La France au cœur de l’offensive après-vente de Saleri

L’après-vente ne représente encore qu’un quart environ de l’activité de Saleri, mais elle en constitue désormais l’un des moteurs de croissance. À Automechanika Francfort 2026, l’équipementier italien a détaillé les ressorts d’une activité structurée depuis 2021 et dans laquelle la France occupe une place à part.
Sur son stand, le spécialiste de la gestion thermique expose une partie des 8 000 références de son catalogue, réparties entre huit familles de produits : pompes à eau et kits associés, kits de distribution et de transmission, galets, tendeurs ou encore poulies. Cette offre est distribuée dans 68 pays sous les marques Saleri, Sil et Ruville.
Historiquement très présent en première monte, le fabricant compte parmi les fournisseurs de BMW, Mercedes, Volkswagen, mais aussi BYD et General Motors. Parallèlement, son activité aftermarket représente désormais 25 à 30 % de son chiffre d’affaires global, qui a atteint 240 millions d’euros en 2025.
"Cette part tend à augmenter car cette branche progresse plus rapidement que l'équipement d'origine", précise Antonio Budelacci, directeur commercial de l'après-vente Salieri. Il cite notamment les États-Unis, où le groupe affirme avoir doublé son chiffre d’affaires au cours des deux dernières années.
La France, laboratoire de l'après-vente
L’Europe reste toutefois le principal terrain de jeu de Saleri pour la rechange, avec plus de 70 % de cette activité. Ses principaux marchés sont, dans l’ordre, l’Allemagne, l’Italie, la France, le Royaume-Uni, l’Espagne et la Pologne.
L’Hexagone occupe pourtant une place particulière dans son dispositif. "La France constitue le marché le plus mature d’Europe. Il est particulièrement complexe, mais néanmoins stratégique. C’est notre laboratoire pour tester de nouveaux modèles commerciaux ou logistiques", juge Antonio Budelacci.
Saleri s’y appuie sur trois piliers : les constructeurs, les groupements d’achat internationaux et les distributeurs indépendants. Le responsable insiste notamment sur le rôle des réparateurs indépendants. Il prend pour exemple une pompe à eau destinée à un véhicule hybride allemand, frappée à la fois du logo du constructeur et de celui de Saleri.
"En la démontant, les garagistes indépendants voient la marque Saleri gravée aux côtés du logo du constructeur. Ils connaissent donc notre qualité d’origine, ce qui crée une demande directe auprès des distributeurs indépendants régionaux avec lesquels nous travaillons."
Une organisation dédiée à l'après-vente
Saleri reste en revanche absent des principaux sites de vente en ligne, tels qu’Oscaro ou Autodoc. L’équipementier explique notamment cette situation par son organisation logistique. Faute d’entrepôt en France, il ne peut pas garantir une livraison sous 24 heures.
Son dispositif européen repose aujourd’hui sur une plateforme située dans la périphérie de Florence (Italie), qui accueille l’essentiel de Saleri Aftermarket, la division créée en 2021 pour piloter l’activité de rechange.
Cette structure rassemble une soixantaine de personnes sur le site florentin. Elle s’appuie également sur une vingtaine de salariés répartis dans les usines du groupe en Inde, en Chine, au Mexique et à Taïwan. Ces équipes développent les ventes locales, tandis que chaque membre de l’équipe italienne pilote un marché spécifique.
"Cette organisation nous permet de nous développer plus rapidement, de répondre immédiatement aux besoins des clients et d’être plus agiles avec notre propre département qualité, notre équipe commerciale et notre service après-vente", expose Antonio Budelacci.
Selon le dirigeant, cette montée en puissance s’est traduite par une croissance annuelle à deux chiffres au cours des quatre à cinq dernières années.
L’électrification ouvre un nouveau relais
Saleri entend désormais prolonger cette dynamique en profitant de deux évolutions de fond. La première tient au vieillissement du parc automobile européen, qui soutient mécaniquement les besoins d’entretien et de remplacement.
La seconde concerne l’électrification. Sur ce terrain, le groupe revendique une expérience ancienne. "Nous avons été l’une des premières entreprises à lancer une pompe à eau électrique dès 2009. Nous avions alors devancé les tendances en investissant très tôt dans l’électrification des véhicules", rappelle Antonio Budelacci.
Le dirigeant affirme aujourd’hui que le catalogue Saleri permet de couvrir plus de 90 % des véhicules les plus récents en Europe. Un niveau de couverture que l’équipementier entend mettre à profit alors que les technologies de gestion thermique prennent une importance croissante sur les véhicules hybrides et électriques.
Dans le même temps, Saleri suit de près la montée en puissance des constructeurs chinois en Europe et en Amérique du Nord, où certains investissent directement dans des capacités industrielles locales. "Nous devons adapter notre approche en première monte comme en après-vente à cette évolution", explique Antonio Budelacci.
Pour l’équipementier italien, l’enjeu sera désormais de transposer cette capacité d’adaptation à la rechange, à mesure que ces nouveaux constructeurs gagneront du terrain dans le parc roulant.
