Bosch organise la boucle du remanufacturing

Pour développer le remanufacturing, encore faut-il disposer d'un nombre suffisant de pièces usagées à remettre en état. Bosch s'attaque désormais à cette question. À Automechanika Francfort, l'équipementier a annoncé la signature d'un accord avec C-ECO, spécialiste de la gestion des "vieilles matières", et PreZero, filiale du groupe Schwarz spécialisée dans l'économie circulaire.
Les trois partenaires veulent structurer une chaîne allant de la collecte du véhicule hors d'usage jusqu'à la valorisation de ses composants. Le projet doit démarrer en Allemagne avant d'être déployé à l'échelle européenne, ont précisé les dirigeants de Bosch à Francfort.
Remonter jusqu'Ã la voiture en fin de vie
Pour l’équipementier, l'intérêt de ce partenariat dépasse le seul sujet du recyclage. Il s'agit notamment de mieux sécuriser l'approvisionnement en pièces de réemploi susceptibles d'alimenter ses activités de rénovation. Pour rappel, le groupe s'appuie déjà depuis plus de 60 ans sur son programme d’échange standard Bosch eXchange.
Le nouveau dispositif intervient plus en amont. PreZero doit permettre d'accéder aux véhicules en fin de vie et d'en organiser le démontage. C-ECO apportera de son côté son expertise dans l'identification et la gestion des "vieilles matières", notamment grâce à des outils reposant sur l'intelligence artificielle. Bosch complètera ce dispositif avec ses données techniques, ses moyens de diagnostic et son expérience du remanufacturing.
Mieux choisir entre réemploi, remanufacturing et recyclage
Le cœur du projet réside surtout dans la capacité à décider rapidement du traitement de chaque pièce. Les partenaires étudient pour cela un processus qualifié de "moment of truth" ("moment de vérité", ndlr). Lors du démontage du véhicule, les informations recueillies par C-ECO doivent être croisées avec les données de diagnostic, d'état et d'identification disponibles chez Bosch.
L'objectif est de déterminer si un organe peut être réutilisé tel quel, entrer dans un processus de rénovation ou être orienté vers le recyclage de ses matières.
Cette approche rejoint directement les nouvelles orientations européennes concernant les véhicules hors d'usage. Le règlement adopté cet été renforce notamment les exigences relatives à la collecte, à la traçabilité et à la récupération des matériaux.
Les partenaires envisagent également de récupérer davantage de plastiques recyclés, notamment du PA et du PBT. Le projet pourrait être complété par le développement d'outils spécifiques pour faciliter le démontage ainsi que par des formations destinées aux opérateurs.
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