Le groupe Ferron reprend la Capail et accélère dans le recyclage

Le groupe Ferron continue d'étendre son empreinte dans le Grand Ouest. Quelques semaines après la liquidation de la Capail, le distributeur breton a choisi de reprendre, le 10 juin dernier, la coopérative de réparateurs.
"Nous avions déjà eu, par le passé, des discussions avec les dirigeants de la Capail. Lorsque la liquidation a été prononcée, les responsables nous ont de nouveau approchés. Nous avons donc décidé de présenter une offre de reprise à la barre du tribunal", explique Vincent Ferron, codirigeant du groupe éponyme.
Un nouveau modèle de distribution
Mais l’entreprise familiale ne compte pas reconduire le fonctionnement historique de la coopérative tourangelle, née en 1984 et longtemps portée par ses réparateurs adhérents. "Notre objectif est de mettre en place un modèle de distribution plus traditionnel. En revanche, nous souhaitons conserver l'ensemble des réparateurs adhérents afin de leur faire bénéficier de tous les services développés par le groupe", précise le dirigeant.
L’enjeu sera donc de transformer progressivement ce portefeuille de clients sans perdre ce qui faisait la force de Capail : sa proximité avec les ateliers. Malgré une séparation douloureuse en 2022 avec le groupement de coopératives Eurogram, la structure revendiquait encore plusieurs centaines de réparateurs dans l’Ouest.
"La Capail compte aujourd'hui 480 réparateurs, même si tous n'ont pas le même niveau d'activité. Nous estimons toutefois pouvoir intégrer rapidement entre 100 et 150 d'entre eux. Ils sont principalement implantés dans les départements d'Indre-et-Loire, du Morbihan, de la Vendée et du Maine-et-Loire, avec quelques implantations dans la Vienne. Nous conserverons donc ce même périmètre géographique."
Une deuxième enseigne de MRA pour le groupe Ferron
Au-delà du fonds de commerce, la reprise présente un autre intérêt stratégique : Autolab. Le réseau, historiquement porté par Capail, vient compléter l’offre d’enseignes déjà déployée par Ferron depuis son passage sous les couleurs de Pièces Auto. Après avoir transformé une grande partie de ses ateliers autour des concepts AutoRepar et AutoRepar Expert, le groupe dispose désormais d’une seconde bannière pour adresser des profils de réparateurs différents.
C'est une excellente nouvelle, car nous avions besoin d'un deuxième réseau au sein du groupe. Nous pourrons désormais proposer à nos réparateurs deux enseignes complémentaires : Autolab et Autoreparsouligne Vincent Ferron.
Cette complémentarité devrait permettre à l’entreprise familiale d’affiner son accompagnement des ateliers, selon leur positionnement, leur niveau d’équipement ou leur attente en matière de services.
Le VHU prend de l’épaisseur
En parallèle, Ferron poursuit son développement dans le recyclage automobile. Le groupe a repris au premier semestre deux centres VHU : Ornauto, à Arçonnay (72), près d’Alençon, et Coffy Automobiles, à Durtal (49). Déjà propriétaire d’un site de déconstruction à Néau (53), depuis 2019, le distributeur compte désormais trois implantations dédiées au démantèlement de véhicules.
Pour le groupe breton, l’enjeu est, dans un premier temps, de professionnaliser cette activité pour l’intégrer plus efficacement à son écosystème de distribution. "Nous allons structurer les processus de ces deux nouveaux centres afin d'industrialiser leur activité et de franchir un nouveau cap. À terme, avec nos trois sites, nous espérons atteindre une capacité de démantèlement de 5 000 véhicules hors d'usage par an."
D’autres opérations pourraient suivre, mais pas question pour le groupe de sortir de son terrain de jeu naturel. "Nous n'excluons pas de reprendre d'autres centres VHU si des opportunités intéressantes se présentent. En revanche, nous resterons fidèles à notre stratégie de développement régional : il n'est pas question pour le groupe de s'étendre à l'échelle nationale", conclut Vincent Ferron.
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