Pièces de réemploi : Recycler Mon Véhicule dépasse déjà l'objectif fixé pour 2026

Recycler Mon Véhicule a dépassé avec un an d'avance l'objectif réglementaire fixé pour le réemploi des pièces automobiles. En 2025, les centres de véhicules hors d'usage (VHU) de son réseau ont atteint en moyenne un taux de réemploi de 12,6 % pour les voitures particulières et les véhicules utilitaires légers (VUL), au-dessus de l’objectif réglementaire de 10 % fixé par l’État pour 2026.
Les autres indicateurs réglementaires sont également au-dessus des objectifs fixés pour 2026. Sur les voitures particulières et les VUL, le taux de recyclage atteint 87,2 %, contre un objectif de 85 %, tandis que celui de valorisation s'établit à 96,8 %, pour une cible de 95 %.
Fin 2025, Recycler Mon Véhicule comptait 1 073 centres VHU partenaires, contre 1 060 annoncés lors du précédent bilan présenté en décembre. Au total, 775 189 véhicules ont été pris en charge et traités par ces centres au cours de l'année.
30 % des centres affichent 2 % ou moins de réemploi
Mais le taux moyen de 12,6 % ne reflète pas la situation de tous les centres. Selon le rapport annuel de Recycler Mon Véhicule, 30 % des sites affichent encore un taux de réemploi nul ou inférieur à 2 %. Ces sites ont pourtant traité 25 % des voitures particulières et utilitaires légers pris en charge par le réseau en 2025.
C'est notamment sur ces centres que l'éco-organisme veut concentrer son accompagnement. Pour y parvenir, Recycler Mon Véhicule a finalisé en 2025 son plan dédié aux pièces issues de l'économie circulaire (PIEC). Celui-ci repose sur trois axes : développer l'offre, augmenter la demande et faciliter la rencontre entre les deux.
"Ces résultats montrent que le réemploi est déjà bien installé dans une partie du réseau, mais qu’il existe encore un potentiel de progression important. L’enjeu est désormais d’activer les leviers qui permettent aux centres de développer cette activité et de les accompagner en fonction de leurs besoins et de leur situation", souligne Vanessa Montagne, directrice générale de Recycler Mon Véhicule.
Pour développer le réemploi, les centres doivent notamment identifier les pièces recherchées par les réparateurs, pouvoir les stocker et mieux gérer leurs stocks. La digitalisation doit aussi permettre de rendre les pièces disponibles plus visibles auprès des professionnels.
Plus de 71 000 euros pour accompagner les centres
Recycler Mon Véhicule a consacré 71 165 euros de soutiens financiers à ses centres VHU partenaires en 2025. Ces aides prennent la forme de soutiens à l'investissement et de gratifications liées aux performances de réemploi.
Dans le détail, 21 459 euros ont été accordés pour le traitement du verre, 14 207 euros pour les postes de démontage des VHU, 17 500 euros pour les systèmes informatiques et 9 999 euros pour le traitement des véhicules électrifiés. Des aides ont aussi été attribuées au traitement des plastiques, à l'industrialisation et à l'automatisation ainsi qu'à des projets d'innovation.
Le verre reste l'un des points faibles du bilan. Son taux de recyclage atteint 41,7 % en 2025, alors que l'objectif réglementaire est fixé à 50 % en 2026. À l'inverse, le plastique atteint déjà 65,4 %, légèrement au-dessus de la cible de 65 %. Recycler Mon Véhicule fait donc du verre l'une de ses priorités pour 2026.
Les deux et trois-roues encore loin de la cible
L'écart avec l'objectif est plus important pour les deux et trois-roues et les quadricycles à moteur. Leur taux de réemploi atteint 15,8 % en 2025, contre un objectif réglementaire de 31 % en 2026, puis de 40 % en 2028.
Recycler Mon Véhicule explique cet écart par une filière encore peu structurée. Le démontage de pièces destinées au réemploi reste minoritaire en dehors des centres spécialisés et les outils de mesure de cette activité doivent encore progresser.
L'éco-organisme veut aussi réduire le délai de remontée des données. Aujourd'hui, les indicateurs transmis par les centres VHU via Syderep, la plateforme de l'Agence de la transition écologique (Ademe), sont disponibles avec près de dix-huit mois de décalage. L'éco-organisme teste donc en 2026 une remontée trimestrielle directement depuis les centres VHU, en s'appuyant sur leurs logiciels de gestion. Le dispositif doit être généralisé en 2027.
