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Assurances

Face aux assureurs, SOS Pare-Brise joue la carte de l’expertise

Publié le 4 septembre 2026
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Par Nicolas Girault
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3 min de lecture
Pas épargnée par la "guerre du pare-brise", la franchise toulousaine de réparation de vitrage adopte une nouvelle procédure face aux minorations de factures pratiquées par certains assureurs. SOS Pare-Brise mandate désormais une expertise avant d'effectuer les travaux. Son avocat explique l'intérêt du dispositif et en dresse un premier bilan.
SOS Pare-Brise VS assureurs
Pas de cadeaux promotionnels chez SOS Pare-Brise, mais le remboursement de la franchise est offert et les réparations garanties un an. Le réseau non agréé y ajoute désormais l'expertise avant-sinistre pour garantir son honnêteté. ©SOS Pare-Brise

SOS Pare-Brise + veut déplacer le rapport de force avec les assureurs sur le terrain de la preuve. Depuis juillet 2026, le réseau de réparation de vitrage automobile a mis en place une procédure d’expertise avant travaux destinée à sécuriser ses dossiers avant toute intervention.

L’enseigne, créée en 1991 et devenue indépendante au tournant des années 2000, fait partie des réseaux non agréés régulièrement confrontés à des contestations de factures. Depuis 2023, une large part des dossiers de bris de glace fait l’objet d’une expertise mandatée par les compagnies, avec des réévaluations souvent à la baisse.

Un expert avant les travaux

"Deux reproches reviennent régulièrement dans la bouche des compagnies d'assurances : l'impossibilité de constater la matérialité du sinistre avant que le vitrage ne soit remplacé, et des pratiques de facturation qui ne tiendraient pas compte des conditions économiques locales, expose Louis Thévenot, avocat de SOS Pare-Brise. Le réseau que je conseille a choisi d'y répondre plutôt que d'en débattre".

Pour répondre à ces deux objections, le réseau a donc choisi de faire intervenir un expert indépendant avant réparation. Lors de la prise de rendez-vous, le client signe un mandat autorisant le réparateur à déclarer le sinistre en son nom et pour son compte. La déclaration est adressée à l’assureur avant toute intervention, puis un expert est missionné.

Celui-ci examine le véhicule au moyen d’une application validée par les professionnels de l’expertise et les assureurs. Son procès-verbal est joint au devis transmis à la compagnie. Un rapport définitif accompagne ensuite la facture. L’expert vérifie notamment, à partir de ses propres relevés, que le taux horaire correspond à la moyenne locale.

Il contrôle aussi les autres éléments du dossier : prix du vitrage, fournisseur ou encore qualité de première ou de seconde monte. 

70 euros par dossier

Cette procédure représente un coût d’environ 70 euros par dossier, supporté par le réparateur.

"Il faut mesurer ce que cela comporte, souligne l'avocat. Le réparateur finance lui-même, sur sa marge, la preuve qui pourra lui être opposée, pour un coût de l'ordre de soixante-dix euros par dossier. Il accepte qu'un tiers examine le véhicule avant qu'il n'y touche, et donc qu'un désaccord technique soit tranché contre lui."

L’objectif est de présenter à l’assureur un dossier documenté dès l’origine. La matérialité du sinistre est constatée avant travaux par un tiers, tandis que le montant de l’intervention est justifié poste par poste. Le devis est également transmis avant réparation.

Moins de deux mois après la mise en place de cette procédure, Louis Thévenot dresse un premier bilan contrasté. Sur une quarantaine de dossiers ainsi sécurisés, une seule contestation a été enregistrée. Mais, pour l’heure, un seul dossier a donné lieu à un règlement.

Fin du débat sur la fraude et les conditions économiques locales

Pour l’avocat, cette expertise avant travaux doit désormais permettre d’écarter les contestations portant sur la matérialité du sinistre ou les conditions économiques locales. Une nouvelle difficulté pourrait toutefois apparaître autour de la valeur du rapport lui-même.

L'expert intervenu avant travaux sera qualifié d'expert du réparateur. Son rapport sera écarté comme unilatéral, par ceux-là mêmes dont les rapports le sont.

Une éventuelle réserve à laquelle il oppose déjà une réponse : "Si le rapport d'un expert indépendant, missionné et payé par le réparateur, ne vaut rien parce qu'il émane d'une seule partie, alors le rapport de l'expert missionné et payé par la compagnie ne vaut pas davantage. La règle posée en 2012 ne connaît pas deux poids, deux mesures".

Surtout, l'expertise avant-travaux accompagnée de toutes les autres précautions du dispositif ferment le débat sur la fraude et les conditions économiques locales. "S'il faut un huissier pour encaisser un pare-brise posé deux ans plus tôt, c'est que la difficulté n'a jamais été là", conclut Louis Thévenot.

Autrement dit, des motivations cachées des assureurs seraient alors démasquées – comme par exemple, d'éventuelles tentatives d'ingérence dans les affaires commerciales des réparateurs.

Cet avocat a participé à la lutte pour défendre à la fois l'intérêt des réparateurs et des assurés. Il l'a menée en répondant tour à tour aux objections des assurances sur la cession de créance, la déclaration préalable et le chiffrage… Son point de vue est d'autant plus intéressant qu'il fait écho à d'autres batailles engagées par d'autres réseaux de réparation de vitrage. Il mérite donc d'être rapporté dans un prochain article.

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