120 000 airbags Takata détectés lors des contrôles techniques

Depuis début 2026, le contrôle technique contribue directement à la vaste campagne de rappel des airbags Takata. Les centres sont désormais chargés d'informer les propriétaires lorsque leur véhicule est toujours concerné par une intervention du constructeur.
Concrètement, le contrôleur interroge automatiquement le numéro d'identification (VIN) du véhicule lors du contrôle. Si une campagne de rappel est en cours, l'information est intégrée au procès-verbal et portée à la connaissance de l'automobiliste.
"Le contrôleur technique n'effectue aucun contrôle physique de l'airbag lui-même. Le système repose essentiellement sur une vérification informatique : le numéro VIN du véhicule est interrogé et les informations sont remontées automatiquement. Le rôle du contrôleur consiste alors à informer l'automobiliste qu'une intervention importante doit être réalisée sur son véhicule", rappelle Laurent Palmier, président de la branche métier Contrôle technique de Mobilians et président du réseau Sécuritest (SGS), lors d'une table ronde organisée à l'occasion du salon Moove On.
120 000 véhicules identifiés
Pour les pouvoirs publics, les premiers résultats démontrent l'intérêt du dispositif. "Depuis l'entrée en vigueur du dispositif, nous avons déjà identifié près de 120 000 véhicules qui se sont présentés dans un centre de contrôle technique alors qu'ils étaient toujours équipés d'un airbag potentiellement défectueux", indique Caroline Mahé Deckers, sous-directrice de la sécurité et des émissions des véhicules à la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC).
Selon Laurent Palmier, ces premiers résultats montrent que le contrôle technique dépasse désormais sa seule mission réglementaire pour contribuer davantage à la sécurité routière. Pour autant, les professionnels rappellent que leur mission reste bien définie.
Les centres informent les automobilistes, mais n'interviennent ni dans le diagnostic du défaut ni dans sa réparation, qui relèvent exclusivement de la responsabilité des constructeurs. "L'objectif est donc de trouver le bon équilibre : faire du contrôle technique un relais d'information efficace, sans qu'il se substitue aux obligations des constructeurs en matière de rappel", souligne Caroline Mahé Deckers.
Trouver le bon équilibre
Fort de cette première expérience, l'État envisage d'étendre le dispositif à d'autres campagnes de rappel présentant un risque grave pour la sécurité. Une perspective accueillie favorablement par la profession, à condition que le contrôle technique conserve sa vocation première.
Le président de la branche métier appelle toutefois à préserver un équilibre afin que le contrôle technique conserve sa vocation première. Si le dispositif Takata a démontré son intérêt, la profession ne souhaite pas voir les centres devenir le point d'entrée de l'ensemble des campagnes de rappel lancées par les constructeurs.
"Le procès-verbal de contrôle technique est aujourd'hui fondé sur des défaillances techniques, constatées visuellement ou à l'aide d'appareils de mesure. Il ne peut pas devenir progressivement un document essentiellement administratif", insiste Laurent Palmier.
D'autant que le défi est loin d'être anecdotique. "Lorsque l'on sait qu'il existe chaque année entre 250 et 300 campagnes de rappel graves au niveau européen, on comprend rapidement les interrogations de la profession. Comment accéder à toutes ces données ? Comment les maintenir à jour ? Comment les intégrer dans les logiciels des centres ? À terme, cela peut devenir très complexe pour les contrôleurs."
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