Pièces de direction et de suspension : Delphi revendique la meilleure couverture

Sur le marché européen de l'après-vente indépendante, Delphi confirme ses ambitions. Selon les données de couverture de parc qu'elle présente, la marque affiche les meilleurs taux sur la famille de pièces de direction et de suspension (PSD). Un résultat qui s'appuie sur une stratégie à long terme et sur le développement continu de son catalogue.

Aujourd'hui, l'équipementier dépasse les 80 % de taux de couverture pour cette gamme, ce qui place la marque en tête face à ses concurrents. Dans les principales catégories de PSD (bras de suspension, les biellettes de direction ou encore les biellettes de barre stabilisatrice), Delphi dépasse même les 95 % de taux de couverture.

Cette couverture étendue de la marque du groupe Phinia a pour objectif de soutenir les ateliers et les distributeurs. Elle permet de réduire les délais d'approvisionnement et également de limiter les interruptions lors des réparations. Pour les distributeurs, elle facilite aussi la gestion des stocks et réduit les risques de rupture sur les pièces les plus demandées.

Une stratégie tournée vers l'évolution du parc

Cette performance est le résultat d'un travail de fond mené sur plusieurs années. En deux ans, Delphi a augmenté de plus de 30 % le nombre de références de sa gamme PSD. Le catalogue compte aujourd'hui plus de 8 500 références, pensées pour répondre aux besoins des ateliers européens.

L'équipementier anticipe également l'arrivée massive des véhicules de constructeurs chinois en Europe. Delphi a déjà lancé 65 nouvelles références pour des modèles récents comme ceux de BYD, MG ou Chery. Plus de 450 pièces supplémentaires sont actuellement en développement.

Représentativité : l'U2M et la FNA progressent derrière Mobilians

Publié discrètement au Journal officiel en octobre 2025, l’arrêté fixant la liste des organisations professionnelles d’employeurs reconnues représentatives dans la branche des services de l’automobile est désormais connu. Il confirme la prééminence de Mobilians, dont la représentativité s’établit à 73,11 %, contre 79,21 % lors de la précédente mesure, en 2021.

Dans le même temps, l’U2M (Union des métiers de la mobilité) renforce sa position avec 13,54 % de représentativité, contre 11,07 % précédemment. Une progression qui lui permet de consolider sa deuxième place, portée par l’alliance de la FFC (carrossiers et services), du Syndicat du pneu – ex-SPP – et de l’Unidec (auto-écoles). La FNA affiche également une dynamique positive, atteignant 13,35 %, contre 9,72 % lors du précédent exercice, tout en conservant la troisième position.

Ces résultats sont établis à partir des données transmises au HCDS. Les parts de chaque organisation au sein du "collège employeur" sont déterminées notamment en fonction du nombre d’entreprises et de salariés qu’elles représentent, mais aussi de leur caractère généraliste ou spécialisé, ainsi que de leur ancrage et de leur participation aux instances de la branche.

Cette reconnaissance conditionne leur capacité à participer aux négociations de la convention collective des services de l’automobile. Elle leur ouvre également un accès privilégié aux pouvoirs publics sur l’ensemble des sujets structurant la filière.

Ford baisse jusqu’à 25 % les prix de ses pièces pour ses anciens modèles

Ford allège la facture des modèles les plus anciens ! Ce lundi 12 janvier 2026, le constructeur a annoncé une baisse pouvant atteindre 25 % des prix de vente de ses pièces destinées à ses modèles produits jusqu'en 2019. À compter de janvier 2026, cette mesure tarifaire, portée par la Ford Customer Service Division (FCSD), vise à accompagner des millions de propriétaires de véhicules de la marque américaine.

"Nous nous engageons à soutenir les millions de clients fidèles de Ford qui continuent de faire confiance et de compter sur leurs modèles Ford plus anciens, en leur faisant bénéficier des réductions de coûts que nous avons réalisées dans notre activité", résume Wolfgang Voss, vice-président de la FCSD pour la région Europe.

Plus de 6 000 composants et 35 modèles concernés

Cette baisse de prix concerne plus de 6 000 composants d'origine constructeur (OEM), en particulier les pièces les plus exposées aux chocs. Elle porte notamment sur des pare-chocs, des portes latérales de remplacement, des grilles de radiateur ou encore des phares. Au total, 35 modèles sont directement concernés par cette mesure, aussi bien des VP comme les Fiesta ou Focus que des pick-up tels que le Ford Ranger.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de vieillissement du parc automobile européen. Ainsi, selon les données du constructeur, près d’1,2 million de Fiesta produites entre 2008 et 2017 circulent encore aujourd’hui en Europe.

Un soutien assumé aux propriétaires de véhicules anciens

"Qu’il s’agisse d’une voiture familiale utilisée chaque jour pour les trajets scolaires ou d’un véhicule conservé pour des usages plus occasionnels, notre nouvelle politique tarifaire sur les pièces aidera les propriétaires à maintenir leurs Ford en bon état sur le long terme", poursuit Wolfgang Voss.

Cette annonce s’inscrit dans le plan Ford+, destiné à renforcer la fidélité des clients. En facilitant l’approvisionnement en pièces à des prix plus abordables, le constructeur met en avant plusieurs bénéfices, dont une qualité de fabrication garantie, un montage plus rapide et plus précis, ainsi qu’une meilleure durabilité, en favorisant la réparation plutôt que le remplacement.

Les pièces de rechange sont d’ores et déjà disponibles auprès des distributeurs de pièces et des centres de services agréés par le constructeur à travers l’Europe.

Prix Aftermarket Day : qui seront les lauréats de l’année ?

Et si l’après-vente prenait le temps de réfléchir collectivement à son avenir ? C’est l’ambition d’Aftermarket Day, qui réunira, le temps d’une journée,  au Parc des Princes, l’ensemble des écosystèmes de la rechange autour d’un programme conçu pour les professionnels.

Dans un marché en pleine recomposition, marqué notamment par l’évolution des modèles de distribution, l’événement entend offrir un espace de décryptage, d’échanges et de prises de recul.

Conférences plénières, keynotes et ateliers rythmeront cette journée, avec des retours d’expérience concrets et des analyses portées par des dirigeants, experts et acteurs de terrain. L’objectif : partager des clés de lecture, confronter les stratégies et identifier les leviers de performance dans un environnement de plus en plus transversal. Le programme détaillé de cette première édition sera à découvrir prochainement dans les colonnes du Journal de la Rechange et de la Réparation.

Neuf trophées pour valoriser les dynamiques du marché

Aftermarket Day sera aussi l’occasion de mettre en lumière celles et ceux qui font avancer la filière. Les Prix Aftermarket Day récompenseront les acteurs les plus engagés et les plus innovants de l’après-vente automobile.

Distributeurs et réseaux de réparateurs de l'année, chacun décliné en trois catégories – pièce, pneu et carrosserie-peinture –, constitueront le socle de ce palmarès. Ce n’est pas tout : deux autres trophées viendront mettre en lumière l’engagement RSE et la stratégie digitale / e-commerce d’acteurs de la filière ayant su faire évoluer leurs pratiques.

Enfin, une dernière distinction sera attribuée à la personnalité de l’année, dont le parcours, la vision et les réalisations ont marqué l’actualité de l’après-vente automobile.

À vos candidatures !

Les entreprises et personnalités souhaitant concourir peuvent dès à présent déposer leur dossier. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 27 janvier 2026, directement en ligne via le site de l’événement. À l’issue de cette phase, un jury composé de professionnels reconnus des univers de la pièce, du pneu et de la carrosserie-peinture établira le premier palmarès des Prix Aftermarket Day.

Les candidatures sont ouvertes : à vous de jouer pour figurer parmi les lauréats des Prix Aftermarket Day.

Partivia, l'arme stratégique de Nexus Automotive pour peser sur les achats

En octobre 2024, lors d'un entretien accordé au Journal de la Rechange et de la Réparation, Gaël Escribe, directeur général de Nexus Automotive International, annonçait vouloir franchir une nouvelle étape en lançant "une véritable centrale d'achats avec treize distributeurs européens, pour acheter des lignes de produits en volumes significatifs".

Aujourd’hui, cette ambition se concrétise avec la création officielle de Partivia, structure dédiée aux achats groupés dans l'écosystème Nexus Automotive.

Cette initiative constitue une étape majeure du plan dévoilé par Gaël Escribe à l'issue d'une revue stratégique menée avec le cabinet Roland Berger. Objectif : transformer Nexus d'ici 2028, en passant d'une centrale de référencement à un véritable groupe structuré autour de plusieurs métiers clés.

Partivia : 13 actionnaires fondateurs pour un modèle ouvert

Partivia repose sur un socle de treize membres du groupement. Conçue comme une structure évolutive, l'entité affiche dès son lancement une ambition claire : étendre progressivement son périmètre et ses capacités en fonction des besoins des adhérents Nexus et des dynamiques du marché. Plusieurs acteurs potentiels auraient déjà manifesté leur intérêt pour rejoindre l'initiative, signe d'un élan qui dépasse le cercle des fondateurs.

Le modèle retenu privilégie une approche collaborative. Partivia entend améliorer l'alignement avec les partenaires fournisseurs, accroître le taux de conformité des achats et harmoniser la gestion des catégories de produits. À terme, l’ITG espère obtenir de meilleures conditions d’achat tout en construisant un système d’approvisionnement adapté aux évolutions du secteur.

Roberto Roggeband prend les rênes de Partivia avec pour mission de structurer les achats groupés des membres Nexus Automotive. ©NAI

Un déploiement progressif

Le démarrage opérationnel s'effectuera par phases. Dans un premier temps, Partivia travaillera avec ses actionnaires fondateurs et ses premiers membres pour affiner son modèle d'achats et aligner les stratégies de gestion par catégorie. Cette période permettra de valider la création de valeur avant d'élargir le dispositif à une base plus large de participants.

La direction de Partivia a été confiée à Roberto Roggeband, qui cumule 20 années d'expérience dans l'après-vente automobile. Son parcours couvre tant le versant fournisseurs que distributeurs, avec des passages chez ZF Group, CWS-boco Group et Magneti Marelli Aftermarket. Cette double expertise dans le management produit et les achats internationaux doit accompagner le développement de la structure.

"Partivia consiste à créer une nouvelle réalité d'achats pour l'après-vente plus forte, plus structurée et davantage alignée avec les dynamiques actuelles du marché", indique Roberto Roggeband, directeur des opérations de Partivia. "En réunissant des actionnaires engagés disposant d'une taille significative, nous construisons une organisation qui délivre une valeur tangible tout en restant ouverte, agile et tournée vers l'avenir".

Pour Gaël Escribe, cette création "marque une étape importante dans l'engagement continu de Nexus en faveur de la consolidation, de la collaboration et de la création de valeur au sein de l'après-vente automobile mondial".

Decharenton : Sodiama prend pied à Coutances

95 ans après sa création à Saint-Hilaire-du-Harcouët (50), Sodiama continue de tisser son maillage dans son département d'origine. Le distributeur normand, filiale du groupe Decharenton depuis 2000, vient d'inaugurer son 5e établissement manchois à Coutances (50). Une ouverture qui s'inscrit dans une logique de couverture progressive du territoire.

Un positionnement central

Entre les sites d'Agneaux au nord et de Saint-Hilaire-du-Harcouët au sud, ce nouveau point de vente vient combler un vide dans le centre du département. Opérationnel depuis le 8 décembre, le magasin mise sur la réactivité avec 8 000 références stockées localement, complétées par l'accès aux 160 000 références du groupe Decharenton réparties sur 17 établissements interconnectés.

Quatre collaborateurs spécialisés y assurent le conseil technique sur les segments automobile, poids lourd, agricole et outillage. Une polyvalence qui reflète la diversité du tissu économique local, où cohabitent garages indépendants, exploitations agricoles et transporteurs routiers.

Cap vers les 25 millions d'euros

"Cette ouverture à Coutances s'inscrit dans la continuité naturelle de notre développement territorial. Après Cherbourg, il nous semblait essentiel de renforcer notre présence dans le centre-Manche pour offrir toujours plus de proximité et de réactivité à nos clients", justifie Pascal Renault, directeur général de Sodiama.

Ce développement porte ses fruits : le distributeur affichait 22,3 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024, porté par ses 125 collaborateurs.

Le groupe Decharenton, dont Sodiama constitue l'une des cinq enseignes, revendique désormais une zone de chalandise étendue de Rennes (35) à Cherbourg (50), avec Fougères (35) comme point d'ancrage breton.

Assistance automobile : IMA enregistre un record d'activité face aux intempéries

L'épisode neigeux qui a frappé la France du 5 au 7 janvier 2026 a mis les services des assisteurs automobiles sous haute tension. Pour le groupe IMA, cette période a même marqué un tournant : le dimanche 5 janvier, l'opérateur a enregistré son pic d'activité historique avec près de 16 000 dossiers ouverts en une seule journée, tous univers confondus.

"Ces épisodes météorologiques, heureusement rares, donnent tout son sens au rôle d'IMA : répondre immédiatement présent quand les Français sont en difficulté", souligne Élodie Papet, directrice déléguée en charge des opérations du groupe. "Malgré des conditions parfois extrêmes, nos équipes et nos partenaires se sont mobilisés avec professionnalisme pour sécuriser les sinistrés et leur apporter des solutions concrètes."

220 000 appels en 72 heures

Sur les trois jours de crise, le groupe a dû gérer 220 694 appels téléphoniques et traiter 32 991 dossiers d'assistance mobilité, soit une progression de 35 % par rapport à la même période de 2025.

L'accidentologie a particulièrement progressé, avec une hausse de 62 % des missions de remorquage. Les mandats de dépanneurs-remorqueurs ont bondi de 53 %, sollicités pour des pannes variées : batteries déchargées, crevaisons ou accidents.

Pour absorber ce flux sans précédent, IMA a déployé son dispositif d'urgence. Plus de 1 000 chargés d'assistance ont été mobilisés quotidiennement, représentant un renfort de 21 % par rapport aux effectifs habituels. Le groupe a également activé son mécanisme d'entraide interne baptisé "Tous assisteurs", permettant aux collaborateurs des fonctions support de prêter main-forte sur la base du volontariat.

Les outils digitaux ont joué un rôle déterminant dans la fluidité des opérations. Le système de selfcare a permis aux automobilistes d'ouvrir leurs dossiers en autonomie, tandis que les fonctionnalités de suivi en temps réel informaient les usagers de l'arrivée de leur dépanneur.

Carflex change de cap et s’organise autour d’une coprésidence

Carflex a profité de sa dernière assemblée générale pour changer sa gouvernance. Pour la première fois depuis sa création, le réseau adopte un modèle de coprésidence, confiée à Laurent Zammit, dirigeant de la carrosserie éponyme à Montpellier, et à Guy Lambert, à la tête de la carrosserie Lambert en Savoie.

Ce duo prend la tête d’un conseil d’administration entièrement renouvelé, appelé à reprendre la direction stratégique du groupement.

Aux côtés des deux co-présidents, six administrateurs et personnes qualifiées viennent compléter l’instance : Thomas Mauro (carrosserie Mure, Échirolles), Christian Sauvignet (carrosserie CTA, Lorette), Alexandre Dufour (carrosserie Bendix, Carros), Linda Marguier (carrosserie Gresset, Pontarlier), Nadine Doré (carrosserie Doré, Plouay) et Sébastien Staels (carrosseries du Boulevard, ACN et Lavoisier, Lille).

Une nouvelle page pour Carflex

Ce nouveau conseil d’administration entend jouer un rôle central dans le pilotage du groupement. Au-delà d’un simple renouvellement des instances, il s’agit pour Carflex de redonner une impulsion claire à l’équipe opérationnelle et de renforcer la cohérence des orientations prises.

L’objectif est de consolider la "tribu" tout en préparant ses prochaines étapes de développement.

Dinex : Jonathan Delalu prend la direction commerciale de l'aftermarket Europe

Après cinq années chez Wolf Oil Corporation, où il a gravi les échelons jusqu'au poste de directeur des ventes pour les Amériques et l'Europe, Jonathan Delalu rejoint Dinex où il prend les commandes de la direction commerciale aftermarket Europe.

Directrice générale de l’équipementier danois, Christina Jørgensen indique que cette nomination s’inscrit dans la volonté du groupe de renforcer sa collaboration avec ses clients. "Tout au long de sa carrière, Jonathan s'est concentré sur le développement de réseaux de distribution, l'ouverture de nouveaux marchés et la collaboration étroite avec des partenaires pour les aider à développer leurs activités. Cette culture axée sur les solutions et centrée sur le client, combinée à un style de leadership collaboratif, correspond exactement à la philosophie de Dinex", précise le fabricant dans son communiqué.

Avant de rallier Wolf Oil, Jonathan Delalu avait occupé des fonctions de direction commerciale chez NTN-SNR, notamment comme directeur des ventes IAM pour la zone EMEA, puis comme directeur régional couvrant le Royaume-Uni, l'Italie et les pays nordiques.

Il a également œuvré pour Valeo où il a piloté les activités commerciales et marketing pour les pays scandinaves durant plus de cinq ans. Jonathan Delalu a aussi été aux commandes du lancement des opérations de Startax en Suède, prenant en charge la localisation des locaux, le démarrage de l'entrepôt et l'élaboration du business plan.

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First Brands mis en pièces détachées

Quatre mois après son placement en redressement judiciaire, First Brands passe à la table de découpe. L'équipementier américain, qui possède un large portefeuille de marques (Trico, FRAM, Philips, Autolite, etc.), vient d'annoncer l'ouverture d'un processus de vente de ses activités. Le groupe envisage une cession globale ou un démantèlement par lots, selon les offres qui lui parviendront.

First Brands Group affirme avoir reçu des marques d'intérêt de la part d'acquéreurs potentiels, qu'ils soient stratégiques ou financiers. Le groupe s'est fixé comme échéance le premier trimestre 2026 pour finaliser cette transaction, une cadence serrée qui témoigne de l'urgence de la situation.

L’effondrement spectaculaire de First Brands

La déconfiture de First Brands, fondé par l'homme d'affaires Patrick James, a marqué les esprits dans le secteur financier américain. Avec un passif compris entre 10 et 50 milliards de dollars selon les déclarations officielles de septembre dernier, cette faillite s'annonce comme l'un des plus gros sinistres de l'histoire du crédit privé.

Le groupe s'était développé à marche forcée par acquisitions successives, rachetant des marques diverses en recourant massivement à l'endettement. Au-delà des prêts classiques, First Brands s'appuyait sur des montages financiers sophistiqués : affacturage de créances clients et financement inversé de la chaîne d'approvisionnement.

Ces mécanismes hors bilan ont permis de minorer artificiellement le niveau d'endettement apparent. Les créanciers qui ont repris les rênes du groupe – parmi lesquels figurent plusieurs banques d'investissement comme Jefferies, UBS ou Santander – ont depuis découvert un édifice financier fragile, bâti sur des factures gonflées voire fictives. Certaines créances auraient même été gagées plusieurs fois auprès de différents prêteurs.

Un dossier sous surveillance judiciaire

La justice américaine s'est saisie du dossier et mène désormais une enquête sur les pratiques comptables du groupe. Patrick James, qui a démissionné au moment du dépôt de bilan, fait l'objet d'accusations de détournement de fonds par les créanciers.

Ces derniers tentent de récupérer une partie des sommes disparues (près de deux milliards de dollars manqueraient à l'appel).

Sodise et Schumacher consolident leur partenariat en France

Le grossiste de Briec (29) formalise ses liens avec la marque américaine d'outils de charge automobile. "Ce partenariat officialise une relation déjà solide et confirme la confiance que Schumacher accorde à Sodise", explique Franck Gilot, chef de produits Sodise. En effet, l'entreprise bretonne distribue déjà depuis longtemps les produits de la marque américaine.

Mais aujourd'hui, les deux partenaires vont plus loin. Ils avaient d'ailleurs officialisé le renforcement de leurs relations en marge d'Equip Auto 2025, notamment avec la présentation en avant-première du catalogue Sodise 2026-2027.

Stock, support et formation

"Notre objectif est d'assurer une disponibilité optimale des produits Schumacher et de renforcer leur visibilité auprès des distributeurs, garages et ateliers", précise Franck Gilot. Une volonté qui se concrétise maintenant sur le terrain. Ainsi, le site breton de Sodise accueille désormais un stock spécialement dédié.

Parallèlement, les équipes commerciales des deux acteurs renforcent désormais leur coordination. Elles prévoient notamment la mise en place de support technique et de formations pour les revendeurs et leurs clients techniciens d'ateliers. Enfin, les deux partenaires lancent également un service après-vente reposant sur le savoir-faire du grossiste français.

"S'appuyer sur Sodise, acteur reconnu pour son excellence logistique et sa présence nationale, est un levier majeur pour accélérer notre croissance en France et offrir un meilleur service aux utilisateurs professionnels", affirme David Legrand, directeur commercial de Schumacher Europe. Ces derniers bénéficient donc désormais d'un accompagnement complet, atout commercial primordial.

Febi étend son catalogue de pièces Tesla

Le spécialiste allemand de la pièce équivalente étoffe son catalogue avec quatre nouveaux étriers de frein. Febi (bilstein group) les a spécialement conçus pour équiper les Tesla Model S et Model Y. Ceux-ci sont d'ores et déjà disponibles sur la plateforme numérique de recherche de pièces en ligne du groupe, Partsfinder, sous les références 194914, 194915, 194944 et 194945.

Conformité d'origine grâce à la rétro-ingénierie

Cette offre s'adresse aux ateliers de réparation – concessionnaires compris – à la recherche d'alternatives de qualité équivalente aux coûteuses pièces d'origine. D'autant plus que pour l'instant, la disponibilité des produits concurrents est encore limitée. Cependant, ses concepteurs garantissent que ces pièces restent conformes aux spécifications d’origine de Tesla.

Ces étriers sont fabriqués avec un alliage d’aluminium haute résistance, habillés avec un revêtement anodisé dur. Celui-ci reproduit la couleur et la finition d’origine. Tandis que côté structure interne, les travaux de rétro-ingénierie de l'équipementier lui ont permis d'identifier les nuances de leur composition métallurgique.

Ces nouvelles pièces rejoignent ainsi les 200 références Febi déjà dédiées aux véhicules Tesla. L'offre comprend déjà des composants de liaison au sol (cardans, bielles…), de capteurs (ABS…), filtration, fluides, balais d'essuie-glace, etc. Le groupe consolide donc ainsi ses efforts en direction des véhicules électriques. Il s'adapte ainsi à l'évolution du parc roulant.

Alliance Automotive réorganise sa direction

2026 s'ouvre sur un changement de cap pour Alliance Automotive Group France. Quelques mois après la nomination de son nouveau directeur général, Albéric Chopelin, le groupement, qui emploie 4 300 collaborateurs à travers l'Hexagone, redessine son organigramme avec une nouvelle ambition : accélérer la prise de décision et clarifier les responsabilités dans un contexte de marché exigeant.

Une équipe recomposée

La nouvelle architecture managériale s'articule autour d'un équilibre entre stabilité et renouvellement. Si Sylvain Belorgey (direction administrative et financière), Pauline Jolly (ressources humaines), Luc Fournier (Back2car) et Mercilia Manolescu (informatique) conservent leurs attributions, trois personnalités rejoignent le cercle de direction.

Ancienne du groupe Stellantis, Lucile Olivas prend en charge les achats et l'offre. Issu également des rangs du constructeur, Thierry Poirat hérite du marketing et des réseaux, tandis que Grégoire Koudrine pilote désormais la supply chain et la logistique.

La promotion interne n'est pas oubliée : Julien Guenet accède à la direction des filiales et Marc Ripotot prend les rênes des ventes. Un directeur de la performance viendra compléter ce dispositif dans les semaines à venir, avec pour mission de renforcer le pilotage transversal.

Cap sur l'exigence

Cette réorganisation intervient alors que Steven Jouve, jusqu’ici directeur des ventes et des opérations, quitte ses fonctions. Albéric Chopelin salue son engagement tout en traçant une ligne claire pour l'avenir. "Notre priorité est claire : installer un pilotage managérial exigeant, fondé sur un équilibre strict entre croissance, rentabilité, engagement des salariés et satisfaction client", précise le dirigeant.

Le message se veut sans ambiguïté. "2026 est une année de vérité. Elle doit poser les bases d'une performance durable et d'une trajectoire de progrès continu au service de nos clients et partenaires", poursuit le dirigeant.

Filiale de Genuine Parts Company (GPC), AAG France approvisionne quotidiennement des dizaines de milliers de réparateurs en pièces de rechange, peinture, consommables et équipements d'atelier via son réseau de magasins de proximité.

Quelles enseignes automobiles séduisent le plus leurs clients ?

Dans l'univers des services automobiles, où chaque visite à l’atelier peut faire basculer une opinion, les avis Google sont devenus un baromètre incontournable. Raison pour laquelle Vasano dévoile l’édition 2025 de son Prix de l’enseigne la mieux notée sur Google. Ce palmarès, qui s'appuie sur l'analyse de plusieurs centaines de milliers d'évaluations publiées tout au long de l'année, récompense non seulement la qualité du service, mais aussi la capacité des réseaux à maintenir cette excellence sur l'ensemble de leurs points de vente.

Speedy maîtrise l'art du repositionnement local

Dans la catégorie des fast-fitters et centres autos, qui totalise plus de 147 000 évaluations, Speedy confirme son statut de référence. Leader pour la troisième année consécutive, l'enseigne affiche 4,61 sur 5 avec 24 991 avis. Derrière elle, Midas occupe la deuxième marche avec 4,54 sur 5 et un volume conséquent de 23 380 retours clients. Point S complète le trio de tête, maintenant une forte notoriété avec 4,40 sur 5 pour 7 890 avis.

Mais c'est surtout la stratégie de Speedy qui retient l'attention. "Nous avons pris un vrai risque en 2025 en changeant de solution d'avis clients en février pour être plus performants. Malgré ce changement majeur, nous avons su maintenir un très bon rythme, tant sur la note que sur les volumes d'avis et les taux de réponse", expliquent Bruno Tafanel, responsable CRM et e-réputation, et Romain Contrecivil, chargé e-réputation chez Speedy.

Principale innovation : l'introduction d'un benchmark concurrentiel local. "Un client ne regarde pas la note nationale : il regarde le meilleur centre autour de chez lui. Grâce à cette vision locale, nous avons pu accompagner les centres, catégoriser les motifs d'insatisfaction et grappiller des centièmes de point qui, cumulés, ont maintenu une excellente moyenne sur l'année", poursuivent-ils.

Chez les MRA, Motrio s'impose d'entrée

Pour cette édition 2025 de son palmarès, Vasano introduit une nouvelle catégorie : les garages automobiles – qu’on aurait pu aussi baptiser MRA. Parmi ces enseignes, c’est Motrio qui se distingue et prend la tête avec une note de 4,66 sur 5 et 7 798 avis, soit plus de 16 % des évaluations du secteur. L'enseigne du groupe Renault devance Delko, également noté 4,66 sur 5 pour 6 959 avis, tandis que le réseau Garages AD complète le podium avec 4,55 sur 5 et 7 945 commentaires.

Autosécurité reste en tête du contrôle technique

La régularité paie. Autosécurité le prouve en conservant la première place du secteur contrôle technique pour la quatrième année d'affilée. Avec une notation moyenne de 4,87 sur 5, parfaitement stable par rapport à 2024, l'enseigne a surtout accru sa visibilité : 81 191 avis collectés en 2025, contre 45 238 l'année précédente. Ces chiffres représentent près d'un tiers des évaluations du secteur.

Sécuritest talonne le leader avec une note quasi identique de 4,86 sur 5, appuyée sur un volume exceptionnel de 101 939 commentaires. Autosur ferme le podium en maintenant un niveau de satisfaction élevé de 4,79 sur 5 sur l'ensemble de son réseau.

France Pare-Brise prend l'avantage par la progression

Dans la catégorie des spécialistes du pare-brise, la progression constante fait la différence. France Pare-Brise s'empare de la première place grâce à une note en amélioration continue, atteignant 4,87 sur 5 en 2025 contre 4,84 l'année précédente. Avec 12 734 avis recensés, l'enseigne devance 123 Pare-Brise qui occupe la deuxième position avec 4,82 sur 5 et un volume imposant de 37 112 retours. Rapid Pare-Brise complète ce trio gagnant en affichant une satisfaction homogène de 4,80 sur 5 sur ses 4 034 avis.

Euromaster : la visibilité comme levier de croissance

Chez les pneumaticiens, Euromaster ne se contente pas de conserver son titre : l'enseigne creuse l'écart. Avec une note moyenne de 4,73 sur 5, le réseau du groupe Michelin s'appuie surtout sur une explosion de sa présence en ligne. Le nombre d'avis a pratiquement doublé en un an, passant de 18 636 à 35 802 évaluations. Cette dynamique place nettement l'enseigne devant Siligom, deuxième avec 4,59 sur 5 (1 602 avis), et Profil Plus qui affiche 4,58 sur 5 (3 809 commentaires).

"Lorsque les centres constatent que les avis Google influencent directement leur visibilité – jusqu'à 80 % des critères de classement local (récence, fréquence, volume d'avis) – le discours devient immédiatement concret", souligne Sylvain Ravinet, responsable e-commerce et expérience client d'Euromaster. "Le message est simple : plus d'avis, une meilleure note, et la visibilité progresse. Résultat, les centres comprennent que leur performance locale dépend directement de leur capacité à activer la satisfaction client", ajoute-t-il.

Dacia valorise sa constance

Dans le segment de la distribution, Dacia conserve sa couronne pour la deuxième année consécutive. Avec une notation de 4,86 sur 5, la marque affiche une légère progression et surtout une montée en puissance notable : 59 116 avis recensés en 2025, contre 45 824 l'année précédente. Cette dynamique témoigne d'une visibilité accrue et d'une légitimité renforcée auprès des acheteurs.

Audi grimpe d'une marche pour s'installer à la deuxième place. La marque aux anneaux affiche désormais 4,80 sur 5, en nette amélioration par rapport à son score de 4,71 en 2024, porté par 44 595 commentaires. Renault complète ce podium en démontrant que volume et qualité ne s'excluent pas : avec 166 431 avis, le constructeur français progresse à 4,75 sur 5, contre 4,72 l'an passé. Une performance d'autant plus notable qu'elle s'inscrit dans la durée et sur un réseau particulièrement étendu.

Ucar retrouve son trône

Dans la location de véhicules, Ucar reprend en 2025 la première place qu'elle occupait déjà en 2023. Avec 4,86 sur 5 et 1 716 avis, l'enseigne devance ADA qui affiche 4,59 sur 5 mais s'appuie sur un volume plus important de 3 678 retours. Sixt ferme le podium avec 4,37 sur 5 et une forte présence territoriale traduite par 14 717 avis. "Cette distinction a un impact très fort pour nous, car c'est un sujet que nous pilotons et sur lequel nous sommes extrêmement attentifs", confie Alexandre Faillat, directeur du réseau Ucar.

"Ucar repose quasi exclusivement sur un modèle de franchisés, avec très peu de succursales. Cette reconnaissance démontre avant tout le sens du service porté par les femmes et les hommes de notre réseau. Aujourd'hui, lorsqu'un consommateur choisit un restaurant, un hôtel ou un loueur de véhicules, il regarde d'abord les avis. Avoir une note élevée et être distingué par un prix comme celui-ci est une vraie fierté pour le réseau", précise-t-il.

Comment LPAO compte pousser plus loin le réemploi automobile

Fini le temps perdu à multiplier les appels pour traquer une pièce de réemploi. Pour aider les professionnels à trouver facilement leurs PRE, LPAO (La Pièce Aut'Occasion) propose, depuis 2019, un service de recherche sur mesure. Une prestation que la jeune entreprise a améliorée, depuis fin 2024, avec une nouvelle interface qui automatise la recherche parmi les stocks de ses centres VHU partenaires.

Baptisé Quick Scan et présenté lors du salon Equip Auto 2025, l'outil, testé en amont avec plusieurs garages, permet d’effectuer une recherche à partir d’un devis, d’un rapport d’expertise, d’une photo ou encore d’une simple note. Les lignes de demande, dont la plaque d'immatriculation, sont retranscrites automatiquement. Le garagiste vérifie, complète si nécessaire, valide, et la recherche démarre.

La solution ne se limite pas aux ateliers. Les experts y trouvent également leur compte, puisqu'ils peuvent désormais évaluer rapidement la disponibilité des pièces d'occasion et ajuster leurs estimations en conséquence. "L'objectif est de leur fournir une estimation plus juste, fondée sur la pièce d'occasion", précise Laetitia Glasser, directrice de la stratégie et du développement de LPAO. Un calcul plus réaliste qui peut faire la différence entre une réparation viable et une mise à l'épave prématurée.

Une réactivité pensée pour le terrain

Conçu pour répondre aux besoins de toute la chaîne, de l'apprenti à la comptabilité, l'outil archive chaque demande par plaque d'immatriculation. Un historique consultable à chaque passage du client au garage. La réactivité reste au cœur du dispositif : LPAO s'engage à répondre dans la demi-journée, souvent dans l'heure, grâce à des API connectées en temps réel aux stocks des centres partenaires. Cette connexion évite les mauvaises surprises, notamment lorsqu'une pièce vient d'être vendue ailleurs.

Lorsqu'un garage commande plusieurs éléments pour un même véhicule, LPAO centralise les approvisionnements. Une pièce peut venir de Marseille, une autre de Rennes, une troisième de Strasbourg : l'entreprise consolide le tout et transmet une offre globale avec un suivi détaillé. Pas de marketplace ici, mais un modèle basé sur deux relations bilatérales, l'une avec le garage, l'autre avec les centres VHU.

LPAO devient propriétaire de la pièce commandée et gère directement le service après-vente. En cas de problème, c'est l'entreprise alsacienne qui arbitre, évitant au garagiste de se retourner vers le centre expéditeur. Le client dispose de 15 jours pour renvoyer une pièce en cas d'erreur d'identification. Quand aucune Piec n'est disponible au moment de la demande, une attestation d'indisponibilité lui est fournie.

Environ 500 structures ont déjà adopté la plateforme, un chiffre en constante progression. Du côté des centres partenaires, la société alsacienne en fédère aujourd’hui une centaine. "Nous veillons à maintenir à leur égard un certain niveau d’exigence : pièces nettoyées, conformes aux photos, correctement emballées et garanties deux ans, contre un an en moyenne sur le marché. Nous prenons en charge la différence si ce n’est pas le cas", souligne Laetitia Glasser.

Un nouveau centre VHU pour LPAO

Autre projet d’ampleur mené par LPAO : la création d'un nouveau centre VHU, qui ouvrira ses portes au premier trimestre 2026 à Soufflenheim (67). Il remplacera l’ancien site localisé à Hoerdt, dont la configuration n’était plus adaptée aux ambitions de la jeune entreprise.

En effet, avec une capacité de traitement de 400 à 800 véhicules par an, la nouvelle structure vise à démanteler les voitures de manière bien plus exhaustive que ce qui se pratique habituellement. LPAO entend s’appuyer sur les données collectées via sa plateforme pour identifier précisément les besoins des réparateurs.

"Nous voulons aller beaucoup plus loin dans le démontage : ne pas se contenter d'une dizaine ou d'une vingtaine de pièces mises en avant, mais exploiter le véhicule de manière beaucoup plus complète", explique Laetitia Glasser.

Un engagement social autour de la réinsertion

Convaincue par les vertus de l’économie circulaire, LPAO élargit son périmètre d'action au-delà de la seule pièce automobile. L'entreprise a créé divers outils de gestion autour de la mobilité et travaille sur un programme de réinsertion professionnelle destiné aux militaires blessés de guerre, en partenariat avec le ministère des Armées.

Chaque année, environ 3 300 blessés au sein de l'armée de terre reviennent sans solution professionnelle stable. "Ces personnes n'ont actuellement aucune solution, les portes leur restent fermées", souligne la directrice du développement.

Le dispositif, déployé en pilote à Soufflenheim, prévoit une formation complète aux métiers de la filière VHU. L'armée assure le suivi médical et psychologique, tandis que LPAO accompagne et forme les bénéficiaires pour faciliter leur recrutement dans des centres VHU ou auprès d’autres professionnels de l’automobile (garages, carrosseries, etc.).

Pour structurer cette dimension sociale, LPAO a recruté un directeur spécialisé dans l'économie sociale et solidaire, Jérémie Lievin. L'ambition : accompagner d'autres entreprises dans leurs démarches RSE et créer des ponts avec les organismes compétents, ce qui est l'essence même de l'entreprise alsacienne.

Enfin, LPAO prépare l'intégration d'un indicateur d'empreinte carbone sur sa plateforme, permettant de mesurer les économies réalisées par véhicule ou par entreprise. Une fonctionnalité en cours de développement en interne, permettant un éclairage averti aux consommateurs et à "faible coût", précise le spécialiste de la Piec.

Macoproducts nomme Jacques Harivel directeur commercial France

Macoproducts confie à Jacques Harivel la responsabilité du développement commercial de Maco France. Selon l’entreprise, son rôle porte à la fois sur la mise en œuvre des orientations commerciales et sur le renforcement de l’équipe dédiée au marché français.

Jacques Harivel arrive chez Maco après plus de 25 ans passés au sein d’Alliance Automotive Group France. Il y occupait depuis 2018 le poste de directeur équipement d’atelier et outillage, après avoir été responsable de ce périmètre à partir de 2000. Ce parcours de terrain, au contact des réseaux et des ateliers, doit soutenir les "projets ambitieux" évoqués par René Kroon, CEO de Macoproducts, dans le communiqué annonçant cette nomination.

Fondée en 2014, l'entreprise néerlandaise développe, fabrique et distribue des savons microbilles, des lingettes nettoyantes et une gamme de produits de nettoyage, avec des implantations industrielles aux Pays-Bas, en France, en Pologne et en Australie.

Contrôle technique : l'Europe ne veut plus d'exemption pour les deux-roues

Jusqu'à maintenant, les États membres de l'Union européenne n'ont pas l'obligation d'imposer un contrôle technique des deux-roues, et plus largement des véhicules de catégorie L. En effet, celui-ci est exigé aux États qui ne peuvent pas instaurer de mesures alternatives pour renforcer significativement la sécurité routière. La France s'était longtemps cachée derrière ce point avant d'être finalement contrainte de franchir le pas en 2024.

Obligation de contrôle technique pour les plus de 50 cm³

Un récent projet de rapport de la commission des Transports du Parlement européen, rédigé par Jens Gieseke, revient notamment sur ce point. Ce contrôle technique "présente des avantages indéniables pour la sécurité routière", avance ce dernier.

Il développe : "Le contrôle des motocycles d'une cylindrée supérieure à 50 cm³ devrait être obligatoire. Les États membres devraient définir des intervalles appropriés, ainsi que les zones, les éléments et les méthodes de contrôle. Dès lors, la possibilité actuelle d'exemption pour les motocycles d'une cylindrée supérieure à 125 cm³ n'est plus pertinente, et le contrôle technique périodique devrait être obligatoire pour ces véhicules sans exception."

Ce projet voudrait donc à la fois ancrer l'obligation du contrôle technique des véhicules de catégorie L, mais plus seulement aux deux-roues de plus de 125 cm³ (ce qui déplaisait déjà à l'automne dernier). Cela pourrait concerner les plus de 50 cm³. Des amendements peuvent encore être déposés jusqu'à la mi-janvier, et le texte définitif ne sera pas entériné avant la fin février.

La télédétection pas encore obligatoire

Ce rapport de 61 pages confirme par ailleurs la suppression du projet d'annualisation du contrôle technique des véhicules de plus de dix ans. Autre point à souligner dans ce document : le recours à la télédétection. Le projet initial prévoyait une obligation de la mise en place de télédétection des émissions polluantes et du niveau sonore des véhicules, afin de les soumettre rapidement au contrôle technique s'ils ne répondent pas aux normes.

Ce nouveau rapport reconnaît que "la télédétection présente un potentiel considérable", mais estime que "cette technologie n'est pas encore suffisamment mature pour justifier son application obligatoire dans tous les États membres". Cela devrait donc demeurer un "outil facultatif" que les pays peuvent mettre en œuvre s'ils le souhaitent.

L’équipementier Triscan change de main

L'histoire de Triscan prend un nouveau tournant. John Blom Iversen, actuel président du conseil d'administration et ancien directeur général, ainsi que Bente Jørgensen, ancienne directrice financière et membre du conseil, ont décidé de céder une part significative de leurs actions.

Les deux dirigeants, qui ont largement contribué à transformer l'entreprise danoise, quittent également le conseil d'administration. Ce départ marque la fin d'une ère pour cette société qui s'apprête à célébrer en 2026 un demi-siècle d'existence.

Un repreneur américain aux ambitions européennes

L'acquéreur n'est pas un inconnu du secteur. APA Industries, fondé en 1984, produit plus de 9 000 références de pièces détachées pour véhicules européens, américains et asiatiques. Le groupe commercialise ses produits sous deux marques distinctes : ÜRO Parts, qui couvre le parc européen, et Autotecnica, pour les modèles asiatiques et nord-américains.

Depuis 2023, APA Industries est lui-même majoritairement détenu par le fonds d'investissement Riverarch Equity Partners, qui gère un portefeuille de 39 entreprises en Amérique du Nord et en Europe pour un total d'investissements dépassant 1,5 milliard de dollars.

"Nous nous réjouissons de notre collaboration avec APA et Riverarch. Nous établissons un partenariat fondé sur le respect mutuel et bénéficions de ressources qui soutiendront notre développement futur et apporteront une valeur supplémentaire à nos clients", commente Michael Juul Hansen, directeur général de Triscan.

Triscan veut un changement dans la continuité

Si le capital change de main, l'organisation reste stable. John Blom Iversen conserve une participation minoritaire aux côtés de plusieurs membres de l'équipe dirigeante, dont Asger Thybo Geertsen, Bo Schønfeld, Brian Lillelund Sørensen, Michael Juul Hansen et Morten Hallum. Cette configuration garantit une transition progressive.

Le groupe danois maintient son fonctionnement habituel depuis son siège social et son entrepôt central de Brabrand, ainsi que ses plateformes logistiques de Glostrup au Danemark et d'Iserlohn en Allemagne.

Lifting Pièces Auto : la famille au cœur du moteur

À l’origine, il y a un besoin, presque une frustration. Au début des années 2010, Aroussi Tiliouine, transporteur disposant d’un atelier à Pierrefitte-sur-Seine (93), se heurte à la difficulté de trouver rapidement des pièces pour ses utilitaires. Deux à trois jours d’attente pour une livraison, des camions immobilisés, des clients mécontents : de cette contrainte naît une idée.

En 2014, il ouvre son propre magasin de pièces détachées. "Il avait du mal à trouver de la pièce. Il s’est dit qu’il y avait un marché à prendre !", raconte son fils, Sofiane Tiliouine, aujourd’hui codirigeant de Lifting Pièces Auto. Le pari est vite gagnant : le premier point de vente de Pierrefitte-sur-Seine séduit une clientèle de professionnels qui peinent à trouver des distributeurs avec une offre adaptée à leurs besoins.

Pour Lifting Pièces Auto, le positionnement est donc évident : se spécialiser dans l’utilitaire et le poids lourd, deux segments où la rapidité et la fiabilité de l’approvisionnement sont vitales. "Notre but, c’est qu’un client qui entre chez nous reparte toujours avec quelque chose. On ne veut pas qu’il parte insatisfait."

Une ambition nationale

Le bouche-à-oreille fait vite son effet : le premier point de vente attire de plus en plus de professionnels, si bien que l’entreprise doit se déplacer à Saint-Denis (93) pour suivre le rythme de sa croissance. Ce succès francilien pousse même les dirigeants à voir plus loin. Trois ans plus tard, Lifting Pièces Auto quitte l’Île-de-France et pose un pied en région lyonnaise, à Vénissieux, avec un deuxième magasin.

En 2020, l’enseigne renforce son maillage francilien avec l’ouverture d’un site à Champigny-sur-Marne (94). En 2024, c’est au tour de Poissy (78) et Toulouse (31) d’accueillir deux nouvelles implantations. Désormais, cinq points de vente composent le réseau. En parallèle, un site internet est lancé dès 2017 pour faciliter les commandes et toucher une clientèle plus large.

Une expansion qui, pour l’heure, reste entre les mains du cercle familial. Mais l’entreprise n’exclut pas, à terme, de poursuivre son développement avec des partenaires franchisés. "Jusqu’à présent, notre développement s’est fait dans le cadre du cercle familial, avec les amis et les proches aussi. Mais notre objectif, à terme, c’est de créer une franchise. Notre concept peut être décliné dans de nombreuses régions", confirme Sofiane Tiliouine.

Il faut dire que la réussite de l’entreprise repose sur une équation que la famille Tiliouine connaît bien : une offre large, des tarifs compétitifs et une logistique rapide. Au total, les cinq magasins disposent aujourd’hui d’un stock dont la valeur est comprise entre quatre et cinq millions d’euros, soit près de 12 000 références. Et ce chiffre ne cesse de croître. "Quand un client nous demande une pièce qu’on n’a pas, on la commande une première fois, puis on la garde en stock. On apprend de chaque besoin terrain."

L’aventure a commencé avec Iveco

Pour constituer ce stock, Lifting Pièces Auto s’appuie sur de nombreuses marques OE. "Nous avons commencé par Iveco. Nous avons eu la chance d’obtenir un bon contact pour nous approvisionner en pièces d’origine, retrace le codirigeant. Au départ, c’était essentiel pour nous : prouver que nous pouvions distribuer de la pièce de marque, de qualité." Puis le distributeur a progressivement élargi son catalogue : Renault, Mercedes, etc. Aujourd’hui, son stock est composé à environ 60 % de pièces Iveco et 40 % d’autres marques.

Lifting Pièces Auto a également noué des partenariats privilégiés avec certains fournisseurs. L’entreprise est notamment le distributeur exclusif en France de la marque RSM Truck Parts, spécialisée dans la filtration pour véhicules utilitaires, poids lourds et engins agricoles. Ce partenariat pourrait d’ailleurs devenir un levier de développement pour les futurs franchisés. Les dirigeants envisagent d’accorder des exclusivités régionales sur la marque à leurs partenaires, une stratégie qui renforcerait la cohérence du réseau.

Autre collaboration importante : MJW, marque d’outillages proposant une garantie à vie. "Nous avons choisi MJW car nous connaissons les contraintes des ateliers. On sait ce que c’est d’attendre une semaine pour un cliquet remplacé sous garantie. Chez nous, pas de paperasse : tu ramènes ton outil cassé, on t’en donne un autre."

L’esprit d’atelier encore présent

Une approche simple, mais efficace, inspirée par leur expérience de terrain. "Avant de faire de la distribution, on était garagistes. Un client qui attend, un camion qui bloque tout un planning, on a connu ça."

Même si la mécanique ne fait plus partie de son cœur de métier, Lifting Pièces Auto conserve néanmoins un atelier à Saint-Denis. Ce garage est devenu un véritable laboratoire. Les nouvelles références, qu’il s’agisse d’outillage ou de pièces mécaniques, y sont testées avant leur mise sur le marché. "Quand on introduit une nouvelle marque, on ne la distribue pas directement. On la teste d’abord, pour s’assurer de la qualité. Si le produit est bon, alors on le met en distribution."

Cette proximité avec le terrain reste une force. L’équipe de l’atelier aide aussi les petits garagistes à identifier les pannes ou à gérer leurs retours de garantie. "Quand un démarreur revient en garantie, on le teste tout de suite. S’il ne fonctionne pas, on en donne un autre. Ce service, c’est notre façon d’aider les clients à ne pas perdre de temps."

Une expansion maîtrisée

Lifting Pièces Auto revendique d’ailleurs une approche différente, à rebours des grands modèles anonymes. Le distributeur entend cultiver un lien de proximité avec ses clients, qu’ils soient transporteurs, garagistes ou artisans. "Nous travaillons à fond avec nos clients, et de la même façon avec nos fournisseurs. Nous aimons avoir une approche familiale, pas seulement commerciale."

Cet esprit se retrouve aussi en interne. Chaque nouveau gérant de magasin passe par le site de Saint-Denis pour une période de formation. "Ils font leur stage là-bas pour comprendre notre vision et notre manière de travailler. Nous voulons qu’ils partagent la même approche : proximité, accompagnement et entraide", affirme Sofiane Tiliouine.

Lifting Pièces Auto cultive ainsi une forme de modèle horizontal, où la réussite de l’entreprise dépend de chacun. Les liens familiaux se transforment en levier de cohésion, au service d’un objectif partagé : faire grandir le réseau sans renier ses valeurs. Avec son concept éprouvé, l’entreprise familiale a d’ailleurs tous les atouts pour changer d’échelle sans renier son ADN.

Et Sofiane Tiliouine de conclure, fidèle à la philosophie maison : "On aime bien connaître nos clients, comprendre leurs besoins et les aider à avancer. C’est notre manière de travailler, et on ne la changera pas."

Pièces détachées : l’activité a reculé en fin d'année 2025

Après un mois d'octobre en légère hausse (+1 %), la distribution de pièces détachées automobiles et poids lourds replonge en novembre. Le chiffre d'affaires des distributeurs recule de 3,3 % sur le mois, confirmant ainsi le ralentissement progressif observé depuis le début de l’exercice par le baromètre Feda.

Précisons que la comparaison avec novembre 2024 se fait à périmètre constant, les deux années comptant le même nombre de jours ouvrables, ce qui rend la baisse d'autant plus significative.

Le VL plus touché que le PL

Le segment véhicule léger affiche une contraction de 3,5 % en novembre. Seule note positive : les prestations atelier progressent de 7 %. En revanche, toutes les autres activités reculent : la peinture-carrosserie perd 3 %, tout comme la pièce mécanique. Les ventes d’équipements et d’outillages décrochent de 4,5 %. Sur les onze premiers mois de l'année, l'activité VL maintient toutefois la tête hors de l'eau avec une évolution positive de 0,2 %.

Le poids lourd résiste un peu mieux avec un repli limité à 2 % sur le mois de novembre. Néanmoins, toutes les composantes de l'indice PL sont dans le rouge : les équipements et outillages accusent la plus forte baisse à -5 %, suivis des prestations atelier (-2 %) et des pièces à client final (-1,5 %). En cumul annuel, le segment affiche une croissance de 0,6 %.

Les chiffres de décembre seront déterminants pour savoir si la profession est parvenue à boucler l'exercice 2025 sur une note positive ou si ces résultats feront définitivement basculer le bilan annuel dans le rouge.

Pièces d'occasion : SRA lance son label qualité

Depuis le 1er janvier 2026, le label "Recycleur vertueux" entame son déploiement. Après deux ans de gestation, SRA concrétise ainsi un projet annoncé dès 2024. L'association d'assurances (Axa, Covéa, Generali, etc.), également affiliée à France Assureurs, délivre donc son label aux centres de recyclage automobile produisant des PRE. Non seulement celui-ci garantit les bonnes pratiques autour de leur production, mais il classifie aussi les pièces d'occasion. Un gain de temps pour les réparateurs et un encouragement à utiliser cette alternative à la pièce neuve.

La PRE devant le recyclage de matière

En effet, ce label classe les PRE produites sur un site en quatre catégories. Selon leur état et les interventions nécessaires pour les réemployer, elles sont notées de Q1 à Q4. Cette classification homogénéisée devrait ainsi faciliter la vie des réparateurs, en leur donnant une idée précise de leur qualité. Par ailleurs, elle pousse les centres VHU à produire des PRE de valeur.

Parallèlement, les "recycleurs vertueux" doivent d'abord être en conformité avec les normes environnementales. Ils doivent donc obligatoirement adhérer à l'éco-organisme Recycler mon véhicule. Ensuite, leur évaluation dépendra aussi du nombre et de la nature des composants remis en circulation. Celui-ci sera privilégié par rapport à leur poids recyclé. Un moyen de distinguer les recycleurs de pièces de ceux de matières.

Parallèlement, les sites concernés doivent produire leurs pièces d'occasion suivant les principes de qualité et de sécurité – notamment en adoptant des pratiques RSE. Ils doivent également les commercialiser en respectant le taux de TVA adéquat et les livrer avec un minimum de garanties.

Tournant pour la profession et levier pour les assurances

Enfin, leurs PRE doivent être traçables. Cette dernière exigence valorise celles produites par les professionnels, face à celles circulant hors du cadre légal – notamment sur internet.

L'attribution de ce label est soumise à des audits annuels. Le premier sera effectué sur site, pour évaluer ses performances. Ensuite, leur examen sera vérifié tous les un à deux ans. Leur note finale pourra ensuite être exploitée par les centres VHU pour répondre aux appels d'offres des assurances. Celles-ci pourront ensuite pousser encore davantage les réparateurs à utiliser les pièces d'occasion en les orientant vers des centres référents.

Mais surtout, la généralisation de ce label chez les recycleurs pourrait accélérer la transformation de leur profession. En effet, cette dernière se structure depuis quelques années, avec l'essor de la pièce d'occasion. Mais l'homogénéisation de leur qualité et des services les accompagnant à travers toute la France marquerait une évolution majeure du secteur. En particulier, les entreprises les mieux structurées pourraient accélérer leur développement, face à celles incapables de répondre à certains critères du label, impliquant notamment leur digitalisation étendue... Un clou supplémentaire dans le cercueil des casseurs traditionnels et un tremplin pour les recycleurs 2.0.

Les plaques roses ne suffiront pas contre la fraude selon la Fiev

Plus de 400 000 véhicules circulent chaque année avec une immatriculation provisoire WW ou W garage. Depuis le début de l'année, ces plaques temporaires doivent obligatoirement arborer un fond rose avec des caractères noirs, conformément au décret publié au Journal officiel le 2 décembre dernier.

Pour les immatriculations WW, la date d'expiration figure directement sur la plaque. L'objectif affiché par les pouvoirs publics : faciliter le travail des forces de l'ordre et lutter contre l'usurpation d'identité par l'édition de fausses plaques.

Un dispositif de sécurisation renforcé

Si la profession salue cette avancée, elle estime qu'elle ne constitue qu'une première étape. La section plaques de la Fiev, avec le soutien de l'association 40 Millions d'Automobilistes, milite pour aller plus loin en sécurisant le processus même de fabrication et de délivrance.

Le principe défendu repose sur un système de traçabilité établissant une cohérence entre la plaque, le code du fabricant et le point de réalisation. Ce dispositif permettrait aux autorités de vérifier rapidement la conformité d'une plaque lors d'un contrôle et de remonter jusqu'à son origine en cas d'anomalie.

"Si l'État ne peut pas imposer le contrôle d'identité pour la réalisation d'une plaque, nous proposons de sécuriser la plaque elle-même. La plaque d'immatriculation est un moyen d'identification des véhicules : la sécurisation de son processus de réalisation et de délivrance est indispensable", explique André Bouchenoire, président de la section plaques de la Fiev.

Des milliers d'automobilistes victimes chaque année

La fraude aux plaques d'immatriculation constitue un fléau pour les automobilistes. Les fausses plaques reproduisant l'immatriculation d'un véhicule existant (aussi appelées "doublettes") se comptent par milliers chaque année. Les victimes se retrouvent à devoir justifier qu'elles n'étaient pas au volant lors d'infractions ou de délits commis avec leur numéro d'immatriculation.

La Fiev insiste sur la nécessité d'une action collective et appelle le gouvernement à organiser une concertation entre autorités publiques, fabricants et associations d'usagers. Son souhaite est de traduire rapidement cette proposition par un décret pour renforcer la protection des millions d'automobilistes français face à ces fraudes.

Huiles moteur : Renault lance une gamme à faible empreinte carbone

Le constructeur automobile Renault affirme être le premier constructeur à proposer une gamme complète d'huiles moteur formulées à partir d'huiles re-raffinées. Développées avec Castrol et commercialisées sous le nom de Renault Castrol GTX, ces huiles visent à réduire l'empreinte carbone tout en étant conformes aux spécifications techniques du constructeur.

"Ce lancement fait de Renault Group le premier constructeur automobile à fournir à l'ensemble de sa gamme de véhicule récente des lubrifiants de nouvelle génération formulés avec des huiles de base re-raffinées", souligne François Delion, directeur après-vente monde de Renault Group.

La première référence concernée est l'huile RN17 (5W-30). Elle est déjà disponible dans les concessions européennes et couvrirait plus de 50 % des véhicules du groupe actuellement en circulation en Europe.

La gamme d'huiles comprend déjà plusieurs références, dont RN700 et RN710. D'autres huiles doivent être ajoutées progressivement afin de couvrir l'ensemble des motorisations du groupe d'ici 2026. Renault indique vouloir proposer exclusivement ces produits à ses clients.

Une huile présentée comme équivalente aux huiles classiques

L'utilisation d'huiles re-raffinées repose sur le recyclage d'huiles usagées, traitées grâce à un procédé industriel avancé. Selon Renault, ce mode de fabrication permet de réduire l'empreinte carbone de 13 à 24 % par rapport aux huiles traditionnelles, tout en utilisant moins de pétrole brut.

Pour Castrol, ce partenariat repose sur un travail de développement mené avec le constructeur. "En co-développant ces produits, nous aidons Renault Group à répondre aux besoins des clients d'aujourd'hui et de demain avec des lubrifiants performants et à faible empreinte carbone, au sein d'un secteur automobile circulaire", précise Slawek Radon, vice-président développement commercial et partenariats de Castrol.

Les deux partnaires assurent que ces huiles atteignent un niveau de qualité comparable à celui des huiles vierges. Elles répondraient aux exigences techniques actuelles en matière de protection du moteur et de performance.

Ce lancement intervient alors que la marque Castrol fait l'objet de discussions stratégiques. Sa maison mère, BP, envisage une possible cession de sa filiale dans le cadre de son plan de désinvestissement.

Plus de 1 000 centres VHU ralliés à Recycler Mon Véhicule

Un an et demi après son lancement, Recycler Mon Véhicule (RMV) peut se targuer d'avoir tenu ses promesses. Vincent Salimon, président de l'éco-organisme et du directoire de BMW Group France, n'a pas caché sa satisfaction lors d’un point d’information tenu début décembre 2025 devant de nombreux déconstructeurs.

"L'année 2025 a été intense, exigeante, structurante, mais surtout collective", souligne-t-il. Les objectifs fixés au démarrage ont été atteints, voire dépassés sur certains segments.

Sur le marché des deux/trois-roues et des voiturettes sans permis, RMV revendique 57 % de parts de marché avec 36 adhérents, se positionnant ainsi en leader. Sur les véhicules particuliers et utilitaires légers, l'organisme affiche 10 % du marché, conformément aux ambitions initiales face à la multiplicité des systèmes individuels agréés.

Un réseau dense au service de la proximité

Le déploiement territorial constitue l'une des grandes réussites de cette première année pour Recycler Mon Véhicule. Avec 1 060 centres VHU partenaires, l’éco-organisme dépasse largement l'objectif symbolique du millier initialement visé. "Notre réseau est dense, il couvre l'intégralité du territoire, ce qui nous permet d'assurer un service de proximité", précise Vincent Griffon, responsable des partenariats.

Pour favoriser le développement de ce réseau de centres VHU, l’éco-organisme entend conduire ses actions autour de deux axes : simplification et accompagnement.

"Sur la simplification, nous avons travaillé avec les systèmes individuels et les fédérations Mobilians et Federec pour faciliter votre quotidien. Nous nous sommes concentrés notamment sur la simplification des audits, avec la mise en place d’une grille commune d’audit, afin de ne pas changer le process déjà en place dans vos centres", explique Claire Deroche, chargée de mission performance.

La remontée des données a également fait l'objet d'une attention particulière. Objectif : éviter la multiplication des systèmes d’information. RMV a ainsi obtenu le maintien de l'outil Syderep au-delà de 2027 et son évolution pour automatiser davantage les déclarations réglementaires.

Des performances environnementales en progression

Sur le plan des objectifs réglementaires, la trajectoire apparaît globalement favorable. En matière de réemploi de pièces, le réseau de RMV atteint 12 % sur les véhicules particuliers et utilitaires, pour une ambition fixée à 16 % à l'horizon 2028.

"Ce n'est pas inatteignable, mais il faut continuer à travailler dans ce sens", analyse Claire Deroche. Sur les deux/trois-roues, les centres spécialisés affichent environ 30 % de taux de réemploi, pour un objectif de 40 %, même si les données restent encore à consolider sur l'ensemble des acteurs.

Les fluides frigorigènes font également l'objet d'une attention spécifique. Une étude menée avec des recycleurs volontaires a permis de quantifier la part récupérable dans les véhicules, avec des résultats qui placent la filière au-dessus des objectifs réglementaires.

Autre priorité de RMV : lutter contre les filières illégales, en particulier dans les territoires ultramarins. Une étude menée dans ces régions met en évidence un phénomène préoccupant : en 2024, le taux d’abandon y dépasse 10 %. Pour sensibiliser les populations locales, l’éco-organisme a notamment misé sur un levier original avec "Car Life Tycoon", un jeu qui place le joueur dans la peau d’un gestionnaire de centre VHU confronté aux circuits clandestins.

L'extension à la filière batteries

Face à l’électrification du parc roulant, l’éco-organisme avait également fait de l’obtention de l’agrément pour la filière batteries une étape importante dans son développement. C’est chose faite depuis août dernier.

RMV devient ainsi le seul éco-organisme agréé tant pour les véhicules hors d'usage que pour les batteries de véhicules électriques et hybrides. "Cette extension de notre mission s'inscrit dans la continuité de notre engagement aux côtés des constructeurs, importateurs et opérateurs", affirme Vincent Salimon.

La logique industrielle plaide pour cette intégration : on estime que 73 % des batteries seront collectées dans les centres VHU. Dès janvier 2026, l'éco-organisme prévoit de proposer un service de collecte et de prise en charge des accumulateurs au sein de son réseau.

Les enjeux sont considérables. À partir de 2030, quelque 50 000 véhicules électriques devraient atteindre la fin de leur cycle de vie chaque année. La réglementation impose des objectifs chiffrés : au moins 70 % de la masse des batteries devront être recyclés d'ici la fin de la décennie, et 80 % du lithium valorisés d'ici 2031.

Pour accompagner cette montée en puissance, RMV prévoit d’accompagner les déconstructeurs qui ne sont pas encore habilités à démonter les batteries haute tension.

Retrouvez en vidéo la conférence complète organisée par Recycler Mon Véhicule et la table ronde consacrée à la pièce de réemploi :

Exosquelettes : la solution Würth pour les ateliers

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Jade Descouture, une trajectoire à plein régime chez Eudiff

À première vue, la scène pourrait sembler anecdotique. Elle est en réalité fondatrice. Pour beaucoup d'acteurs du monde de la rechange automobile, le visage de Jade Descouture reste associé à une vidéo marquante diffusée par son ancien employeur. En 2023, au moment de dévoiler First, sa nouvelle plateforme nationale, Alliance Automotive Group (AAG) publie un clip de sa jeune collaboratrice au volant d’une Chevrolet Camaro aux couleurs de sa marque Napa, circulant dans les entrailles de l’entrepôt.

Une mise en scène inhabituelle dans l’univers de la communication, qui place la collaboratrice au premier plan et reflète assez bien son tempérament : volontaire, assurée et animée. Du haut de ses 27 ans, Jade Descouture s’impose comme une personnalité singulière dans le paysage de la rechange tricolore. Son parcours et son discours rappellent que la légitimité ne dépend ni de l’âge, ni du genre. La sienne est pleine et entière.

Son histoire avec l’automobile remonte loin. Fille de mécanicien, elle évoque ce souvenir souvent raconté par ses proches : ses premiers pas dans le garage familial. "Il paraît que je faisais de la mécanique dès l’âge de 1 an", sourit-elle. Elle met très tôt les mains dans le cambouis et se retrouve dès son adolescence à démonter et remonter des moteurs.

Une Golf 1 offerte par son grand-père, une Coccinelle et même une Porsche, rien ne résiste à Jade et son groupe de copains. Là où certains parents préfèrent éviter "les tâches qui tachent", les siens la laissent faire. Une forme d’éducation qui favorise l’épanouissement, aide à grandir et donne confiance.

Une vocation née très tôt

Après le collège, à l’heure de choisir sa voie, elle prétend au meilleur. Le Garac, l’École nationale des professions de l’automobile, est l’établissement de référence du secteur. Un premier virage et un moment fort. "En intégrant le Garac, cette passion devenait concrète. J’y ai passé de très belles années avec des formateurs de grande qualité, ainsi que des expériences et des rencontres incroyables."

En parallèle, jamais à court d’idées, elle intègre une équipe de rallye-cross pour préparer les voitures et assurer l’assistance les jours de course. Une expérience marquante vécue à 15-16 ans, à un âge où beaucoup en sont encore aux hésitations de l’adolescence. "J’ai eu la chance de ne jamais être freinée dans mes projets. Ma mère, tout particulièrement, a été très importante en ne cessant de m’encourager et de m’accompagner."

Après avoir décroché un bac pro puis un BTS, elle opte pour une licence OMSA (Organisation et management des services de l’automobile) pour compléter son expertise avec de la gestion d’entreprise. Au sortir de ce cursus, elle débute sa carrière chez Alliance Automotive Group dans un marché de la rechange qui lui est déjà familier. "Je connaissais ce monde-là pour l’avoir côtoyé avec mon père. Je l’accompagnais déjà enfant lorsqu’il allait chez des distributeurs."

De la formation au terrain

Dès cette première expérience, chose qui n’a rien de commun pour une débutante, elle se voit confier la responsabilité de déployer dans l’Hexagone Napa, la marque de distribution du groupement. Pendant trois ans, Jade Descouture s’investit totalement dans sa mission.

"Le challenge était immense avec Napa. Il a fallu l’adapter au marché français, la faire connaître au plus grand nombre et aussi l’incarner, détaille-t-elle, d’où ce fameux clip. Au final, je n’ai pas eu de mal à quitter Alliance, car nous n’étions plus en phase, mais j’ai eu beaucoup plus de mal à me détacher de Napa."

À l’été 2024, elle rejoint le distributeur Eudiff et change d’environnement. Entre le géant américain et la PME normande, alors affiliée au réseau Precisium, elle retrouve un environnement plus sain et un patron, Antoine Beaudet, qui va vite mais n’oublie jamais personne en route. "Antoine est clairement mon mentor professionnel. Il est à l’écoute, il accorde une grande importance à l’humain, il sait emmener tout le monde dans un projet."

Pour elle, le projet Eudiff a un titre – responsable marketing et communication – mais aussi un champ d’exploration extrêmement vaste, son poste ayant été créé à son arrivée pour renforcer l’organisation et pérenniser la croissance de la structure basée à Eu (76).

Elle s’y sent à sa place, consciente d’être au début d’un parcours. Peu encline à se projeter sur le futur, on parierait bien volontiers pour elle et sans trop se tromper que le meilleur est encore à venir. Aujourd’hui, l’essentiel porte sur Eudiff et aussi sur ses propres convictions.

La place des femmes dans la rechange

Car tout en affirmant ne pas être féministe, Jade Descouture se dit également très concernée par la place des femmes dans un monde encore trop masculin. "Je n’aime pas “genrer” les situations. Malgré tout, j’estime qu’il faut valoriser les femmes dans cet univers, affirme-t-elle. Je me rappelle qu’en entrant au Garac, nous n’étions que trois ou quatre filles. Comme tant d’autres, on m’a moins accordé le droit à l’erreur. J’ai dû en faire plus qu’un homme pour avancer. Même s’il ne faut pas tomber dans les généralités, c’est aussi notre réalité…"

Sans en faire des caisses, la voilà qui pose des mots, et des bons, sur cette situation. Mais en donnant le change, en se montrant exemplaire et totalement investie, Jade Descouture matérialise aussi un parcours et une réussite auxquels des jeunes femmes pourront se rattacher.

Une fois n’est pas coutume, la conclusion ne nous reviendra pas. Le 11 octobre 2025, à l’occasion de la Journée internationale des droits des filles, elle a publié sur le réseau LinkedIn ce post aux mots ciselés : "Petite, on m’a dit que la mécanique, ce n’était pas pour les filles. J’ai répondu en serrant mes premiers boulons. Et de vous à moi, je n’ai jamais trop aimé qu’on me dise ce que je devais faire. Arrêtez de vouloir rentrer dans les cases. Créez-en de nouvelles. Foncez. Ratez. Apprenez. Recommencez, mais surtout faites-le pour vous ! J’ai choisi ma voie, celle qui sent l’essence, les moteurs et les défis. Et je n’ai surtout écouté personne, sauf moi ! Alors à toutes les petites (et grandes) filles : faites ce que vous aimez, ce qui vous fait vibrer. Le reste suivra, toujours !" CQFD.

Covéa divise par quatre son réseau de centres VHU partenaires

Le changement s'annonce brutal pour les recycleurs automobiles. Covéa confirme la résiliation de 57 conventions de partenariat avec des déconstructeurs agréés, ne conservant que 16 acteurs triés sur le volet. Parmi eux, 14 collaboraient déjà avec l'assureur mutualiste.

Le groupe justifie cette décision par la nécessité d'aligner les partenariats avec ses objectifs de réparation durable. Selon les propos de David Thévenot, responsable du pôle réseaux auto de Covéa, relayés par nos confrères de L’Argus de l’assurance, les 16 entreprises retenues disposent d'un maillage compris entre 50 et 60 centres de traitement répartis sur le territoire métropolitain, hors Corse et outre-mer, complétés par 250 à 300 points relais.

Chaque partenaire se verra confier un volume de véhicules plus important, avec une règle stricte : la dépendance économique vis-à-vis de Covéa ne devra pas excéder 25 % de leur activité.

Covéa entend favoriser l’essor de la Piec

Le nouveau cahier des charges imposera aux centres agréés de déconstruire 70 % des épaves reçues, contre seulement 50 % au maximum actuellement selon David Thévenot. Cette hausse significative doit permettre de produire davantage de pièces issues de l’économie circulaire (Piec).

"Covéa souhaite améliorer la production de pièces de réemploi pour enrayer l’inflation du coût des réparations et, en particulier, des pièces détachées neuves", confirme Célia Keller, attachée de presse du groupe.

Les recycleurs devront également mettre en vente leurs pièces démontées sur la plateforme Carrosity, détenue conjointement par Covéa et le groupe Faubourg. Objectif : faciliter l'accès aux 4 300 carrossiers agréés du réseau mutualiste qui réalisent près de 600 000 réparations annuelles sur les véhicules assurés.

Une accélération inévitable de la consolidation du secteur

La stratégie de Covéa, suivie par La Macif qui a aussi resserré son réseau de partenaires déconstructeurs (41 à 24 établissements), accélère mécaniquement la concentration du marché. Selon Patrick Poincelet, président de la branche des recycleurs de Mobilians, seules 150 entreprises maximum disposent encore d'une convention avec un assureur, contre plus de 300 il y a cinq ans.

Et cette contraction devrait se poursuivre sous l’effet de la loi Agec et de la directive européenne sur la déconstruction automobile. Directrice générale d'Indra Automobile Recycling, Florence Bailleul estime que sur les 1 700 centres agréés en France, seulement 800 à 900 sites auraient suffisamment investi pour franchir cette première étape de sélection.

Rodrigo Lopes Rocha, SKF : "Le baromètre de la Fiev est un outil essentiel"

Le Journal de la Rechange et de la Réparation : La Fiev a dévoilé lors du salon Equip Auto son dernier baromètre sur l’activité de la rechange. Par rapport au premier trimestre, il affiche une progression de 2,3 %. Cette hausse est-elle le signe d’un vrai redémarrage du marché ?

Rodrigo Lopes Rocha : On peut répondre par l’affirmative, avec quand même quelques réserves. Par rapport au trimestre précédent, on observe déjà une légère hausse. Donc ça veut dire que le marché, en tout cas la réparation, reste constante dans son développement. Ces augmentations restent toutefois assez limitées et très basses.

 

J2R : Dans un contexte toujours plus complexe, comment ces données peuvent-elles guider distributeurs et réparateurs ?

R.L.R. : La difficulté majeure reste de savoir précisément ce que les clients font réparer. Et là, on se heurte parfois à une méconnaissance totale du marché. Pour eux, c’est difficile mais grâce à nos panels, nous pouvons aider les acteurs du marché à se repérer sur des questions très concrètes.

Pour nous aussi, équipementiers adhérents à la Fiev, ce baromètre est essentiel : il fournit des statistiques détaillées par famille de produits. Cela permet d’identifier les tendances, d’analyser nos volumes, de nous situer face à la concurrence et de suivre notre part de marché. L’ensemble de la profession y gagne, et nous avons considéré ce baromètre comme une priorité à mettre en place.

 

J2R : Vous venez de parler de priorité. Ce baromètre répond-il à un réel besoin du marché ?

R.L.R. : Oui. Nous avons tous une vision globale du marché et de son chiffre d’affaires, mais dès qu’il s’agit d’entrer dans le détail produit par produit, l’information devient difficile à obtenir. Ce baromètre apporte justement ce niveau de granularité.

Chaque acteur de la rechange cherche aujourd’hui à savoir comment se comportent ses lignes de produits. Et, in fine, ce sont les clients – le consommateur final – qui en tirent le plus profit : ce sont eux qui expriment la demande de réparation et qui règlent la facture.

 

J2R : Depuis votre arrivée à la tête de la commission aftermarket de la Fiev, quel premier bilan tirez-vous de votre action ? 

R.L.R. : Notre priorité est de fournir à nos adhérents des outils comme ce baromètre, qui constituent une vraie valeur ajoutée pour piloter leur activité. Nous travaillons également sur les conditions générales de vente de grands constructeurs comme Renault ou Stellantis.

Dans ce type de dossier, l’appui de la Fiev est indispensable pour instaurer un dialogue constructif entre constructeurs et équipementiers, et parvenir à des accords équilibrés. Lorsqu’un cadre global est trouvé, les équipementiers avancent plus facilement vers la signature de conditions commerciales.

 

J2R : Chez SKF, où vous assumez la direction commerciale France, quelles sont aujourd’hui vos missions principales ?

R.L.R. : Mon rôle est de développer nos ventes, d’animer et d’accompagner les équipes et de trouver, avec elles, des solutions permettant aux distributeurs de nous faire confiance. Notre approche est celle d’un concept complet de réparation.

Nous travaillons pour les mécaniciens et pour les garages : ils doivent trouver dans la boîte toutes les pièces nécessaires, au bon prix, accompagnées d’images, de références et d’informations techniques fiables. L’idée, c’est qu’ils n’aient qu’à ouvrir la boîte, remplacer et réparer.

 

J2R : Depuis votre arrivée chez SKF il y a près de 25 ans, ces missions ont-elles évolué pour s’adapter à la demande du marché, notamment avec l’essor de l’achat de pièces en ligne ? 

R.L.R. : Pas fondamentalement. Qualité, service et informations techniques restent des attentes fondamentales pour nos distributeurs. La vraie évolution tient à la data et à l’accès à l’information, qui ont profondément libéré le marché. Disposer des bonnes données est devenu le nerf de la guerre. Concernant l’achat de pièces en ligne, le marché a stagné : on a de nouveaux modes de commande, comme celui d’Autodoc Pro, qui trouveront leur place, mais sans bouleverser l’ensemble.

À nous, distributeurs et équipementiers, de proposer des produits et des services à la hauteur de la valeur perçue. Cela ne signifie pas être les moins chers, mais il faut avoir une offre cohérente pour que le client se dise : "Je préfère cette référence plutôt qu’une autre."

 

J2R : Vous avez présenté trois innovations lors du salon Equip Auto. En quoi reflètent-elles l’ADN de SKF ?

R.L.R. : SKF veut être présent de manière active sur le "powertrain", les solutions roues en première monte et le développement de nouveaux produits. À la rechange, notre rôle est de mettre ces technologies à disposition de nos distributeurs et de leurs garages.

C’est la force de SKF : la double compétence entre première monte et aftermarket. Nous faisons tout pour que tout réparateur puisse intervenir et assurer la maintenance des véhicules.

 

J2R : Quelles sont vos attentes pour l’avenir, pour le secteur comme pour SKF ?

R.L.R. : Je pense que l’arrivée de l’intelligence artificielle va beaucoup aider nos équipes à gagner en productivité et libérer du temps pour la relation client. Chez SKF, notre objectif est clair : démontrer que nous proposons des produits techniques et qualitatifs, mais aussi des solutions tarifaires adaptées. La confiance en la marque est essentielle.

Pour l’avenir, nous voulons rester au plus près de nos clients et leur fournir les outils qui permettront de réduire les émissions de CO2 et d’accompagner la transition vers des véhicules toujours plus propres.

Carrosserie : le top 10 des articles 2025

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#6. Face à la concurrence, Omia contre-attaque avec une cabine de peinture évolutive

#7. Carrosserie : Albax-Lecoq change d’identité et élargit son offre

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#9. Salon du Cesvi 2025 : toujours plus fort, toujours plus haut

#10. Lacour rachète Proger et revendique le leadership européen des logiciels d’après-vente

À Bron, les élèves mécaniciens cherchent des véhicules pour apprendre autrement

Au lycée professionnel des métiers de l'automobile Émile Béjuit, à Bron (69), des élèves de terminale bac pro maintenance des véhicules ont choisi de confronter leur formation aux réalités du terrain.

Leur projet, mené dans le cadre du chef-d’œuvre comptant pour l’examen, repose sur une idée simple : permettre à des particuliers de donner un véhicule au lycée pour servir de support pédagogique.

De vrais véhicules pour des compétences concrètes

Encadrés par leur enseignant de mécanique automobile, Christophe Munoz, les élèves ont conçu ce projet dans son ensemble, jusqu’à la réalisation d’un flyer expliquant la démarche. Objectif : travailler sur des véhicules ayant une histoire, des pannes identifiées ou latentes, et non sur des modèles strictement dédiés à l’enseignement.

Une approche qui permet de développer des compétences techniques directement transposables en atelier, tout en renforçant l’autonomie et la capacité de diagnostic.

Le lycée précise toutefois le cadre de l’opération. Il ne s’agit pas de récupérer des épaves, mais des véhicules encore en état de démarrer et présentant un intérêt pédagogique. Une contrainte indispensable pour garantir des conditions de travail proches de celles rencontrées dans les garages. Au-delà de la mécanique pure, le projet intègre les démarches administratives liées à un véhicule.

En donnant une seconde vie à un véhicule, les donateurs contribuent directement à la montée en compétences de futurs professionnels, tout en participant à une démarche à la fois pédagogique et solidaire. Les particuliers intéressés par cette démarche peuvent contacter le lycée de Bron et remplir le formulaire dédié.

Est Entrepôt, une histoire de famille qui continue de grandir

Fondée en 1989 par Jean-Luc Picard, Est Entrepôt fait partie de ces entreprises familiales qui ont su traverser les décennies sans perdre leur cap. Le passage de relais avec son fils Arnaud, effectif depuis le début de l’année, marque une nouvelle étape, sans rupture, dans l’histoire de la plateforme de Jarville-la-Malgrange (54), près de Nancy.

Mon père a bâti une entreprise solide et respectée. Je continue à écrire cette histoire, en gardant nos valeurs familiales tout en accélérant notre développement nationalsouligne Arnaud Picard, désormais président d’Est Entrepôt.

Preuve que la transmission s’est faite dans la continuité : la dynamique engagée depuis plusieurs années ne faiblit pas.

L’entreprise, qui emploie 42 collaborateurs, affiche une croissance de 13 à 14 % en 2025. Une progression qui repose sur une stratégie éprouvée : rester un stockiste indépendant, capable de conjuguer profondeur d’offre et maîtrise logistique.

L’échappement, encore et toujours

L’échappement fait partie intégrante de l’ADN d’Est Entrepôt. Cette ligne de produits, souvent jugée complexe à gérer en raison du volume et des faibles rotations, représente environ 10 % du chiffre d’affaires de l’entreprise. Alors que de nombreux distributeurs s’en détournent, la société familiale fait le pari inverse : renforcer son expertise et son stock.

Début 2025, plus de 2 500 références supplémentaires ont été intégrées au catalogue, portant le total à près de 9 000 références hors accessoires. Ce développement s’est appuyé sur l’arrivée de deux nouveaux partenaires, AS et Imasaf, qui complètent les produits de Veneporte, MTS et BMC. Le choix est payant : l’entreprise dispose aujourd’hui de l’un des stocks d’échappement les plus importants de France.

"Ces cinq marques peuvent parfaitement cohabiter, avec des positionnements complémentaires. C’est cette diversité qui nous permet d’être compétitifs et de répondre à tous les besoins", ajoute le président.

Une logistique et une force commerciale redimensionnées

Pour soutenir cette montée en puissance, Est Entrepôt a mené plusieurs investissements dans ses infrastructures. L’entreprise a ajouté 3 500 m² à sa surface de stockage, dont 1 500 m² spécifiquement dédiés à l’échappement. Des mezzanines et de nouveaux racks ont été installés, pour un montant total de 500 000 euros.

Un convoyeur automatisé viendra compléter le dispositif, pour un investissement supplémentaire de 300 000 euros. Le site atteint désormais 18 000 m² et peut accueillir plus de 150 000 références, soit entre 600 000 et 700 000 pièces en stock. "Nous avons les moyens de doubler notre activité sans changer de bâtiment", affirme Arnaud Picard, qui n’envisage pas de nouvelle implantation logistique pour le moment.

Avec 18 000 m² de stockage, la plateforme d’Est Entrepôt figure parmi les plus importantes structures indépendantes de France. ©Est Entrepôt

Avec 18 000 m² de stockage, la plateforme d’Est Entrepôt figure parmi les plus importantes structures indépendantes de France. ©Est Entrepôt

Cette organisation permet à la société de livrer 95 % du territoire français en J+1, avec un taux de qualité supérieur à 97 %. "Avoir tout notre stock et nos équipes au même endroit, c’est notre force. Cela nous permet d’être réactifs et de maintenir un haut niveau de service", insiste le dirigeant.

Mais la croissance d’Est Entrepôt ne se limite pas au renforcement de son outil logistique. L’entreprise consolide aussi sa présence commerciale sur le territoire national. Son réseau compte aujourd’hui quatre commerciaux et un chef des ventes, avec deux recrutements supplémentaires en préparation. Si le Nord et l’Est de la France sont déjà pleinement couverts, des zones restent à conquérir : le Nord-Ouest, notamment la Bretagne, et le Sud-Est, autour de Lyon et Marseille.

L'inégal marché de l'échappement

Cette stratégie porte ses fruits : la progression du chiffre d’affaires repose autant sur la fidélisation des partenaires historiques que sur l’acquisition de nouveaux clients. "Les nouveaux clients représentent environ la moitié de notre croissance. Mais nous continuons aussi de progresser avec ceux qui nous font confiance depuis longtemps."

Est Entrepôt prépare sa diversification

Grâce à ces nombreux investissements, la plateforme nancéienne entend préparer la prochaine étape de son développement avec l’ouverture à de nouvelles familles de produits. L’entreprise travaille sur le lancement d’une gamme de pièces de carrosserie, en particulier les optiques.

"Nos clients ont de plus en plus de mal à trouver de la pièce d’origine, surtout avec les nouvelles contraintes juridiques liées aux marquages constructeurs", explique Arnaud Picard. "Nous devons leur apporter des solutions fiables, en respectant la législation française."

Pour ce nouveau marché, l’entreprise mise sur un modèle en deux temps : d’abord apprendre à connaître la demande et les flux, puis investir progressivement dans le stock, en s’appuyant sur un sourcing européen. Notons d’ailleurs que l’entreprise voit également ses ventes à l’export progresser. Cette activité représente aujourd’hui entre 5 et 7 % du chiffre d’affaires total, portée par des échanges avec plusieurs partenaires sur le Vieux Continent.

Il y a toujours des écarts de prix entre les marchés européens, et tant que cela existe, il y aura des opportunitésestime le dirigeant.

Un modèle d’indépendant tourné vers l’avenir

Fort de cette feuille de route, dans un marché où la concentration s’accélère, Est Entrepôt n’entend pas remettre en cause son statut d’entreprise indépendante. "Dans un marché où presque tout le monde est désormais rattaché à un groupement ou à une centrale, nous voulons conserver notre liberté de décision et notre proximité avec nos clients", insiste Arnaud Picard.

Cette approche tranche avec celle des grands acteurs du web, dont la progression rapide interroge les distributeurs traditionnels. Mais Arnaud Picard observe sans inquiétude la montée en puissance de ces opérateurs.

"Des acteurs comme Autodoc sont très performants, ils développent leurs propres marques et savent se positionner vite. Mais notre force, c’est la réactivité et le service. On ne peut pas copier leur modèle. Il faut s’appuyer sur ce qui fait notre valeur ajoutée : la disponibilité et la connaissance du terrain."

Dans un univers en pleine digitalisation, Est Entrepôt défend donc une certitude : la confiance et la réactivité d’un partenaire de terrain vaudront toujours mieux qu’un simple clic.

Véhicules électriques : la réparation de batteries, nouveau terrain de jeu des garages indépendants

La montée en puissance des véhicules électriques modifie en profondeur le périmètre d’intervention des réparateurs. Longtemps cantonnées aux réseaux constructeurs et aux carrossiers, les opérations sur les VE s’invitent désormais de plus en plus souvent dans les ateliers, sous l’effet combiné de l’évolution du parc roulant et des contraintes réglementaires européennes. À mesure que la part de modèles dits "zéro émission" progresse, l’après-vente indépendante sera elle aussi amenée à intervenir sur des organes jusqu’ici peu accessibles, au premier rang desquels la chaîne de traction et la batterie.

C’est sur ce terrain que le groupe Henkel entend se positionner. Propriétaire des marques Loctite et Teroson, le spécialiste allemand des adhésifs et solutions de réparation automobile, déjà bien implanté en première monte, investit désormais le marché émergent de l’après-vente des véhicules électriques. Ses équipes de R&D développent des produits et des procédures destinés à accompagner les réparateurs dans la maintenance et la réparation de ces véhicules, dans le respect des prescriptions des constructeurs.

Des procédures strictes, dictées par les constructeurs

Dans ce domaine, Loctite se positionne comme un partenaire technique des professionnels confrontés aux spécificités des VE, tant sur le plan technique que sécuritaire. La marque a travaillé à la simplification des opérations liées à la réparation des systèmes sous tension, tout en respectant des procédures constructeurs particulièrement rigoureuses, notamment en matière d’intervention sur la batterie de traction.

Ces préconisations visent un double objectif : préserver la sécurité de l’intervention et prolonger la durée de vie de la batterie. Elles permettent ainsi d’éviter, lorsque cela est possible, le remplacement complet de cet organe, dont la valeur représente une part significative de celle du véhicule. "La réparation permet de réduire les coûts jusqu’à 77 % et les émissions de CO₂ liées à la fabrication de batteries neuves de 91 %", avance Jean-Noël Michel, responsable technique de Henkel France, chiffres à l’appui.

La réparation des batteries est aujourd’hui envisageable sur la majorité des véhicules électriques en circulation, à l’exception de certains modèles chinois et américains. Cette opération reste toutefois strictement réservée aux techniciens disposant des habilitations les plus élevées. Toute erreur de procédure peut en effet entraîner des conséquences graves, voire mortelles.

Une offre ouverte aux indépendants

Henkel Loctite réparation module de batterie auto

Après avoir tracé leur emplacement, suivant les cotes dictées par le constructeur, le réparateur applique le cordon du joint entre le module de batterie et son carter. ©J2R/NG

Contrairement à certaines offres encore réservées aux réseaux constructeurs, les solutions développées par Loctite s’adressent à l’ensemble des ateliers, y compris les réparateurs indépendants, ainsi qu’aux centres de formation. "Par rapport à nos concurrents, nous sommes les seuls à ouvrir notre portefeuille de produits aux indépendants", souligne Christophe Valadié, responsable des ventes et du marketing de Henkel France.

"Henkel a développé une gamme comprenant des joints d’étanchéité thermique, freins-filets et autres produits de fixation. Tous sont conçus pour répondre aux contraintes propres aux différents systèmes de batterie et de moteur électrique de toutes les marques", poursuit-il.

Ces produits protègent les composants sensibles de la batterie de traction et assurent la stabilité de leurs assemblages. Cela, alors qu'ils sont soumis à des contraintes mécaniques importantes, ainsi que des variations thermiques et vibratoires élevées. À la fin, ils contribuent à maintenir les performances globales du véhicule et à prolonger sa durée de vie.

Une démonstration au Cesvi

Henkel a récemment présenté cette nouvelle gamme au laboratoire du Cesvi, le technocentre de Covéa, déjà familier des solutions du groupe, dont certaines colles pour éléments de carrosserie ont été labellisées. À cette occasion, les techniciens de Henkel et du Cesvi ont réalisé une démonstration en conditions réelles, devant un public restreint de journalistes.

L’opération consistait à ouvrir la batterie d’une Renault Mégane afin de remplacer plusieurs composants défectueux. Après le remplacement de certaines cellules au sein de différents modules, ceux-ci doivent être repositionnés dans le pack batterie. L’une des étapes les plus délicates réside dans l’application du joint d’étanchéité thermique entre les modules et le plateau, une opération à la fois technique et critique pour la sécurité du système.

Chaque constructeur impose ses propres méthodes, particulièrement strictes. En atelier, le technicien doit appliquer un cordon de produit avec une extrême précision, tant en volume qu’en positionnement. Le joint polymérise ensuite à l’air ambiant, conditionnant l’étanchéité et la performance thermique de l’ensemble.

Expertise à disposition des réparateurs

Pour respecter ces méthodes, "Volkswagen et Audi fournissent des gabarits dans lesquels on peut facilement appliquer le cordon du joint aux bonnes dimensions. Tandis que Renault préconise de mesurer et de tracer les cotes de la batterie avant l'application", explique Jean-Noël Michel. Cependant, les techniciens du Cesvi ont judicieusement imprimé en 3D un gabarit aux dimensions définies par le constructeur français.

Grâce à ces procédés, lorsqu'on replace le module, le joint s'étale sur toute la surface. L'objectif est d'assurer une cohésion maximum entre les cellules et le système de refroidissement. La dispersion de la chaleur doit ainsi être optimum, pour assurer la stabilité thermique de la batterie.

Pour aider les professionnels à assurer cette prestation pointue, Henkel met donc son expertise technique à leur disposition. Il propose des didacticiels simples pour suivre les différentes opérations de réparation pas à pas. Tandis que ses technico-commerciaux assurent des formations techniques dans les règles de l'art de la réparation des VE.

Au-delà de l’aspect purement technique, Henkel inscrit cette démarche dans une logique plus globale de durabilité. Le groupe encourage les réparateurs à adopter des pratiques responsables tout au long du cycle de vie des VE, y compris dans la gestion des déchets. La réparation des batteries s’inscrit pleinement dans cette approche. "Il n’a jamais été aussi économique et écologique de réparer les véhicules électriques", conclut Christophe Valadié. À terme, ces opérations aujourd’hui réservées à un nombre limité d’ateliers pourraient ainsi devenir accessibles à une part beaucoup plus large du réseau de réparation.

Le réseau Feu Vert passe dans l'escarcelle de Bassac

Un nouveau chapitre s'ouvre pour Feu Vert. Le 18 décembre 2025, Bassac est entrée en négociation exclusive pour acquérir 100 % du capital de Financière Ramsès I SAS, holding qui chapeaute l'ensemble du groupe.

Cette opération marquerait le départ d'Alpha Private Equity, aux commandes depuis 2016, et l'arrivée d'un actionnaire au profil différent : une société familiale fondée en 1972, présente dans six pays et investie notamment dans la construction et la promotion immobilière.

Le dossier, encore soumis aux autorisations réglementaires, devrait se conclure dans les trois prochains mois. Les instances représentatives du personnel et les salariés du réseau seront consultés dans le cadre de la procédure d'information obligatoire. Pour l'heure, ni Bassac ni Alpha Private Equity n'ont communiqué sur le montant de la transaction.

Anciennement Les Nouveaux Constructeurs, Bassac est un groupe familial dirigé par Moïse Mitterrand (86,4 % du capital), actif dans l'immobilier via Marignan (France), Premier (Espagne), Concept Bau (Allemagne), et le coworking avec Kwerk. Cette acquisition marque l'entrée de Bassac dans l'après-vente automobile.

Un chiffre d'affaires groupe en hausse

Créé en 1972, Feu Vert exploite un maillage de 466 centres autos en propre et en franchise en France, en Espagne et au Portugal. Sur son dernier exercice complet (2024-2025), le groupe a affiché un chiffre d'affaires de 663 millions d'euros (hors CA des sites franchisés) contre 646 millions en 2023-2024.

Sous la houlette d'Alpha Private Equity, Feu Vert avait bouclé, fin 2024, une opération de refinancement de 193 millions d'euros. Cette initiative visait à optimiser la structure et le coût de la dette, tout en intégrant des critères ESG susceptibles de moduler la marge du financement selon l'atteinte d'objectifs environnementaux, sociaux et de gouvernance.

OuiGlass renforce son maillage territorial et mise sur la proximité

Avec plus de 100 centres en France, le réseau OuiGlass continue d'étendre son maillage en France. En tout, cinq nouvelles ouvertures et extensions de services viennent renforcer sa présence locale. Une stratégie centrée sur l'accessibilité et la rapidité d'intervention, dans un contexte où les automobilistes privilégient de plus en plus des services à domicile ou sur leur lieu de travail.

À Montpellier (34), un nouveau centre a ouvert ses portes. Installée sur une surface de 140 m², cette nouvelle implantation est portée par Guillaume Di Paolo, entrepreneur au parcours atypique. Passé par la restauration, le spectacle puis l'immobilier, il choisit de se former au vitrage automobile auprès du centre OuiGlass de Nîmes (30) avant de lancer son propre établissement. Passionné de mécanique, un intérêt hérité de son grand-père, il s'entoure aujourd'hui d'une équipe composée de deux techniciens, deux alternants et d'un animateur commercial afin d'assurer une prise en charge rapide.

"Le secteur automobile est une passion familiale que je porte depuis l'enfance, mais je n'avais pas les compétences techniques pour me lancer seul. OuiGlass m'a offert un cadre à taille humaine, flexible et aligné avec mes valeurs. Aujourd'hui, avec l'ouverture du centre de Montpellier, je veux mettre cette passion au service des automobilistes : leur offrir un service fiable, éthique et complet, du simple impact à la pose de vitres teintées, grâce à une équipe engagée", souligne Guillaume Di Paolo, directeur de OuiGlass Montpellier.

Autre implantation : Castres (81). Ce nouvel établissement marque le deuxième projet d'un trio d'associés : Adam Bouhalissa, Alexis Portier et Alexandre Bernard. Après un lancement réussi du premier centre à Colomiers (31) en février, cette nouvelle adresse à Castres renforce la présence de l'enseigne en Occitanie et propose une offre complète : réparation et remplacement de vitrages automobiles, rénovation d'optiques, ainsi que décalaminage des véhicules.

Pour les trois associés, ce développement s'inscrit dans une logique de proximité et d'accompagnement. "Nous avons choisi OuiGlass pour l'accompagnement et le soutien qu'offre le réseau. Comparé à une franchise classique, OuiGlass est plus flexible et conviviale, ce qui nous permet de gérer notre centre de manière autonome tout en bénéficiant de conseils et d'un vrai appui technique", expliquent-ils.

La pose mobile, réponse directe aux nouveaux usages

En misant sur la pose mobile et des implantations ciblées, OuiGlass cherche à réduire les délais d'intervention tout en renforçant sa présence dans des zones périurbaines et rurales.

C'est pourquoi plusieurs centres existants étendent leur activité grâce à la pose mobile. À Aubagne (13), le service s'étend désormais à La Ciotat et à La Valentine. Une évolution qui vise à renforcer la proximité avec les automobilistes du territoire et offrir un maillage d'intervention encore plus fiable et réactif. Pour ce faire, une équipe de sept personnes assure les prestations : quatre carrossiers, deux mécaniciens et un secrétaire.

Grâce à cette activité mobile, OuiGlass Aubagne propose un pôle automobile complet : vitrage, réparation d'optique, entretien auto, mécanique, location de véhicules, carrosserie et peinture. Les interventions peuvent ainsi être réalisées directement au domicile des clients ou sur leur lieu de travail.

Même dynamique à Dieppe (76), où le service de pose mobile s'étend jusqu'à Mers-les-Bains. Dirigé par Jennifer Thérin depuis octobre 2023, le centre se distingue par une expertise élargie, incluant le vitrage automobile et poids lourds, les pneumatiques et la mécanique. Deux salariés accompagnent la directrice du centre pour proposer des interventions rapides, fiables et adaptées à la demande des automobilistes.

Nouvel élan également pour OuiGlass d'Audenge (33) avec un changement de direction. Le centre propose le remplacement et la réparation de vitrages automobiles avec également la possibilité d'une intervention mobile, que ce soit sur le lieu de travail ou au domicile des clients. Dans les prochains mois, l'offre s'élargira avec l'arrivée de nouveaux services : pose de vitres teintées et accompagnement dans les démarches de cartes grises.

BCA Expertise trace la route vers la décarbonation

Pour ses 70 ans, le plus gros cabinet d'expertise automobile français sort son livre blanc sur la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), comme annoncé à Equip Auto 2025. BCA Expertise y dévoile ses ambitions et pratiques, tant en interne qu'en externe, pour favoriser le développement durable. Afin d'y parvenir, il adopte les tendances du secteur, incluant l'expertise à distance (EAD), le recours à la pièce de réemploi (PRE), l'innovation apportée par l'intelligence artificielle (IA), etc. Le bilan 2024 de ses efforts dans ces domaines y est aussi publié.

Capter toutes les initiatives environnementales

Mais pourquoi consacrer autant d'efforts à cet aspect de la réparation-collision ? Parce que "la façon dont un sinistre est géré a un impact direct sur les émissions de la filière", affirme Jean Prévost, son président. À côté de la nécessité de prendre en charge des véhicules équipés de technologies de plus en plus sophistiquées, les évolutions sociales imposent aussi de le faire de plus en plus proprement…

Or, dans son livre blanc, le cabinet revendique un quadruple rôle, dans les domaines sécuritaire, environnemental, social et sociétal, ainsi qu'économique. En s'appuyant sur ces bases, il présente quatre engagements. Il s'attache à réduire l'empreinte carbone de la gestion de sinistre, à promouvoir un cadre de travail épanouissant et à rester actif dans la sécurité routière. Enfin, le cabinet détenu par des assureurs (Axa, Pacifica, Covéa, etc.) s'engage également en matière d'impartialité, d'éthique et d'indépendance.

"Nous captons toutes les initiatives existantes en matière environnementale, dans l'écosystème de la gestion de sinistre automobile", explique Benoît Dehove, responsable environnement personnel de BCA Expertise. Raison pour laquelle il affirme que ces experts préconisent depuis longtemps le recours à la PRE et encouragent la réparation. Autrement, "si on fait changer une pièce, on perd en compétence chez les réparateurs. C'est aussi une moins bonne pratique pour l'environnement".

L'IA avec des garde-fous

Concrètement, cette pratique se traduit par un taux de réparation de 45,6 % en 2024. Tandis que le recours à la PRE a progressé de 3,8 points, en atteignant 15,8 % des dossiers. Enfin, le taux d'EAD atteint 46,4 % lors du premier examen.

Parallèlement, moins visible mais stratégique : l'IA monte en puissance chez BCA Expertise. Aizzia, l'outil dédié du groupe, fournit une "expertise augmentée" à ses spécialistes. "Cette solution fluidifie la gestion de sinistre. Par exemple, elle accélère l'orientation des véhicules vers les réparateurs ou les recycleurs, selon leur état, expose Benoît Dehove. À partir de la déclaration de l'assuré, elle aide à diriger un dossier vers une EAD, une expertise de terrain ou à proposer le rachat du véhicule irréparable. On gagne ainsi énormément de temps au bénéfice de toutes les parties".

Toutefois, le spécialiste prévient que l'IA est utilisée en suivant des garde-fous. Un expert contrôle ses choix et contribue donc à son "éducation". En retour, cette technologie participe aussi à la réduction des émissions de CO2 en réduisant et en optimisant les déplacements des experts. Elle consulte également les PRE disponibles dans les bases de données consultées par BCA Expertise… 300 000 EAD ont ainsi déjà été réalisées par la machine et validées par des experts.

Des efforts concrets

Avec ce livre blanc, le cabinet poursuit sa lancée amorcée avec le précédent ouvrage sur la réduction de CO2 de la réparation auto, publié en 2024. En association avec le Crédit Agricole Assurances, Europ Assistance et l’institut Louis Bachelier, cette étude étudiait les émissions polluantes de la sinistralité automobile. Elle a ainsi estimé qu'un sinistre moyen génère 146 kg de CO₂. Cette masse serait toutefois réductible d’environ 22 % en suivant des pratiques vertueuses.

BCA Expertise est donc fier de présenter ses progrès dans son livre. Le cabinet est ainsi parvenu à réduire ses kilomètres parcourus par mission de 16,6 km en 2019 à 14,7 km en 2024. Tandis que sa flotte compte désormais 376 véhicules à motorisation hybride, électrique ou éthanol, contre 106 auparavant. La gestion de ses propres déchets a été réduite de 140 tonnes. Enfin, la supervision numérique de la dématérialisation des échanges entre ses 86 sites génère des économies énergétiques et de temps.

Le cabinet met aussi en avant ses efforts en matière de gestion des ressources humaines. Formation, inclusion, réduction des accidents du travail, etc. Il est parvenu à progresser dans ces domaines avec ses équipes. "Nous montrons que la performance économique et la performance environnementale peuvent aller de pair", indique Jean Prévost. Mais reste à voir jusqu'où elles peuvent s'accorder avec leurs propres contraintes.

Moovly, l'enseigne qui veut réparer aussi la confiance

Dans le quart sud-est de la France, c'est le réseau qui monte, qui monte… Sur un marché dominé par les enseignes nationales (Norauto, Vox Vert, Speedy, Midas, Point S…), Moovly entend se distinguer par un fonctionnement plus simple, plus lisible et davantage centré sur le client, dans un contexte où l'âge moyen du parc atteint 11,5 ans et où les besoins d'entretien augmentent.

Le pari peut sembler audacieux dans un marché où les consommateurs peuvent obtenir et comparer des devis en quelques secondes. Mais Moovly croit que la bataille commerciale ne se réduit pas aux seuls critères de la vitesse d'exécution et du prix. La jeune société, dont la baseline est "Centres auto 2.0", a choisi de revaloriser le service, en rendant les interventions totalement lisibles et en misant sur une relation client mieux construite.

Une stratégie pensée comme une réponse directe aux évolutions du marché. En effet, selon une étude IFOP pour ID Garages de septembre 2015, seulement 48 % des automobilistes font confiance aux garagistes en général, alors que 86 % font confiance à leur garagiste habituel. Preuve que le lien humain reste décisif dans un secteur encore perçu comme manquant de transparence.

Une vision née de l'expérience de réseau

Julien Vernaison, fondateur de Moovly, connaît bien ce rapport ambivalent au métier. Mécanicien de formation, passé par la case concession puis par une fourgonnette atelier itinérante, il ouvre son premier garage en 2015. Au fil des années, il constate un décalage tenace entre les attentes des clients – des explications simples, une organisation carrée, un accueil soigné – et la réalité du terrain. "Le métier de garagiste a mauvaise presse, mais on peut en faire quelque chose de moderne, propre et ambitieux. On ne répare pas que des voitures. On répare l'image du métier", insiste Julien Vernaison.

Julien Vernaison, fondateur de Moovly, dans l'un des espaces d'accueil du centre auto de Meyzieu en 2015. ©Moovly

Julien Vernaison, fondateur de Moovly, dans l'un des espaces d'accueil du centre auto de Meyzieu en 2015. ©Moovly

Aujourd'hui, Moovly compte cinq centres en Auvergne-Rhône-Alpes (Nicolas-Vermelle, Saint-Savin, Charanxieu, Meyzieu et Romans-sur-Isère). Un maillage volontairement régional, pensé pour rester proche des équipes, maîtriser les ouvertures et garantir la qualité de service. Pas question, pour l'instant, de se disperser à l'échelle nationale.

Un service pensé pour restaurer la confiance

Le concept Moovly repose avant tout sur la qualité de l'accueil et l'accompagnement des clients. L'enseigne met en avant un fonctionnement simple : un accueil lisible, un devis compréhensible, un garage propre et moderne, et une prise de rendez-vous accessible. Le réseau s'engage également à fournir un prêt de véhicule gratuit pour toute intervention dépassant deux heures, ainsi qu'un nettoyage pour les prestations les plus longues. Autant de détails qui, cumulés, transforment l'expérience.

"Nous ne sommes pas moins chers que les autres, nous cherchons simplement à proposer un meilleur rapport service/prix, comme au restaurant", souligne Julien Vernaison. Les centres fonctionnent en effectifs réduits, au maximum quatre techniciens par atelier, pour garantir une relation plus directe entre les équipes et les automobilistes.

Une stratégie payante puisque Moovly affiche une note moyenne de 4,9/5 sur plus de 330 avis collectés en un an sur Avis Vérifiés. En 2025, les cinq sites du réseau ont entretenu environ 12 000 véhicules, un volume conséquent pour une enseigne encore jeune. La stratégie de Moovly 2.0 repose aussi sur un maillage régional resserré. Aucun centre ne doit être situé à plus de deux heures de route d'un autre, afin de faciliter l'accompagnement opérationnel, la standardisation des process et l'entraide entre ateliers.

Tous utilisent les mêmes outils de gestion, les mêmes standards qualité et les mêmes protocoles à l'atelier, afin de garantir une expérience identique d'un centre à l'autre. "L'idée, c'est que le client sache toujours où en est sa voiture", indique le fondateur de Moovly. Le réseau veut rompre avec l'image du garage où l'on dépose son véhicule sans vraiment savoir ce qui sera fait.

Une diversification des besoins du réseau

Pour répondre au mieux aux attentes des automobilistes, Julien Vernaison n'a pas hésité à étoffer petit à petit la boîte à outils de Moovly. Le réseau a développé une offre de réparation de vitrages, en s'appuyant sur Zenty Pare-Brise, partenaire de longue date. Réparation, remplacement et prêt de véhicule de courtoisie : le client ne change pas d'interlocuteur et bénéficie d'un suivi complet.

Dernier lancement en date : la carrosserie. Une évolution naturelle, portée par les attentes des automobilistes qui, satisfaits du service, souhaitent pouvoir confier l'ensemble de leurs réparations au même réseau. Moovly prend désormais en charge les sinistres de A à Z. Les travaux sont en partie sous-traités pour ce qui est de la peinture et de la tôlerie, mais restent entièrement pilotés par les centres, qui restent le principal interlocuteur du client.

"Nous voulons simplement être capables de tout gérer pour nos clients, sans les renvoyer d'un prestataire à l'autre", explique Julien Vernaison. L'ambition n'est pas de devenir un "supermarché de l'auto", mais de simplifier la vie des automobilistes en proposant un parcours cohérent, fluide et lisible.

Cette approche se retrouve également dans la démarche environnementale de l'enseigne. Avec le programme GreenMooV, lancé il y a quelques mois, Moovly structure sa politique RSE autour notamment du tri des déchets et du recours aux pièces de réemploi. L'enseigne se fournit via des volumes groupés, en mutualisant les achats pour les centres. Les motorisations électrifiées représentent encore une faible part de l'activité du réseau (3 à 5 %) mais le réseau se prépare à l'électrification du parc en passant par la formation de ses équipes.

Une expansion qui se maîtrise et se structure

La franchise Moovly, ouverte il y a moins d'un an, constitue un levier de développement majeur. L'enseigne a choisi ce modèle pour accélérer son maillage tout en préservant son ADN. Mais si le réseau veut s'étendre, c'est uniquement avec des partenaires capables de porter ses valeurs de proximité et de transparence. Le premier franchisé, installé à Romans-sur-Isère (26), a vu son chiffre d'affaires augmenter d'environ 25 % après la transformation de son garage en centre Moovly. Sa réputation locale s'est également améliorée.

Le modèle de franchise repose sur deux possibilités : l'ouverture d'un nouveau centre ou la transformation d'un garage existant. Dans les deux cas, les candidats doivent justifier d'au moins trois ans d'expérience dans l'automobile ou dans la relation client. Pour une création, un apport minimum de 20 000 euros est demandé. Mais l'enseigne insiste surtout sur un point : les valeurs humaines. Moovly recherche des profils capables d'accompagner leurs équipes, proches des clients et soucieux d'offrir un service constant. "Moovly n'est pas né d'un business plan, mais d'une volonté de dépoussiérer les vieilles méthodes du secteur", rappelle Julien Vernaison.

Le développement de Moovly est volontairement progressif : deux à trois ouvertures par an, avec un maillage géographique resserré pour maintenir la qualité de service. Et qui dit développement du réseau dit aussi nouvelles exigences à maîtriser. Car avec l'extension du maillage, une autre réalité s'impose : l'évolution d'un métier plus technique.

Entre l'essor des modèles électrifiés et la généralisation de l'électronique embarquée, l'entretien automobile nécessite des compétences toujours plus pointues. Le réseau mise sur la formation pour rester au niveau, mais aussi pour attirer des techniciens qualifiés, alors que le secteur souffre de fortes tensions sur le recrutement.

Baromètre Valused : la Piec progresse dans les intentions, moins dans les usages

Alors que les coûts de réparation automobile poursuivent leur hausse, les pièces issues de l’économie circulaire (Piec) s’imposent progressivement dans le débat. C’est en tout cas ce que met en évidence le baromètre publié ce mois-ci par Valused, en collaboration avec OpinionWay. La société à mission, spécialiste de la pièce automobile reconditionnée, dresse un état des lieux de l’adoption des Piec et souligne un paradoxe : une forte adhésion de principe, mais une adoption encore marginale dans les ateliers.

Selon cette étude réalisée en décembre 2025, 91 % des automobilistes se montrent favorables à l'utilisation des pièces de réemploi dans les activités de réparation. Le critère économique demeure déterminant, puisque 60 % des répondants citent le prix comme principal facteur de choix. Dans le même temps, 26 % mettent de leur côté l'accent sur ses bénéfices sur le plan environnemental. L’utilisation de Piec contribue notamment à la décarbonation du parc automobile.

Une prescription en hausse chez les réparateurs

Le baromètre souligne également une évolution du côté des professionnels. 61 % des réparateurs déclarent proposer systématiquement des Piec, soit une progression de quatre points par rapport au début de l’année. Une dynamique qui semble plutôt bien accueillie par la clientèle : 74 % des automobilistes acceptent la recommandation du professionnel, confirmant une forme de normalisation progressive de ces pièces dans le discours commercial des ateliers.

"Les automobilistes français veulent de la Piec. Ces enseignements confirment que notre mission chez Valused est plus pertinente que jamais : améliorer le pouvoir d’achat des Français tout en réduisant l’impact environnemental dans le secteur automobile", résume Julien Dubois, confondateur de Valused.

Un usage de la Piec encore marginal

Pourtant, si l’engouement pour les pièces de réemploi semble plus fort que jamais, la réalité du terrain reste contrastée. En 2025, seules 5,9 % des réparations ont effectivement été réalisées à l’aide de Piec, contre 5 % en 2023. Autrement dit, plus de neuf réparations sur dix continuent de s’appuyer sur des pièces neuves. 

Ce décalage entre intention et pratique s’explique par plusieurs réserves persistantes. La qualité perçue des pièces de réemploi demeure le principal point de vigilance pour les professionnels, en particulier chez ceux qui y ont encore peu recours. S'y ajoutent des problématiques liées à la disponibilité des pièces et aux délais d'approvisionnement, souvent jugés incompatibles avec les contraintes opérationnelles des ateliers.

Un écart perceptible entre intention et pratique  

Face à ces obstacles, certains acteurs du marché, dont Valused, tentent de structurer davantage la filière. Le distributeur met notamment en avant une distribution mieux maîtrisée et centralisée, un sourcing sécurisé et propose des services qui répondent directement aux besoins des ateliers. Par exemple, son service de conciergerie revendique un taux de réussite de 90 % pour la recherche de pièces de réemploi en moins de 48 heures. 

Autant d’éléments qui contribuent à crédibiliser la Piec auprès des professionnels. Reste désormais à transformer l’adhésion affichée en volumes réels. "Aujourd’hui, tout le monde déclare adhérer à la Piec, mais l’écart entre cette adhésion et la réalité sur le terrain reste important. Notre rôle, au service des réparateurs, est de lever les freins, de faciliter l’accès à ces pièces et d’accompagner la transformation de l’intention en acte", conclut Julien Dubois.

Caroline Tremel, Motul : "Dans l'automobile, nous allons davantage nous appuyer sur nos distributeurs"

Le Journal de la Rechange et de la Réparation : Vous avez pris la direction générale de Motul en octobre 2023, après un parcours dans le sport, le textile et le digital. Qu'est-ce qui vous a séduite dans ce nouveau secteur ?
Caroline Tremel : La première chose qui m'a frappée, c'est le niveau de passion. Je n'avais jamais vu ça ailleurs à ce point-là. Chez Motul, on vit littéralement au rythme des courses auto et moto. Ce n'est pas du sang qui coule dans les veines, mais presque de la 300V, de l'huile rouge !

Au-delà du secteur lui-même, ça a surtout été une belle rencontre avec les dirigeants de Motul. Ce sont des entrepreneurs audacieux, pionniers dans l'âme, avec une vraie ouverture d'esprit : ils ont fait le pari de recruter quelqu'un qui ne venait pas du secteur, et en plus une femme – ce qui reste assez rare pour être souligné.

J2R : En arrivant chez Motul, quelle a été votre première impression sur la culture d'entreprise, et sur la place de la marque dans son marché ?
C.T. : Ce qui m'a le plus marquée, c'est la proximité avec les clients. Elle est incroyablement forte. Nos clients sont très fidèles, et nous veillons à les traiter comme des membres de la famille. On les tutoie souvent, on les invite à nos évènements, on les écoute, on rend des services qui ne répondent pas toujours à une stricte logique économique. On n'hésite pas à faire du sur-mesure pour eux.

Et ce n'est pas réservé aux "anciens" clients : tous les nouveaux sont accueillis de la même manière, parce qu'on sait qu'une fois qu'ils ont testé nos produits, ils les adoptent. Cette relation client, associée à la performance de nos produits, fait vraiment de Motul une marque à part sur son marché.

J2R : Comment votre expérience du retail, du marketing et du e-commerce influence-t-elle aujourd'hui votre approche de la marque Motul ?
C.T. :  Mon parcours me permet d'apporter un regard neuf. C'est un regard extérieur qui introduit d'autres manières de travailler, avec l'idée de s'améliorer en permanence. Chez Motul, beaucoup de choses sont déjà très bien rodées, mais mon objectif est d'aller chercher de nouveaux outils, plus de performance, plus d'efficacité, pour mieux servir le client.

J2R : Quels défis prioritaires avez-vous identifiés dès votre prise de poste ?
C.T. :  La priorité, c'est clairement la digitalisation. L'un des chantiers majeurs est le développement de notre activité B2B : notre force de vente, qui compte une cinquantaine de personnes, prend encore beaucoup de commandes de manière manuelle. L'objectif est que 90 % des commandes passent par des outils B2B ou via l'EDI.

Le client doit pouvoir commander quand il le souhaite, sans dépendre du passage ou de l'appel de son technico-commercial. Tout le temps gagné par les commerciaux sur la saisie et l'administratif doit être réinvesti dans le conseil : accompagnement technique, formation produit, aide à la vente, solutions adaptées aux besoins spécifiques des garages et distributeurs.

À côté de ça, il y a aussi le développement du CRM. La digitalisation, ce n'est pas seulement le B2B : la gestion de la relation client est un autre pilier pour personnaliser nos services, mieux connaître nos partenaires, mieux identifier leurs besoins et donc mieux les satisfaire. Au global, la digitalisation – B2B, CRM, data – irrigue tous les étages.

J2R : Motul a dévoilé au salon EICMA, en novembre dernier, une nouvelle identité de marque et un label technologique. Qu'incarne cette transformation ?
C.T. :  Motul a 170 ans : c'est une marque très ancienne, avec une identité visuelle qui avait finalement peu évolué. Or cette identité est un bien très précieux. La nouvelle identité de marque vient traduire un nouveau positionnement : Motul crée désormais des fluides essentiels pour réduire la friction des mobilités. C'est notre phrase clé.

Elle nous permet aussi de réaffirmer nos valeurs, notamment la proactivité : c'est une marque ancienne, mais toujours à la pointe de la technologie. Nous nous définissons comme des co-créateurs de performance, main dans la main avec nos clients. La nouvelle identité visuelle reflète cette ambition.

Nous avons également présenté un nouveau label technologique, NGEN Core, qui repose sur l'utilisation d'huiles haut de gamme usagées, re-raffinées grâce à des procédés tels que l'hydrotraitement et la distillation sous vide. Ces techniques garantissent une pureté et des performances égales, voire supérieures, à celles des huiles de base vierges. Les huiles de base re-raffinées permettent par ailleurs de réduire significativement les émissions de carbone par rapport aux bases vierges. Nous sommes très fiers de ce label.

J2R : Le groupe a également présenté à l'EICMA sa feuille de route Motul 2030. Quels en sont les grands axes ?
C.T. :  Notre plan stratégique "Regeneration 2030" marque un changement profond. Motul ne se définit plus seulement comme un fabricant de lubrifiants, mais comme une entreprise dédiée aux fluides essentiels destinés à réduire la friction et à optimiser les performances. L'ambition est d'accélérer grâce à des solutions à la fois innovantes et durables, dans un contexte où performance et durabilité sont désormais indissociables.

Cette évolution se traduit par une diversification progressive au-delà du seul lubrifiant moteur. Nous avons déjà engagé le développement de nouvelles gammes, qu'il s'agisse d'additifs, de produits d'entretien ou de solutions adaptées aux besoins croissants de l'électrification. L'idée est d'élargir notre offre tout en restant fidèle à notre cœur de métier, en la projetant dans les mobilités émergentes et dans les exigences environnementales qui structurent désormais l'ensemble du marché.

J2R : Comment cette stratégie s'articule-t-elle entre les marchés du deux-roues, de l'automobile et de l'industrie ?
C.T. :  Sur la moto, Motul conserve une position de leader mondial, un ancrage historique qui demeure l'une des signatures fortes de la marque. En termes de volumes, c'est toutefois l'automobile qui constitue la part la plus importante de notre activité et qui concentrera l'essentiel de notre croissance dans les prochaines années.

La logique est identique sur l'ensemble de nos marchés : l'innovation demeure le moteur principal. Dans l'univers de la moto, notre gamme NGEN illustre cette dynamique en alliant performance et circularité. Sur l'automobile, nous enrichissons régulièrement notre offre, qu'il s'agisse de fluides destinés aux batteries des véhicules électriques ou de formulations répondant aux homologations les plus récentes.

Nous poursuivons également le développement de notre gamme vélo, qui comptera près de cinquante nouvelles références d'ici 2026. Enfin, l'activité industrielle portée par MotulTech s'inscrit dans la même démarche, avec des lubrifiants techniques de très haut niveau et, dans certains cas, des solutions entièrement biosourcées pour des applications spécifiques. L'ensemble de ces développements s'inscrit dans un même fil conducteur : proposer des produits performants et durables, adaptés aux exigences propres à chaque univers.

J2R : Motul est historiquement très présent sur le segment moto. Quelle place souhaitez-vous donner à l'automobile dans les années à venir ?
C.T. :  Sur le marché automobile, Motul n'a pas vocation à intervenir en première monte, un territoire réservé aux pétroliers et structuré par des volumes considérables. Ce qui ne nous empêche pas de progresser sur l'après-vente, où nous enregistrons une croissance régulière que nous entendons prolonger dans les prochaines années.

Cette dynamique s'appuie sur nos produits emblématiques, comme la 300V 100 % synthétique destinée à la compétition, et sur le développement continu de nouvelles formulations répondant aux exigences les plus récentes des constructeurs, avec des niveaux d'homologation toujours plus élevés.

C'est en renforçant la qualité et la technicité de notre offre, et en concentrant nos efforts sur les usages réels des réparateurs et des distributeurs que nous consolidons progressivement notre position sur le marché automobile.

J2R : Quelle est votre part de marché dans l'automobile, et quels objectifs de croissance vous fixez-vous à horizon 2030 ?
C.T. :  Il est complexe d'évaluer précisément notre part de marché. Compte tenu de notre absence en première monte, la comparaison globale avec des acteurs très présents sur ce segment n'a pas beaucoup de sens. Nous préférons nous comparer à nos concurrents directs sur l'après-vente.

En termes de croissance, nous anticipons une progression régulière, mais pas forcément à deux chiffres sur la France. Ce type de progression s'observe davantage sur d'autres zones du groupe, où les dynamiques de marché sont plus favorables. Sur le marché français, l'enjeu est plutôt de construire une croissance saine et durable, en renforçant notre positionnement sur la valeur, la technicité et le service.

J2R : Le repositionnement de Motul s'accompagne-t-il d'une évolution de la relation avec vos clients distributeurs et réparateurs ?
C.T. :  Oui, clairement. La multiplication des homologations ces dernières années a tout changé. Un réparateur ne peut plus se permettre de stocker toutes les huiles pour des cas qui ne vont se présenter qu'une fois tous les trois ou six mois.

Nous allons donc nous appuyer davantage sur nos distributeurs, qui deviennent de véritables avant-postes. Historiquement, nous faisions plus de vente directe mais, désormais, les distributeurs jouent un rôle clé pour livrer, parfois dans l'heure, l'huile très spécifique dont le garagiste a besoin. Cela implique un léger repositionnement de la chaîne de valeur.

J2R : Un point sur votre programme MotulEvo, dédié à la maintenance des boîtes de vitesses automatiques : quelle est votre stratégie pour accélérer sa diffusion en France ?
C.T. :  MotulEvo rencontre un très grand succès parce qu'il propose une approche clé en main, qui plaît énormément aux garagistes. À tel point qu'il nous est parfois difficile de répondre à la demande !

L'installation d'une machine MotulEvo prend quasiment une journée, car nous faisons les choses consciencieusement : installation, formation du garagiste, accompagnement… Cela demande des ressources. Nous allons donc recruter une personne dédiée pour répondre à la demande et accélérer le déploiement en France.

Et nous continuons d'innover : en janvier 2026, nous lancerons une nouvelle génération de la station MotulEvo, plus compacte, avec une interface digitale intuitive pour simplifier encore l'usage au quotidien. Ce programme fera clairement partie de nos axes de développement.

J2R : Motul vient d'inaugurer un centre de R&D à Vaires-sur-Marne. Quels sont ses objectifs concrets ?
Ce laboratoire, accolé à notre usine, est dédié au développement des lubrifiants et des fluides de nouvelle génération. C'est vraiment le cœur de notre innovation. Il est doté d'une équipe d'environ 16 chimistes, ingénieurs et chercheurs.

Nous y développons les produits qui nous permettront de rester à la pointe de l'innovation et de l'excellence technique, et donc de soutenir notre croissance. C'est aussi un outil de valorisation auprès de nos clients : nous le faisons beaucoup visiter, et ils adorent. Même pour quelqu'un d'extérieur, c'est passionnant à voir. C'est là que se joue, très concrètement, la compétitivité technique de Motul.

J2R : Votre gamme NGEN intègre jusqu'à 65 % d'huiles re-raffinées : comment avez-vous réussi à concilier performance et circularité ?
C.T. :  Les huiles NGEN, re-raffinées, passent par un processus complet de raffinage (distillation, déshydratation, etc.), identique à ceux d'huiles vierges. Ce qui leur confère des propriétés équivalentes en termes de viscosité, de stabilité thermique et de protection moteur. Le point important, c'est que leurs performances sont égales, voire supérieures, à celles des huiles de base vierges. Elles sont "vertes" parce que re-raffinées, mais elles sont au moins aussi performantes – sinon plus.

Par ailleurs, la production d'huiles re-raffinées consomme nettement moins d'énergie qu'une huile vierge, et contribue à recycler une partie des quelque 210 000 tonnes d'huiles usagées collectées chaque année en France. Nous allons plus loin : nos bidons sont composés à 50 % de plastique recyclé et sont entièrement recyclables. La circularité n'est pas un discours chez nous, c'est une priorité industrielle et produit.

J2R : Les garages sont-ils prêts à adopter ces lubrifiants plus vertueux ?
C.T. :  Il reste encore un peu de résistance psychologique. Certains garagistes pensent que les produits régénérés sont moins performants. C'est faux, mais il faut les rassurer. Nous menons donc un travail de pédagogie : formations techniques, conseils réguliers, accompagnement dans le choix des produits…

Aujourd'hui, les huiles re-raffinées affichent une croissance annuelle d'environ 20 % en Europe, ce qui montre que la transition est en marche. Les garages qui les adoptent bénéficient d'un avantage concurrentiel, à la fois en termes d'image et de réponse aux attentes de leurs clients finaux. Mais oui, il faut encore accompagner, expliquer, démontrer, et c'est ce que nous faisons.

J2R : Peut-on imaginer, à terme, des gammes 100 % re-raffinées ou biosourcées ?
C.T. :  Oui, pourquoi pas. Nous sommes clairement dans une démarche d'amélioration continue, comme vous l'aurez compris. Ce que nous faisons avec NGEN en est une illustration. Sur la partie industrielle, via MotulTech – qui n'est pas dans mon périmètre direct –, il existe déjà des lubrifiants 100 % biosourcés pour certaines applications spécifiques.

Je pense par exemple à un produit de démoulage sous pression (HPDC) dont les formulations reposent exclusivement sur des matières premières renouvelables, sans base fossile, tout en maintenant l'efficacité et la sécurité des procédés. Ce que nous faisons déjà dans l'industrie montre que des gammes 100 % re-raffinées ou biosourcées sont, à terme, envisageables aussi pour d'autres segments.

J2R : Un dernier mot sur votre stratégie de communication : Motul a signé un partenariat avec McLaren, et deviendra fournisseur officiel de l'écurie à partir de la prochaine saison. Qu'attendez-vous de ce sponsoring ?
C.T. :  D'abord, il faut préciser que nous répondons à une demande de McLaren. L'écurie a réalisé des tests comparatifs, notamment sur une huile de transmission, avec nos produits et ceux de concurrents. Les résultats ont été tels qu'ils nous ont demandé de les accompagner. Évidemment, nous avons accepté avec beaucoup de fierté.

Au-delà de l'image – être partenaire d'une des écuries les plus emblématiques, ce n'est pas rien –, l'idée principale est d'en faire un laboratoire grandeur nature. Ce partenariat va jouer le rôle de catalyseur de performance pour l'entreprise : ce que nous apprenons en Formule 1 nourrit nos innovations pour les produits destinés à nos clients. L'accord démarre en 2026 pour trois ans. C'est une étape importante dans notre stratégie d'innovation et de communication.