Wahler veut séduire les distributeurs français

Fabriquer en France ne suffit pas à y être connu. Holger Kiebel, directeur général de Thermal Management Solutions (TMS), en fait le constat pour Wahler. La marque dispose d’une usine dans l’Hexagone, à Grenoble (38), mais cette présence industrielle reste peu visible dans l’après-vente.
"Pour le moment, nous ne sommes pas très connus sur le marché français, mais cela peut changer", estime le dirigeant, rencontré à Automechanika Francfort.
Pour parvenir à ses fins, le spécialiste de la gestion thermique a commencé par reprendre la maîtrise de sa commercialisation. Depuis le 1er janvier dernier, TMS assure directement la distribution des produits Wahler destinés à l’après-vente en Europe et dans le monde. Une activité jusqu’alors assurée par BorgWarner.
Wahler veut se faire nom à l'aftermarket
Désormais, la marque Wahler ne cache plus ses ambitions de conquête auprès des professionnels de l’aftermarket. "Nous avons mis fin à notre partenariat avec BorgWarner afin d’avancer plus vite", explique Holger Kiebel.
La nouvelle organisation doit raccourcir les échanges avec les clients et faciliter l’accès aux compétences du fabricant. TMS prend en charge l’expertise produit, les données techniques et l’accompagnement des partenaires. Les distributeurs apportent leur connaissance du terrain, leur logistique et leurs relations avec les réparateurs.
Pour Wahler, fondée en 1902, il s’agit aussi de mieux valoriser son expérience en première monte. Son site allemand d’Oberboihingen produit chaque année plus de trois millions de thermostats, régulateurs d’huile et éléments destinés à différentes applications. Un outil industriel que l’entreprise entend davantage mettre au service de la rechange indépendante.
Des partenaires à trouver en France
Dans l’Hexagone, le développement passe d’abord par une meilleure couverture des véhicules français. Selon Holger Kiebel, des pièces issues de l’usine tricolore, jusqu’ici tournée vers la première monte, commencent à rejoindre l’offre aftermarket cette année. "Il est maintenant temps de faire savoir au marché que nous avons une usine en France et que nous y fabriquons des produits", insiste le dirigeant.
Wahler dispose de sa propre équipe de vente et recherche des partenaires dans la distribution. "Nous ne souhaitons pas vendre directement aux garages. Nous voulons travailler avec des grossistes", précise Holger Kiebel.
Leur recrutement se veut sélectif. L’équipementier souhaite travailler avec des distributeurs qui s’intéressent à sa marque et partagent son positionnement. Il assume une offre premium et n’entend pas concurrencer les références les moins chères.
"Nous commercialisons uniquement ce que nous fabriquons. Il n’existe aucune différence entre notre qualité aftermarket et notre qualité première monte", affirme Holger Kiebel.
Pour convaincre les distributeurs, cette promesse doit aussi s’accompagner de disponibilité. TMS indique renforcer ses stocks de sécurité sur les références de rechange à fort volume et diversifier ses sources d’approvisionnement pour les composants critiques. Le groupe prévoit également un accompagnement technique destiné aux ateliers.
Une gamme qui suit le parc
Le renforcement de l’offre ne se limite pas aux applications françaises. Wahler entend tirer parti de ses implantations internationales pour couvrir un parc automobile plus diversifié. Son usine chinoise produit notamment pour BYD et Chery, indique Holger Kiebel.
Le portefeuille comprend des thermostats de liquide de refroidissement et d’huile, des ensembles avec boîtier ainsi que des modèles à commande cartographique. Ces derniers intègrent un élément chauffant permettant d’adapter plus rapidement la régulation aux conditions de fonctionnement.
L’électrification conduit également l’équipementier à explorer d’autres usages. Les véhicules hybrides et les modèles à prolongateur d’autonomie conservent des besoins en thermostats.
Pour les modèles entièrement électriques, Wahler travaille sur des solutions destinées notamment à la gestion thermique des batteries et de l’électronique de puissance. Holger Kiebel évoque des discussions avec les constructeurs, sans détailler de calendrier de commercialisation.
