Mondial Pare-Brise accélère sur le recalibrage des Adas pour sécuriser sa croissance

Le gravillon se fait plus rare, mais le vitrage gagne en valeur. En 2025, Mondial Pare-Brise a franchi la barre symbolique des 200 millions d'euros de chiffre d'affaires, en progression de 9 % sur un an. Cette croissance intervient pourtant dans un marché moins porté par les sinistres. Selon l'enseigne, la sinistralité aurait reculé d'environ 4 à 5 % l'an dernier.
L'enseigne détenue par la Macif compte aujourd'hui 428 centres techniques et 493 points relais en France. Elle a ouvert 23 nouveaux centres en 2025 et prévoit une trentaine d'ouvertures supplémentaires en 2026. Treize ont déjà été réalisées depuis le début de l'année. Le réseau revendique ainsi près de 900 points de présence sur le territoire.
"Cette performance constitue une étape symbolique dans l'histoire de Mondial Pare-Brise. Elle valide la pertinence de notre modèle agréé et repose avant tout sur l'engagement quotidien de l'ensemble de notre réseau, ainsi que sur la qualité du service que nous délivrons. Plus que jamais, nous voulons accompagner les évolutions du marché en plaçant la confiance au cœur de notre relation client", souligne Françoise Blais, directrice générale de Mondial Pare-Brise.
Le chiffre d'affaires n'est toutefois pas le seul indicateur suivi par l'enseigne. Mondial Pare-Brise insiste aussi sur la progression en volume et sur la qualité des interventions. Son Net Promoter Score atteint 78,7, tandis que sa notoriété progresse de trois points, à 89 %. Le réseau revendique ainsi la deuxième place du marché sur ce critère.
Un marché porté par les Adas
Environ 55 % des véhicules en circulation seraient aujourd'hui équipés d'Adas. Sur les véhicules neufs, ces technologies sont devenues quasi systématiques. Freinage d'urgence, maintien dans la voie, détection d'obstacles : plusieurs fonctions peuvent dépendre d'une caméra fixée au niveau du pare-brise.
Pour les spécialistes du vitrage, cette évolution change leur métier. Un remplacement de pare-brise sur un véhicule équipé ne s'arrête plus à la pose du vitrage. Il faut aussi recalibrer la caméra pour garantir le bon fonctionnement des aides à la conduite. L'opération prend du temps et nécessite des équipements adaptés.
Mondial Pare-Brise affirme avoir pris le sujet très tôt. Depuis près de dix ans, ses centres techniques sont équipés pour le recalibrage. "Aucun matériel Adas ne couvre 100 % du parc automobile. Nous sommes désormais en double équipement, voire en triple équipement sur certains centres", précise Françoise Blais.
Le réseau privilégie aussi les interventions en centre, afin de mieux maîtriser les conditions techniques, comme l'éclairage ou l'inclinaison du sol. Un point devenu sensible, alors que les apporteurs d'affaires renforcent leurs contrôles sur les opérations de recalibrage et leur facturation.
Un semi-remorque de 70 m² pour sensibiliser
Pour mieux expliquer ces enjeux, Mondial Pare-Brise lance son Adas Tech Tour. Le dispositif prend la forme d'un semi-remorque avec tracteur électrique et remorque extensible. À l'intérieur, 70 m² sont consacrés au pare-brise, aux aides à la conduite et au recalibrage.
On y retrouve notamment un mur de capteurs, un véhicule en cours de calibration, des démonstrateurs et des simulateurs de conduite. L'objectif est de sensibiliser, de façon concrète, aux conséquences possibles d'une caméra mal calibrée sur le freinage d'urgence ou le maintien dans la voie.
Cette pédagogie devient d'autant plus importante que les automobilistes connaissent encore mal ces technologies. Selon une étude OpinionWay réalisée pour Mondial Pare-Brise, 96 % des conducteurs connaissent au moins une fonction Adas et 80 % les ont déjà utilisées. Mais près d'un automobiliste sur deux redoute que ces systèmes réduisent sa propre vigilance. Le réseau veut donc vulgariser ces équipements, mais aussi rappeler qu'un recalibrage mal réalisé peut avoir des conséquences sur la sécurité.
"Il y a un vrai enjeu de confiance et de réassurance autour de l'Adas. Nous devons être capables d'expliquer ces technologies et de sensibiliser le plus grand nombre", précise Thomas Codeverte, directeur marketing et communication de Mondial Pare-Brise.
Le camion vise d'abord les professionnels : apporteurs d'affaires, agents d'assurance, plateformes téléphoniques, franchisés, flottes et partenaires régionaux. Des étapes grand public, lors d'événements à connotation automobile, ne sont pas exclues. Une trentaine de dates sont prévues d'ici fin octobre 2026. À terme, Mondial Pare-Brise vise environ deux étapes par semaine, soit une centaine de dates par an. Une petite équipe est dédiée au dispositif, avec des conducteurs, un chef de projet, un animateur et un expert technique vitrage.
Le maillage reste un levier de croissance
Pour l'enseigne, le maillage reste un élément clé dans le choix d'un réparateur. L'automobiliste cherche d'abord une solution proche de son domicile ou de son lieu de travail. C'est aussi pour cela que le réseau veut densifier certaines zones, notamment dans les grandes métropoles, où le trafic peut compliquer l'accès aux centres.
Mondial Pare-Brise repose sur un modèle hybride, avec environ deux tiers de centres franchisés et un tiers de succursales. Le réseau compte 110 franchisés, avec des profils très différents : certains exploitent un seul centre, d'autres en possèdent plusieurs. L'enseigne dit privilégier le développement avec les franchisés déjà en place, plutôt que de multiplier les nouveaux entrants.
Ce maillage doit aussi soutenir les volumes car Mondial Pare-Brise ne veut pas seulement progresser en chiffre d'affaires. L'enseigne veut surtout capter davantage d'interventions et maintenir un haut niveau de satisfaction client, dans un marché où la valeur augmente plus vite que le nombre de sinistres.
La réparation au cœur du dispositif RSE
Mondial Pare-Brise met aussi en avant ses engagements environnementaux. Le spécialiste du vitrage privilégie la réparation des impacts lorsque cela est possible. Aujourd'hui, la réparation représenterait environ 20 à 25 % des interventions du réseau, selon les zones.
"Une réparation, c'est 8 kg de CO2 qui sont économisés par rapport à un remplacement donc ce n'est pas négligeable et tous nos centres sont évidemment formés et sensibilisés à ces éléments-là", souligne Thomas Codeverte.
Le réseau veut encore faire progresser cette part, même si certains automobilistes restent attachés au remplacement complet. Pour Mondial Pare-Brise, l'enjeu est à la fois économique, environnemental et technique : réparer quand c'est possible, remplacer quand c'est nécessaire.
Quand le remplacement est inévitable, l'enseigne travaille sur la collecte et le recyclage. En 2025, 2 000 tonnes de pare-brise ont été collectées. Via son partenariat avec Chimirec, 99,5 % de ces volumes ont été traités et recyclés.
Mondial Pare-Brise explore aussi la piste du réemploi avec Caréco. Pour l'instant, les tests concernent surtout les vitrages latéraux, plus faciles à démonter et à réutiliser. Le pare-brise reste plus complexe, notamment en raison de sa composition et des contraintes liées à son démontage.
Le réseau poursuit enfin l'électrification progressive de sa flotte de véhicules de courtoisie, qui compte environ 650 véhicules. Sur le plan sociétal, Mondial Pare-Brise maintient son engagement dans le programme STOpE, destiné à lutter contre le sexisme ordinaire en entreprise, et mène des actions autour de la reconnaissance des travailleurs handicapés. L'enseigne a obtenu la médaille d'argent ÉcoVadis pour la troisième année consécutive, ainsi que le label Enseigne Responsable.
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