Distributeur Pièces Poids Lourds, c’est une entité familiale âgée de 80 ans, mais reprise au 31 décembre par son dirigeant, Hubert Maupoil, qui s’est illustrée, avec Essor Automobile, adhérent MP Truck et Precisium. Enfin, le Prix Animation Réseau consacre non pas un, mais deux groupes : Tic (Agra) et Ragues (Groupauto). Ces deux entreprises, dirigées par des quadragénaires dynamiques, se démarquent par leur savoir-faire en la matière et leurs stratégies respectives pour faire rayonner les garages qu’elles accompagnent.

Terminons ce tour d’horizon avec les deux récompenses individuelles. Le Prix du Jeune Manager revient à une personnalité désormais bien connue. Que ce soit avec sa société (BAP), son groupement (LKQ France) ou l’amicale de distributeurs créée avec Eudiff et Maxo Pièces (Beem), Mehmet Altun (31 ans) est devenu un acteur qui compte et qu’on observe attentivement… Ce que le jury n’a pas manqué de souligner.

Quant au Prix Spécial, il vient couronner une conviction personnelle tout autant qu’une vision d’entreprise. Grande figure de la stratégie pièces de réemploi chez Alliance Automotive, Luc Fournier est récompensé d’une aventure entamée il y a près de dix ans où, parti de rien, il a réussi à installer un sujet clé pour l’avenir du groupement comme du métier de la rechange. Les équipes du J2R renouvellent leurs sincères félicitations à tous ces lauréats !

 

LE PALMARÈS DES GPR 2025

Grands Prix de la Rechange 2025 : Luc Fournier fait tourner l’économie circulaire chez AAG

Qui aurait imaginé il y a quelques années que les casses deviendraient les moteurs de l'économie circulaire automobile ? Luc Fournier, directeur des activités Green & Innovation d'Alliance Automotive Group, a relevé ce défi avec détermination. Cette réussite lui vaut aujourd'hui de recevoir les honneurs du jury des Grands Prix de la Rechange.

L’appel de l’économie circulaire

Son parcours débute pourtant loin de l’automobile. Jeune diplômé en commerce et marketing, Luc Fournier rêvait d’aventures aériennes, nourrissant le désir d’être pilote ou steward pour assouvir sa passion du voyage. Mais la réalité professionnelle le ramène sur terre. Sa carrière prend un tournant concret et pragmatique dans le commerce, d’abord chez Würth, puis chez Facom, où il gravit méthodiquement les échelons jusqu’à devenir directeur des ventes France.

Si ses missions à l’export lui offrent bien quelques déplacements, cette expérience lui apporte surtout une maîtrise des marchés et une capacité d’adaptation qui vont lui être précieuses par la suite.

En 2016, quand Alliance Automotive lui propose de prendre en charge une activité liée à la pièce de réemploi (PRE), Luc Fournier croit d’abord à une plaisanterie.

J’avais visité une casse une seule fois dans ma jeunesse, pour ma Golf ! Autant dire que ce secteur ne m’était pas familieravoue-t-il en souriant.

Mais poussé par la curiosité et l’instinct d’un nouveau défi, il creuse le sujet, découvrant avec étonnement tout le potentiel inexploité d’un secteur alors artisanal. Il décide d’accepter ce pari ambitieux : structurer, moderniser et digitaliser un marché encore balbutiant. "Plus je creusais, plus je voyais le potentiel extraordinaire, surtout dans la digitalisation", ajoute-t-il.

La réussite Back2Car

Son arrivée marque le début d’une petite révolution pour Alliance Automotive. Luc Fournier lance Back2Car et rapidement, les résultats dépassent toutes les espérances. Le salon Equip Auto 2017 est un tournant.

"L’engouement a été tel que notre activité a été multipliée par 10 en quelques jours seulement ! J’ai failli avoir une tension sociale à Niort, chez Genève Occasion, tant la machine à éditer les bons de livraison était saturée", se souvient-il avec enthousiasme.

Depuis, Back2Car a bien grandi : son catalogue propose plus de 400 000 références, dont 20 % issues du remanufacturing. Cette activité représente désormais, à périmètre comparable, 11 % du chiffre d’affaires global d’Alliance Automotive, preuve de l’essor impressionnant impulsé par Luc Fournier.

Égreville : une ambition XXL

Fort de cette réussite, le dirigeant a d’ailleurs vu ses responsabilités s’élargir, en 2023, avec l’animation de toute l’activité autour des pièces techniques. Un nouveau challenge qu’il veut relever avec les valeurs qui l’ont toujours guidé jusqu’ici : engagement, innovation et pragmatisme.

J’entends accompagner cette dynamique et préparer au mieux nos équipes aux défis techniques à venirannonce-t-il.

Mais Luc Fournier ne compte pas abandonner le champ de l’économie circulaire, bien au contraire. Son prochain grand projet, une usine automatisée à Égreville (77) capable de déconstruire 18 000 véhicules par an, témoigne de son ambition intacte. Ce nouveau site XXL devrait voir le jour en 2026.

Grands Prix de la Rechange 2025 : Mehmet Altun, l’itinéraire d’un surdoué de l’aftermarket

"Une réussite incroyable, une croissance express, etc." Les superlatifs n’ont pas manqué quand les jurés des Grands Prix de la Rechange se sont penchés sur la candidature de BAP France et de son jeune dirigeant (31 ans), Mehmet Altun.

Ce n’est donc pas une surprise de voir ce dernier remporter le Prix du Jeune Manager. Une consécration logique pour ce patron qui carbure depuis déjà quinze ans dans l’après-vente.

En 2010, à 17 ans seulement, épaulé par son père, il ouvre un centre auto à Beynost (01). Très vite, le garage, baptisé Beynost Auto, se forge une solide réputation, révélant chez Mehmet Altun un talent naturel pour le business. "J’ai toujours su que mon avenir était là, entre mécanique et stratégie commerciale."

Un modèle unique au service des réparateurs

Son ambition prend un virage décisif quand le dirigeant réalise que les réparateurs peinent à s’approvisionner. L’idée d’un commerce dédié germe dans son esprit et, en 2019, il s’essaye à la vente de pièces de rechange auprès de ses confrères. Pari gagnant : l’activité décolle avec un chiffre d’affaires de 1,6 million d’euros. La formule repose, tout d’abord, sur une stratégie one-stop shop audacieuse.

Batteries, lubrifiants, pièces… On ne se bride pas, c’est une forceanalyse-t-il.

Autre atout de BAP : son service logistique. Quand ses concurrents se limitent à des livraisons classiques, le distributeur pousse le moteur à fond pour garantir un taux de service optimal aux réparateurs, et favoriser leur productivité. "Entre nos agences et les plateformes, nos navettes assurent jusqu’à quatre tournées par jour. Nos utilitaires peuvent faire jusqu’à 500 ou 600 kilomètres par jour sur nos zones de chalandise."

Allant jusqu’au bout de sa démarche, le dirigeant vient d’ouvrir, fin avril, sa propre plateforme, Kartal Logistique. Située à Genas, près de Lyon, elle compte 60 000 références disponibles en quelques heures seulement.

Fort de cette stratégie, BAP a déjà élargi son empreinte locale avec sept points de vente auxquels s’ajoutent trois magasins franchisés, localisés à Vénissieux (69), Valence et Montélimar (26). Un maillage qui va s’étendre cette année avec l’ouverture d’un nouveau site franchisé à Grenoble (38).

Une stratégie portée par une équipe soudée

Le modèle BAP est tellement unique que le groupe a rarement eu recours à la croissance externe pour son développement, lui préférant la création ex nihilo de magasins.

Notre organisation est si particulière qu’elle me semble compliquée à déployer dans un magasin déjà opérationnel. Ce qui ne veut pas dire que je ferme la porte à des acquisitionsexplique Mehmet Altun.

Pour mener à bien chacun de ses projets, il peut s’appuyer sur une équipe soudée, compétente et fidèle. Chaque pôle clé de l’entreprise est animé par des collaborateurs engagés et expérimentés : de la gestion des stocks au transport, en passant par le développement du réseau de franchises ou encore la direction financière. Cette force collective est l’un des piliers majeurs de la réussite de l’entreprise.

Parfaitement épaulé, Mehmet Altun veut aujourd’hui poursuivre la diversification de son offre : création d’une MDD (BK One), lancement d’un réseau de garages, etc. S’il est toujours en quête de nouveautés, le dirigeant n’entend toutefois pas brûler les étapes.

"D’ici 2026, on renforce nos bases : chaque processus sera optimisé, rien ne sera laissé au hasard. Ensuite, place à l’accélération ! Des recrutements viendront muscler nos équipes, avec un seul objectif : ouvrir chaque année une à deux succursales, et lancer au moins deux à trois franchises pour étendre notre présence", prévient-il.

Dans un marché où l’audace paye, Mehmet Altun n’en est encore qu’au début d’une longue aventure.

Grands Prix de la Rechange 2025 : Essor Automobile, lauréat dans la catégorie distributeur poids lourd

En 2026, Essor Automobile fêtera ses 80 ans. Fondée en 1946 par Jean Maupoil, l'entreprise est restée, depuis ses débuts, entre les mains de la même famille. À sa tête aujourd'hui : Hubert Maupoil, petit-fils du fondateur, qui a d'abord vu son oncle et sa mère (toujours PDG) en prendre les commandes en 2005. Arrivé dans la société familiale au début des années 2010, il a fini par en racheter la majorité des parts le 31 décembre dernier. "J'ai fait à peu près tous les postes, en commençant tout en bas de l'échelle jusqu'à être, désormais, directeur général", retrace-t-il.

Une trajectoire ascendante, ponctuée d'un premier projet majeur : le déménagement de l'entreprise d'ici à 2028. "Nous sommes à l'étroit avec nos 2 000 m² à Bétheny. Les prochains locaux avoisineront les 3 000 m²." Toujours situé dans l'agglomération rémoise, ce futur site permettra à la fois d'augmenter les capacités de stockage et de développer l'activité mécanique VL, lancée en 2019. Aujourd'hui équipé de trois ponts, l'atelier devrait au moins doubler de capacité dans sa future configuration.

70 % de l'activité en PL

Si l'activité VL a démarré dans les années 1980, c'est bien la pièce poids lourd qui constitue l'ADN d'Essor Automobile. Et les chiffres confirment cette orientation. En 2024, le poids lourd a généré 4,5 des 5,8 millions d'euros de chiffre d'affaires de l'entreprise. C'est plus de 70 % de l'activité totale, avec une croissance supérieure à 7 %. Sous l'enseigne MP Truck pour son activité PL et Precisium pour sa branche VL, Essor Automobile s'appuie sur l'expertise et les outils d'Alliance Automotive Group.

L'entreprise compte aujourd'hui 27 salariés, un effectif en croissance, à la hauteur de ses ambitions. "Nous avons un fort ancrage territorial et une vraie souplesse décisionnelle. Le fait de rester une entreprise familiale nous permet de réagir rapidement, en particulier face aux enjeux concurrentiels sur les prix. Cette réactivité, alliée à notre proximité avec les clients, fait la différence face aux grands groupes", analyse le dirigeant.

Des gammes alternatives en plein essor

La clientèle du distributeur est particulièrement variée : transporteurs, BTP, messagerie, grandes comme petites flottes. Pour répondre à leurs attentes, Essor Automobile propose à la fois des marques d'origine (Haldex, Knorr, Saf, Shell, Textar…) et des gammes adaptables. Ces dernières ont d'ailleurs été significativement renforcées ces derniers mois. Objectif : "Se défaire de l'emprise des constructeurs et de la première monte, et s'adapter aux besoins du marché", explique Hubert Maupoil.

Hubert Maupoil

Hubert Maupoil

Il poursuit : "Nous avons toujours été vendeurs de marques d'origine ou équivalentes. Nous avons adapté notre offre à notre clientèle et formulons désormais toujours une double proposition, avec une marque adaptable. Cela permet au client de faire son choix en fonction de ses besoins et du véhicule à entretenir." En parallèle, une nouvelle gamme d'outillage a été lancée début 2025, consolidant l'offre globale du distributeur.

Une extension territoriale ?

Au-delà du futur déménagement, l'ouverture de nouveaux sites est une piste à l'étude. "C'est en réflexion", confie Hubert Maupoil. "Nous envisageons la création de petits sites pour améliorer encore le service rendu à nos clients. Certaines zones à faible concurrence présentent un réel potentiel. Mais rien ne sera engagé avant notre déménagement."

Une chose est sûre : Essor Automobile ne manque ni de projets, ni d'élan. Rendez-vous à la fin de la décennie pour découvrir le prochain chapitre de cette saga familiale bien ancrée dans le paysage de la rechange poids lourd.

Grands Prix de la Rechange 2025 : comment Blanchardet-Sarrat a reconquis son territoire

Après Autodistribution Dufour Auvergne l’an dernier, c’est de nouveau un distributeur au triangle rouge qui rafle le Prix du Distributeur Groupe cette année. Et pas des moindres, puisqu’il s’agit de Blanchardet-Sarrat.

Avec huit points de vente dans les Landes, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées, un chiffre d’affaires passé de 29 à plus de 40 millions d’euros en quatre ans seulement, et une équipe portée à 139 collaborateurs, l’entreprise centenaire vit un véritable renouveau sous l’impulsion de son dirigeant, Jérôme Mougin.

"Ce prix arrive à un moment intéressant. J’ai repris la direction générale Blanchardet-Sarrat en 2013. Ce trophée récompense le travail des équipes et la dynamique de l’entreprise ces douze dernières années", salue-t-il.

Le mariage gagnant entre Blanchardet et Sarrat

Si Blanchardet-Sarrat est aujourd’hui devenue une référence incontestable du réseau Autodistribution, sa situation était tout autre au début des années 2000. Rapide flashback : la filiale doit ses origines à l’entreprise Blanchardet, fondée en 1930 avec un premier point de vente.

Elle s’est fortement développée lors du rapprochement de trois entreprises historiques à Pau dans les années 1990rappelle Jérôme Mougin.

Une étape marquante a lieu en 1994, lorsque le grossiste s’installe dans un magasin unique à Lescar (64). "Ce site est resté notre siège jusqu’en 2019, date à laquelle nous avons déménagé à Billère", poursuit-il.

Mais les années 2000 sont difficiles. "À partir de 2004, après le départ de Christian Amirault vers la centrale, Blanchardet a connu huit années instables avec quatre dirigeants successifs", retrace le directeur général. Quand il est nommé en 2013, l’entreprise a un Ebitda négatif et nécessite un vrai redressement. Une opération majeure est alors réalisée début 2016 avec la fusion de Blanchardet et Sarrat, filiale des Landes et du Lot-et-Garonne.

Ce mariage heureux marque un tournant dans le développement du distributeur, qui décide de se concentrer sur ses activités à forte valeur ajoutée. En 2017, il cède son activité paloise de fournitures industrielles à Rubix. "En revanche, nous avons conservé cette activité dans les Landes".

C’est aussi à cette époque que le distributeur isole son service poids lourd pour constituer une plaque spécifique dans le Sud-Ouest, dont la direction est confiée à Gérald François, jusque-là dirigeant de Sarrat. Autre opération notable : à l’été 2018, Blanchardet-Sarrat se sépare de ses activités du Lot-et-Garonne auprès d’Autodistribution Aquitaine.

Nouvelles ambitions après un recentrage stratégique

Ce travail de restructuration porte progressivement ses fruits. "Nous nous sommes concentrés, dans un premier temps, sur nos clients historiques en partant sur de nouvelles bases. Par la suite, nous avons profité de l’après-Covid pour retrouver de nouveaux clients".

Sur de bons rails, Blanchardet-Sarrat engage de nouveaux développements commerciaux, et étoffe notamment son offre en misant sur le pneumatique et la carrosserie. Autre levier majeur de cette transformation, l’animation commerciale se veut soutenue avec, chaque année, plus de 200 promotions et actions variées.

Le distributeur a également repris en main son réseau de réparateurs. Avec 115 garages sous enseigne, l’entreprise a structuré son accompagnement avec des responsables dédiés par activité : mécanique et carrosserie. "D’un côté, des équipes spécialisées en animation et développement du réseau ; de l’autre, des commerciaux qui s’occupent du business", explique Jérôme Mougin.

Jérôme Mougin, directeur général de Blanchardet-Sarrat, a été le maître d’œuvre de la transformation de la filiale avec une stratégie alliant rigueur opérationnelle et ancrage territorial. ©Blanchardet-Sarrat

Jérôme Mougin, directeur général de Blanchardet-Sarrat, a été le maître d’œuvre de la transformation de la filiale avec une stratégie alliant rigueur opérationnelle et ancrage territorial. ©Blanchardet-Sarrat

Un pari payant, puisque les professionnels représentent aujourd’hui plus de 80 % du chiffre d’affaires de la filiale. Pour maintenir une réactivité optimale auprès de ses réparateurs, Blanchardet-Sarrat a d’ailleurs revu son organisation logistique. Autrefois externalisé, le service de livraison a été progressivement internalisé, à hauteur de 60 % à présent.

Une reprise en main indispensable aux yeux du grossiste palois, qui organise de deux à six tournées quotidiennes selon les zones. "Six tournées sont réservées aux grandes agglomérations. Sur des villes intermédiaires comme Tarbes ou Mont-de-Marsan, nous en effectuons entre quatre et cinq. Dans les zones plus rurales, on ne dépasse pas les deux tournées. Dans les Landes, on peut parcourir 50 km sans rencontrer un seul garage !", détaille Jérôme Mougin.

Gestion rigoureuse pour une croissance durable

Outre cette nouvelle dynamique commerciale, Blanchardet-Sarrat doit aussi son redressement à une gestion rigoureuse. "Je fais partie d’une filiale, mais j’ai toujours veillé à nos coûts, c’est important", insiste son directeur général. "Nous tenons à préserver nos marges puisqu’elles nous permettent de mettre en place nos actions et animations sur le terrain".

Là encore, ce travail se révèle fructueux : l’entreprise du Sud-Ouest a enregistré un résultat net de plus de 4 millions d’euros en 2024. Des chiffres très encourageants pour la filiale du groupe Autodistribution, qui peut ainsi investir dans de nouveaux projets. Parmi eux, le déploiement prochain de Hub360, le nouvel e-book du groupement.

Cette solution digitale dédiée va permettre aux 12 commerciaux de mieux gérer leurs interactions terrain et d’optimiser leur suivi client. "Cet outil améliorera la préparation et l’organisation des tournées de nos commerciaux, l’interactivité entre nos services et l’autonomie commerciale", souligne Jérôme Mougin.

Fidèle à ses engagements environnementaux, la société vient en outre d’équiper ses deux sites principaux de véhicules électriques pour les livraisons locales. Pour les prochains mois, les ambitions restent fortes avec un objectif ambitieux de 43 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les projets ne manquent pas, à commencer par la rénovation complète des showrooms, que le distributeur vient de finaliser.

L’année sera également marquée par la célébration des 40 ans du réseau AD, avec de nombreuses animations prévues. En point d’orgue : une présence attendue à Equip Auto, en octobre 2025, avec environ 60 clients privilégiés.

De nouvelles conquêtes commerciales en vue

Confiant, le dirigeant entend poursuivre la croissance de son entreprise en misant sur son ancrage régional. Blanchardet-Sarrat s’est notamment fixé pour objectif de renforcer son maillage logistique sur la période 2025-2027. "Ce qui implique des recrutements, de nouvelles tournées et la conquête de territoires. C’est le cas dans les Landes, où nous venons d’engager un commercial supplémentaire. Ce secteur a été redécoupé pour favoriser notre prospection", confie Jérôme Mougin.

Pour compléter son maillage local, il n’écarte pas non plus la croissance externe… Pas de doute : le redressement accompli ces dernières années ne marque qu’une étape pour Blanchardet-Sarrat, résolument tourné vers l’avenir. Fort de l’élan insufflé par Jérôme Mougin, le distributeur palois semble prêt à écrire de nouveaux chapitres prometteurs dans son histoire déjà riche de près d’un siècle.

Grands Prix de la Rechange 2025 : Avatacar, un modèle unique signé MPSA

Ouverts aux distributeurs de pneumatiques depuis quatre ans, les Grands Prix de la Rechange couronnent cette année un grand nom de la gomme. Le groupe MPSA (Massa) s’est imposé comme une évidence aux yeux du jury, qui a salué la singularité de son modèle. Avec son concept Avatacar, véritable passerelle entre digital et réseau physique, l’entreprise a su conjuguer innovation technologique, proximité client et performance commerciale.

"Nous sommes une entreprise familiale, nous représentons les petits dans un monde de géants, rappelle Magali Massa, codirigeante avec son frère Cédric du groupe MPSA. De fait, cette reconnaissance du marché est gratifiante." En l’espace de sept ans, Avatacar s’est installé comme une alternative aux réseaux traditionnels.

Son offre produits, riche de plus de 700 000 pneus et 40 marques, constitue assurément l’un de ses atouts majeurs. Réparti entre une plateforme nationale à Beaune (21) et dix dépôts régionaux (un onzième prochainement), ce stock est ainsi livrable deux fois par jour sur l’ensemble du territoire.

Associée à de la pièce mécanique, cette offre a séduit de nombreux garages : 300 ont déjà rejoint les rangs de l’enseigne, et 700 sont envisagés à moyen terme. Si ces derniers ont adhéré au concept, c’est qu’ils y trouvent bien plus que du stock. "Les gens qui constituent notre réseau nous ressemblent. Ce sont des entrepreneurs avec leur lot de problématiques à gérer", résume Magali Massa.

Comprendre les besoins, offrir des solutions

L’agilité est une qualité fondamentale du modèle Avatacar. En comprenant les besoins de ses adhérents et avec cette capacité à innover, l’enseigne a su développer toute une palette de solutions facilitant le quotidien des réparateurs.

Exemple : Avatacar a internalisé son service informatique (30 personnes). De quoi contribuer à développer des outils rapidement et en parfaite adéquation avec ses attentes. À l’instar du portail de gestion des retours, déployé depuis quelques mois. L’application Avatacar Pro, adoptée par 90 % des adhérents, en est une autre illustration. Et quand elle ne sait pas faire, l’enseigne sait s’entourer.

Une solution de financement, avec Floa Bank, est à disposition des garages, tout comme une autre (Opisto) pour la pièce de réemploi. "On a beaucoup innové depuis 2018. On a déployé beaucoup de choses, auxquelles peu de gens croyaient. Voir que le marché nous récompense aujourd’hui vient valider le concept", apprécie Olivier Cavagna, responsable du réseau.

D'une génération à l'autre

Avatacar doit aussi son succès à la maîtrise et à la vision stratégique d’une famille emblématique du pneumatique. Massa Pneu a longtemps fait figure de référence dans la distribution. En choisissant au milieu des années 2010 de céder leurs quelque 140 points de vente au groupe Continental, les Massa ont pris, en famille, un virage que certains estimaient risqué à l’époque.

"Quand on a repris le groupe avec mon frère, il y avait déjà cette expertise, ce savoir-faire. Mais dans tout ça, le vrai visionnaire de notre génération, c’est Cédric, salue sa sœur cadette. C’est lui qui a compris très tôt comment on devait évoluer."

Avec le soutien indéfectible de leurs aînés, les deux quadragénaires ont relevé ce défi et ne se fixent aucune limite. Alors que MPSA a généré en 2024 un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros, le prochain enjeu sera de faire connaître Avatacar auprès du grand public, bien au-delà du premier cercle de l’après-vente qui l’a déjà adopté.

Grands Prix de la Rechange 2025 : ACR Group récompensé pour la qualité de son réseau de plateformes

Nicolas Bencteux n’avait sans doute pas besoin d’un trophée pour mesurer la valeur de ses équipes. Mais le directeur général d’ACR Group partage sa "satisfaction" de récolter une récompense qui vient souligner "l’engagement et le travail des équipes ces dernières années." Nommé à la tête de la filiale de PHE après la crise sanitaire, le responsable a accompagné une véritable métamorphose de l’organisation.

Après le choc de la Covid en 2020, ACR Group réalise un exercice record l’année suivante. Un rebond spectaculaire, qui pousse pourtant la direction à s’interroger. "En 2021, la croissance est venue d’elle-même. L’enjeu était de la pérenniser. C’est à ce moment-là que nous avons commencé à repenser notre modèle."

Un réseau repensé

2022 va ainsi marquer le début des grandes manœuvres. Le réseau de plateformes intègre les gammes et la logistique de son cousin belge Doyen Auto, entraînant une redéfinition complète de son maillage national. Un besoin renforcé par la montée en puissance d’ACR auprès des réseaux multimarques et des grands comptes qu’il convient de servir au mieux.

Des sites sont déplacés, tels Marseille et Toulouse, d’autres restructurés, à l’image de Nantes, Toulouse, Lille ou Lyon. La plateforme de Villefranche (Yonne), qui centralise la gestion des retours pour l’ensemble du groupe, poursuit quant à elle sa mue. Dans le même temps, un système de gestion d’entrepôt (WMS) commun aux neuf sites est déployé. Un projet aussi stratégique que risqué, comme en témoignent les écueils rencontrés par d’autres acteurs du secteur. ACR Group, lui, franchit cette étape avec succès.

Pour Nicolas Bencteux, ces projets, bien que complexes, restent maîtrisables. "Ouvrir une plateforme ou mettre en place un nouvel outil informatique, ce sont des missions encadrées, avec un début et une fin. D’autres sujets, en revanche, demandent une implication continue et une adaptation permanente."

L'enjeu du dernier kilomètre

Parmi ces sujets de fond, la question du transport reste centrale. "La qualité du service du dernier kilomètre est déterminante. Si l’on réussit toute la chaîne en amont mais que l’on échoue sur la livraison finale, tout est perdu", affirme Nicolas Bencteux. Contrairement à certains concurrents, ACR Group a fait le choix de ne pas internaliser cette activité.

En revanche, l’entreprise a mis en place des tournées dédiées dans certaines régions et a renforcé sa politique de sélection des prestataires. Objectif : établir une interface relationnelle solide et s’appuyer sur des systèmes interconnectés pour assurer un suivi précis des opérations.

Autre enjeu majeur : le positionnement stratégique du réseau de plateformes. Dans un contexte d’inflation, certains acteurs ont privilégié une politique tarifaire agressive. ACR, au contraire, a tenu le cap. "Il y aura toujours un concurrent moins cher que vous, resitue le directeur général. Rester au-dessus de cette bataille implique d’y associer du service."

Ce qui passe par la qualité et la profondeur des gammes, la disponibilité partout sur le territoire ou encore la fiabilité des livraisons. Pour aller toujours plus loin dans cette démarche qualité, d’autres sites régionaux vont encore nécessiter des investissements dans les deux ans à venir. C’est à ce prix qu’ACR continuera de grandir, quelles que soient les tendances du marché.

Grands Prix de la Rechange 2025 : Ragues, champion de l'animation réseau

Quand il est difficile de trancher, alors autant ne pas le faire ! Une fois n’est pas coutume, le jury des Grands Prix de la Rechange a choisi de remettre non pas un, mais deux Prix de l’Animation Réseau. Parmi les nombreuses candidatures, deux ont particulièrement retenu l’attention de notre panel d’experts. Aux côtés du groupe TIC (Agra), le groupe Ragues figure ainsi au tableau d’honneur de cette édition 2025.

Une juste récompense pour un acteur historique du monde de la rechange. Née dans les années 1950, l’entreprise familiale a bâti sa réputation sur sa maîtrise de la distribution de pièces détachées. Adhérent Groupauto depuis 1988, Ragues rayonne en Normandie et dans la Sarthe avec douze points de vente, et une plateforme (Pavi Ouest) implantée à Giberville (14), pour un chiffre d’affaires d’environ 80 millions d’euros.

Mais ce succès, le distributeur ne le doit pas uniquement à cette activité. Depuis plus d’un quart de siècle, sa stratégie est également étroitement liée au développement réseau. "Chez nous, c’est une question de culture d’entreprise, résume Pierre Ragues, directeur général du groupe. Mon père [Marcel, ndlr] a démarré cette activité au tout début de Top Garage à la fin des années 1990."

Animer et recruter

Précisément en 1999, date à laquelle le groupe a amorcé cette aventure avec le soutien, quelques années plus tard, de Top Carrosserie. Deux panneaux qui permettent au distributeur de fédérer des garages en quête d’un support tant sur le plan du marketing, de la communication, des conditions d’achat que des outils. Avec l’apport des enseignes Garage Premier et, depuis cinq ans, de Bosch Car Service, le groupe Ragues réussit à rassembler aujourd’hui 120 ateliers sur sa zone de chalandise.

Pour donner du sens à cette stratégie, deux coordinateurs se divisent la zone avec pour principales missions d’animer les adhérents actuels et d’en recruter de futurs. Soutenus par les responsables des ventes et les attachés technico-commerciaux (ATC), ces coordinateurs jouent un rôle majeur dans la vie du réseau. En 2024, Ragues a enregistré pas moins de 18 arrivées. Un bilan positif qui résulte davantage d’une question d’opportunités que d’une réelle volonté d’accélérer.

"L’idée n’est pas d’intégrer pour intégrer, précise le directeur général. On cherche des gens qui ont envie d’avancer avec nous, qui croient en notre histoire et qui ont confiance en nous. En retour, on attend d’eux qu’ils jouent le jeu de leur distributeur et qu’ils viennent à nos réunions. Tout cela fait que les opportunités sont plus ou moins longues à se concrétiser."

La fidélité ne se tarit pas

Mais cette réussite est aussi liée à la variété des cartes proposées. Dans sa main, le groupe Ragues dispose de ses deux panneaux premium ; d’un autre secondaire, Garage Premier, riche en vertus et qui peut aussi constituer une porte d’entrée vers le niveau du dessus ; et d’un quatrième lui permettant de compléter son maillage avec un profil de garage différent.

Et si, au fur et à mesure des années, les pistes de développement se réduisent, la zone de jeu n’étant pas extensible, le dirigeant croit toujours au potentiel de cette thématique. "Il y aura toujours des trous dans la raquette. À nous de rester attentifs."

Surtout, le temps a fait son œuvre, prouvant à l’adhérent Groupauto qu’en faisant correctement son travail, la fidélité des ateliers ne se tarit jamais. Bien au contraire. Le vrai succès du groupe normand est donc peut-être là, dans la constitution de cette communauté de professionnels qui apprécie de se retrouver et d’échanger sur diverses problématiques. C’est tout l’intérêt d’un réseau, et Ragues l’a bien compris.

Réparation automobile : les pièces font grimper la facture

Après deux années de fortes hausses, la tendance semble s’infléchir chez les ateliers automobiles. C’est ce que révèle la dernière édition du baromètre des prix de la réparation publié par idGarages.com. Basé sur près d’un million de devis réalisés au premier trimestre sur la plateforme, l’indicateur fait état d’une progression moyenne des tarifs de 6,7 %, contre 7,6 % l’an passé et 11,5 % en 2023.

Le coût des pièces détachées tire les prix de la réparation

Cette hausse modérée masque des évolutions contrastées selon le type de prestation. Côté main-d’œuvre, les tarifs diminuent légèrement (-1,2 %) pour les interventions simples, une baisse qui s’inscrit dans un contexte de repli des entrées atelier au premier trimestre 2025 (-8 %). À l’inverse, les opérations plus techniques enregistrent une légère augmentation.

Ce sont les prestations dominées par le coût des pièces qui tirent les prix vers le haut. Le remplacement de disques et plaquettes avant grimpe ainsi de 11 %, à 440,67 euros en moyenne, tandis que le changement de courroie de distribution atteint 731,26 euros (+12,2 %). En cause selon idGarages : la montée des tarifs équipementiers, combinée à une hausse des coûts logistiques et de distribution.

 

Certaines prestations à forte composante main-d’œuvre évoluent peu. C’est le cas de la révision climatisation (+2,2 %) ou du diagnostic électronique, dont le prix recule même très légèrement (-0,4 %). Le décalaminage moteur, facturé en moyenne 111,18 euros (+7,6 %), voit ses tarifs progresser à la faveur d’une évolution des techniques utilisées et d’investissements dans des équipements spécifiques.

Des tarifs plus homogènes entre régions

"Après deux années de hausse marquée, le marché de la réparation automobile revient à une forme d’équilibre. Nous assistons à la fin de la période inflationniste. Les garages s’adaptent à un contexte économique incertain et au retour des arbitrages budgétaires des ménages. Dans ce contexte, la transparence et la comparaison des prix prennent encore plus d’importance", observe Fabien Borsa, CEO d’idGarages.com.

Avec plus de 4 000 garages partenaires, la plateforme revendique en 2024 quelque 32 millions de devis générés, pour plus de 8 millions de visiteurs uniques.

Autre enseignement de ce baromètre : l’écart maximal entre la région la plus chère et la moins chère n’est plus que de 3 points, contre 11 un an plus tôt. En moyenne, un Francilien paie aujourd’hui 12 euros de plus qu’un automobiliste normand pour une même intervention.

La Normandie devient ainsi la région la plus abordable, avec des prix 1,6 point en dessous de la moyenne nationale, tandis que l’Île-de-France reste en tête du classement des régions les plus chères (+1,5 point). À l’échelle départementale, les écarts restent notables : à Paris, les tarifs dépassent de 15 points la moyenne régionale, contre -7 points dans le Val-de-Marne.

Métiffiot recrute la "Génération M"

Carrossiers, mécaniciens, vendeurs de VO, administratifs… Métiffiot met en avant le savoir-faire et l'humanité de ses salariés. Le réparateur valentinois affiche leur portrait dans les rues de Valence (26), les hissant au rang de célébrités locales exemplaires. Il en emploie 47 dans ses trois activités de carrosserie, mécanique et vente de véhicules d'occasion, sans oublier son équipe de gestion. L'entreprise membre de Carflex compte attirer six à huit nouveaux salariés et cinq apprentis en 2025. Et c'est donc pour se faciliter la tâche qu'elle a décidé de créer sa propre "marque employeur", à l'imitation des grandes enseignes.

Métiffiot lance ainsi le concept de Génération M, en référence aux classements générationnels X, Y, Z et Alpha. Pour le mettre en avant, la carrosserie investit dans le marketing pour soigner son image à destination de ses clients et candidats potentiels au recrutement, ainsi que de ses salariés. Elle consacre ainsi la moitié de son budget de communication annuel global de 60 000 euros au recrutement. Cette somme est investie dans des campagnes multicanal. Ses messages "décalés" sont diffusés au travers de campagnes sur les réseaux sociaux, de spots radio, d'affichage sur les abribus de sa zone de chalandise, ainsi que de publicités dans les magazines professionnels nationaux.

Attachée aux pratiques RSE

"Nous croyons fermement que nos meilleurs atouts sont nos propres collaborateurs", affirme Stéphane Métiffiot, codirigeant de la carrosserie éponyme. Ainsi, pour mettre en avant ses efforts d'expertise technique, ses dirigeants valorisent notamment le parcours de David Arzfian. Ce salarié, initialement embauché en alternance, s'est récemment qualifié pour la prochaine finale des Olympiades des métiers 2025. Un parcours exemplaire porté par l'entreprise.

Stéphane Métiffiot précise que "la Génération M, c’est avant tout un état d’esprit : celui de l’engagement, de la passion pour l’automobile, et d’une fierté partagée d’appartenir à une entreprise qui innove et se soucie du bien-être de chacun". En effet, concernant ce dernier point, la carrosserie s'engage depuis longtemps dans le domaine de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Après avoir fêté ses 150 ans en 2024, elle a également été récompensée dernièrement par Mobilians pour ses efforts environnementaux et sociaux.

Fort de ses pratiques, Métiffiot les fait donc connaître aujourd'hui au travers de son marketing et de sa communication. Sa "marque employeur" parachève cette stratégie en la déclinant au service du recrutement. Le carrossier assure qu'elle représente "un levier essentiel pour maintenir la croissance de l’entreprise et relever les défis de la mobilité de demain". Un point qui concerne plus largement l'ensemble de la profession.

Top départ pour le programme Premium Experience d'AutoFirst

C’est dans un cadre à la fois technique et ludique que le réseau AutoFirst France a réuni ses adhérents, les 25 et 26 juin 2025, pour le lancement de son programme de fidélité. Organisé sur le circuit de Dijon-Prenois (21), en partenariat avec l’équipementier Sidem, cet événement a marqué le coup d’envoi de l’AutoFirst Premium Experience. Son objectif : renforcer les liens entre le réseau de réparateurs, ses distributeurs et ses partenaires.

"Le programme de fidélité AutoFirst Premium Experience est une suite logique de notre développement et permet de réunir nos partenaires dans un contexte convivial pour souligner l’implication et la fidélité des adhérents au réseau AutoFirst et à nos distributeurs Business Partners", affirme Ludovic Montenot, directeur marketing et réseau de LKQ France.

Sidem présente ses nouveautés

Au-delà de l’aspect convivial, cette première édition a permis aux participants de monter en compétence sur des gammes stratégiques pour AutoFirst. La liaison au sol, avec les produits Sidem, a été particulièrement mise en lumière.

François Duhem, international sales manager du fournisseur, s’est réjoui de l’initiative : "Ce fut une excellente opportunité de présenter la marque Sidem et d’échanger autour de retours terrain particulièrement enrichissants. Un grand plaisir également de partager un moment convivial dans le cadre d’un événement sportif parfaitement organisé par LKQ France".

Au cours de ce rendez-vous, l’enseigne a également mis en exergue les offres d’Emotive, dont les gammes ERA. Le réseau a aussi profité de l’occasion pour dévoiler en avant-première neuf nouvelles familles de produits de la marque Optimal.

Une deuxième édition à Pont-l’Évêque (14)

La formation était aussi à l’honneur grâce à l’intervention de la LKQ Academy et de Snap-on autour des stations ATF. Ces temps d’échange ont contribué à renforcer l’expertise technique des réparateurs, dans une logique de montée en compétence continue.

LKQ France précise que la deuxième édition du programme est prévue le 17 septembre prochain. Cette fois, les équipes AutoFirst et leurs partenaires se retrouveront sur le circuit de l’EIA à Pont-l’Évêque (14), pour une nouvelle journée mêlant technique, formation et expérience de conduite.

Ludivine Gloria rejoint Valused en tant que directrice marketing et offre

Valused étoffe ses équipes avec la nomination de Ludivine Gloria au poste de directrice marketing et offre. Cette dernière a pris ses fonctions en juin 2025 avec pour objectif d’accélérer le développement de la jeune entreprise, créée par Julien Dubois, Jean-Michel Guarneri et Kais Omri.

Dans le cadre de ses nouvelles responsabilités, Ludivine Gloria pilotera la stratégie produit, le marketing digital et l’animation de la base clients, tout en contribuant activement à la notoriété du spécialiste de la vente BtoB de pièces automobiles reconditionnées.

Avant de rejoindre Valused, Ludivine Gloria a occupé plusieurs postes de direction marketing dans l’après-vente automobile, notamment chez ZF Group où elle a piloté d’août 2021 à mai 2025 la stratégie marketing France et Benelux. Elle y a coordonné les plans d’animation commerciale, le suivi des KPI et le déploiement des réseaux sociaux.

Ludivine Gloria a également évolué chez Oscaro, où elle a exercé différentes fonctions pendant plus de sept ans (2011 à 2015), allant du pilotage d’offres produits à la stratégie marketing France, Espagne et Belgique. Entre 2008 et 2011, Ludivine Gloria a aussi œuvré pour le réseau Midas, en tant que category manager.

Covéa et Faubourg s’unissent autour d’Aniel Marketplace

Acteur majeur de l’assurance en France avec ses marques MAAF, MMA et GMF, Covéa s’associe au groupe Faubourg. Dans un communiqué, l’assureur mutualiste indique qu’un "partenariat industriel et capitalistique" a été noué avec l’entité Aniel Marketplace, sans en préciser les contours.

Ce rapprochement vise à bâtir une place de marché B2B de premier plan dans le domaine de la pièce automobile, ouverte à tous les professionnels de la réparation. L’objectif est clair : encourager une réparation plus responsable en doublant l’utilisation de pièces de réemploi dans les sinistres automobiles gérés par Covéa d’ici à 2030.

L’assureur entend aussi réduire les coûts de la sinistralité automobile qui ne cessent de croître, en particulier au cours de ces deux dernières années (+15,5 %). En 2023, les pièces de carrosserie ont représenté 52 % de ce poste, et leur prix a grimpé de 18 % sur la même période.

Covéa se prépare à l’ouverture du marché des pièces de carrosserie

Cette initiative fait d’ailleurs écho aux propos tenus par Stéphane Duroule, directeur général Assurances France du groupe mutualiste, lors d’un entretien en septembre dernier au J2R. Il y affirmait la volonté de Covéa de s’impliquer plus activement dans la préservation de la pluralité et de l’indépendance de la filière du réemploi.

En s’alliant à Aniel, le groupe met également un pied sur le marché des pièces dites de qualité équivalente, qui font aussi partie du catalogue de la filiale du groupe Faubourg. Alors que le monopole sur les pièces de carrosserie est remis en cause par les autorités européennes, Covéa anticipe ainsi une possible ouverture du marché et affirme ses ambitions sur ce segment stratégique.

Une marketplace adossée à deux expertises complémentaires

La future plateforme reposera sur les fondations d’Aniel Marketplace, qui avait été lancée en 2019 par le groupe Faubourg. Elle proposera une offre étendue de pièces neuves – d’origine, d’équipementier ou de qualité équivalente – ainsi qu’un large éventail de pièces de réemploi, avec un haut niveau d’exigence en matière de qualité, de traçabilité et de conformité.

Le nouveau projet s’appuie également sur le poids de Covéa dans l’écosystème de la réparation automobile assurantielle, afin de fédérer l’ensemble des acteurs favorables à une filière plus vertueuse, tant sur le plan économique qu’environnemental.

Une gouvernance partagée

La gouvernance de la structure a d’ores et déjà été définie. La présidence revient à Maël-Yann Le Capitaine, actuel directeur général d’Aniel Marketplace, tandis que la direction générale sera assurée par Laurent Decelle, issu du groupe Covéa. Les prochains mois seront consacrés à la coordination des équipes et à la coconstruction de l’offre. L’objectif est de rendre l’ensemble opérationnel d’ici la fin de l’année.

"En s’engageant dans ce partenariat stratégique, Covéa se donne pour objectif le doublement de l’usage des pièces de réemploi pour les sinistres de nos assurés d’ici 2030 et plus largement d’obtenir une meilleure maîtrise des coûts et qualité des pièces automobiles. Nous sommes ravis de partager cette ambition avec le groupe Faubourg et de créer ensemble une offre accessible et performante de pièces de rechange pour nos réparateurs agréés et plus largement pour l’ensemble du marché", se félicite Stéphane Duroule.

Un enthousiasme partagé par Mohamed Aouar, président du groupe Faubourg : "Il s’agit d’une étape majeure dans le développement du groupe Faubourg, et d'une réelle consécration venant parachever le travail mené depuis plusieurs années par les équipes d’Aniel Marketplace afin de développer, techniquement et commercialement, une plateforme performante et attractive."

Autodoc fait son entrée à Equip Auto

En 2022, en marge du salon Equip Auto, Autodoc annonçait le lancement en France de son offre Pro. Trois ans plus tard, le géant du e-commerce franchit une nouvelle étape dans le développement de son activité B2B et participera pour la première fois à la biennale de l’après-vente, qui se tiendra à Paris du 14 au 18 octobre.

"La proximité et l'humain sont dans l'ADN d’Autodoc Pro, et notre participation reflète notre volonté de toujours mieux comprendre les besoins du terrain. C’est l’occasion de montrer aux professionnels tout ce que nous avons mis en place pour leur faciliter le quotidien : une largeur de gamme inégalée, un accompagnement de proximité, et désormais une marque pensée pour eux", explique Mustapha El Moridi, directeur France d’Autodoc Pro.

GoCore dévoilée à Equip Auto

Présent dans le hall 1, sur le stand P043, le pure player viendra présenter ses services destinés aux professionnels de la réparation. Aujourd’hui, son programme Autodoc Pro est disponible sur l’ensemble du territoire. Il a séduit plus de 21 000 garages attirés par la solution "phygitale" de l’entreprise allemande.

Pour mémoire, elle allie notamment une plateforme de commande au catalogue étoffé, plusieurs services calibrés pour les ateliers et un réseau d’agents assurant un lien direct avec les ateliers, notamment pour le suivi des retours.

Ce premier salon Equip Auto sera également l’occasion pour Autodoc de dévoiler goCore, une marque exclusive tout juste lancée en juin dernier. Dédiée aux professionnels, elle couvre les familles de produits les plus demandées en atelier, comme le freinage, la filtration, les batteries, ou encore les éléments de suspension et de direction.

 

La montée en puissance de Groupement Union

Ils étaient 70 en 2022, ils sont aujourd'hui plus de 250. En trois ans à peine, les fondateurs de Groupement Union ont transformé une initiative locale, née en région parisienne, en un réseau national solide. Sans tambour ni trompette, mais avec méthode, le réseau de distributeurs s'est fortifié, élargi et, surtout, professionnalisé.

Au cœur de cette montée en puissance, une équipe qui s'est étoffée au fil de l'eau avec les arrivées notamment de Coralie Sakili, en charge de la communication et du marketing, et de Vanessa Sinnadurai, administratrice des ventes.

"Coralie renforce le lien avec nos adhérents à travers une communication ciblée et régulière. Elle veille à rester proche de leur quotidien. Quant à Vanessa, elle assure l'interface entre nos membres et nos partenaires, avec un accompagnement sur mesure et une vraie disponibilité", souligne Martial Dulongpont, directeur du développement.

Des renforts indispensables pour répondre aux attentes d'un réseau qui ne cesse de croître sur le territoire national. C'est notamment en Rhône-Alpes que Groupement Union a notablement consolidé son maillage, y fédérant 35 adhé­rents. "On est désormais bien implantés dans la région, et on constate que l'offre locale diffère sensiblement de celle de l'Île-de-France, que ce soit en matière de prix ou de niveaux de rémunération", observe Martial Dulongpont.

Une communauté soudée et indépendante

Pour expliquer l'essor rapide de leur réseau, les dirigeants de Groupement Union soulignent l'attrait de leur modèle alternatif, fondé sur la souplesse et l'indépendance. "Notre ambition, c'est de proposer une alternative aux groupements traditionnels, en nous appuyant sur des valeurs familiales. Lorsqu'on va à la rencontre des distributeurs, il n'est pas rare qu'ils nous disent : « C'est trop beau pour être vrai »", sourit Mourad Haiz, cofondateur et CEO du groupement.

Preuve de cet attrait, la majorité des distributeurs qui rejoignent Groupement Union n'avaient jusque-là jamais été affiliés à une autre centrale… C'est le cas de la société APA Pièces Auto, localisée à Marseille, qui était pourtant courtisée par de nombreuses enseignes.

Selon Malik Zitout, cofondateur de Groupement Union, la liberté laissée aux adhérents est un marqueur fort du réseau : "Le gérant reste patron dans son magasin avec sa propre identité. Cette notion d'indépendance, c'est notre fierté." Concernant les engagements demandés aux adhérents, le groupement mise sur un système de RFA évolutives. "Il n'y a pas d'obligation imposée", insiste Mourad Haiz. Si le groupement accorde une large autonomie à ses adhérents, il veille aussi à préserver une forte cohésion au sein de son réseau.

Cette cohésion s'exprime notamment lors de rassemblements réguliers. En mai 2024, un premier séminaire a ainsi réuni une partie du réseau à Marrakech, au Maroc. En parallèle, la centrale organise plusieurs rendez-vous régionaux, au plus près de ses adhérents. Le dernier a été organisé dans la région lyonnaise, le 27 mai, et la prochaine rencontre est prévue en fin d'année, dans la région parisienne.

"Chaque adhérent a ses propres priorités. On prend le temps de les appeler, de recueillir leur avis. C'est aussi ça, la communication : un échange dans les deux sens", complète ­Coralie Sakili. Cette proximité permet d'attirer un profil varié de distributeurs, aux volumes d'affaires très différents. "Certains font six à sept millions d'euros, d'autres ne dépassent pas les 150 000 euros. Certains ont démarré avec nous et atteignent aujourd'hui 700 000 à 800 000 euros. Ils ne nous oublient pas. On les a accompagnés à chaque étape", assure Malik Zitout.

Une logistique structurée, une offre qui s'élargit

Cette expansion territoriale s'est doublée d'un développement de l'offre qui n'a cessé de se diversifier. "Ce qu'on veut, c'est répondre à l'ensemble des besoins de nos distributeurs, qu'il s'agisse de pièces mécaniques, de vitrage ou de lubrifiants. Construire une offre complète, c'est clairement notre priorité pour 2025 et 2026", clame Mourad Haiz.

La centrale collabore aujourd'hui avec les réseaux de plateformes Exadis, DCA et ACR. Rappelons que Groupement Union s'est aussi rapproché fin 2022 d'Alliance Automotive et de son réseau Pièces Auto. "Grâce à ce maillage, nos adhérents sont livrés en H+4, parfois même en J+1. On a aussi obtenu des franco de port. L'objectif, c'est qu'ils disposent des meilleures conditions possibles, tant sur les tarifs que sur la qualité de service", ­précise Malik Zitout.

Au-delà de ces partenariats logistiques, la communauté de distributeurs a réussi à séduire plusieurs fournisseurs auprès desquels ses adhérents peuvent s'approvisionner en direct. Parmi les récents ­partenaires : Total, Torus, Warm-Up, etc. "À nos débuts, nous devions démarcher les fournisseurs. Aujourd'hui, ce sont eux qui viennent nous voir", confie Mourad Haiz.

Mais pas question pour les dirigeants de la centrale de diversifier leur offre à tout-va : ils entendent rester cohérents dans leur stratégie de sourcing. Parmi leurs priorités : mettre l'accent sur les pièces techniques, un segment amené à croître fortement dans les prochaines années.

Des outils pour piloter l'activité

Parallèlement, Groupement Union a structuré une offre de services destinée à accompagner ses adhérents dans la consolidation et le développement durable de leur activité. La formation occupe, en particulier, une place de plus en plus importante. Un centre dédié, baptisé FDE, a ainsi vu le jour en interne. "On avait constaté des lacunes chez certains adhérents. Le centre FDE les accompagne dans toutes les dimensions de leur métier : gestion des stocks, retours, créations de postes de vendeurs…", détaille Malik Zitout.

Ce n'est pas tout : des sessions thématiques sont organisées, en partenariat avec des équipementiers, pour aider les équipes à renforcer leurs compétences techniques. "Nous venons d'en faire une avec Schaeffler, et une autre est prévue avec Gates pour les vendeurs comptoir", indique Coralie Sakili.

Pour accompagner ses adhérents dans le pilotage quotidien de leur activité, Groupement Union a également mis au point plusieurs outils numériques. Parmi ceux-ci, une application leur permet de suivre en temps réel leur chiffre d'affaires, ventilé par marque et par famille de produits. Autre levier de développement : la refonte du site internet.

"Il est en ligne depuis quelques semaines et a déjà généré de nombreuses demandes d'adhésion", rapporte Vanessa Sinnadurai. Le prochain chantier prioritaire du groupement porte sur la conception d'un portail de commandes centralisé. "Il s'agira d'un hub unique avec un moteur de recherche optimisé pour accéder à tous les fournisseurs. Les tests démarrent cet été, pour un déploiement complet d'ici début 2026", annonce Mourad Haiz.

Une première à Equip Auto

Grâce à ce hub, Groupement Union espère franchir un cap dans son développement et consolider sa présence dans plusieurs zones. La région Auvergne-Rhône-Alpes, le Sud, la Bretagne ou encore l'Est sont notamment en ligne de mire. Et un cap est déjà fixé : atteindre les 300 adhérents. Une ambition que le groupement ne manquera pas d'afficher au salon Equip Auto.

Pour la première fois de son histoire, Groupement Union participera, en effet, à la biennale de l'après-vente, du 14 au 18 octobre prochain à Paris. Une nouvelle étape dans sa feuille de route. À bas bruit, la communauté élargit donc son empreinte sans dévier de sa boussole : répondre aux attentes concrètes des distributeurs indépendants.

Quelles sont les marques de véhicules récents les plus souvent accidentées ?

Le dernier rapport de l'association SRA, consacré à la sinistralité automobile en 2024, met en lumière la répartition par marques et segments des véhicules accidentés âgés de moins de six ans. Thermiques ou électriques, SUV ou citadines, françaises ou étrangères : les modèles concernés évoluent, avec des coûts de réparation très variables.

Amélioration de la réparabilité des véhicules entre 2019 et 2024

La réparabilité des véhicules de moins de 6 ans s'est légèrement améliorée entre 2019 et 2024.

Réalisée à partir de 600 000 rapports d’expertise (sur un total annuel de quatre millions), cette étude se concentre sur les véhicules vendus entre 2019 et 2024. L’association exclut les modèles rares présents dans moins de 100 dossiers, permettant ainsi des comparaisons pertinentes entre marques et segments.

Un podium toujours français

Sans surprise, le podium est dominé par Renault (17,81 % des sinistres), suivi de très près par Peugeot (17,02 %) et Citroën (8,2 %), reflétant logiquement leur part prépondérante dans les immatriculations françaises. À elles trois, ces marques françaises représentent plus de 40 % des véhicules accidentés, bien que chacune connaisse un léger recul correspondant à leur baisse de parts de marché.

À leurs côtés, quatre marques allemandes font partie du top 10 : Audi, BMW, Mercedes et Volkswagen. Elles concentrent ainsi 17,3 % des sinistres. Exceptée Volkswagen (+1 %), toutes sont nettement plus chères à réparer que la moyenne : Audi (+14 %), BMW (+16 %), Mercedes (+26 %).

Palmarès des 10 marques de véhicules les plus souvent sinistrées en 2024 :

  1. Renault (17,81 %)
  2. Peugeot (17,02 %)
  3. Citroën (8,2 %)
  4. Volkswagen (6,36 %)
  5. Dacia (5,83 %)
  6. Toyota (5,83 %)
  7. Mercedes (4,35 %)
  8. Ford (3,65 %)
  9. BMW (3,29 %)
  10. Audi (3,25 %)

Coûts de réparation par marque : celles cumulant un coût pièce et un coût de main d'œuvre très élevés présentent une gamme spécialisée (sportive, luxe ou utilitaire).

Concernant les coûts de réparation, Renault affiche un tarif moyen supérieur de 4 % à la moyenne du marché. Peugeot et Citroën sont, quant à eux, moins coûteux, avec respectivement -3 % et -6 % sous l’indice moyen. Les véhicules les plus chers à réparer, bien que rares dans les dossiers, sont dominés par des marques premium et sportives : Porsche, Dodge et Alpine. À l'inverse, Suzuki (-20 %), Dacia (-19 %) et Smart (-17 %) figurent parmi les marques les moins coûteuses à remettre sur route.

De plus en plus de véhicules électriques sinistrés

Les véhicules électriques (VE) représentent désormais 9 % des sinistres, contre 5 % en 2023, témoignant d'une électrification croissante du parc automobile français. Selon SRA, si leur nombre reste encore insuffisant pour tirer des conclusions définitives, les premières analyses confirment une tendance globale à des coûts de réparation plus élevés.

Parmi les VE, Tesla connaît la hausse la plus notable, apparaissant désormais dans 1,9 % des dossiers d’expertise, contre seulement 1,07 % l'année précédente. Ces véhicules coûtent en moyenne 12 % de plus à réparer que la moyenne générale. Toutefois, l’étude note une baisse des tarifs de main-d’œuvre chez Tesla, compensée par une stabilité des prix des pièces détachées.

BYD fait quant à elle son entrée dans l'étude avec une présence marginale (0,02 % des dossiers) mais un coût de réparation élevé (+26 % au-dessus de la moyenne), tant au niveau des pièces que de la main-d’œuvre et des ingrédients peinture.

SUV toujours en tête, mais une dynamique en mutation

Corrélation entre coûts des réparations et fréquence de sinistre

Corrélation entre coûts des réparations et fréquence de sinistre : les véhicules les plus coûteux à réparer ne sont pas ceux qui subissent le plus d'accidents... Mais, l'inverse n'est pas vrai pour autant.

Plus globalement, en tenant compte de toutes les motorisations, la part des différents segments évolue aussi. En 2024, les SUV continuent de dominer nettement les statistiques des véhicules accidentés récents, représentant 36,9 % des sinistres, une hausse de deux points en un an. Ce chiffre inclut l’ensemble des sous-catégories : citadin, compact, compact premium, familial et familial premium. Parmi eux, les SUV familiaux affichent une hausse notable (+0,8 %).

À l'inverse, les citadines enregistrent un recul significatif (-1 %), suivies par les minicitadines (-0,7 %) et les monospaces (-0,4 %). Les berlines classiques et premium voient également leur part diminuer légèrement.

Palmarès des 10 marques de véhicules les plus coûteuses à réparer en 2024 :

Ce classement repose sur une base 100 calculée à partir de la moyenne de l’ensemble des modèles.

  1. Porsche (269)
  2. Dodge (229)
  3. Alpine (198)
  4. MAN (173)
  5. Iveco (154)
  6. Land Rover (138)
  7. Lexus (130)
  8. BYD (126)
  9. Mercedes (126)
  10. BMW (116)

Retrouvez l'ensemble du rapport SRA.

Olivier Dacquin prend la présidence de Profil Plus

Une nouvelle page s’ouvre chez Profil Plus avec la nomination d’Olivier Dacquin à la présidence du réseau de distribution de pneumatiques. Il succède à Mikaël Mauguen, contraint de prendre du recul pour raisons de santé, et formera désormais avec Julie Herbault, actuelle directrice générale, un tandem opérationnel à la tête de l’enseigne. Issu du groupe Simon, adhérent majeur et historique de Profil Plus, Olivier Dacquin en est actuellement codirecteur général.

Désigné à l'unanimité par le comité de direction, le nouveau président de Profil Plus souhaite poursuivre et accélérer la stratégie amorcée par le réseau ces deux dernières années. "Prendre la présidence de Profil Plus est une responsabilité stimulante et une grande fierté. Je suis pleinement engagé à poursuivre, avec l’ensemble du réseau, le développement d’un modèle collectif performant, solide et ambitieux, au service de nos adhérents et de nos clients", précise-t-il.

Priorité à la stratégie collective pour Profil Plus

Trois axes guideront son mandat. D’abord, il souhaite renforcer le comité de direction pour garantir une gouvernance solide et collégiale, jusqu’aux prochaines élections statutaires prévues à l’été 2026. Ensuite, il entend conforter le rôle essentiel des commissions thématiques, qui mobilisent conjointement enseigne et adhérents autour des enjeux commerciaux, digitaux et d’excellence opérationnelle.

Enfin, Olivier Dacquin compte valoriser davantage l’implication active des adhérents dans les actions collectives et le déploiement des outils mutualisés. "Nous maintenons le cap fixé par le comité de direction et accélérons l’exécution d’une stratégie désormais parfaitement partagée par l’ensemble du réseau. Notre enjeu est clair : renforcer l’efficacité collective tout en préservant l’unité qui fait notre force", explique-t-il.

De son côté, Julie Herbault se félicite de cette nomination : "Je me réjouis de poursuivre notre feuille de route ambitieuse aux côtés d’Olivier Dacquin. Sa vision stratégique et son expérience du secteur sont des atouts majeurs pour le réseau. Je tiens également à remercier chaleureusement Mikaël Mauguen pour son engagement indéfectible au service de Profil Plus".

Damien de Potter, Tjekvik France : faire entrer l’après-vente dans l’ère du self-service

Avant de piloter la stratégie francophone de Tjekvik, Damien de Potter a travaillé sur le terrain. D’abord mécanicien avec un CAP en poche, il a ensuite évolué dans le secteur premium (Lamborghini, Bentley, Ferrari) puis dans le retail auto. "J’ai vu le quotidien de l’après-vente. Je sais à quoi ressemblent les contraintes sur le terrain." Un point qu’il met aujourd’hui à profit dans son rôle de directeur général des marchés francophones.

Tjekvik, créée en 2015 au Danemark, propose des solutions de digitalisation du parcours client en après-vente. L'entreprise s'est d’abord fait connaître par ses bornes de dépôt et de retrait de clés, mais propose aujourd’hui une gamme plus large d’outils de relation client. Son offre s’articule notamment autour du "home-checkin" – une phase de pré-accueil numérique qui permet au client, depuis chez lui, de préparer son rendez-vous, de mettre à jour ses informations et d’accéder à un catalogue de services ou d’accessoires proposés selon la marque, le modèle ou la motorisation du véhicule.

"Le home-checkin est souvent plus rentable que la borne elle-même. C’est là que se fait une grande partie de la vente additionnelle, en amont de la visite."

Une stratégie progressive d’implantation

Présente dans 34 pays et 2 000 concessions dans le monde, Tjekvik s’est lancée en France seulement récemment. "On a attendu que le marché francophone soit prêt. Il y a eu une vraie prudence stratégique." Une prudence qui s’explique, selon Damien de Potter, par les spécificités culturelles du marché français : réticence au changement, crainte de déshumaniser l’accueil et complexité des organisations internes.

C’est par la Belgique et le Luxembourg, plus réceptifs et souvent liés à des groupes français, que la société a entamé sa percée. "Ce sont souvent des groupes français qui ont testé nos solutions sur leur réseau belge avant d’envisager un déploiement dans l'Hexagone", explique-t-il.

Depuis, le rythme s’accélère. En 2024, l'entreprise danoise a signé des contrats de déploiement dans plusieurs dizaines de concessions françaises, dont certaines avec des constructeurs directement. Des centres Porsche commencent également à s’équiper, y compris en bornes 24/7 blindées, certifiées norme EN 1143.

Une promesse de service plus fluide

Pour Damien de Potter, ces outils ne sont pas là pour remplacer l’humain, mais pour compléter les dispositifs existants : "Ce qu’on propose, ce n’est pas de supprimer l’accueil, mais d’ajouter de la flexibilité." Il cite des cas de figure concrets : arrivée en dehors des horaires d’ouverture, files d’attente longues, absences de personnel. "Dans ces situations, la borne ou le home-checkin permettent de maintenir une continuité de service."

En interne, les retours des groupes clients soulignent aussi un impact sur les ventes : l’automatisation du parcours, combinée à une offre contextualisée, permet d’optimiser la vente additionnelle sans mobiliser de personnel. "Un groupe a écoulé un stock dormant d’accessoires en deux semaines, simplement en les intégrant au parcours client digital."

En un an, Tjekvik est passé d’un nom inconnu à un acteur reconnu dans le paysage de l’après-vente digitalisée. Le directeur France préfère toutefois rester mesuré : "On a validé la première phase, celle de la notoriété. Maintenant, on passe à celle de l’industrialisation." Et d’ajouter, plus pragmatique : "On a les outils, reste à les adapter au bon rythme, marché par marché."

Stellantis rappelle 930 000 véhicules diesel pour risque de casse moteur

L’été sera chaud dans les ateliers des réseaux Stellantis. Le groupe automobile a annoncé un rappel de grande ampleur pour ses véhicules équipés du moteur 1.5 BlueHDi (DV5). Cette opération concerne précisément 930 000 voitures des marques Peugeot, Citroën, Fiat, Opel et DS fabriquées entre octobre 2017 et janvier 2023. En cause : des dysfonctionnements récurrents de la chaîne d'arbre à cames, susceptible d'entraîner une casse moteur.

Le problème se manifeste d'abord par des bruits inhabituels, souvent décrits par les automobilistes comme des "claquements" ou des "sons de cigales". Ces symptômes peuvent rapidement évoluer vers des dégâts majeurs sur le moteur, notamment des ruptures de soupapes.

Dès leur arrivée en concession, les véhicules concernés bénéficieront d'une analyse innovante basée sur une application capable d’identifier précisément l’usure de la chaîne d'arbre à cames à partir du bruit du moteur. En cas d'usure prématurée, la pièce défectueuse sera remplacée gratuitement.

Une prise en charge totale et prolongée

Pour répondre à l'inquiétude des clients concernés, Stellantis déploie, en parallèle, un dispositif inédit d’accompagnement. La garantie de ces moteurs est désormais prolongée à 10 ans ou 240 000 kilomètres, à condition que les interventions et l'entretien aient été réalisés selon les préconisations du constructeur.

Par ailleurs, à partir de mi-juillet, les clients ayant déjà engagé des frais liés à ce problème spécifique pourront demander un remboursement rétroactif via une plateforme dédiée accessible sur les sites internet des différentes marques du groupe.

Ces compensations s'appliquent aux réparations effectuées entre janvier 2023 et juin 2025, à nouveau sous réserve du respect strict des conditions techniques fixées par le constructeur.

Dans le même temps, Stellantis a choisi d'accompagner les clients achetant des véhicules d'occasion via son réseau Spoticar ou auprès des concessionnaires du groupe. Un certificat Check+ sera désormais délivré, garantissant à ces automobilistes l’accès à la même couverture spéciale étendue que les premiers propriétaires.

Formation : Bodemer investit dans la relève des carrossiers

Dès septembre 2025, dix apprentis issus de l’Institut Lemonnier rejoindront les carrosseries du groupe Bodemer grâce à un partenariat inédit signé le 30 juin dernier. Ces alternants suivront une formation en Bac Pro Carrosserie-peinture, à la fois à l’école située à Caen (14) et au sein des établissements du concessionnaire basé à Saint-Brieuc (22). À l'issue de leur cursus, cinq d’entre eux se verront proposer un emploi dans l’un des quarante sites du groupe.

Ce partenariat, présenté par ses initiateurs comme facilement duplicable par d'autres acteurs du secteur, a l’ambition de répondre simultanément aux besoins urgents de recrutement de la filière automobile et aux aspirations des nouvelles générations. Selon eux, cet accord école-entreprise constitue un modèle structuré et concret de formation professionnalisante, fondé sur une coopération étroite.

Un modèle pour répondre à la pénurie

Concrètement, ces dix apprentis entreront donc dans un dispositif répondant à la pénurie massive de main d'œuvre touchant les ateliers. Raison pour laquelle, "repenser la carrosserie est un enjeu stratégique", affirme Benoît Briard, directeur de l'après-vente du groupe Bodemer. Il ajoute : "Pour innover dans nos pratiques, nous devons structurer la formation et accompagner les jeunes vers des carrières durables. Nous restons fidèles à notre leitmotiv : grandir et faire grandir".

Pour atteindre cet objectif, Bodemer agit à moyen terme autour de trois axes majeurs. D’abord, l’opérateur breton développe ses propres filières de formation interne sur plusieurs de ses sites. Ensuite, il s’attache à valoriser l’image des métiers de la carrosserie auprès des futurs professionnels. Enfin, il mobilise ses équipes terrain et RH afin d’offrir à chaque apprenti un accompagnement sur mesure. L'accueil de cette première promotion concrétise ainsi pleinement les ambitions du concessionnaire.

L’ouverture de cette classe a également été rendue possible grâce au soutien de plusieurs autres partenaires. Ainsi, l’Opco Mobilités a soutenu l'installation de plateaux techniques de nouvelle génération au sein de l'Institut Lemonnier pour aider les apprentis à monter en compétences rapidement, en suivant les standards du secteur.

Le constructeur Renault, partenaire du groupe Bodemer, soutient aussi cette initiative, en mettant à disposition de la promotion un véhicule utilitaire Trafic. Il permettra aux élèves d’apprendre dans des conditions professionnelles réelles.

Approche humaine de l'apprentissage

Par ailleurs, les deux partenaires soulignent que leur accord va bien au-delà de la dimension technique. Selon eux, cette collaboration repose avant tout sur une vision partagée de l’humain et de la transmission. Outre l'apprentissage des savoir-faire, la formation doit également accompagner les jeunes dans leur parcours de vie, grâce à une relation étroite et durable entre l’école et l’entreprise. Dans ce cadre, les tuteurs occupent une place essentielle sur le terrain, véritables relais d’expérience.

"Toujours croire en soi : c’est ce que nous voulons transmettre à ces jeunes. Le sérieux, le respect et la passion doivent rester le socle de nos métiers. Le partenariat avec Bodemer en est une démonstration concrète", expose Benoît Bernard directeur général de l'Institut Lemonnier.

De son côté, Benoît Briard souligne : "Ce partenariat exprime notre volonté d’anticiper nos besoins en compétences en formant dès aujourd’hui des jeunes passionnés. L’avenir de nos métiers repose sur l’humain, la formation et l’investissement dans des parcours professionnalisants". Une conviction forte dans un contexte où l'après-vente automobile cherche continuellement à se réinventer pour rester attractive.

Renault : Ixell mise sur la robotique pour soulager les carrossiers

Pour ses carrosseries, Renault est prêt à passer la main à la machine pour les opérations les plus pénibles. Dans son Technocentre, le constructeur affine en effet, avec sa marque de peinture Ixell, le développement d’un robot de pulvérisation baptisé Robot Ixell Paint Assistant. Encore en phase d’expérimentation, ce bras articulé intelligent répond à un objectif clair : assister le peintre, non le remplacer.

Pour concevoir cet automate, Renault s’est associé à un fabricant dont la notoriété ne cesse de grimper sur le marché de la réparation-collision : Onew. L’entreprise chinoise est à l’origine du robot PaintGo, dévoilé au salon Automechanika de Francfort en septembre 2024, qui a été déployé dans plusieurs carrosseries françaises depuis.

Des tâches ciblées et automatisées

Le constructeur a toutefois établi un cahier des charges précis pour garantir une compatibilité parfaite avec les produits Ixell, et répondre aux besoins de ses ateliers. Ainsi, son robot a été configuré pour intervenir sur des tâches bien identifiées, à faible valeur ajoutée ou pénibles physiquement, comme la mise en peinture de capots, de pavillons ou de flancs latéraux.

Il démarre par un scan 3D de la pièce à traiter afin d’en définir les contours, puis calcule automatiquement ses trajectoires de pulvérisation. L’automate est capable d’effectuer toutes les étapes : application de l’apprêt, des bases et du vernis. Et ses bénéfices sont loin d’être négligeables : jusqu’à 80 % de temps gagné sur chaque opération.

En outre, l’outil a été conçu pour être facilement intégré dans une cabine standard : son encombrement est inférieur à un mètre carré, et son interface est pensée pour un usage simple et reproductible. "Ce robot doit permettre au peintre de se concentrer sur les interventions qui demandent de la finesse, de l’expérience ou une lecture subtile de la matière", explique Christopher Le Coq, manager partenariats stratégique & business développement, en charge notamment de la marque Ixell. Si le robot peut peindre un capot sans difficulté, il ne remplace pas l’expertise requise pour réaliser des raccords complexes ou des effets spéciaux.

Une machine de dosage déjà en service

En parallèle, Ixell a déjà introduit dans son réseau une autre innovation technologique : la machine de dosage automatique Daisywheel. Déjà installée dans plusieurs ateliers, elle permet de stocker jusqu’à 96 teintes et de les doser avec une précision de 0,05 gramme. En remplaçant le montage manuel d’une teinte – tâche fastidieuse, chronophage et sujette à erreurs – la machine libère du temps pour le peintre, tout en limitant les déchets et les risques de troubles musculosquelettiques.

"Avec cet outil, nous sommes capables de produire de très petites quantités de peinture avec la même précision colorimétrique, ce qui évite de préparer plus que nécessaire", souligne Xavier Pecqueur, chef de produit Ixell. Couplée à des outils connectés qui évaluent la surface à couvrir, la machine peut ajuster la quantité de peinture à appliquer sur une aile ou un pare-chocs, évitant ainsi le surdosage et les pertes.

Des innovations présentées à Equip Auto

Pour le groupe au losange, le Robot Ixell Paint Assistant et la Daisywheel Ixell ont été pensés comme complémentaires. Ensemble, les deux équipements forment un écosystème capable de soulager les opérateurs tout en augmentant la régularité et la productivité des ateliers.

Selon les premières estimations partagées par le constructeur, l’amortissement du robot pourrait être réalisé en moins d’un an, notamment grâce à la réduction des erreurs d’application et au travail en parallèle permis par son autonomie. "Plusieurs facteurs entrent en compte : travail en parallèle ou en temps masqué (pause déjeuner, nuit…), réduction des quantités de peinture utilisées, baisse du taux de retouches, amélioration de la régularité des résultats", précise Christopher Le Coq.

De plus, ces automates répondent à une autre problématique structurelle pour les carrosseries : la pénurie de main-d’œuvre. Ils permettent de libérer du temps pour des opérations plus complexes, aidant ainsi les ateliers à optimiser leur productivité. "Nous restons dans une logique d’assistance, pas de substitution", conclut Xavier Pecqueur.

Une chose est sûre : ces innovations, encore en phase d’expérimentation pour le robot de pulvérisation, devraient franchir une nouvelle étape à l’automne. Renault et Ixell prévoient en effet de les présenter sur leur stand lors du prochain salon Equip Auto. L’événement pourrait aussi être l’occasion d’annoncer les premières modalités de déploiement du robot dans le réseau après-vente du constructeur.

Eur-Auto Pièces : un nouveau concept pour les réparateurs et distributeurs

Eur-Auto structure son offre avec le lancement d’un nouveau concept : Eur-Auto Pièces. Cette enseigne vise un public complémentaire de celui des centres autos traditionnels. Le réseau soutenu par le distributeur LAD cible tout particulièrement les distributeurs indépendants qui ne disposent pas d’atelier, ainsi que les réparateurs souhaitant proposer à leur tour des pièces détachées à la vente.

Avec cette initiative, Eur-Auto entend aider ces professionnels à diversifier leur activité, tout en bénéficiant d’un accompagnement structuré.

Parallèlement à cette annonce, l’enseigne de centres autos, historiquement ancrée dans le Grand Ouest, a étendu son maillage avec l’ouverture de deux nouveaux centres franchisés à Segré-en-Anjou Bleu (49) et Cazouls-lès-Béziers (34). Cette double implantation permet à l’enseigne d’accroître sa couverture nationale, avec désormais 54 sites, dont 22 en franchise.

Eur-Auto renforce sa visibilité

Pour accompagner ces évolutions, Eur-Auto a renforcé sa stratégie de communication. L’équipe dédiée s’est étoffée en 2024 et anime désormais les réseaux sociaux du groupe (LinkedIn, Facebook et Instagram) afin de développer la notoriété de l’enseigne.

"Nous sommes dans une très bonne dynamique de recrutement. Ces nouveaux centres illustrent la capacité de notre enseigne à répondre aux attentes des réparateurs qui souhaitent garder leur indépendance tout en bénéficiant du soutien d’un réseau structuré et innovant", complète Romain Fouché, responsable du développement d’Eur-Auto.

Prochaine étape : la première participation du réseau au salon Equip Auto de Paris, prévue en octobre 2025. L’occasion pour Eur-Auto de poursuivre le recrutement de nouveaux partenaires sur l’ensemble du territoire.

Recycler Mon Véhicule se lance dans le traitement des batteries électriques

Recycler Mon Véhicule prépare l’élargissement de son champ d’action pour intégrer les batteries de véhicules électriques. En effet, à partir d’août prochain, une nouvelle filière à responsabilité élargie du producteur (REP) verra le jour en France pour encadrer leur collecte et leur traitement.

L’éco-organisme, déjà en première ligne sur les VHU, entend capitaliser sur son expérience pour obtenir l’agrément et structurer cette nouvelle activité. Recycler Mon Véhicule offrira ainsi à ses constructeurs adhérents un accompagnement complet.

Quant aux centres VHU qui ne sont aujourd’hui pas encore habilités à démonter les batteries de véhicules électriques, l'organisme entend les accompagner dans leur mise en conformité. Précisons que les batteries seront collectées au sein de son réseau de déconstructeurs mais aussi auprès des réparateurs.

Une procédure de sélection pour la logistique et le traitement

Afin que son réseau soit opérationnel rapidement après l’obtention de l’agrément, Recycler Mon Véhicule vient de lancer un appel à candidatures destiné à sélectionner ses futurs opérateurs de traitement. La procédure repose sur des critères stricts, incluant la proximité géographique, l’expertise technique et l’insertion par l’activité économique.

Objectif : garantir un maillage territorial équitable, tout en valorisant les savoir-faire français en matière de recyclage complexe. Pour participer à ce dispositif, un formulaire dédié a été mis en ligne sur le site de l'éco-organisme.

"Notre mission est de bâtir un modèle vertueux et transparent : amélioration de la traçabilité, accompagnement des professionnels agréés, lutte contre les filières illégales, et soutien à l’innovation pour recycler des matériaux complexes (batteries lithium, plastique, verre)", annonce Vanessa Montagne, directrice générale de l’éco-organisme.

Rappelons que Recycler Mon Véhicule fédère aujourd’hui 79 marques et s’appuie sur un réseau de 820 centres agréés en métropole et outre-mer. Ces installations traitent chaque année plus d’un million de véhicules, atteignant des taux de réemploi de 11,6 % et de valorisation supérieurs à 95 %.

Gauthier Leroy, Grandblaise-Leroy : "En 12 ans, nous avons multiplié par 3,5 notre chiffre d’affaires"

Le Journal de la Rechange et de la Réparation : Grandblaise-Leroy est une entreprise historique dans votre région. Pouvez-vous revenir sur ses origines et son évolution ?

Gauthier Leroy : Effectivement, nous approchons des 100 ans. L’entreprise a été fondée en 1930 à Saint-Dié-des-Vosges par Henri Grandblaise, qui travaillait seul à ses débuts dans une petite structure de distribution de pièces auto et industrie. Mon grand-père est entré dans l’entreprise dans les années 1950, il en a progressivement pris les rênes, puis mon père a poursuivi le développement par croissance externe.

Quant à moi, j’ai repris la direction en 2013. Depuis, nous avons réalisé plusieurs acquisitions, notamment à Colmar et Mulhouse, ce qui nous permet aujourd’hui d’opérer cinq sites sur deux départements : les Vosges et le Haut-Rhin. Le siège reste à Saint-Dié. Le nom Grandblaise-Leroy est un héritage, même s’il n’y a aujourd’hui plus de Grandblaise dans le capital.

 

J2R : Quel est le périmètre de vos activités, ainsi que la structure de votre chiffre d’affaires ?

G. L. : Nous sommes organisés autour de deux pôles principaux : la pièce automobile, qui représente environ 65 % de notre activité, et la fourniture industrielle, qui en pèse 21 %. Nous avons également développé des prestations techniques à forte valeur ajoutée, notamment en hydraulique ou en équipements industriels, qui comptent pour 11 %. Enfin, une petite activité de transport représente les 3 % restants. Au total, notre groupe emploie 180 collaborateurs pour un chiffre d’affaires consolidé de 43,2 millions d’euros en 2023.

 

J2R : Vous avez pris la direction du groupe en 2013, succédant à votre père, Jacques Leroy. Quels ont été les grands tournants dans l’évolution de Grandblaise-Leroy depuis votre arrivée ?

G. L. : Nous avons adopté une stratégie de croissance structurée. En douze ans, nous avons multiplié notre chiffre d’affaires par 3,5. L’un des pivots de notre stratégie est la multispécialisation : nous avons créé des divisions métiers très ciblées (mécanique, carrosserie, peinture, technique), avec des équipes expertes. En interne, nous avons également segmenté nos fonctions pour renforcer la qualité de service : call center, comptoirs, logistique…

 

J2R : Vous avez récemment inauguré un nouveau site à Illzach (68). Quelles sont les spécificités de ce site ?

G. L. : Le site d’Illzach, ouvert en 2023, répond à une nécessité de croissance. Nos gammes s’élargissent, nos flux augmentent. Il nous fallait un outil logistique plus adapté pour accompagner cette dynamique. Ce bâtiment nous permet de stocker davantage de références, d’améliorer nos délais de traitement et d’assurer une qualité de service constante.

Et ce n’est pas terminé : nous sommes en train d’acquérir un nouveau bâtiment à Colmar, deux fois et demie plus grand que le précédent, qui ouvrira en avril 2026. Cette capacité logistique est indispensable pour soutenir notre développement, tout en maintenant un haut niveau d’exigence opérationnelle.

 

J2R : Quelle est votre politique en matière de gestion de stock ?

G. L. : Nous avons aujourd’hui environ 5,5 millions d’euros de stocks répartis sur nos sites. Notre logique est d’élargir nos gammes plutôt que d’approfondir le stock sur chaque référence. En 2024, nous avons investi 375 000 euros supplémentaires pour enrichir notre offre, et nous continuerons dans cette voie.

 

J2R : Envisagez-vous d’autres croissances externes ?

G. L. : Oui, nous restons attentifs à toute opportunité cohérente avec notre implantation géographique. Cela dit, en tant que membre du réseau Autodistribution, nous avons un respect strict des zones de chalandise. Notre priorité reste donc de consolider notre position dans les Vosges et le Haut-Rhin, où il existe encore un potentiel de développement.

 

 

J2R : Quels sont les leviers de votre ancrage local ?

G. L. : Nous sommes une entreprise profondément territoriale. Nos collaborateurs sont du cru, et nous faisons tout pour créer un climat de confiance durable. Cela se traduit par une politique RH forte : près de 48 % de nos salariés en CDI ont évolué dans l’entreprise via la promotion interne. La fidélisation, la formation continue, la montée en compétence… tout cela crée une culture d’entreprise solide et une véritable connaissance client. En parallèle, notre appartenance au groupement Autodistribution nous apporte des outils puissants : sites e-commerce, systèmes de call center, référentiels produits, standards logistiques, concepts magasins… C’est une relation gagnant-gagnant.

 

J2R : Comment accompagnez-vous l’évolution technologique du métier ?

G. L. : Nous avons structuré une division technique dédiée, avec trois collaborateurs qui interviennent directement chez nos clients sur des prestations complexes : calibration Adas, diagnostic, passage au banc, etc. Nous investissons aussi dans des outils numériques pour optimiser nos processus internes. L’intelligence artificielle est, par exemple, intégrée dans certains flux d’analyse pour anticiper les commandes ou affiner les stocks. Enfin, nous mettons un point d’honneur à former nos équipes en continu : plus de 1 450 heures de formation en interne en 2024, sans compter les 1 200 heures de formation dispensées à nos clients.

 

J2R : Vous avez organisé un salon de grande ampleur en 2023. Souhaitez-vous renouveler cet évènement ?

G. L. : Nous faisons très peu de salons professionnels, nous organisons plutôt un évènement fédérateur et qualitatif de grande ampleur tous les dix ans. Le dernier était organisé sur le circuit du Géoparc de Saint-Dié-des-Vosges. Quatre jours de démonstrations, de formations, d’échanges, mais aussi de moments conviviaux autour d’un parc automobile exceptionnel. C’était à la fois un temps fort professionnel, et un signal de reconnaissance à nos clients et partenaires. Ce type d’évènement n’a pas vocation à être récurrent, mais nous avons déjà en ligne de mire le centenaire du groupe, dans cinq ans.

 

J2R : Quel regard portez-vous sur la conjoncture actuelle ?

G. L. : Notre activité reste bien orientée. Sur le premier semestre 2025, notre segment automobile affiche une croissance de 6,8 %. Nous avons un modèle stable, structuré, résilient, qui s’appuie sur des fondamentaux solides : service, proximité, largeur de gamme, qualité relationnelle. Le marché est exigeant, mais nous avons les outils pour y répondre.

 

J2R : Et sur les grandes tendances à moyen terme ?

G. L. : Les évolutions technologiques dans le véhicule (électronique, assistance à la conduite, électrification…) constituent à la fois un défi et une opportunité. Le parc roulant vieillit, ce qui maintient une forte activité en après-vente. En revanche, nous devons faire face à une guerre des prix alimentée par des plateformes étrangères souvent très agressives. Notre réponse, c’est le service. Nous assumons un positionnement premium sur le plan relationnel et technique. Le client professionnel y est réceptif.

 

J2R : Votre entreprise mène également une réflexion RSE. Où en êtes-vous ?

G. L. : Nous sommes certifiés ISO 9001 depuis 1993. En parallèle, nous avons engagé une démarche RSE ambitieuse, avec pour objectif une certification en 2026. Nos groupes de travail sont opérationnels et plusieurs actions sont en cours sur les volets environnemental, social et économique. Par exemple, notre activité transport, qui génère une empreinte carbone significative (l’équivalent de quatre fois la distance Terre-Lune parcourue chaque année), fait l’objet de réflexions spécifiques. Ce chantier sera structurant pour les années à venir.

Baisse des entrées en atelier mais des prestations mieux valorisées

Entre janvier et mai 2025, les ateliers automobiles continuent de faire preuve de solidité, dans un environnement pourtant marqué par l’instabilité du marché. C’est ce que met en lumière le dernier baromètre d’activité publié par Mobilians en partenariat avec Solware.

En mécanique, le chiffre d’affaires global s’établit à 290,3 millions d’euros. Soit un résultat quasi stable par rapport à la même période de 2024 (-0,2 %). Cette stabilité masque toutefois un recul des volumes : les entrées en atelier ont diminué de 2,6 %, pour s’établir à 40,2 véhicules traités en moyenne chaque semaine.

Un panier moyen mécanique en hausse

Malgré cette contraction de la fréquentation, la dynamique reste positive sur la valeur des interventions. Le panier moyen progresse de 2,5 %, atteignant 403,4 euros. Cette hausse résulte d’une part d’un chiffre d’affaires pièces légèrement en baisse (–0,4 %, à 198,7 millions d’euros), mais aussi d’une activité main-d’œuvre en légère hausse (+0,6 %, à 89,6 millions d’euros).

Selon Mobilians, ces indicateurs révèlent une meilleure valorisation des prestations, mais aussi une capacité d’adaptation des professionnels face aux évolutions du parc roulant et aux attentes des automobilistes.

Carrosserie : un repli modéré

Le constat est similaire pour les ateliers de carrosserie, même si le recul s’y révèle un peu plus marqué. Le chiffre d’affaires global ressort à 57,1 millions d’euros, en baisse de 2,2 % sur un an. Ce repli s’explique par une diminution des entrées en atelier (-3,8 %, à 4,1 véhicules par semaine) et des chiffres d’affaires liés aux pièces (-2 %) et à la main-d’œuvre (-2,5 %).

Là encore, le panier moyen progresse. Il gagne 1,7 %, pour atteindre 1 692,1 euros, confirmant la tendance à une montée en gamme des réparations, sans doute portée par des sinistres plus complexes ou un recentrage sur les dossiers à plus forte valeur ajoutée.

Malgré des indicateurs de fréquentation orientés à la baisse, le secteur conserve, selon Mobilians, une dynamique positive grâce à l’amélioration continue de la rentabilité par intervention. "Ces signaux démontrent la capacité du secteur à s’adapter dans un environnement en transformation, avec des perspectives solides pour la suite de l’année", conclut l’organisation professionnelle.

Pour rappel, l'indicateur Mobilians-Solware est établi à partir des données consolidées de plus de 1 200 ateliers de mécanique et de carrosserie.

Antonin Peinture, premier distributeur robotisé

C’est une première en France et vraisemblablement aussi en Europe : Antonin Peinture a robotisé son entrepôt. Le distributeur de Cugnaux (31) n’a pas hésité à investir dans une technologie jusqu’alors réservée aux géants de la logistique. En effet, ce partenaire privilégié de la marque de peinture Axalta compte 27 salariés, générant un chiffre d'affaires 2024 de dix millions d'euros. Soit, une taille bien moins importante que les exploitants habituels d'entrepôts automatisés. Le sien est entré en service en février 2025, avant d'être officiellement inauguré le 26 juin dernier.

Pour l’occasion, l’adhérent Precisium Color (AAG), lauréat des Grands Prix de la Rechange 2023, a vu les choses en grand. Clients carrossiers, équipementiers, fabricants de peinture, assureurs, représentants du groupement et de la Feda — où l’entreprise est particulièrement engagée — ainsi que de nombreux partenaires ont répondu présents. Tous sont repartis impressionnés par les capacités de cette nouvelle plateforme automatisée.

Contre la pénurie, pour le bien-être

Les invités ont pu assister en direct à la démonstration. Trois robots élévateurs circulent sans relâche entre les 17 niveaux de racks pour déposer les bacs contenant les produits commandés sur un tapis roulant. Chaque référence est scannée, numérisée et intégrée dans un système de gestion automatisé. Seuls quelques consommables restent traités manuellement.

Les robots traitent ainsi jusqu'à neuf commandes en même temps, là où un préparateur est incapable d'en gérer plus d'une à la fois. Par ailleurs, ces automates ne se trompent quasiment jamais. Mais attention, ces systèmes n'ont pas été installés pour remplacer des salariés ! La motivation première des dirigeants était de résoudre deux problématiques : la pénurie de main-d'œuvre et le bien-être au travail.

"Nous avions des collaborateurs qui partaient en retraite, certains magasiniers prenaient leur place sur la route, avec des difficultés pour en recruter de nouveaux, comme dans tous les métiers, explique Nicolas Demoulin, dirigeant d'Antonin Peinture. Nous devions penser autrement et penser autrement, c'est adopter la robotisation".

Par ailleurs, ce distributeur très sensible aux thématiques de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) cherche aussi constamment à améliorer les conditions de travail de ses salariés. "Auparavant les préparateurs faisaient entre 10 et 14 km par jour. Aujourd'hui, ils se fatiguent beaucoup moins. L'automatisation leur permet d'aller plus vite et de se consacrer entièrement à la gestion de stocks en magasin".

Le service avant tout

Le métier a lui aussi évolué. "Ce ne sont plus de «simples magasiniers». Maintenant, ils gèrent les robots, les capteurs du système, en plus des stocks. Leur métier est plus intéressant et plus il l'est, plus il sera facile d'embaucher des gens." Cerise sur le gâteau : la formation requise est infiniment plus rapide. En effet, alors que de longs mois sont nécessaires pour former un bon magasinier, deux heures suffisent pour apprendre à travailler avec les robots.

Objectif : réduire les risques d'un turn-over "déjà inexistant" dans l'entreprise. Les salariés peuvent ainsi se concentrer exclusivement sur les services vers les clients. Tandis que la manutention est presque entièrement confiée aux machines. "Car, notre intérêt est de faire passer le service à nos clients avant tout. Car, comme je le dis toujours, les fabricants de peinture n'ont pas besoin de nous si nous sommes incapables de proposer des services."

C'est une visite de la plateforme First d'AAG qui a poussé les deux dirigeants – Nicolas Demoulin et Nicolas Franchet – à sauter le pas. Mais il leur a fallu trouver le bon partenaire pour concrétiser leur vision. Le premier spécialiste contacté, habitué aux très grands sites, a décliné la demande : il n’avait jamais travaillé avec de petites structures. C’est finalement le groupe Schäfer qui a accepté de relever le défi. Ensemble, ils ont ouvert un nouveau segment de marché : l’automatisation à la taille d'une PME.

Un investissement assumé

Le chantier aura duré douze mois, sur un site en activité permanente. Tandis que la climatisation et l’alimentation électrique étaient modernisées, Schäfer concevait et installait le système robotisé. Il a également fallu interfacer l’ensemble avec l’ERP de l’entreprise. Le chantier aurait été beaucoup plus rapide à mener sur un bâtiment neuf. Mais finalement, la bascule entre organisation logistique traditionnelle et automatisée a été aussi prompte que prévu.

L’investissement est conséquent : environ 9 000 euros par mois et donc 108 000 euros par an. Il représente 3 000 euros de plus que les précédents financements d'Antonin qui arrivaient à terme. Mais, "si une société comme la nôtre est incapable d'investir 36 000 euros de plus à l'année, il faut penser autrement, estime Nicolas Demoulin. D'autant plus que cet équipement peut nous permettre de doubler le chiffre d'affaires de notre magasin".

Antonin se donne ainsi les moyens de sa croissance. "Chez Antonin, les erreurs étaient déjà très rares avant, mais là on se rapproche vraiment de la perfection", commente un invité… Et ce n’est peut-être qu’un début. Lors de la soirée, un autre automate — le robot de peinture Paint Go — a également été présenté. Comme chez les carrossiers qui s’équipent de bras automatisés, reste à voir combien de distributeurs de peinture — et au-delà, de pièces de rechange — franchiront le pas dans les années à venir.

J2R#155

Juillet/Août 2025

Magneti Marelli signe son retour sur le marché français de la batterie

Après plusieurs années d’absence sur le marché tricolore de la batterie, Magneti Marelli Parts & Services est de retour avec une offre dédiée aux véhicules légers, utilitaires, poids lourds et engins de chantier. Côté VL, la gamme compte près de 80 références de batteries de démarrage plomb-acide couvrant une large partie du parc européen et asiatique. Pour le PL, l’équipementier italien propose déjà 16 références.

Le fournisseur précise que cette nouvelle offre tient compte des dernières exigences OE. Pour le parc de véhicules légers, désormais équipé en grande partie de systèmes start-stop, les batteries doivent ainsi être capables de supporter un nombre de cycles de charge beaucoup plus élevé.

Une gamme VL étendue pour couvrir tous les besoins du marché

Sur le segment des technologies avancées, l’équipementier commercialise des batteries AGM (Absorbent Glass Material) et SST à technologie EFB (Enhanced Flooded Battery), toutes deux largement utilisées par les constructeurs automobiles en première monte. La batterie AGM, disponible en six références, affiche une résistance aux cycles de charge quatre fois supérieure à celle des batteries traditionnelles, ce qui la rend particulièrement adaptée aux véhicules récents fortement sollicités.

De son côté, la batterie SST (12 références), dotée de la technologie Graphite Power, permet de réduire les temps de charge jusqu’à 50 % tout en offrant une longévité accrue — jusqu’à trois fois supérieure à une batterie standard.

La gamme inclut également des batteries auxiliaires (AUX), proposées en quatre références. Conçues pour stabiliser la tension et alimenter temporairement les équipements de bord, ces batteries jouent un rôle de soutien à la batterie principale dans certaines conditions d’usage spécifiques.

Pour répondre à la demande toujours forte en batteries conventionnelles, Magneti Marelli décline trois familles de produits : RUN, ETS et ES. Le modèle RUN (16 références), le plus performant de la gamme, se distingue par une puissance accrue de 30 %, idéale pour les véhicules fortement consommateurs d’énergie ou soumis à des démarrages fréquents.

La batterie ETS, avec ses 31 références, couvre la quasi-totalité du parc européen et asiatique, tout en offrant un gain de puissance de démarrage de 15 %. Enfin, le modèle ES (6 références) s’adresse aux petits véhicules et constitue une solution économique pour des besoins énergétiques plus modestes.

Deux lignes : Cargo EFB EVR et Cargo HD

Quant aux constructeurs de poids lourds, ils ont profondément modifié leurs exigences vis-à-vis des batteries. La généralisation du montage sur l’essieu arrière et la multiplication des équipements électroniques à bord nécessitent des accumulateurs capables de supporter de fortes vibrations et une décharge lente prolongée. C’est dans ce contexte que Magneti Marelli a développé deux gammes distinctes.

La première, baptisée Cargo EFB EVR, se compose de trois modèles conçus pour répondre aux sollicitations les plus sévères. Conformes à la norme européenne V4 sur la résistance aux vibrations, ces batteries intègrent la technologie Graphite Power, qui accélère les cycles de charge. Elles ciblent les véhicules récents, particulièrement énergivores ou peu sollicités durant de longues périodes.

La seconde ligne, Cargo HD, compte 12 références pensées pour un usage plus classique. Robustes et fiables, elles sont destinées aux véhicules utilitaires légers et poids lourds opérant dans des conditions standards.

Des batteries à découvrir à Equip Auto

À l’occasion de ce lancement, Magneti Marelli a tenu à rappeler son savoir-faire dans le domaine de la batterie. Cette expertise remonte à 1929, avec la production des premières unités dans son usine de Milan. Depuis, l’équipementier a élargi ses activités à d’autres secteurs, comme l’électromobilité, le ferroviaire ou le militaire.

"Nous avons décidé de relancer notre gamme de batteries sur le marché français à l’occasion du renouvellement de notre offre. Reconnues pour leurs qualités et performances, nos batteries sont installées en première monte par différents constructeurs de véhicules industriels et sont une référence sur le marché de l'après-vente, partout dans le monde", confirme Marco Travaglia, directeur France de Magneti Marelli Parts & Services.

Les professionnels pourront découvrir cette nouvelle gamme sur le stand F073 (Hall 1) du salon Equip Auto Paris, du 14 au 18 octobre, à Paris Expo Porte de Versailles.

L’intelligence artificielle entre dans les ateliers Renault

Chez Renault, l’intelligence artificielle révolutionne le diagnostic automobile. Pour optimiser la performance de ses ateliers, le constructeur vient, en effet, de déployer deux nouvelles solutions innovantes reposant sur l’IA.

"Diag du bruit" : écouter pour mieux réparer

La première, baptisée "Diag du bruit", surprend par son originalité. Le principe est simple : identifier une défaillance potentielle du véhicule grâce aux signaux sonores qu’il produit. Renault a constitué une véritable bibliothèque sonore regroupant environ 20 000 enregistrements différents, associés aux verbatims des clients et à divers mots clés.

Parmi ces fichiers, 2 000 ont été soigneusement nettoyés et servent désormais à alimenter l’IA, qui utilise la méthode dite du "plus proche voisin". Frédéric Clevede, expert data & IA du groupe, précise : "Chaque bruit enregistré est associé à une préconisation précise d’intervention. Cela permet aux équipes de gagner en efficacité dès l'accueil du client".

À son arrivée, le conseiller après-vente peut ainsi renseigner dans l’outil quelques mots clés décrivant le bruit signalé, puis écoute et valide avec lui l’enregistrement correspondant. À l’atelier, les techniciens bénéficient eux aussi de cette assistance lors des premières étapes de diagnostic. "L’objectif, à terme, est de réduire les demandes d’assistance de 10 %", annonce Emmanuel Laurain, chef de service diagnostic.

Un "Shazam du diagnostic"

Le dispositif est actuellement accessible à 150 opérateurs de la hotline et 200 utilisateurs du réseau via le portail New Dialogys. D’ici la fin de l’année, il sera déployé à grande échelle auprès de 8 000 utilisateurs, avec une ouverture à l’international prévue pour 2026. Cette solution est appelée à évoluer constamment grâce aux retours et aux expériences cumulées du réseau.

"C’est un outil qui sera nourri par les contributions et les apprentissages des équipes. Notre ambition ultime est d’offrir à nos clients un véritable « Shazam du diagnostic »", souligne François Delion, directeur de l'après-vente Renault. À terme, grâce à une application spécifique intégrée au système multimédia du véhicule, les clients pourront même enregistrer eux-mêmes les bruits suspects et les transmettre automatiquement à l’atelier avant leur rendez-vous, facilitant ainsi une prise en charge préventive.

Diag Predict : anticiper les interventions

La seconde solution, Diag Predict, vient enrichir les fonctionnalités du service Remote Diag lancé en 2024. Grâce à l’intelligence artificielle et à une méthode dite de "Random forest", cet outil propose une prédiction des pièces potentiellement en cause à partir de la liste de codes défauts établie lors du diagnostic électronique.

Selon Emmanuel Laurain, chef de service diagnostic, Renault mise sur l’IA pour réduire les demandes d’assistance et gagner en efficacité en atelier. ©J2R

Selon Emmanuel Laurain, chef de service diagnostic, Renault mise sur l’IA pour réduire les demandes d’assistance et gagner en efficacité en atelier. ©J2R

Pour garantir une fiabilité optimale, Renault a développé une bibliothèque complète de modèles adaptés aux différentes familles de véhicules, en commençant par les architectures les plus complexes. À terme, toute la gamme du constructeur sera couverte par cette innovation, permettant d’établir près de 60 % des diagnostics avec une prédiction claire et précise.

Actuellement opérationnel sur quatre familles de véhicules et 350 pièces de rechange, Diag Predict sera progressivement déployé dans tout le réseau dès 2026. Cette innovation permet non seulement de gagner du temps (de 10 min à 1 h selon les interventions), mais aussi de favoriser l’intelligence collective au sein du réseau au losange, en capitalisant sur les interventions passées.

Logicat et le CFPA s’allient pour former 3 000 réparateurs indépendants

Spécialiste des solutions techniques pour les ateliers, Logicat s'associe à CFPA France, l’organisme de formation de la Fédération nationale de l’automobile (FNA), pour un partenariat stratégique. Leur objectif : former 3 000 réparateurs indépendants dans toute la France. Un accord qui mise sur la montée en compétence des professionnels pour faire face aux mutations du secteur.

Dans un contexte de forte évolution technologique et réglementaire, ce partenariat entend offrir des parcours de formation opérationnels adaptés aux réalités du terrain. Logicat, connu pour ses outils de gestion, de diagnostic et ses services connectés, s’appuie sur l’expertise pédagogique du CFPA pour proposer des modules directement utilisables en atelier.

"Ce partenariat illustre notre volonté commune d’accompagner les professionnels face aux mutations de la filière", déclare Aliou Sow, secrétaire général du CFPA et de la FNA.

Formation de proximité et ancrage local

Les formations seront déployées sur l’ensemble du territoire, en lien avec le réseau Logicat et ses partenaires locaux. Objectif : constituer un maillage d’interlocuteurs capables d’anticiper les évolutions techniques et d'accompagner les petites structures dans leur modernisation.

"La formation est un levier stratégique pour nos clients. Ce partenariat permet d’aller plus loin dans notre accompagnement", souligne Badr Boukili, directeur général de Logicat.

En combinant outils technologiques et pédagogie métier, les deux structures veulent faire de la formation un vecteur de performance et de pérennité pour les ateliers indépendants. Cette initiative s’inscrit dans une logique de long terme visant à renforcer la résilience des acteurs face aux transformations de la filière automobile, notamment liées à la mobilité électrique et à la digitalisation des services.