Lifting Pièces Auto : la famille au cœur du moteur

À l’origine, il y a un besoin, presque une frustration. Au début des années 2010, Aroussi Tiliouine, transporteur disposant d’un atelier à Pierrefitte-sur-Seine (93), se heurte à la difficulté de trouver rapidement des pièces pour ses utilitaires. Deux à trois jours d’attente pour une livraison, des camions immobilisés, des clients mécontents : de cette contrainte naît une idée.

En 2014, il ouvre son propre magasin de pièces détachées. "Il avait du mal à trouver de la pièce. Il s’est dit qu’il y avait un marché à prendre !", raconte son fils, Sofiane Tiliouine, aujourd’hui codirigeant de Lifting Pièces Auto. Le pari est vite gagnant : le premier point de vente de Pierrefitte-sur-Seine séduit une clientèle de professionnels qui peinent à trouver des distributeurs avec une offre adaptée à leurs besoins.

Pour Lifting Pièces Auto, le positionnement est donc évident : se spécialiser dans l’utilitaire et le poids lourd, deux segments où la rapidité et la fiabilité de l’approvisionnement sont vitales. "Notre but, c’est qu’un client qui entre chez nous reparte toujours avec quelque chose. On ne veut pas qu’il parte insatisfait."

Une ambition nationale

Le bouche-à-oreille fait vite son effet : le premier point de vente attire de plus en plus de professionnels, si bien que l’entreprise doit se déplacer à Saint-Denis (93) pour suivre le rythme de sa croissance. Ce succès francilien pousse même les dirigeants à voir plus loin. Trois ans plus tard, Lifting Pièces Auto quitte l’Île-de-France et pose un pied en région lyonnaise, à Vénissieux, avec un deuxième magasin.

En 2020, l’enseigne renforce son maillage francilien avec l’ouverture d’un site à Champigny-sur-Marne (94). En 2024, c’est au tour de Poissy (78) et Toulouse (31) d’accueillir deux nouvelles implantations. Désormais, cinq points de vente composent le réseau. En parallèle, un site internet est lancé dès 2017 pour faciliter les commandes et toucher une clientèle plus large.

Une expansion qui, pour l’heure, reste entre les mains du cercle familial. Mais l’entreprise n’exclut pas, à terme, de poursuivre son développement avec des partenaires franchisés. "Jusqu’à présent, notre développement s’est fait dans le cadre du cercle familial, avec les amis et les proches aussi. Mais notre objectif, à terme, c’est de créer une franchise. Notre concept peut être décliné dans de nombreuses régions", confirme Sofiane Tiliouine.

Il faut dire que la réussite de l’entreprise repose sur une équation que la famille Tiliouine connaît bien : une offre large, des tarifs compétitifs et une logistique rapide. Au total, les cinq magasins disposent aujourd’hui d’un stock dont la valeur est comprise entre quatre et cinq millions d’euros, soit près de 12 000 références. Et ce chiffre ne cesse de croître. "Quand un client nous demande une pièce qu’on n’a pas, on la commande une première fois, puis on la garde en stock. On apprend de chaque besoin terrain."

L’aventure a commencé avec Iveco

Pour constituer ce stock, Lifting Pièces Auto s’appuie sur de nombreuses marques OE. "Nous avons commencé par Iveco. Nous avons eu la chance d’obtenir un bon contact pour nous approvisionner en pièces d’origine, retrace le codirigeant. Au départ, c’était essentiel pour nous : prouver que nous pouvions distribuer de la pièce de marque, de qualité." Puis le distributeur a progressivement élargi son catalogue : Renault, Mercedes, etc. Aujourd’hui, son stock est composé à environ 60 % de pièces Iveco et 40 % d’autres marques.

Lifting Pièces Auto a également noué des partenariats privilégiés avec certains fournisseurs. L’entreprise est notamment le distributeur exclusif en France de la marque RSM Truck Parts, spécialisée dans la filtration pour véhicules utilitaires, poids lourds et engins agricoles. Ce partenariat pourrait d’ailleurs devenir un levier de développement pour les futurs franchisés. Les dirigeants envisagent d’accorder des exclusivités régionales sur la marque à leurs partenaires, une stratégie qui renforcerait la cohérence du réseau.

Autre collaboration importante : MJW, marque d’outillages proposant une garantie à vie. "Nous avons choisi MJW car nous connaissons les contraintes des ateliers. On sait ce que c’est d’attendre une semaine pour un cliquet remplacé sous garantie. Chez nous, pas de paperasse : tu ramènes ton outil cassé, on t’en donne un autre."

L’esprit d’atelier encore présent

Une approche simple, mais efficace, inspirée par leur expérience de terrain. "Avant de faire de la distribution, on était garagistes. Un client qui attend, un camion qui bloque tout un planning, on a connu ça."

Même si la mécanique ne fait plus partie de son cœur de métier, Lifting Pièces Auto conserve néanmoins un atelier à Saint-Denis. Ce garage est devenu un véritable laboratoire. Les nouvelles références, qu’il s’agisse d’outillage ou de pièces mécaniques, y sont testées avant leur mise sur le marché. "Quand on introduit une nouvelle marque, on ne la distribue pas directement. On la teste d’abord, pour s’assurer de la qualité. Si le produit est bon, alors on le met en distribution."

Cette proximité avec le terrain reste une force. L’équipe de l’atelier aide aussi les petits garagistes à identifier les pannes ou à gérer leurs retours de garantie. "Quand un démarreur revient en garantie, on le teste tout de suite. S’il ne fonctionne pas, on en donne un autre. Ce service, c’est notre façon d’aider les clients à ne pas perdre de temps."

Une expansion maîtrisée

Lifting Pièces Auto revendique d’ailleurs une approche différente, à rebours des grands modèles anonymes. Le distributeur entend cultiver un lien de proximité avec ses clients, qu’ils soient transporteurs, garagistes ou artisans. "Nous travaillons à fond avec nos clients, et de la même façon avec nos fournisseurs. Nous aimons avoir une approche familiale, pas seulement commerciale."

Cet esprit se retrouve aussi en interne. Chaque nouveau gérant de magasin passe par le site de Saint-Denis pour une période de formation. "Ils font leur stage là-bas pour comprendre notre vision et notre manière de travailler. Nous voulons qu’ils partagent la même approche : proximité, accompagnement et entraide", affirme Sofiane Tiliouine.

Lifting Pièces Auto cultive ainsi une forme de modèle horizontal, où la réussite de l’entreprise dépend de chacun. Les liens familiaux se transforment en levier de cohésion, au service d’un objectif partagé : faire grandir le réseau sans renier ses valeurs. Avec son concept éprouvé, l’entreprise familiale a d’ailleurs tous les atouts pour changer d’échelle sans renier son ADN.

Et Sofiane Tiliouine de conclure, fidèle à la philosophie maison : "On aime bien connaître nos clients, comprendre leurs besoins et les aider à avancer. C’est notre manière de travailler, et on ne la changera pas."

Pièces détachées : l’activité a reculé en fin d'année 2025

Après un mois d'octobre en légère hausse (+1 %), la distribution de pièces détachées automobiles et poids lourds replonge en novembre. Le chiffre d'affaires des distributeurs recule de 3,3 % sur le mois, confirmant ainsi le ralentissement progressif observé depuis le début de l’exercice par le baromètre Feda.

Précisons que la comparaison avec novembre 2024 se fait à périmètre constant, les deux années comptant le même nombre de jours ouvrables, ce qui rend la baisse d'autant plus significative.

Le VL plus touché que le PL

Le segment véhicule léger affiche une contraction de 3,5 % en novembre. Seule note positive : les prestations atelier progressent de 7 %. En revanche, toutes les autres activités reculent : la peinture-carrosserie perd 3 %, tout comme la pièce mécanique. Les ventes d’équipements et d’outillages décrochent de 4,5 %. Sur les onze premiers mois de l'année, l'activité VL maintient toutefois la tête hors de l'eau avec une évolution positive de 0,2 %.

Le poids lourd résiste un peu mieux avec un repli limité à 2 % sur le mois de novembre. Néanmoins, toutes les composantes de l'indice PL sont dans le rouge : les équipements et outillages accusent la plus forte baisse à -5 %, suivis des prestations atelier (-2 %) et des pièces à client final (-1,5 %). En cumul annuel, le segment affiche une croissance de 0,6 %.

Les chiffres de décembre seront déterminants pour savoir si la profession est parvenue à boucler l'exercice 2025 sur une note positive ou si ces résultats feront définitivement basculer le bilan annuel dans le rouge.

Pièces d'occasion : SRA lance son label qualité

Depuis le 1er janvier 2026, le label "Recycleur vertueux" entame son déploiement. Après deux ans de gestation, SRA concrétise ainsi un projet annoncé dès 2024. L'association d'assurances (Axa, Covéa, Generali, etc.), également affiliée à France Assureurs, délivre donc son label aux centres de recyclage automobile produisant des PRE. Non seulement celui-ci garantit les bonnes pratiques autour de leur production, mais il classifie aussi les pièces d'occasion. Un gain de temps pour les réparateurs et un encouragement à utiliser cette alternative à la pièce neuve.

La PRE devant le recyclage de matière

En effet, ce label classe les PRE produites sur un site en quatre catégories. Selon leur état et les interventions nécessaires pour les réemployer, elles sont notées de Q1 à Q4. Cette classification homogénéisée devrait ainsi faciliter la vie des réparateurs, en leur donnant une idée précise de leur qualité. Par ailleurs, elle pousse les centres VHU à produire des PRE de valeur.

Parallèlement, les "recycleurs vertueux" doivent d'abord être en conformité avec les normes environnementales. Ils doivent donc obligatoirement adhérer à l'éco-organisme Recycler mon véhicule. Ensuite, leur évaluation dépendra aussi du nombre et de la nature des composants remis en circulation. Celui-ci sera privilégié par rapport à leur poids recyclé. Un moyen de distinguer les recycleurs de pièces de ceux de matières.

Parallèlement, les sites concernés doivent produire leurs pièces d'occasion suivant les principes de qualité et de sécurité – notamment en adoptant des pratiques RSE. Ils doivent également les commercialiser en respectant le taux de TVA adéquat et les livrer avec un minimum de garanties.

Tournant pour la profession et levier pour les assurances

Enfin, leurs PRE doivent être traçables. Cette dernière exigence valorise celles produites par les professionnels, face à celles circulant hors du cadre légal – notamment sur internet.

L'attribution de ce label est soumise à des audits annuels. Le premier sera effectué sur site, pour évaluer ses performances. Ensuite, leur examen sera vérifié tous les un à deux ans. Leur note finale pourra ensuite être exploitée par les centres VHU pour répondre aux appels d'offres des assurances. Celles-ci pourront ensuite pousser encore davantage les réparateurs à utiliser les pièces d'occasion en les orientant vers des centres référents.

Mais surtout, la généralisation de ce label chez les recycleurs pourrait accélérer la transformation de leur profession. En effet, cette dernière se structure depuis quelques années, avec l'essor de la pièce d'occasion. Mais l'homogénéisation de leur qualité et des services les accompagnant à travers toute la France marquerait une évolution majeure du secteur. En particulier, les entreprises les mieux structurées pourraient accélérer leur développement, face à celles incapables de répondre à certains critères du label, impliquant notamment leur digitalisation étendue... Un clou supplémentaire dans le cercueil des casseurs traditionnels et un tremplin pour les recycleurs 2.0.

Les plaques roses ne suffiront pas contre la fraude selon la Fiev

Plus de 400 000 véhicules circulent chaque année avec une immatriculation provisoire WW ou W garage. Depuis le début de l'année, ces plaques temporaires doivent obligatoirement arborer un fond rose avec des caractères noirs, conformément au décret publié au Journal officiel le 2 décembre dernier.

Pour les immatriculations WW, la date d'expiration figure directement sur la plaque. L'objectif affiché par les pouvoirs publics : faciliter le travail des forces de l'ordre et lutter contre l'usurpation d'identité par l'édition de fausses plaques.

Un dispositif de sécurisation renforcé

Si la profession salue cette avancée, elle estime qu'elle ne constitue qu'une première étape. La section plaques de la Fiev, avec le soutien de l'association 40 Millions d'Automobilistes, milite pour aller plus loin en sécurisant le processus même de fabrication et de délivrance.

Le principe défendu repose sur un système de traçabilité établissant une cohérence entre la plaque, le code du fabricant et le point de réalisation. Ce dispositif permettrait aux autorités de vérifier rapidement la conformité d'une plaque lors d'un contrôle et de remonter jusqu'à son origine en cas d'anomalie.

"Si l'État ne peut pas imposer le contrôle d'identité pour la réalisation d'une plaque, nous proposons de sécuriser la plaque elle-même. La plaque d'immatriculation est un moyen d'identification des véhicules : la sécurisation de son processus de réalisation et de délivrance est indispensable", explique André Bouchenoire, président de la section plaques de la Fiev.

Des milliers d'automobilistes victimes chaque année

La fraude aux plaques d'immatriculation constitue un fléau pour les automobilistes. Les fausses plaques reproduisant l'immatriculation d'un véhicule existant (aussi appelées "doublettes") se comptent par milliers chaque année. Les victimes se retrouvent à devoir justifier qu'elles n'étaient pas au volant lors d'infractions ou de délits commis avec leur numéro d'immatriculation.

La Fiev insiste sur la nécessité d'une action collective et appelle le gouvernement à organiser une concertation entre autorités publiques, fabricants et associations d'usagers. Son souhaite est de traduire rapidement cette proposition par un décret pour renforcer la protection des millions d'automobilistes français face à ces fraudes.

Huiles moteur : Renault lance une gamme à faible empreinte carbone

Le constructeur automobile Renault affirme être le premier constructeur à proposer une gamme complète d'huiles moteur formulées à partir d'huiles re-raffinées. Développées avec Castrol et commercialisées sous le nom de Renault Castrol GTX, ces huiles visent à réduire l'empreinte carbone tout en étant conformes aux spécifications techniques du constructeur.

"Ce lancement fait de Renault Group le premier constructeur automobile à fournir à l'ensemble de sa gamme de véhicule récente des lubrifiants de nouvelle génération formulés avec des huiles de base re-raffinées", souligne François Delion, directeur après-vente monde de Renault Group.

La première référence concernée est l'huile RN17 (5W-30). Elle est déjà disponible dans les concessions européennes et couvrirait plus de 50 % des véhicules du groupe actuellement en circulation en Europe.

La gamme d'huiles comprend déjà plusieurs références, dont RN700 et RN710. D'autres huiles doivent être ajoutées progressivement afin de couvrir l'ensemble des motorisations du groupe d'ici 2026. Renault indique vouloir proposer exclusivement ces produits à ses clients.

Une huile présentée comme équivalente aux huiles classiques

L'utilisation d'huiles re-raffinées repose sur le recyclage d'huiles usagées, traitées grâce à un procédé industriel avancé. Selon Renault, ce mode de fabrication permet de réduire l'empreinte carbone de 13 à 24 % par rapport aux huiles traditionnelles, tout en utilisant moins de pétrole brut.

Pour Castrol, ce partenariat repose sur un travail de développement mené avec le constructeur. "En co-développant ces produits, nous aidons Renault Group à répondre aux besoins des clients d'aujourd'hui et de demain avec des lubrifiants performants et à faible empreinte carbone, au sein d'un secteur automobile circulaire", précise Slawek Radon, vice-président développement commercial et partenariats de Castrol.

Les deux partnaires assurent que ces huiles atteignent un niveau de qualité comparable à celui des huiles vierges. Elles répondraient aux exigences techniques actuelles en matière de protection du moteur et de performance.

Ce lancement intervient alors que la marque Castrol fait l'objet de discussions stratégiques. Sa maison mère, BP, envisage une possible cession de sa filiale dans le cadre de son plan de désinvestissement.

Plus de 1 000 centres VHU ralliés à Recycler Mon Véhicule

Un an et demi après son lancement, Recycler Mon Véhicule (RMV) peut se targuer d'avoir tenu ses promesses. Vincent Salimon, président de l'éco-organisme et du directoire de BMW Group France, n'a pas caché sa satisfaction lors d’un point d’information tenu début décembre 2025 devant de nombreux déconstructeurs.

"L'année 2025 a été intense, exigeante, structurante, mais surtout collective", souligne-t-il. Les objectifs fixés au démarrage ont été atteints, voire dépassés sur certains segments.

Sur le marché des deux/trois-roues et des voiturettes sans permis, RMV revendique 57 % de parts de marché avec 36 adhérents, se positionnant ainsi en leader. Sur les véhicules particuliers et utilitaires légers, l'organisme affiche 10 % du marché, conformément aux ambitions initiales face à la multiplicité des systèmes individuels agréés.

Un réseau dense au service de la proximité

Le déploiement territorial constitue l'une des grandes réussites de cette première année pour Recycler Mon Véhicule. Avec 1 060 centres VHU partenaires, l’éco-organisme dépasse largement l'objectif symbolique du millier initialement visé. "Notre réseau est dense, il couvre l'intégralité du territoire, ce qui nous permet d'assurer un service de proximité", précise Vincent Griffon, responsable des partenariats.

Pour favoriser le développement de ce réseau de centres VHU, l’éco-organisme entend conduire ses actions autour de deux axes : simplification et accompagnement.

"Sur la simplification, nous avons travaillé avec les systèmes individuels et les fédérations Mobilians et Federec pour faciliter votre quotidien. Nous nous sommes concentrés notamment sur la simplification des audits, avec la mise en place d’une grille commune d’audit, afin de ne pas changer le process déjà en place dans vos centres", explique Claire Deroche, chargée de mission performance.

La remontée des données a également fait l'objet d'une attention particulière. Objectif : éviter la multiplication des systèmes d’information. RMV a ainsi obtenu le maintien de l'outil Syderep au-delà de 2027 et son évolution pour automatiser davantage les déclarations réglementaires.

Des performances environnementales en progression

Sur le plan des objectifs réglementaires, la trajectoire apparaît globalement favorable. En matière de réemploi de pièces, le réseau de RMV atteint 12 % sur les véhicules particuliers et utilitaires, pour une ambition fixée à 16 % à l'horizon 2028.

"Ce n'est pas inatteignable, mais il faut continuer à travailler dans ce sens", analyse Claire Deroche. Sur les deux/trois-roues, les centres spécialisés affichent environ 30 % de taux de réemploi, pour un objectif de 40 %, même si les données restent encore à consolider sur l'ensemble des acteurs.

Les fluides frigorigènes font également l'objet d'une attention spécifique. Une étude menée avec des recycleurs volontaires a permis de quantifier la part récupérable dans les véhicules, avec des résultats qui placent la filière au-dessus des objectifs réglementaires.

Autre priorité de RMV : lutter contre les filières illégales, en particulier dans les territoires ultramarins. Une étude menée dans ces régions met en évidence un phénomène préoccupant : en 2024, le taux d’abandon y dépasse 10 %. Pour sensibiliser les populations locales, l’éco-organisme a notamment misé sur un levier original avec "Car Life Tycoon", un jeu qui place le joueur dans la peau d’un gestionnaire de centre VHU confronté aux circuits clandestins.

L'extension à la filière batteries

Face à l’électrification du parc roulant, l’éco-organisme avait également fait de l’obtention de l’agrément pour la filière batteries une étape importante dans son développement. C’est chose faite depuis août dernier.

RMV devient ainsi le seul éco-organisme agréé tant pour les véhicules hors d'usage que pour les batteries de véhicules électriques et hybrides. "Cette extension de notre mission s'inscrit dans la continuité de notre engagement aux côtés des constructeurs, importateurs et opérateurs", affirme Vincent Salimon.

La logique industrielle plaide pour cette intégration : on estime que 73 % des batteries seront collectées dans les centres VHU. Dès janvier 2026, l'éco-organisme prévoit de proposer un service de collecte et de prise en charge des accumulateurs au sein de son réseau.

Les enjeux sont considérables. À partir de 2030, quelque 50 000 véhicules électriques devraient atteindre la fin de leur cycle de vie chaque année. La réglementation impose des objectifs chiffrés : au moins 70 % de la masse des batteries devront être recyclés d'ici la fin de la décennie, et 80 % du lithium valorisés d'ici 2031.

Pour accompagner cette montée en puissance, RMV prévoit d’accompagner les déconstructeurs qui ne sont pas encore habilités à démonter les batteries haute tension.

Retrouvez en vidéo la conférence complète organisée par Recycler Mon Véhicule et la table ronde consacrée à la pièce de réemploi :

Exosquelettes : la solution Würth pour les ateliers

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Jade Descouture, une trajectoire à plein régime chez Eudiff

À première vue, la scène pourrait sembler anecdotique. Elle est en réalité fondatrice. Pour beaucoup d'acteurs du monde de la rechange automobile, le visage de Jade Descouture reste associé à une vidéo marquante diffusée par son ancien employeur. En 2023, au moment de dévoiler First, sa nouvelle plateforme nationale, Alliance Automotive Group (AAG) publie un clip de sa jeune collaboratrice au volant d’une Chevrolet Camaro aux couleurs de sa marque Napa, circulant dans les entrailles de l’entrepôt.

Une mise en scène inhabituelle dans l’univers de la communication, qui place la collaboratrice au premier plan et reflète assez bien son tempérament : volontaire, assurée et animée. Du haut de ses 27 ans, Jade Descouture s’impose comme une personnalité singulière dans le paysage de la rechange tricolore. Son parcours et son discours rappellent que la légitimité ne dépend ni de l’âge, ni du genre. La sienne est pleine et entière.

Son histoire avec l’automobile remonte loin. Fille de mécanicien, elle évoque ce souvenir souvent raconté par ses proches : ses premiers pas dans le garage familial. "Il paraît que je faisais de la mécanique dès l’âge de 1 an", sourit-elle. Elle met très tôt les mains dans le cambouis et se retrouve dès son adolescence à démonter et remonter des moteurs.

Une Golf 1 offerte par son grand-père, une Coccinelle et même une Porsche, rien ne résiste à Jade et son groupe de copains. Là où certains parents préfèrent éviter "les tâches qui tachent", les siens la laissent faire. Une forme d’éducation qui favorise l’épanouissement, aide à grandir et donne confiance.

Une vocation née très tôt

Après le collège, à l’heure de choisir sa voie, elle prétend au meilleur. Le Garac, l’École nationale des professions de l’automobile, est l’établissement de référence du secteur. Un premier virage et un moment fort. "En intégrant le Garac, cette passion devenait concrète. J’y ai passé de très belles années avec des formateurs de grande qualité, ainsi que des expériences et des rencontres incroyables."

En parallèle, jamais à court d’idées, elle intègre une équipe de rallye-cross pour préparer les voitures et assurer l’assistance les jours de course. Une expérience marquante vécue à 15-16 ans, à un âge où beaucoup en sont encore aux hésitations de l’adolescence. "J’ai eu la chance de ne jamais être freinée dans mes projets. Ma mère, tout particulièrement, a été très importante en ne cessant de m’encourager et de m’accompagner."

Après avoir décroché un bac pro puis un BTS, elle opte pour une licence OMSA (Organisation et management des services de l’automobile) pour compléter son expertise avec de la gestion d’entreprise. Au sortir de ce cursus, elle débute sa carrière chez Alliance Automotive Group dans un marché de la rechange qui lui est déjà familier. "Je connaissais ce monde-là pour l’avoir côtoyé avec mon père. Je l’accompagnais déjà enfant lorsqu’il allait chez des distributeurs."

De la formation au terrain

Dès cette première expérience, chose qui n’a rien de commun pour une débutante, elle se voit confier la responsabilité de déployer dans l’Hexagone Napa, la marque de distribution du groupement. Pendant trois ans, Jade Descouture s’investit totalement dans sa mission.

"Le challenge était immense avec Napa. Il a fallu l’adapter au marché français, la faire connaître au plus grand nombre et aussi l’incarner, détaille-t-elle, d’où ce fameux clip. Au final, je n’ai pas eu de mal à quitter Alliance, car nous n’étions plus en phase, mais j’ai eu beaucoup plus de mal à me détacher de Napa."

À l’été 2024, elle rejoint le distributeur Eudiff et change d’environnement. Entre le géant américain et la PME normande, alors affiliée au réseau Precisium, elle retrouve un environnement plus sain et un patron, Antoine Beaudet, qui va vite mais n’oublie jamais personne en route. "Antoine est clairement mon mentor professionnel. Il est à l’écoute, il accorde une grande importance à l’humain, il sait emmener tout le monde dans un projet."

Pour elle, le projet Eudiff a un titre – responsable marketing et communication – mais aussi un champ d’exploration extrêmement vaste, son poste ayant été créé à son arrivée pour renforcer l’organisation et pérenniser la croissance de la structure basée à Eu (76).

Elle s’y sent à sa place, consciente d’être au début d’un parcours. Peu encline à se projeter sur le futur, on parierait bien volontiers pour elle et sans trop se tromper que le meilleur est encore à venir. Aujourd’hui, l’essentiel porte sur Eudiff et aussi sur ses propres convictions.

La place des femmes dans la rechange

Car tout en affirmant ne pas être féministe, Jade Descouture se dit également très concernée par la place des femmes dans un monde encore trop masculin. "Je n’aime pas “genrer” les situations. Malgré tout, j’estime qu’il faut valoriser les femmes dans cet univers, affirme-t-elle. Je me rappelle qu’en entrant au Garac, nous n’étions que trois ou quatre filles. Comme tant d’autres, on m’a moins accordé le droit à l’erreur. J’ai dû en faire plus qu’un homme pour avancer. Même s’il ne faut pas tomber dans les généralités, c’est aussi notre réalité…"

Sans en faire des caisses, la voilà qui pose des mots, et des bons, sur cette situation. Mais en donnant le change, en se montrant exemplaire et totalement investie, Jade Descouture matérialise aussi un parcours et une réussite auxquels des jeunes femmes pourront se rattacher.

Une fois n’est pas coutume, la conclusion ne nous reviendra pas. Le 11 octobre 2025, à l’occasion de la Journée internationale des droits des filles, elle a publié sur le réseau LinkedIn ce post aux mots ciselés : "Petite, on m’a dit que la mécanique, ce n’était pas pour les filles. J’ai répondu en serrant mes premiers boulons. Et de vous à moi, je n’ai jamais trop aimé qu’on me dise ce que je devais faire. Arrêtez de vouloir rentrer dans les cases. Créez-en de nouvelles. Foncez. Ratez. Apprenez. Recommencez, mais surtout faites-le pour vous ! J’ai choisi ma voie, celle qui sent l’essence, les moteurs et les défis. Et je n’ai surtout écouté personne, sauf moi ! Alors à toutes les petites (et grandes) filles : faites ce que vous aimez, ce qui vous fait vibrer. Le reste suivra, toujours !" CQFD.

Covéa divise par quatre son réseau de centres VHU partenaires

Le changement s'annonce brutal pour les recycleurs automobiles. Covéa confirme la résiliation de 57 conventions de partenariat avec des déconstructeurs agréés, ne conservant que 16 acteurs triés sur le volet. Parmi eux, 14 collaboraient déjà avec l'assureur mutualiste.

Le groupe justifie cette décision par la nécessité d'aligner les partenariats avec ses objectifs de réparation durable. Selon les propos de David Thévenot, responsable du pôle réseaux auto de Covéa, relayés par nos confrères de L’Argus de l’assurance, les 16 entreprises retenues disposent d'un maillage compris entre 50 et 60 centres de traitement répartis sur le territoire métropolitain, hors Corse et outre-mer, complétés par 250 à 300 points relais.

Chaque partenaire se verra confier un volume de véhicules plus important, avec une règle stricte : la dépendance économique vis-à-vis de Covéa ne devra pas excéder 25 % de leur activité.

Covéa entend favoriser l’essor de la Piec

Le nouveau cahier des charges imposera aux centres agréés de déconstruire 70 % des épaves reçues, contre seulement 50 % au maximum actuellement selon David Thévenot. Cette hausse significative doit permettre de produire davantage de pièces issues de l’économie circulaire (Piec).

"Covéa souhaite améliorer la production de pièces de réemploi pour enrayer l’inflation du coût des réparations et, en particulier, des pièces détachées neuves", confirme Célia Keller, attachée de presse du groupe.

Les recycleurs devront également mettre en vente leurs pièces démontées sur la plateforme Carrosity, détenue conjointement par Covéa et le groupe Faubourg. Objectif : faciliter l'accès aux 4 300 carrossiers agréés du réseau mutualiste qui réalisent près de 600 000 réparations annuelles sur les véhicules assurés.

Une accélération inévitable de la consolidation du secteur

La stratégie de Covéa, suivie par La Macif qui a aussi resserré son réseau de partenaires déconstructeurs (41 à 24 établissements), accélère mécaniquement la concentration du marché. Selon Patrick Poincelet, président de la branche des recycleurs de Mobilians, seules 150 entreprises maximum disposent encore d'une convention avec un assureur, contre plus de 300 il y a cinq ans.

Et cette contraction devrait se poursuivre sous l’effet de la loi Agec et de la directive européenne sur la déconstruction automobile. Directrice générale d'Indra Automobile Recycling, Florence Bailleul estime que sur les 1 700 centres agréés en France, seulement 800 à 900 sites auraient suffisamment investi pour franchir cette première étape de sélection.

Rodrigo Lopes Rocha, SKF : "Le baromètre de la Fiev est un outil essentiel"

Le Journal de la Rechange et de la Réparation : La Fiev a dévoilé lors du salon Equip Auto son dernier baromètre sur l’activité de la rechange. Par rapport au premier trimestre, il affiche une progression de 2,3 %. Cette hausse est-elle le signe d’un vrai redémarrage du marché ?

Rodrigo Lopes Rocha : On peut répondre par l’affirmative, avec quand même quelques réserves. Par rapport au trimestre précédent, on observe déjà une légère hausse. Donc ça veut dire que le marché, en tout cas la réparation, reste constante dans son développement. Ces augmentations restent toutefois assez limitées et très basses.

 

J2R : Dans un contexte toujours plus complexe, comment ces données peuvent-elles guider distributeurs et réparateurs ?

R.L.R. : La difficulté majeure reste de savoir précisément ce que les clients font réparer. Et là, on se heurte parfois à une méconnaissance totale du marché. Pour eux, c’est difficile mais grâce à nos panels, nous pouvons aider les acteurs du marché à se repérer sur des questions très concrètes.

Pour nous aussi, équipementiers adhérents à la Fiev, ce baromètre est essentiel : il fournit des statistiques détaillées par famille de produits. Cela permet d’identifier les tendances, d’analyser nos volumes, de nous situer face à la concurrence et de suivre notre part de marché. L’ensemble de la profession y gagne, et nous avons considéré ce baromètre comme une priorité à mettre en place.

 

J2R : Vous venez de parler de priorité. Ce baromètre répond-il à un réel besoin du marché ?

R.L.R. : Oui. Nous avons tous une vision globale du marché et de son chiffre d’affaires, mais dès qu’il s’agit d’entrer dans le détail produit par produit, l’information devient difficile à obtenir. Ce baromètre apporte justement ce niveau de granularité.

Chaque acteur de la rechange cherche aujourd’hui à savoir comment se comportent ses lignes de produits. Et, in fine, ce sont les clients – le consommateur final – qui en tirent le plus profit : ce sont eux qui expriment la demande de réparation et qui règlent la facture.

 

J2R : Depuis votre arrivée à la tête de la commission aftermarket de la Fiev, quel premier bilan tirez-vous de votre action ? 

R.L.R. : Notre priorité est de fournir à nos adhérents des outils comme ce baromètre, qui constituent une vraie valeur ajoutée pour piloter leur activité. Nous travaillons également sur les conditions générales de vente de grands constructeurs comme Renault ou Stellantis.

Dans ce type de dossier, l’appui de la Fiev est indispensable pour instaurer un dialogue constructif entre constructeurs et équipementiers, et parvenir à des accords équilibrés. Lorsqu’un cadre global est trouvé, les équipementiers avancent plus facilement vers la signature de conditions commerciales.

 

J2R : Chez SKF, où vous assumez la direction commerciale France, quelles sont aujourd’hui vos missions principales ?

R.L.R. : Mon rôle est de développer nos ventes, d’animer et d’accompagner les équipes et de trouver, avec elles, des solutions permettant aux distributeurs de nous faire confiance. Notre approche est celle d’un concept complet de réparation.

Nous travaillons pour les mécaniciens et pour les garages : ils doivent trouver dans la boîte toutes les pièces nécessaires, au bon prix, accompagnées d’images, de références et d’informations techniques fiables. L’idée, c’est qu’ils n’aient qu’à ouvrir la boîte, remplacer et réparer.

 

J2R : Depuis votre arrivée chez SKF il y a près de 25 ans, ces missions ont-elles évolué pour s’adapter à la demande du marché, notamment avec l’essor de l’achat de pièces en ligne ? 

R.L.R. : Pas fondamentalement. Qualité, service et informations techniques restent des attentes fondamentales pour nos distributeurs. La vraie évolution tient à la data et à l’accès à l’information, qui ont profondément libéré le marché. Disposer des bonnes données est devenu le nerf de la guerre. Concernant l’achat de pièces en ligne, le marché a stagné : on a de nouveaux modes de commande, comme celui d’Autodoc Pro, qui trouveront leur place, mais sans bouleverser l’ensemble.

À nous, distributeurs et équipementiers, de proposer des produits et des services à la hauteur de la valeur perçue. Cela ne signifie pas être les moins chers, mais il faut avoir une offre cohérente pour que le client se dise : "Je préfère cette référence plutôt qu’une autre."

 

J2R : Vous avez présenté trois innovations lors du salon Equip Auto. En quoi reflètent-elles l’ADN de SKF ?

R.L.R. : SKF veut être présent de manière active sur le "powertrain", les solutions roues en première monte et le développement de nouveaux produits. À la rechange, notre rôle est de mettre ces technologies à disposition de nos distributeurs et de leurs garages.

C’est la force de SKF : la double compétence entre première monte et aftermarket. Nous faisons tout pour que tout réparateur puisse intervenir et assurer la maintenance des véhicules.

 

J2R : Quelles sont vos attentes pour l’avenir, pour le secteur comme pour SKF ?

R.L.R. : Je pense que l’arrivée de l’intelligence artificielle va beaucoup aider nos équipes à gagner en productivité et libérer du temps pour la relation client. Chez SKF, notre objectif est clair : démontrer que nous proposons des produits techniques et qualitatifs, mais aussi des solutions tarifaires adaptées. La confiance en la marque est essentielle.

Pour l’avenir, nous voulons rester au plus près de nos clients et leur fournir les outils qui permettront de réduire les émissions de CO2 et d’accompagner la transition vers des véhicules toujours plus propres.

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À Bron, les élèves mécaniciens cherchent des véhicules pour apprendre autrement

Au lycée professionnel des métiers de l'automobile Émile Béjuit, à Bron (69), des élèves de terminale bac pro maintenance des véhicules ont choisi de confronter leur formation aux réalités du terrain.

Leur projet, mené dans le cadre du chef-d’œuvre comptant pour l’examen, repose sur une idée simple : permettre à des particuliers de donner un véhicule au lycée pour servir de support pédagogique.

De vrais véhicules pour des compétences concrètes

Encadrés par leur enseignant de mécanique automobile, Christophe Munoz, les élèves ont conçu ce projet dans son ensemble, jusqu’à la réalisation d’un flyer expliquant la démarche. Objectif : travailler sur des véhicules ayant une histoire, des pannes identifiées ou latentes, et non sur des modèles strictement dédiés à l’enseignement.

Une approche qui permet de développer des compétences techniques directement transposables en atelier, tout en renforçant l’autonomie et la capacité de diagnostic.

Le lycée précise toutefois le cadre de l’opération. Il ne s’agit pas de récupérer des épaves, mais des véhicules encore en état de démarrer et présentant un intérêt pédagogique. Une contrainte indispensable pour garantir des conditions de travail proches de celles rencontrées dans les garages. Au-delà de la mécanique pure, le projet intègre les démarches administratives liées à un véhicule.

En donnant une seconde vie à un véhicule, les donateurs contribuent directement à la montée en compétences de futurs professionnels, tout en participant à une démarche à la fois pédagogique et solidaire. Les particuliers intéressés par cette démarche peuvent contacter le lycée de Bron et remplir le formulaire dédié.

Est Entrepôt, une histoire de famille qui continue de grandir

Fondée en 1989 par Jean-Luc Picard, Est Entrepôt fait partie de ces entreprises familiales qui ont su traverser les décennies sans perdre leur cap. Le passage de relais avec son fils Arnaud, effectif depuis le début de l’année, marque une nouvelle étape, sans rupture, dans l’histoire de la plateforme de Jarville-la-Malgrange (54), près de Nancy.

Mon père a bâti une entreprise solide et respectée. Je continue à écrire cette histoire, en gardant nos valeurs familiales tout en accélérant notre développement nationalsouligne Arnaud Picard, désormais président d’Est Entrepôt.

Preuve que la transmission s’est faite dans la continuité : la dynamique engagée depuis plusieurs années ne faiblit pas.

L’entreprise, qui emploie 42 collaborateurs, affiche une croissance de 13 à 14 % en 2025. Une progression qui repose sur une stratégie éprouvée : rester un stockiste indépendant, capable de conjuguer profondeur d’offre et maîtrise logistique.

L’échappement, encore et toujours

L’échappement fait partie intégrante de l’ADN d’Est Entrepôt. Cette ligne de produits, souvent jugée complexe à gérer en raison du volume et des faibles rotations, représente environ 10 % du chiffre d’affaires de l’entreprise. Alors que de nombreux distributeurs s’en détournent, la société familiale fait le pari inverse : renforcer son expertise et son stock.

Début 2025, plus de 2 500 références supplémentaires ont été intégrées au catalogue, portant le total à près de 9 000 références hors accessoires. Ce développement s’est appuyé sur l’arrivée de deux nouveaux partenaires, AS et Imasaf, qui complètent les produits de Veneporte, MTS et BMC. Le choix est payant : l’entreprise dispose aujourd’hui de l’un des stocks d’échappement les plus importants de France.

"Ces cinq marques peuvent parfaitement cohabiter, avec des positionnements complémentaires. C’est cette diversité qui nous permet d’être compétitifs et de répondre à tous les besoins", ajoute le président.

Une logistique et une force commerciale redimensionnées

Pour soutenir cette montée en puissance, Est Entrepôt a mené plusieurs investissements dans ses infrastructures. L’entreprise a ajouté 3 500 m² à sa surface de stockage, dont 1 500 m² spécifiquement dédiés à l’échappement. Des mezzanines et de nouveaux racks ont été installés, pour un montant total de 500 000 euros.

Un convoyeur automatisé viendra compléter le dispositif, pour un investissement supplémentaire de 300 000 euros. Le site atteint désormais 18 000 m² et peut accueillir plus de 150 000 références, soit entre 600 000 et 700 000 pièces en stock. "Nous avons les moyens de doubler notre activité sans changer de bâtiment", affirme Arnaud Picard, qui n’envisage pas de nouvelle implantation logistique pour le moment.

Avec 18 000 m² de stockage, la plateforme d’Est Entrepôt figure parmi les plus importantes structures indépendantes de France. ©Est Entrepôt

Avec 18 000 m² de stockage, la plateforme d’Est Entrepôt figure parmi les plus importantes structures indépendantes de France. ©Est Entrepôt

Cette organisation permet à la société de livrer 95 % du territoire français en J+1, avec un taux de qualité supérieur à 97 %. "Avoir tout notre stock et nos équipes au même endroit, c’est notre force. Cela nous permet d’être réactifs et de maintenir un haut niveau de service", insiste le dirigeant.

Mais la croissance d’Est Entrepôt ne se limite pas au renforcement de son outil logistique. L’entreprise consolide aussi sa présence commerciale sur le territoire national. Son réseau compte aujourd’hui quatre commerciaux et un chef des ventes, avec deux recrutements supplémentaires en préparation. Si le Nord et l’Est de la France sont déjà pleinement couverts, des zones restent à conquérir : le Nord-Ouest, notamment la Bretagne, et le Sud-Est, autour de Lyon et Marseille.

L'inégal marché de l'échappement

Cette stratégie porte ses fruits : la progression du chiffre d’affaires repose autant sur la fidélisation des partenaires historiques que sur l’acquisition de nouveaux clients. "Les nouveaux clients représentent environ la moitié de notre croissance. Mais nous continuons aussi de progresser avec ceux qui nous font confiance depuis longtemps."

Est Entrepôt prépare sa diversification

Grâce à ces nombreux investissements, la plateforme nancéienne entend préparer la prochaine étape de son développement avec l’ouverture à de nouvelles familles de produits. L’entreprise travaille sur le lancement d’une gamme de pièces de carrosserie, en particulier les optiques.

"Nos clients ont de plus en plus de mal à trouver de la pièce d’origine, surtout avec les nouvelles contraintes juridiques liées aux marquages constructeurs", explique Arnaud Picard. "Nous devons leur apporter des solutions fiables, en respectant la législation française."

Pour ce nouveau marché, l’entreprise mise sur un modèle en deux temps : d’abord apprendre à connaître la demande et les flux, puis investir progressivement dans le stock, en s’appuyant sur un sourcing européen. Notons d’ailleurs que l’entreprise voit également ses ventes à l’export progresser. Cette activité représente aujourd’hui entre 5 et 7 % du chiffre d’affaires total, portée par des échanges avec plusieurs partenaires sur le Vieux Continent.

Il y a toujours des écarts de prix entre les marchés européens, et tant que cela existe, il y aura des opportunitésestime le dirigeant.

Un modèle d’indépendant tourné vers l’avenir

Fort de cette feuille de route, dans un marché où la concentration s’accélère, Est Entrepôt n’entend pas remettre en cause son statut d’entreprise indépendante. "Dans un marché où presque tout le monde est désormais rattaché à un groupement ou à une centrale, nous voulons conserver notre liberté de décision et notre proximité avec nos clients", insiste Arnaud Picard.

Cette approche tranche avec celle des grands acteurs du web, dont la progression rapide interroge les distributeurs traditionnels. Mais Arnaud Picard observe sans inquiétude la montée en puissance de ces opérateurs.

"Des acteurs comme Autodoc sont très performants, ils développent leurs propres marques et savent se positionner vite. Mais notre force, c’est la réactivité et le service. On ne peut pas copier leur modèle. Il faut s’appuyer sur ce qui fait notre valeur ajoutée : la disponibilité et la connaissance du terrain."

Dans un univers en pleine digitalisation, Est Entrepôt défend donc une certitude : la confiance et la réactivité d’un partenaire de terrain vaudront toujours mieux qu’un simple clic.

Véhicules électriques : la réparation de batteries, nouveau terrain de jeu des garages indépendants

La montée en puissance des véhicules électriques modifie en profondeur le périmètre d’intervention des réparateurs. Longtemps cantonnées aux réseaux constructeurs et aux carrossiers, les opérations sur les VE s’invitent désormais de plus en plus souvent dans les ateliers, sous l’effet combiné de l’évolution du parc roulant et des contraintes réglementaires européennes. À mesure que la part de modèles dits "zéro émission" progresse, l’après-vente indépendante sera elle aussi amenée à intervenir sur des organes jusqu’ici peu accessibles, au premier rang desquels la chaîne de traction et la batterie.

C’est sur ce terrain que le groupe Henkel entend se positionner. Propriétaire des marques Loctite et Teroson, le spécialiste allemand des adhésifs et solutions de réparation automobile, déjà bien implanté en première monte, investit désormais le marché émergent de l’après-vente des véhicules électriques. Ses équipes de R&D développent des produits et des procédures destinés à accompagner les réparateurs dans la maintenance et la réparation de ces véhicules, dans le respect des prescriptions des constructeurs.

Des procédures strictes, dictées par les constructeurs

Dans ce domaine, Loctite se positionne comme un partenaire technique des professionnels confrontés aux spécificités des VE, tant sur le plan technique que sécuritaire. La marque a travaillé à la simplification des opérations liées à la réparation des systèmes sous tension, tout en respectant des procédures constructeurs particulièrement rigoureuses, notamment en matière d’intervention sur la batterie de traction.

Ces préconisations visent un double objectif : préserver la sécurité de l’intervention et prolonger la durée de vie de la batterie. Elles permettent ainsi d’éviter, lorsque cela est possible, le remplacement complet de cet organe, dont la valeur représente une part significative de celle du véhicule. "La réparation permet de réduire les coûts jusqu’à 77 % et les émissions de CO₂ liées à la fabrication de batteries neuves de 91 %", avance Jean-Noël Michel, responsable technique de Henkel France, chiffres à l’appui.

La réparation des batteries est aujourd’hui envisageable sur la majorité des véhicules électriques en circulation, à l’exception de certains modèles chinois et américains. Cette opération reste toutefois strictement réservée aux techniciens disposant des habilitations les plus élevées. Toute erreur de procédure peut en effet entraîner des conséquences graves, voire mortelles.

Une offre ouverte aux indépendants

Henkel Loctite réparation module de batterie auto

Après avoir tracé leur emplacement, suivant les cotes dictées par le constructeur, le réparateur applique le cordon du joint entre le module de batterie et son carter. ©J2R/NG

Contrairement à certaines offres encore réservées aux réseaux constructeurs, les solutions développées par Loctite s’adressent à l’ensemble des ateliers, y compris les réparateurs indépendants, ainsi qu’aux centres de formation. "Par rapport à nos concurrents, nous sommes les seuls à ouvrir notre portefeuille de produits aux indépendants", souligne Christophe Valadié, responsable des ventes et du marketing de Henkel France.

"Henkel a développé une gamme comprenant des joints d’étanchéité thermique, freins-filets et autres produits de fixation. Tous sont conçus pour répondre aux contraintes propres aux différents systèmes de batterie et de moteur électrique de toutes les marques", poursuit-il.

Ces produits protègent les composants sensibles de la batterie de traction et assurent la stabilité de leurs assemblages. Cela, alors qu'ils sont soumis à des contraintes mécaniques importantes, ainsi que des variations thermiques et vibratoires élevées. À la fin, ils contribuent à maintenir les performances globales du véhicule et à prolonger sa durée de vie.

Une démonstration au Cesvi

Henkel a récemment présenté cette nouvelle gamme au laboratoire du Cesvi, le technocentre de Covéa, déjà familier des solutions du groupe, dont certaines colles pour éléments de carrosserie ont été labellisées. À cette occasion, les techniciens de Henkel et du Cesvi ont réalisé une démonstration en conditions réelles, devant un public restreint de journalistes.

L’opération consistait à ouvrir la batterie d’une Renault Mégane afin de remplacer plusieurs composants défectueux. Après le remplacement de certaines cellules au sein de différents modules, ceux-ci doivent être repositionnés dans le pack batterie. L’une des étapes les plus délicates réside dans l’application du joint d’étanchéité thermique entre les modules et le plateau, une opération à la fois technique et critique pour la sécurité du système.

Chaque constructeur impose ses propres méthodes, particulièrement strictes. En atelier, le technicien doit appliquer un cordon de produit avec une extrême précision, tant en volume qu’en positionnement. Le joint polymérise ensuite à l’air ambiant, conditionnant l’étanchéité et la performance thermique de l’ensemble.

Expertise à disposition des réparateurs

Pour respecter ces méthodes, "Volkswagen et Audi fournissent des gabarits dans lesquels on peut facilement appliquer le cordon du joint aux bonnes dimensions. Tandis que Renault préconise de mesurer et de tracer les cotes de la batterie avant l'application", explique Jean-Noël Michel. Cependant, les techniciens du Cesvi ont judicieusement imprimé en 3D un gabarit aux dimensions définies par le constructeur français.

Grâce à ces procédés, lorsqu'on replace le module, le joint s'étale sur toute la surface. L'objectif est d'assurer une cohésion maximum entre les cellules et le système de refroidissement. La dispersion de la chaleur doit ainsi être optimum, pour assurer la stabilité thermique de la batterie.

Pour aider les professionnels à assurer cette prestation pointue, Henkel met donc son expertise technique à leur disposition. Il propose des didacticiels simples pour suivre les différentes opérations de réparation pas à pas. Tandis que ses technico-commerciaux assurent des formations techniques dans les règles de l'art de la réparation des VE.

Au-delà de l’aspect purement technique, Henkel inscrit cette démarche dans une logique plus globale de durabilité. Le groupe encourage les réparateurs à adopter des pratiques responsables tout au long du cycle de vie des VE, y compris dans la gestion des déchets. La réparation des batteries s’inscrit pleinement dans cette approche. "Il n’a jamais été aussi économique et écologique de réparer les véhicules électriques", conclut Christophe Valadié. À terme, ces opérations aujourd’hui réservées à un nombre limité d’ateliers pourraient ainsi devenir accessibles à une part beaucoup plus large du réseau de réparation.

Le réseau Feu Vert passe dans l'escarcelle de Bassac

Un nouveau chapitre s'ouvre pour Feu Vert. Le 18 décembre 2025, Bassac est entrée en négociation exclusive pour acquérir 100 % du capital de Financière Ramsès I SAS, holding qui chapeaute l'ensemble du groupe.

Cette opération marquerait le départ d'Alpha Private Equity, aux commandes depuis 2016, et l'arrivée d'un actionnaire au profil différent : une société familiale fondée en 1972, présente dans six pays et investie notamment dans la construction et la promotion immobilière.

Le dossier, encore soumis aux autorisations réglementaires, devrait se conclure dans les trois prochains mois. Les instances représentatives du personnel et les salariés du réseau seront consultés dans le cadre de la procédure d'information obligatoire. Pour l'heure, ni Bassac ni Alpha Private Equity n'ont communiqué sur le montant de la transaction.

Anciennement Les Nouveaux Constructeurs, Bassac est un groupe familial dirigé par Moïse Mitterrand (86,4 % du capital), actif dans l'immobilier via Marignan (France), Premier (Espagne), Concept Bau (Allemagne), et le coworking avec Kwerk. Cette acquisition marque l'entrée de Bassac dans l'après-vente automobile.

Un chiffre d'affaires groupe en hausse

Créé en 1972, Feu Vert exploite un maillage de 466 centres autos en propre et en franchise en France, en Espagne et au Portugal. Sur son dernier exercice complet (2024-2025), le groupe a affiché un chiffre d'affaires de 663 millions d'euros (hors CA des sites franchisés) contre 646 millions en 2023-2024.

Sous la houlette d'Alpha Private Equity, Feu Vert avait bouclé, fin 2024, une opération de refinancement de 193 millions d'euros. Cette initiative visait à optimiser la structure et le coût de la dette, tout en intégrant des critères ESG susceptibles de moduler la marge du financement selon l'atteinte d'objectifs environnementaux, sociaux et de gouvernance.

OuiGlass renforce son maillage territorial et mise sur la proximité

Avec plus de 100 centres en France, le réseau OuiGlass continue d'étendre son maillage en France. En tout, cinq nouvelles ouvertures et extensions de services viennent renforcer sa présence locale. Une stratégie centrée sur l'accessibilité et la rapidité d'intervention, dans un contexte où les automobilistes privilégient de plus en plus des services à domicile ou sur leur lieu de travail.

À Montpellier (34), un nouveau centre a ouvert ses portes. Installée sur une surface de 140 m², cette nouvelle implantation est portée par Guillaume Di Paolo, entrepreneur au parcours atypique. Passé par la restauration, le spectacle puis l'immobilier, il choisit de se former au vitrage automobile auprès du centre OuiGlass de Nîmes (30) avant de lancer son propre établissement. Passionné de mécanique, un intérêt hérité de son grand-père, il s'entoure aujourd'hui d'une équipe composée de deux techniciens, deux alternants et d'un animateur commercial afin d'assurer une prise en charge rapide.

"Le secteur automobile est une passion familiale que je porte depuis l'enfance, mais je n'avais pas les compétences techniques pour me lancer seul. OuiGlass m'a offert un cadre à taille humaine, flexible et aligné avec mes valeurs. Aujourd'hui, avec l'ouverture du centre de Montpellier, je veux mettre cette passion au service des automobilistes : leur offrir un service fiable, éthique et complet, du simple impact à la pose de vitres teintées, grâce à une équipe engagée", souligne Guillaume Di Paolo, directeur de OuiGlass Montpellier.

Autre implantation : Castres (81). Ce nouvel établissement marque le deuxième projet d'un trio d'associés : Adam Bouhalissa, Alexis Portier et Alexandre Bernard. Après un lancement réussi du premier centre à Colomiers (31) en février, cette nouvelle adresse à Castres renforce la présence de l'enseigne en Occitanie et propose une offre complète : réparation et remplacement de vitrages automobiles, rénovation d'optiques, ainsi que décalaminage des véhicules.

Pour les trois associés, ce développement s'inscrit dans une logique de proximité et d'accompagnement. "Nous avons choisi OuiGlass pour l'accompagnement et le soutien qu'offre le réseau. Comparé à une franchise classique, OuiGlass est plus flexible et conviviale, ce qui nous permet de gérer notre centre de manière autonome tout en bénéficiant de conseils et d'un vrai appui technique", expliquent-ils.

La pose mobile, réponse directe aux nouveaux usages

En misant sur la pose mobile et des implantations ciblées, OuiGlass cherche à réduire les délais d'intervention tout en renforçant sa présence dans des zones périurbaines et rurales.

C'est pourquoi plusieurs centres existants étendent leur activité grâce à la pose mobile. À Aubagne (13), le service s'étend désormais à La Ciotat et à La Valentine. Une évolution qui vise à renforcer la proximité avec les automobilistes du territoire et offrir un maillage d'intervention encore plus fiable et réactif. Pour ce faire, une équipe de sept personnes assure les prestations : quatre carrossiers, deux mécaniciens et un secrétaire.

Grâce à cette activité mobile, OuiGlass Aubagne propose un pôle automobile complet : vitrage, réparation d'optique, entretien auto, mécanique, location de véhicules, carrosserie et peinture. Les interventions peuvent ainsi être réalisées directement au domicile des clients ou sur leur lieu de travail.

Même dynamique à Dieppe (76), où le service de pose mobile s'étend jusqu'à Mers-les-Bains. Dirigé par Jennifer Thérin depuis octobre 2023, le centre se distingue par une expertise élargie, incluant le vitrage automobile et poids lourds, les pneumatiques et la mécanique. Deux salariés accompagnent la directrice du centre pour proposer des interventions rapides, fiables et adaptées à la demande des automobilistes.

Nouvel élan également pour OuiGlass d'Audenge (33) avec un changement de direction. Le centre propose le remplacement et la réparation de vitrages automobiles avec également la possibilité d'une intervention mobile, que ce soit sur le lieu de travail ou au domicile des clients. Dans les prochains mois, l'offre s'élargira avec l'arrivée de nouveaux services : pose de vitres teintées et accompagnement dans les démarches de cartes grises.

BCA Expertise trace la route vers la décarbonation

Pour ses 70 ans, le plus gros cabinet d'expertise automobile français sort son livre blanc sur la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), comme annoncé à Equip Auto 2025. BCA Expertise y dévoile ses ambitions et pratiques, tant en interne qu'en externe, pour favoriser le développement durable. Afin d'y parvenir, il adopte les tendances du secteur, incluant l'expertise à distance (EAD), le recours à la pièce de réemploi (PRE), l'innovation apportée par l'intelligence artificielle (IA), etc. Le bilan 2024 de ses efforts dans ces domaines y est aussi publié.

Capter toutes les initiatives environnementales

Mais pourquoi consacrer autant d'efforts à cet aspect de la réparation-collision ? Parce que "la façon dont un sinistre est géré a un impact direct sur les émissions de la filière", affirme Jean Prévost, son président. À côté de la nécessité de prendre en charge des véhicules équipés de technologies de plus en plus sophistiquées, les évolutions sociales imposent aussi de le faire de plus en plus proprement…

Or, dans son livre blanc, le cabinet revendique un quadruple rôle, dans les domaines sécuritaire, environnemental, social et sociétal, ainsi qu'économique. En s'appuyant sur ces bases, il présente quatre engagements. Il s'attache à réduire l'empreinte carbone de la gestion de sinistre, à promouvoir un cadre de travail épanouissant et à rester actif dans la sécurité routière. Enfin, le cabinet détenu par des assureurs (Axa, Pacifica, Covéa, etc.) s'engage également en matière d'impartialité, d'éthique et d'indépendance.

"Nous captons toutes les initiatives existantes en matière environnementale, dans l'écosystème de la gestion de sinistre automobile", explique Benoît Dehove, responsable environnement personnel de BCA Expertise. Raison pour laquelle il affirme que ces experts préconisent depuis longtemps le recours à la PRE et encouragent la réparation. Autrement, "si on fait changer une pièce, on perd en compétence chez les réparateurs. C'est aussi une moins bonne pratique pour l'environnement".

L'IA avec des garde-fous

Concrètement, cette pratique se traduit par un taux de réparation de 45,6 % en 2024. Tandis que le recours à la PRE a progressé de 3,8 points, en atteignant 15,8 % des dossiers. Enfin, le taux d'EAD atteint 46,4 % lors du premier examen.

Parallèlement, moins visible mais stratégique : l'IA monte en puissance chez BCA Expertise. Aizzia, l'outil dédié du groupe, fournit une "expertise augmentée" à ses spécialistes. "Cette solution fluidifie la gestion de sinistre. Par exemple, elle accélère l'orientation des véhicules vers les réparateurs ou les recycleurs, selon leur état, expose Benoît Dehove. À partir de la déclaration de l'assuré, elle aide à diriger un dossier vers une EAD, une expertise de terrain ou à proposer le rachat du véhicule irréparable. On gagne ainsi énormément de temps au bénéfice de toutes les parties".

Toutefois, le spécialiste prévient que l'IA est utilisée en suivant des garde-fous. Un expert contrôle ses choix et contribue donc à son "éducation". En retour, cette technologie participe aussi à la réduction des émissions de CO2 en réduisant et en optimisant les déplacements des experts. Elle consulte également les PRE disponibles dans les bases de données consultées par BCA Expertise… 300 000 EAD ont ainsi déjà été réalisées par la machine et validées par des experts.

Des efforts concrets

Avec ce livre blanc, le cabinet poursuit sa lancée amorcée avec le précédent ouvrage sur la réduction de CO2 de la réparation auto, publié en 2024. En association avec le Crédit Agricole Assurances, Europ Assistance et l’institut Louis Bachelier, cette étude étudiait les émissions polluantes de la sinistralité automobile. Elle a ainsi estimé qu'un sinistre moyen génère 146 kg de CO₂. Cette masse serait toutefois réductible d’environ 22 % en suivant des pratiques vertueuses.

BCA Expertise est donc fier de présenter ses progrès dans son livre. Le cabinet est ainsi parvenu à réduire ses kilomètres parcourus par mission de 16,6 km en 2019 à 14,7 km en 2024. Tandis que sa flotte compte désormais 376 véhicules à motorisation hybride, électrique ou éthanol, contre 106 auparavant. La gestion de ses propres déchets a été réduite de 140 tonnes. Enfin, la supervision numérique de la dématérialisation des échanges entre ses 86 sites génère des économies énergétiques et de temps.

Le cabinet met aussi en avant ses efforts en matière de gestion des ressources humaines. Formation, inclusion, réduction des accidents du travail, etc. Il est parvenu à progresser dans ces domaines avec ses équipes. "Nous montrons que la performance économique et la performance environnementale peuvent aller de pair", indique Jean Prévost. Mais reste à voir jusqu'où elles peuvent s'accorder avec leurs propres contraintes.

Moovly, l'enseigne qui veut réparer aussi la confiance

Dans le quart sud-est de la France, c'est le réseau qui monte, qui monte… Sur un marché dominé par les enseignes nationales (Norauto, Vox Vert, Speedy, Midas, Point S…), Moovly entend se distinguer par un fonctionnement plus simple, plus lisible et davantage centré sur le client, dans un contexte où l'âge moyen du parc atteint 11,5 ans et où les besoins d'entretien augmentent.

Le pari peut sembler audacieux dans un marché où les consommateurs peuvent obtenir et comparer des devis en quelques secondes. Mais Moovly croit que la bataille commerciale ne se réduit pas aux seuls critères de la vitesse d'exécution et du prix. La jeune société, dont la baseline est "Centres auto 2.0", a choisi de revaloriser le service, en rendant les interventions totalement lisibles et en misant sur une relation client mieux construite.

Une stratégie pensée comme une réponse directe aux évolutions du marché. En effet, selon une étude IFOP pour ID Garages de septembre 2015, seulement 48 % des automobilistes font confiance aux garagistes en général, alors que 86 % font confiance à leur garagiste habituel. Preuve que le lien humain reste décisif dans un secteur encore perçu comme manquant de transparence.

Une vision née de l'expérience de réseau

Julien Vernaison, fondateur de Moovly, connaît bien ce rapport ambivalent au métier. Mécanicien de formation, passé par la case concession puis par une fourgonnette atelier itinérante, il ouvre son premier garage en 2015. Au fil des années, il constate un décalage tenace entre les attentes des clients – des explications simples, une organisation carrée, un accueil soigné – et la réalité du terrain. "Le métier de garagiste a mauvaise presse, mais on peut en faire quelque chose de moderne, propre et ambitieux. On ne répare pas que des voitures. On répare l'image du métier", insiste Julien Vernaison.

Julien Vernaison, fondateur de Moovly, dans l'un des espaces d'accueil du centre auto de Meyzieu en 2015. ©Moovly

Julien Vernaison, fondateur de Moovly, dans l'un des espaces d'accueil du centre auto de Meyzieu en 2015. ©Moovly

Aujourd'hui, Moovly compte cinq centres en Auvergne-Rhône-Alpes (Nicolas-Vermelle, Saint-Savin, Charanxieu, Meyzieu et Romans-sur-Isère). Un maillage volontairement régional, pensé pour rester proche des équipes, maîtriser les ouvertures et garantir la qualité de service. Pas question, pour l'instant, de se disperser à l'échelle nationale.

Un service pensé pour restaurer la confiance

Le concept Moovly repose avant tout sur la qualité de l'accueil et l'accompagnement des clients. L'enseigne met en avant un fonctionnement simple : un accueil lisible, un devis compréhensible, un garage propre et moderne, et une prise de rendez-vous accessible. Le réseau s'engage également à fournir un prêt de véhicule gratuit pour toute intervention dépassant deux heures, ainsi qu'un nettoyage pour les prestations les plus longues. Autant de détails qui, cumulés, transforment l'expérience.

"Nous ne sommes pas moins chers que les autres, nous cherchons simplement à proposer un meilleur rapport service/prix, comme au restaurant", souligne Julien Vernaison. Les centres fonctionnent en effectifs réduits, au maximum quatre techniciens par atelier, pour garantir une relation plus directe entre les équipes et les automobilistes.

Une stratégie payante puisque Moovly affiche une note moyenne de 4,9/5 sur plus de 330 avis collectés en un an sur Avis Vérifiés. En 2025, les cinq sites du réseau ont entretenu environ 12 000 véhicules, un volume conséquent pour une enseigne encore jeune. La stratégie de Moovly 2.0 repose aussi sur un maillage régional resserré. Aucun centre ne doit être situé à plus de deux heures de route d'un autre, afin de faciliter l'accompagnement opérationnel, la standardisation des process et l'entraide entre ateliers.

Tous utilisent les mêmes outils de gestion, les mêmes standards qualité et les mêmes protocoles à l'atelier, afin de garantir une expérience identique d'un centre à l'autre. "L'idée, c'est que le client sache toujours où en est sa voiture", indique le fondateur de Moovly. Le réseau veut rompre avec l'image du garage où l'on dépose son véhicule sans vraiment savoir ce qui sera fait.

Une diversification des besoins du réseau

Pour répondre au mieux aux attentes des automobilistes, Julien Vernaison n'a pas hésité à étoffer petit à petit la boîte à outils de Moovly. Le réseau a développé une offre de réparation de vitrages, en s'appuyant sur Zenty Pare-Brise, partenaire de longue date. Réparation, remplacement et prêt de véhicule de courtoisie : le client ne change pas d'interlocuteur et bénéficie d'un suivi complet.

Dernier lancement en date : la carrosserie. Une évolution naturelle, portée par les attentes des automobilistes qui, satisfaits du service, souhaitent pouvoir confier l'ensemble de leurs réparations au même réseau. Moovly prend désormais en charge les sinistres de A à Z. Les travaux sont en partie sous-traités pour ce qui est de la peinture et de la tôlerie, mais restent entièrement pilotés par les centres, qui restent le principal interlocuteur du client.

"Nous voulons simplement être capables de tout gérer pour nos clients, sans les renvoyer d'un prestataire à l'autre", explique Julien Vernaison. L'ambition n'est pas de devenir un "supermarché de l'auto", mais de simplifier la vie des automobilistes en proposant un parcours cohérent, fluide et lisible.

Cette approche se retrouve également dans la démarche environnementale de l'enseigne. Avec le programme GreenMooV, lancé il y a quelques mois, Moovly structure sa politique RSE autour notamment du tri des déchets et du recours aux pièces de réemploi. L'enseigne se fournit via des volumes groupés, en mutualisant les achats pour les centres. Les motorisations électrifiées représentent encore une faible part de l'activité du réseau (3 à 5 %) mais le réseau se prépare à l'électrification du parc en passant par la formation de ses équipes.

Une expansion qui se maîtrise et se structure

La franchise Moovly, ouverte il y a moins d'un an, constitue un levier de développement majeur. L'enseigne a choisi ce modèle pour accélérer son maillage tout en préservant son ADN. Mais si le réseau veut s'étendre, c'est uniquement avec des partenaires capables de porter ses valeurs de proximité et de transparence. Le premier franchisé, installé à Romans-sur-Isère (26), a vu son chiffre d'affaires augmenter d'environ 25 % après la transformation de son garage en centre Moovly. Sa réputation locale s'est également améliorée.

Le modèle de franchise repose sur deux possibilités : l'ouverture d'un nouveau centre ou la transformation d'un garage existant. Dans les deux cas, les candidats doivent justifier d'au moins trois ans d'expérience dans l'automobile ou dans la relation client. Pour une création, un apport minimum de 20 000 euros est demandé. Mais l'enseigne insiste surtout sur un point : les valeurs humaines. Moovly recherche des profils capables d'accompagner leurs équipes, proches des clients et soucieux d'offrir un service constant. "Moovly n'est pas né d'un business plan, mais d'une volonté de dépoussiérer les vieilles méthodes du secteur", rappelle Julien Vernaison.

Le développement de Moovly est volontairement progressif : deux à trois ouvertures par an, avec un maillage géographique resserré pour maintenir la qualité de service. Et qui dit développement du réseau dit aussi nouvelles exigences à maîtriser. Car avec l'extension du maillage, une autre réalité s'impose : l'évolution d'un métier plus technique.

Entre l'essor des modèles électrifiés et la généralisation de l'électronique embarquée, l'entretien automobile nécessite des compétences toujours plus pointues. Le réseau mise sur la formation pour rester au niveau, mais aussi pour attirer des techniciens qualifiés, alors que le secteur souffre de fortes tensions sur le recrutement.

Baromètre Valused : la Piec progresse dans les intentions, moins dans les usages

Alors que les coûts de réparation automobile poursuivent leur hausse, les pièces issues de l’économie circulaire (Piec) s’imposent progressivement dans le débat. C’est en tout cas ce que met en évidence le baromètre publié ce mois-ci par Valused, en collaboration avec OpinionWay. La société à mission, spécialiste de la pièce automobile reconditionnée, dresse un état des lieux de l’adoption des Piec et souligne un paradoxe : une forte adhésion de principe, mais une adoption encore marginale dans les ateliers.

Selon cette étude réalisée en décembre 2025, 91 % des automobilistes se montrent favorables à l'utilisation des pièces de réemploi dans les activités de réparation. Le critère économique demeure déterminant, puisque 60 % des répondants citent le prix comme principal facteur de choix. Dans le même temps, 26 % mettent de leur côté l'accent sur ses bénéfices sur le plan environnemental. L’utilisation de Piec contribue notamment à la décarbonation du parc automobile.

Une prescription en hausse chez les réparateurs

Le baromètre souligne également une évolution du côté des professionnels. 61 % des réparateurs déclarent proposer systématiquement des Piec, soit une progression de quatre points par rapport au début de l’année. Une dynamique qui semble plutôt bien accueillie par la clientèle : 74 % des automobilistes acceptent la recommandation du professionnel, confirmant une forme de normalisation progressive de ces pièces dans le discours commercial des ateliers.

"Les automobilistes français veulent de la Piec. Ces enseignements confirment que notre mission chez Valused est plus pertinente que jamais : améliorer le pouvoir d’achat des Français tout en réduisant l’impact environnemental dans le secteur automobile", résume Julien Dubois, confondateur de Valused.

Un usage de la Piec encore marginal

Pourtant, si l’engouement pour les pièces de réemploi semble plus fort que jamais, la réalité du terrain reste contrastée. En 2025, seules 5,9 % des réparations ont effectivement été réalisées à l’aide de Piec, contre 5 % en 2023. Autrement dit, plus de neuf réparations sur dix continuent de s’appuyer sur des pièces neuves. 

Ce décalage entre intention et pratique s’explique par plusieurs réserves persistantes. La qualité perçue des pièces de réemploi demeure le principal point de vigilance pour les professionnels, en particulier chez ceux qui y ont encore peu recours. S'y ajoutent des problématiques liées à la disponibilité des pièces et aux délais d'approvisionnement, souvent jugés incompatibles avec les contraintes opérationnelles des ateliers.

Un écart perceptible entre intention et pratique  

Face à ces obstacles, certains acteurs du marché, dont Valused, tentent de structurer davantage la filière. Le distributeur met notamment en avant une distribution mieux maîtrisée et centralisée, un sourcing sécurisé et propose des services qui répondent directement aux besoins des ateliers. Par exemple, son service de conciergerie revendique un taux de réussite de 90 % pour la recherche de pièces de réemploi en moins de 48 heures. 

Autant d’éléments qui contribuent à crédibiliser la Piec auprès des professionnels. Reste désormais à transformer l’adhésion affichée en volumes réels. "Aujourd’hui, tout le monde déclare adhérer à la Piec, mais l’écart entre cette adhésion et la réalité sur le terrain reste important. Notre rôle, au service des réparateurs, est de lever les freins, de faciliter l’accès à ces pièces et d’accompagner la transformation de l’intention en acte", conclut Julien Dubois.

Caroline Tremel, Motul : "Dans l'automobile, nous allons davantage nous appuyer sur nos distributeurs"

Le Journal de la Rechange et de la Réparation : Vous avez pris la direction générale de Motul en octobre 2023, après un parcours dans le sport, le textile et le digital. Qu'est-ce qui vous a séduite dans ce nouveau secteur ?
Caroline Tremel : La première chose qui m'a frappée, c'est le niveau de passion. Je n'avais jamais vu ça ailleurs à ce point-là. Chez Motul, on vit littéralement au rythme des courses auto et moto. Ce n'est pas du sang qui coule dans les veines, mais presque de la 300V, de l'huile rouge !

Au-delà du secteur lui-même, ça a surtout été une belle rencontre avec les dirigeants de Motul. Ce sont des entrepreneurs audacieux, pionniers dans l'âme, avec une vraie ouverture d'esprit : ils ont fait le pari de recruter quelqu'un qui ne venait pas du secteur, et en plus une femme – ce qui reste assez rare pour être souligné.

J2R : En arrivant chez Motul, quelle a été votre première impression sur la culture d'entreprise, et sur la place de la marque dans son marché ?
C.T. : Ce qui m'a le plus marquée, c'est la proximité avec les clients. Elle est incroyablement forte. Nos clients sont très fidèles, et nous veillons à les traiter comme des membres de la famille. On les tutoie souvent, on les invite à nos évènements, on les écoute, on rend des services qui ne répondent pas toujours à une stricte logique économique. On n'hésite pas à faire du sur-mesure pour eux.

Et ce n'est pas réservé aux "anciens" clients : tous les nouveaux sont accueillis de la même manière, parce qu'on sait qu'une fois qu'ils ont testé nos produits, ils les adoptent. Cette relation client, associée à la performance de nos produits, fait vraiment de Motul une marque à part sur son marché.

J2R : Comment votre expérience du retail, du marketing et du e-commerce influence-t-elle aujourd'hui votre approche de la marque Motul ?
C.T. :  Mon parcours me permet d'apporter un regard neuf. C'est un regard extérieur qui introduit d'autres manières de travailler, avec l'idée de s'améliorer en permanence. Chez Motul, beaucoup de choses sont déjà très bien rodées, mais mon objectif est d'aller chercher de nouveaux outils, plus de performance, plus d'efficacité, pour mieux servir le client.

J2R : Quels défis prioritaires avez-vous identifiés dès votre prise de poste ?
C.T. :  La priorité, c'est clairement la digitalisation. L'un des chantiers majeurs est le développement de notre activité B2B : notre force de vente, qui compte une cinquantaine de personnes, prend encore beaucoup de commandes de manière manuelle. L'objectif est que 90 % des commandes passent par des outils B2B ou via l'EDI.

Le client doit pouvoir commander quand il le souhaite, sans dépendre du passage ou de l'appel de son technico-commercial. Tout le temps gagné par les commerciaux sur la saisie et l'administratif doit être réinvesti dans le conseil : accompagnement technique, formation produit, aide à la vente, solutions adaptées aux besoins spécifiques des garages et distributeurs.

À côté de ça, il y a aussi le développement du CRM. La digitalisation, ce n'est pas seulement le B2B : la gestion de la relation client est un autre pilier pour personnaliser nos services, mieux connaître nos partenaires, mieux identifier leurs besoins et donc mieux les satisfaire. Au global, la digitalisation – B2B, CRM, data – irrigue tous les étages.

J2R : Motul a dévoilé au salon EICMA, en novembre dernier, une nouvelle identité de marque et un label technologique. Qu'incarne cette transformation ?
C.T. :  Motul a 170 ans : c'est une marque très ancienne, avec une identité visuelle qui avait finalement peu évolué. Or cette identité est un bien très précieux. La nouvelle identité de marque vient traduire un nouveau positionnement : Motul crée désormais des fluides essentiels pour réduire la friction des mobilités. C'est notre phrase clé.

Elle nous permet aussi de réaffirmer nos valeurs, notamment la proactivité : c'est une marque ancienne, mais toujours à la pointe de la technologie. Nous nous définissons comme des co-créateurs de performance, main dans la main avec nos clients. La nouvelle identité visuelle reflète cette ambition.

Nous avons également présenté un nouveau label technologique, NGEN Core, qui repose sur l'utilisation d'huiles haut de gamme usagées, re-raffinées grâce à des procédés tels que l'hydrotraitement et la distillation sous vide. Ces techniques garantissent une pureté et des performances égales, voire supérieures, à celles des huiles de base vierges. Les huiles de base re-raffinées permettent par ailleurs de réduire significativement les émissions de carbone par rapport aux bases vierges. Nous sommes très fiers de ce label.

J2R : Le groupe a également présenté à l'EICMA sa feuille de route Motul 2030. Quels en sont les grands axes ?
C.T. :  Notre plan stratégique "Regeneration 2030" marque un changement profond. Motul ne se définit plus seulement comme un fabricant de lubrifiants, mais comme une entreprise dédiée aux fluides essentiels destinés à réduire la friction et à optimiser les performances. L'ambition est d'accélérer grâce à des solutions à la fois innovantes et durables, dans un contexte où performance et durabilité sont désormais indissociables.

Cette évolution se traduit par une diversification progressive au-delà du seul lubrifiant moteur. Nous avons déjà engagé le développement de nouvelles gammes, qu'il s'agisse d'additifs, de produits d'entretien ou de solutions adaptées aux besoins croissants de l'électrification. L'idée est d'élargir notre offre tout en restant fidèle à notre cœur de métier, en la projetant dans les mobilités émergentes et dans les exigences environnementales qui structurent désormais l'ensemble du marché.

J2R : Comment cette stratégie s'articule-t-elle entre les marchés du deux-roues, de l'automobile et de l'industrie ?
C.T. :  Sur la moto, Motul conserve une position de leader mondial, un ancrage historique qui demeure l'une des signatures fortes de la marque. En termes de volumes, c'est toutefois l'automobile qui constitue la part la plus importante de notre activité et qui concentrera l'essentiel de notre croissance dans les prochaines années.

La logique est identique sur l'ensemble de nos marchés : l'innovation demeure le moteur principal. Dans l'univers de la moto, notre gamme NGEN illustre cette dynamique en alliant performance et circularité. Sur l'automobile, nous enrichissons régulièrement notre offre, qu'il s'agisse de fluides destinés aux batteries des véhicules électriques ou de formulations répondant aux homologations les plus récentes.

Nous poursuivons également le développement de notre gamme vélo, qui comptera près de cinquante nouvelles références d'ici 2026. Enfin, l'activité industrielle portée par MotulTech s'inscrit dans la même démarche, avec des lubrifiants techniques de très haut niveau et, dans certains cas, des solutions entièrement biosourcées pour des applications spécifiques. L'ensemble de ces développements s'inscrit dans un même fil conducteur : proposer des produits performants et durables, adaptés aux exigences propres à chaque univers.

J2R : Motul est historiquement très présent sur le segment moto. Quelle place souhaitez-vous donner à l'automobile dans les années à venir ?
C.T. :  Sur le marché automobile, Motul n'a pas vocation à intervenir en première monte, un territoire réservé aux pétroliers et structuré par des volumes considérables. Ce qui ne nous empêche pas de progresser sur l'après-vente, où nous enregistrons une croissance régulière que nous entendons prolonger dans les prochaines années.

Cette dynamique s'appuie sur nos produits emblématiques, comme la 300V 100 % synthétique destinée à la compétition, et sur le développement continu de nouvelles formulations répondant aux exigences les plus récentes des constructeurs, avec des niveaux d'homologation toujours plus élevés.

C'est en renforçant la qualité et la technicité de notre offre, et en concentrant nos efforts sur les usages réels des réparateurs et des distributeurs que nous consolidons progressivement notre position sur le marché automobile.

J2R : Quelle est votre part de marché dans l'automobile, et quels objectifs de croissance vous fixez-vous à horizon 2030 ?
C.T. :  Il est complexe d'évaluer précisément notre part de marché. Compte tenu de notre absence en première monte, la comparaison globale avec des acteurs très présents sur ce segment n'a pas beaucoup de sens. Nous préférons nous comparer à nos concurrents directs sur l'après-vente.

En termes de croissance, nous anticipons une progression régulière, mais pas forcément à deux chiffres sur la France. Ce type de progression s'observe davantage sur d'autres zones du groupe, où les dynamiques de marché sont plus favorables. Sur le marché français, l'enjeu est plutôt de construire une croissance saine et durable, en renforçant notre positionnement sur la valeur, la technicité et le service.

J2R : Le repositionnement de Motul s'accompagne-t-il d'une évolution de la relation avec vos clients distributeurs et réparateurs ?
C.T. :  Oui, clairement. La multiplication des homologations ces dernières années a tout changé. Un réparateur ne peut plus se permettre de stocker toutes les huiles pour des cas qui ne vont se présenter qu'une fois tous les trois ou six mois.

Nous allons donc nous appuyer davantage sur nos distributeurs, qui deviennent de véritables avant-postes. Historiquement, nous faisions plus de vente directe mais, désormais, les distributeurs jouent un rôle clé pour livrer, parfois dans l'heure, l'huile très spécifique dont le garagiste a besoin. Cela implique un léger repositionnement de la chaîne de valeur.

J2R : Un point sur votre programme MotulEvo, dédié à la maintenance des boîtes de vitesses automatiques : quelle est votre stratégie pour accélérer sa diffusion en France ?
C.T. :  MotulEvo rencontre un très grand succès parce qu'il propose une approche clé en main, qui plaît énormément aux garagistes. À tel point qu'il nous est parfois difficile de répondre à la demande !

L'installation d'une machine MotulEvo prend quasiment une journée, car nous faisons les choses consciencieusement : installation, formation du garagiste, accompagnement… Cela demande des ressources. Nous allons donc recruter une personne dédiée pour répondre à la demande et accélérer le déploiement en France.

Et nous continuons d'innover : en janvier 2026, nous lancerons une nouvelle génération de la station MotulEvo, plus compacte, avec une interface digitale intuitive pour simplifier encore l'usage au quotidien. Ce programme fera clairement partie de nos axes de développement.

J2R : Motul vient d'inaugurer un centre de R&D à Vaires-sur-Marne. Quels sont ses objectifs concrets ?
Ce laboratoire, accolé à notre usine, est dédié au développement des lubrifiants et des fluides de nouvelle génération. C'est vraiment le cœur de notre innovation. Il est doté d'une équipe d'environ 16 chimistes, ingénieurs et chercheurs.

Nous y développons les produits qui nous permettront de rester à la pointe de l'innovation et de l'excellence technique, et donc de soutenir notre croissance. C'est aussi un outil de valorisation auprès de nos clients : nous le faisons beaucoup visiter, et ils adorent. Même pour quelqu'un d'extérieur, c'est passionnant à voir. C'est là que se joue, très concrètement, la compétitivité technique de Motul.

J2R : Votre gamme NGEN intègre jusqu'à 65 % d'huiles re-raffinées : comment avez-vous réussi à concilier performance et circularité ?
C.T. :  Les huiles NGEN, re-raffinées, passent par un processus complet de raffinage (distillation, déshydratation, etc.), identique à ceux d'huiles vierges. Ce qui leur confère des propriétés équivalentes en termes de viscosité, de stabilité thermique et de protection moteur. Le point important, c'est que leurs performances sont égales, voire supérieures, à celles des huiles de base vierges. Elles sont "vertes" parce que re-raffinées, mais elles sont au moins aussi performantes – sinon plus.

Par ailleurs, la production d'huiles re-raffinées consomme nettement moins d'énergie qu'une huile vierge, et contribue à recycler une partie des quelque 210 000 tonnes d'huiles usagées collectées chaque année en France. Nous allons plus loin : nos bidons sont composés à 50 % de plastique recyclé et sont entièrement recyclables. La circularité n'est pas un discours chez nous, c'est une priorité industrielle et produit.

J2R : Les garages sont-ils prêts à adopter ces lubrifiants plus vertueux ?
C.T. :  Il reste encore un peu de résistance psychologique. Certains garagistes pensent que les produits régénérés sont moins performants. C'est faux, mais il faut les rassurer. Nous menons donc un travail de pédagogie : formations techniques, conseils réguliers, accompagnement dans le choix des produits…

Aujourd'hui, les huiles re-raffinées affichent une croissance annuelle d'environ 20 % en Europe, ce qui montre que la transition est en marche. Les garages qui les adoptent bénéficient d'un avantage concurrentiel, à la fois en termes d'image et de réponse aux attentes de leurs clients finaux. Mais oui, il faut encore accompagner, expliquer, démontrer, et c'est ce que nous faisons.

J2R : Peut-on imaginer, à terme, des gammes 100 % re-raffinées ou biosourcées ?
C.T. :  Oui, pourquoi pas. Nous sommes clairement dans une démarche d'amélioration continue, comme vous l'aurez compris. Ce que nous faisons avec NGEN en est une illustration. Sur la partie industrielle, via MotulTech – qui n'est pas dans mon périmètre direct –, il existe déjà des lubrifiants 100 % biosourcés pour certaines applications spécifiques.

Je pense par exemple à un produit de démoulage sous pression (HPDC) dont les formulations reposent exclusivement sur des matières premières renouvelables, sans base fossile, tout en maintenant l'efficacité et la sécurité des procédés. Ce que nous faisons déjà dans l'industrie montre que des gammes 100 % re-raffinées ou biosourcées sont, à terme, envisageables aussi pour d'autres segments.

J2R : Un dernier mot sur votre stratégie de communication : Motul a signé un partenariat avec McLaren, et deviendra fournisseur officiel de l'écurie à partir de la prochaine saison. Qu'attendez-vous de ce sponsoring ?
C.T. :  D'abord, il faut préciser que nous répondons à une demande de McLaren. L'écurie a réalisé des tests comparatifs, notamment sur une huile de transmission, avec nos produits et ceux de concurrents. Les résultats ont été tels qu'ils nous ont demandé de les accompagner. Évidemment, nous avons accepté avec beaucoup de fierté.

Au-delà de l'image – être partenaire d'une des écuries les plus emblématiques, ce n'est pas rien –, l'idée principale est d'en faire un laboratoire grandeur nature. Ce partenariat va jouer le rôle de catalyseur de performance pour l'entreprise : ce que nous apprenons en Formule 1 nourrit nos innovations pour les produits destinés à nos clients. L'accord démarre en 2026 pour trois ans. C'est une étape importante dans notre stratégie d'innovation et de communication.

L'intelligence artificielle démarre doucement dans les services de l'automobile

Le contact est mis, mais le moteur est encore froid. Selon une étude de l'ANFA consacrée à l'usage de l'intelligence artificielle dans les services de l'automobile, l'utilisation de ces outils reste limitée. Aujourd'hui, seules 6 % des entreprises de la branche déclarent utiliser des solutions intégrant de l'IA, contre 10 % pour l'ensemble des entreprises en France.

Lorsqu'elle est utilisée, l'IA intervient principalement comme un outil d'aide à la décision. Elle assiste les professionnels sans se substituer au travail humain. L'étude montre qu'aucun métier des services de l'automobile n'est aujourd'hui automatisable dans son ensemble. L'IA est surtout mobilisée pour des tâches ciblées, comme l'analyse de données, la gestion des stocks ou la relation client.

Trois obstacles au déploiement de l'IA

Parmi les freins identifiés, la diversité des activités dans le secteur de l'automobile freine l'adoption de l'IA. Selon l'étude de l'ANFA, 33 % des carrosseries déclarent utiliser des outils intégrant de l'IA, contre 15 % des négociants, 9 % des loueurs et 8 % des concessions. À l'inverse, les centres de contrôle technique (2 %) et les écoles de conduite (5 %) restent très peu concernés.

La structure du secteur freine également le déploiement de l'IA. 62 % des entreprises sont des microstructures, ce qui réduit mécaniquement les capacités d'investissement en R&D nécessaires à l'intégration de ces outils. Parmi celles comptant 1 à 5 salariés, seules 4 % utilisent des outils d'intelligence artificielle, contre 14 % dans les entreprises de 11 à 19 salariés.

Autre limite : l'intelligence artificielle est principalement utilisée pour des tâches cognitives, comme la synthèse, la rédaction ou la recherche d'informations. Son usage apparaît plus adapté aux métiers de services qu'aux métiers techniques, qui représentent 40 % des métiers de la branche.

"Pour les partenaires sociaux du secteur de l'automobile, l'IA peut devenir un levier de transformation positive, à condition d'être adaptée au travail réel, d'être accompagnée dans ses usages, puis testée", précise Guillaume Faurie, délégué général de l'ANFA.

Des applications concrètes, mais encore encadrées

Si l'IA reste peu utilisée dans les services de l'automobile, l'étude de l'ANFA met en évidence plusieurs applications concrètes, notamment dans la distribution. Elle est par exemple mobilisée pour réduire la charge des centres d'appels, analyser les avis clients ou optimiser la gestion des parcs de véhicules. Ces outils visent avant tout à assister les professionnels, sans remettre en cause leur expertise.

Dans certains métiers du secteur, l'IA est intégrée au processus de travail. En peinture, par exemple, des équipements pilotés par ces technologies permettent d'atteindre une grande précision, notamment sur l'épaisseur des couches appliquées. Cette assistance soutient des techniciens expérimentés, dans un secteur confronté à un manque de main-d'œuvre.

L'intelligence artificielle est également utilisée lors de la reprise à distance de véhicules d'occasion. Sur un processus composé d'une quinzaine d'étapes, elle n'intervient que sur une seule tâche : l'analyse des images. Elle permet de détecter les dommages et d'en évaluer la gravité. Si cette assistance réduit les risques d'erreurs et renforce la sécurisation du processus, l'opérateur humain reste décisionnaire.

Enfin, dans l'évaluation des sinistres, l'intelligence artificielle permet de gagner du temps en analysant les dommages visibles et en estimant les coûts de réparation. Cette analyse reste néanmoins partielle. Elle se limite à l'extérieur du véhicule et ne prend pas en compte les dommages internes.

"Les différents cas d'usage montrent que l'IA doit être au service du geste professionnel : l'algorithme ne remplace pas l'expertise, il la prolonge et la sécurise. C'est dans le sens de cette complémentarité entre technologie et savoir-faire que la branche souhaite aujourd'hui avancer", souligne Marion Vidal, responsable de projets au sein de l'Observatoire des métiers des services de l'automobile.

L’essor des pièces IAM bouscule l’ordre établi

Alors que les ventes de véhicules neufs stagnent dans la plupart des marchés et que la transition vers l'électrique marque le pas, l'après-vente automobile semblait épargnée par les turbulences du secteur. Mais l'année 2025 semble marquer un véritable virage pour le secteur, selon la dernière étude Automotive Aftermarket Pulse du cabinet Roland Berger. L'enquête a été réalisée auprès de 600 garages et 6 000 automobilistes dans 13 pays (États-Unis, Chine, Allemagne, France, etc.).

Premier constat : les dépenses liées à l’entretien et à la réparation ont reculé en 2025 sur la plupart des grands marchés internationaux, en raison de la pression sur le pouvoir d’achat. En France, la baisse atteint notamment 1,5 %. "L'après-vente automobile sur les marchés occidentaux fait face à une pression croissante sur les prix", confirme Maximilian Wegner, directeur chez Roland Berger.

Face à ce contexte, les automobilistes modifient sensiblement leurs comportements d’achat. En effet, 57 % des consommateurs interrogés privilégient désormais les pièces d'équipementiers (IAM) plutôt que celles des constructeurs (OE). Soit une progression spectaculaire de 14 points par rapport à 2024.

L’essor des MDD

Sans surprise, cette dynamique profite pleinement aux marques de distributeurs (Napa, Isotech, etc.), dont les ventes progressent de 12 % sur le segment IAM. Dans 9 des 13 pays étudiés, ces MDD captent désormais entre 25 et 50 % des préférences des automobilistes, avec des niveaux de pénétration particulièrement élevés en Amérique du Nord et sur les cinq principaux marchés européens.

Cette mutation s'observe particulièrement dans les zones rurales et chez les propriétaires de véhicules d’entrée de gamme, plus sensibles aux considérations économiques. En milieu rural, la préférence combinée pour les pièces IAM et sans marque atteint 77 %.

Le vieillissement du parc accentue cette tendance. Au-delà de dix ans, la part de marché des réseaux constructeurs tombe sous la barre des 30 %, au profit des garages multimarques. En France, 37 % des automobilistes déclarent privilégier les réparateurs indépendants, contre 33 % pour les ateliers constructeurs et 23 % pour les enseignes de centres autos et de réparation rapide.

Un attrait marqué pour les pièces sans marque

Face à ces évolutions, les professionnels de la réparation adaptent leur stratégie de sourcing. Dans l'ensemble des marchés étudiés, Roland Berger observe une hausse des interventions avec des produits sans marque.

Cette croissance est particulièrement forte en Europe du Sud (Italie et Espagne notamment), tandis que leur adoption reste plus modérée dans l’Ouest du Vieux Continent.

L’intérêt des réparateurs pour ces pièces non marquées ne s’explique pas uniquement par la pression sur les prix. Dans plusieurs marchés, des ateliers évoquent aussi l’amélioration de leurs marges ou encore l’indisponibilité des références OE comme moteurs de ce basculement.

Électrification et Adas : le défi des compétences

Outre une pression tarifaire accentuée, les ateliers doivent évoluer dans un environnement technique plus exigeant. La montée en puissance des véhicules électriques et des systèmes d'aide à la conduite (Adas) impose notamment de nouvelles compétences.

Si 70 % des propriétaires de véhicules électriques font désormais confiance aux ateliers indépendants pour les réparations simples – contre 67 % en 2024 –, cette confiance s'effondre à 53 % pour les interventions complexes.

Sur le volet Adas, le retard est plus préoccupant. Près d’un atelier sur deux a dû refuser une intervention liée à ces systèmes au cours de l’année écoulée, faute d’un équipement adéquat dans 58 % des cas. Le coût élevé des outils de diagnostic et de calibration risque, à terme, d’écarter une partie des indépendants de cette future source de revenus.

Le service, nouveau terrain de différenciation ?

Alors que la bataille des prix atteint ses limites, la service émerge comme le prochain grand facteur de différenciation. Les ateliers urbains ouvrent la voie en déployant des services tels que le jockeyage du véhicule, voire des prestations premium où le véhicule est récupéré, réparé et restitué sans que le propriétaire n'ait à se déplacer.

L'Europe mène cette transformation, particulièrement pour la prise de rendez-vous en ligne et les services d'enlèvement-retour. "Cette année, nous avons constaté que les ateliers indépendants proposent de plus en plus de services pratiques comme l'enlèvement et le retour du véhicule pour attirer de nouveaux segments de clientèle, tels que les flottes", souligne Neury Freitas, associé chez Roland Berger.

Pourtant, 40 % des ateliers interrogés n’ont pas encore fait du service une priorité, laissant apparaître un gisement de potentiel largement inexploité. Pour le cabinet d’étude, cette situation ouvre aux acteurs de la rechange indépendante une réelle opportunité de conquérir de nouveaux clients, notamment les flottes, et de réduire l’écart avec les réseaux constructeurs.

Le numérique s'impose chez les professionnels

Dans son étude, le cabinet Roland Berger s’est également penché sur le canal e-commerce. Si l’appétence des particuliers pour l’achat en ligne de pièces automobiles se tasse légèrement – la part d’acheteurs passant de 56 % à 51 % entre 2024 et 2025 –, le segment professionnel, lui, continue d’afficher une croissance soutenue.

Dans les marchés matures, plus de 60 % des ateliers achètent déjà une part substantielle de leurs pièces en ligne, qu’il s’agisse de pure players ou des portails des distributeurs traditionnels. En Amérique du Nord comme dans les cinq principaux pays européens, dont la France, de nombreux garages passent désormais plus de 20 % de leurs commandes via internet.

Pour Roland Berger, cette évolution oblige les acteurs du e-commerce à aller au-delà du seul levier prix. Les critères de choix deviennent la fiabilité des livraisons, la qualité de l’accompagnement client et la flexibilité des conditions de paiement. Les plateformes capables de lever ces frictions opérationnelles se placeront en position de force pour séduire davantage de professionnels.

Du côté des particuliers, le bilan s'avère plus mitigé. Un acheteur en ligne sur quatre déclare ne plus vouloir recourir à ce canal, représentant 13 % de l'ensemble des consommateurs interrogés. La confiance accordée aux ateliers traditionnels demeure le premier frein à l'achat en ligne.

Le groupe Pac renforce son SAV avec Totale Maintenance

Spécialiste de l'équipement pour garages installé à Rognac (13), le groupe Pac a finalisé le rachat de Totale Maintenance, entreprise lilloise appartenant jusqu'ici au groupe Mobivia. Cette opération, officialisée ce 18 décembre, marque un tournant dans l'ambition nationale du distributeur méditerranéen.

Une expertise "made in" Mobivia

Avec 18 techniciens dans son équipe, Totale Maintenance a bâti son savoir-faire au service des enseignes du groupe Mobivia, en particulier Norauto et Carter Cash. Son périmètre d'intervention couvre l'ensemble du territoire français grâce à un maillage de partenaires agréés.

L'entreprise propose une palette complète de services techniques : installation de réseaux d'air comprimé, mise en service et entretien de stations de charge pour climatisation automobile, ou encore déploiement de systèmes d'évacuation de gaz et fluides. Des compétences qui viendront étoffer l'offre actuelle du groupe Pac.

Un maillage national consolidé

Pour le fournisseur, cette acquisition répond à une logique de développement territorial. Le groupe, qui s'appuie déjà sur plus de 40 techniciens itinérants certifiés ISO 9001:2015, dispose désormais d'une présence renforcée dans le nord de la France.

"Cette acquisition représente une étape importante dans notre croissance. Elle renforce notre présence sur le marché, élargit nos compétences techniques et confirme notre ambition d'offrir un niveau de service toujours plus élevé à nos clients", souligne Bart Deman, directeur général du groupe Pac.

L'intégration des équipes de Totale Maintenance devrait notamment permettre d'accélérer le déploiement de solutions techniques sur site, un service de plus en plus recherché dans un secteur en pleine mutation technologique. Confrontés à la complexification des équipements et à l'évolution des normes environnementales, les professionnels ont en effet besoin d'accompagnement.

Fort de ses quatre entités (Provac, SDPAC, Global Pro Services et PACR), le groupe Pac emploie désormais plus de 150 collaborateurs et dispose d'une infrastructure logistique dépassant les 15 000 m².

First Stop dynamise son réseau avec 15 nouveaux points de vente en 2025

First Stop continue d'étendre son maillage territorial. L'enseigne, spécialisée dans l'entretien et la réparation de VI et de VL, a intégré 15 nouveaux centres cette année, principalement situés dans le nord-est et le sud de l'Hexagone. Grâce à ces nouvelles acquisitions, First Stop dispose désormais de 340 centres en France, dont 215 franchisés.   

Cette trajectoire ascendante s'explique notamment grâce à des conditions d'adhésion favorables. L'enseigne ne demande aucun droit d'entrée pour intégrer son réseau et les cotisations annuelles restent plafonnées à des niveaux jugés accessibles. Des aménagements qui séduisent les repreneurs. En 2025, sept sites rachetés ont ainsi choisi de conserver la bannière First Stop.  

Un modèle de franchise fondé sur l'autonomie

Autre pilier de l'attractivité du réseau : la relation client. First Stop octroie à ses adhérents une autonomie totale dans la gestion de leurs approvisionnements. Ainsi, si Bridgestone demeure le partenaire pneumatique privilégié de First Stop, les centres franchisés peuvent proposer une offre multimarque auprès des prospects, aussi bien pour les pneus tourisme que pour ceux industriels.

Côté outils, First Stop s’appuie également sur le digital pour renforcer la visibilité de ses centres. Le lancement du nouveau site de e-commerce firststop.fr permet de générer du trafic en ligne et de créer du chiffre d’affaires additionnel afin de renforcer l'empreinte locale des points de vente. "Il s’agit de supprimer les «zones blanches» et de se renforcer dans les agglomérations présentant un fort potentiel de développement commercial. La proximité reste clé. Nous parions sur la notoriété locale de nos nouveaux et futurs adhérents", résume Alejandro Ganzarain, directeur de la franchise First Stop.

First Stop a également lancé il y a un peu plus d’un an une plateforme d’achat B2B, destinée à optimiser les approvisionnements des adhérents en leur offrant un accès simplifié à l’ensemble des marques et des fournisseurs de pièces.

Le véhicule industriel au cœur des priorités

Si ces dispositifs permettent aujourd'hui à First Stop de disposer d'un maillage conséquent, la marque affiche des ambitions renforcées sur le segment du véhicule industriel en misant sur le développement de centres spécialisés VI.

"Nous avons aujourd’hui une proposition de valeur attractive pour les points de vente de taille intermédiaire ou grande, à dominante VI. Nous continuerons à mettre en place en 2026 de nouveaux leviers leur garantissant les meilleures conditions afin de les intégrer et les fidéliser", conclut Alejandro Ganzarain.

Le réseau ambitionne déjà l’ouverture d’une trentaine de nouveaux points de vente VL et VI en 2026, une dynamique que l’enseigne souhaite poursuivre en 2027 et au-delà.

Plaques d'immatriculation provisoires : un sursis accordé aux professionnels de l'automobile

Un feu vert temporaire pour les professionnels. La dérogation obtenue par la FFC Mobilité Dépannage-Fourrière concerne les plaques W garage et WW. Cette tolérance s'appliquera malgré l'entrée en vigueur du nouveau décret, prévue au 1er janvier 2026. Objectif : lutter contre les usages abusifs et harmoniser les pratiques sur le territoire.

Néanmoins, de nombreux professionnels disposent encore de stocks importants d'anciennes plaques, certaines ayant été commandées avant la publication du décret. Leur validité après le 1er janvier 2026 a donc suscité de fortes inquiétudes sur le terrain.

Face à ces interrogations, la FFC Mobilité Dépannage-Fourrière est intervenue. Son président, Alain Bonzi, et son délégué général, Didier Dugrand, ont sollicité le ministère. Ils ont échangé avec Pierre Bazucchi, chef de bureau de la réglementation et de l'homologation des véhicules.

"Il y aura en effet une tolérance dans les premiers mois, notamment au premier trimestre, tant pour les W garages que pour les WW. Il conviendra de renouveler les plaques, mais pas nécessairement dès le 1er janvier ; cela d'autant que les fournisseurs ne pourront peut-être pas répondre immédiatement à toute la demande", précise Pierre Bazucchi.

Une consigne sera également transmise aux forces de l'ordre dès le début de l'année afin de tenir compte de ces contraintes d'approvisionnement.

Des plaques plus visibles pour les contrôles

Chaque année en France, plus de 400 000 véhicules bénéficient d'une immatriculation provisoire WW ou W garage. Ces immatriculations sont valables quatre mois. Jusqu'à présent, il était impossible de savoir à l'œil nu si un véhicule était encore en immatriculation provisoire. Aucune date n'apparaissait sur la plaque, ce qui compliquait les contrôles sur le terrain.

Le décret du 21 novembre 2025, publié au Journal officiel le 2 décembre, prévoit la création de plaques d'immatriculation provisoires spécifiques. Ces plaques concernent les véhicules neufs en attente d'une immatriculation définitive, les véhicules importés avant leur immatriculation en France, ainsi que les véhicules utilisés par les professionnels pour des essais routiers.

Les plaques temporaires W Garage doivent désormais être immatriculées selon un format précis (auto, moto, carré). ©SPM

Les plaques temporaires W Garage doivent désormais être immatriculées selon un format précis (auto, moto, carré). ©FIEV

Avec la réforme, ces nouvelles plaques seront de couleur rose. Le mois et l'année d'expiration de l'immatriculation provisoire seront indiqués sur la droite de la plaque, à la place de la région et du département.

Carrossiers agréés : dernier délai pour négocier les tarifs 2026 avec les assurances

Tous les ans, c'est la même chanson qui revient... Les carrossiers agréés ont normalement déjà reçu les nouveaux barèmes tarifaires envoyés par leurs partenaires assureurs. À cette occasion, la Fédération française de carrosserie, branche mobilité (FFC M) rappelle que ces nouveaux tarifs doivent être négociés.

"N'attendez pas que les assureurs vous imposent leurs tarifs pour 2026", proclame le syndicat professionnel. En effet, généralement ceux-ci ne tiennent pas entièrement compte de l'inflation des prix. Voire pas du tout dans certains cas.

Négociations obligatoires pour pérenniser l'entreprise

Pourtant, le prix des pièces, des ingrédients de peinture et de l'énergie consommée pour réparer les sinistres automobiles ne baissent pas. Bien au contraire : en octobre dernier, l'association d'assurance SRA constatait encore une hausse des coûts de réparation au troisième trimestre 2025. L'observatoire a ainsi vu le prix des ingrédients peinture augmenter de 5 % et le panier pièces de rechange de 6,9 %, sur douze mois glissants.

Toutefois, les observateurs du secteur de la réparation-collision voient encore beaucoup de réparateurs "oublier" (ou ne pas oser) négocier les tarifs proposés par les assurances. Ces mêmes spécialistes soulignent que ces négociations restent néanmoins obligatoires pour tout bon gestionnaire.

En étudiant attentivement ces tarifs négociés en échange de volumes de véhicules à réparer, les carrossiers qui pratiquent la négociation les comparent avec leurs frais de fonctionnement. Puis, en les corrélant avec les prix de l'inflation, ils peuvent élaborer des arguments à présenter auprès des assureurs dans leurs négociations.

Les carrossiers peuvent ainsi éviter de voir fondre dangereusement leur marge – et donc la valeur de leur entreprise. Ils préservent ainsi leurs moyens d'investir dans l'équipement (de plus en plus coûteux) et la formation de leurs équipes. Un exercice incontournable pour rester compétitifs et s'adapter aux exigences des réparations des véhicules les plus récents.

North Atlantic Energies prend le relais d’Esso SAF en France

En mai 2025, ExxonMobil – issue de la fusion d’Exxon et de Mobil en 1999 – annonçait être entrée en pourparlers exclusifs avec North Atlantic Refining pour céder l’intégralité de sa participation dans Esso SAF. Six mois plus tard, ces discussions débouchent sur une prise de contrôle effective.

Le 28 novembre, North Atlantic France a, en effet, officialisé l’acquisition de 83 % des parts détenues par ExxonMobil France Holding dans Esso Société Anonyme Française (Esso SAF). La transaction s’est élevée à un montant estimé à 280 millions d’euros.

Dans la foulée, le groupe canadien a précisé qu’il déposerait, une fois les travaux de l’expert indépendant achevés, une offre publique d’achat simplifiée à 28,93 euros par action sur l’ensemble des titres North Atlantic Energies qu’il ne détient pas encore.

Pour Esso SAF, présente en France depuis plus de 120 ans, ce changement d’actionnaire s’accompagne d’un rebranding immédiat : la société adopte désormais la dénomination North Atlantic Energies (NAE), entérinée lors de l’assemblée générale mixte du 4 novembre 2025.

Gravenchon, pilier industriel du nouvel ensemble

Au cœur de cette recomposition se trouve le site industriel de Gravenchon, à Port-Jérôme-sur-Seine (Seine-Maritime), qui concentre une large part des enjeux du nouveau groupe.

"Nous ouvrons une nouvelle page de notre histoire en restant totalement concentrés sur la maîtrise de nos opérations, l’expertise de nos savoir-faire et l’innovation vers des solutions de moins en moins carbonées, souligne Charles Amyot, PDG de North Atlantic Energies. L’engagement de nos équipes a été le facteur clé de la réussite de cette opération et je tiens à les remercier chaleureusement".

Outre la prise de contrôle d’Esso SAF, North Atlantic France a également racheté 100 % d’ExxonMobil Chemical France, autre entité du groupe ExxonMobil présente sur le site de Gravenchon. Cette société y produit notamment des lubrifiants.

Mise en service en 1933, la raffinerie de Gravenchon s’étend sur 600 hectares. Elle constitue la deuxième plus grande raffinerie de France, derrière celle de Gonfreville-l’Orcher opérée par TotalEnergies. Son outil industriel affiche une capacité de raffinage proche de 12 millions de tonnes de produits par an, soit environ 20 % des capacités françaises.

Le site emploie aujourd’hui près de 1 200 salariés, après l’arrêt des activités de chimie et un plan social qui avait conduit à la suppression de plus de 600 postes.

Emploi, transition énergétique et carburants bas carbone

L’annonce de la vente, présentée aux équipes lors d’un CSE extraordinaire le 28 mai, avait alimenté les inquiétudes sur l’avenir de l’emploi. North Atlantic se veut rassurant. Dans son communiqué, le groupe affirme s’engager à "assurer une transition complète et bien gérée, avec l’intention de maintenir l’emploi ainsi que les rémunérations et avantages existants".

Au-delà des garanties sociales, le nouvel actionnaire met en avant son ambition de faire de Gravenchon un véritable "Green Energy Hub". L’idée : capitaliser sur les infrastructures existantes pour accélérer la production et le déploiement de carburants à faible teneur en carbone et d’énergies renouvelables.

Dans ce cadre, North Atlantic Energies reprend la production des carburants Esso au sein de la raffinerie de Gravenchon, ainsi que la distribution de la marque Esso en France. Côté lubrifiants, la production sera désormais orientée vers d’autres marques – North Atlantic ne disposant pas de marque de lubrifiants – et devrait notamment alimenter des marques de distributeurs.

Parallèlement, North Atlantic Energies entend poursuivre sa collaboration avec ExxonMobil à travers des accords d’approvisionnement et de technologie de long terme. Ces partenariats doivent permettre d’assurer la continuité opérationnelle tout en soutenant l’innovation et la fiabilité des produits.

Mobil 1 et Mobil Super : un avenir industriel encore flou

Un point reste à ce stade en suspens : il n’est pas confirmé que le site de Gravenchon continuera à fabriquer les lubrifiants des gammes Mobil Super et Mobil 1, connues et diffusées dans le monde entier. En revanche, North Atlantic se veut rassurant sur le marché français. Selon un porte-parole du groupe, ces produits resteront commercialisés dans l’Hexagone.

Autrement dit, si l’organisation industrielle des marques Mobil doit encore être précisée, les professionnels de l’automobile comme leurs clients ne devraient pas voir disparaître ces références des rayons. Une façon pour North Atlantic Energies de préserver la continuité de l’offre tout en redessinant, en profondeur, son dispositif industriel et énergétique autour du site de Gravenchon.

Bosch se positionne en leader de l'essuie-glace high-tech et durable

De nouveaux balais d'essuie-glaces particulièrement innovants devraient sortir sur le marché dans les prochains mois. Bosch les destine aux pare-brise traités avec des produits hydrophobes, sur lesquels ils fonctionnent parfaitement sans bruit ni saccades. L'équipementier les a mis au point dans son centre de recherche et développement de Tirlemont (Belgique). Un site dont il a ouvert les portes aux journalistes le 2 décembre 2025, pour exposer l'étendue de son savoir-faire dans cette spécialité essentielle pour la sécurité des véhicules sous la pluie.

Production de gomme internalisée

Balais d'essuie-glace Aerotwin Plus de Bosch

Pour assurer une visibilité correcte au conducteur, les balais d'essuie-glaces doivent pouvoir glisser sur une fine pellicule d'eau, même à grande vitesse sous une pluie importante. D'où les efforts de Bosch en recherche et développement pour fournir des modèles efficaces (avec ici les Aerotwin Plus) pour tous les véhicules du parc roulant. ©Bosch

Ces nouveaux modèles utilisent une gomme brevetée, Power Protection Plus, développée sur place. Leur arrivée répond à une évolution du marché : en Asie, plus de la moitié des véhicules neufs disposent déjà de traitements hydrophobes, une pratique qui progresse aussi en Europe, notamment via des cires ou traitements céramiques. Si ces solutions améliorent l’écoulement de l’eau à partir de 60 km/h, elles réduisent paradoxalement l’efficacité des essuie-glaces classiques.

Pour s’adapter, Bosch s’appuie sur son site belge, qui joue un rôle stratégique. "Ici, nous fabriquons à la fois de la gomme que nous envoyons dans nos usines d'assemblage mondiales et nous produisons aussi localement des balais d'essuie-glace, explique Werner Richter, directeur du site. Notre stratégie étant d'assurer partout la même qualité".

Bosch fait partie des rares fabricants à produire lui-même son caoutchouc. L’usine de Tirlemont fournit 70 % de la matière utilisée dans ses huit autres usines de balais d’essuie-glaces à travers le monde, soit de quoi produire environ 120 millions d’unités par an. "Raison pour laquelle nous venons d'investir onze millions d'euros dans une nouvelle ligne d'extrusion de caoutchouc et deux autres de plastique", précise Werner Richter.

S'adapter aux traitements hydrophobes

Bosch fabrication gomme caoutchouc

Bosch est l'un des rares équipementiers à fabriquer sa propre gomme pour produire ses essuie-glaces. Ce caoutchouc de synthèse est plus vertueux pour l'environnement que son concurrent végétal. © Bosch

Chaque année, 32 millions de balais, les plus récents et les plus innovants de la marque, sont également fabriqués à Tirlemont. Les modèles plats Aerotwin et Aerotwin Jet Blade y sont produits localement. Ils utilisent une gomme spécifique, composée d’une partie rigide pour les vertèbres métalliques et d’une lame souple en contact avec le pare-brise. "Le balai laisse ainsi une très fine couche d'eau sur la surface, qui agit comme un lubrifiant", explique Jules Joanny, chef de produit.

Le problème apparaît lorsque cette couche d’eau disparaît à cause d’un traitement hydrophobe : le balai se met alors à "tressauter". Pour y remédier, Bosch a développé un revêtement spécial appliqué directement sur la lame lors de la production, lui permettant de glisser sans dépendre de la pellicule d’eau.

Tests en conditions extrêmes

La fabrication sur le site est presque entièrement automatisée. Les opérations manuelles sont limitées, et environ une minute suffit pour assembler un balai complet. Bosch conçoit également chaque balai sur mesure, en fonction du modèle de véhicule. "Nous ne produisons pas de modèles standards comme la plupart de nos concurrents. La courbure de chacun de nos balais d'essuie-glace est conçue sur mesure, selon chaque modèle de véhicule. Avec ces modèles plats, nous couvrons 95 % du parc européen", expose Jules Joanny.

Bosch vulcanisation caoutchouc.La qualité fait l’objet de contrôles rigoureux. Chaque balai est vérifié en fin de ligne, et certains sont régulièrement prélevés pour subir plus de 30 tests : bruit, climat, vitesse ou usure, dans des conditions extrêmes.

Bosch agit aussi sur le plan environnemental. Sa nouvelle ligne d’extrusion réduit les eaux usées de 90 % et la consommation d’énergie de 25 %. Les emballages évoluent également : les balais Aerotwin sont désormais conditionnés dans un matériau à base de fibres de cellulose issues de forêts gérées durablement, ce qui permet d’éviter l’utilisation de plus de 350 tonnes de plastique par an. Cette solution est appelée à être généralisée.

L'après-vente dé

cide

L’équipementier met enfin l’accent sur l’après-vente, avec un nouveau catalogue dédié regroupant l’ensemble de ses gammes, accompagné de tableaux, schémas et vidéos de montage. "C'est l'activité après-vente qui gouverne notre production, assure Werner Richter. Un principe suffisamment rare chez Bosch pour être souligné. En effet, nous sommes plutôt guidés par la première monte, dans nos autres familles de produits".

Malgré tous ces atouts techniques et marketing, un facteur reste déterminant : la météo. Les ventes de balais augmentent fortement les années pluvieuses. Ainsi, 2024 a été une année record, tant pour les précipitations que pour les volumes produits et vendus, une tendance qui pourrait encore s’accentuer avec le réchauffement climatique.

TRIBUNE - Fabricants de peinture : le moteur de la transition digitale en carrosserie

Réduction des émissions de CO₂, maîtrise de la consommation d’énergie, gestion raisonnée des déchets et optimisation des temps de réparation : les défis de la carrosserie sont multiples. Pour y répondre, les fabricants multiplient les outils connectés qui permettent d’améliorer la productivité, la précision colorimétrique et le suivi des ressources.

Selon Romain Autret, directeur technique d’Axalta, la transition environnementale repose sur quatre piliers : des produits innovants, des outils digitaux performants, une gestion optimisée des ressources et une formation adaptée. Cette approche globale transforme les contraintes écologiques en leviers de compétitivité, tout en rendant le métier plus attractif, notamment auprès des jeunes générations.

Les initiatives des adhérents du Sipev témoignent de cette évolution : l’innovation digitale y est désormais indissociable du progrès industriel et technique. Ensemble, ces deux dynamiques offrent aux ateliers les moyens de gagner en performance tout en préparant l’avenir.

AkzoNobel Refinish+ : piloter l’activité de bout en bout

Précurseur dans la colorimétrie numérique, AkzoNobel a réuni ses outils sous une même bannière : Refinish+. Cette plateforme regroupe le spectrophotomètre Automatchic, la base de données de teintes Mixit, l’outil de planification Carbeat, un site e-commerce et un espace de formation en ligne.

Intuitive et modulable, elle permet aux carrossiers de suivre leurs marges, leurs stocks et leurs performances globales. Véritable tableau de bord digital, Refinish+ aide à piloter l’activité de l’atelier avec une vision stratégique et opérationnelle à la fois.

Axalta Nimbus : une solution tout-en-un

Au cœur de l’écosystème Nimbus lancé en 2024, le spectrophotomètre Irus Scan et la machine de dosage automatisée Irus Mix symbolisent la fusion entre technologie et durabilité. Le logiciel, disponible en 22 langues, centralise l’ensemble des fonctions : recherche de teintes, commandes, gestion des stocks, suivi des consommations et création d’indicateurs personnalisés. Conçu pour libérer du temps aux peintres et améliorer la rentabilité, Nimbus simplifie aussi le réapprovisionnement.

Le groupe a fixé une feuille de route ambitieuse : d’ici 2030, 80 % de ses innovations devront avoir un impact positif sur le développement durable, avec un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2040.

BASF Refinity : une plateforme 360° pour la carrosserie

BASF a conçu Refinity comme une plateforme digitale tout-en-un, couvrant l’intégralité du processus de réparation : recherche ultraprécise de teintes, mélange automatisé, gestion d’activité, analyse des performances, formation à distance et assistance technique.

Refinity combine expertise colorimétrique et accompagnement business, offrant aux ateliers une vision complète et un pilotage simplifié. Un modèle d’intégration qui place la connectivité au cœur du métier de carrossier.

Lechler MAPP : flexibilité et mobilité

Avec son outil MAP Paint Colour Management Refinish, Lechler mise sur la connectivité et la mobilité. Accessible sur PC, en ligne ou via une application mobile, la solution relie logiciels, bases de données et spectrophotomètre Easy Effect pour s’adapter à tous les environnements de travail. Cette modularité permet aux ateliers de gérer leurs process colorimétriques à distance, grâce à une interface fluide et personnalisable selon les profils d’utilisateurs.

PPG Linq : l’automatisation comme levier de productivité

Lauréat du Prix de l’Innovation à Automechanika 2024, l’écosystème PPG Linq s’articule autour du mélangeur automatisé Moonwalk, lancé en 2019. En cinq ans, PPG a enrichi son offre d’une suite logicielle et d’un spectrophotomètre, complétés par une dernière innovation dévoilée à Equip Auto 2025 : le mélangeur automatique Mix’n’Shake.

Cette technologie libère du temps productif et renforce la précision colorimétrique. En automatisant les tâches répétitives, elle réduit les erreurs, optimise l’usage des ressources et génère moins de déchets. Résultat : des délais plus courts et une productivité accrue pour les carrossiers.

Une filière redynamisée par le numérique

AkzoNobel, Axalta, BASF, Lechler ou PPG, tous les fabricants membres du Sipev avancent dans la même direction : offrir aux ateliers des solutions intégrées qui automatisent, connectent et optimisent chaque étape du processus de réparation. Leur objectif est clair : concilier productivité, rentabilité et transition environnementale.

Au sein de la Plateforme de la carrosserie durable du Sipev, ces acteurs unissent désormais leurs expertises pour mutualiser leurs connaissances et partager leurs bonnes pratiques. Le digital s’impose ainsi comme un moteur de transformation pour toute la filière, rendant les métiers de l’atelier à la fois plus durables, plus efficaces et plus attractifs.

Peinture : Alternative Autoparts passe à l'offensive avec Lesonal

Alors qu’Ouest Injection (groupe IDLP) a été récompensé l’été dernier par le Journal de la Rechange et de la Réparation pour ses performances dans la distribution de produits de peinture, c’est au tour de son groupement, Alternative Autoparts, de passer la vitesse supérieure sur le marché de la carrosserie. Ce coup d'accélérateur prend la forme d'un partenariat national inédit avec AkzoNobel pour la distribution de sa marque Lesonal.

Plusieurs distributeurs du réseau affichaient déjà un potentiel en peinture, certains réalisant même entre 1 et 2 millions d'euros de chiffre d'affaires, mais uniquement avec des marques B et du consommable. Nous n’avions pas jusqu’ici de marque Aexplique Julien Lefort, directeur général adjoint d'Alternative Autoparts.

Le groupement a été pleinement séduit par Lesonal, positionnée au même niveau que Sikkens dans le portefeuille du groupe AkzoNobel. "C'est l'équivalent de Sikkens en termes de positionnement : une marque premium destinée aux adhérents Alternative Autoparts qui veulent développer la peinture", confirme Julien Lefort. "Du point de vue industriel, les chaînes de production sont équivalentes entre ces marques", ajoute Pascal André, directeur général d’Akzo Nobel SAS.

L'accord noué entre le fabricant de peinture et le réseau va bien au-delà d'un simple référencement produit. Il intègre le réseau de carrosseries Acoat Selected, que pourront développer les adhérents Alternative Autoparts. Ce n’est pas tout : outre les solutions et matériels proposés par Lesonal, ces derniers pourront également bénéficier des accords noués avec les apporteurs d'affaires Assercar et Prefikar. "On arrive avec des arguments solides chez le carrossier", insiste Julien Lefort.

Un accompagnement sur mesure pour Alternative Autoparts

Si l’opportunité est réelle pour Alternative Autoparts, le défi l'est tout autant. Passer de la distribution de pièces à celle de peinture automobile représente un véritable changement de métier. Pour accompagner cette montée en compétence, AkzoNobel annonce la création de cinq postes dès début 2026, notamment des commerciaux terrain.

"Ces recrutements s'inscrivent dans le développement de l'accord avec Alternative Autoparts", précise Pascal André. Un signal fort dans un contexte de gel des embauches dans le secteur. Le fabricant promet également un plan de formation à Montataire, un accompagnement commercial et technique sur le terrain.

Mais l'essentiel repose sur la capacité des distributeurs à s’investir pleinement dans cette nouvelle activité. "Il faut miser sur l’humain : techniciens et commerciaux", martèle le directeur général adjoint d'Alternative Autoparts. L'exemple d'Ouest Injection, qui emploie aujourd'hui six techniciens peinture, illustre le chemin à parcourir.

C'est d'ailleurs cette exigence qui a conduit Alternative Autoparts à cibler entre 15 et 20 distributeurs capables de relever le défi, avec un potentiel déjà identifié. "Nous avons ciblé de gros distributeurs, avec déjà un potentiel : ils ont beaucoup de garages en mécanique, mais pas d'offre peinture. Ils ont donc un vivier de développement", partage Julien Lefort.

Une stratégie de diversification assumée

Ce partenariat avec AkzoNobel s'inscrit dans une stratégie plus large pour Alternative Autoparts. Adhérent du réseau Centaure depuis 2018, le groupement ne remet pas en cause cette collaboration mais affirme sa volonté de proposer à ses membres toutes les solutions possibles. "Notre objectif, c'est d'être un apporteur de solutions. On nous a demandé la pièce d'origine : nous avons trouvé une solution. Pour la peinture, c’est désormais le cas", résume Julien Lefort.

Le dirigeant ne compte d’ailleurs pas s’arrêter en si bon chemin et évoque d'autres pistes de développement, notamment dans le vitrage.

Est-ce que quelque chose pourra voir le jour en 2026 ? Je ne sais pas encore. Mais c'est un axe de réflexion, clairementconfie-t-il.

Pour AkzoNobel, l'enjeu est tout aussi stratégique. Pascal André ne cache pas ses ambitions de croissance : "Notre objectif, c'est de dynamiser la commercialisation de Lesonal sur le marché français. En Allemagne, c’est notre marque numéro un, devant Sikkens". Le fabricant, qui ne travaillait avec aucun distributeur Alternative Autoparts jusqu'ici, voit dans cet accord un vrai levier de développement.

"C'est du business nouveau. Donc tout ce qui viendra sera de la croissance", se réjouit le directeur général, qui précise toutefois ce partenariat n'est pas exclusif. "Nos précédents accords de distribution avec Lesonal ne sont donc pas remises en cause."

Dans un marché de la carrosserie en baisse de près de 10 % en volume selon Pascal André, ce partenariat apparaît comme un pari sur l'avenir. Pour Alternative Autoparts, qui anticipe une année 2026 incertaine après une croissance de 3 à 4 % en 2025, la diversification devient une nécessité. Reste à savoir combien de distributeurs oseront franchir le pas.

 

Découvrez notre article complet consacré au partenariat noué par Alternative Autoparts et AkzoNobel dans J2R n°160 de février 2026.

AD Tour 2026 : le réseau remet les gaz vers les régions françaises

Comme chaque début d'année, le réseau AD remettra le contact et démarrera l'AD Tour 2026. Pendant un mois, la tête de réseau sillonne les régions françaises pour échanger directement avec ses distributeurs et réparateurs.

Ce rendez-vous permet avant tout de revenir sur les temps forts de l'année passée, de partager les tendances du marché de l'après-vente automobile et les enjeux à venir pour l'enseigne de MRA.

Un tour de France pour garder le cap

De Clermont-Ferrand à Nantes, en passant par Lyon, Bordeaux ou encore Paris, l'AD Tour 2026 fera étape dans 15 villes. À travers ce format itinérant, AD affirme sa volonté de rester proche de son réseau.

"Ce tour de France est un rendez-vous convivial incontournable de la vie du réseau AD, car il permet de tisser des liens entre tous les adhérents et commerciaux du réseau, ainsi que de présenter nos perspectives et ambitions pour relever ensemble les défis de l'après-vente automobile", souligne Laurent Desrouffet, directeur général des réseaux et des activités de réparation d'Autodistribution.

L'édition 2026 s'inscrit pleinement dans la poursuite d'Engagement 2027. Lancé par Autodistribution, ce plan vise à accompagner les distributeurs et les réparateurs face aux transformations de l'après-vente automobile. Le plan repose sur plusieurs axes : améliorer la performance des entreprises du réseau, accompagner l'évolution des métiers, renforcer l'attractivité de l'enseigne et consolider le lien entre la tête de réseau et le terrain.

Exide Technologies lance l’EK500, une nouvelle batterie AGM L01 pour les véhicules électrifiés

Le groupe Exide Technologies vient d'ajouter à son catalogue l'EK500, un nouveau modèle de batteries 12 V aujourd'hui largement adopté par les constructeurs automobiles. Fabriquée en Europe sur les mêmes lignes que les batteries OE, elle offre aux distributeurs et aux ateliers une solution de rechange fiable, performante et conforme aux standards d’origine.

Cette nouvelle batterie répond également aux demandes croissantes des constructeurs européens et asiatiques pour la dimension L01, désormais largement intégrée dans les applications de démarrage, d’éclairage et d’allumage (SLI), ainsi que dans les fonctions auxiliaires des véhicules électrifiés.

Au total, 3,4 millions de véhicules sont compatibles avec l’EK500, dont les BMW X3 et X5, les Kia Picanto et Stonic, les Hyundai i10 et Kona ainsi que la VW ID.4.

Une technologie AGM optimisée pour les besoins des véhicules électrifiés

La batterie EK500 intègre les technologies AGM les plus récentes : séparateurs en fibre de verre à surface élevée, alliages avancés et additifs de carbone dans la masse active. Ces éléments permettent notamment d'absorber l'électrolyte, ce qui rend la batterie plus résistante aux fuites par rapport aux autres modèles de batterie plomb-acide.

Cette conception stabilise l’électrolyte, améliore la robustesse de la batterie face aux vibrations, réduit la résistance interne et limite la chute de tension en cas de forte demande.

Elle offre ainsi un cyclage élevé, conforme aux normes techniques européennes, et devient une source d’alimentation 12 V idéale pour les fonctions critiques des véhicules électrifiés, notamment pour les systèmes Adas (systèmes avancés d’aide à la conduite).

"Le lancement de la nouvelle batterie AGM Exide EK500 est une nouvelle preuve de l'engagement d'Exide Technologies à fournir des solutions de batteries innovantes, puissantes et fiables au secteur de la rechange automobile. Cette batterie AGM de taille réduite convient parfaitement à des millions de véhicules à travers le monde", conclut Alain Lez, director automotive aftermarket chez Exide Technologies.

Car Life Tycoon, le jeu sur Fortnite pour sensibiliser au recyclage automobile

Faire de la gestion d’un centre de recyclage automobile un jeu de simulation : c'est le pari audacieux de Recycler Mon Véhicule qui débarque sur Fortnite avec "Car Life Tycoon".

Dès le 18 décembre, les 38 millions de joueurs de la plateforme pourront endosser le rôle d'un gestionnaire de centre VHU, confronté aux réalités du terrain : véhicules abandonnés, filières clandestines et enjeux environnementaux. Pour rejoindre l'aventure, il suffira d'entrer le code d'île 1610-3831-5339 sur Fortnite.

Recycler Mon Véhicule vise les jeunes générations

Face aux 300 000 véhicules qui finissent chaque année dans les circuits illégaux, l'éco-organisme a décidé de frapper là où se trouve son public : sur les écrans de jeu. Développé avec l'agence GamersOrigin, ce jeu de gestion gratuit cible particulièrement les millennials et la génération Z, futurs propriétaires de véhicules en fin de vie.

Le principe de "Car Life Tycoon" repose sur une progression par niveaux. Le joueur collecte des véhicules rouillés ou enlisés, les dépollue via des mini-jeux (extraction d'huile, retrait de batteries, etc.), démantèle les pièces de réemploi, broie les carcasses et trie les matériaux.

Chaque action rapporte des "coins" permettant d'améliorer son installation, d'acquérir de nouveaux équipements et de recruter du personnel. Les véhicules électriques et hybrides font même leur apparition, nécessitant des formations spécialisées pour être traités correctement.

De l'Hexagone à la Guyane, des réalités très différentes

L'immersion s'étend sur trois territoires aux problématiques distinctes. L'Hexagone propose un centre urbain classique. La Réunion confronte le joueur à un relief complexe, avec des véhicules dissimulés qu'il faut parfois repérer en bateau le long du littoral. En Guyane, l'environnement tropical isole le centre VHU et complique l'accès aux épaves abandonnées.

Ces territoires ultramarins n'ont pas été choisis au hasard. Ils subissent particulièrement l'abandon sauvage de véhicules et affichent un faible taux de réemploi des pièces détachées.

Dans cet univers virtuel, le joueur peut lutter contre les acteurs illégaux en retirant leurs affichettes publicitaires et en menant des campagnes de sensibilisation. Plus il traite d’épaves selon les normes légales, plus l'indicateur de pollution globale diminue et l'environnement s'améliore visuellement.

Une campagne d'ampleur pour le lancement

Recycler Mon Véhicule ne compte pas laisser son jeu passer inaperçu. Cinq influenceurs gaming, dont le Youtubeur Valouzz, relaieront l'expérience auprès de leurs communautés. Un concours via le site www.carlife-tycoon.fr récompensera les cinq meilleurs joueurs, tandis qu'un tirage au sort valorisera l'ensemble des participants.

Accessible sur PC, Switch, PlayStation, Xbox, Android et iOS, "Car Life Tycoon" adopte donc les codes de communication d'une génération connectée pour délivrer un message citoyen. Peut-être même que certains joueurs découvriront une vocation pour les métiers du recyclage dans la filière automobile et du motocycle.

Siligom optimise ses solutions de recharge électrique avec Swish

Engagé dans l’évolution de son offre de services, Siligom poursuit l’adaptation de son réseau. Le groupe vient de conclure un partenariat avec Swish pour déployer des solutions de recharge sur ses sites, afin d’accompagner ses clients face aux enjeux énergétiques. L'opérateur français, spécialisé dans les infrastructures de recharge, n’en est pas à son premier coup d’essai : il s’était déjà associé à la branche française de Daimler Trucks durant l’été 2025.

À compter du vendredi 12 décembre 2025, Swish devient ainsi "partenaire privilégié" du réseau. Un accord qui confirme la volonté de Siligom d’apporter à ses adhérents des solutions plus rapides et plus efficaces. "En proposant à nos adhérents l’installation d’infrastructures adaptées aux poids lourds électriques, nous anticipons l’évolution des besoins de nos clients transporteurs. Le choix de Swish reflète notre exigence de qualité, avec une technologie européenne éprouvée et un partenaire français engagé", analyse Olivier Pasini, directeur général de Siligom.

Des "superchargeurs satellite" pensés pour le transport lourd

Les bornes Alpitronic, entièrement fabriquées en Europe, seront installées par des équipes certifiées IRVE capables de gérer des projets à haute puissance ainsi que des raccordements en haute tension.

Intitulés superchargeurs satellite, ces dispositifs permettent de réduire les temps d’immobilisation des véhicules et d’installer des points de charge dans des espaces restreints, améliorant ainsi l’efficacité opérationnelle des centres. Un argument mis en avant par Alberto Prendin, directeur général de Swish : "Grâce à nos superchargeurs, les centres Siligom pourront réduire significativement les temps d’arrêt, répondant ainsi aux attentes d’efficacité et de rapidité de leurs clients professionnels."

Camions électriques : un marché en plein essor

L’enjeu est d’autant plus important que le marché du camion électrique, encore modeste, commence à décoller. En 2024, 642 modèles 100 % électriques ont été immatriculés en France. Selon les constructeurs, près de la moitié des camions en circulation pourraient être électriques à l’horizon 2030. Une transition qui nécessitera, d’après l’Avere-France, entre 45 000 et 60 000 points de charge dès 2025 pour alimenter camions légers et poids lourds – un besoin que les réseaux de maintenance doivent anticiper dès maintenant.

Actuellement, seuls trois centres Siligom disposent de cette solution : Coulommiers (77), Awoingt (59) et le Garage des Forges (35). Prochaine étape : étendre l’installation des bornes de recharge Swish à l’ensemble des centres industriels du réseau.

Comment garder les jeunes dans les carrosseries ?

Contrairement à une idée répandue, la pénurie de main-d'œuvre dans les carrosseries ne serait pas due au manque d'attractivité des métiers de la réparation. Son origine viendrait plutôt de la difficulté des carrossiers à retenir les apprentis dans leurs ateliers. Ce constat cruel a été établi par une étude scientifique poussée par Weinmann Technologies et présentée lors du salon Equip Auto 2025.

Menée pendant trois ans avec l'université Toulouse Jean Jaurès, cette recherche en sciences sociales est inédite dans l'après-vente automobile. Ses auteurs sont Lucile Courtois (docteur en sciences de l'éducation et responsable RH de Weinmann Technologies) et Michel Lac (chercheur en sciences de l'éducation). Ensemble, ils ont étudié "les représentations sociales et professionnelles des métiers de la carrosserie". Dans ce cadre, ils ont interrogé de très nombreux acteurs du secteur, suivant une méthodologie rigoureuse (lire ci-dessous). Objectif : établir un constat scientifique, avant d'identifier les pistes pour assurer la relève de la profession.

Malentendus entre formation et économie

Leurs travaux apportent un nouvel éclairage aux chiffres de l'ANFA, d'après lesquels près de 70 % des jeunes ayant appris la carrosserie quittent le métier au bout de trois ans. Alors que le nombre d'apprentis n'a jamais été aussi élevé, seules 7 000 des 10 000 offres d'embauche annuelles du secteur ont été pourvues en 2024. Derrière ces chiffres, l'étude révèle surtout un choc de représentations entre générations. "Schématiquement, on constate que les dirigeants ont plutôt une vision négative et passéiste de leur métier, explique Michel Lac. Alors que paradoxalement, les jeunes en ont une image moderne et positive. " Les uns et les autres répondent exactement le contraire aux mêmes questions !

"Les dirigeants ont plutôt une vision négative de leur métier, alors que les jeunes en ont une image positive" Michel Lac, Chercheur en sciences de l'éducation à l'université de Toulouse

Lucile Courtois souligne que "pour les anciens, souffrir est nécessaire et fait partie des conditions pour devenir carrossier". Eux-mêmes ont souvent appris leur métier "à la dure". Les jeunes, eux, refusent cette logique. Les ateliers se heurtent aussi à un autre paradoxe : l'apprentissage requiert du temps long, alors que les carrossiers fonctionnent dans une logique économique de court terme. Résultat : les ateliers cherchent des profils immédiatement productifs – une chimère – et disent manquer de temps pour transmettre leur savoir-faire.

Facteur aggravant : l'absence de véritables programmes d'apprentissage. "Beaucoup pensent qu'il suffit de mettre un jeune dans un atelier pour qu'il apprenne le métier", observe Michel Lac. Cette approche produit des situations très inégales : certains s'en sortent, d'autres décrochent. In fine, chaque génération désigne "l'autre" comme source du problème. "Résoudre ce malentendu nécessite de clarifier ce qu'on attend des jeunes, au lieu de confondre savoir-faire et savoir-être, compétence et endurance, amour du métier et sacrifice, formation et formatage", insiste Lucile Courtois.

Trouver le temps et renouveler le management

Les deux chercheurs proposent plusieurs pistes pour dépasser ces incompréhensions. Tout d'abord, ils préconisent de donner leur chance à des jeunes motivés, plutôt que de rechercher "la perle rare". Ensuite, les carrossiers doivent établir un programme d'apprentissage, en explicitant les objectifs et les étapes de formation.

Sur le plan managérial, ils invitent à favoriser les échanges entre professionnels, plutôt que de laisser s'installer un dialogue entre générations, souvent conflictuel. Ils invitent également les carrossiers à analyser leur organisation : si le temps de transmission manque, alors il faut en créer les conditions. Enfin, les deux chercheurs concluent par un conseil positif en recommandant "de revenir aux valeurs fondamentales du métier, car elles sont partagées par tous".

Des carrossiers montrent déjà la voie

Certaines entreprises n'ont pas attendu ces conseils pour adopter de bonnes pratiques fidélisant "leurs" jeunes. Le groupe CDR (15 carrosseries en Occitanie), dirigé par Romuald Rozet, en est un bon exemple. "Souvent, mes responsables de carrosserie refusent de prendre des apprentis. Mais je les pousse à suivre des formations au management pour s'adapter aux jeunes", témoigne le dirigeant. Lui-même a été accompagné par un coach.

À Valence (26), les apprentis de la carrosserie Métiffiot sont étroitement intégrés dans l'équipe. Ils y bénéficient d'une culture d'entreprise attachée au bienêtre, depuis les postes de travail jusque dans la vie sociale. "Ils se sentent bien chez nous et cela nous permet de conserver les meilleurs d'entre eux", explique Stéphane Métiffiot, codirigeant de l'entreprise.

"Il faut d'abord les intéresser, pour les faire entrer crescendo dans le monde professionnel, sans oublier que ce sont encore des adolescents" Morad Benkaci, dirigeant de Mayeur Car Service

Parmi les entreprises emblématiques sur l'apprentissage, Mayeur Car Service, à Combs-la-Ville (77), va encore plus loin, en formant plus de jeunes que nécessaire : chaque salarié parraine un ou deux apprentis. "Il faut d'abord les intéresser, pour les faire entrer crescendo dans le monde professionnel, sans oublier que ce sont encore des adolescents", recommande Morad Benkaci, son dirigeant.

Il reconnaît que cet investissement demande des efforts. "On n'a jamais le temps de s'occuper des apprentis, mais il faut pourtant le trouver. Ce temps-là crée un retour humain, économique et utile à toute la profession", martèle-t-il. Ces initiatives montrent que des solutions existent à l'échelle de chaque atelier. Reste à accepter que le management fait désormais partie intégrante du métier, au même titre que les nouvelles techniques de réparation.


Quand les scientifiques étudient le secteur de la carrosserie

Comment étudier scientifiquement la représentation du métier de carrossier ? Les chercheurs Lucile Courtois et Michel Lac ont suivi un protocole en trois étapes. La première a consisté en sept entretiens exploratoires avec des carrossiers et des acteurs de cet univers. Les scientifiques ont ainsi appréhendé un métier inconnu pour eux et identifié ses problématiques. Ces échanges leur ont permis de concevoir un questionnaire national, diffusé pendant six mois auprès des jeunes, des formateurs, des carrossiers et des dirigeants. Résultat : 1 560 réponses, dont 762 complètes et donc valides pour une exploitation statistique.

L'enquête a ensuite été achevée par 11 "entretiens cliniques" d'une à deux heures. Ceux-ci ont été menés avec six carrossiers et sept jeunes – six tout juste entrés dans le métier, et un autre ayant abandonné à l'issue d'une longue formation. "Finalement, la population des apprentis est plutôt homogène, rapporte Michel Lac. Tous ceux que nous avons interrogés rencontraient initialement des difficultés scolaires. Il s'agit de gens majoritairement issus de milieux populaires – mais pas précaires – et déjà en contact avec le monde automobile. Tous ont la passion et l'amour de la voiture." Un levier pour leurs futurs patrons ?

Batteries : un cartel sanctionné à hauteur de 72 millions d'euros

L'addition est salée pour les acteurs du secteur. La Commission européenne a infligé le 15 décembre 2025 une amende globale de 72 millions d'euros à trois fabricants de batteries de démarrage Exide, FET et Rombat ainsi qu'à l'association Eurobat. Ces entreprises ont participé entre 2005 et 2017 à une entente illégale portant sur la vente de batteries aux constructeurs automobiles dans l'espace économique européen.

Un mécanisme de surcoût coordonné

Le stratagème mis en place par les quatre fabricants impliqués – auxquels s'ajoutait Clarios, qui a échappé à toute sanction – reposait sur une coordination des primes appliquées au plomb, principal composant de ces batteries de démarrage. Avec l'appui d'Eurobat, leur association professionnelle, ils ont convenu de créer des "primes Eurobat" calculées sur la base de leur prix d'achat du plomb, puis de les publier dans le magazine spécialisé Metal Bulletin.

Cette coordination leur permettait d'imposer aux constructeurs automobiles et à leurs réseaux de réparateurs agréés un surcoût maintenu à un niveau supérieur à ce qu'il aurait été dans un contexte concurrentiel normal. Si l'utilisation de surcoûts pour répercuter les variations du prix des matières premières constitue une pratique légitime, la coordination secrète entre concurrents pour fixer ces surcoûts enfreint clairement les règles européennes de concurrence, précise Bruxelles.

L'infraction s'est étendue sur une période de douze ans et demi pour la plupart des participants. Clarios s'en est retiré quelques mois plus tôt, en septembre 2017, au moment même où l'entreprise révélait l'existence de l'entente à la Commission dans le cadre du programme de clémence.

Une lourde sanction pour Exide

La répartition des amendes reflète le degré de coopération de chaque entreprise avec les autorités européennes. Clarios bénéficie d'une immunité totale pour avoir dénoncé le cartel. FET et Rombat, qui ont également collaboré avec Bruxelles, ont vu leurs amendes réduites respectivement de 50 % et 30 %. Exide écope de la sanction la plus lourde avec 30 millions d'euros. L'association Eurobat, sanctionnée pour son rôle de facilitatrice, doit s'acquitter de 125 000 euros.

"Nous pratiquons la tolérance zéro à l'égard de la fixation des prix ou de tout type d'entente", a déclaré Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission européenne. "Par cette décision, nous rappelons également aux associations professionnelles qu'elles ne doivent pas utiliser leur position de représentants de l'industrie pour faciliter la collusion entre leurs membres."

Au-delà des amendes versées au budget européen, les constructeurs automobiles et autres victimes de cette entente peuvent désormais se retourner devant les juridictions nationales pour réclamer des dommages et intérêts. La décision de la Commission constitue une preuve contraignante du caractère illicite des pratiques, facilitant ainsi les recours en réparation.

France Pare-Brise choisit Sébastien Loeb comme ambassadeur

Pour France-Pare Brise, son rapprochement avec Sébastien Loeb ne relève pas du hasard. Derrière le palmarès exceptionnel du nonuple champion du monde des rallyes se dessine un profil qui colle à son ADN : rigueur technique, préparation minutieuse, travail collectif et ancrage territorial.

"Nous cherchions une personnalité capable de rendre visible ce que nos métiers exigent : de la précision, de la pédagogie, et beaucoup d'engagement humain. Le regard que porte Sébastien sur la sécurité et la technique apporte une dimension nouvelle à nos métiers et l'exigence qu'imposent des conditions où l'erreur n'est pas permise", explique Grégoire Papillard, directeur général de France Pare-Brise.

Originaire du Grand Est, région historique du réseau, le pilote alsacien s'est reconnu dans ce modèle d'indépendants passionnés par leur métier. "J'ai été séduit par la culture France Pare-Brise : des centres partout en France, tenus par des pros qui aiment leur métier et qui savent que derrière un pare-brise, il y a la sécurité des gens. Leur vision est très concrète, très technique, et ça me parle", confie-t-il.

Adas : Sébastien Loeb au service de la pédagogie

Ce partenariat arrive à un moment charnière pour la profession. Toujours plus sophistiqués, les pare-brise modernes embarquent désormais des technologies essentielles à la sécurité active : caméras, lecteurs de panneaux, radars, dispositifs anticollision.

La simple réparation ou le remplacement ne suffisent plus. Les professionnels doivent aujourd'hui diagnostiquer, recalibrer et contrôler ces aides à la conduite (Adas). Un impératif d'autant plus prégnant depuis l'épisode des freinages fantômes qui a placé ces technologies sous surveillance des autorités cet été.

Avec Sébastien Loeb, France Pare-Brise entend sensibiliser le grand public, les assureurs et les loueurs à ces évolutions majeures. "Ensemble, nous allons rendre ces sujets accessibles pour faire de la pédagogie autour des questions de sécurité routière", confirme William Akoum, directeur marketing et communication du réseau.

France Pare-Brise au Dakar 2026

L'engagement de Sébastien Loeb ne se limitera pas à quelques apparitions protocolaires. Tout au long de 2026, le pilote sera mobilisé sur plusieurs fronts : présence visuelle dans les centres du réseau, participation à des événements avec les équipes, accompagnement des prises de parole stratégiques, et production de contenus vidéo et éditoriaux.

Le coup d'envoi de cette collaboration sera donné dès janvier, lors du Dakar 2026. Pour la première fois, France Pare-Brise figurera sur la combinaison officielle du champion.

NRF inaugure son nouvel entrepôt

Le calendrier aura finalement tenu ses promesses. Alors que les flammes ravageaient son entrepôt français fin août, l'équipementier néerlandais NRF annonçait déjà sa volonté de reconstruire rapidement. Promesse tenue : le groupe a inauguré le 15 décembre une nouvelle plateforme logistique située entre Valenciennes et Lille, à Sars-et-Rosières (59).

Une capacité de stockage inédite

Le site NRF de Sars-et-Rosières (59) se positionne comme la plus importante capacité de stockage française en produits thermiques automobiles. ©NRF

Le site NRF de Sars-et-Rosières (59) se positionne comme la plus importante capacité de stockage française en produits thermiques automobiles. ©NRF

Le nouvel outil industriel change radicalement la donne pour l'activité française de NRF. Avec ses 5 000 m² au sol et plus de 8 000 emplacements palette, le site de Sars-et-Rosières entend s’affirmer comme une référence en matière de stockage de produits de climatisation et de thermique moteur.

Cette superficie permet à l'équipementier d'entreposer une gamme élargie de références, immédiatement disponibles pour l'expédition.

 

La localisation n'a pas été choisie au hasard. Positionnée au cœur d'un axe stratégique du nord de la France, la plateforme offre un accès optimisé aux principales voies de communication nationales.

Un "cut off" tardif

Au-delà de la surface, c'est toute l'organisation qui a été réfléchie pour améliorer la réactivité. NRF propose désormais l'un des horaires limites de commande les plus tardifs du marché français dans son domaine. Objectif : répondre aux urgences que connaissent régulièrement les professionnels de la rechange.

La marque néerlandaise prévoit d'accompagner cette ouverture par des actions commerciales dès le mois de janvier 2026. Les premières commandes livrées depuis le nouveau site comporteront déjà une surprise pour les clients, une manière pour le groupe de célébrer ce retour en force sur le marché français après les difficultés de l'été dernier.

Nouveau site et nouveau cap pour Colorbox

Pour Colorbox, impossible de rater, cette année encore, le rendez-vous Equip Auto. C’est en effet au salon de l’après-vente, en octobre dernier, que Leslie Thibault, PDG de l’entreprise, a dévoilé la refonte de son site e-commerce. Fruit d'un chantier lancé en mars dernier, il sera mis en ligne entre janvier et février 2026. "Il sera beaucoup plus performant, plus intuitif et plus ergonomique", annonce Leslie Thibault.

L'accent a été mis sur l'expérience mobile : navigation simplifiée, consultation des offres facilitée, suivi des commandes optimisé. Pour mener à bien ce projet stratégique, l'entreprise s'appuie désormais sur une équipe digitale de cinq personnes qualifiées, internalisant progressivement des compétences auparavant externalisées.

Un nouveau site pour accompagner l'internationalisation

Cette transformation numérique s'inscrit dans une ambition d'expansion au-delà des frontières hexagonales. En effet, si la plateforme n'est pour l'instant disponible qu'en français et partiellement en anglais, Colorbox vend déjà dans toute l'Europe : Pays-Bas, Finlande, Suisse... Les ventes à l'export représentent aujourd'hui 10 % du chiffre d'affaires, une part en progression constante.

En Suisse notamment, plusieurs dizaines de machines et systèmes complets des marques DeBeer (groupe Sherwin-Williams) et Palinal ont été installés. "Il fallait proposer une expérience de qualité à ces clients-là et poursuivre notre développement", explique la PDG.

Si Colorbox devra faire face à de sérieux challengers sur le Vieux Continent, dont le site néerlandais Crop, le pure player tricolore affiche sa détermination. "Notre objectif reste d'être meilleurs", annonce Leslie Thibault. La dirigeante veut avant tout capitaliser sur les forces de Colorbox : des prix compétitifs, la rapidité de livraison et surtout le choix.

Une expertise terrain avec VPA

Avec plus de 300 machines installées chez les carrossiers, Colorbox s’affirme progressivement comme une alternative crédible aux distributeurs traditionnels. Pour Leslie Thibault, le regard des fabricants à l’égard du site e-commerce a évolué. "Ils réalisent que nous disposons d'une compétence technique solide, héritée de notre activité traditionnelle depuis 1948", souligne Leslie Thibault. Ce matin encore, un fabricant nous a dit : « Vous êtes une référence dans le domaine ». C'est valorisant."

Car Colorbox cultive cette double casquette : distributeur traditionnel de proximité (avec la société VPA) et pure player. L'entreprise reste l'un des plus gros distributeurs de peinture de la région parisienne et ne compte pas abandonner cette dimension physique. "Nous avons beaucoup de marchés publics et de grands comptes. On ne peut pas tout digitaliser", rappelle la présidente.

Fort de cette expertise, le site e-commerce devrait terminer l’année en croissance, malgré un contexte difficile pour le secteur de la réparation-collision. "En septembre notamment, notre chiffre d'affaires a bondi de 38 % ! Je pense que nos efforts pour démontrer notre expertise technique portent leurs fruits. Les clients nous font confiance", analyse Leslie Thibault.

Parmi eux, des acteurs majeurs à l’instar de France Débosselage qui a confié à Colorbox la pose de six machines en trois mois. "Beaucoup de grandes carrosseries adoptent maintenant notre concept, attirées par la liberté qu'il leur apporte", se réjouit la PDG. Pour accompagner cette clientèle grandissante, l'équipe technique s’est d’ailleurs renforcée. Un nouveau technicien a rejoint les rangs de Colorbox en décembre, venant épauler les deux collaborateurs expérimentés déjà en poste.

L’appui du groupe Novarc

L'arrivée récente d'un nouveau partenaire financier confirme l'attractivité du modèle. Après une collaboration fructueuse avec le fonds Ciclad entre 2021 et 2024, Colorbox s'est, en effet, associé depuis l'été 2025 au groupe Novarc, présent dans la sécurité électrique et les consommables techniques.

"Ils souhaitent que nous les accompagnions dans la digitalisation de l'ensemble du groupe", révèle Leslie Thibault. Novarc, déjà présent dans l'automobile via Kemtex ou Koch-Chemie, mise en effet sur l'expertise numérique de Colorbox. De quoi soutenir une expansion qui ne semble pas près de ralentir pour le pure player.