Pour 2026, Automechanika Francfort renforce l’expérience visiteur

Automechanika Francfort fait évoluer sa formule. Sans renier son ADN de grand rendez-vous international de l’après-vente, le salon allemand veut élargir son périmètre. Et l’édition 2026, prévue du 8 au 12 septembre, assume ce positionnement plus transversal.
Les produits, les services et les innovations restent la base, bien sûr, mais ils ne suffisent plus à faire venir ni à retenir les visiteurs. Ce que cherche désormais Messe Frankfurt, c’est à prolonger le temps passé sur place et à donner davantage de relief à l’expérience de visite.
Quand je parle avec nos clients, le premier sujet n’est plus la vente ou les innovations. C’est le networkingsouligne Olaf Mußhoff, directeur d’Automechanika Francfort.
Il faut rappeler que la biennale reste un carrefour mondial avec environ 4 500 exposants attendus issus de plus de 80 pays. Rappelons que la dernière édition avait réuni plus de 107 000 visiteurs issus de 172 pays. Des chiffres solides, mais Olaf Mußhoff veut attirer davantage de décideurs. D’où une évolution du salon vers plus de contenus et de formats favorisant les échanges.
Un salon au cœur des mutations
Cette volonté de faire bouger les lignes se lit d’abord dans le programme. Automechanika Francfort 2026 conservera son découpage historique entre pièces de rechange et équipement d’atelier, mais y ajoute une série d’espaces destinés à mieux capter les nouvelles attentes du marché.
Le plus emblématique est sans doute HighTech4Mobility, installé dans la Festhalle. Cet nouvel espace mettra en lumière plusieurs sujets qui montent dans les ateliers comme chez les équipementiers : le véhicule défini par logiciel (SDV), les Adas, la gestion des données, etc.
"Nous observons par exemple une évolution importante : les véhicules définis par logiciel prennent de plus en plus d’importance. L’aftermarket ne peut pas attendre pour comprendre ce que cela signifie. Notre rôle est donc de fournir une plateforme d’information", insiste Olaf Mußhoff. Pour le dirigeant, ces technologies ne relèvent plus de la prospective : elles s’imposent déjà dans les ateliers.
Dans le même esprit, la plateforme Innovation4Mobility poursuivra ses travaux autour des carburants alternatifs, de la mobilité électrique, de la connectivité et de l’intelligence artificielle. Objectif : donner des clés de lecture à l’ensemble des acteurs de la filière.
Le Future Mobility Park poursuivra sa mission de vitrine dynamique en extérieur, avec des essais et des démonstrations de solutions liées à la mobilité du futur. À l’ouest du parc, devant les halls 9 et 11, le nouvel Experience Park apportera une touche plus démonstrative, avec exposition de monster trucks, caravanes, parcours Unimog et simulateur de tonneau.
Les constructeurs reviennent dans le jeu
L’autre signal fort de cette édition 2026 concerne le retour, encore partiel mais assumé, des constructeurs. Messe Frankfurt a noué une coopération avec le VDIK, l’association allemande des importateurs automobiles internationaux, afin de redonner une place aux marques dans le paysage du salon.
L’espace dédié doit accueillir des constructeurs internationaux, leurs activités après-vente ainsi que des groupes de distribution, avec un focus sur les nouveaux défis du SAV. Sur ce point, Olaf Mußhoff n’a pas caché sa satisfaction.
L’après-vente constructeur fait partie de l’ensemble du marché. Il n’y a aucune raison de l’en isolerinsiste-t-il.
Cet appel s’est déjà traduit par la confirmation de la présence du groupe Stellantis, de BMW et de Renault via The Future Is Neutral.
En France, l'attractivité du salon semble aussi se confirmer. "Nous comptons environ 70 sociétés françaises", indique Eric Dinh Thao, chargé de la commercialisation de Messe Frankfurt. Les organisateurs saluent d'ailleurs la constance de la présence tricolore, malgré les arbitrages de certains grands groupes, en particulier l'équipementier Valeo qui ne sera pas de la partie.
Plus d’émotion et de passion
Mais l’édition 2026 d’Automechanika Francfort ne se résumera pas à une superposition de conférences et de stands. Le salon mise aussi sur des formats plus incarnés : l’idée est d’introduire davantage d’émotion et d’expérience.
Une ambition qui se concrétisera par l’installation, sous les arcades du hall 4, d’une "pit lane" de 200 mètres consacrée au sport automobile. Voitures de course, animations et démonstrations doivent y créer une présentation plus spectaculaire. "Nous devons nous adresser à des individus, pas uniquement à des professionnels", assume Olaf Mußhoff.
Cette logique se retrouvera aussi dans le Classic Car Network, nouveau rendez-vous consacré aux véhicules de collection. Conçu comme un point de contact entre l’aftermarket et le monde de la voiture ancienne, il combinera conférences sectorielles, espace lounge, happy hours quotidiens et remise du prix "Golden Classic" avec Auto Bild Klassik.
La jeunesse en ligne de mire
L’autre chantier mis en avant avec insistance par Messe Frankfurt concerne l’attractivité des métiers. L’espace Ambition, installé dans la Festhalle, ciblera les générations Z et Alpha à travers des formats plus proches de leurs usages : e-sport, masterclasses, rencontres avec des influenceurs et contacts directs avec les entreprises.
Il s’agit d’attirer vers la rechange des jeunes qui, en dehors du secteur, identifient surtout les grands noms des constructeurs et beaucoup moins les métiers, les marques et les entreprises qui composent la filière.
"Personne ne connaît le marché de l’après-vente automobile si l'on n'y travaille pas", regrette le directeur de la biennale. Pour lui, cette invisibilité pèse sur le recrutement et oblige le salon à jouer un rôle plus actif. Un engagement salutaire dans un contexte de tension sur les recrutements.
"Ce ne sera peut-être pas la plus grande édition, mais ce sera la plus stimulante", promet Olaf Mußhoff.
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