J2R#161

Mars 2026

Laurent Frelat, Xerfi Specific : "Le principal risque en 2026 est l'illusion de croissance"

Le Journal de la Rechange et de la Réparation : Avec une croissance globale de +0,5 %, comment qualifieriez-vous l’année 2025 pour la distribution de pièces de rechange ?

Laurent Frelat : C’est précisément l’année la moins dynamique depuis la crise sanitaire. Le rattrapage post-Covid, l’inflation qui a suivi et l’arbitrage entre neuf et ancien ont permis à la profession de bénéficier de trois années consécutives de forte croissance. Celle-ci s’est sensiblement ralentie en 2024 avant d’aboutir à une quasi-stagnation en valeur en 2025, voire à une légère contraction en volume. Cette évolution proche de zéro traduit avant tout un ralentissement conjoncturel de la demande, lié à une activité économique atone.

J2R : Décembre 2025 a affiché un rebond (+2,8 %) après un mois de novembre en recul. Comment expliquer ce yo-yo ?

L.F. : Il faut distinguer les phénomènes qui se superposent dans l’analyse des séries temporelles. Sur le marché des véhicules légers (VL), plusieurs niveaux d’analyse coexistent. On retrouve d’abord des tendances de long terme globalement favorables, comme le vieillissement du parc automobile et l’allongement de la durée de détention des véhicules, liés à la hausse du coût des véhicules neufs et à la complexification technologique.

S’y ajoutent des cycles conjoncturels, dépendants de l’activité économique ou du renouvellement du parc, mais aussi des effets saisonniers : batteries en hiver, révisions au printemps, périodes de congés. Les variations de jours ouvrables jouent également un rôle, tout comme les événements exceptionnels (grèves, météo, pénuries de pièces, etc.). En l’occurrence, le rebond de décembre tient en grande partie à un effet calendaire favorable. Il résulte aussi d’un net regain de demande en peinture et carrosserie, lié à une recrudescence de l’accidentologie.

J2R : Quid des différences entre VL (+0,4 %) et poids lourd (+1 %) ?

L.F. : Les déterminants du marché poids lourd diffèrent largement de ceux du VL. Au-delà des phénomènes communs, le poids lourd bénéficie d’une intensification de l’utilisation des véhicules, liée aux volumes transportés. Cela crée une tendance de long terme légèrement plus robuste. En revanche, le PL est plus dépendant de la conjoncture sectorielle. L’activité des principaux secteurs clients (agroalimentaire, BTP, produits manufacturés) influence directement les kilométrages parcourus, et donc la consommation de pièces.

En 2025, le ralentissement du transport a pesé sur la maintenance courante : baisse des kilométrages, opérations différées. À l’inverse, les ventes d’équipement et d’outillage ont progressé, portées par des investissements structurels liés à la complexification technologique et aux exigences réglementaires. Il s’agit d’un arbitrage entre réduction des coûts à court terme et adaptation des outils à long terme.

J2R : Quels segments ont le mieux résisté en 2025 ?

L.F. : En VL, pièces mécaniques et peinture-carrosserie connaissent en 2025 des évolutions proches, traduisant une croissance modérée. En revanche, l’équipement et l’outillage sont en retrait, avec un recul d’environ 2,5 points pour la deuxième année consécutive. De toute évidence, les incertitudes économiques et la pression sur la trésorerie des réparateurs pèsent sur ces dépenses.

Les prestations atelier, en revanche, se redressent et progressent de plus de 2 %, concentrant l’essentiel de leur croissance sur les quatre derniers mois de l’année. En PL, la situation est différente. La distribution de pièces a été pénalisée par le ralentissement du transport, tandis que l’équipement-outillage a progressé.

J2R : De trimestriel, le baromètre est devenu mensuel en janvier 2025. Quels changements en termes de qualité des données, délais de collecte, lecture conjoncturelle ?

L.F. : Du point de vue de la réalisation du baromètre, les avantages sont nombreux. La fréquence mensuelle impose aux contributeurs de mettre en place une routine d’extraction des données et de désigner un interlocuteur dédié. Cela réduit les délais de collecte et améliore la fiabilité des données. Pour les entreprises, c’est un véritable outil de pilotage opérationnel.

Elles peuvent se comparer au marché, ajuster leurs stocks, adapter leur politique d’offre et mesurer rapidement les effets de leurs décisions. Pour la fédération, le baromètre permet d’objectiver les difficultés ou les opportunités du secteur, et de renforcer la légitimité de la profession auprès des pouvoirs publics et des partenaires financiers.

J2R : Xerfi produit cette année, avec la Feda, un nouveau baromètre social de la distribution automobile : en quoi consiste-t-il ?

L.F. : Il s’agit d’un outil intermédiaire entre le rapport de branche (établi au niveau de l’ensemble du commerce de gros) et le bilan social d’entreprise. Cet outil mis en place par la Feda vise à fournir un panorama complet des pratiques sociales de la profession : structure de l’emploi, mouvements de personnel, conditions de travail, rémunérations, formation. La performance du secteur repose autant sur les hommes que sur les stocks et la logistique. Les indicateurs RH deviennent donc un levier d’analyse essentiel. Ils permettent d’anticiper les tensions de recrutement, les départs à la retraite ou encore les besoins de formation face à la complexification technologique.

J2R : Quels indicateurs ou signaux les distributeurs devraient-ils surveiller en priorité en 2026 pour piloter leur activité ? Quels sont les principaux points de vigilance ?

L.F. : Le principal risque en 2026 reste l’illusion de croissance : un chiffre d’affaires stable, voire en très légère progression, mais une rentabilité en baisse sous l’effet des remises et des coûts logistiques. L’augmentation des stocks pour sécuriser le service peut fortement dégrader le cash flow. La pression sur les prix, accentuée par les outils digitaux, réduit la différenciation et accentue la concurrence locale.

Avant même que la détérioration des marges soit visible, des signaux faibles apparaissent : fragmentation des commandes, multiplication des livraisons, progression des remises exceptionnelles. L’enjeu est alors de reprendre le contrôle du mix client et de restaurer la valeur perçue du service, plutôt que d’entrer dans une spirale de guerre des prix.

J2R : Quelles grandes tendances, selon vous, vont structurer la distribution de pièces en 2026 ?

L.F. : Comme nous venons de l’évoquer, en 2026, la distribution de pièces automobiles sera d’abord structurée par une pression accrue sur la rentabilité. La consolidation du secteur devrait logiquement se poursuivre, les acteurs cherchant une taille critique pour mutualiser stock, logistique et outils digitaux. La digitalisation des commandes B2B progresse, rendant les prix plus transparents et obligeant les distributeurs à se différencier par le service et la disponibilité.

Le mix produit évolue lui aussi sous l’effet des nouvelles motorisations et de la montée des pièces techniques (électronique, gestion thermique). En 2025, les ventes de voitures électriques aux flottes d’entreprise se sont envolées (+54 %) pour atteindre près du quart des nouvelles immatriculations, ce qui impactera le besoin en pièces de recharge. Plus que jamais, la logistique constitue un avantage concurrentiel majeur, avec un enjeu fort de maîtrise du coût par livraison.

Enfin, l’accès aux données véhicules et aux fonctions sécurisées devient également un facteur clé pour rester pertinent auprès des réparateurs. Comme en attestent les évolutions récentes face à ces transformations, parions que la distribution de pièces autos et PL démontrera une réelle capacité à se réinventer, en s’appuyant sur sa proximité avec les réparateurs, son agilité opérationnelle et sa faculté d’intégrer rapidement les évolutions du marché pour transformer ces mutations en opportunités de développement.

Eurofleet : Judicaël Lerey prend la direction du réseau

Nouvelle direction pour Eurofleet. Le réseau, qui regroupe notamment les enseignes Speedy, First Stop et Côté Route, vient d'annoncer la nomination de Judicaël Lerey en tant que nouvel homme fort. Une décision qui s'inscrit dans la feuille de route engagée par son prédécesseur, Benjamin Filippi.

En 2025, le réseau a enregistré une croissance de 4 %. Il entend poursuivre son développement autour de trois axes prioritaires : le renforcement des accords nationaux auprès des grands comptes, le déploiement de solutions de reporting plus avancées et l’optimisation des outils et procédures internes afin de fluidifier les interactions entre agences intégrées et franchisées.

Un spécialiste des grands comptes et du développement réseau

Judicaël Lerey n'en est pas à sa première expérience dans le secteur automobile. Dès 2006, il débute sa carrière au sein du groupe Alençon Pneus en tant que commercial pneus industriels, assurant la vente et la distribution des gommes dédiées à l'activité poids lourd.

Il évolue ensuite vers des fonctions à responsabilités croissantes chez Trelleborg, Copadex et Hankook, occupant notamment des postes de responsable régional des ventes, responsable export, responsable national et grands comptes.

Depuis 2022, il occupait la fonction de directeur des ventes chez First Stop. Dans un communiqué, Eurofleet a indiqué qu'il conservera ce poste en parallèle de ses nouvelles responsabilités.

"Après plusieurs années à évoluer aux côtés de First Stop, je suis fier de pouvoir mettre mon expertise au profit du développement d’Eurofleet. De nouveaux caps sont à franchir, avec la poursuite du développement de la stratégie commerciale et l’amélioration des échanges entre les enseignes, qui permettront à Eurofleet de continuer à gagner du terrain", se félicite Judicaël Lerey , nouveau directeur d'Eurofleet Tyres & Services.

SKF dévoile le nom de son activité automobile : Vertevo

Son nom est désormais acté : l’activité automobile de SKF s’appellera SKF Vertevo. Cette officialisation constitue une nouvelle étape dans le processus de scission engagé ces derniers mois. L’équipementier prévoit d’introduire cette branche en Bourse d’ici la fin 2026, sous réserve de l’approbation des actionnaires. D’ici là, elle demeure intégrée au groupe.

Derrière Vertevo, SKF met en avant une double référence. Le terme associe vertere, "tourner" ou "transformer" en latin, et "evo" diminutif d'évolution. Une façon de rappeler son ancrage historique dans les technologies du mouvement tout en soulignant l’adaptation nécessaire à un secteur automobile en mutation rapide.

"Le nom SKF Vertevo met en avant notre héritage et combine les idées de transformation et d'évolution. C'est court, audacieux et mémorable", souligne Kerstin Enochsson, présidente de la division automobile.

Prochaine étape : la cotation à Stockholm

La cotation de SKF Vertevo est envisagée au quatrième trimestre 2026 sur le Nasdaq Stockholm, sous réserve de l’approbation des actionnaires. À terme, cette séparation doit permettre à chaque entité de se concentrer sur ses opportunités spécifiques, d’accélérer sa croissance et de renforcer sa compétitivité.

Pour les acteurs de la rechange et de la réparation, l’évolution reste, à ce stade, sans impact opérationnel : les produits, les services et les équipes ne changent pas. À moyen terme, l’autonomie de la future entité pourrait toutefois lui permettre d’ajuster plus directement ses priorités et ses investissements.

First Stop : la course aux 250 adhérents est lancée

À Riga, en Lettonie, la convention 2026 de First Stop avait des allures de bilan stratégique. Devant les dirigeants de ses 215 centres adhérents, l’enseigne de pneumaticiens a confirmé une dynamique de développement soutenue.

L’exercice 2025 s’est, en effet, soldé par l’arrivée de 15 nouveaux adhérents. Au-delà de l’expansion de son maillage, First Stop met en avant la cohésion de son organisation et un accompagnement structuré, à la fois individualisé et animé par des réunions régionales ainsi que des commissions dédiées aux activités VL et VI.

L’année a également été marquée dans les rangs de First Stop par le lancement d’un nouveau contrat de franchise. Présenté comme plus attractif, il vise à mieux valoriser l’adhésion à l’enseigne tout en préservant l’indépendance des chefs d’entreprise. Selon l’enseigne du groupe Bridgestone, ce cadre contractuel a permis de renforcer la proposition de valeur, d’améliorer la rentabilité des centres et de maintenir une autonomie forte pour les adhérents.

First Stop se rapproche d’Exadis

La performance du réseau repose aussi sur une politique d’achats structurée. La place de marché Autoprocure, outil central du dispositif, a vu son utilisation progresser de 50 % en 2025. Une évolution que l’enseigne relie à la simplicité de l’outil et à son impact sur la marge des centres.

Dans le même temps, de nouveaux partenaires ont été intégrés au référencement, parmi lesquels Exadis, spécialiste de la pièce de rechange automobile et utilitaire, et Kumho Tire, manufacturier international de pneumatiques. Les achats réalisés auprès des fournisseurs prioritaires ont, eux, progressé de 7 %.

Un résultat qui traduit, selon First Stop, un alignement croissant des centres avec les orientations définies par le réseau. Autre chantier structurant : le lancement de l’activité e-commerce. Selon First Stop, la vente en ligne de pneumatiques et de prestations associées représente jusqu’à 3 % de chiffre d’affaires additionnel par point de vente.

Le seuil des 250 adhérents en ligne de mire

Pour 2026, l’enseigne entend accélérer cette dynamique autour de cinq axes complémentaires.

Le premier concerne la concentration des volumes d’achats auprès de fournisseurs stratégiques, notamment Bridgestone. Le système de bonus doit évoluer afin de récompenser non seulement les volumes réalisés, mais aussi leur progression, tout en élargissant le périmètre des partenaires concernés.

Le deuxième pilier vise à générer davantage de trafic en centre grâce au marketing digital. First Stop s’appuie sur son dispositif e-commerce et sur des outils de marketing automatisé et prédictif pour soutenir l’activité des adhérents.

Troisième levier : le développement du B2B flottes. Via sa filiale Eurofleet, le réseau met en avant une couverture de 900 points de service en France. Cette activité aurait enregistré une croissance proche de 10 % en 2025. L’enseigne souhaite également renforcer sa présence sur le segment industriel, notamment en agriculture et en poids lourd, en concertation avec les centres concernés.

Enfin, le recrutement de nouveaux adhérents reste une priorité. L’objectif affiché est clair. "First Stop continue de s’engager pour accompagner avec succès la croissance des centres et leur profitabilité", indique Alejandro Ganzarain, directeur du réseau adhérents de First Stop. "Nous gardons en ligne de mire l’expansion de notre réseau et ambitionnons d’accueillir plus d’une trentaine de centres d’ici la fin de l’année, pour passer le cap des 250 adhérents orientés VL et aussi VI", conclut-il.

Batteries : Texa lance son certificat SoH

Avec la montée en puissance des véhicules électriques et hybrides dans le parc roulant, l’évaluation précise de la batterie de traction devient un passage obligé, tant dans les ateliers que pour les distributeurs VO.

C’est dans ce contexte que Texa déploie une nouvelle fonction SoH (State of Health) intégrée à son logiciel de diagnostic IDC6. Le groupe italien veut permettre aux professionnels de mesurer avec fiabilité la capacité résiduelle d’une batterie et d’en fournir une attestation formalisée.

L’accès à la fonction SoH suppose de disposer d’une licence IDC6 Car, d’un abonnement Texpack Car actif et d’une interface compatible, telle que Navigator Nano S 2 ou TXT Multihub 2. Texa cible ainsi clairement les ateliers déjà engagés dans le diagnostic électronique avancé.

Un levier pour la revente et la transparence

Concrètement, la valeur SoH est exprimée en pourcentage. Elle repose sur des paramètres relevés directement au sein des calculateurs du véhicule, puis traités à distance via un algorithme hébergé dans le cloud. Cette architecture vise à garantir une évaluation cohérente et homogène, indépendamment du modèle ou de la configuration du véhicule.

Une fois le diagnostic réalisé dans IDC6, l’utilisateur peut éditer un document attestant du résultat obtenu. Deux formats sont proposés. Le premier, gratuit, correspond à un certificat émis au nom de l’atelier.

Le second, payant et disponible à l’acte, prend la forme d’un certificat tiers validé par la Cara (Car Remarketing Association), l’association des professionnels européens du remarkting automobile. Ce document inclut un niveau d’information plus détaillé et s’inscrit dans un cadre normatif reconnu à l’international.

Texa rappelle que l’intérêt de ce service dépasse le seul cadre technique. Une batterie dont la capacité est préservée conditionne non seulement les performances et l’autonomie, mais influe également sur la valeur résiduelle du véhicule. Dans un marché de l’occasion encore en quête de repères sur l’électrique, disposer d’un document formel peut sécuriser les transactions.

Alexandra Herbel, Autosur : le tour de son monde

La seule vraie limite est souvent celle que l’on se fixe. Alexandra Herbel a fait de sa vie un terrain de jeu sans frontières. Libre dans sa tête, la Franco-Allemande porte en elle cette conviction profonde que rien n’est impossible et que l’échec, loin d’être une fin, constitue bien davantage une étape parmi d’autres.

Un état d’esprit qui s’est développé très tôt chez elle. Après avoir grandi dans une famille façonnée par les deux rives du Rhin, Alexandra Herbel quitte son cocon une fois son bac en poche, avec l’assentiment de ses parents, pour partir aux États-Unis. New York est une occasion pour elle d’approfondir son niveau d’anglais, mais aussi d’assouvir sa soif d’indépendance.

"À 19 ans, on est libre, on n’a pas encore de grandes responsabilités. Ça permet de s’explorer soi-même et de faire le tri dans ses envies", se remémore-t-elle. Indécise sur son avenir mais attirée par de nombreux sujets, elle démarre son aventure dans le milieu de l’hôtellerie avant de rejoindre une entreprise mondialement reconnue dans l’univers de la mosaïque.

Sans rien en connaître, elle débute comme assistante manager avant de gagner en responsabilités. "On m’a fait confiance très jeune. Plutôt que d’engendrer du stress et des doutes, cela m’a donné de l’énergie, de la motivation. Ça pousse à donner le meilleur de soi-même."

Assumer les virages

À tel point que son employeur lui lance alors un challenge : rentrer en France et monter une filiale dans l’Hexagone. Après sept ans dans la Big Apple, elle accepte et revient ainsi chez elle pour tout construire de A à Z. En 2005, sentant avoir fait le tour de la question, elle quitte son poste pour privilégier un projet familial. Avec son compagnon, elle démarre alors une nouvelle vie à Berlin et trouve un emploi dans une galerie d’art.

Un contrepied, un de plus et pas le dernier, dans un chemin où tout semble possible. L’aventure allemande durera cinq ans, au bout desquels l’envie d’ailleurs se fait à nouveau sentir. Après la naissance de son deuxième enfant, elle décide de partir en Asie, au Cambodge plus précisément. Un pays découvert pendant des vacances et qui devient le nouveau havre de paix de sa famille.

Là encore, Alexandra Herbel part sans parachute ni garantie. "J’avais la conviction qu’il fallait le faire et que si ça ne fonctionnait pas, on rebondirait."

Grâce au bouche-à-oreille, elle rejoint la chambre de commerce et d’industrie franco-cambodgienne et tisse son réseau. Un choix qui s’avérera crucial puisque c’est par ce biais qu’elle se fait remarquer par le TÜV, qui lui confie les rênes de son bureau local puis lui donne pour mission de restructurer ses filiales en Malaisie et à Singapour. Nouveau changement, nouveau déménagement, nouvelle découverte…

Un nouveau cycle

Au bout du chemin, arrive en 2019 une certaine envie de revenir là où tout a commencé. La France lui manque, et le souhait de voir ses enfants grandir auprès des siens se ressent. L’organisme de certification étant également actionnaire majoritaire de Secta, sa direction lui propose la gestion du réseau Autosur. Un véritable défi, tandis que le réseau de contrôle technique était alors sur le déclin.

La néo-dirigeante identifie quatre piliers stratégiques sur lesquels elle s’appuie pour avancer. Et malgré le Covid, elle réussit avec son équipe à redresser la barre. "Ensemble, on va plus loin et on n’a pas peur de se tromper", ajoute-t-elle. Après avoir vu le monde, Alexandra Herbel est désormais posée, mais toujours convaincue par ce qu’elle entreprend. Le voyage s’écrit ainsi différemment.

David Frachon, premier responsable technique national de Carflex

Dans le cadre de sa réorganisation en cours, Carflex entend renforcer ses capacités dans le domaine technique. Raison pour laquelle le groupement de réparateurs a recruté un permanent entièrement dédié à la veille technologique et à l'optimisation des carrosseries.

À ce poste de responsable technique national, David Frachon collaborera avec Christian Sauvignet, dirigeant de la carrosserie CTA Saint-Chamond (42) et référent du comité technique de la "tribu".

Carflex précise que David Frachon interviendra auprès de ses membres pour identifier les leviers d’amélioration de leur productivité. Il structurera des plans d’actions adaptés à chaque organisation et accompagnera l’optimisation durable de leurs ateliers. Le responsable participera également à la transmission des compétences et à la montée en expertise des équipes œuvrant dans les ateliers du groupement.

Jamais loin des ateliers

La nouvelle recrue du groupement a tour à tour connu les ateliers de réparation et les laboratoires de la distribution de peinture. En effet, après ses BEP et CAP en carrosserie et en peinture, David Frachon a travaillé dans trois carrosseries.

Il a d'abord démarré sa carrière comme peintre à Saint-Étienne (42), chez Cellier Auto puis à la Carrosserie Epinat. Il prend ensuite la tête de l’atelier de la carrosserie Fayolle, à Saint-Priest-en-Jarez (42).

En 2015, il rejoint le distributeur de peinture SPS en qualité de responsable technique. L’entreprise est rachetée par Axalta deux ans plus tard. En 2024, David Frachon devient technico-commercial au sein de SPS/STPA. Il y croise notamment Thierry Lutter, alors à la tête du distributeur. Ce dernier l’a récemment précédé chez Carflex, dont il assure désormais la direction générale.

Tour Auto 2026 : Axial s'engage pour valoriser le patrimoine automobile

Du 3 au 9 mai 2026, Axial accompagnera le Tour Auto, dont les onze étapes relieront Paris à Biarritz. Le réseau de carrossiers indépendants bénéficiera, tout au long de l’épreuve, d’un espace d’accueil dédié au cœur du dispositif. Une visibilité nationale pour l’enseigne, qui inscrit ce partenariat dans une stratégie de valorisation du métier.

"Le Tour Auto, c'est aussi une vitrine du savoir-faire historique des carrossiers, affirme Adeline Bourdon, présidente d'Axial. Pour nous, ce partenariat a pour objectif de réaffirmer l'attachement de notre réseau au travail de qualité. Ce sera aussi l'occasion de profiter de l'événement pour mettre nos jeunes en avant en espérant susciter de nouvelles vocations".

Vitrine du savoir-faire des carrossiers

Parcours du Tour Auto 2026

Le Tour Auto 2026 parcourra certaines des plus belles routes de France, pour la 35e fois. ©Axial

En marge de la course, Axial remettra les prix de ses Olympiades, dont le trophée de "Meilleur jeune peintre d’Axial". De futurs carrossiers-peintres, formés au sein du réseau, seront ainsi mis à l’honneur. Les adhérents bénéficieront par ailleurs d’une réception dédiée, organisée au cœur de l’événement, ainsi que de supports de communication destinés à relayer ce partenariat auprès de leurs clients.

Du côté des organisateurs de la course, on rappelle que le Tour Auto met en lumière un patrimoine roulant dont l’entretien repose largement sur l’expertise des ateliers spécialisés. Une grande partie des 240 voitures historiques engagées ont, à un moment ou à un autre, été restaurées ou entretenues par des carrossiers.

"Leur engagement en faveur de la transmission des savoir-faire et de la formation des jeunes talents s’inscrit pleinement dans l’esprit du Tour Auto incarnant un patrimoine vivant, déclare Marc Ouayoun, directeur général de Peter Auto. Ensemble, nous célébrons non seulement des voitures d’exception, mais aussi celles et ceux qui, par leur passion et leur expertise, font vivre et perdurer ce patrimoine pour les générations futures".

Formation automobile : plus de 73 000 jeunes inscrits en 2025

L’ANFA vient de publier son Autofocus annuel consacré aux effectifs et à l’insertion professionnelle dans les métiers de l’automobile. En 2025, 73 473 jeunes sont en formation dans les métiers de l’automobile. Le chiffre progresse légèrement, avec 225 jeunes de plus qu’en 2024.

L’alternance marque en revanche un tournant. En 2025, 41 202 jeunes sont formés sous contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, contre plus de 41 800 l’an dernier. Sur dix ans, les effectifs avaient quasiment doublé. Aujourd’hui, l’alternance représente toujours 56 % des jeunes en formation.

Côté mécanique, 44 684 jeunes sont en formation, 55 % suivent un cursus en alternance, soit plus de 24 500 apprentis formés aux métiers de la réparation. Les effectifs globaux progressent légèrement, mais l’alternance recule de 0,6 %. En carrosserie peinture, 16 800 jeunes sont en formation. L’apprentissage continue d’augmenter avec 9 974 alternants (+1,4 %), faisant de cette spécialité la seule filière technique encore en croissance sur ce point

Selon l’Anfa, ce ralentissement tient notamment à la baisse des aides à l’embauche intervenue en 2025. " L’alternance, qui atteint un palier, impactée sans doute par les dernières réformes, y joue un rôle clé, avec un nombre d’alternants ayant doublé en dix ans. Pour relever les défis de la branche, comme le vieillissement ou l’électrification du parc automobile, il est essentiel de fidéliser ces jeunes à chaque étape de leur parcours afin de limiter les perditions", souligne Philippe Le Gall, responsable de projet au sein de l'Observatoire.

Insertion et féminisation : des indicateurs solides

En 2024, 70 % des apprentis sortis d’une formation automobile étaient en emploi six mois après leur diplôme. L’insertion progresse avec le niveau : 59 % après un CAP, 73 % après un bac professionnel et 79 % après un BTS.

Pour les jeunes issus de la voie scolaire, la situation est plus contrastée. 40 % sont en emploi six mois après la fin de leur formation. Le taux est de 22 % après un CAP, 43 % après un bac professionnel et 67 % après un BTS. Au total, 8 023 apprentis et 2 133 lycéens se sont insérés professionnellement en 2024 dans les métiers de l’automobile.

La féminisation se poursuit également. 4 777 femmes sont en formation en 2025, soit 6,5 % des effectifs. En un an, 522 femmes supplémentaires ont rejoint les métiers de l’automobile, ce qui représente une progression de 12 %.

La vente automobile reste la spécialité la plus féminisée avec 17 % de femmes. En carrosserie peinture, leur nombre a quasi triplé en quatre ans, passant de 540 en 2021 à 1 450 en 2025.

L'électronique automobile dans l'ère circulaire

Le Reparlab de Faurecia Clarion a atteint en 2025 le cap du million de pièces réparées, vingt ans après sa création. Un chiffre qui résonne comme un symbole pour le remanufacturing électronique. Celui d’une activité longtemps cantonnée aux marges de l’aftermarket qui accède progressivement au rang de filière structurée.

Les acteurs historiques du secteur, qu’il s’agisse d’équipementiers comme Valeo ou de spécialistes indépendants comme Cotrolia ou Érépar, affichent désormais des ambitions à la hauteur des bouleversements que connaît le marché.

"Sur les trois dernières années, nous avons quasiment doublé notre activité", résume Yann Painbéni, fondateur et directeur d’Érépar. "Nous avons connu une forte croissance, avec un pic après le Covid. Les difficultés d’approvisionnement des constructeurs, y compris sur des pièces récentes, ont fortement stimulé la réparation."

Cette rupture a modifié en profondeur la physionomie du marché. Là où les réparateurs intervenaient traditionnellement sur des véhicules d’une dizaine d’années, ils sont aujourd’hui sollicités sur des modèles bien plus récents, parfois même sous garantie, faute de disponibilité de la pièce d’origine. Autre facteur favorable à l’essor de cette activité : le vieillissement du parc roulant.

"Nous intervenons sur des pièces que l’on réparait moins auparavant, tout simplement parce que les véhicules restent plus longtemps sur la route. Les centres de reconditionnement travaillent également sur des VO plus anciens qu’avant : de cinq à six ans désormais, contre deux à quatre ans", observe Yann Painbéni.

Pour le client final, les bénéfices se déclinent sur plusieurs registres. L’économie oscille entre 30 et 80 % par rapport au prix d’une pièce neuve. Les gains environnementaux impressionnent : jusqu’à 99 % de réduction de l’utilisation de ressources naturelles pour certains composants, plus de 85 % d’émissions de CO2 en moins, 90 % de déchets évités.

Une offre qui se professionnalise

La montée en puissance se lit dans les chiffres. Cotrolia franchit le cap des 4 000 références en 2025, quand Érépar dispose d’un catalogue riche de 9 000 prestations. De son côté, Reparlab propose plus de 1 500 références réparties sur 15 familles de produits.

Les volumes suivent : plusieurs dizaines de milliers de réparations annuelles affichant des taux de réussite supérieurs à 96 %. Mais au-delà des statistiques, c’est surtout la structuration de l’offre qui témoigne de la maturité croissante du secteur.

Valeo, qui remet à neuf environ un million de pièces chaque année, a fait du remanufacturing électronique l’une de ses priorités stratégiques. L’équipementier tricolore vise un doublement de ses volumes d’ici 2030. Pour y parvenir, il s’appuie notamment sur son laboratoire de Nevers (58), inauguré en 2023, qui centralise les demandes mondiales d’analyse de faisabilité.

Des quatre coins de la planète, les demandes convergent vers le Circular Electronics Lab (Valeo) de Nevers pour évaluer la faisabilité technique du remanufacturing électronique. ©Valeo

Des quatre coins de la planète, les demandes convergent vers le Circular Electronics Lab (Valeo) de Nevers pour évaluer la faisabilité technique du remanufacturing électronique. ©Valeo

"Son premier rôle, c’est un centre de recherche et développement", explique Amaury Desombre, directeur Reman-Repair de Valeo. "On va lui soumettre un grand nombre de cas. Nos clients nous posent des questions, ou bien on détecte des opportunités."

Cette approche méthodique illustre la différence fondamentale entre deux modèles qui coexistent sur le marché. D’un côté, la réparation unitaire, qui traite chaque pièce au cas par cas après diagnostic. De l’autre, le remanufacturing, qui s’appuie sur des volumes critiques pour industrialiser des process de remise à neuf intégrale.

Réparer ou remanufacturer, deux logiques complémentaires

La réparation à l’unité conserve des atouts indéniables. Flexible et réactive, elle permet de traiter une très large gamme de références sans nécessiter d’investissements lourds. Chez Cotrolia, comme chez ses confrères, le principe est simple : le professionnel réalise une demande d’intervention avec la référence de la pièce avant de renseigner le défaut et les symptômes constatés. Une proposition de devis lui est alors envoyée.

Si elle est acceptée, le produit est enlevé au garage. Cette approche "one-to-one" s’accompagne d’engagements de délais serrés : diagnostic sous 24 à 48 h, exécution dans les deux jours pour 80 % des dossiers. Quand la réparation s’avère impossible, l’échange standard prend le relais.

"Si nous ne pouvons pas réparer la pièce pour des raisons économiques ou de délais, nous proposons un transfert de données vers une pièce que nous pouvons sourcer", confirme Yann Painbéni.

Le remanufacturing répond à une autre logique. "Quand vous faites réparer un produit, vous allez juste traiter le problème pour lequel il est en défaut", souligne Amaury Desombre. "Dans notre approche du remanufacturing, l’objectif est d’atteindre une qualité globale : il ne s’agit pas seulement de corriger la panne, mais de requalifier l’ensemble du composant."

Cette exigence impose des investissements conséquents en outillage et en recherche, que seuls des volumes significatifs peuvent amortir.

Cotrolia incarne cette complémentarité des approches. L’entreprise a fondé en 2023 sa "Reman Factory", un site dédié où tous les curseurs sont poussés au maximum : sélectivité de la vieille matière, multiplication des points de contrôle, préparation esthétique, outils et bancs de tests développés en interne.

Une démarche qui capitalise sur l’expertise acquise via son activité historique de réparation, tout en visant la fiabilité de la pièce neuve sur des familles à fort volume, à commencer par les réservoirs AdBlue.

La bataille de la connaissance technique

Si le secteur progresse, c’est au prix d’efforts importants en recherche et développement. Car réparer ou remanufacturer de l’électronique automobile sans le concours des constructeurs tient du parcours du combattant.

"Les défis sont quotidiens, mais nous parvenons à les relever. […] Nous développons nos propres logiciels et bases de données pour capitaliser sur l’ensemble de ces connaissances", confie Yann Painbéni.

Cette réalité impose aux acteurs de l’électronique circulaire de développer des compétences pointues en rétro-ingénierie. Chez Cotrolia, le Cotro’Lab emploie une dizaine de personnes qui partent d’une feuille blanche pour chaque nouveau produit électronique.

Observer, analyser l’architecture interne, comprendre les principes de fonctionnement, diagnostiquer la panne, concevoir des méthodes de réparation, tester… Le processus s’étale sur deux ans avant qu’un nouveau boîtier soit maîtrisé et transféré à l’un des quatre pôles d’expertise de l’entreprise.

La réparation électronique fait un carton : volumes en hausse, délais raccourcis, taux de réussite supérieurs à 95 %. ©Erépar

La réparation électronique fait un carton : volumes en hausse, délais raccourcis, taux de réussite supérieurs à 95 %. ©Erépar

Cette bataille pour la connaissance mobilise des ressources considérables. Chez Érépar, par exemple, l’équipe compte aujourd’hui 10 techniciens. "Nos techniciens sont expérimentés et suivent également une formation interne d’un an sur nos métiers spécifiques", indique Yann Painbéni.

L’enjeu de formation est d’autant plus important que les équipements électroniques se sont diversifiés ces dernières années (calculateurs, réservoirs AdBlue, etc.), même si l’infotainment et le multimédia concentrent une part importante des volumes.

Les systèmes NAC de PSA et R-Link de Renault ont notamment connu plusieurs problèmes. "Le groupe Volkswagen ressort nettement chez nous : beaucoup de pannes liées au logiciel, bugs, blocages, écran noir, etc.", rapporte Franck Chandonnay, gérant de Socodep.

En revanche, la généralisation des Adas ne semble pas susciter d’inquiétude majeure. "Pour l’instant, nous n’avons rencontré aucun blocage technique majeur. Les constructeurs produisent à grande échelle et s’appuient sur des technologies éprouvées", constate Yann Painbéni.

Des stratégies de déploiement différenciées

Face à cette demande grandissante, les équipementiers ont pris le train en marche. Pour beaucoup d’entre eux, l’électronique circulaire est même devenue un enjeu stratégique. C’est le cas notamment de Valeo qui a fait le choix d’avancer sur le sujet avec plusieurs constructeurs, dont Stellantis et Renault.

"La principale raison pour laquelle on travaille avec eux, c’est que toutes ces solutions sont très récentes", explique Amaury Desombre. "Les occurrences de remplacement sont très importantes dans les réseaux constructeurs. Ils ont beaucoup plus de demandes. Et sur une application donnée, c’est le constructeur qui, de très loin, est le premier client."

Mais Valeo ne compte pas s’arrêter là et veut développer son offre en poursuivant ses partenariats avec d’autres marques. À terme, l’équipementier n’exclut pas de se rapprocher des acteurs de la rechange indépendante.

"On a démarré avec Stellantis, mais nous allons poursuivre cette approche avec d’autres constructeurs sur d’autres familles de produits. Nous allons progressivement constituer une gamme qui pourrait intéresser l’IAM. On est vraiment au début de l’histoire." Six nouvelles familles de produits électroniques sont d’ailleurs prévues pour 2026 par le groupe tricolore.

Du côté des acteurs indépendants, on privilégie une approche multicanale. Cotrolia met son offre à la disposition de l’ensemble des circuits de distribution et développe un réseau de garages partenaires qui génère quotidiennement une vingtaine d’appels de particuliers, soit un potentiel de 6 500 entrées atelier par an.

Afin de poursuivre sa marche en avant, Érépar travaille avec tous types de réparateurs : concessionnaires, MRA, centres autos, centres de reconditionnement, enseignes spécialisées, etc.

"Parmi nos partenaires, nous travaillons officiellement avec Silicon Glass Auto depuis un an. Le bouche-à-oreille fonctionne bien, mais nous cherchons à structurer des partenariats pour sécuriser des volumes récurrents", ajoute Yann Painbéni.

La question cruciale de la vieille matière

Si la réparation et le remanufacturing de pièces électroniques ont donc le vent en poupe, ces activités se heurtent à un problème logistique majeur : la récupération des carcasses. "Toutes nos carcasses sont issues d’une suite de remplacements", précise Amaury Desombre.

"Après avoir été diagnostiquées comme défectueuses, les cartes électroniques sont remplacées par des neuves, mais elles sont conservées pour entrer dans une logique circulaire."

Ce dernier ajoute que, contrairement à une idée répandue, les centres VHU ne constituent pas une source pertinente pour le remanufacturing électronique.

"Dans les centres VHU, 80 à 90 % des véhicules ont plus de 20 ans. Or, ces modèles embarquent peu d’électronique. Et quand ils en ont, ce n’est pas nécessairement celle que le marché recherche en volume. Pour le remanufacturing, la véritable matière première reste donc le parc circulant, pas le parc en fin de vie."

D’où l’importance pour l’équipementier tricolore de rester proche des constructeurs, qui vendent des volumes significatifs de pièces et peuvent organiser efficacement le flux retour. Cette contrainte explique aussi pourquoi Valeo privilégie une approche régionale.

"Le remanufacturing s’organise à l’échelle régionale : on rénove en Europe pour l’Europe, en Amérique du Nord pour l’Amérique du Nord, etc. Le franchissement des frontières est évité, car la double logistique constitue un véritable frein. À cela s’ajoutent des contraintes douanières complexes sur les matières usagées, ainsi que des impératifs de rapidité et de limitation de l’immobilisation des carcasses."

L’électronique, talon d’Achille des garages ?

Au-delà des obstacles techniques, les mentalités dans les ateliers constituent un frein persistant pour cette filière.

"L’électronique reste encore un sujet d’appréhension pour une partie des garages", constate Amaury Desombre. "Ils n’aiment pas trop ça, il faut être honnête. Ce sont des professionnels qui restent plus à l’aise sur la mécanique et l’électrique, moins sur l’électronique."

Pour soutenir les ateliers dans cette indispensable montée en compétences, Valeo s’appuie sur sa Tech Academy, son programme de formation digital dédié aux solutions d’entretien et de réparation des technologies actuelles. Malgré ces réticences, les mentalités évoluent et l’économie circulaire gagne progressivement du terrain.

"Favorisée par le vieillissement du parc, cette démarche a débuté chez les MRA et se généralise actuellement dans les enseignes de centres autos et les réseaux constructeurs, qui cherchent à reconquérir en après-vente les clients VO et les véhicules sortis de la période de garantie", observe Samuel Tschannen, directeur commercial de Cotrolia.

Pour accompagner ce mouvement, Cotrolia a d’ailleurs constitué un réseau de garages partenaires, recensant plus de 1 500 adresses sur le territoire, se positionnant ainsi comme un apporteur d’affaires pour les ateliers.

"Cette démarche est très bien accueillie, et elle les sensibilise à l’appétence du marché pour la réparation électronique et à son potentiel encore largement sous-exploité. Il y a là une vertu pédagogique indiscutable pour faire bouger les lignes et faire avancer l’économie circulaire dans l’aftermarket."

Une électrification sans menace

Cet accompagnement est d’autant plus crucial que l’électrification du parc suscite des interrogations légitimes sur la réparation électronique. Mais les acteurs du marché se montrent confiants.

"Pour notre domaine d’intervention, la technologie de ces organes ne présente pas de complexité technique ou de fiabilité supérieures à celles des organes thermiques, ce qui ne devrait pas affecter l’avenir de notre métier", affirme le directeur commercial de Cotrolia.

Si le remanufacturing des pièces électroniques se développe dans l’automobile, l’activité se heurte encore à des obstacles structurels. ©AdobeStock

Si le remanufacturing des pièces électroniques se développe dans l’automobile, l’activité se heurte encore à des obstacles structurels. ©AdobeStock

Du côté d’Érépar, on rappelle qu’un véhicule électrique reste composé de nombreux équipements classiques déjà présents sur les modèles thermiques : ABS, multimédia, calculateurs, etc. L’électronique de puissance, essentielle au fonctionnement des véhicules électrifiés, constitue un chapitre à part. "On parle de l’électronique des onduleurs, des chargeurs embarqués, des moteurs, des convertisseurs…", précise Amaury Desombre.

Et ces équipements sont voués à se développer fortement dans les prochaines années, jusqu’à représenter une part significative du coût global du groupe motopropulseur des véhicules électriques. Raison pour laquelle Valeo veut anticiper les futurs besoins en aftermarket en s’appuyant sur ses deux sites industriels de Czechowice, en Pologne, et de Veszprém, en Hongrie.

"Il y a de plus en plus d’électronique dans les véhicules. Et nous, si on tire le trait, on se dit que les fonctions électroniques seront appelées à doubler dans cinq ans", estime le directeur Reman-Repair. "L’électronique devient à la fois plus complexe et plus intégrée, avec un contenu technologique croissant et des fonctions toujours plus nombreuses."

En parallèle, les progrès en matière de fiabilité permettent d’espérer une activité en croissance modérée, mais durable. Pas de boom spectaculaire, donc, mais une progression constante qui ouvre de solides perspectives pour les années à venir.

L'émission du Journal de la Rechange et de la Réparation - Carrosserie : la performance toujours plus connectée

L'atelier de carrosserie poursuit sa mutation profonde, dans laquelle la technologie devient moteur d'une performance durable. Entre interconnectivité des outils de réparation / de gestion et premières formes d'automatisation, la profession réinvente ses pratiques quotidiennes. Objectif : transformer ses contraintes technologiques, commerciales et environnementales en leviers de compétitivité. Cette révolution silencieuse améliore simultanément la rentabilité et la précision technique. Jusqu’où l’atelier de carrosserie peut-il – et doit-il – se réinventer ?

Découvrez l'émission présentée par Mohamed Aredjal, rédacteur en chef du Journal de la Rechange et de la Réparation, à laquelle prendront part des experts du secteur :

R-M digitalise le contrôle des teintes métallisées et nacrées

Dans les carrosseries, les peintres utilisateurs de la marque R-M bénéficient d'un nouveau système pour reproduire les teintes les plus complexes. La filiale de BASF met à leur disposition Image+, une nouvelle application intégrée à sa boîte à outils numérique Refinity.

L’outil s’appuie sur les clichés réalisés par le spectrophotomètre au moment des mesures colorimétriques, généralement effectuées à la réception du véhicule. Jusqu’à présent, l’identification d’une formule reposait principalement sur l’analyse des courbes spectrales et sur l’algorithme associé à la base de données. Image+ ajoute une dimension visuelle destinée à affiner le choix final.

Quand l’image complète l’algorithme

"Image+ ne remplace pas l’algorithme ni l’analyse des courbes : c’est une aide visuelle complémentaire qui permet au peintre de confirmer rapidement qu’il choisit la bonne variante", expose Carole Palfray, responsable technique de BASF pour l'Europe de l'Ouest.

Concrètement, l’application compare les photos issues de la caméra intégrée au spectrophotomètre avec des prises de vue réelles de plaques test enregistrées dans les bases de données de R-M. Ces images correspondent à des échantillons physiques effectivement réalisés, et non à des rendus générés artificiellement.

Le peintre accède ainsi à des visuels comparatifs du rendu sous différents angles et conditions d’éclairage, y compris avec une simulation de légère courbure de la plaque. L’outil met en évidence les effets liés à la nature, à la taille et à la répartition des pigments : des paramètres déterminants pour les peintures à effet contenant des particules d’aluminium ou de nacre.

Aide au choix du peintre

Dans la pratique, les mesures issues du spectrophotomètre, croisées avec la base de données, proposent une formule assortie d’un pourcentage de correspondance. Mais pour certaines teintes complexes, plusieurs variantes peuvent afficher des niveaux de correspondance très proches.

C’est précisément dans ces situations qu’Image+ prend tout son sens. En visualisant les différences de structure ou d’éclat avant application, le peintre peut écarter plus rapidement les formules dont le rendu risquerait de s’éloigner de la teinte d’origine. L’objectif : limiter les essais, sécuriser le choix et réduire les reprises.

Ce même outil indique aussi au technicien si des défauts existent dans la zone mesurée. En effet, rayures, impacts et altérations peuvent fausser le résultat. Il est alors nécessaire de renouveler les mesures…

"En combinant algorithme, courbes et visualisation des pigments, nous donnons aux carrossiers un outil plus simple, plus rapide et plus fiable pour valider leur choix et atteindre le bon du premier coup", résume Carole Palfray. Les carrossiers gagnent ainsi du temps, réduisent les reprises, limitent la consommation de produit et améliorent leur productivité.

Flauraud : Steven Jouve aux commandes de la direction commerciale et marketing

Flauraud précise la composition de son nouvel état-major. Après la nomination, en janvier dernier, de son directeur général Cédric Khun, le distributeur annonce l’arrivée de son nouveau directeur commercial et marketing. Il s’agit de Steven Jouve, ancien cadre d’Alliance Automotive Group. L’intéressé a officialisé sa prise de fonctions le 25 février sur LinkedIn.

"J’ai le plaisir de rejoindre Flauraud, entreprise basée à Clermont-Ferrand, rayonnant sur de nombreux départements grâce à son réseau d’agences et sa plateforme nationale. […] C’est pour moi m’inscrire dans un challenge d’envergure : renforcer une entreprise historique sur son territoire ; contribuer à une feuille de route stratégique ambitieuse (croissance, rentabilité, qualité de service) ; participer activement à sa dynamique de transformation", annonce-t-il.

Plus de 20 ans d’expérience au service de la distribution

Steven Jouve rejoint Flauraud fort d’une vingtaine d’années d’expérience dans l’après-vente automobile. Il débute sa carrière chez Euromaster en 2000, avant de rejoindre First Stop Métifiot quatre ans plus tard, où il pilote pendant cinq ans une zone regroupant 26 centres.

Il poursuit ensuite son parcours au sein du groupe Laurent, de 2012 à 2016, où il consolide son expertise de la rechange indépendante. Il y occupe successivement un poste de directeur régional, à la tête d’une vingtaine de centres, puis celui de directeur commercial du réseau d’adhérents.

La dernière étape de son parcours se déroule chez Alliance Automotive Group France. Entre 2018 et 2023, il y exerce les fonctions de directeur régional, supervisant 60 centres et 650 salariés. Il accède ensuite à la direction des opérations filiales, avant d’être nommé directeur commercial et opérationnel en janvier 2024.

Un nouveau chapitre pour Flauraud

Cette nomination intervient dans un contexte de repositionnement pour Flauraud. Depuis le rachat par FairCap au 1er janvier 2026, l'entreprise dispose d'un nouvel actionnaire spécialisé dans la transformation d'entreprises de taille intermédiaire.

La nouvelle gouvernance a une mission clairement définie : stabiliser le groupe, clarifier le projet d'entreprise et renouer avec une dynamique de croissance. FairCap a d'ailleurs annoncé en février l’ouverture de son bureau à Paris. Il sera dirigé par Cédric Khun et Pierre-Yves Guegan, chargé d'apporter "son expertise en exécution transactionnelle, création de valeur opérationnelle et initiatives axées sur les ESG".

Carform se déploie auprès des flottes et vise l'international

Conçue en 2020 au sein des carrosseries CDA pour coordonner les différents postes de réparation et administratifs en remplaçant les processus papier, la plateforme de pilotage des activités après-vente Carform franchit une nouvelle étape stratégique en s’adressant aux grands comptes. Après un an de déploiement dans un grand groupe international, l’éditeur capitalise sur ce retour d’expérience pour structurer son offre flotte et en accélérer la commercialisation.

"Depuis notre création, nous accompagnons les acteurs de l’après-vente dans la structuration de leurs processus, résume Marc Giordanengo, cofondateur et directeur général de Carform. Nous mettons aujourd’hui cette expertise au service des gestionnaires de flotte afin de répondre aux enjeux de traçabilité des opérations de maintenance et de réparation, de centralisation des décisions et de maîtrise des immobilisations des véhicules". L’objectif est clair : améliorer la disponibilité des véhicules tout en optimisant les coûts de détention.

Gestion des opérations en temps réel

C’est en Espagne que cette diversification a pris forme. Le groupe mentionné plus haut a d'abord adopté Carform pour piloter l’activité de son importante carrosserie internalisée, installée près de Madrid. "Puis il a exprimé le besoin d’étendre la solution à la gestion de sa flotte", explique Franck Giordanengo, cofondateur de Carform. Un module spécifique a alors été développé, intégrant de nouvelles fonctionnalités adaptées aux exigences d’un gestionnaire de parc. Cette brique dédiée pourrait prochainement être déployée dans d’autres filiales du groupe.

Accessible en mode SaaS (à partir d'un serveur distant), la plateforme permet de suivre avec précision l’ensemble du flux de réparation et de maintenance. Elle offre au gestionnaire – qu’il soit responsable d’atelier ou de flotte – tous les détails du flux de réparation des véhicules. L’outil s’interface avec les DMS et les solutions de chiffrage afin de centraliser les données au sein d’un environnement unique.

Concrètement, le gestionnaire de flotte dispose d’une visibilité en temps réel sur l’état opérationnel de ses véhicules. Il peut valider les opérations d’entretien ou de réparation, suivre leur avancement et accéder à des indicateurs consolidés pour piloter ses coûts. La centralisation des informations facilite la prise de décision et réduit les délais de traitement.

Déjà adopté par des concessionnaires et carrossiers indépendants

La performance du dispositif est renforcée lorsque les réparateurs travaillant pour la flotte utilisent également Carform. Conçue à l’origine pour les carrossiers, la solution structure la réception des ordres d’intervention, la planification des travaux et le suivi des différentes étapes de réparation. Les ateliers valident les opérations directement dans l’interface, en s’appuyant sur les données partagées avec le donneur d’ordres.

Rappelons que la plateforme, après son développement dans la carrosserie multisite familiale, a progressivement séduit d’autres acteurs. Depuis 2024, Volkswagen Group figure parmi ses utilisateurs. L’année suivante, le réseau de carrossiers Autoneo l’a adopté afin de le proposer à ses adhérents. À ce jour, Carform équipe plus de 250 sites français de réparation (de carrosserie et mécanique), ainsi que des centres de reconditionnement VO.

À l’international, le développement s’est d’abord amorcé en Espagne avant de s’étendre, notamment via des partenariats, à d’autres marchés européens. La solution est aujourd’hui exploitée en Italie, en Suisse et au Royaume-Uni. Un déploiement au Benelux est également en préparation.

Feu Vert officiellement sous pavillon Bassac

En décembre dernier, le J2R évoquait déjà l’intérêt de Bassac pour Feu Vert. Deux mois plus tard, l’affaire est bouclée. Le groupe familial détient désormais la totalité du capital de l’enseigne. L’opération a été finalisée après la levée des conditions suspensives et l’obtention des autorisations réglementaires. Feu Vert appartenait depuis 2016 au fonds d'investissement  Alpha Private Equity.

"La finalisation de cette opération marque une étape importante pour Feu Vert. Nous poursuivons notre développement avec exigence et engagement au service de nos clients, de nos partenaires et de nos équipes", souligne Thierry Sinquin, président-directeur général du groupe Feu Vert. Précisons que la gouvernance demeure inchangée et que l’équipe dirigeante a été maintenue à ses fonctions.

Un poids lourd de la rechange

Ce rachat n'a rien d'anecdotique. Créée en 1972, l'enseigne au chat blanc exploite 466 centres auto en Europe, en propre et en franchise, en France, en Espagne, au Portugal et en master-franchise au Maroc. Sur l’exercice 2024-2025, le groupe a réalisé 663 millions d’euros de chiffre d’affaires. Sous enseigne, en incluant les centres intégrés et franchisés, le volume atteint 935 millions d’euros.

En France, le réseau compte 350 centres, dont 167 succursales et 183 franchises. L’enseigne emploie 6 200 collaborateurs en Europe et revendique la deuxième place en nombre de points de vente parmi les réseaux de centres autos.

PHE reprend la main sur le sourcing de ses équipements d'ateliers

Parts Holding Europe poursuit sa stratégie de croissance externe en Espagne avec une nouvelle opération. Le groupe a annoncé être entré, via sa filiale Autodistribution, en négociations exclusives en vue de l'acquisition de la société Suministros Dama.

Fondée en 2011 à Murcie, dans le Sud-Est espagnol, l’entreprise s’est spécialisée dans le négoce d’équipements d’ateliers (ponts élévateurs, démonte‑pneus, équilibreuses, etc.). Elle collabore depuis 2014 avec les filiales de PHE dans le cadre d’activités de sourcing et de commercialisation de produits sous marques de distribution (MDD). Son chiffre d’affaires s’est élevé en 2025 à 27,5 millions d’euros pour un effectif de 54 collaborateurs.

PHE veut consolider sa chaîne d'approvisionnement

Pour PHE, cette intégration répond à un enjeu stratégique majeur : contrôler davantage l'amont de sa supply chain pour accélérer le développement commercial de sa gamme d’équipements Isotech.

"Ce projet de prise de participation majoritaire dans Suministros Dama est une étape clé dans notre maîtrise du sourcing. […] Ensemble, nous pourrons explorer de nouvelles pistes et développer nos marques propres sur des segments produits ciblés et sur de nouvelles zones de chalandise", confirme Christophe Boutemy, directeur général des achats et de la supply.

À noter que Suministros Dama conservera son gérant, David Lopez, pour assurer la continuité managériale et stratégique de l’entreprise. "Nous allons nous professionnaliser et accélérer notre développement en proposant de nouveaux produits et de nouveaux services", annonce le dirigeant.

Mann+Hummel : Matthias Heu nommé chef des ventes IAM France

Chez Mann+Hummel, la continuité prévaut. Le spécialiste de la filtration vient d’annoncer la nomination de Matthias Heu au poste de chef des ventes IAM France. Présent dans le groupe depuis huit ans, ce dernier cumule plus de 15 années d’expérience dans l’après-vente.

"Cette évolution représente pour moi une formidable opportunité de contribuer encore davantage au développement du groupe en France. Plus motivé que jamais, je suis déterminé à déployer pleinement notre stratégie commerciale tournée vers la satisfaction et la réussite de nos clients. Mon ambition est claire : impulser une dynamique forte et soutenir la croissance de la marque sur le marché français", annonce le nouveau responsable commercial.

Dans les équipes françaises de l’équipementier allemand, Matthias Heu occupait depuis 2017 le poste de responsable de secteur. Avant de rejoindre Mann+Hummel, il a œuvré pour plusieurs distributeurs, notamment au sein du réseau Autodistribution.

Cette nomination intervient alors que Mann+Hummel entend conforter sa position sur le marché de la rechange indépendante, tant VL que PL, en s’appuyant sur une organisation commerciale structurée et proche du terrain.

"Je suis ravi d’avoir Matthias Heu au sein de notre organisation. Son expertise du marché VL et PL, son sens aigu de l’écoute client et sa capacité naturelle à fédérer les équipes seront des atouts déterminants pour soutenir nos ambitions 2026-2030", souligne Philippe Astier, directeur IAM France et Benelux de Mann+Hummel.

Pourquoi la baisse des entrées ne plombe pas (encore) les ateliers

Le baromètre Mobilians-Solware 2025 confirme la résilience des ateliers de réparation. Réalisée auprès d’un panel de 1 164 établissements, l’étude fait état d’une progression de 0,8 % de leur chiffre d’affaires sur l’année, contre 0,6 % lors du précédent bilan datant de novembre 2025. Surtout, elle confirme une évolution désormais bien identifiée au sein de la réparation : les entrées en atelier reculent, mais la valorisation des interventions permet de maintenir la croissance.

La main-d’œuvre compense le recul des entrées

Les 796 ateliers de mécanique du panel ont enregistré un chiffre d’affaires de 679,5 millions d’euros. Les ventes de pièces affichent un léger retrait (-0,5 %, à 464 millions d'euros), tandis que la main-d’œuvre progresse de 2,6 %, atteignant 210,8 millions d'euros.

Le même phénomène est à l'œuvre concernant la fréquentation. Alors que la moyenne hebdomadaire d'entrée des véhicules en atelier recule de 41,7 à 40,8 (-2,2 %), le panier moyen des clients grimpe de 2,7 %, passant de 392,2 euros à 402,6 euros. 

Du côté des carrossiers, le bilan est assez similaire. L'ensemble des 368 ateliers recensés a réalisé un CA annuel de 130,8 millions d'euros. Les recettes liées aux ventes de pièces bondissent de 2,7 % et atteignent désormais 76,3 millions d'euros (contre 74,3 millions d'euros). Même chose concernant la main d'œuvre qui augmente de 2,3 % (44,8 millions d'euros, soit un million de plus qu'en 2024).

Le panier moyen maintient la croissance

Comme pour la mécanique, les entrées en atelier reculent (-1,8 %, avec 4,0 véhicules par semaine contre 4,1 en 2024) tandis que le panier moyen bondit pour atteindre désormais les 1 700 euros (1 704,6 euros), soit une progression de 4,3 %. 

La hausse du panier moyen apparaît donc comme le principal facteur du maintien de l’activité. Reste une interrogation de fond : cette montée en valeur pourra-t-elle durablement absorber l'érosion des volumes ? Pour les ateliers, la performance ne semble plus reposer sur le nombre d’entrées, mais sur leur capacité à générer davantage de valeur par intervention.

Certification Sermi : pourquoi les garages ne suivent pas

Voilà plus d’un an que la certification Sermi est entrée en vigueur dans l’Hexagone. Ce dispositif, destiné à sécuriser les réparations tout en garantissant une égalité de traitement entre réseaux constructeurs et professionnels indépendants, peine pourtant à convaincre.

La Fiev dresse un constat alarmant : le nombre de réparateurs multimarques certifiés est aujourd’hui marginal. Conséquence directe, certaines opérations de diagnostic et de maintenance sont bloquées. Les automobilistes se retrouvent contraints de se tourner vers des concessionnaires. Les professionnels indépendants, eux, voient leur périmètre d'intervention se rétrécir jour après jour.

Comment expliquer ce décalage entre les attentes réglementaires et la mobilisation des intéressés ? La fédération des équipementiers invoque plusieurs raisons, que nous avions déjà pointées fin 2024 : "L'introduction du Sermi s'est faite sans préparation suffisante des professionnels : communication tardive ou incomplète, absence d'accompagnement adapté pour les réparateurs candidats à la certification, complexité administrative excessive, coûts et délais d'audit dissuasifs".

Un cadre réglementaire trop flou

Au-delà des obstacles administratifs et financiers, la Fiev met en relief un problème plus préoccupant : personne ne sait vraiment où s'arrête le périmètre du Sermi. Renault, BMW, Kia, Audi… chaque constructeur applique sa propre interprétation de la réglementation. Des opérations sans lien apparent avec la sécurité du véhicule se retrouvent soumises à certification. D'autres, qui semblent comparables, y échappent selon la marque.

Cette confusion génère une insécurité juridique préjudiciable aux réparateurs. Elle produit aussi un déséquilibre concurrentiel : tandis que les réseaux constructeurs maintiennent un plein accès aux données, les indépendants voient leur champ d'action se restreindre. Jacques de Leissègues, président de DAF Conseil, l'exprimait ainsi dans nos colonnes : "Autant la démarche est vertueuse, autant on a le sentiment que la réglementation n'est pas allée au bout".

Sermi : la Fiev réclame des correctifs rapides

Face à cette situation, la Fiev appelle à des ajustements rapides. Elle préconise quatre mesures : transparence sur le réel déploiement en France, clarification harmonisée des opérations concernées, mesures transitoires pragmatiques et accompagnement renforcé des postulants.

Selon Clément Perrin, président du Groupe des industries et équipements de garage (Gieg) de la Fiev, les principaux fabricants d’outils de diagnostic intègrent déjà, en lien avec les constructeurs, la gestion de l’inscription et de l’authentification des techniciens dans le cadre du déverrouillage des passerelles de sécurité. "La mise en place d’un nouveau niveau de certification pourrait ainsi s’appuyer sur ce dispositif existant, afin de consolider une identité numérique reconnue et de sécuriser durablement les interventions", estime-t-il.

Sans ces ajustements, la fédération estime que le Sermi pourrait produire l’effet inverse de l’objectif affiché : restreindre la liberté de choix des automobilistes et fragiliser la compétitivité des réparateurs indépendants.

Nexus Automotive établit son premier hub en Inde

Quelques mois après la nomination de G. Srinivasa Raghavan à la tête de Nexus Automotive International, le groupe concrétise ses ambitions en Inde avec la création d’une structure nationale. Cette nouvelle entité a pour ambition de créer un véritable écosystème collaboratif de la rechange, aligné sur les standards mondiaux de l’ITG tout en respectant les spécificités du marché local.

"Connecter le marché indien de la rechange au monde offre une opportunité considérable aux fabricants mondiaux de participer à l'un des marchés les plus dynamiques du monde, et réciproquement pour les producteurs indiens d'intégrer les chaînes d'approvisionnement mondiales", souligne G. Srinivasa Raghavan.

De son côté Gaël Escribe, président-directeur général de Nexus, précise que cette implantation en Inde "marque une étape importante consolidant les relations de longue date avec TVS et reflète [leurs] ambitions partagées et [leur] alignement stratégique solide".

Nexus à l’assaut d’un marché indien en pleine expansion

Nexus Automotive India reposera sur TVS (dont G. Srinivasa Raghavan est le directeur général), géant local de la distribution de pièces de rechange, qui jouera le rôle de partenaire d'équité stratégique, aux côtés de huit autres acteurs majeurs : Smart Parts Exports, Maya Trading Corporation, Poomkudy Agencies, Recauto India, United Motors, BKS Motors, Daulat Motor Company et Surya Sales Corporation. Cette diversité garantira une meilleure représentation de la pluralité du marché indien.

Nexus Automotive India entend jouer sur plusieurs tableaux simultanément. D'abord, intégrer les fournisseurs locaux et favoriser leur développement international en les connectant au réseau Nexus qui s'étend dans 146 pays avec plus de 605 adhérents. Ensuite, capter une part significative d'un marché en plein essor, en mettant en relation les équipementiers mondiaux avec la clientèle indienne.

Avec une population dépassant 1,4 milliard d'habitants et un parc automobile en croissance constante, le sous-continent asiatique constitue l'un des moteurs de l’aftermarket mondial. Le secteur y génère un chiffre d'affaires dépassant les 10 milliards d'euros.

Movalib franchit un cap pour viser les réseaux et groupements

Un garage breton au bord de la fermeture qui réembauche cinq mois plus tard. Un autre qui découvre, bilan comptable à l'appui, l'ampleur des progrès réalisés. Ces témoignages, Ludovic Rigot affirme les multiplier ces derniers mois. Pour le fondateur de Movalib, ils valident la trajectoire adoptée depuis le lancement de sa plateforme, en 2023.

L'année 2025 a marqué un tournant pour l'éditeur de logiciels. Le nombre de clients a été multiplié par trois. En fin d’exercice, plus de 120 000 rendez-vous avaient été gérés via la solution. Chez les usagers de la solution, la hausse moyenne d'activité atteint en moyenne près de 13 %, confie Ludovic Rigot.

Surtout, Movalib séduit de nouveaux utilisateurs. Capable d'équiper au départ de petites structures indépendantes, l'outil accompagne désormais des ateliers comptant jusqu'à dix mécaniciens.

Une vision qui séduit malgré un déficit de notoriété

Cette montée en puissance repose sur un parti pris assumé : aider le garage, point final. "Ça peut paraître surprenant, parce que certaines marques, enseignes ou réseaux développent aussi des outils qui peuvent sembler ressemblants, notamment par l’usage d’un planning d’atelier. Mais leur objectif est plutôt d'aller chercher de la commission, de vendre de la pièce, ou de capter de la facturation", explique Ludovic Rigot.

Chez Movalib, on veut embarquer "tout l'univers" du professionnel, là où d'autres se cantonnent à une brique fonctionnelle. Cette approche génère une forte adhésion sur le terrain. Reste à développer la notoriété de la plateforme, qui demeure un frein face aux acteurs historiques du marché. "On nous demande encore de « montrer patte blanche », alors que les résultats sont là", reconnaît le dirigeant.

D'où la nécessité d'entrer dans une phase d'accélération. Sur le plan technique, la solution continue d'évoluer pour mieux s'intégrer aux outils existants : plateformes de commande de pièces (Vroomly, Autodoc, etc.), logiciels de facturation, etc. Objectif : cohabiter avec les fournisseurs historiques du garage, sans imposer de rupture brutale dans les habitudes.

"Je reste fidèle à cette vision : il ne s'agit pas de casser ce qui existe, mais de mieux l'utiliser, de l'exploiter davantage", insiste le fondateur.

Des partenariats structurants

Trois accords majeurs ont ponctué l'année écoulée. Le premier, noué avec Mister-Auto et annoncé lors d'Equip Auto, constitue un jalon symbolique. "C'est un marqueur : aujourd'hui, on est armés pour accompagner des réseaux et des marques. Si demain, on doit déployer pour 10, 100 ou 1 000 clients, on sait le faire", affirme Ludovic Rigot.

Le deuxième accord concerne RestorFX, spécialiste de la rénovation de carrosserie sans peinture. Movalib accompagne désormais le développement du réseau et son activité en créant de la récurrence et en améliorant la performance globale.

Enfin, la plateforme a été retenue par Agiless, réseau de garages solidaires. "Ça nous tenait à cœur : c'est un projet qui a du sens", commente le gérant de la start-up. L'adaptation de la solution à des équipes en insertion, avec des contraintes spécifiques, a nécessité une écoute approfondie des pratiques et des besoins. Le déploiement se fera progressivement, au rythme de l'intégration des centres.

Movalib met le cap sur les groupements et concessionnaires

Pour les mois à venir, Ludovic Rigot affiche clairement ses priorités : continuer de renforcer l'équipe pour garantir la stabilité du suivi, de la formation et du service client. "La croissance, c'est la stabilité du produit, mais aussi la stabilité du suivi", rappelle-t-il.

Un déménagement est également prévu puisque l'entreprise quittera son siège historique de La Madeleine (59) pour s'installer à Villeneuve-d'Ascq, dans des locaux plus spacieux et proches d'un environnement "terrain", entouré de garages.

Côté financement, une future levée de fonds pourrait être envisagée, sans que rien ne soit acté. L'objectif serait de soutenir une croissance durable, dans un contexte économique jugé fragile. "La course à la croissance peut précipiter la chute. Donc si on finance, ce sera pour sécuriser une croissance pérenne, pas « lever pour lever »", prévient Ludovic Rigot.

Reste l'ambition majeure : aller chercher les groupements et les réseaux de concessions. "On a désormais tout ce qu'il faut dans le produit : rien ne nous empêche de voir beaucoup plus grand", assure le fondateur. Cette nouvelle étape ne se fera pas dans la précipitation. "Les bases sont posées", assure le dirigeant.

Après une année 2025 sous pression, les grandes manœuvres commencent pour GPC et LKQ

La rechange automobile mondiale a traversé une année 2025 difficile. GPC (Genuine Parts Company) et LKQ, qui figurent parmi les leaders du secteur, l'ont tous deux reconnu au moment de présenter leurs résultats annuels, à deux jours d'intervalle.

Si les situations diffèrent par l'ampleur et la nature des difficultés rencontrées, un fil rouge relie leurs bilans : une pression sur les marges qui a conduit les deux géants de la pièce à engager des transformations structurelles pour remettre les compteurs à zéro.

Des résultats en deçà des attentes

Avec un chiffre d'affaires annuel de 24,3 milliards de dollars (+3,5 % sur un an), GPC affiche une croissance rassurante à première lecture. Mais la réalité est plus nuancée : portée en grande partie par les acquisitions et un effet de change favorable, cette hausse masque une dynamique organique poussive. Sur le quatrième trimestre, les ventes ont certes progressé de 4,2 % à 6 milliards de dollars environ, mais le bénéfice ajusté par action s'est contracté à 1,55 dollar contre 1,61 dollar un an plus tôt.

Les chiffres de la division "International Automotive", qui regroupe les activités européennes et australasiennes, illustrent ce paradoxe : le CA affiche une croissance de 6,4 %, mais celle-ci est portée par un effet de change favorable (+5,1 %) et de récentes acquisitions (+2,2 %). En réalité, les ventes comparables ont reculé de 0,9 % sur cette période...

Côté Ebitda, la progression globale sur l'ensemble de l'exercice (+0,5 %) masque des réalités très contrastées : l'industrie (+4 %) tire les résultats vers le haut, tandis que l'activité automobile en Amérique du Nord (-6,2 %) et à l'international (-4,2 %) sont en retrait.

La situation de LKQ est plus préoccupante encore. Le distributeur a enregistré un repli de 1,3 % de son chiffre d'affaires, à 13,7 milliards de dollars, et une baisse de 11,2 % de son bénéfice ajusté par action, revenu à 3,01 dollars. En Europe, les résultats du groupe sont également dans le rouge : le chiffre d'affaires organique y a reculé de 4,3 % sur l'année entière et de 4,8 % au seul quatrième trimestre. L'Ebitda sur l'année s'établit à 1 509 millions de dollars, soit un recul de 10,5 %.

Justin Jude, président-directeur général de LKQ, a reconnu les difficultés rencontrées sur le Vieux Continent, pointant un environnement macroéconomique défavorable. "Malgré les vents contraires […], l'équipe dirigeante européenne a adopté une position plus ferme sur la productivité pour s'assurer que la structure de coûts appropriée soit mise en place en 2026", a-t-il précisé.

GPC et LKQ : le temps des grandes manœuvres

À noter que plusieurs annonces stratégiques ont accompagné la présentation de ces chiffres. Chez GPC, la séparation des activités automobiles et industrielles est désormais actée. D'ici le premier trimestre 2027, deux sociétés indépendantes cotées verront le jour : l'une centrée sur la distribution automobile mondiale sous bannière Napa, l'autre consacrée à la distribution industrielle sous l'enseigne Motion. Pour 2026, GPC vise une croissance totale de ses ventes comprise entre 3 et 5,5 %, et un bénéfice ajusté par action de 7,50 à 8 dollars.

Chez LKQ, c'est une revue stratégique globale, initiée par le conseil d'administration le 26 janvier 2026, qui structure désormais les perspectives. Toutes les options sont sur la table pour créer de la valeur actionnariale, y compris, comme le groupe l'a déjà évoqué, une cession partielle ou totale. En parallèle, LKQ poursuit l'allègement de son portefeuille : après la vente de l'entité "Self Service" en octobre, le groupe a annoncé en décembre l'exploration d'une cession potentielle de son activité "Specialty".

Pour mieux aligner sa structure de coûts avec ses marchés prioritaires, le groupe a également approuvé un plan de restructuration. Il doit permettre de dégager plus de 50 millions d'économies annualisées dont plus de la moitié dès 2026.

Pour 2026, la direction table sur une croissance organique comprise entre -0,5 % et +1,5 % et un BPA ajusté de 2,90 à 3,20 dollars. "L'excellence opérationnelle reste notre priorité absolue, alors que nos équipes continuent à piloter la simplification et la productivité dans un environnement de demande incertain", a résumé Rick Galloway, directeur financier du groupe.

Lechler lance un apprêt écoresponsable

Le Macrofan Boost HS Filler lancé par Lechler est un apprêt acrylique à haut extrait sec qui se distingue par son engagement environnemental. Issu à 30 % de matières premières biosourcées et donc renouvelables, il affiche également une teneur réduite en composés organiques volatils (COV).

Sa composition, plus respectueuse de l'environnement et de la santé des peintres, ne fait aucun compromis sur la qualité des finitions, quel que soit le type de réparation.

Économies d'énergie et amélioration de la productivité

Conçu pour s'intégrer à la technologie Power-Tech de la marque, ce produit permet à la fois d'améliorer la productivité de l'atelier et de réduire son impact environnemental. Grâce à un séchage à l'air, il limite — voire supprime — le recours à la cabine de peinture, contribuant ainsi à diminuer sensiblement la consommation énergétique.

Le Macrofan Boost HS Filler est compatible avec les mêmes durcisseurs que le vernis Macrofan Prima UHS Clearcoat, à savoir les durcisseurs ESS et RE, eux aussi biosourcés. Selon son fabricant, sa formulation garantit des épaisseurs uniformes et des surfaces régulières, tout en offrant d'excellentes propriétés garnissantes et isolantes, sans enterrement des couches successives. Autant de caractéristiques qui facilitent la gestion des différentes étapes d'application.

Cet apprêt est disponible en blanc, gris clair et noir. En mélangeant les trois couleurs, il est possible d’obtenir toute la gamme des gris. Une opération qui optimise la couverture de la laque de finition. Le peintre peut aussi réaliser le gris identique à l’apprêt d’origine utilisé par les constructeurs. Un résultat obtenu avec un produit finalement plus polyvalent et durable que ceux déjà existant.

Autodoc parie sur l’intelligence artificielle pour ses livraisons

Avec 7,8 millions de références issues de quelque 2 700 fabricants, des boutiques en ligne actives dans 27 pays, Autodoc s'est imposé comme le leader de la vente de pièces automobiles sur le Vieux Continent. Mais pour continuer à répondre aux besoins de ses clients avec efficacité, le groupe berlinois devait franchir un cap sur le plan logistique. C'est chose faite depuis février 2026, grâce à un accord conclu avec FarEye.

Cet éditeur d’origine indienne s’est spécialisé dans la gestion des livraisons (notamment le dernier kilomètre) et la visibilité temps réel de la chaîne de transport pour des grands comptes (retail, e‑commerce, 3PL, etc.). L’entreprise compte plus de 150 clients dans 30 pays.

Homogénéiser des flux complexes à maîtriser

La plateforme de gestion des livraisons de FarEye regroupe en un seul écosystème l'attribution des transporteurs, la validation des adresses, les estimations de délai, le suivi en temps réel et la gestion des retours.

Grâce à cet accord, Autodoc entend optimiser ses acheminements transfrontaliers sur l'ensemble du territoire européen, en particulier la fiabilité des livraisons, la transparence et l'expérience client.

Le déploiement concernera les principaux sites logistiques du pure player en Allemagne, Pologne, Belgique et République tchèque, auxquels s'ajoutera prochainement une implantation au Royaume-Uni.

"Le marché de l'après-vente automobile évolue plus vite que jamais et, avec lui, les attentes des clients augmentent", rappelle Sebastian Bleser, vice-président de la chaîne logistique chez Autodoc. "Compte tenu de notre présence sans cesse croissante en Europe, nous investissons dans le type d'infrastructure numérique dont le secteur a besoin aujourd'hui : connectée, intelligente et évolutive."

Un nouveau standard dans l’industrie de la pièce automobile

Au-delà des gains immédiats attendus — meilleur respect des accords de niveau de service (SLA), élargissement des options de livraison, homogénéisation de l'expérience client —, c'est une vision à plus long terme que visent les deux partenaires.

"L'industrie européenne des pièces détachées automobiles se trouve à la croisée des chemins entre les attentes croissantes des clients, la complexité des mouvements transfrontaliers et un paysage automobile de plus en plus diversifié, comprenant les moteurs à combustion interne, les véhicules électriques et les flottes commerciales", analyse Gautam Kumar, cofondateur et directeur de l'exploitation de FarEye.

Grâce à ses services, l’entreprise indienne estime pouvoir aider le géant de l’e-commerce à créer une "nouvelle norme dans l'industrie" avec un écosystème de livraison connecté et évolutif, reposant sur les données.

Sinnek dévoile sa plateforme de fidélité

KS Tools France devient filiale du groupe

Jusqu’ici indépendante, la filiale KS Tools France rejoint désormais pleinement le giron du groupe allemand. Une intégration en apparence discrète, mais dont les effets se feront sentir à tous les échelons de la chaîne, de la logistique aux linéaires des distributeurs.

Une organisation resserrée pour mieux peser

Concrètement, cette opération doit permettre au fabricant d’outillages de rationaliser la gestion des flux et des stocks à l'échelle européenne, de mutualiser ses ressources techniques et de renforcer ses capacités d'investissement.

Pour les clients et partenaires français, la promesse est claire : une organisation plus lisible et des délais mieux maîtrisés. De plus, l’offre est appelée à s'enrichir, sans pour autant sacrifier la proximité commerciale qui constitue l'une des marques de fabrique de l'équipe tricolore.

De nouvelles marques dans le viseur

La nouvelle architecture du groupe ouvre donc la voie à des lancements que KS Tools France n'aurait pas pu porter seul avec la même rapidité. La marque Competition a ainsi fait son entrée sur le marché hexagonal en janvier 2026, tandis que Brilliant Tools doit faire son retour au printemps. Deux références susceptibles d'élargir sensiblement le portefeuille proposé aux ateliers et aux revendeurs.

Derrière cette réorganisation, il y a aussi une réalité chiffrée : le groupe KS Tools a bouclé l'exercice 2025 à plus de 150 millions d'euros de chiffre d'affaires et ne cache pas ses ambitions pour les années à venir.

La filialisation de sa branche française s'inscrit dans cette logique de consolidation, avec l'idée de bâtir une structure capable d'accompagner dans la durée les exigences des professionnels de l’automobile.

Les émissions du J2R - Carrosserie : la performance toujours plus connectée

Le modèle traditionnel de la carrosserie évolue. Les volumes de sinistres reculent, tandis que la complexité des réparations progresse avec l’essor des Adas et des véhicules électrifiés. Dans le même temps, les attentes des assureurs et des clients se renforcent, notamment sur les délais, la transparence et l’empreinte environnementale. Dans ce contexte, la modernisation des ateliers ne relève plus d’un choix stratégique, mais d’une nécessité opérationnelle.

C’est à cette mutation que Le Journal de la Rechange et de la Réparation consacrera sa prochaine émission, diffusée en ligne le jeudi 26 février à 10h30. Autour de la table, trois intervenants partageront leur analyse et leurs retours d’expérience : Farid Lubina, directeur national des ventes Automotive Refinish Coatings Solutions de BASF France, Franck Giordanengo, dirigeant de CDA Carrosserie et cofondateur de la plateforme Carform.io, et Geoffroy Fontaine, directeur commercial France de Solera.

Un modèle sous pression

La première partie de l’émission dressera un état des lieux sans détour. Comment piloter un atelier lorsque les charges augmentent et que les marges se tendent ? Où se situent les pertes de productivité dans des structures encore peu digitalisées ? Et à quel moment le besoin d’un nouvel outil ou d’une nouvelle organisation s’impose-t-il ?

Dirigeant de plusieurs sites en région parisienne, Franck Giordanengo reviendra sur les contraintes concrètes rencontrées par les réparateurs. De son côté, Geoffroy Fontaine analysera l’évolution du chiffrage et du pilotage des dossiers, tandis que Farid Lubina apportera un éclairage sur les process peinture et les marges de progression encore disponibles dans de nombreux ateliers.

La donnée au cœur de l’atelier

La deuxième séquence s’intéressera aux outils qui transforment déjà le quotidien des équipes. Pilotage en temps réel, indicateurs de performance, plateformes connectées, intégration du diagnostic Adas ou encore solutions de colorimétrie avancées : la donnée s’impose comme un levier de maîtrise.

Les échanges porteront notamment sur le "juste chiffrage", la coordination des équipes via des interfaces digitales, ainsi que sur les solutions développées par BASF avec sa plateforme Refinity. L’objectif sera de comprendre en quoi ces technologies modifient concrètement l’organisation du travail et la rentabilité des dossiers, sans dénaturer le savoir-faire des collaborateurs.

Automatisation et RSE : vers un nouvel équilibre

Enfin, dans un dernier temps, nous ouvrirons la réflexion sur l’automatisation et les enjeux environnementaux. Robots de peinture, optimisation des consommations, suivi du bilan carbone : jusqu’où l’innovation peut-elle accompagner la transition du métier ?

La discussion abordera aussi l’attractivité des ateliers et l’évolution des compétences attendues. Car derrière la technologie, c’est bien la question du modèle économique et humain de la carrosserie qui se dessine.

Cette émission sera dévoilée le jeudi 26 février à 10h30 sur la plateforme du J2R. Les professionnels souhaitant suivre les échanges peuvent d’ores et déjà s’inscrire pour accéder à sa diffusion.

Pneus : sous tension, le marché cherche son nouveau point d’équilibre

Le verdict était attendu. Après des trimestres hésitants, le bilan annuel publié par le Syndicat du Pneu (SdP), sur la base des données GfK, entérine une année 2025 en retrait pour le marché français du pneumatique.

Au total, 30,579 millions de pneus TC4 (tourisme, SUV/4x4 et camionnette) ont été écoulés en sell in, des manufacturiers vers les distributeurs, soit un recul de 4,4 % par rapport à 2024. En sell out, c’est-à-dire des revendeurs vers l’utilisateur final, les volumes atteignent 16,747 millions d’unités (-2,7 %).

Un résultat en repli, certes, mais qui s’inscrit dans une décennie marquée par les crises successives – sanitaire, économique, inflationniste – ayant profondément modifié les repères du secteur. Désormais, le marché semble évoluer dans une fourchette stabilisée comprise entre 30 et 33 millions d’unités annuelles, une sorte de nouveau régime de croisière.

Des arbitrages budgétaires qui freinent le marché

Le contexte macroéconomique pèse lourdement. Face à la hausse durable des dépenses contraintes (logement, énergie, alimentation), les ménages ajustent leurs priorités. L’automobile n’échappe pas à ces arbitrages. Entre 2016 et 2025, l’âge moyen du parc est passé de 9 ans à 11,6 ans.

Dans le même temps, le kilométrage annuel moyen a reculé de 12 800 à 11 600 kilomètres. Moins de kilomètres parcourus et des véhicules conservés plus longtemps : la mécanique du remplacement s’en trouve ralentie. Le SdP alerte d’ailleurs sur les effets de ces reports d’achat.

En prenant comme référence une durée d’usage de quatre ans et 48 000 kilomètres, un simple décalage d’un mois dans le changement des pneus représenterait mécaniquement environ 2 % de ventes en moins. Au-delà de l’impact économique, l’organisation professionnelle pointe également un enjeu de sécurité routière.

Polarisation entre premium et budget

L’exercice 2025 confirme un mouvement amorcé depuis plusieurs années : le marché se fragmente. Les marques premium totalisent 7,151 millions d’unités vendues, en baisse de 2,1 %, pour une part de marché de 50,4 %. Elles conservent leur leadership, mais leur dynamique reste contrainte.

À l’inverse, les marques budget poursuivent leur ascension. Avec trois millions de pneus écoulés (+9,6 %), elles atteignent 21,4 % de part de marché. En dix ans, leur poids a plus que doublé.

2025 marque une vraie polarisation du marché entre les marques premium et budgetrésume Régis Audugé, directeur général du Syndicat du Pneu.

Entre les deux, le segment quality décroche nettement (-15,4 %) et ne représente plus que 18,7 % du marché. Un positionnement intermédiaire qui semble peiner à convaincre. Les marques de distributeurs (MDD), de leur côté, reculent légèrement (-1,2 %) tout en maintenant une pénétration de 9,5 %.

Le toutes saisons s’impose comme référence

Autre tendance notable : la progression continue du toutes saisons. Tandis que les ventes de pneus été reculent de 10,6 % et celles des pneus hiver de 7 %, le toutes saisons affiche encore une croissance à deux chiffres. Il représente désormais 42 % des volumes totaux, contre 49 % pour l’été et 9 % pour l’hiver.

"Le toutes saisons est devenu le nouveau standard du marché. Sa progression est forte et régulière ; il finira par devenir majoritaire", estime Régis Audugé. Sa praticité – absence de permutation saisonnière – explique en partie son succès.

Mais l’élargissement de l’offre joue également un rôle clé. Longtemps dominé par les marques premium, le segment est désormais investi par les quality et les budget, ce qui en améliore l’accessibilité.

Fin 2025, le prix moyen d’un pneu s’établit à 114 euros TTC. Le toutes saisons ressort à 103 euros (-0,2 %), contre 105 euros pour un pneu été (+1,9 %) et 139 euros pour un hiver (+3,1 %).

Les prix élevés compensent la baisse des volumes

Par catégorie, un pneu premium s’affiche en moyenne à 133 euros TTC, un quality à 101 euros, une MDD à 88 euros et une marque budget à 61 euros. "Le cycle inflationniste semble avoir atteint un plateau depuis deux ou trois ans. Les premières corrections tarifaires ont concerné les segments les plus élevés", observe le directeur général du SdP.

Les niveaux de prix restent toutefois soutenus, ce qui permet d’absorber en partie la baisse des volumes.

À contre-courant du TC4, le segment poids lourd confirme son redressement. En 2025, il progresse de 0,2 % en sell in (1,634 million d’unités) et de 2,5 % en sell out (1,650 million). Les prix moyens se stabilisent autour de 594,2 euros TTC pour un pneu neuf, tout en demeurant 20 à 25 % inférieurs aux niveaux observés en 2026. Le marché du rechapé, jugé complexe à décrypter, fera d’ailleurs l’objet d’une analyse spécifique prochainement, indique le SdP.

Equip Auto 2027 : des conditions avantageuses pour les premiers inscrits

Les 100 000 m2 de la prochaine édition d'Equip Auto sont ouverts à la vente depuis le 17 février 2026. Les futurs exposants peuvent d'ores et déjà réserver leurs places sur le site de Paris Expo Porte de Versailles. Celui-ci accueillera le salon français de l'après-vente auto du 12 au 16 octobre 2027.

À cette occasion, ses organisateurs déclarent attendre 1 500 exposants et marques, couvrant 19 secteurs d'activité. Ceux-ci seront répartis entre dix villages structurants (carrosserie, économie circulaire, formation, pneumatique, univers VO, etc.).

Les entreprises réservant un stand avant le 15 juin 2026 bénéficieront de conditions privilégiées. L'offre "Early Bird" leur promet un tarif et un emplacement avantageux dans l'un des six pavillons accueillant l'événement.

La filière après-vente auto classée en 19 secteurs :

  1. Accessoires pour véhicules, personnalisation et customisation (nouveau secteur représenté)
  2. Carrosserie, peinture, vitrage
  3. Connectivité, conduite autonome, infodivertissement
  4. Detailing, cosmétique automobile (nouveau secteur représenté)
  5. Énergies : énergéticiens et pétroliers, technologies de batteries, infrastructures de charge, rétrofit
  6. Équipements d’atelier, Adas, diagnostic, outillage
  7. Équipements pour véhicules : pièces de rechange, innovations première monte, composants électriques
  8. Financement, assurance
  9. Formation initiale et continue, recrutement et emploi
  10. Lavage, produits d'entretien, aires de services
  11. Lubrifiants, additifs
  12. Organismes : professionnels, institutionnels, de normalisation et de certification
  13. Pièces de réemploi, remanufacturing, recyclage
  14. Pneumatiques : manufacturiers, réseaux de distribution et de maintenance
  15. Presse et édition
  16. Réseaux de distribution (équipements d'atelier, pièces et services)
  17. Réseaux de réparation (constructeurs et multimarques) et contrôle technique
  18. Solutions digitales : informatique, gestion d’ateliers, gestion de la relation clients, e-commerce
  19. Véhicules d’occasion

Pour les inscriptions, rendez-vous ici.

NTN : top départ pour le programme MySNR CertifiedGarage

Certifier un garage sans lui imposer une enseigne, c’est l’idée au cœur de la démarche NTN Europe avec MySNR CertifiedGarage. Le programme, présenté en avant-première lors du salon Equip Auto 2025, est entré dans sa phase opérationnelle en février.

Pour en bénéficier, la procédure se veut accessible : un questionnaire en ligne portant sur les habitudes de l'atelier (équipement, pratiques environnementales, composition de l'équipe, niveau d'activité), suivi de l'envoi de photos pour attester les déclarations effectuées. Une fois le dossier examiné par les équipes de l'équipementier, la certification est valide deux ans et renouvelable.

Une période d'essai gratuite de 30 jours précède l'adhésion définitive, à laquelle sont associées trois formules d'abonnement – Light, Basic et Pro – modulées en fonction des besoins et du volume d'activité de chaque structure.

"Ce programme tripartite est ainsi bénéfique pour tous ses acteurs. D'un côté, les garagistes assurent la satisfaction de leurs clients automobilistes en utilisant des pièces de qualité et en réalisant des interventions fiables et durables. Les distributeurs augmentent leurs ventes de pièces et NTN Europe réaffirme sa position de leader sur le marché de la rechange automobile en y développant son activité", résume Amélie Paviet, directrice marketing EMEA Automotive Aftermarket chez NTN Europe.

Sept services réunis sous une même plateforme

L'architecture du programme repose sur sept modules complémentaires. MySNR Manager constitue le socle technique : ce logiciel permet la recherche de pièces par référence, plaque d'immatriculation ou code VIN, l'évaluation des temps barémés et l'accès aux informations constructeur, le tout alimenté par les bases de données TecDoc et TecRMI.

À terme, il intégrera un comparateur de prix et de disponibilité couvrant l'ensemble des références des distributeurs partenaires, avec la possibilité de passer commande directement sur leur portail. MySNR LiveAssist vient compléter ce premier pilier : assurée par DAF Conseil, cette hotline technique multimarque dispose d'une fonction d'assistance vidéo ne nécessitant aucune installation d'application dédiée, ce qui facilite la transmission des informations entre réparateurs et hotlineurs.

La montée en compétences est, quant à elle, assurée par MySNR TechCenter, qui agrège modules de e-learning, webinaires en live et en replay, tutoriels vidéo, documentation produit et notices de montage constructeur.

Le volet fidélité prend la forme de MySNR Club : les points cumulés à chaque achat ou prestation de garantie peuvent être convertis en remises ou servir à financer une partie de l'abonnement.

La garantie des pièces SNR monte, elle, jusqu'à sept ans ou 100 000 km grâce à MySNR WarrantyPlus (contre deux ans antérieurement), avec en prime le remboursement trois fois le prix d'achat pour toute pièce défectueuse (une fois en numéraire, deux fois en points).

Enfin, MySNR Tools, co-développé avec Clas, propose une gamme d'outillage dédiée aux produits SNR, tandis que MySNR Accessories regroupe consommables, visserie, graisses et articles promotionnels disponibles à l'unité ou en kit.

La distribution reste au centre du jeu

Si NTN Europe fournit les services directement aux membres du programme, le flux des produits et la relation commerciale avec les distributeurs demeurent inchangés. Les plateformes et grossistes continuent d'assurer la commercialisation des références SNR vers les ateliers, qu’ils soient certifiés ou non, dans les mêmes conditions de vente.

"À travers ce programme nous souhaitons en effet gagner en visibilité au sein des ateliers, asseoir notre marque SNR en faisant des réparateurs de véritables prescripteurs mais surtout, continuer à nous distinguer en apportant de la valeur ajoutée à l'ensemble de la profession," précise Amélie Paviet.

Pour les distributeurs, le label représente en réalité un levier commercial supplémentaire : il leur offre un canal direct pour attirer et fidéliser les réparateurs de leur secteur sans que leur rôle de pivot logistique ne soit remis en question.

Cap sur 7 000 garages d'ici 2030

Lancé en France avec un objectif de 150 ateliers labellisés avant la fin de l'année, le programme doit s'étendre à la Pologne dès avril, puis progressivement au reste de l'Europe et à la région Moyen-Orient dans les années à venir. NTN Europe vise 7 000 garages certifiés à l'horizon 2030, dont 1 500 sur le territoire français.

"Ce projet aussi ambitieux qu'inédit au travers duquel nous faisons le choix de la différenciation et de la responsabilisation est une solution complète, modulaire et évolutive, sans contrainte. Elle se décline en 3 formules Light, Basic et Pro pour s'adapter aux besoins, au budget et au niveau d'activité des ateliers", conclut Pierre Touvier, business developer Automotive Aftermarket chez NTN Europe.

Diesel Technic France a poursuivi sa croissance en 2025

Diesel Technic France a bouclé l'année 2025 avec plus de 600 000 pièces vendues sur 23 000 références différentes. L'équipementier conclut ainsi l'exercice avec un chiffre d'affaires en croissance de 5 % grâce à un solide second semestre. Les gammes rétroviseurs, coussins de suspension et radiateurs ont notamment enregistré de fortes progressions.

Plusieurs facteurs expliquent cette croissance selon le fournisseur allemand : le développement engagé depuis trois ans sur la première monte, mais aussi le renforcement des relations avec la distribution indépendante, notamment via la "plateformisation" de certaines familles de produits.

Intégration au Golda

L'année écoulée a aussi été marquée par l’intégration de la solution EDI Golda, permettant à Diesel Technic France de poursuivre l’optimisation des échanges avec ses clients. Cela permet de compléter le Partner Portal : certains réseaux peuvent ainsi piloter leurs commandes directement depuis leur ERP, sans changer d’environnement informatique.

L’intégration repose sur des flux TecCom (consultation de stock, commande, accusé de réception automatique) pour fluidifier les échanges dans un secteur encore peu standardisé.

"La performance 2025 est le résultat d’un travail engagé dans la durée : développement de l’OES, proximité avec la distribution indépendante et services pensés pour simplifier les commandes. L’intégration EDI via Golda en est une illustration concrète. En 2026, le nouveau site de Janzé (35) doit nous donner les moyens d’accompagner cette dynamique, en restant focalisés sur l’essentiel : la qualité de service", commente Benoît Debargue, directeur commercial de Diesel Technic France.

Écomobilité : Point S dévoile son nouveau site de vente en ligne

Le marché de la mobilité douce a tout pour attirer les acteurs de la filière automobile. Point S, dont le maillage dépasse les 690 points de vente en France, a décidé de s'y engager avec une nouvelle plateforme e-commerce consacrée aux vélos électriques, trottinettes et accessoires. Elle prend le relais de la précédente e-boutique, mise en ligne en 2022.

3 000 références et un réseau en guise de garantie

Dès son ouverture, le site affiche un catalogue de plus de 3 000 produits, issus d'une sélection volontairement resserrée sur des fournisseurs établis. MFC (Manufacture Française du Cycle), Rebirth et Navee figurent parmi les marques référencées.

"Nous avons voulu une offre sérieuse et crédible en travaillant avec des fournisseurs souvent leaders sur leur marché. L'objectif est de garantir qualité, disponibilité et fiabilité, tout en répondant aux attentes des usagers", précise Déborah Binisti, responsable développement chez Point S. Pour faciliter le passage à l'acte, un paiement fractionné est proposé en partenariat avec Floa.

Ce qui distingue l'approche de Point S d'une marketplace classique : les commandes sont livrées en centre, où les équipes peuvent assurer la mise en route, l'entretien et la réparation. C'est précisément le rôle dévolu aux sites Écomobilité, concept spécialisé dans les deux-roues électriques (vélos, trottinettes et scooters).

Le digital comme levier, le réseau comme atout

"Ce site internet est stratégique : il permet à Point S de faire connaître son offre écomobilité au plus grand nombre et de s'adresser directement au grand public via le canal digital puissant", souligne Lionel Haberlé, directeur marketing et communication du groupe.

De son côté, Déborah Binisti résume la promesse : "Les clients veulent acheter en ligne, mais ils ont aussi besoin de conseils, de sécurité et de service. Notre force, c'est de pouvoir associer le digital à l'expertise de notre réseau."

GPC scinde ses activités avec Napa et Motion

Les rumeurs disaient vrai. Genuine Parts Company (GPC), basé à Atlanta (États-Unis), annonce la scission de ses deux métiers historiques. Les divisions automobile et industrie seront bientôt indépendantes. Cette décision stratégique marque un tournant pour le groupe centenaire, qui pèse plus de 24 milliards de dollars de chiffre d'affaires au total.

GPC veut gagner en agilité

La manœuvre s'inscrit dans une logique d'optimisation pour le groupe américain. Selon Will Stengel, directeur général de GPC, cette restructuration vise à "créer deux entreprises focalisées et indépendantes qui améliorent la clarté opérationnelle et la rapidité d'exécution". Ce type de scission répond aussi à une pression croissante des fonds activistes, qui multiplient les interventions auprès des conglomérats pour les inciter à simplifier leurs structures et à se séparer de divisions jugées non stratégiques, avec la promesse de créer davantage de valeur pour les actionnaires.

Concrètement, pour GPC, chaque entité disposera de sa propre direction, de sa stratégie dédiée et de sa structure financière adaptée. Objectif : permettre à chacune d'entre elles de concentrer ses investissements sur son cœur de métier sans les contraintes d'un groupe multi-activités.

La branche automobile, qui conservera la marque Napa et ses déclinaisons internationales comme Repco en Australasie, revendique la première place mondiale dans la distribution de pièces détachées. Avec 15 milliards de dollars de ventes et 1,2 milliard d'Ebitda réalisés en 2025, cette entité s'appuie sur plus de 10 000 points de vente à travers l'Amérique du Nord, l'Europe (avec sa filiale Alliance Automotive Group) et l'Australasie.

Motion, un leader de la maintenance industrielle

De son côté, l'activité industrielle Motion affiche également des performances solides : 9 milliards de dollars de CA et plus de 1,1 milliard d'Ebitda l'an dernier. Le distributeur dispose d’un catalogue de 10 millions de références couvrant la transmission de puissance, l'automatisation ou encore la manutention.

Son portefeuille compte 180 000 clients répartis sur 14 secteurs industriels différents. L'entreprise entend capitaliser sur plusieurs tendances de fond : la relocalisation des activités manufacturières, l'essor de l'automatisation et de la robotique, le développement des infrastructures liées à l'intelligence artificielle, ou encore la raréfaction de l'expertise technique dans l'industrie.

Une séparation prévue pour 2027

A noter que l'opération devrait aboutir au cours du premier trimestre 2027. Elle reste soumise à l'approbation finale du conseil d'administration et au dépôt d'un dossier d'enregistrement auprès de la SEC, l'autorité boursière américaine. Aucun vote des actionnaires n'est requis.

Les noms officiels des deux futures entités, leurs équipes dirigeantes et la composition de leurs conseils d'administration seront dévoilés ultérieurement. D'ici là, GPC prévoit d'organiser des journées investisseurs dans la seconde moitié de 2026 pour détailler ses plans opérationnels et ses objectifs stratégiques.

Forvia Hella renforce sa gamme de gestion thermique avec 1 500 nouvelles références

La filiale après-vente de Hella (groupe Forvia) enrichit sa gamme de pièces de gestion thermique. Lancée l’an dernier, celle-ci comptait déjà 900 références. Ses 1 500 nouveautés portent donc son portefeuille à 2 400 produits. Il englobe des thermostats de liquide de refroidissement, des capteurs de température et de qualité d’air. Des pièces destinées aux véhicules et utilitaires légers ainsi qu'aux poids lourds.

L'équipementier adopte donc une position offensive dans cette spécialité. "Avec l’extension de notre gamme gestion thermique, nous franchissons une nouvelle étape dans notre ambition de redevenir l’un des acteurs de référence sur ce marché, annonce Marcel Wiedmann, responsable de l'après-vente Hella. Notre objectif est de proposer à nos clients une offre de premier plan, avec une couverture maximale, alliant qualité, innovation et forte disponibilité d’ici fin 2027. D’ici là, nous prévoyons de porter notre portefeuille gestion thermique à environ 6 000 références".

Services en support de la distribution de pièces

Parallèlement, la marque renforce cette gamme avec son portefeuille électrique et électronique, dont certaines références sont aussi dédiées à la gestion thermique. Elles intègrent notamment des embrayages de ventilateur pour le refroidissement moteur, des refroidisseurs d’huile, des vases d’expansion et des détendeurs.

La commercialisation de ces pièces est accompagnée de la mise à disposition d'une plateforme en ligne dédiée. Elle aide les ateliers à intervenir sur des systèmes thermiques de plus en plus complexes. Elle accompagne aussi les techniciens afin qu'ils s'adaptent aux évolutions de ces technologies. Parallèlement, l’expertise diagnostic de Hella Gutmann Solutions permet d'analyser les défauts dans ce domaine.

"Cette combinaison permet aux ateliers indépendants et aux distributeurs de bénéficier d’une expertise globale des systèmes, déjà en phase avec les technologies de demain", conclut Marcel Wiedmann.

BASF étoffe ses programmes de formation 2026

La filiale française de BASF Coatings repense en profondeur son dispositif de formation. Objectif : rendre accessible ses savoir-faire au plus grand nombre. Parallèlement, les distributeurs et clients des produits Glasurit et R-M bénéficient de deux nouvelles formations en 2026. La première est destinée aux commerciaux débutants des distributeurs. Tandis que l'autre concerne les peintres plus chevronnés.

Toutes les particularités des derniers produits

Ainsi, le module "découverte peinture" enseigne les fondamentaux de la peinture en réparation automobile. Il présente les aspects techniques et environnementaux des produits de peinture : le rôle des produits utilisés et les différentes étapes de leur application. Cette formation inclut à la fois enseignement théorique et exercices pratiques, même pour des candidats n'ayant jamais touché un pistolet de peinture de leur vie.

A contrario, l'autre nouveau module est destiné aux techniciens chevronnés. Intitulé "techniques d’application des teintes pastel et Liquid Color", il forme aux procédés dédiés. Il enseigne toutes les particularités de ces produits, jusqu'à la réalisation de raccords.

Ces deux nouvelles formations intègrent donc la liste des 19 modules disponibles. En 11 à 28 heures, ces formations couvrent un large spectre des techniques utilisées en atelier. Elles comprennent notamment celle d’application et de raccords de finitions métallisées et à effets de la Ligne 100, celles de Spot Repair et raccords localisés, celles de réparations des plastiques, la spectrophotométrie, etc.

140 stagiaires en 2025

Ces modules font partie d'un catalogue désormais entièrement digitalisé et disponible en ligne. Celui-ci est maintenant accessible via la plateforme numérique Refinity du fabricant. Peintres d'ateliers et techniciens des distributeurs peuvent s'inscrire aux différentes formations disponibles. Ils peuvent aussi consulter des modules d'e-learning, ainsi que la base de connaissances techniques regroupant informations produits, processus, équipements et bonnes pratiques.

En 2025, la seule marque Glasurit a enregistré une très forte demande. Ses formateurs ont dispensé l’équivalent de 700 heures de formation à 140 stagiaires. La marque anticipe une dynamique similaire en 2026. Raison pour laquelle elle a enrichi son offre de formations en présentiel et à distance.

Alliance Automotive : Fahren à l'assaut du segment "entry"

Le parc automobile français vieillit, les budgets se tendent, et les réparateurs cherchent des alternatives tarifaires. Alliance Automotive Group (AAG) a pris acte de cette réalité avec Fahren, sa marque d'entrée de gamme déployée début 2025 dans l'Hexagone. Un positionnement qui n'a rien d'anodin dans un marché où la question du prix s'invite désormais à chaque devis.

Une couverture élargie du marché

Fahren répond à un besoin jusque-là non couvert. "Elle est positionnée sur le segment « entry », c'est-à-dire l'entrée de gamme, avec un niveau de prix situé environ 20 % en dessous de Napa", explique Albéric Chopelin, directeur général d'AAG France. Le distributeur structure ainsi son offre sur trois étages : les marques d’équipementiers occupent le premium, Napa reste le cœur de marché, et Fahren couvre l’entrée de gamme.

"Cela nous permet d'adresser l'ensemble des besoins, sans laisser de zone blanche dans notre portefeuille", précise le dirigeant. La couverture atteint déjà un peu plus de 50 % du parc roulant, mais le déploiement se poursuit avec l'élargissement progressif des gammes. Les batteries figurent parmi les prochaines références stratégiques à rejoindre le catalogue.

Répondre à une demande prix structurelle

Pour AAG, la pression sur les tarifs relève désormais d'une tendance de fond... "La demande de prix est forte, et il nous appartient d'y répondre de manière structurée", reconnaît Albéric Chopelin. Mais le lancement d'une marque d'entrée de gamme impose une certaine prudence pour le groupement qui entend préserver un équilibre dans son catalogue.

"Développer une marque d'entrée de gamme suppose toutefois une grande vigilance. Il s'agit de couvrir un besoin précis, sur certaines familles de produits, sans déséquilibrer l'ensemble du portefeuille", souligne le directeur général. L'exercice consiste à proposer des solutions adaptées sans cannibaliser les marques de ses fournisseurs, ni même la marque Napa, lancée fin 2020 en Europe.

Napa reste la colonne vertébrale

Alliance Automotive se veut d'ailleurs clair sur le sujet : l’arrivée de Fahren ne remet pas en cause la stratégie autour de Napa. "Le cœur de notre dispositif reste Napa. C'est elle qui porte l'essentiel de nos volumes et qui a vocation à couvrir l'ensemble des besoins de nos clients, avec une profondeur de gamme et un niveau de service élevés", martèle Albéric Chopelin.

Pour ce dernier, Fahren peut même servir de porte d'entrée vers les autres lignes de produits proposées par le groupement. "Un client peut très bien entrer chez AAG par une offre Fahren, puis découvrir progressivement l'étendue de notre catalogue et de nos services", conclut Albéric Chopelin.

 

Découvrez notre interview exclusive d’Albéric Chopelin, directeur général d’Alliance Automotive Group France, dans le J2R n°161 de mars 2026.

Avec Maxlife, Garrett cible les véhicules de plus de 15 ans

En Europe, les véhicules de 15 ans et plus constituent désormais le segment qui progresse le plus rapidement. Un constat que l’équipementier Garrett Motion observe depuis plusieurs années.

Cette évolution du parc automobile s'accompagne d'un changement de comportement : confrontés à une valeur résiduelle en baisse, les propriétaires scrutent davantage les prix et se tournent souvent vers des alternatives économiques.

C'est précisément à cette clientèle que s'adresse la nouvelle ligne de turbocompresseurs Garrett Original Maxlife. Cette gamme s'appuie sur un nouveau processus baptisé Smart Component Recovery, développé en interne.

Le groupe entend ainsi proposer une solution répondant aux spécifications d'origine, sans pour autant atteindre les tarifs pratiqués sur le neuf ou le remanufacturé traditionnel. Les premières livraisons ont débuté en février, avec une disponibilité progressive des références selon les modèles concernés.

"Maxlife offre aux ateliers et aux conducteurs une solution fiable et abordable. Elle préserve les performances et la qualité attachées à la marque Garrett, tout en apportant une réponse concrète aux besoins des véhicules anciens toujours en circulation", affirme Eric Fraysse, président global aftermarket de Garrett Motion.

Une offre de turbos désormais structurée en trois niveaux

Avec ce lancement, l'équipementier complète son offre après-vente selon une logique d'âge du véhicule. Pour mémoire, son portefeuille compte déjà la gamme Original Equipment, adaptée aux modèles récents nécessitant un turbocompresseur neuf, et la ligne Original Reman qui s'adresse aux automobiles d'âge intermédiaire, avec des produits reconditionnés selon les normes d'origine.

Cette segmentation permet à Garrett de couvrir l'ensemble du cycle de vie automobile, du premier remplacement sous garantie jusqu'aux interventions sur des modèles en fin de carrière. Une approche qui répond aux réalités d'un marché français où le turbo remanufacturé représente plus de 70 % des ventes, porté notamment par un écart de prix d'environ 30 % avec le neuf.

Un marché toujours en expansion

Le contexte joue en faveur de l'équipementier américain. Avec plus de 90 % des véhicules neufs équipés d'un turbocompresseur en France et en Europe, et un âge moyen du parc qui dépasse désormais les 12 ans, les volumes continuent de progresser.

Les professionnels anticipent d'ailleurs une hausse supérieure à 5 % des ventes pendant encore plusieurs années.

Pneus : 2025 s’achève dans le rouge en Europe

L’association européenne des fabricants de pneus et de caoutchouc, Tyres Europe, a publié les résultats consolidés du secteur pour 2025. Et l’exercice s’est terminé sur une note morose.

Au quatrième trimestre, les ventes sur le marché du remplacement TC4 (tourisme, camionnette, 4x4) ont chuté de 5 %, à 54,799 millions d’unités. Le segment poids lourds et bus a lui aussi reculé sur la période, de 2 %, pour un total de 2,857 millions d’enveloppes écoulées.

Le pneu TC4 sous pression

Ce dernier trimestre en net retrait est venu aggraver un bilan déjà fragilisé par neuf premiers mois peu dynamiques. Sur l’ensemble de l’année, le marché européen du remplacement TC4 affiche un recul de 2 %, avec 224,133 millions de pneus vendus.

Pour Adam McCarthy, secrétaire général de Tyres Europe, cette contraction s’inscrit dans un contexte économique défavorable : "Ce recul reflète la persistance des pressions macroéconomiques : faible confiance des consommateurs, croissance limitée du nombre de kilomètres parcourus et, sur l'ensemble de l'année, pénétration croissante des importations."

Dans le détail, les pneus été ont vu leurs volumes diminuer de 2 %. Les pneus hiver ont davantage souffert : pénalisés par des conditions climatiques clémentes, ils enregistrent une baisse de 14 % au dernier trimestre et de 2 % sur l’ensemble de l’exercice.

À contre-courant, le segment toutes saisons confirme sa dynamique positive. Les volumes progressent de 5 % en 2025, preuve de l'adoption durable de ces enveloppes par les automobilistes européens.

Poids lourds : recul en remplacement, mieux en première monte

Le marché des pneus pour poids lourds et bus, déjà orienté à la baisse en 2024, poursuit son repli. Les ventes en remplacement atteignent 11 millions d’unités, soit un recul de 4 % sur un an. Une évolution que Tyres Europe relie à la faiblesse persistante du transport de marchandises.

Le segment agricole enregistre une baisse équivalente (-4 %), avec 688 000 pneus écoulés sur l’année. À l’inverse, le marché des deux-roues fait figure d’exception : il progresse de 4 % pour atteindre 9,345 millions d’unités.

Sur le terrain de l’équipement d’origine (OE), la tendance diffère selon les segments. En TC4, la contraction des immatriculations et le ralentissement de la production automobile en Europe ont entraîné une baisse de 3 % des volumes de pneumatiques livrés en première monte.

En revanche, le redressement de la production de poids lourds et bus s’est traduit par une hausse de 2 % des ventes OE sur ce segment.

Des flux d’importation toujours plus élevés

Au-delà de la demande intérieure, la structure du marché continue d’évoluer sous l’effet des importations. En TC4, celles-ci ont atteint 162 millions d’unités en 2025, selon les estimations de Tyres Europe, soit une progression de 5 % en un an.

La Chine demeure de loin le principal fournisseur : avec près de 118 millions de pneus exportés vers l’Europe (+7 %), elle représente plus de 70 % des importations. La Corée du Sud suit avec 18 millions d’unités, mais accuse un net recul (-14 %). Le Japon (5 millions, +1 %) et la Thaïlande (5 millions, +2 %) complètent le tableau.

Sur le segment poids lourds et bus, les importations ont progressé plus fortement encore : +10 %, pour atteindre 6,9 millions d’unités. Contrairement au TC4, la Chine n’y occupe pas la première place, freinée depuis 2018 par les mesures antidumping européennes. La Thaïlande concentre 30,3 % des volumes importés, devant le Vietnam (26,5 %) et la Chine (18 %).

Pièces d'occasion : comment Opisto veut passer la vitesse supérieure

L’essor de la pièce de seconde main se confirme en France. En 2020, ce marché pesait 250 millions d'euros. Cinq ans plus tard, il avoisine le demi-milliard. Cette explosion, Opisto l'observe depuis les premières heures.

"Le marché s'est fortement accéléré depuis 2020, et nous avons cette conviction qu'il va encore exploser d'ici 2030", analyse Laurent Assis-Arantes, cofondateur de l'entreprise toulousaine. Dans cet environnement porteur, cette dernière affiche une santé rayonnante : 158 millions d'euros de volume d'affaires généré auprès de ses centres VHU partenaires, soit une progression de 27 % sur un an.

E-commerce, la révolution silencieuse

Pour Opisto, cette progression est avant tout due au virage digital du secteur. Près de 60 % des pièces de réemploi s'achètent désormais à distance, contre à peine plus du tiers en 2020. "Lorsque nous avons commencé en 2010, la vente à distance était quasi inexistante", rappelle Laurent Assis-Arantes. Pour les réparateurs – qui représentent 80 % de la clientèle d'Opisto – commander en ligne est devenu une pratique quotidienne.

L'entreprise s'appuie aujourd'hui sur plus de 700 centres VHU partenaires. Et le potentiel est encore largement sous-exploité quand on sait que seuls 300 à 350 déconstructeurs, sur les quelque 1 600 agréés en France, seraient réellement aptes à vendre efficacement en ligne.

"Beaucoup de centres de taille intermédiaire ont encore besoin d'accompagnement", constate le dirigeant. C'est précisément le rôle que veut jouer Opisto avec ses différentes solutions (place de marché, outils de gestion, etc.).

Opisto veut être un véritable tiers de confiance

Si la plateforme de vente évolue en permanence (ergonomie, référencement, performance…), l'ambition pour 2026 se situe ailleurs. "Aujourd'hui, nous sommes encore très positionnés comme une marketplace classique. Notre ambition est d'aller plus loin dans le service, en devenant un véritable facilitateur et tiers de confiance", détaille Laurent Assis-Arantes.

Concrètement, il s'agit d'uniformiser les standards de service, de qualité produit et de conditions commerciales pour garantir une expérience homogène : tarification lisible, conditions de retour standardisées, SAV structuré, standards d'expédition et de packaging.

Notre ambition de démocratiser l’accès à la pièce de réemploi en tirant la filière vers le hautinsiste le dirigeant.

Cette montée en gamme passe également par un renforcement de la proximité avec les professionnels, avec notamment le projet d'une ligne téléphonique dédiée. Actuellement, la relation commerciale reste directe entre l'acheteur et le centre VHU vendeur, Opisto intervenant comme médiateur en cas de litige. "Nous analysons la situation et veillons au respect des engagements", précise le cofondateur.

Autre chantier d'envergure : la refonte complète du système de gestion métier destiné aux centres VHU. "Depuis 15 ans, nous avons enrichi notre logiciel par ajouts successifs. Aujourd'hui, nous voulons le repenser entièrement", annonce Laurent Assis-Arantes. L'enjeu ? Répondre aux besoins de centres devenus industriels, parfois intégrés à des groupes financiers. L'ambition affichée est de proposer une solution logicielle européenne modulaire et interopérable.

L'Europe en ligne de mire

L'expansion géographique accompagne cette consolidation de l'offre. En Espagne, Opisto affiche près de trois millions de pièces mutualisées. En Italie, où l'implantation est plus récente, le cap des 300 000 pièces est dépassé avec une forte accélération. L'Allemagne, les Pays-Bas et le Portugal figurent dans les tuyaux. "Le défi n'est pas tant la récupération des stocks que la structuration de la distribution. Les marchés ont des maturités différentes", nuance le dirigeant.

Pour faciliter son expansion internationale, Opisto s’appuie sur son offre Connect, qui permet d'agréger des stocks digitaux existants et de les mutualiser. Si les stocks étrangers sont accessibles aux acheteurs français, la PME précise toutefois que l'offre nationale reste privilégiée en priorité. Un impératif demeure : ne sélectionner que des vendeurs agréés répondant aux critères qualité de la plateforme.

Avec l'appui d'Indra, Opisto passe la vitesse supérieure

Pour rappel, Opisto bénéficie depuis l’an dernier du soutien renforcé du réseau Indra Automobile Recycling, qui détient désormais 47 % de l'entreprise. Pas de quoi modifier sa feuille de route.

Notre stratégie reste la même : structurer le marché tout en restant ouvert. Nous ne travaillons pas exclusivement avec les centres Indra, ni uniquement avec Renaultindique Laurent Assis-Arantes.

En revanche, cet appui a permis d'accélérer sa croissance : l'effectif a bondi de 60 % en un an pour atteindre 93 collaborateurs. Le chiffre d'affaires propre d'Opisto s'établit à 13,8 millions d'euros, en hausse de 35 %. Une dynamique encourageante que le spécialiste de la PRE entend poursuivre en accentuant son action auprès des ateliers.

Dans sa dernière étude, dévoilée à Equip Auto, l’entreprise révèle que seuls 28 % des automobilistes déclarent s'être vu proposer une pièce de réemploi en atelier. "Hors sinistre, il faut encore développer la pédagogie", reconnaît le cofondateur, qui mise notamment sur la data pour aider les démonteurs à identifier des pièces parfois jugées secondaires mais qui trouvent preneur.

Aujourd'hui, environ 50 % de la valeur sur la plateforme provient de la carrosserie, 20 % de la grosse mécanique, le reste se répartissant sur des gammes très variées. De quoi alimenter la croissance future d'un marché promis, selon Opisto, à une nouvelle phase d'expansion d'ici 2030.