LKQ change de direction pour redresser l'Europe

LKQ s'enfonce dans le rouge. Le 23 octobre, le géant de la pièce de rechange a annoncé plusieurs mesures fortes pour répondre à des performances très inférieures à ses attentes. Les résultats préliminaires du troisième trimestre montrent que ses difficultés dépassent le seul ralentissement du marché.
Le groupe américain prévoit un chiffre d'affaires de 3,32 milliards de dollars, contre 3,50 milliards un an plus tôt, soit un recul d'environ 5,1 %. Les ventes de pièces et de services enregistreraient une baisse organique de 5,4 %. Et c'est sur le continent européen que la dégradation est la plus marquée.
L'Europe concentre les difficultés
Dans cette région, le repli organique des ventes de pièces et de services atteindrait 9,8 %. La marge d'Ebitda serait comprise entre 4,1 % et 5,1 %, contre 10 % au troisième trimestre 2025. Elle serait donc réduite de moitié environ en un an.
LKQ identifie deux causes principales. En Allemagne, le déploiement d'un ERP, le logiciel de gestion intégré de l'entreprise, perturbe les opérations. Au Royaume-Uni et au Benelux, le groupe subit une contraction des volumes.
Le contraste est net avec l'Amérique du Nord, où les performances restent conformes aux attentes de la direction malgré un environnement moins favorable.
Deux départs immédiats à la tête de LKQ
Cette contre-performance s'accompagne d'un changement de direction. Trois ans après sa nomination, le CEO Justin Jude a dû quitter ses fonctions dès le 23 octobre. Son successeur, Salvatore A. Abbate, prendra son relais le 15 décembre. Dans l'intervalle, John Mendel, président du conseil d'administration, et Sue Gove, présidente du comité d'audit, assurent conjointement l'intérim.
Le futur dirigeant arrive avec plus de 30 ans d'expérience dans la distribution et l'industrie. Ancien directeur général de Veritiv – fournisseur de produits d'emballage –, il a conduit la transformation de l’entreprise jusqu'à sa cession à Clayton, Dubilier & Rice pour 2,6 milliards de dollars en 2023.
En Europe, Andy Hamilton quitte également ses fonctions de président et directeur général avec effet immédiat. LKQ confie au cabinet Alvarez & Marsal une mission de conseil portant d'abord sur le service client, la stabilisation des opérations et la maîtrise des coûts.
Les objectifs annuels retirés
Au niveau du groupe, LKQ anticipe une perte nette des activités poursuivies attribuable à ses actionnaires comprise entre 16 et 32 millions de dollars. Un an auparavant, ce même périmètre avait dégagé un bénéfice de 178 millions. Cette prévision intègre 111 millions de dollars de dépréciations sans décaissement.
Compte tenu des résultats européens et du changement de direction, le distributeur retire ses objectifs pour 2026, actualisés pour la dernière fois le 30 juillet. Les résultats complets, attendus le 29 octobre, permettront de mesurer plus précisément l'ampleur du recul pour LKQ.
Ces annonces prolongent une période de turbulences ouverte dès 2025 pour LKQ, qui avait déjà abaissé ses prévisions et subi la pression de ses actionnaires. Le fonds activiste Ananym Capital plaidait alors pour une vente ou une scission des activités européennes. Le groupe a depuis élargi la réflexion : en janvier, il a lancé une revue stratégique incluant une éventuelle vente de l'ensemble de l'entreprise.
