Comment Global PRE veut se différencier dans un marché qui se concentre

Sur le marché de la pièce de réemploi, la taille ne fait pas tout. C'est en tout cas la conviction de Caroline Michalik. Face à un marché qui se restructure rapidement, la directrice générale de Global PRE entend défendre le modèle de son groupement de centres VHU indépendants.
Le vieillissement du parc constitue, pour la dirigeante, une réelle opportunité. Les ateliers recherchent, en effet, de plus en plus de pièces destinées à des véhicules anciens, souvent absentes des catalogues des équipementiers. C'est précisément sur ce créneau que le groupement souhaite renforcer sa position.
"Notre marketplace s'appuie sur de nombreux centres indépendants de taille plus modeste, qui disposent d'approvisionnements différents de ceux des grands réseaux travaillant principalement avec les assureurs. Nous sommes donc capables de proposer des pièces pour des véhicules plus anciens. C'est un véritable atout."
Au-delà de sa marketplace, Global PRE entend également renforcer les services proposés à ses adhérents et poursuivre son développement auprès des réparateurs.
La qualité devient un facteur de différenciation
Cette stratégie s'appuie sur une autre évolution de fond : le prix ne suffit plus. Pour les professionnels, la qualité est désormais au cœur des attentes. Traçabilité, certification, formation des équipes, procédures de contrôle, qualité de l'emballage ou encore logistique : autant d'éléments qui conditionnent désormais la confiance accordée aux pièces issues de l’économie circulaire. C'est d'ailleurs pour répondre à ce besoin que l'association SRA a lancé, en janvier dernier, un nouveau label, baptisé "Recycleur vertueux".
"Aujourd'hui, on constate que les centres VHU qui fonctionnent bien, tout comme les marketplaces les plus performantes, sont ceux qui appliquent des process très rigoureux, aussi bien pour la production que pour la logistique."
Caroline Michalik pointe néanmoins un paradoxe. Alors que les réparateurs exigent des garanties toujours plus importantes, certaines plateformes commercialisent des pièces provenant de filières étrangères dont les méthodes de contrôle sont, selon elle, moins exigeantes que celles appliquées en France.
"Alors même que les acteurs de terrain réclament davantage de qualité, on fait venir des pièces produites selon des méthodes moins exigeantes et avec des contrôles moins rigoureux."
Une filière sous pression
Si Global PRE cherche aujourd'hui à se différencier, c'est aussi parce que le paysage de la pièce de réemploi se transforme rapidement. Les opérations de concentration se multiplient, sous l'impulsion des constructeurs comme Renault ou Stellantis, mais aussi de grands groupes européens tels qu'Autocirc. Dans le même temps, les politiques d'approvisionnement mises en place par certains assureurs fragilisent les centres VHU de plus petite taille.
"Beaucoup de petits centres sont d'excellents professionnels, de très bons acteurs, mais ils n'arrivent plus à gagner en visibilité", regrette Caroline Michalik. La dirigeante redoute que cette concentration ne finisse par appauvrir l'offre disponible pour les réparateurs, notamment sur les véhicules les plus anciens.
Pour accompagner les professionnels dans ce contexte, Global PRE continue d'enrichir ses services. Le groupement vient ainsi d'intégrer à sa marketplace Mapiecedoccase.fr une attestation numérique permettant aux réparateurs de conserver une preuve de leurs recherches de pièces issues de l'économie circulaire.
Ce document, téléchargeable et archivable, doit faciliter les contrôles de la DGCCRF tout en permettant aux entreprises de valoriser leur démarche RSE. Une illustration de la volonté du groupement de ne plus se limiter à la vente de pièces, mais d'accompagner les réparateurs dans leurs nouvelles obligations réglementaires
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