Thomas Melzer cède la présidence de Five Star France à Hervé Charbit

Le jeu de chaises musicales à la tête de Five Star France s'achève logiquement. Presque deux mois jour pour jour après avoir accédé à la direction du réseau de carrossiers adossés au groupe Axalta, Hervé Charbit succède à Thomas Melzer. Il accède ainsi à la présidence française du GIE de l'enseigne d'Axalta, fonction qu'il cumule avec la précédente.

Parallèlement, son prédécesseur a été nommé responsable des réseaux de réparation et de l’organisation des prestations Europe, Moyen-Orient et Afrique. Arrivé à sa tête en 2023, Thomas Melzer aura su piloter la transformation de l'enseigne à un moment clef de sa réorganisation. C'est sous sa présidence, Five Star a mis en place son plan stratégique Cap 2027. Il y a notamment accentué sa transformation dans les domaines de la RSE (responsabilité sociale-sociétale des entreprises) et de la notoriété.

Hervé Charbit prend donc maintenant la barre du vaisseau, pour le maintenir dans cette voie. En effet, il bénéficie d'une longue expérience (chez Suzuki, Kia…) dans le pilotage de réseaux de distribution, de maintenance et de réparation à l'échelle nationale et internationale. Celle-ci devrait donc l'aider à entraîner Five Star vers d'autres horizons encore.

PureTech : Peugeot tourne la page

Le site d’essais de Belchamp, dans le Doubs, n’a pas été choisi au hasard. C’est ici que Peugeot prépare sa réponse à l’un des épisodes techniques les plus compliqués de son histoire récente. Face à la presse, Alain Favey, directeur de la marque au lion, assume le passé tout en affichant un cap clair : "Il n'y a plus de problèmes depuis quatre ans" sur le moteur PureTech.

Depuis son lancement en 2014, ce trois cylindres essence a été produit à plus de cinq millions d’exemplaires en Europe. Mais ses premières déclinaisons ont rapidement terni son image, notamment en raison de défaillances liées à la courroie de distribution et à une consommation d’huile jugée excessive.

Au total, 1,3 million de véhicules ont fait l’objet de campagnes de rappel, sans que le constructeur ne précise le nombre exact de moteurs réellement affectés.

Une architecture revue en profondeur

Avec le Turbo 100, Peugeot dévoile un nouveau bloc avec 70 % de composants inédits. Parmi les changements les plus visibles : l’abandon de la courroie au profit d’une chaîne de distribution, présentée comme durable et sans maintenance.

Ce choix répond aux critiques formulées sur les générations précédentes. "Le dimensionnement de la courroie a été revu et des modifications techniques ont été apportées pour ramener la consommation d'huile dans la norme", précise Vincent Jaquier, directeur de projet.

Au-delà de cet aspect, le moteur intègre un turbocompresseur à géométrie variable et un système d’injection directe haute pression. L’objectif est double : améliorer la réactivité à bas régime et optimiser le rendement énergétique, notamment grâce à un fonctionnement en cycle Miller.

Un entretien plus espacé

Sur le papier, les arguments avancés sont solides. Le moteur a été soumis à plus de 30 000 heures de tests sur banc et à plus de 3 millions de kilomètres en conditions réelles. Certains prototypes auraient dépassé les 200 000 kilomètres.

Côté maintenance, Peugeot promet un programme allégé, avec une seule révision tous les deux ans ou 25 000 km, contre une par an ou 20 000 km auparavant, complétée par un contrôle intermédiaire annuel.

La marque accompagne ce lancement d’une garantie pouvant atteindre huit ans ou 160 000 km, ainsi que d’un plan d’entretien espacé (tous les deux ans ou 25 000 km).

Déployé depuis mars sur la 208, puis attendu sur le 2008 dès mai, le moteur Turbo 100 sera rapidement confronté à l’épreuve du terrain.

BMW offre dix véhicules aux écoles pour former ses futurs techniciens

BMW Group France investit dans la formation. Le constructeur a offert dix véhicules neufs, pour une valeur globale de 650 000 euros, à dix établissements de formation en mécanique automobile répartis sur tout le territoire, de Nantes à Nice en passant par Strasbourg ou Bordeaux.

Chaque école a reçu un modèle BMW ou Mini de dernière génération, produit en 2024. On y retrouve notamment des Série 1, des versions sportives comme les M135i ou M440i ou encore des Mini Cooper S.  Les élèves pourront ainsi travailler directement sur des modèles récents, présents aujourd'hui en atelier.

"Disposer de véhicules récents pour l’apprentissage est un accélérateur formidable : les élèves s’entraînent sur les technologies qu’ils retrouveront demain en atelier. C’est aussi un moyen concret de leur faire découvrir l’univers et les standards du BMW Group, de susciter des vocations et de donner envie à ces jeunes talents de s’engager dans les métiers de l’automobile, au sein de notre réseau", explique Stéphane Gay, responsable du centre de formation BMW Group à Tigery (91).

Former utile, recruter derrière

Ce lien entre formation et recrutement, BMW le travaille depuis longtemps. Son centre de formation de Tigery, dans l’Essonne, forme depuis plus de trente ans des alternants au métier de technicien expert après-vente. Chaque année, le centre accueille plusieurs promotions de 10 à 12 alternants ; une quatrième promotion a été ouverte à la rentrée 2025‑2026, portant à 48 le nombre de jeunes formés annuellement.

Au total, plus de 1 000 étudiants sont passés par ce dispositif, avec un taux d’embauche supérieur à 95 % à l’issue du parcours. Le groupe indique également dispenser près de 1 000 formations par an, soit environ 20 000 jours de formation.

"Former les techniciens de demain, c'est investir dans l'excellence de l'après-vente et l'expérience client. À Tigery, comme à travers le Challenge Écoles BMW Mini, nous donnons aux jeunes les moyens d'apprendre sur des technologies réelles", souligne Vincent Salimon, président du directoire de BMW Group France.

BMW continue de capter les profils en amont via son Challenge Écoles BMW Mini. L’édition 2026 rassemble près de 400 jeunes issus de 150 établissements. Les épreuves portent sur le diagnostic, l’électricité ou encore des cas techniques concrets. Au-delà de la compétition, ces rencontres servent surtout de porte d’entrée. Pour BMW, c’est un moyen d'identifier et d'attirer de futurs techniciens.

Axalta compte optimiser l'activité des carrossiers avec l'IA d'Aspaara

Grâce à un partenariat noué avec la start-up suisse Aspaara, Axalta veut aller plus loin dans la digitalisation des carrosseries. Le fabricant américain de peintures ambitionne de modéliser l’activité des ateliers afin d’en améliorer la performance, avec à la clé des gains pouvant atteindre 16 %, via sa plateforme de services Drivus.

Spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à la réparation automobile, Aspaara développe déjà ses solutions auprès du groupe suisse Amag, distributeur notamment des marques Volkswagen et Audi.

Concrètement, l’outil repose sur la création d’un jumeau numérique de l’atelier. Celui-ci permet de simuler, chaque semaine, plusieurs milliers de scénarios d’activité afin d’anticiper les flux de réparation. Ces simulations alimentent un modèle prédictif capable d’ajuster en temps réel l’organisation de l’atelier et la planification des opérations.

Une planification affinée de l’activité

Aspaara fournit au gestionnaire de carrosserie un copilote IA personnel. Ce dernier intègre l’ensemble des étapes du processus de réparation ainsi que les contraintes matérielles de l’atelier. Objectif : mieux répartir la charge de travail, optimiser l’affectation des techniciens et maximiser l’utilisation des cabines de peinture. À la clé, Axalta met en avant une réduction des délais de réparation et une amélioration de la fiabilité des restitutions aux clients.

"Grâce à ce partenariat révolutionnaire, Axalta procure aux ateliers de carrosserie des outils de pointe, souligne Fabien Boschetti, vice-président des ventes d'Axalta Refinish en Europe. Ils permettent de réduire les délais d'exécution et d'optimiser la charge de travail des talents, tout en éliminant les approximations grâce à une planification intelligente et avant-gardiste".

Après un premier déploiement, Axalta étend désormais cette solution à ses clients réparateurs en France (utilisateurs des marques Cromax, Spies Hecker et Standox) ainsi qu’à l’ensemble de ses marchés européens, du Moyen-Orient et d’Afrique.

Le groupe avance également des gains significatifs sur les tâches de planification, avec une charge de travail pouvant être réduite jusqu’à 75 %. Le retour sur investissement, enfin, est annoncé en quelques mois, sous réserve des conditions d’exploitation propres à chaque atelier.

Albéric Chopelin, Alliance Automotive France : "Remettre le curseur du côté de l’agilité et du service client"

Le Journal de la Rechange et de la Réparation : Vous avez pris vos fonctions en septembre dernier. Quel constat portez-vous sur la situation du groupe ?

Albéric Chopelin : Je suis arrivé préparé, car je connaissais déjà assez bien le groupe. Avant même ma prise de fonctions officielle, j’ai pris le temps de rencontrer des garages et des clients. C’était important pour moi de comprendre l’entreprise de l’intérieur avant d’en prendre la direction.

En septembre, j’ai découvert un groupe au pedigree exceptionnel. L’histoire d’Alliance Automotive est impressionnante : une entreprise née il y a environ 35 ans en Bretagne, à partir d’un distributeur qui réalisait une dizaine de millions d’euros de chiffre d’affaires. Aujourd’hui, nous sommes à plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires en France, 4300 collaborateurs, une présence sur tout le territoire et une intégration au sein de GPC avec une dimension européenne et mondiale.

Cette croissance extrêmement rapide génère aussi des fragilités : des organisations perfectibles, des processus parfois imparfaits, des synergies qui n’ont pas toujours été exploitées au maximum. Mais ce qui m’a également marqué, c’est l’engagement des équipes.

Malgré les difficultés du secteur, j’ai observé une loyauté et une implication très fortes, tant chez nos collaborateurs que chez nos adhérents indépendants. Nous sommes donc face à une entreprise remarquable par la rapidité de son développement, mais qui doit désormais consolider son organisation. C’est aussi pour cela que je suis là.

 

J2R : Quels sont les axes prioritaires sur lesquels vous souhaitez concentrer vos efforts ?

A.C. : Il y a des éléments très importants, justement liés à l’ADN et à l’histoire de l’entreprise. Quand vous connaissez une croissance aussi rapide, vous en acceptez forcément à la fois les avantages… et les inconvénients.

Parmi ces inconvénients, il arrive que l’on passe à côté de certaines synergies, ou que l’on ne pousse pas assez loin l’optimisation de l’organisation et des processus. C’est précisément sur ces sujets-là que je veux concentrer nos efforts dans les mois qui viennent.

Il y a aussi un point très simple, presque du bon sens, que nous partageons avec les équipes : nous devons nous recentrer sur nos activités principales, sur ce qui fait la qualité de service que nous devons à nos clients, qu’il s’agisse des garagistes ou des distributeurs indépendants. Concrètement, l’enjeu est de remettre de l’efficacité très opérationnelle.

 

J2R : Vous arrivez à la tête d’Alliance Automotive France avec un profil très orienté constructeurs. Comment transpose-t-on cette culture dans un univers de distributeurs et de réparateurs indépendants, souvent méfiants vis-à-vis des logiques OEM ?

A.C. : Je comprends l’appréhension que peut susciter un profil perçu comme "OEM". Il existe parfois une opposition caricaturale entre constructeurs et indépendants. Mais ce n’est pas ainsi que je conçois les choses. J’ai travaillé chez Ford et Stellantis, certes, mais aussi chez un concessionnaire, à la tête d’activités VN, VO et après-vente.

J’y ai appris la gestion d’un atelier et d’un magasin de pièces, d’abord en monosite puis en multisites. J’ai également géré un réseau d’agents, travaillé côté loueur, puis dans le conseil. Cela m’a permis d’appréhender l’industrie sous plusieurs angles.

Ce n’est pas un modèle constructeur que je viens appliquer ici. Les réalités sont différentes. Ce que j’apporte, c’est une compréhension globale des enjeux de transformation et de management dans l’automobile.

 

J2R : Comment la nouvelle organisation managériale officialisée début janvier va-t-elle impacter les processus décisionnels et la performance d’AAG France ?

A.C. : La réorganisation repose sur un principe simple : nous mettre en capacité de prendre de meilleures décisions pour nos clients, mais aussi en termes de rapidité d’exécution. C’est dans cet esprit que nous avons fait évoluer nos équipes, avec l’apparition de nouveaux postes et de nouveaux visages.

L’objectif est clair : définir des périmètres de responsabilité beaucoup plus précis, afin de rendre les équipes plus agiles. Un exemple concret : la direction des filiales. Cette fonction existe désormais à part entière et siège au comité de direction. C’est un poste stratégique, avec un périmètre clairement défini.

Auparavant, cette activité était intégrée dans une organisation commerciale plus large. Ce fonctionnement était adapté à une phase de croissance rapide, mais il l’est moins dans une phase où l’on cherche davantage de réactivité, avec des équipes à taille plus humaine et des circuits de décision raccourcis.

Autre illustration : le renforcement d’une équipe spécifiquement dédiée au commerce. Nous avons considéré que l’ADN d’Alliance Automotive est avant tout opérationnel. À ce titre, le commerce doit être au cœur du dispositif.

Il ne s’agit pas seulement de vendre, mais de piloter la relation client et d’être moteur dans l’exécution. Nous avons donc choisi de repositionner clairement cette fonction, en la rendant plus autonome et en organisant les activités support autour d’elle, afin qu’elle gagne en efficacité au quotidien.

Cela dit, une organisation ne fait pas tout. Elle n’est qu’un point de départ. Elle doit ensuite permettre de revoir les processus et les modes de fonctionnement. Une croissance rapide peut aussi générer des lourdeurs, trop de niveaux de contrôle. Nous avons donc décidé de remettre le curseur du côté de l’agilité et du service client.

Cela implique de revoir certains process, d’en simplifier d’autres, voire d’en supprimer lorsque leur valeur ajoutée n’est pas démontrée. Tous les processus qui nous éloignent du niveau de service que nous voulons offrir doivent être questionnés.

 

J2R : Outre ces lourdeurs, une partie des adhérents de vos réseaux pointent une instabilité récurrente au sein des équipes du groupe, notamment sur les fonctions clés. Quels leviers avez-vous actionnés pour restaurer la confiance sur le terrain ?

A.C. : C’est un sujet que nous avons évoqué à plusieurs reprises depuis mon arrivée. Sur ce point, je considère que nos adhérents ont raison. J’ai donc pris ce retour très au sérieux. Il faut aussi rappeler que l’entreprise a traversé plusieurs phases de transformation successives. Dans ce type de contexte, des changements d’équipe interviennent. Ce n’est pas toujours souhaitable, mais cela peut s’expliquer par l’évolution de l’organisation et des priorités.

Le choix que nous avons fait, en échangeant avec eux, est simple : installer les équipes dans le cadre de la nouvelle organisation et les stabiliser dans la durée. L’objectif est que les interlocuteurs du quotidien soient clairement identifiés, qu’ils s’inscrivent dans le temps long et que de véritables habitudes de travail puissent se construire. Derrière cette question se joue évidemment celle de la confiance.

Les premiers retours sont encourageants, notamment en ce début d’année, souvent propice aux nouvelles dynamiques. Mais au-delà des intentions, ce sont les actes qui comptent. Présenter des plans est une chose ; démontrer leur efficacité en est une autre. Nos adhérents nous jugeront sur des résultats concrets.

 

J2R : Ces derniers mois, plusieurs adhérents ont quitté les réseaux du groupe, en manifestant leur insatisfaction, et des rumeurs évoquent d’autres départs possibles. Comment analysez-vous cette situation, et quelles mesures concrètes comptez-vous mettre en œuvre pour y répondre ?

A.C. : La question est légitime. Il faut toutefois replacer les choses dans leur contexte : les cas auxquels vous faites référence restent très limités au regard de la taille du groupe. Dans une entreprise de notre dimension, il est normal d’enregistrer à la fois des entrées et des sorties. Certaines fins de partenariat sont parfois choisies.

Il arrive qu’une relation commerciale ne fonctionne plus de manière satisfaisante, des deux côtés. Dans ces situations, mettre un terme à la collaboration peut être une décision rationnelle. Cela ne signifie pas nécessairement qu’il existe un problème structurel. Si ces cas devenaient nombreux ou récurrents, ce serait évidemment un signal d’alerte. À ce stade, ce n’est pas le cas.

En revanche, il y a eu des remontées d’insatisfaction plus ciblées, notamment sur des sous-performances ponctuelles en 2025, en particulier sur le plan logistique. Là-dessus, nous devons être à l’écoute. Depuis septembre, nous avons engagé un dialogue précis avec les adhérents concernés.

L’idée n’est pas seulement de reconnaître l’existence d’un problème, mais de le qualifier précisément : en mesurer l’ampleur, en comprendre les causes, puis construire les solutions avec les adhérents. Leur retour terrain est essentiel pour ajuster nos dispositifs. Ces échanges se tiennent dans des cadres formels, mais aussi de manière plus informelle.

Notre métier reste un métier de proximité et de confiance. C’est dans cette relation directe, progressive, que nous avançons. À ce stade, les premiers retours sont plutôt positifs, et les relations repartent sur des bases plus claires.

 

J2R : Avec le recul, quelles décisions prises ces dernières années, par vos prédécesseurs, se sont révélées les plus structurantes ? Et lesquelles n’ont pas produit les effets escomptés ?

A.C. : Je tiens d’abord à exprimer le respect que j’ai pour le travail accompli avant moi. Je n’ai aucune prétention à juger ou à comparer les décisions prises par mes prédécesseurs. Une entreprise traverse différentes phases, qui dépendent toujours d’un contexte de marché donné. Les choix stratégiques doivent être analysés à l’aune de ces réalités.

Ce qui m’a particulièrement impressionné, c’est la décision d’accélérer fortement la croissance. Aller aussi vite, notamment par le biais d’acquisitions, était un pari ambitieux. Ce pari nous a permis d’atteindre la position de leader que nous occupons aujourd’hui. Nous disposons d’un maillage unique, d’une capillarité exceptionnelle sur l’ensemble du territoire et d’une chaîne logistique globalement très performante.

Le deuxième élément déterminant a été la construction d’une dimension européenne. À un moment donné, le groupe a choisi de mutualiser certaines fonctions clés entre plusieurs pays. Je pense notamment aux achats et aux ressources humaines. Cette mise en synergie nous procure aujourd’hui un véritable effet d’échelle. Elle renforce notre force de frappe et nous permet de proposer à nos clients une offre compétitive, tant en termes de services que de conditions.

Il y a enfin la décision relative à la transformation de notre chaîne logistique en France, avec la création d’une grande plateforme nationale en région parisienne. Sur le plan stratégique, l’idée est extrêmement pertinente : bâtir un modèle logistique à trois niveaux - national, régional et local - afin d’assurer une capillarité optimale. L’investissement consenti par l’entreprise a été considérable, à la hauteur de l’ambition.

En revanche, et c’est un fait, sa mise en œuvre a été très perfectible. La phase de déploiement a été chaotique et a généré des difficultés opérationnelles, encore perceptibles en 2025. C’était un sujet central dans nos échanges avec les adhérents. À tous les étages de l’organisation, nous en avons ressenti les effets. L’enjeu aujourd’hui est clair : tirer pleinement parti de cet outil, maintenant que les principales difficultés ont été identifiées et traitées, et remettre le système à niveau de manière durable. Une fois stabilisé, ce dispositif logistique a le potentiel de devenir un véritable levier de performance.

 

J2R : Les difficultés que vous aviez rencontrées avec votre plateforme First sont maintenant vraiment derrière vous ?

A.C. : Nous avons traversé une phase de crise, comme beaucoup d’entreprises ayant lancé des projets logistiques de cette ampleur. La situation s’est nettement améliorée. Le plus gros est derrière nous, mais je ne souhaite pas déclarer trop vite la sortie définitive de crise.

Nous testons actuellement la robustesse du système. Ensuite viendra une phase de développement. L’ambition est de faire de First un benchmark du marché.

 

J2R : Vous évoquez l’importante capillarité de votre maillage. Effectivement, AAG anime plusieurs enseignes de distribution aux positionnements parfois proches. Comment évitez-vous la cannibalisation, au niveau local, entre ces différents réseaux ?

A.C. : La première réponse tient à la nature même de notre portefeuille : nous disposons d’une offre très large, avec des marques aux positionnements différenciés. Cette diversité permet, dans la majorité des cas, d’éviter une concurrence frontale sur le terrain. L’objectif est simple : éviter les logiques de cannibalisation, car dans ces configurations, personne n’est réellement gagnant.

Deuxième point : dans un nombre limité de situations, qui restent marginales à l’échelle du territoire, nous menons une réflexion plus structurelle. Nous nous interrogeons sur la pertinence du dispositif en place : avons-nous le bon maillage ? La bonne représentation réseau au bon endroit ? Il ne s’agit pas de remettre en cause l’existence de telle ou telle enseigne, mais plutôt d’analyser la cohérence géographique de notre implantation.

Dans les rares cas où une cannibalisation réelle génère une situation perdant-perdant, des solutions existent. Elles peuvent passer par une redistribution de secteurs ou un ajustement des périmètres d’intervention. Ce sont des arbitrages menés au cas par cas, et ces situations demeurent limitées. Nous disposons aujourd’hui des leviers nécessaires pour organiser notre présence sans nous marcher sur les pieds.

 

J2R : Un mot sur Napa : quel bilan tirez-vous de la commercialisation de la marque en France ? Souhaitez-vous accélérer son déploiement ?

A.C. : Napa, c’est l’un des joyaux du groupe, vraiment, et sur le plan de la mise en œuvre en France, nous considérons que c’est un succès. Aujourd’hui, la marque en elle-même couvre plus de 85 % du parc roulant français. Le nombre de familles ne cesse d’augmenter, nous recensons plus de 8 000 références.

La marque décolle, elle n’en finit pas de décoller, elle explose dans nos chiffres de vente ! Le positionnement sur le marché est très bon. Donc jusqu’à maintenant, ça marche très bien. Le plan est très simple : c’est vraiment de mettre l’accélérateur sur cette marque, qui est un potentiel fabuleux. Et c’est vrai pas seulement en France.

 

J2R : Le groupe a jusqu’ici exclu le déploiement de magasins dédiés exclusivement à Napa en France. Est-ce toujours le cas ?

A.C. : Le potentiel existe clairement, et la question fait partie des réflexions en cours. Nous nous interrogeons sur la valeur supplémentaire que nous pourrions apporter à nos clients en intégrant davantage la marque dans la gestion de nos enseignes. À ce stade, aucune décision n’a été arrêtée. Le sujet est ouvert, mais il ne constitue pas une priorité immédiate : d’autres chantiers concentrent aujourd’hui notre attention pour 2026.

 

J2R : La demande de produits à bas prix est alimentée par les pure players et les marketplaces, qui continuent de progresser sur le segment BtoB. Comment Alliance Automotive Group peut-il encore créer de la valeur face à ces modèles ?

A.C. : Je pense qu’il y a de la place pour plusieurs modèles. Le fait que de nouveaux acteurs s’intéressent à notre industrie démontre d’ailleurs l’attractivité du marché. Nous sommes, nous aussi, convaincus de l’importance du canal digital. C’est un levier que nous suivons de près et que nous développons. Mais notre offre ne se limite pas à la capacité d’identifier une référence, de la commander en ligne et de la livrer rapidement.

Notre différenciation repose sur la proximité terrain, la réactivité opérationnelle et le conseil. Nous accompagnons nos clients au quotidien, avec une présence physique, des équipes locales et une relation directe. C’est une proposition de valeur plus large que la simple transaction. Se positionner en frontal pur sur un modèle exclusivement digital, avec des délais et une logique de service différents, ne correspond pas à notre ADN.

Cela ne signifie pas ignorer ces acteurs. Comme dans d’autres industries, leur présence nous oblige à progresser, à gagner en efficacité et en clarté dans notre positionnement. Mais nous ne devons pas non plus perdre de vue nos atouts.

 

J2R : Alliance Automotive n’est pas très actif sur le canal e-commerce. Est-ce un marché qui pourrait vous intéresser ?

A.C. : Nous travaillons sur plusieurs pistes, en B2B comme en B2C. Winparts, originaire du Benelux, est un succès et nous le développons en France en co-pilotage avec nos collègues.

 

J2R : Envisagez-vous de renouveler le salon FAB d’ici la fin de l’année ? Si oui, quels axes de travail et quelles évolutions souhaitez-vous mettre en avant pour cette nouvelle édition ?

A.C. : Nous réfléchissons à la meilleure formule d’animation commerciale. Le FAB 2024 a été une réussite, mais nous ne voulons pas reproduire mécaniquement le même format. L’objectif est de créer un évènement pertinent, dimensionné aux enjeux actuels.

Comment BH Atelier veut séduire les garagistes indépendants

Connus pour avoir structuré le réseau BH Car sur le marché du véhicule d’occasion, Guillaume Herbin et Jérémy Gillotin changent de terrain de jeu. À Franchise Expo (14-16 mars), les deux associés ont présenté BH Atelier, leur offre destinée aux garages indépendants, avec une ambition claire : les fédérer autour d’un dispositif alliant outils, marque et génération de clients.

Le concept repose sur quatre niveaux d’accompagnement, allant d’une simple solution logicielle à une intégration plus poussée sous enseigne. "Nous pensons que la première formule servira à nous rapprocher des réparateurs, mais qu'ils verront très vite l'intérêt de passer aux stades plus avancés", anticipe Jérémy Gillotin.

Des zones d'exclusivité

Premier étage de la fusée : la formule Starter. Facturée 149 € HT par mois, sans engagement, elle donne accès au DMS développé par le groupe. Devis, facturation, planification, suivi client : l’outil couvre les fonctions classiques de gestion d’atelier, avec des évolutions régulières, dont certaines intégrant des briques d’intelligence artificielle.

À partir du niveau Essentiel, proposé à 299 € HT mensuels avec un engagement de 12 mois, BH Atelier change de dimension. L’atelier adopte la marque, matérialisée par une signalétique en façade, et bénéficie de conditions négociées auprès des fournisseurs de pièces. Le dispositif inclut également un site internet dédié, conçu pour générer des contacts clients, ainsi qu’une exclusivité territoriale dans un rayon de deux kilomètres.

Délégation du marketing

Les deux niveaux supérieurs évoluent vers un modèle plus structuré. "Ils apportent des outils de digitalisation des process et une force marketing indéniables, dont les garagistes ont besoin désormais pour rester dans la tête des consommateurs", argue Jérémy Gillotin.

Avec le pack Performance (599 € HT/mois), les réparateurs accèdent à des fonctionnalités avancées : gestion multi-utilisateurs, édition de devis automatisés avec identification du véhicule, estimation des temps d’intervention selon les barèmes constructeurs, et proposition de créneaux optimisés dans l’agenda. Surtout, BH Atelier prend la main sur une partie du développement commercial. Quatre campagnes marketing annuelles sont ainsi pilotées pour le compte de l’atelier.

Cette logique est poussée plus loin avec le pack Intégral (999 € HT/mois). Le garage délègue alors l’essentiel de sa communication à l’enseigne, qui porte à 12 le nombre de campagnes annuelles et étend l’exclusivité territoriale à 10 kilomètres.

300 garages à fin 2030

Jusqu'à présent l'enseigne comptait 12 sites en France, tous ouverts en complément d'une agence BH Car. Avec cette nouvelle approche, les barrières à l'entrée vont se lever puisque les exigences financières sont moindres. Les deux associés espèrent convaincre 50 garagistes indépendants cette année et constituer un réseau de 300 adresses à fin 2030. "Plus personne ne peut rester isolé. Seule la force d'une marque donnera une chance de subsister", font-ils le pari.

À noter que les packs Essentiel, Performance et Integral seront assortis d'une charte qualité. Comme le panneau BH Atelier sera apposé sur la devanture, il est question de s'assurer d'une homogénéité de traitement des clients. D'autant plus que l'enjeu est de pouvoir s'appuyer sur ces garagistes pour rassurer les acheteurs de voitures d'occasion passés par BH Car.

Alliance Automotive Iberia accélère sous bannière Napa

Deux ans après une phase d’expansion soutenue, Alliance Automotive Group Iberia change de tempo. Pour homogénéiser son organisation sur les marchés espagnol et portugais, le groupement fait le choix du panneau Napa Auto Parts.

Selon nos confrères de Mundo Recambio, dans les prochains mois, les 96 sites issus notamment de Lausan, Gaudí, Soulima ou Colón adopteront progressivement les standards de la marque. Flotte, signalétique, expérience client : tout est appelé à converger. Plus de 500 véhicules porteront également cette nouvelle identité sur le terrain.

Au-delà du changement visuel, AAG Iberia entend poser les bases d’un modèle unifié. "Lorsqu'une organisation se développe et que le marché y répond favorablement, il est temps de structurer cette croissance et de la préparer pour l'avenir", résume Nacho Pernas, directeur général d’AAG Iberia.

Une promesse de service homogène

Le groupe insiste sur un point : Napa ne se limite pas à une marque de pièces. Il s’agit d’un cadre opérationnel global, avec des standards partagés en matière de disponibilité, de qualité et de fiabilité. Ambition affichée : offrir au client professionnel une expérience identique, quel que soit le point de vente.

Cette logique de standardisation n’efface pas pour autant les spécificités locales. AAG Iberia revendique un équilibre entre puissance d’une marque globale et ancrage terrain de ses équipes. "La cohésion, l'intégration et l'excellence opérationnelle deviennent ainsi les piliers de cette transformation", précise le groupe.

Sur le plan économique, le projet s’appuie sur une dynamique déjà enclenchée : Napa représente désormais plus de 21 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel en Iberia, contre des volumes encore marginaux en 2023.

Un scénario déjà éprouvé au Royaume-Uni

Ce virage ibérique s’inscrit dans une stratégie européenne plus large. En 2024, AAG avait déjà engagé un mouvement similaire au Royaume-Uni, en regroupant 275 points de vente sous enseigne Napa.

L’objectif était alors double : renforcer la lisibilité du réseau et capitaliser sur une marque à forte notoriété internationale. Le groupe cherchait aussi à séduire davantage les grands comptes, parfois peu sensibles à la fragmentation de ses enseignes historiques.

Et la France ? Une question toujours ouverte

Cette montée en puissance relance inévitablement le débat sur la stratégie française du groupement. Jusqu’ici, AAG France s’est montré prudent, préférant préserver ses enseignes existantes (Groupauto, Precisium et Pièces Auto) dans un marché moins réceptif aux marques propres.

Mais la réflexion progresse. Comme nous l’a indiqué Albéric Chopelin, dans l’interview publiée dans le J2R de mars : "Le potentiel existe clairement, et la question fait partie des réflexions en cours. Nous nous interrogeons sur la valeur supplémentaire que nous pourrions apporter à nos clients en intégrant davantage la marque dans la gestion de nos enseignes. À ce stade, aucune décision n’a été arrêtée. Le sujet est ouvert, mais il ne constitue pas une priorité immédiate."

Bris de glace et carrosserie : la riposte des réparateurs non agréés

Les tensions entre assureurs et réparateurs non agréés ont franchi un nouveau seuil. Spécialistes du vitrage automobile et carrossiers indépendants dénoncent une multiplication de pratiques qu’ils jugent abusives, voire illégales, de la part de certains assureurs. En ligne de mire : l’imposition de taux horaires, l’allongement des délais de paiement, le détournement de clientèle et l’usage contesté des expertises automobiles. Autant de mécanismes qui viseraient, selon eux, à contraindre les professionnels à rentrer dans le rang de l’agrément.

Sous couvert de lutte contre une supposée "mafia du parebrise", les assureurs mettent en avant les dérives commerciales de certains acteurs non agréés, notamment les cadeaux offerts aux assurés. Mais pour les réparateurs, cette rhétorique masque une stratégie plus large de prise en main du marché. "Beaucoup d’assureurs s’affranchissent de la loi", dénoncent-ils, citant des pratiques allant jusqu’au non-respect du libre choix du réparateur. Le dépôt de bilan du réseau Elite Pare-Brise, début 2025, en est devenu le symbole, laissant près de 200 salariés sans emploi.

Le tournant du rachat de Mondial Pare-Brise

Les spécialistes du vitrage ont été les premiers exposés. Christophe Bazin, secrétaire général de la FFC Mobilité, Réparation et Services, observe une logique progressive : "Nous constatons que les assureurs testent des mécanismes contre les non agréés dans le domaine du bris de glace, avant de les étendre à la carrosserie." Une pression qui se serait accentuée depuis deux ans, dans un contexte déjà tendu depuis l’entrée en vigueur de la loi Hamon sur le libre choix du réparateur, en janvier 2015.

"Les assureurs testent des mécanismes contre les non agréés dans le domaine du bris de glace, avant de les étendre à la carrosserie", Christophe Bazin, secrétaire général de la FFC Mobilité

Le rachat de Mondial Pare-Brise par la Macif, en 2023, marque un tournant. Quelques mois plus tard, une série d’articles et de reportages grand public, mettant en cause les pratiques des non agréés, commence à être diffusée. Une campagne médiatique que de nombreux réparateurs estiment coordonnée par France Assureurs. Ce syndicat professionnel des assurances a finalement répondu à nos questions concernant ce sujet qu'après la publication de cet article (entretien accessible ici).

Explosion des expertise

Sur le terrain, les conséquences sont concrètes. Les délais d’indemnisation s’allongent, fragilisant la trésorerie des entreprises. "Sur plus d’un million d’euros impayés par les assurances, certaines factures datent de plus de deux ans et sont désormais prescrites", témoigne un membre d’un réseau non agréé, sous couvert d’anonymat. Des retards notamment provoqués par la multiplication des expertises, qui étirent le traitement de certains dossiers – alors qu’elles ne sont pas obligatoires en bris de glace.

"Avant 2023, les expertises concernaient moins de 5 % de nos dossiers. Mais depuis, ces procédures sont aujourd’hui lancées pour 70 à 80 % d’entre eux", souligne Samuel Brigantino, fondateur et dirigeant de Glass Express, qui compte près de 50 agences entre le Nord-Ouest et l’Île-de-France.

Le rôle contesté des experts automobiles

Sur les réseaux sociaux, le dirigeant pointe du doigt des dérives assurantielles au détriment des professionnels et des assurés. Ces pratiques reposent en partie sur le dévoiement des experts automobiles. Assignés par l’État à une mission de neutralité, ils répondent pourtant à des appels d’offres d’assureurs, qui peuvent les contraindre à réduire les coûts de réparation. "Une méthode de contournement de la loi pour les experts automobiles est de rédiger une évaluation plutôt qu’une expertise, explique le réparateur anonyme déjà cité. Ils émettent un avis d’expert tirant les prix vers le bas, et non pas une expertise neutre." Une prestation partiale également facturée moins chère.

"Avant 2023, les expertises concernaient moins de 5 % de nos dossiers", Samuel Brignatino, fondateur de Glass Express

Mais certains assureurs réalisent encore davantage d’économies. En effet, Samuel Brigantino nomme une assurance exploitant des chiffreurs internes. "Ils ignorent parfois l’existence de certains équipements et produisent des rapports fantaisistes", déplore-t-il.

Accusation litigieuse de surfacturation

Les experts s’appuient aussi sur des moyennes de coûts pratiqués autour des réparateurs non agréés, en vitrage comme en carrosserie. Un calcul biaisé, selon Benjamin Labonne, dirigeant de carrosseries indépendantes : "Il exclut les tarifs des concessionnaires et ne tient pas compte de la dispersion réelle des prix." Cette moyenne sert ensuite à accuser les non agréés de surfacturation, en contradiction avec la liberté de fixation des prix.

Benjamin Labonne en a fait l’expérience après avoir porté son taux horaire au-delà de 100 euros, alors que la moyenne nationale avoisine 96,6 euros, d’après l’Insee. Mais certains experts le fixent (illégalement) à 50 euros. Le carrossier a obtenu la condamnation d’un assureur pour cette pratique.

Défense systématique au tribunal

Ce réparateur a aussi subi des détournements de clientèle. Des assurés sont contactés directement par leur assureur, parfois menacés d’un "reste à charge" s’ils maintiennent leur rendez-vous hors réseau agréé. Ces entorses à la loi Hamon sur le libre choix du réparateur se généralisent dans le bris de glace. "Nous enregistrons plus de 1 000 annulations de rendez-vous par semaine, qui sont essentiellement dues à l’action des assureurs”, indique notre réparateur anonyme.

Face à ces pratiques, l’isolement est un handicap. "La première chose à faire est d’adhérer à un syndicat professionnel, conseille Benjamin Labonne, adhérent de la FFC. Ensuite, il ne faut pas hésiter à saisir les tribunaux." Objectif : faire condamner les abus au prix fort. Démarche également suivie par Glass Express, qui regroupe régulièrement plusieurs centaines de dossiers contre chaque assurance attaquée en justice.

Dérives repérées dès 2018

En parallèle, le combat s’est déplacé sur le terrain politique. Les réparateurs ont obtenu que le sénateur Dany Wattebled (Indépendants) et le député Jean-Pierre Bataille (groupe Liot) posent chacun une question au ministère de l’Économie sur les conséquences de ces dérives sur la réparation automobile. Tous deux rappellent qu’elles entraînent des pertes de recettes de TVA.

Des plaintes ont aussi été déposées auprès de la DGCCRF, qui a déjà identifié des "pratiques anticoncurrentielles" autour de l’agrément d’assurance des carrossiers dès 2018, sans suite à l’époque. Reste à savoir si l’accumulation des condamnations judiciaires et la pression politique suffiront à contraindre les assureurs à revoir leurs pratiques. À ce stade, le rapport de force est engagé, et loin d’être clos.

Le faux procès des cadeaux face aux coûts réels de la réparation

C’est l’arbre qui cache la forêt. Les assureurs mettent régulièrement en avant le coût des cadeaux commerciaux proposés par les réparateurs – bons d’achat, franchises offertes, trottinettes, etc. – pour expliquer la hausse des primes d’assurance. Un argument que les professionnels jugent réducteur. Ils rappellent que l’augmentation des coûts techniques de réparation, pourtant documentée par l’association SRA, est largement éludée dans ce discours.

Les réparateurs concernés soulignent par ailleurs que ces pratiques commerciales sont partagées par l’ensemble du marché, agréés comme non agréés, leaders compris. La différence, selon eux, tient à l’affectation des marges : les non agréés financeraient ces avantages sur la part qu’ils ne reversent pas aux assureurs en pied de facture. Ils estiment également que les marges des compagnies d’assurance leur permettraient, si elles le souhaitaient, d’absorber ces coûts sans dégrader la qualité de la réparation. Pour plusieurs acteurs du secteur, l’enjeu dépasse cependant la question des cadeaux.

Le rachat de Mondial Pare-Brise par la Macif, puis son entrée au capital de Cosmobilis en 2025, illustrent une stratégie de verticalisation de l’après-vente. Samuel Brigantino alerte sur la volonté des assureurs de contrôler la chaîne de valeur. D'après lui, si cette logique s’impose, la pression sur les coûts se traduira par une dégradation de la qualité de service. Benjamin Labonne partage cette analyse et rappelle qu’avec la montée en complexité des véhicules, les réparateurs doivent dégager une marge nette de 8 à 10 % pour investir. Un seuil rarement atteint par les ateliers agréés, souvent en dessous de 5 %, limitant leur capacité à suivre les évolutions technologiques.

Peinture : le label Color+ monte en puissance chez Alliance Automotive

Le déploiement du label Color+ se poursuit chez les distributeurs de peinture. Et en particulier au sein du groupe Alliance Automotive Group (AAG), avec la labellisation récente de 15 nouveaux sites.

Répartis sur l’ensemble du territoire (Sedan, Auxerre, Soissons, Geispolsheim, Besançon…), ces établissements affichent des scores élevés, compris entre 94 % et 96,7 %, traduisant un haut niveau de conformité aux exigences du référentiel.

Avec Color+ Day, la filière est appelée à se structurer davantage

Portée par la Feda depuis 2019, la démarche Color+ repose sur près de 40 critères visant à structurer et valoriser les meilleures pratiques chez les grossistes spécialisés. Avec ces nouvelles intégrations, le dispositif atteint désormais 70 sites labellisés, grâce aux engagements de divers acteurs comme le réseau Autodistribution ou les sociétés EPS et Antonin.

Cette montée en puissance sera mise en lumière lors du Color+ Day, prévu le 3 juin 2026. Ce nouveau rendez-vous imaginé par la Feda réunira les acteurs de la carrosserie autour des enjeux de la filière.

"Color+ Day vise à rassembler l’ensemble de la filière peinture (fabricants, distributeurs, réseaux de carrossiers) ainsi que le groupe métier de la Feda, pour dresser un état des lieux de la labellisation et inscrire durablement la profession dans une dynamique de valorisation", explique Bertrand Thorette, délégué général de l’organisation professionnelle.

123 Pare-Brise défend le libre choix du réparateur à la télé

C'est un peu la réponse du berger à la bergère. 123 Pare-Brise (filiale du groupe Cary) réagit à la croisade engagée depuis 2024 par certains assureurs contre les réparateurs non agréés, notamment à travers plusieurs sujets de reportage à charge diffusés dans des médias généralistes.

L’enseigne indépendante a ainsi investi dans un spot publicitaire destiné au grand public, mettant en avant le principe du libre choix du réparateur et ses valeurs. Au passage, elle égratigne implicitement le leader du marché, Carglass – omniprésent sur les écrans depuis plus de vingt ans – en multipliant les clins d’œil à ses gimmicks.

"Chez 123 Pare-Brise, ils réparent aussi votre pare-brise", clame ainsi avec malice le comédien du clip. Il rappelle ensuite que l’enseigne revendique 500 000 clients. Le message insiste également sur l’absence d’avance de frais pour les assurés, ainsi que sur l’absence de franchise ou de reste à charge, tout en précisant que des véhicules de remplacement sont proposés.

Devenir le premier réseau intégré non agréé

La publicité s’attache ensuite à renforcer la légitimité du réseau, en soulignant qu’il est, depuis 2022, régulièrement élu "meilleure enseigne" par le classement du magazine Capital, pour sa qualité de service. Le film se conclut par un rappel appuyé : "vous êtes libres de choisir votre réparateur, c'est la loi".

Ce spot constitue le pilier d’une campagne diffusée à la télévision, sur les plateformes de replay et sur les téléviseurs connectés. Décliné en format 30 secondes, il sera notamment visible sur TF1, M6 et plusieurs chaînes de la TNT, aux principaux carrefours d’audience du mois de mars.

En affichant clairement ses positions pour séduire les automobilistes, 123 Pare-Brise poursuit ses ambitions de développement. L’enseigne vise à devenir le premier réseau intégré non agréé de France. Elle compte déjà 172 agences réparties dans onze régions et prévoit d’atteindre les 200 implantations d’ici fin 2026.

Au-delà de l’objectif commercial, cette prise de parole participe aussi à repositionner l’image des réparateurs indépendants. En s’exposant sur des médias grand public, l’enseigne cherche à rompre avec la caricature du "réparateur voyou" et à renforcer sa crédibilité.

Magneti Marelli renforce son équipe commerciale

Magneti Marelli Parts & Services ajuste son dispositif commercial. Depuis janvier 2026, Alfio Pennisi est chargé du développement de l’activité dans le Sud-Est de la France. Rattaché à Marco Travaglia, directeur France, il intervient directement auprès des partenaires pour soutenir leur activité et accompagner les plateformes dans l’optimisation de leur sell out.

L’équipementier précise que cette nomination s’inscrit dans une logique de densification du maillage terrain et de proximité auprès de ses partenaires distributeurs.

"L’arrivée d’Alfio Pennisi renforce notre présence terrain sur une zone stratégique. Son expérience et sa connaissance du marché constituent des atouts clés pour accompagner nos partenaires dans leur développement et soutenir la croissance de nos activités", indique Marco Travaglia.

Un riche parcours dans l’après-vente

Avec plus de vingt ans d’expérience, Alfio Pennisi dispose d’une solide expertise du marché de l’après-vente. Il débute sa carrière chez Autodistribution, où il prend rapidement la responsabilité d’une agence, posant les bases d’une approche centrée sur le terrain et la relation client.

Son parcours l’a ensuite conduit à évoluer au sein de structures comme MSX International (de 2019 à 2020), Kadensis (de 2020 à 2021) ou encore Peinture Antico Diffusion (de 2011 à 2017). Avant de rejoindre Magneti Marelli, il occupait des fonctions similaires chez Hella, entre 2016 et 2021, où il gérait un portefeuille clients dans l’Est de la France.

Niterra soufflera ses 90 bougies à Equip Auto Algeria

Une année symbolique pour Niterra. En 2026, l'équipementier japonais, spécialiste des bougies d'allumage et des capteurs, fête ses 90 ans. Pour l'occasion, il sera présent au prochain salon Equip Auto Algeria, du 30 mars au 2 avril 2026 au Palais des expositions d'Alger. Habitué des lieux en tant que visiteur, l'équipementier franchit un cap en participant pour la première fois en tant qu'exposant.

Derrière ce changement de statut, c'est une ambition qui est clairement affichée : consolider sa présence dans la région EMEA et notamment sur le marché nord-africain. "L’Afrique du Nord constitue un axe de développement essentiel dans la stratégie de croissance de Niterra France au niveau européen. Ce salon est donc crucial pour rencontrer nos clients, consolider nos collaborations et nouer de nouveaux liens pour soutenir l’expansion de notre activité dans cette zone géographique", analyse Charles Ollivier, responsable commercial export Afrique du Nord et Outre-mer de Niterra France.

Il sera d'ailleurs présent sur place pour rencontrer les clients et prospects. Charles Ollivier sera accompagné d'Hamid Imarazene, brand promoter recruté en 2024 pour renforcer la présence terrain de l'équipementier dans la région.

Boîtiers papillon : plus de 50 % du parc automobile européen couvert

Pour soutenir cette ambition, plusieurs nouveautés seront présentées. Côté produits, Niterra, anciennement NGK Spark Plugs, proposera un élargissement de son portefeuille produits avec en point d'orgue une nouvelle gamme de boîtiers papillon NTK. Dévoilée en avant-première lors du dernier salon Equip Auto Paris, elle est composée de 189 références et couvre 133 millions de véhicules dans la région EMEA, soit 52 % du parc roulant.

Intégrant trois générations de technologies distinctes (électronique, hybride et mécanique), elle s'adapte aussi bien aux motorisations essence que diesel, aux modèles les plus récents comme aux plus anciens, et joue un rôle essentiel dans la gestion du débit d'air dans le moteur.

De nouveaux outils digitaux pour accompagner les professionnels

Au-delà des produits, Niterra se distingue aussi par son offre de services. L'équipementier présentera notamment son nouveau catalogue digital NGK dédié aux bougies d'allumage et de préchauffage. Régulièrement mis à jour, il centralise l'ensemble des produits de la gamme, les fiches techniques détaillées et les dernières évolutions. Disponible en ligne, il offre une expérience intuitive à l'utilisateur en lui permettant d'ajouter des notes ou encore de sélectionner des favoris.

Cet outil vient compléter l'offre de services déjà proposée par l'équipementier qui comporte notamment TekniWiki, sa plateforme de formation en ligne destinée aux techniciens, formateurs et passionnés. Ce portail web donne accès gratuitement à des vidéos, articles et des modules e-learning pour monter en compétence sur les gammes NGK et NTK. Une plateforme qui s'inscrit dans la volonté de l'équipementier d'aller au-delà de la simple fourniture de pièces pour être un véritable vecteur de solutions.

Pour fidéliser son réseau, Niterra participera à d'autres événements tout au long de l'année, tandis que de nouveaux catalogues digitaux sont attendus à partir du mois d'octobre. En attendant, les dernières nouveautés seront à découvrir sur le stand D10 du salon Equip Auto Algeria.

Réemploi : un groupe espagnol débarque en France et voit grand

C’est fait : Recomotor dispose désormais d’une filiale sur le marché français. Spécialisée dans la distribution de pièces issues de l’économie circulaire (Piec), l’entreprise espagnole, basée à Lleida, a officialisé la création de Casse Recomotor, à Lorp-Sentaraille (Ariège).

Un choix logique pour Recomotor puisque l’Hexagone représente déjà 8 % de son activité. Mais jusqu’ici, sa présence reposait sur une approche commerciale à distance. La société souligne, en outre, que le marché du réemploi tricolore bénéficie aussi d’un cadre réglementaire incitatif, notamment autour de l’obligation pour les ateliers de proposer, dans certains cas, des pièces de seconde vie.

"La France constitue la première étape logique de notre expansion internationale. C'est un marché important, plus concentré que le marché espagnol, et dont la réglementation est très en phase avec notre modèle d'économie circulaire. La création de Casse Recomotor nous permet d'agir avec plus de souplesse et d'accélérer notre croissance", annonce Jan Amat, CEO et cofondateur.

Une stratégie sans acquisition immédiate

Contrairement à son développement en Espagne, marqué par l’intégration rapide de plusieurs centres VHU, Recomotor adopte une approche plus progressive en France. Aucune opération de croissance externe n’est prévue à court terme.

La priorité est ailleurs : structurer la logistique, sécuriser les flux et développer les ventes à partir du stock existant depuis son entrepôt de Balaguer. Pour accélérer son lancement, l’entreprise a également noué des accords avec des places de marché, notamment eBay et France Casse.

Les ateliers constitueront la principale clientèle du déconstructeur. La répartition devrait rester proche de celle observée en Espagne, où ce canal pèse 85 % du chiffre d’affaires, les 15 % restants étant réalisés auprès des particuliers.

Première étape d’un projet européen

Cette implantation en France s’inscrit dans une ambition plus large pour Recomotor. Fondée il y a moins de six ans, la société a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 9 millions d'euros en 2025, soit près du double de l'année précédente, et vise 14 millions d'euros cette année, une progression de 50 %.

Après avoir consolidé sa base industrielle en Espagne, avec cinq sites VHU et un catalogue dépassant les 300 000 références, le déconstructeur cherche désormais à dupliquer son modèle.

"L’internationalisation est une évolution logique après l’intégration industrielle en Espagne. Notre objectif est de devenir un acteur majeur en Europe du Sud dans le domaine de la pièce de réemploi, en combinant technologie, traçabilité et efficacité logistique", poursuit Jan Amat.

La France doit ainsi servir de point d’appui pour explorer d’autres marchés européens, sans calendrier précis à ce stade. Le groupe cible en priorité des pays offrant un cadre réglementaire comparable et un parc roulant favorable au développement du réemploi. Sur son marché domestique, Recomotor ambitionne de doubler son réseau de centres VHU d'ici deux ans.

Point S muscle son offensive sur la vente automobile

La commercialisation de véhicules s’impose progressivement comme un véritable relais de croissance pour Point S. Lancé en 2022, son concept Vente Auto a été déployé par une cinquantaine de centres. Le réseau entend toutefois accélérer ce développement et dévoile plusieurs évolutions de son programme.

"Face aux évolutions profondes que connaît aujourd’hui le marché de l’entretien automobile et du véhicule d’occasion, nous avons fait le choix de faire évoluer notre concept afin de mieux accompagner nos adhérents. Qu’ils soient vendeurs réguliers ou occasionnels, il est essentiel pour nous de leur proposer un service souple […]", explique Déborah Binisti, directrice des concepts Point S.

De nouveaux partenaires pour sécuriser la performance

Point S mise sur une logique progressive. Tous les centres peuvent d’abord devenir simples sites de livraison. Une porte d’entrée peu engageante qui permet de capter du flux et de valoriser les prestations d’après-vente.

Pour aller plus loin, le niveau "Access" propose un modèle intermédiaire : l’adhérent génère des leads, tandis que la structure dédiée prend en charge l’ensemble du processus commercial et administratif.

Pour renforcer son dispositif, Point S s’appuie sur plusieurs partenaires spécialisés. La solution Spider VO apporte des outils de gestion commerciale et de suivi des leads, organisés autour de différents niveaux d’expertise.

Côté pricing, Autobiz vient affiner le positionnement des véhicules grâce à des solutions de cotation en temps réel. Enfin, Starterre reste un partenaire clé grâce à son stock multimarque immédiatement disponible.

Point S précise que de nouveaux partenaires viendront renforcer son concept dans les prochains mois.

Midas ajuste ses prix face à un parc vieillissant

Dans un environnement sous tension, entre inflation des coûts et vieillissement du parc, les réseaux de réparation automobile sont contraints d’adapter leur modèle. Chez Midas, cette adaptation passe désormais par une approche plus fine de la tarification, directement indexée sur l’âge du véhicule.

Le fast-fitter a ainsi fait évoluer sa prestation phare, la vidange, avec une grille tarifaire modulée. Désormais, le prix de l’intervention varie selon l’ancienneté du véhicule, avec des forfaits proposés à 139 (moins de 10 ans), 119 (10 ans à 15 ans) et 99 euros (plus de 15 ans). Objectif : alléger la facture pour les automobilistes qui conservent leur voiture plus longtemps.

"On ne fait pas pour autant de compromis sur ce qu’on installe, sur l’huile ou sur le filtre", insiste Hubert Tourny, directeur produit et approvisionnement. La différence de prix s’explique notamment par la nature des pièces et des lubrifiants utilisés, souvent plus standardisés sur les modèles les plus anciens.

Midas pourrait d’ailleurs pousser plus loin cette logique d’adaptation tarifaire. Interrogée sur le sujet, la direction n’exclut pas d’élargir cette approche à d’autres prestations que la seule vidange. "On peut imaginer décliner cette logique sur d’autres prestations. La réflexion suit son cours", confirme Hubert Tourny.

Midas veut séduire les jeunes

Cette stratégie tarifaire s’accompagne d’autres initiatives ciblées. L’enseigne a ainsi lancé une offre dédiée aux moins de 25 ans, avec des remises pouvant atteindre 25 %, afin d’attirer une clientèle encore peu présente dans les réseaux d’entretien. Elle propose également un tarif réduit pour le montage de pneus premier prix, avec une prestation affichée à 9,95 euros sur son site.

"On s’est rendu compte qu’une partie des jeunes conducteurs redécouvraient la marque. Il fallait adapter notre offre", explique Ludovic Dugabelle, directeur marketing international.

Derrière ces mesures, l’enjeu est double. Il s’agit à la fois de répondre aux contraintes budgétaires des automobilistes, mais aussi de préserver le trafic en atelier.

Vers des opérations toujours plus techniques

Dans un marché de plus en plus concurrentiel, le pneumatique reste d’ailleurs un levier clé pour attirer les clients. "Le pneu représente encore entre 24 % et 25 % de l’activité des centres Midas. C’est un enjeu important pour nous. C’est à la fois une activité de conquête, qui génère du trafic, et un levier stratégique dans l’équilibre économique de nos sites", confirme Julien Gourand, directeur général du réseau.

La maintenance, elle aussi, conserve un poids similaire et constitue un pilier de rentabilité pour les ateliers. Mais en parallèle, le fast-fitter entend développer de nouvelles prestations plus techniques, comme la climatisation ou la réparation électronique, afin de diversifier ses sources de revenus.

"Le marché de la réparation électronique, au sens large, devrait plus que doubler dans les dix années à venir pour atteindre au moins la taille du marché du pneumatique", souligne Hubert Tourny.

Face à ces perspectives, l’enseigne veut donc accompagner la montée en complexité technique de ses opérations. Elle dispose d’une structure de formation interne certifiée Qualiopi et développe progressivement des parcours techniques destinés aux techniciens du réseau. Un tiers des centres bénéficie déjà d’une labellisation interne dédiée aux interventions électriques et électroniques.

Cartes grises : près d’un million de véhicules immatriculés frauduleusement

Dans un rapport publié le 12 mars 2026, la Cour des comptes pointe de graves failles dans le système d’immatriculation des véhicules. L’institution évoque notamment l’existence de garages fictifs ayant permis l’immatriculation frauduleuse d’un nombre très important de véhicules.

Au total, près d’un million d’entre eux auraient été concernés, entraînant un manque à gagner estimé à plus de 550 millions d'euros pour l'État et les collectivités entre 2022 et 2024.

Pour la Cour des comptes, ces dérives trouvent leur source dans la réforme engagée en 2017 avec le plan Préfecture nouvelle génération. Les guichets cartes grises ont alors été fermés et les démarches entièrement dématérialisées. L’enregistrement des opérations a été confié à plus de 30 000 opérateurs privés habilités, issus en premier lieu du secteur automobile.

Selon l'institution, cette ouverture du dispositif, combinée à des contrôles jugés insuffisants, a créé des brèches exploitées par des fraudeurs et parfois par des réseaux organisés.

Plus de 30 scénarios de fraude ont ainsi été identifiés. Ils touchent à la fois la fiscalité, la sécurité routière et l’ordre public. L'organisme cite notamment des fraudes au malus écologique, des détournements de cartes mobilité inclusion, mais aussi des manipulations permettant de masquer l’identité réelle des propriétaires de véhicules.

La Cour des comptes dénonce des "fraudes massives" et estime qu'elles illustrent "la gravité des dérives et l'incapacité de l'État à contrôler le dispositif d'immatriculation qu'il a lui-même mis en place".

Des véhicules dangereux maintenus en circulation

Au-delà du préjudice financier, le contrôleur alerte sur les conséquences concrètes de ces dérives. Certaines fraudes ont permis la remise en circulation de véhicules gravement endommagés, sans avis d’expert valable ou à l’aide de documents falsifiés. D’autres reposent sur de faux procès-verbaux de contrôle technique. Ces dérives ne relèvent pas seulement d'une fraude administrative, elles posent aussi un problème de sécurité routière.

L’institution financière souligne aussi que ces montages peuvent faciliter d'autres infractions. Dans le cas des garages fictifs, des véhicules peuvent échapper au contrôle de l’administration, aux taxes d’immatriculation, mais aussi à certaines contraventions. La Cour considère que l’État s’est lui-même placé en situation d’impuissance en privilégiant, dès l’origine, un contrôle a posteriori plutôt qu’une vérification en amont des demandes.

Face à ces failles, la Cour des comptes estime que les premières mesures engagées à partir du printemps 2025 restent insuffisantes. Ce plan d’action visait notamment à renforcer les contrôles des professionnels habilités au système d’immatriculation et à sanctionner plus rapidement les opérateurs impliqués dans des fraudes.

L’institution recommande désormais d’aller plus loin, en réduisant fortement le nombre d’acteurs privés habilités et en rétablissant un contrôle en amont des demandes d’immatriculation.

Chaussende et fille, un pari sur la transmission

Les souvenirs de Lisa Chaussende remontent loin. Son grand-père dans son bureau, à Salon-de-Provence, quand elle n’avait que 5 ans. Puis les étés passés à Marseille, à coller des étiquettes sur des colis et à préparer des commandes.

"Certains salariés avec lesquels je travaille aujourd’hui me connaissent depuis que je suis née. Ils m’ont vue grandir", raconte-t-elle. Pour autant, rejoindre l’entreprise familiale n’allait pas de soi.

Après un bachelor en entrepreneuriat obtenu en 2021, elle entame un master en audit et contrôle de gestion qu’elle ne terminera pas. Des problèmes de santé la contraignent à tout arrêter en 2022. Rétablie, elle explore alors d’autres univers : décoration intérieure, production dans le cinéma, vente dans la grande distribution…

"Depuis mes 16 ans, j’ai toujours travaillé, que ce soit chez Chaussende ou ailleurs. Je m’ennuie très vite", indique-t-elle. En octobre 2024, elle franchit le pas. "Le milieu de l’entreprise me manquait trop. J’ai demandé à mon père s’il avait besoin de quelqu’un."

Un poste de contrôleur de gestion est alors à pourvoir. Elle accepte, d’abord en CDD, avant de reprendre en septembre 2025 un master en alternance à l’IAE d’Aix-Marseille. Aujourd’hui, Lisa Chaussende partage son temps entre ses études et l’entreprise, où son périmètre a évolué vers des missions de coordination commerciale.

Apprendre sans se brûler les ailes

Son objectif est clair : monter en compétences sans brûler les étapes, aux côtés de son père, Olivier, rouage central de l’entreprise.

Mon père est un personnage particulier. C’est quelqu’un de très humain, qui porte de l’attention à énormément de choses.

Travailler en famille peut être un défi, elle en a conscience. "J’ai envie qu’il soit fier de moi. J’ai envie qu’il soit content de mon travail", confie-t-elle. Pour progresser, elle peut s’appuyer sur une équipe attentive et disponible. Idem au sein du groupement Apprau – dont fait partie Chaussende – où elle a pu compter sur le support des autres adhérents, en particulier des frères Jérôme, Harold et Thomas van den Bosch, qui ont repris Motor-Parts en 2021.

Un soutien précieux dans un environnement dont les codes restent complexes à appréhender. "On parle quand même d’un marché où on a entre 600 000 et 800 000 références actives en France", souligne-t-elle, comparant avec les 15 000 à 20 000 références que gère sa mère, pharmacienne.

Un horizon à trois ans

L’arrivée de Lisa Chaussende s’inscrit dans une réflexion plus large sur la transmission. À l’approche de la retraite, Olivier Chaussende s’est fixé un horizon de trois ans pour réduire la dépendance de l’entreprise à sa personne. "Ça veut dire que moi, j’ai trois ans pour me décider", résume Lisa.

Racheter l’entreprise ? Tracer sa voie ailleurs ? L’avenir reste ouvert. Pour l’instant, elle observe, et se forge une vision. "Je me dis souvent que si je suis un dixième de ce qu’est mon père, je serai contente", confie-t-elle avec une pointe d’humilité, précisant qu’elle n’entend pas changer une "recette qui marche".

Pourtant, Lisa a ses propres idées, notamment sur le marketing, mais elle sait qu’elles devront s’inscrire dans le temps. Une prudence qui ne tient pas seulement à la culture de l’entreprise, mais aussi au contexte dans lequel elle évolue. Dans un secteur encore largement masculin, sa légitimité ne va pas de soi.

On attend dix fois plus, voire cent fois plus d’une femme qu’un homme à poste similaireestime-t-elle.

Dans trois ans, Lisa aura 30 ans. L’âge de son père quand il a repris les rênes de l’entreprise, en 2000, aux côtés de son frère Pascal (qui a quitté Chaussende en 2015 pour aller vivre à l’étranger). Une coïncidence qui n’en est peut-être pas vraiment une.

Cap sur un troisième centre

Lisa Chaussende, 27 ans, jongle entre ses études en alternance et son apprentissage au sein de l’entreprise familiale. Dans trois ans, elle devra décider si elle en reprend les rênes. ©Chaussende

Lisa Chaussende, 27 ans, jongle entre ses études en alternance et son apprentissage au sein de l’entreprise familiale. Dans trois ans, elle devra décider si elle en reprend les rênes. ©Chaussende

Forte de près de 40 ans de croissance continue, l’entreprise Chaussende réfléchit désormais à l’ouverture, à moyen terme, d’un troisième centre logistique, dont la localisation reste à définir.

"Il aimerait un troisième dépôt pour prouver que la formule Chaussende fonctionne et pour montrer qu’elle est duplicable", explique Lisa, qui accompagne son père dans cette réflexion stratégique.

Ce projet s’inscrit dans une trajectoire claire : accompagner l’élargissement des gammes, sécuriser les délais de livraison et renforcer la proximité avec les clients.

Depuis sa création en 1985 par Yvette et René Chaussende, la société n’a cessé d’adapter son outil logistique à l’évolution de son activité. Du premier entrepôt de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) à la structuration d’un relais marseillais en 2006, puis à l’ouverture d’un second site à Toulouse en 2010, chaque étape a accompagné une montée en puissance, tant en volume qu’en complexité d’offre.

Une nouvelle implantation doit démontrer la capacité de la plateforme à essaimer son modèle au-delà de ses deux bastions historiques. Un enjeu d’autant plus crucial qu’Olivier Chaussende prépare activement la transmission de l’entreprise. Dans cette perspective, un troisième site constituerait un atout commercial de poids face à un potentiel repreneur.

Cabines de peinture : désormais connectées et toujours plus économiques

Équipement central de l’atelier de carrosserie, la cabine de peinture conditionne à la fois la qualité des réparations, la productivité et la sécurité des opérateurs. Mais dans un contexte économique dégradé, elle est aussi devenue l’un des principaux postes de friction pour les réparateurs.

L’explosion des coûts de l’énergie, consécutive notamment à la guerre en Ukraine, a brutalement remis en question des modèles économiques déjà fragilisés. Parallèlement, les pratiques d’écoresponsabilité se répandent désormais aussi en réparation-collision, contraignant les ateliers à réduire leur empreinte carbone sans dégrader leurs marges.

Cette pression économique sur le poste peinture n’est pas nouvelle. Mais depuis la crise Covid, la nécessité de maîtriser les coûts de réparation s’est imposée comme une priorité pour préserver la viabilité des entreprises de carrosserie. Dès 2020, syndicats professionnels et fabricants avaient d’ailleurs incité les réparateurs à mobiliser leur prêt garanti par l’État pour renouveler leurs cabines de peinture. L’enquête menée à cette occasion avait mis en lumière un parc largement vieillissant, estimé à environ 12 000 unités – un chiffre probablement en recul aujourd’hui.

Une transition énergétique sous contrainte économique

Théoriquement, ce contexte aurait dû favoriser les trois fabricants français historiques : Omia, Weinmann Technologies et Europa. D’autant que la hausse des coûts de chauffage au gaz ouvrait une fenêtre d’opportunité pour des technologies alternatives, électriques ou hybrides.

Mais cette transition énergétique s’est heurtée à une réalité économique. Le fabricant italien CMC a bien tenté d’ouvrir la voie dès 2019 avec une cabine 100 % électrique, promettant d’importantes économies d’énergie et une réduction significative des émissions de CO2. Problème : commercialisée autour de 100 000 euros, contre 50 000 à 60 000 euros pour un modèle d’entrée de gamme, la solution est restée hors de portée de la majorité des ateliers.

Dans les faits, le marché est donc resté largement dominé par les technologies gaz, sur lesquelles d’autres acteurs étrangers ont su s'immiscer. L’italien Spanesi, notamment, s’est taillé une place non négligeable en France. "Les trois fabricants français représentent environ 80 % du marché. À la suite de ses efforts, Spanesi doit aujourd’hui s’approcher des 10 %", estime Johan Angrand, directeur commercial chez Weinmann Technologies.

Le marché français des cabines de peinture est verrouillé par les normesJohan Angrand, directeur commercial chez Weinmann Technologies

Côté innovation, l'édition 2022 d’Equip Auto a marqué un tournant. Omia et Weinmann y ont présenté leurs premières cabines connectées, intégrant des outils de suivi, de pilotage et d’optimisation des consommations. Omia a également fait le choix de l’électrique, là où Weinmann juge cette option non viable économiquement sur le marché français. Les deux fabricants convergent en revanche sur un point : la connectivité constitue un levier majeur d’amélioration des performances énergétiques et de la maintenance préventive.

L’attaque des marques bas de gamme

Dans le même temps, le marché subit une pression croissante de la part de fabricants bas de gamme, principalement originaires d’Espagne, d’Italie ou de Turquie. Affichées parfois à moins de 20 000 euros, leurs cabines séduisent par leur prix.

Mais ce positionnement low cost pose un problème majeur de conformité. "Il s’agit de marques qui ne maîtrisent pas les normes françaises. L’achat de leurs cabines ne donne par exemple pas droit aux aides des Carsat", alerte Johan Angrand. Or, ces subventions peuvent atteindre jusqu’à 25 000 euros pour des équipements conformes, améliorant la sécurité et les conditions de travail dans les ateliers.

Le cadre réglementaire tricolore, particulièrement exigeant, agit ainsi comme un filtre. "Le marché français est verrouillé par les normes", confirme Johan Angrand. Certains fabricants allemands, pourtant réputés pour la qualité de leurs équipements, renoncent à pénétrer le marché hexagonal en raison de la complexité des normes.

Quel avenir pour les cabines reconditionnées ?

Les acteurs chinois, très visibles sur des salons internationaux comme Automechanika, restent eux aussi absents du territoire hexagonal. Pour les carrossiers qui font le choix de cabines non conformes, le risque est réel : au moindre incident déclenchant une enquête, les sanctions peuvent être lourdes.

Ces arbitrages risqués concernent souvent des créateurs d’entreprise ou des ateliers disposant de moyens financiers limités. Une alternative s’est cependant développée en parallèle : le marché de la cabine d’occasion. Avant même la crise sanitaire, le niveau d’investissement requis pour lancer une carrosserie avait favorisé l’émergence de cette solution.

En octobre 2025, Omia a décidé de structurer ce segment en lançant Omia Origin, son offre de cabines reconditionnées. "Cela nous permet de viser un budget de 20 000 à 30 000 euros, avec un produit fabriqué en France, conforme aux normes et entièrement contrôlé par Omia", explique Stéphane Galichet, dirigeant du groupe. Une initiative prometteuse.

L'excellence française selon Omia

Cabine de peinture Amonto d'Omia

Cabine de peinture Amonto d'Omia. ©J2R/NG

Lancée en marge d’Equip Auto 2025, aux côtés de la cabine Touring – modèle modulable d’entrée de gamme – l’Amonto concentre le savoir-faire d’Omia. Avec cette nouvelle cabine, le leader du marché français se positionne clairement sur le segment haut de gamme. Proposée de série avec l’ensemble des innovations développées ces dernières années, l’Amonto intègre notamment le Pack Éco à ventilation adaptative du fabricant.

Celui-ci ajuste automatiquement le débit d’air en fonction des phases de travail, afin de limiter les consommations énergétiques. Son système d’éclairage homogène supprime par ailleurs les zones d’ombre sur les éléments à peindre.

Connectée à l’automate Omia Online, la cabine bénéficie d’un suivi en continu. Pilotage à distance et maintenance prédictive permettent d’optimiser l’utilisation de l’équipement et de limiter les arrêts non planifiés. Selon les données collectées par la plateforme, son exploitation permettrait d’économiser en moyenne 10 000 kWh de gaz et 1 200 kWh d’électricité par an, ainsi que 2,5 tonnes de CO2.

La cabine Amiral I-Line de Weinmann Technologies

Cabine de peinture Amiral I-Line de Weinmann Technologies

Cabine de peinture Amiral I-Line de Weinmann Technologies. ©Weinmann Technologies

Spécialiste des cabines de peinture haut de gamme et de la conception d’ateliers, Weinmann Technologies associe son modèle phare Amiral I-line à la technologie Eco Vario. Pilotée par l’automate du fabricant, cette solution vise à maîtriser finement les consommations énergétiques.

Les variateurs de fréquence assurent un démarrage progressif de l’installation, avant un passage à pleine puissance lorsque le peintre actionne son pistolet. En complément, le système de soufflage auxiliaire Speed Dry réduit les temps de séchage en abaissant l’humidité relative interne et en accélérant la circulation d’air chaud sur les surfaces peintes.

Entièrement connectée, la cabine permet au carrossier de suivre en temps réel son taux de charge, ses consommations, ses émissions de CO2 et sa productivité via une interface dédiée. Selon Weinmann Technologies, l’Amiral I-line peut ainsi traiter jusqu’à six véhicules par jour, tout en réduisant les dépenses énergétiques de 35 % et les émissions de carbone de 45 % par rapport à une installation équivalente. Lancée en 2022, elle est aujourd’hui déployée dans de nombreux ateliers.

Alliance Automotive : Yann Le Moal en charge de l’offre de pièces techniques

Alliance Automotive Group France fait évoluer son organisation. Le groupe a confié depuis mars la direction du programme pièces techniques à Yann Le Moal, qui a officialisé cette nomination sur LinkedIn.

Dans ces nouvelles fonctions, il aura la responsabilité de structurer l’offre et les services associés sur cette famille de produits, pour les activités véhicules légers et poids lourds. Son périmètre comprend notamment le pilotage des collections de produits, la définition de la politique tarifaire et des conditions commerciales, ainsi que la stratégie de stockage.

Il supervisera également le programme de fabrication remanufacturée et le développement des services liés aux pièces techniques, notamment les dispositifs de hotline et de formation destinés aux clients du réseau.

Entré chez Alliance Automotive Group en 2017, Yann Le Moal a progressivement élargi ses responsabilités. Il a notamment occupé des fonctions de directeur des opérations secteur avant de prendre les commandes des opérations régionales. Dans ce dernier rôle, il pilotait un périmètre de 75 agences, représentant près de 950 salariés et environ 250 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Avant de rejoindre AAG, Yann Le Moal avait déjà évolué dans l’univers de la distribution de pièces de rechange. Il a notamment passé plus de dix ans au sein du groupe IDLP, où il a exercé des fonctions de direction de sites. Plus tôt dans sa carrière, il avait également travaillé chez MSX International, détaché auprès de Land Rover Jaguar France, comme coordinateur de formation et conseiller technique.

Lizarte confie son marketing à María Zabala

Le fabricant espagnol de pièces remanufacturées Lizarte annonce la nomination de María Zabala au poste de directrice marketing. Elle succède à Richard Izquierdo, qui a piloté la stratégie de communication et de marketing du groupe navarrais au cours de la dernière décennie. La nouvelle directrice marketing rejoint par ailleurs le comité de direction du groupe.

Le périmètre de María Zabala couvre notamment le positionnement de la marque, la génération de demande ainsi que le soutien aux équipes commerciales sur les différents marchés où Lizarte est présent. Elle supervisera également la communication institutionnelle et produit, tout en coordonnant les campagnes B2B.

Avant de rejoindre Lizarte, María Zabala occupait depuis 2021 les fonctions de brand manager au sein du groupe espagnol Saltoki, distributeur de matériel pour le bâtiment. Plus tôt dans sa carrière, elle avait évolué au sein d’Azkoyen Group, où elle travaillait sur la stratégie marketing de solutions de paiement.

Lizarte devient distributeur exclusif de Dr. Motor en France

Son parcours comprend également des expériences dans le marketing digital et l’e-commerce, notamment chez Thomson Reuters et dans l’univers du commerce en ligne.

Standox lance sa nouvelle base mate Standoflow

Le groupe Axalta enrichit encore le catalogue de peinture de Standox pour les réparateurs automobiles. Baptisée Standoflow, sa nouvelle base mate hydrodiluable promet un rendu optimal dès la première application. Celle-ci est simplifiée, tout en répondant aux dernières exigences de productivité et de durabilité dans les ateliers de réparation automobile. Avec cette innovation, le fabricant poursuit donc ainsi ses efforts dans ces domaines.

Applicable en mouillé-sur-mouillé, cette base ne nécessite que deux couches et demie pour complètement couvrir une surface. Par ailleurs, la qualité de sa pulvérisabilité faciliterait la réalisation des raccords. Elle aiderait aussi à contrôler aisément les effets et marbrures.

Plus respectueuse de l'environnement, du flacon au stockage

"Dès la première application, les carrossiers trouveront la base mate Standox Standoflow très facile à utiliser, ce qui leur permettra d'offrir à leurs clients l'excellente finition qu'ils attendent, explique Fabien Boschetti, vice-président des ventes pour Axalta Refinish dans la région EMEA. Elle s'appuie sur la technologie hydrodiluable brevetée d'Axalta et sur 20 ans de développement continu".

Le dirigeant précise qu'elle est également plus respectueuse de l'environnement. Ce produit est conditionné en flacons (de 100 ml, 350 ml et 800 ml) composés de 50 % de plastique recyclé, présentés à la dernière édition d'Equip Auto. Le format des plus petits d'entre eux permet aux carrosseries de réduire leurs stocks. Tandis que leurs distributeurs peuvent constamment les approvisionner en produits frais à la demande.

Par ailleurs, la forme innovante et souple de ces flacons réduit le gaspillage. Grâce à eux et à sa conception, la base ne nécessite qu’une simple agitation avant emploi. Elle épargne au peintre l'emploi d'un meuble mélangeur, un souci du détail qui permettra à l'atelier de réduire les coûts de son laboratoire de peinture.

Carrosserie : pourquoi les réparations coûtent toujours plus cher

Le coût des réparations de collision poursuit sa courbe inflationniste. De 2021 à 2025, la facture moyenne a augmenté de près de 30 %, selon les données issues de l’observatoire annuel de SRA basé sur environ 2 millions de rapports d’expertise.

En 2025, la progression annuelle atteint encore 5,9 %. Une hausse moins rapide que les années précédentes, mais qui s’inscrit dans une dynamique durable. L’écart avec l’évolution générale des prix de l’Insee continue même de se creuser, note l’association.

Les pièces, premier moteur de l’inflation

Dans le détail des factures, le poste main-d’œuvre a enregistré l'an dernier une accélération de son évolution annuelle (+6,2 %). Quant au coût horaire moyen des ingrédients peinture, il affiche une hausse marquée (+6,9 %), la plus élevée parmi l’ensemble des composantes.

Mais le poste pièces de rechange demeure de loin le principal contributeur à la facture des sinistres de collision. Il représente 52,1 % du coût total des réparations. Il a bondi de 5,5 % sur un an et de plus de 33 % depuis 2021.

Toutes les grandes familles de pièces de carrosserie sont concernées. Certaines augmentations dépassent nettement la moyenne, notamment pour les optiques avant (+9 %), les pavillons (+7,8 %) ou encore les faces avant (+7,2 %). SRA note, en outre, que la grande majorité des pièces présentent des taux de remplacement très élevés, généralement supérieurs à 90 %.

Des véhicules toujours plus complexes

Pour l’association, cette augmentation du coût des pièces ne s’explique pas uniquement par les hausses tarifaires des constructeurs. Elle trouve aussi son explication dans l’évolution du parc roulant.

Les modèles récents intègrent davantage d’équipements liés aux normes de sécurité, aux aides à la conduite (Adas) et aux exigences environnementales. Cette multiplication des éléments se traduit mécaniquement par un nombre plus élevé de pièces endommagées lors d’un choc. En moyenne, un sinistre de collision implique aujourd’hui environ 6,5 pièces abîmées.

À cela s’ajoute une réparabilité en recul. Les matériaux composites, les assemblages complexes et la présence croissante d’électronique conduisent plus souvent à remplacer les éléments plutôt qu’à les réparer. "La complexité des véhicules et de leurs pièces réduit la réparabilité et entraîne des besoins nouveaux en compétences et en outillage pour les réparateurs", souligne l’étude. Résultat : en 2025, près de 72 % des pièces endommagées ont été remplacées.

L’électrification renchérit la réparation

Autre facteur à prendre en compte : les modèles électrifiés poursuivent leur progression et représentent désormais 16,5 % des sinistres de collision. Or, les surcoûts de réparation observés pour ces motorisations se confirment : +13,4 % pour les hybrides et +15,4 % pour les électriques par rapport au coût moyen toutes énergies.

Selon SRA, le surcoût observé avec ces véhicules s’explique par plusieurs paramètres. Leur poids plus élevé entraîne des dommages souvent plus importants lors d’un choc. Parallèlement, l’usage croissant de matériaux plus difficiles à réparer, comme l’aluminium ou certains composites, complique les opérations de remise en état.

De plus, les interventions avec la présence de composants spécifiques — prises, câbles haute tension, modules ou batteries — nécessitent des procédures particulières. À ces contraintes techniques s’ajoutent des temps d’intervention supplémentaires liés aux opérations de mise en sécurité du véhicule et aux travaux sur les systèmes électriques.

Enfin, ces réparations sont plus fréquemment réalisées dans les réseaux constructeurs ou dans des ateliers habilités, avec des facturations en T3 dont les taux horaires sont généralement supérieurs à ceux pratiqués par les ateliers indépendants.

Le réemploi progresse mais reste marginal

Dans ce contexte inflationniste, les pièces issues de l’économie circulaire (Piec) gagnent progressivement du terrain. En 2025, 21 % des réparations ont intégré au moins une pièce de réemploi. Ce taux a quasiment doublé depuis 2021. Cependant, leur poids réel dans les réparations reste encore limité. Les pièces de seconde vie ne représentent que 6,1 % des pièces remplacées (3,9 % en 2021).

Le réemploi se concentre principalement sur certaines familles de carrosserie comme les ailes, les portières et les blocs optiques. Sa diffusion reste freinée par la technicité croissante des véhicules récents et par la disponibilité encore insuffisante de certaines références.

Carrossiers et experts auto mettent en place leur commission de conciliation

Le sacro-saint débat technique contradictoire entre réparateurs et experts automobile, censé encadrer la remise en état des véhicules sinistrés, ne suffit pas toujours à résoudre les désaccords. Raison pour laquelle les différents syndicats professionnels de réparateurs ont signé un accord interprofessionnel en septembre 2024 autour d’une Charte des bonnes pratiques.

La Fédération française de carrosserie Mobilité (FFCM), la Fédération française de l’expertise automobile (FFEA), la Fédération nationale de l’automobile (FNA) et Mobilians y avaient notamment acté la création d’une Commission nationale de conciliation. Cette instance vient désormais d’être officiellement lancée.

Appliquer la Charte et éviter les contentieux

La commission est composée de 12 conciliateurs : 6 experts automobiles et 6 réparateurs, désignés par les organisations signataires. Sa mission consiste à proposer "un règlement amiable des différends relationnels pouvant résulter d’une application non conforme d’un ou de plusieurs engagements inscrits dans la Charte".

Dans le cadre de la réparation d’un véhicule sinistré, les rôles des deux professions sont clairement définis. Les experts automobiles ont pour mission d’évaluer avec rigueur et objectivité les dommages subis par les véhicules, en tenant compte des conditions nécessaires à une réparation conforme aux règles de l’art. Les réparateurs, de leur côté, assurent la remise en état des véhicules dans le respect des normes techniques et de sécurité, avec une obligation de résultat vis-à-vis de leurs clients.

Lors du débat contradictoire, les approches peuvent néanmoins diverger en fonction des pratiques professionnelles ou de l’interprétation des méthodes de réparation. Dans la plupart des cas, les échanges permettent d’aboutir à un compromis. Mais lorsque le dialogue s’avère insuffisant, ces désaccords peuvent dégénérer en litiges, voire en contentieux. C’est précisément pour prévenir ces situations que la Commission nationale de conciliation a été créée.

Vertus du relationnel et du conventionnel

Depuis le 10 mars 2026, les professionnels peuvent saisir la commission via un formulaire dédié. Le secrétariat paritaire examine d’abord la recevabilité du dossier au regard des engagements prévus par la Charte. Si la demande est jugée recevable, les parties sont convoquées pour un échange contradictoire devant les conciliateurs. À l’issue des discussions, un procès-verbal de conciliation est établi.

L’objectif est d’aboutir à un accord équilibré entre les parties et d’éviter le recours à une procédure judiciaire, souvent longue et coûteuse. La commission ne se substitue toutefois pas aux juridictions. Elle ne réalise ni contre-expertise technique ni analyse économique des réparations. Son champ d’intervention se limite strictement aux questions relationnelles et conventionnelles entre professionnels.

En privilégiant la concertation, les organisations signataires entendent faire de cette instance un outil de prévention des conflits et d’amélioration des pratiques. Une démarche qui vise, in fine, à sécuriser les relations entre experts et réparateurs, tout en contribuant à la qualité des réparations et à la sécurité des automobilistes.

Membres de la Commission nationale de conciliation

Président : Pascal Willefert (réparateur Mobilians)

Vice-président : Christophe Dewaele (expert de la FFEA)

Collège des experts (tous membres de la FFEA) : Christophe Dewaele, Ahmet Akkus, Franck Pierre, Grégoire Philip, Pascal Jusselme et Stéphane Gros.

Collège des réparateurs : Pascal Willefert (Mobilians), David Ribeiro (Mobilians), Gérald Sgobbo (FNA), Antoine Morhet (FNA), Benjamin Labonne (FFCM) et Stéphane Chalmel (FFCM).

Carflex, la tribu des carrossiers plus irréductibles que jamais

Dans un contexte où la réparation-collision se complexifie et où les marges se tendent, Carflex choisit de se recentrer. Réunie à Paris le 12 février 2026, deux mois après le renouvellement de sa gouvernance, l’équipe dirigeante a officialisé la nomination de Thierry Lutter au poste de directeur général. À l’approche de ses 20 ans, la tribu d’indépendants redéfinit ses priorités pour affronter les mutations du marché sans renoncer à ses convictions.

La "tribu", d'abord groupement de réparateurs

"Nous ne nous assimilons pas aux réseaux de carrossiers, trop éloignés de notre modèle, rappelle Guy Lambert, l’un de ses deux coprésidents. Nous ne sommes attachés à aucun distributeur et n’avons aucune obligation d’achat. C’est la raison pour laquelle nous nous appelons entre nous « la tribu », réunie autour de valeurs communes."

Concrètement, Carflex se présente comme un groupement de réparateurs – certains affiliés par ailleurs à des réseaux – qui mutualisent une partie de leurs achats. Ensemble, ils travaillent aussi sur les problématiques de la profession et cherchent à y apporter des réponses opérationnelles. Ces derniers mois, cependant, le groupement a pu sembler en retrait.

"Que ça nous plaise ou non, nous basculons dans une nouvelle ère et nous devons en tirer le meilleur parti", Thierry Lutter Directeur général de Carflex

"Nous nous sommes engagés dans plusieurs projets chronophages et coûteux, qui nous ont éloignés du terrain et de nos valeurs d’origine”, reconnaît Laurent Zammit, l’autre coprésident. Parmi eux figurait notamment un ambitieux projet de centre de formation, finalement bloqué pour des raisons administratives. La gouvernance précédente a choisi d’y mettre un terme. Le nouveau conseil d’administration entend désormais recentrer Carflex sur son ADN.

La massification comme levier

Une orientation confiée à sa direction bicéphale assurée par les deux coprésidents fondateurs, entourés de six administrateurs, répartis entre membres historiques et plus récents, et impliqués dans différents comités (technique, achats…). À leurs côtés, Thierry Lutter pilotera quatre axes stratégiques : massification des achats, accompagnement des adhérents, valorisation des métiers et innovation. Pour l’épauler, la tribu s’appuie sur 10 permanents répartis sur deux sites : le siège à Valence (Drôme), où sont centralisés la gestion, la communication et les supports, et Toulon (Var), qui accueille le service informatique.

Les achats mutualisés concernent principalement les pièces de rechange, même si les marques de peinture sont également référencées. Leur volume atteint désormais 25 millions d’euros, contre 15 millions en 2019. Les adhérents restent libres de leurs approvisionnements : seules les conditions négociées avec une dizaine de fournisseurs partenaires et une discipline collective incitent à jouer le jeu.

Des réparateurs libres et solidaires

"La massification est plus nécessaire que jamais pour préserver nos marges dans les carrosseries, affirme Laurent Zammit. Il s’agit de trouver des solutions à la hausse du prix des pièces, à l’essor de la demande de pièces de réemploi, au développement des véhicules asiatiques, ainsi qu’à l’implication croissante des donneurs d’ordres dans l’approvisionnement… Autant de contraintes qui entravent la fonction d’achat des chefs d’entreprise."

En revanche, pas question de recourir à des apporteurs d’affaires. "Cela nous imposerait des obligations et nous conduirait à être directifs", explique Jean-Charles Cucuzza, en charge de la communication. Sur ce point aussi, chaque membre conserve sa liberté, marque supplémentaire d’indépendance à l’heure de l’agrément tout-puissant.

La massification est plus nécessaire que jamais pour préserver nos marges dans les carrosseries,  Laurent Zammit, Coprésident de Carflex

L’entraide reste d’ailleurs le socle du modèle. Les adhérents échangent quotidiennement par mail ou via WhatsApp en partageant leurs bonnes pratiques. "Par exemple, l’un d’entre nous a dernièrement rencontré un problème de mise en sécurité sur un VE. Un autre lui a donné la méthode à suivre sur ce modèle", raconte Linda Marguier, carrossière et administratrice. "Lorsqu’on fait face à une rupture sur une pièce, on demande si un autre ne l’a pas de son côté", complète son homologue, Thomas Mauro.

Entraide permanente

Sur le plan technique, Carflex peut aussi compter sur le support de Christian Sauvignet, administrateur chargé de mener une veille technologique. Ancien formateur devenu carrossier, il délivre régulièrement des conseils d’achat et d’optimisation d’atelier. Exemple : "Pour une carrosserie, certains modèles de soudeuses par point sont mieux adaptés que d’autres. Et tous les accessoires proposés ne sont pas indispensables", rappelle-t-il. Il rédige également des fiches techniques sur les différents postes et opérations (dépointage, soudure, etc.).

Outre cette entraide permanente, les informaticiens de Carflex ont développé une boîte à outils interne baptisée MyCarflex. Celle-ci comprend plusieurs applications, dont la calculatrice CapVert, destinée à évaluer la pertinence économique d’une pièce de réemploi dans un dossier. "Elle tient compte de son prix, du forfait d’adaptabilité et de la marge visée. Elle indique ensuite si elle est « économiquement disponible »", explique Laurent Zammit. D’autres outils "malins" sont disponibles pour les carrossiers : utilitaire de réception active sur tablette, planning de gestion d’atelier, application photo…

Tirer des opportunités des évolutions

Outillée et structurée, la tribu aborde le contexte actuel avec lucidité, en particulier face à un environnement de marché complexe. "Nos PME se retrouvent entre des constructeurs qui imposent leurs tarifs pièces et des assureurs qui cherchent à payer le moins possible", analyse Sébastien Staels, autre administrateur. Parallèlement, certaines marques comme Tesla ou Ford replacent la technicité au cœur du débat, ce qui rehausse le niveau d’intervention attendu dans les ateliers. La transfor mation est également technologique.

"Avec l’automatisation de la teinte et l’arrivée de robots de peinture, de nouveaux métiers émergent. Que ça nous plaise ou non, nous basculons dans une nouvelle ère et nous devons en tirer le meilleur parti", souligne Thierry Lutter. Pour accompagner cette montée en compétences, Carflex renforce les formations sur site en partenariat avec le Cesvi et le CFPA. Des adhérents accueillent des sessions auxquelles participent les autres membres du groupement.

Fort de cet état d’esprit et de ses actions, le groupement veut attirer de nouveaux membres afin de massifier davantage ses achats. Sous la gouvernance précédente de Pierre Métiffiot et Mathieu Rochegude, Carflex est passé de 73 à 100 membres entre 2019 et aujourd’hui. Les dirigeants actuels souhaitent relancer un développement "en grappe", pour rompre l’isolement des carrossiers et consolider le poids économique du collectif.

20 ans d'échanges au sein de Carflex

2006

À Marseille, cinq carrossiers fondent l’association Carflex avec l’ambition de mutualiser leurs bonnes pratiques : Jean-Charles Cucuzza (Mulhouse), Alexandre Dufour (Nice), Guy Lambert (Chambéry), Éric Pintat (Marseille) et Laurent Zammit (Montpellier). Ils fédèrent rapidement d’autres confrères autour d’une charte fondée sur des valeurs communes. Le collectif s’implante d’abord dans la vallée du Rhône, avant de s’étendre progressivement dans le Sud et l’Est de la France.

2008

Carflex présente ses premières analyses pour identifier les opportunités économiques : la première observe l’implication des donneurs d’ordres dans l’approvisionnement des pièces de rechange et autres produits peinture. Puis, une seconde étude oppose le coût moyen de sinistre au coût moyen de services.

2010

En créant Carflex SAS, la tribu s’organise en groupement d’achats.

2012

Le groupement imagine CapVert (Carflex agit pour la planète). Cette réflexion sur l’utilisation de la pièce de réemploi repose sur la construction d’un prix de vente permettant d’établir une situation économique équitable (donc pérenne) pour les différents acteurs.

2016

Développement de EyeFlex (application de gestion des photos) et de MyCarflex (outils digitaux de suivi de production).

2019

Le recrutement de nouveaux membres s’intensifie, avec une implantation renforcée dans le Nord et en Bretagne.

2021

À la sortie du Covid, la tribu lance des projets autour de la formation et des pratiques RSE.

2024

Accord avec les distributeurs ID Rechange sur l’approvisionnement et la technique.

2026

Carflex confie sa direction générale à Thierry Lutter et propose un accompagnement technique indépendant organisé autour de David Frachon.

Alpha Scale prend la main sur la pièce de carrosserie

Née en 2015 dans le giron de Prefikar, la plateforme de vente de pièces de carrosserie Alpha Scale franchit une nouvelle étape dans son développement. Depuis mai 2025, elle exploite un outil logistique d'environ 6 000 m², près de Lens (62), pour stocker une offre de pièces de carrosserie alternatives commercialisée auprès des réparateurs.

Ce virage opérationnel, amorcé sans communication officielle, n’en a pas moins rencontré un succès rapide. "On s'était laissé un an et demi pour atteindre une trajectoire rentable sur cette activité. Et en six mois, c’est déjà le cas !", se félicite Stéphane Noeuvéglise, président d’Alpha Scale.

Un marché sans réponse satisfaisante

À l’origine de ce repositionnement, un constat sur l’état du marché des pièces de qualité équivalente certifiées (PQEC) en France. Hétérogénéité des niveaux de certification, manque de transparence sur l’origine des produits, tarifs parfois proches de ceux des constructeurs : les offres existantes ne répondent pas toujours à ces critères. Chez certains distributeurs, moins de 20 % des références proposées sont certifiées, les autres étant commercialisées sans véritable garantie de conformité.

"Il existe bien quelques spécialistes de la PQEC, mais la qualité n’est pas toujours leur priorité. Dans certaines gammes, il y a un peu à boire et à manger", résume le président d'Alpha Scale. Résultat : de nombreux carrossiers, qui engagent leur responsabilité sur chaque réparation, ont fini par se détourner de cette catégorie de produits.

La qualité de service constituait un autre frein majeur. Livraison sous 24 heures, franco de port, retours gratuits sous quinze jours, identification fiable des références à la commande : autant de standards que la plateforme ne retrouvait pas chez ses partenaires habituels.

Dans ce contexte, Alpha Scale a fait le choix de bâtir sa propre offre. Elle compte aujourd’hui quatre grandes familles de produits – ailes, capots, pare-chocs et pare-boue – pour un portefeuille de plus de 8 000 références. Et pour concevoir ce catalogue, l’entreprise s’est appuyée sur plusieurs fournisseurs en Europe et en Asie. Leur dénominateur commun ?

Toutes leurs pièces de "peau" (aile, capot et pare-chocs) portent une certificationassure Stéphane Noeuvéglise.

De nouveaux outils numériques

La montée en puissance de cette nouvelle activité s'accompagne d'un renforcement des services digitaux. Alpha Scale vient de déployer une gestion dématérialisée des retours de pièces : le réparateur prend en charge l'intégralité du processus depuis sa plateforme, de l'ouverture du dossier jusqu'à l'édition des étiquettes et la génération des avoirs, sans passer par un centre d'appel.

Dans un secteur où les retours (pièces endommagées, dossiers annulés, erreurs d'identification, etc.) constituent un point de friction quotidien, cette simplification n’a rien d’anecdotique. "Celui qui ne sait pas gérer les retours n’arrivera pas à fidéliser ses clients", estime Stéphane Noeuvéglise. Prochaine étape : un suivi en temps réel des délais de livraison, référence par référence, pour permettre aux ateliers d'anticiper leur organisation.

La peinture, prochain chantier ?

Fort de ces nouveaux services, Alpha Scale poursuit son développement en France. La plateforme revendique déjà la connexion de 40 % des assureurs français, tandis qu’un acteur majeur vient d’étendre son utilisation à l’ensemble de ses entités. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives pour la plateforme. "Partout où nous pourrons apporter davantage de services, ce sera un sujet à creuser", confie son président.

Faut-il s'attendre à voir Alpha Scale s'intéresser à la pièce mécanique ? "Honnêtement, je ne pense pas. Ce n'est pas dans notre ADN", répond Stéphane Noeuvéglise, qui préfère rester concentré sur le marché de la réparation-collision. Si la mécanique semble donc hors périmètre, la peinture pourrait, en revanche, faire l'objet d'une réflexion approfondie.

Également présent en Espagne via l’une de ses filiales, Alpha Scale lorgne notamment son modèle local basé sur des référentiels temps et de produits certifiés alternatifs à ceux des constructeurs. Ces outils permettent de mettre en concurrence plusieurs niveaux de produits tout en encadrant les temps et les quantités d'ingrédients. "C'est une initiative assez intéressante qui pourrait un jour être exportée chez nous", conclut Stéphane Noeuvéglise.

Pour en savoir plus sur Alpha Scale et ses ambitions, ne manquez pas notre événement Aftermarket Day, prévu le 2 avril, au cours duquel la plateforme reviendra sur ses nouveaux projets.

Parts Holding Europe signe une nouvelle année de croissance

Dans un contexte global contrasté pour plusieurs activités du groupe D’Ieteren, Parts Holding Europe continue d’afficher une dynamique positive. En 2025, le distributeur de pièces de rechange – maison mère du groupe Autodistribution – a enregistré un chiffre d’affaires de 2,94 milliards d’euros, en hausse de 6,3 % par rapport à l’exercice précédent.

Cette progression repose à la fois sur une croissance organique de 3,9 % et sur l’apport des acquisitions réalisées au cours de l’année. L’an dernier, le groupe a notamment passé dans son giron Top Part en Irlande et AD Freco en Espagne.

L’international franchit le cap du milliard d'euros

Cette croissance enregistrée par PHE en 2025 repose sur des dynamiques géographiques contrastées entre son marché domestique et ses activités internationales. L'opérateur reste très fortement ancré en France, qui concentre l’essentiel de son CA avec plus de 1,8 milliard d’euros de revenus (+2,6 %).

Mais l’international continue de jouer un rôle croissant dans l'expansion du distributeur (+13 % à 1,1 milliard d'euros). Sur les 174 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires générés en 2025, environ 70 millions proviennent de la croissance organique réalisée hors de l'Hexagone.

Sur le plan opérationnel, PHE affiche un résultat opérationnel ajusté de 267,4 millions d’euros, en hausse de 4 % sur un an. La marge opérationnelle s’établit à 9,1 %, légèrement inférieure à celle de 2024. D’Ieteren explique cette évolution par les investissements réalisés dans les activités internationales et par un effet dilutif lié aux acquisitions récentes.

PHE poursuit sa croissance externe

Pour 2026, D’Ieteren anticipe une poursuite de la trajectoire de croissance de sa filiale aftermarket, avec une croissance organique des ventes proche de 5 %. Ce développement sera porté notamment par une marge opérationnelle globalement stable et par de nouvelles acquisitions.

Rappelons que PHE est entré, début 2026, en négociations exclusives pour acquérir une participation majoritaire dans deux distributeurs importants en Espagne, ainsi que dans une entreprise spécialisée dans le sourcing, afin de soutenir le développement de sa marque de distributeur.

Vernet : Cyril Abegg prend les commandes

Le groupe Vernet tourne une page importante de son histoire. L’équipementier spécialisé dans les solutions de régulation thermique annonce la nomination de Cyril Abegg à sa présidence. Il succède à Benoit Halard, qui quitte ses fonctions après 35 années passées à piloter le groupe.

Durant son mandat, le dirigeant aura profondément transformé l’entreprise. Sous son impulsion, Vernet a notamment renforcé son implantation internationale et structuré ses activités autour de trois axes : l’habitat (sanitaire et HVAC), la mobilité (automobile, poids lourd et aéronautique) et la pièce de rechange.

"Transmettre la direction de Vernet après 35 ans est un moment de grande fierté", confie Benoit Halard. "Nous avons modernisé et développé nos sites et intégré des expertises de pointe. Je pars avec la conviction que les bases sont solides pour que Vernet reste la référence mondiale de notre industrie sur l'ensemble de nos marchés."

Vernet prêt à poursuivre son expansion

Pour prendre la suite, le comité stratégique du groupe, piloté par Stirling Square Capital Partners, a choisi Cyril Abegg. Ingénieur diplômé de l’École nationale de techniques avancées, ce dirigeant dispose d’une solide expérience à des postes de direction générale, aussi bien dans de grands groupes industriels que dans des entreprises de taille intermédiaire.

Son parcours l’a conduit à piloter des organisations internationales complexes, notamment dans les secteurs de la mobilité et de l’aéronautique.

Vernet ou le pari réussi de l'aftermarket

"Je suis très heureux de succéder à Benoit et de poursuivre l’œuvre de transformation qu’il a engagée", souligne Cyril Abegg. "[…] Vernet possède de nombreux atouts par sa présence mondiale et ses innovations technologiques écoresponsables. Mon ambition est de concrétiser les différentes opportunités de croissance au-delà des marchés actuels et de porter Vernet vers de nouveaux sommets."

Dans un contexte industriel marqué par des transformations rapides – électrification de la mobilité, exigences environnementales accrues et évolution des besoins clients – l’équipementier veut capitaliser sur son savoir-faire technologique pour saisir de nouvelles opportunités de croissance.

Calibrage d'Adas : Five Star choisit Digital Car

Dans les ateliers de carrosserie, la remise en conformité des systèmes d’aide à la conduite (Adas) s’impose désormais comme une étape incontournable après de nombreuses interventions. Pour répondre à ces exigences techniques croissantes, Five Star a décidé de s’associer avec Digital Car.

Cet accord marque une nouvelle étape dans la stratégie de développement de l’entreprise, spécialiste du calibrage d’Adas sur site. Pour mémoire, elle est déjà partenaire de plusieurs réseaux de carrossiers : Axial, Autoneo et Acoat Selected.

Adas : calibrages plus fréquents

Jean-Christophe Canavesio, fondateur de Digital Car, s’est félicité de ce rapprochement, rappelant que le "besoin en calibrage continue de croître rapidement".

En effet, la multiplication des équipements Adas embarqués sur les véhicules rend le calibrage indispensable après de nombreuses opérations de carrosserie. Une dépose de pare-brise, un remplacement de capteur ou certaines réparations structurelles peuvent nécessiter une remise à zéro et un recalibrage des systèmes.

Selon Digital Car, ces opérations restent encore insuffisamment réalisées. "La problématique des freinages fantômes, d’actualité ces derniers temps, aura mis la lumière sur le caractère impératif et impérieux des calibrages. Nous constatons pour autant qu’un véhicule sur deux repart de carrosserie partout en France non calibré après dépose/repose de l’Adas, alors même que les procédures constructeur l’imposent", poursuit Jean-Christophe Canavesio.

Dans ce contexte, le recours à des prestataires spécialisés peut aider les carrossiers à assurer la conformité des réparations tout en évitant d’investir eux-mêmes dans des équipements coûteux et des compétences très spécifiques.

Un réseau d’intervention national

Pour accompagner les réparateurs, Digital Car s’appuie aujourd’hui sur 60 unités mobiles pour couvrir environ 90 % de la France.

Ces équipes interviennent directement dans les ateliers pour réaliser les calibrages nécessaires, mais aussi pour effectuer la programmation électronique des calculateurs à l’aide d’outils constructeurs.

IDLP avance dans un marché sous tension

Depuis plusieurs années, l’après-vente automobile évolue dans un environnement paradoxal. D’un côté, les immatriculations de véhicules neufs peinent à retrouver leur dynamisme, avec seulement 1,7 million d’unités vendues en France l’an dernier. De l’autre, le parc roulant continue de vieillir. En théorie, cette situation devrait mécaniquement soutenir l’activité des ateliers et des distributeurs de pièces. Dans les faits, la dynamique est plus complexe.

"C’est un vrai paradoxe pour le marché de l’après-vente : les ventes de VN sont catastrophiques depuis 2019, le parc vieillit de plus en plus mais la rechange ne progresse pas", observe Fabrice Godefroy, directeur général du groupe IDLP.

Selon le dirigeant, plusieurs facteurs expliquent ce décalage. Le premier tient à la pression persistante sur le pouvoir d’achat des automobilistes. Les augmentations de prix survenues après la période Covid n’ont pas été réellement corrigées depuis. Résultat : de nombreux conducteurs reportent leurs interventions d’entretien ou de réparation.

Autre phénomène préoccupant selon Fabrice Godefroy : la progression du taux d’évitement au contrôle technique. En retardant cette échéance réglementaire, certains automobilistes repoussent également leur passage en atelier, ce qui réduit mécaniquement les volumes d’intervention.

Une croissance malgré un contexte chahuté

Le directeur général d’IDLP pointe aussi la concurrence croissante des constructeurs et de leurs réseaux, qui ciblent de plus en plus le parc roulant âgé de 5 ans et plus. "Les constructeurs ont vraiment besoin de l’après-vente pour améliorer leur rentabilité. C’est devenu un vrai pilier de leur profitabilité", rappelle-t-il.

Dans cet environnement peu porteur, IDLP parvient toutefois à tirer son épingle du jeu. Le groupe enregistre une progression d’environ 5 % sur l’exercice 2025. Pour rappel, en 2024, le CA du distributeur s'était élevé à 264 millions d'euros.

"C’est un résultat satisfaisant, même s’il reste loin des hausses à deux chiffres que nous avons connues par le passé", admet Fabrice Godefroy.

La pièce alternative s’impose dans l’offre d’IDLP

Pour maintenir son développement dans cette conjoncture, le groupe francilien, longtemps positionné sur les produits premium, adapte aujourd’hui son offre pour répondre à l’évolution de la demande. La montée en puissance des marques de distributeur et des équipementiers de second rang s’impose progressivement comme une réalité du marché.

"Historiquement chez IDLP, notre leitmotiv a toujours été la pièce d’origine et la pièce premium. Force est de constater qu’on a de plus en plus besoin de MDD et de fournisseurs alternatifs", confirme le dirigeant.

L’appartenance d’IDLP au groupement Alternative Autoparts constitue sur ce point un levier important grâce à sa MDD Novalt, qui ne cesse d’intégrer de nouvelles familles de produits.

Cet élargissement du catalogue répond directement aux attentes d’une clientèle de plus en plus attentive aux prix. Pour Fabrice Godefroy, il ne s’agit pas de cannibaliser l’offre premium, mais d’éviter que les automobilistes ne se tournent vers d’autres circuits de distribution. "Le client à la recherche d’un prix ne va pas acheter un autre produit à un tarif plus élevé, il va aller ailleurs."

Anticiper les mutations technologiques

Au-delà de ces enjeux concurrentiels, IDLP prépare aussi les transformations techniques du parc automobile. Le distributeur francilien s’intéresse notamment à la généralisation des systèmes d’aide à la conduite (Adas) qui modifient progressivement les besoins des ateliers.

Les aides à la conduite sont devenues incontournables dans les véhicules modernes. Elles nécessitent une maintenance adaptée et nous voulons accompagner cette évolution technique du marché.

Le groupe travaille également avec Mobilians pour anticiper l’arrivée massive des véhicules électriques dans les ateliers.

"Tout cela implique des investissements en hommes et en équipements. Mais à quel moment se fera réellement le basculement ? C’est une vraie question", s’interroge Fabrice Godefroy.

D’autres sujets émergent également, comme l’évolution des contrôles techniques liés aux émissions polluantes. IDLP réfléchit notamment à la création d’un garage pilote pour suivre ces évolutions réglementaires.

Jantes Alu Services compte un nouveau franchisé concessionnaire : Jean Rouyer

La zone de chalandise du site Jantes Alu Services de La Roche-sur-Yon (85) s'étend sur toute la Vendée et au-delà. Particularité de ce nouveau franchisé installé en février 2026 : il s'agit du groupe concessionnaire Jean Rouyer Automobiles. Englobant une soixantaine d'implantations dans l'ouest de la France, celui-ci se félicite de son expérience au sein de l'enseigne lancée en 2010. Celui-ci reprend l'activité d'un premier franchisé installé dans le secteur en 2023.

Intégration rapide d'activités complémentaires

Pour les ateliers du distributeur, la réparation de jante représente apparemment un bon complément d'activité. "Le secteur évolue vers un modèle davantage centré sur les services, précise Jérôme Moinard, président du directoire de Jean Rouyer Automobiles. Les activités d’esthétique automobile et de réparation constituent aujourd’hui un relais de croissance stratégique, car elles génèrent des revenus complémentaires".

Le dirigeant pense que le modèle de la franchise est particulièrement intéressant pour lui. En effet, il lui permet d’intégrer rapidement des activités complémentaires avec des méthodes déjà structurées.

Plus concrètement encore, "en intégrant la remanufacture de jantes aluminium à notre écosystème, nous renforçons notre capacité à accompagner notre clientèle de la vente à l’après-vente, affirme Jérôme Moinard. L’ouverture de l’atelier de La Roche-sur-Yon s’inscrit dans cette logique de proximité et de performance au cœur de notre territoire vendéen".

Elle lui permet de proposer la réparation des jantes en aluminium, à la fois à ses clients particuliers et professionnels. Son atelier est donc l'un des treize franchisés, complétant l'activité de onze sites internalisés par la tête de réseau. Ensemble, ils ont réparé plus de 70 000 jantes en 2024.

Sinnek veut lancer sa propre enseigne de carrosserie

Déjà bien implanté chez les carrossiers européens grâce à ses solutions de peinture et à ses services techniques, Sinnek veut se rapprocher des réparateurs. Le fabricant espagnol travaille depuis le début de l’année à la création d’un réseau, dont la présentation officielle est annoncée pour mai.

À cette date, la marque lèvera le voile sur l’organisation de l’enseigne, les services proposés ainsi que les modalités d’adhésion. L’objectif est d’installer un modèle de collaboration plus étroit avec les professionnels de la réparation-collision, dans un contexte où les ateliers sont en quête d’accompagnement technique, de formation et de leviers de rentabilité.

Jordi Ortega aux commandes

"Ce nouveau projet de réseau de réparateurs est né avec l’objectif d’approfondir cette relation, en écoutant directement les besoins des professionnels et en développant des services qui apportent une valeur réelle au quotidien de l’atelier", explique la direction.

Pour piloter ce projet, Sinnek s’est attaché les services de Jordi Ortega. L’ancien responsable du réseau CertifiedFirst chez PPG en Espagne prend ainsi la tête du dispositif. L'entreprise a mis en avant l’expérience du dirigeant dans la gestion de réseaux de réparation et dans l’aftermarket automobile.

Un positionnement plus direct auprès des carrossiers

La création de ce réseau d’ateliers marque évidemment un vrai virage dans la stratégie du fabricant. Jusqu’ici, Sinnek s’était principalement imposé comme fournisseur de produits et de solutions techniques pour les carrossiers.

Avec cette initiative, la marque entend se positionner plus directement aux côtés des réparateurs, dans une logique d’accompagnement. Une orientation déjà empruntée par plusieurs fabricants de peinture, à l’image d’Axalta avec son réseau Five Star ou d’AkzoNobel avec Acoat Selected.

La présentation officielle prévue en mai doit permettre d’en préciser les contours. Sinnek détaillera alors l’organisation de l’enseigne, les services associés ainsi que le profil d’ateliers visé. Si le projet est, à ce stade, pensé pour le marché espagnol, son extension à d’autres pays, et notamment en France, n’est pas exclue à moyen terme.

De l'électroménager à l'automobile, le virage gagnant de Socodep

Quatre associés, une ambition commune : partager la valeur sociale et financière de leur entreprise. En créant Socodep sous forme de Scop, Michel Maillard, François-Xavier Quesson, Jean-Michel Aguesse et Jean-Paul Duhil ne se doutaient pas que leur atelier de dépannage électroménager deviendrait en quelques décennies un spécialiste reconnu de l’électronique automobile.

L’histoire de cette coopérative nantaise raconte bien plus qu’une success-story entrepreneuriale : elle illustre la capacité d’une PME à se positionner sur un marché où l’expertise technique fait toute la différence.

À ses débuts, en 1984, Socodep profite de l’essor de l’électroménager et dépanne lave-linge, sèche-linge, téléviseurs, etc. Mais dix ans plus tard, le marché bascule. "Les grandes enseignes comme Boulanger, Darty, Conforama ou Leclerc ont structuré leurs propres services intégrés, ce qui a fragilisé les acteurs indépendants", retrace Franck Chandonnay, gérant de l’entreprise.

En 2010, un partenariat décisif avec Mercedes-Benz

Dès les années 1990, l’entreprise trouve son nouveau relais de croissance grâce à quelques compétences sur l’autoradio. Grundig, alors leader sur ce segment, cherche des stations techniques pour son service après-vente. La coopérative saisit l’occasion. Delphi suivra une dizaine d’années plus tard, confiant à Socodep la gestion nationale de son SAV autoradio.

L’autoradio a clairement été notre porte d’entrée dans l’automobilesouligne le gérant.

Le tournant décisif intervient en 2010-2011. Mercedes-Benz France, dans le cadre de son programme de garantie "1000 étoiles", recherche un partenaire pour la réparation électronique. Socodep, identifié dans la région nantaise comme un acteur compétent, décroche le contrat. L’entreprise bascule définitivement dans l’automobile.

D’autant qu’entretemps, l’autoradio s’est métamorphosé. Fini le simple lecteur FM-cassette avec sa façade amovible antivol : place aux systèmes multimédias. "Aujourd’hui, c’est un produit très technologique, très proche d’un ordinateur dans son architecture", observe Franck Chandonnay. Cette évolution technique a permis à Socodep d’élargir progressivement son périmètre à l’ensemble de l’électronique embarquée : compteurs, calculateurs, ABS/ESP, etc.

Résultat : en huit ans, l’entreprise a multiplié par quatre son volume d’activité. D’opérateur régional, elle est devenue un prestataire national et traite 10 000 à 15 000 dossiers par an.

Un service structuré pour professionnels exigeants

Contrairement au remanufacturing industriel, Socodep se concentre sur le repair : 95 % de son activité consiste à réparer les pièces confiées par ses clients. Le modèle rappelle celui du SAV électroménager. Le professionnel fait diagnostiquer la panne, la PME confirme si la réparation est possible, et le client récupère sa pièce remise en état. Simple en apparence, ce schéma repose sur une organisation millimétrée.

Première particularité : la cellule d’accueil téléphonique, composée d’experts au solide bagage technique. "Leur rôle : faire la jonction entre ce que le professionnel décrit, le contexte, et ce qui peut orienter le diagnostic", explique le dirigeant. Cette étape de pré-diagnostic permet d’éviter les erreurs d’aiguillage et de rassurer le réparateur avant l’envoi de la pièce.

Socodep s’est affirmé comme un acteur référent dans la réparation électronique automobile et traite plus de 10 000 dossiers par an. ©Socodep

Socodep s’est affirmé comme un acteur référent dans la réparation électronique automobile et traite plus de 10 000 dossiers par an. ©Socodep

Une fois celle-ci expédiée, Socodep organise l’enlèvement, partout en France. Vient ensuite le diagnostic : engagement de 24 à 48 h pour établir le devis. Puis l’exécution : environ 80 % des dossiers sont réparés dans les 48 h. Ces délais constituent un argument de poids face aux ruptures d’approvisionnement en pièces neuves.

Car le marché a changé de visage. Avant la crise sanitaire, Socodep intervenait majoritairement sur des véhicules de 10 à 12 ans. Depuis le Covid, l’activité de l’entreprise s’est élargie à des modèles plus récents, parfois même sous garantie, faute de disponibilité de la pièce neuve.

"Le Covid a fortement perturbé les chaînes d’approvisionnement. Les stocks des équipementiers et constructeurs sont mis sous tension, et les indisponibilités chroniques", rappelle Franck Chandonnay. Et cette tension ne s’est pas totalement résorbée. Résultat : des ruptures apparaissent parfois avant les 10 ans théoriques de disponibilité minimale.

Dans ce contexte, Socodep sert trois typologies de clients. D’abord, les groupes automobiles et les acteurs de la distribution. Ensuite, les acteurs de la rechange indépendante et les réseaux de réparation automobile, avec lesquels elle a noué des accords. Enfin, les garantisseurs du marché de l’occasion (Opteven, Icare…) qui renvoient les garages vers Socodep lorsqu’une réparation est envisageable.

Le casse-tête de l’accès aux données techniques

Derrière cette montée en puissance se cache une réalité moins positive. Cette montée en puissance, Socodep l’a réalisée en solitaire : l’entreprise exerce son métier sans aide des constructeurs. L’accès aux données techniques constitue, en effet, un frein majeur.

Les constructeurs ont du mal à rendre accessible l’information qui nous serait utile. Résultat : nous sommes dans une course permanente à la compréhension des architectures et des produitsdéplore Franck Chandonnay.

Concrètement, cela signifie faire du reverse engineering en permanence. "Sur certains sujets, on reste dans une rétro-ingénierie classique. Sur d’autres, quand on touche à des codes de sécurité, la frontière devient plus sensible", confie le gérant. Sans ces données propriétaires, impossible de réparer. D’où l’appel à la création d’un système d’agrément ou de labellisation qui permettrait aux opérateurs rigoureux d’accéder aux informations indispensables, dans un cadre sécurisé.

Pour tenir ce rythme de recherche permanent, Socodep consacre des moyens importants. Environ 50 % des effectifs techniques participent à des travaux de rétro-ingénierie ou de R&D à un moment ou un autre. L’entreprise dispose d’une cellule R&D dédiée, et organise sa production sur trois niveaux de techniciens.

Le premier niveau traite les opérations répétitives et standardisées, dans une logique de volume. Le deuxième gère les pannes nouvelles sur des produits déjà connus, avec une autonomie de recherche. Le troisième niveau concentre l’expertise : ces techniciens prennent en charge les cas complexes et mènent des travaux de recherche approfondis.

Sur le terrain, certaines familles de pannes se détachent. Le groupe Volkswagen ressort nettement dans les statistiques de Socodep, avec de nombreux dysfonctionnements liés au logiciel : bugs, blocages, "écran noir". Au-delà du constructeur allemand, les boîtiers multimédias de différentes marques concentrent les problèmes : boîtier NAC chez Stellantis (ex-PSA), R-Link chez Renault, etc.

Investir pour se digitaliser

Pour accompagner sa croissance, Socodep a investi. L’entreprise a déménagé il y a un peu plus de trois ans, avec un quadruplement de sa surface de production. Et un chantier est en cours de finalisation : un nouveau site web prévu pour le premier trimestre 2026. L’objectif est de digitaliser le parcours client pour l’aligner sur les standards de la distribution automobile.

Franck Chandonnay rappelle, en effet, que l’électronique n’est pas aussi bien "cataloguée" que la pièce mécanique. Les outils existants n’agrègent pas suffisamment l’information. Or les clients professionnels fonctionnent selon des standards très digitalisés : référence, prix et disponibilité consultables en quelques clics. Le projet de Socodep vise donc à rendre l’électronique aussi accessible qu’une pièce classique dans les catalogues.

Quant aux perspectives à cinq ans, le gérant préfère rester discret sur les pistes de diversification envisagées. Pas de projet d’expansion internationale à moyen terme, même si l’idée reste "dans un coin de [sa] tête". Alors que la distribution se mondialise, certains groupes sont déjà européens, et Socodep reçoit parfois des sollicitations au-delà des frontières. Mais la structuration en France n’est pas terminée. Une certitude : Socodep continuera de travailler exclusivement en B2B, sans ouverture au grand public.

Le réseau AD s’engage dans la labellisation responsable

La responsabilité sociétale s’impose progressivement dans les ateliers de réparation automobile. Au sein du réseau AD, cette dynamique a pris forme à la fin de l’année 2024 avec la création d’une commission dédiée aux ressources humaines et à la RSE. Composée de huit membres, elle a rapidement proposé la mise en place d’une charte afin de formaliser les engagements des entreprises du réseau.

L’initiative a rencontré un écho immédiat auprès des réparateurs. En 2025, plus de 90 % des ateliers AD avaient déjà signé ce texte, marquant une première étape dans la structuration d’une démarche collective.

Forte de cette mobilisation, la commission a souhaité aller plus loin en orientant le réseau vers une démarche de labellisation. L’objectif est désormais de valoriser concrètement les pratiques responsables mises en œuvre dans les garages et carrosseries de l’enseigne du groupe Autodistribution.

Un label fondé sur des critères précis

Le réseau a choisi de s’inscrire dans le dispositif Commerçant Responsable, créé en 2017. Porté par un collectif d’acteurs publics, privés et associatifs, ce label vise à reconnaître les engagements sociaux, environnementaux et territoriaux des commerces de proximité.

L’évaluation repose sur un référentiel structuré autour de 38 engagements. Ces critères couvrent notamment les relations avec les collaborateurs, les clients et les fournisseurs, la qualité des bâtiments et des conditions de travail, ainsi que l’ancrage local de l’entreprise. Chaque établissement candidat fait l’objet d’un audit, réalisé sur site ou à distance.

Pour obtenir la labellisation, l’entreprise doit atteindre une note minimale de 2,5 sur 4, tout en respectant plusieurs critères éliminatoires. Une fois attribué, le label reste valable pendant trois ans et fait l’objet d’un audit intermédiaire au bout de 18 mois afin de vérifier la continuité des engagements.

Une dynamique déjà lancée

La démarche a été officiellement présentée aux adhérents lors de l’AD Tour 2026. Elle semble déjà susciter l’intérêt du réseau : plus de 280 intentions d’engagement ont été recensées à ce stade.

Quatre entreprises pilotes ont d’ores et déjà expérimenté le dispositif : AD Carrosserie Aubert, AD Garage Expert Autelis, ADB Automobiles et Automobiles Services Rigaill. Toutes ont obtenu la labellisation, offrant ainsi un premier retour d’expérience pour les autres membres du réseau.

La tête de réseau entend accompagner cette dynamique dans la durée. "Au niveau de la tête de réseau, nous sommes heureux de soutenir cette initiative portée par les membres. Nous accompagnons cette démarche et nous sommes aux côtés des entreprises qui souhaitent être labélisées. C’est une immense de fierté de constater l’engagement du réseau AD en matière de RSE", explique Fabien Guimard, directeur des réseaux de réparation automobile chez Autodistribution.

À horizon cinq ans, l’objectif affiché est clair : atteindre un taux d’engagement de 100 % des entreprises du réseau dans cette démarche.

Philippe Colpron, ZF Aftermarket : "Le logiciel est le facteur de transformation le plus rapide"

Le Journal de la Rechange et de la Réparation : En France, les derniers chiffres montrent une activité rechange plutôt en demi-teinte, avec des ralentissements chez les distributeurs comme chez les réparateurs. Comment décririez-vous la situation en Europe ? 

Philippe Colpron : Je replacerais la question dans une perspective de long terme. L’activité après-vente est là pour durer en Europe, tout comme la mobilité automobile à quatre roues.

Les attentes des citoyens évoluent : ils se déplacent davantage, veulent consommer plus vite, plus simplement. L’aftermarket joue un rôle essentiel pour garantir cette mobilité. Dans un contexte de transformations technologiques rapides et parfois de craintes liées aux nouveaux véhicules, l’aftermarket apporte une forme de stabilité. Il contribue à instaurer la confiance nécessaire pour que cette mobilité continue de fonctionner, que ce soit avec des véhicules très récents ou avec un parc vieillissant, encore très présent selon les régions.

L’adoption des technologies varie fortement d’un pays à l’autre, voire d’un territoire à l’autre. C’est ce qui fait à la fois la richesse, la complexité et les opportunités du marché de la rechange. Le secteur est structurellement pérenne, mais la vitesse d’adaptation aux changements conditionne la réussite des acteurs.

Sur le plan économique, la décennie a été marquée par plusieurs chocs. La période Covid a fortement perturbé les économies ; une reprise très rapide a suivi, avec des effets de rattrapage liés aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement et à l’inflation. L’année 2025 correspond, selon moi, à un contrecoup de cette accélération : non pas un effondrement du marché, mais un retour vers un cycle plus normalisé.

Selon les entreprises et leur positionnement avant et après cette phase d’accélération, l’ajustement a été plus ou moins marqué. 2026 est ainsi une année charnière, qui ouvre la voie à une nouvelle phase de normalisation en 2027-2028.

J2R : Comment le groupe ZF s’inscrit-il dans ce contexte ?

P.C. : La stratégie de ZF Aftermarket est de continuer à soutenir le marché de la rechange afin qu’il soit prêt à accompagner la transformation de la mobilité. Nous voulons une industrie forte, fière de son rôle, capable de répondre à des attentes croissantes de la part des citoyens, des entreprises et de la société dans son ensemble.

Notre point de départ reste le client : distributeurs, réparateurs, mécaniciens, flottes. Ce sont eux qui opèrent concrètement la mobilité. Notre rôle consiste à leur fournir les moyens nécessaires pour exercer leur activité de façon pérenne, aujourd’hui et demain.

Ensuite, cela passe par les services, la formation, l’accès à l’information, mais aussi par notre portefeuille de produits. Nous avons la chance de disposer d’un portefeuille très large, couvrant plusieurs marques, technologies et segments de véhicules, du véhicule léger au poids lourd.

Ce portefeuille est conçu pour être résilient face aux évolutions technologiques, notamment l’électrification des groupes motopropulseurs. Au-delà de la propulsion, l’intelligence embarquée progresse rapidement : la quasi-totalité des composants est désormais liée à l’architecture électronique du véhicule.

Enfin, un troisième axe de notre stratégie concerne le travail avec les flottes et leur écosystème, en lien avec les ateliers. Les mécaniciens font face à un défi majeur en matière de compétences et de formation. Notre objectif est de les accompagner, via la formation, mais aussi via l’information en ligne et les outils digitaux, afin qu’ils puissent gérer une complexité croissante.

Les distributeurs sont eux aussi confrontés à une explosion du nombre de modèles, de technologies, et à l’arrivée de nouveaux acteurs, dans l’e-commerce notamment. L’enjeu est de faire évoluer une chaîne de valeur historiquement cloisonnée vers un écosystème plus collaboratif, générateur d’efficacité et de croissance pour l’ensemble des acteurs.

J2R : Si l’on se concentre sur l’activité des garages, quels sont aujourd’hui les principaux pourvoyeurs d’activité : les particuliers, les flottes, les apporteurs d’affaires (assureurs, etc.) ?

P.C. : C’est une question pertinente, et la réponse varie fortement selon les territoires. L’aftermarket reste très localisé, parfois même à l’échelle d’une ville.

Il existe une tendance claire à la montée en puissance des flottes, liée à leur taille et à leur structuration. Chez ZF, nous travaillons avec les flottes depuis plusieurs décennies, notamment dans les transports publics, ce qui nous a permis de bien comprendre leurs cycles de maintenance et leurs contraintes opérationnelles.

Nous avons également une forte expérience dans le transport longue distance, avec les ensembles tracteurs-remorques, et cela nous a conduits à développer très tôt des solutions de gestion de flotte et de télématique. Aujourd’hui, ces solutions s’étendent aux flux urbains et aux véhicules utilitaires légers.

Chaque segment a ses spécificités, mais le savoir-faire accumulé peut être réutilisé. C’est pourquoi nous proposons différentes solutions télématiques selon les usages : poids lourd, bus et utilitaires.

Les interlocuteurs varient selon les pays : assureurs, émetteurs de cartes carburant, propriétaires de flottes. Mais tous partagent un objectif commun : une mobilité plus sûre, plus efficiente et économiquement maîtrisée, tout en soutenant le marché indépendant.

Il est devenu évident que, pour rester compétitif sur le marché de l’entretien et de la réparation, une rechange indépendante forte est indispensable. Cela suppose une collaboration étroite entre tous les partenaires de la chaîne de valeur.

J2R : L’électrification progresse en Europe, même si son rythme reste hétérogène. Quel est son impact concret dans les ateliers et comment ZF accompagne-t-il cette transition ?

P.C. : L’électrification concentre l’attention, car elle modifie profondément les usages : recharge au lieu du plein de carburant, nouveaux comportements de mobilité, investissements industriels majeurs. Mais au-delà de l’électrification, le facteur de transformation le plus rapide est le logiciel.

Le software était déjà présent dans les véhicules, mais avec l’électrification et la redéfinition de l’architecture électronique, il devient central. Aujourd’hui, même une opération simple, comme le remplacement de plaquettes de frein, nécessite parfois une réinitialisation logicielle.

La viabilité du marché indépendant dépend donc de sa capacité à gérer ces évolutions logicielles. Cela implique des compétences, des outils adaptés et une prise en compte croissante des enjeux de cybersécurité.

Il ne s’agit pas de restreindre l’accès au marché indépendant, mais d’élever le niveau d’exigence : qui peut intervenir, avec quels outils, dans quelles conditions de sécurité.

J2R : Avec la montée en puissance du Software Defined Vehicle (SDV), quelles évolutions majeures cette transformation implique-t-elle pour le métier de réparateur ?

P.C. : Il y aura coexistence entre mécanique et logiciel. Les pièces physiques devront toujours être remplacées. Que le véhicule soit thermique ou électrique, le châssis, les freins, les suspensions resteront des éléments clés. Le diagnostic jouera un rôle croissant, mais il ne supprimera pas l’intervention physique.

Chez ZF, notre positionnement sur le châssis, les différents systèmes motopropulseurs et le logiciel embarqué nous permet d’accompagner cette transition, quel que soit le type de motorisation.

J2R : Autre transformation majeure pour l’industrie automobile : l’arrivée des constructeurs chinois en Europe. Comment ZF anticipe-t-il cette évolution sur le marché de l’après-vente ?

P.C. : C’est une opportunité pour le marché indépendant. Créer ex nihilo un réseau après-vente est coûteux et long. Les acteurs existants peuvent donc occuper cet espace rapidement.

ZF bénéficie déjà d’une forte présence industrielle en Chine, tant en première monte que sur le marché indépendant. Cela nous permet de développer des gammes complètes, de capitaliser sur notre expérience locale et de transférer ce savoir-faire vers l’Europe, notamment en matière de catalogage et de formation.

J2R : L’économie circulaire et le remanufacturing prennent de l’ampleur dans l'aftermarket. Est-ce une priorité pour ZF ?

P.C. : C’est une priorité historique pour ZF. Nous sommes l’un des pionniers du remanufacturing, notamment sur les transmissions. Aujourd’hui, nous proposons plus de 5 500 références remanufacturées et vendons environ 1,5 million d’unités par an, avec une économie de plusieurs dizaines de milliers de tonnes de CO₂. Nous disposons d’une vingtaine de centres de reconditionnement dans le monde.

La réussite du remanufacturing repose sur une logistique fluide et une forte collaboration avec les distributeurs et les réparateurs. En France, des outils comme la plateforme Core Expédia ont été mis en place pour simplifier la gestion des flux de carcasses. Le défi reste aussi culturel : il faut continuer à sensibiliser et former les mécaniciens.

J2R : Certains marchés européens sont-ils plus avancés que d’autres sur ces sujets de réemploi ?

P.C. : Sur le marché européen, l’Allemagne est parmi les plus avancées en matière d’adoption du remanufacturing. La France figure également parmi les marchés leaders, notamment grâce à une meilleure organisation du retour des pièces, largement facilitée par les distributeurs.

J2R : Dernier point : l’e-commerce. Est-ce une menace ou une opportunité pour les acteurs historiques du marché ?

P.C. : L’e-commerce répond avant tout à une attente forte du marché : plus de simplicité, plus de transparence et une meilleure qualité d’information pour l’utilisateur final. Ce mouvement n’est pas propre à l’automobile, il traverse l’ensemble de l’économie. À partir du moment où un service ou une plateforme permet de simplifier la vie du client, il est logique qu’elle trouve sa place.

Cela ne signifie pas pour autant que ces plateformes captent à elles seules la valeur économique. Derrière cette apparente simplicité, il existe toujours une chaîne d’acteurs (industriels, logisticiens, distributeurs, etc.) qui continuent à créer de la valeur.

En revanche, l’e-commerce met en lumière les inefficiences historiques de certains schémas logistiques, avec des produits qui transitent parfois plusieurs fois entre différents centres, chaque étape ajoutant des coûts et de la complexité.

L’optimisation des flux logistiques est une tendance de fond. Réduire les ruptures de charge, limiter les transports inutiles, améliorer la disponibilité produit : tout cela bénéficie à l’ensemble de la chaîne et, in fine, au client final.

Les plateformes ont fortement investi dans ces domaines, et elles ont contribué à tirer l’ensemble du marché vers le haut. Chez ZF, nous avons fait le choix d’investir massivement dans nos propres infrastructures logistiques pour être capables de répondre aux mêmes exigences de rapidité, de fiabilité et de performance.

Nos clients sont souvent eux-mêmes des experts de la logistique, et ils attendent de leurs partenaires industriels un niveau de service irréprochable. Il faut aussi rappeler que l’aftermarket reste un marché de la diversité. Servir correctement les ateliers suppose de proposer une gamme extrêmement large.

C’est la raison pour laquelle ZF maintient en stock, à l’échelle européenne, environ 250 000 références. On ne peut pas se contenter de sélectionner quelques produits à fort volume : la promesse de service repose sur la capacité à répondre à l’ensemble des besoins, y compris les plus spécifiques.

Au final, je ne vois pas l’e-commerce uniquement comme une menace ou comme une rupture. C’est un accélérateur de transformation. Il pousse l’ensemble des acteurs à améliorer l’expérience client, la qualité de l’information et la performance logistique.

Les acteurs qui sauront s’adapter à ces nouvelles attentes continueront à jouer un rôle central dans la chaîne de valeur de l’après-vente automobile.

J2R : Pour conclure, si vous aviez un conseil à donner aux réparateurs et aux distributeurs pour 2026…

P.C. : Travailler avec ZF (rires) ! Plus sérieusement, 2026 sera une année clé en matière de digitalisation. L’intelligence artificielle, les outils collaboratifs et les nouvelles interfaces vont profondément transformer les pratiques professionnelles.

La réussite passera par l’ouverture d’esprit et la capacité à collaborer différemment. La valeur ne se créera plus uniquement dans la transaction, mais dans la coopération. Ceux qui sauront s’adapter dès maintenant seront les acteurs forts de demain.

Montage simple et rapide des barres stabilisatrices

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

 - Installation plus rapide : vissez l’écrou à la main sans outil jusqu’au serrage final.

 - Moins d’efforts : plus besoin de lutter pour empêcher l’axe de tourner.

 - Sécurité améliorée : risque réduit d’endommager le cache-poussière.

 - Verrouillage plus résistant : des tests ont démontré que les performances de blocage dépassaient celles des écrous auto freinés classiques.

 

Les barres stabilisatrices Sidem sont livrées complètes, avec des écrous à embase crantée, prêtes à l’installation.

 

Pour en savoir plus

 

 

Poids lourd : Bosch renforce son offre

Dans un secteur où l’immobilisation d’un camion peut rapidement générer des pertes d’exploitation, la disponibilité des pièces et des outils de diagnostic reste un enjeu central. C’est la raison pour laquelle Bosch poursuit l’élargissement de son offre dédiée aux véhicules industriels.

Des pièces adaptées aux contraintes du transport

La division Mobility Aftermarket du groupe enrichit en premier lieu ses gammes dites de "pièces grandes ventes" (PGV). Les batteries font partie des segments concernés. Entre la multiplication des équipements électriques embarqués, les périodes d’immobilisation et les écarts de température, les accumulateurs des véhicules industriels sont soumis à des contraintes importantes. Bosch propose ainsi plusieurs technologies – AGM, EFB ou SLI – réparties sur 22 références couvrant environ 90 % du parc.

Autre famille stratégique pour les transporteurs : la filtration. Les poids lourds, en particulier sur les trajets internationaux, doivent composer avec des carburants de qualité variable. Bosch met en avant une offre dépassant 480 références couvrant l’ensemble des besoins : filtres à carburant, à huile, à air, d’habitacle ou encore solutions dédiées aux systèmes de dépollution Denoxtronic.

L’équipementier étend également ses gammes d’essuyage, d’éclairage ou encore d’avertisseurs sonores pour applications 24 V. Les balais d’essuie-glace couvrent désormais 98 % du parc roulant. Bosch indique par ailleurs avoir revu l’emballage de ses balais Aerotwin afin de supprimer les inserts plastiques.

Le portefeuille de la marque s’élargit enfin sur la gestion thermique, avec l’arrivée de nouveaux composants de climatisation tels que compresseurs, condenseurs, évaporateurs ou pressostats.

Injection, capteurs et direction au cœur de l’offre technique

Au-delà des pièces d’entretien, l’équipementier renforce également ses lignes techniques, historiquement liées à son expertise dans les systèmes diesel. L’équipementier propose aujourd’hui plus de 700 références couvrant environ 70 % du marché des systèmes d’injection et de dépollution poids lourds, incluant notamment les dispositifs SCR Denoxtronic, les sondes NOx, les capteurs de pression de filtre à particules ou encore les sondes de température.

Le catalogue comprend également des capteurs de gestion moteur – débitmètres, capteurs de vilebrequin, d’arbre à cames ou de pression – conçus pour résister aux contraintes thermiques et mécaniques des compartiments moteurs de véhicules industriels.

Les machines tournantes constituent également un pilier du catalogue de la marque allemande. L’offre repose sur des démarreurs et alternateurs neufs ou en échange standard via le programme BX. Elle est désormais complétée par plus de 400 références HC-Cargo, marque positionnée sur un segment intermédiaire. L’ensemble représente une couverture de plus de 75 % du parc.

Autre domaine historique pour l’équipementier : les systèmes de direction. Pompes hydrauliques, boîtiers et accessoires totalisent plus de 550 références, couvrant environ 70 % du parc roulant.

Diagnostic et services pour les ateliers

L’évolution du parc de véhicules industriels impose aux réparateurs des outils de diagnostic toujours plus complets. C’est pourquoi Bosch a lancé la 3e génération de son KTS Truck, capable de couvrir près de 80 % du marché PL. L’outil peut être utilisé avec un PC standard, la tablette DCU 150 ou le module DCU 220 et fonctionne avec le logiciel ESI[tronic].

La dernière mise à jour du logiciel intègre notamment la fonction Secure Diagnostic Access (SDA), permettant d’accéder aux calculateurs protégés de certains constructeurs, notamment Renault, Nissan ou les marques du groupe FCA sur les utilitaires.

L’offre d’atelier comprend également le testeur de batteries BAT 191, capable d’analyser les batteries 6 V, 12 V et 24 V, qu’elles soient au plomb-acide, EFB, AGM ou LiFePO4.

Le programme Extra ouvert au poids lourd

Bosch entend aussi renforcer ses liens avec les réparateurs via son programme de fidélité Extra. Lancé en 2011, celui-ci rassemble aujourd’hui plus de 4 700 garages. Depuis l’an dernier, les pièces destinées aux poids lourds y sont intégrées.

Les produits Bosch et HC-Cargo, ainsi que les batteries, permettent désormais d’accumuler des points convertibles en récompenses.

Pièces auto : ce que révèlent les ventes sur eBay

La pièce de réemploi gagne du terrain sur eBay. Dans son bilan 2025, la marketplace met en avant la progression des composants issus de l’économie circulaire dans sa catégorie pièces et accessoires auto et moto. Au niveau mondial, ce segment a enregistré une croissance de 12 % du volume d’affaires sur l’année.

En France, la catégorie pièces et accessoires auto / moto représente aujourd’hui près de 50 millions d’annonces, dont environ 20 millions de pièces de réemploi.

Les professionnels se tournent vers les pièces de réemploi

Cette dynamique est notamment portée par les professionnels de la réparation, qui utilisent de plus en plus ces pièces de seconde vie afin de réduire les coûts tout en répondant aux attentes de leurs clients. De leur côté, les vendeurs professionnels peuvent notamment être identifiés grâce au badge "Centre VHU agréé" sur la plateforme.

Parmi les pièces de réemploi les plus vendues sur la plateforme, figurent sur en première position les moteurs, suivis des injecteurs de carburant et des boîtes de vitesses. Les ECU (unité de commande électronique) et modules électroniques, mais aussi les pièces de carrosserie (portières, phares avant et pare-chocs) font aussi partie des produits les plus recherchés.

"Dans un contexte économique tendu, les professionnels privilégient de plus en plus les pièces issues de l’économie circulaire pour optimiser leurs coûts tout en répondant aux attentes de leurs clients. Du côté des particuliers, la recherche du meilleur rapport qualité-prix se traduit par un intérêt accru pour les marques de distributeurs", souligne Francesco Faà Di Bruno, responsable de l’activité Auto & Moto chez eBay

Des achats de pièces neuves guidés par le budget

Les données de la plateforme montrent aussi une évolution des achats de pièces neuves. Les automobilistes accordent davantage d’attention au coût d’entretien de leur véhicule et recherchent le meilleur rapport qualité-prix. Une tendance favorable aux MDD et marques alternatives.

"Sur eBay.fr, nous constatons un intérêt marqué pour les marques de distributeurs et les gammes alternatives dans la catégorie auto. Les automobilistes arbitrent davantage leurs achats en fonction du budget, tout en restant attentifs à la compatibilité et à la fiabilité des pièces", explique Francesco Faà Di Bruno.

Parmi les catégories de pièces neuves les plus vendues en 2025, on retrouve notamment les turbocompresseurs, les phares avant, les bras de suspension, les pare-chocs, les amortisseurs et les kits d’embrayage.

L’export, un levier pour les vendeurs

Présent dans 190 pays, eBay permet aux vendeurs de proposer leurs produits à une clientèle internationale. Selon la plateforme, 80 % des PME actives sur eBay exportent vers plus de 10 marchés différents chaque année.

Dans la catégorie auto et moto, les produits les plus exportés incluent notamment les bras et rotules de suspension, les jantes, les unités de commande électronique, les phares avant ou encore les portières.

Freinage : Delphi mise sur la durabilité avec Professional+

Delphi poursuit le développement de son offre en seconde monte. La marque du groupe Phinia lance Professional+, sa nouvelle gamme de plaquettes de frein destinée aux utilitaires légers. Dévoilée en avant-première lors du dernier salon Equip Auto, cette ligne de produits entend répondre aux besoins spécifiques d'un parc VUL vieillissant.

Selon l’équipementier, l’intégration d’un matériau de friction à haute résistance, capable de conserver ses performances même à basse température, permet d’augmenter la durée de vie de ces plaquettes. Delphi annonce ainsi une longévité moyenne supérieure de 40 % par rapport aux plaquettes conventionnelles disponibles sur le marché. Une évolution qui vise à réduire la fréquence de remplacement des pièces et, par conséquent, le coût total de possession pour les exploitants de flottes.

La conception du produit s’appuie notamment sur une plaque arrière bleue et un "shim" argenté peint et gravé au laser avec la mention "Professional+". Delphi précise que ces éléments contribueraient également à limiter l’usure des disques et à prolonger la durée de vie globale du système de freinage.

Des caractéristiques qui visent notamment les gestionnaires de flotte, soucieux de disposer d’un freinage performant pour leur parc automobile. L’offre couvre déjà 70 % du parc européen de VUL et concerne notamment des modèles diffusés comme les Mercedes-Benz Sprinter et Vito, le Ford Transit, le Volkswagen Transporter ou encore les Fiat Ducato et Iveco Daily.

Des performances confirmées par des tests

Outre la durabilité, Delphi met également en avant les gains opérationnels pour les professionnels de la réparation. Les plaquettes de frein sont dotées de cales anti-bruit argentées préinstallées et sont livrées avec un sachet de graisse de frein afin de simplifier l’installation et de réduire le temps de montage. Ces éléments visent également à améliorer le confort de conduite en limitant les vibrations et les nuisances sonores.

Pour valider les performances de cette nouvelle gamme, l’équipementier indique avoir mené plusieurs campagnes d’essais en conditions réelles, notamment sur des véhicules à fort kilométrage comme le Mercedes-Benz Sprinter. Les plaquettes auraient montré une usure modérée ainsi que des performances de freinage élevées. Leur comportement a également été évalué sur banc dynamométrique afin de mesurer leur résistance dans des conditions d’utilisation exigeantes.

Afin d’accompagner ce lancement, Delphi propose enfin une garantie de cinq ans ou 80 000 kilomètres sur cette nouvelle gamme. Au total, 58 références doivent être introduites progressivement au cours de l’année 2026.

GPA : 1 500 véhicules hors d'usage déjà en stock à Pont-Sainte-Maxence

Sur les rives de l’Oise, à Pont-Sainte-Maxence (60), 1 500 véhicules hors d’usage (VHU) attendent déjà leur passage sur les lignes de démontage du nouveau centre de recyclage ouvert par GPA le 18 août 2025. Le site industriel poursuit sa montée en puissance conformément au calendrier annoncé.

Il emploie d'ores et déjà 35 salariés sur les 70 à 100 prévus à terme, selon le niveau d’activité. Les équipes y démontent actuellement une vingtaine de véhicules par jour et expédient environ 250 colis de pièces de réemploi (PRE) quotidiennement. Chaque commande contient en moyenne 1,04 pièce.

Formation aux opérations sur véhicules électriques

À terme, l’installation devrait être en mesure d’expédier jusqu’à 1 500 colis par jour. Le site pourra alors gérer un stock proche de 150 000 pièces. Les éléments les plus volumineux sont entreposés sur 10 000 emplacements de rayonnages, tandis que les plus petites références sont stockées dans une mezzanine automatisée de 15 000 bacs couvrant une surface de 800 m².

Le gisement de véhicules traité sur le site inclut également des modèles électriques. Ceux-ci représentent déjà environ 10 % du stock de VHU. Une zone spécifique du centre a été aménagée pour leur prise en charge, et plusieurs techniciens disposent des habilitations nécessaires pour intervenir sur ces véhicules.

Le site vient par ailleurs d’être agréé pour accueillir des formations délivrant l’habilitation B2TL. Ces sessions seront assurées par les équipes du technocentre du Cesvi. Elles permettront notamment aux techniciens d’intervenir sur les batteries haute tension, jusqu’au démontage des packs et de leurs cellules.

1 900 places d'attente pour VHU

L’ensemble de l’organisation logistique du site a été conçu avec Still. Le fabricant de chariots élévateurs et spécialiste des solutions intralogistiques a accompagné GPA dans la structuration des flux internes.

"Dès le départ, nos équipes commerciales, techniques et services ont travaillé main dans la main avec les équipes GPA pour comprendre leurs flux, leurs contraintes réglementaires et leurs objectifs en matière d’économie circulaire, explique Clément Juillard, ingénieur commercial systèmes chez Still. Cette collaboration étroite nous a permis de concevoir une solution logistique cohérente, évolutive et parfaitement intégrée aux opérations du site".

L’approvisionnement du centre est assuré par les 37 camions de la filiale GPA Transport. Ces véhicules effectuent la navette entre la plateforme et près de 200 partenaires logistiques chargés de stocker temporairement les VHU, généralement à la demande des compagnies d’assurance. À leur arrivée, les épaves sont déchargées par chariot élévateur puis entreposés sur le parc extérieur. Celui-ci peut accueillir plus de 1 900 véhicules, dont 840 répartis sur des cantilevers à cinq niveaux. Les VHU y restent au minimum 60 jours, le temps de finaliser les démarches administratives.

"À la réception sur notre site, les opérateurs prennent 27 photos du véhicule, sous tous les angles, et accessibles via le QR code qui lui a été assigné à son arrivée, détaille Julien Morichon, directeur du site opérationnel de GPA 60. Ces dernières permettent notamment de déterminer quelles opérations pourront être faites sur nos lignes de démontage".

Démontage, lavage et passage au studio

Le processus de démontage débute par le retrait des roues. Les jantes peuvent ensuite être revendues en l’état ou valorisées au prix de la matière, tandis que les pneus rejoignent une filière de recyclage dédiée. Puis, la batterie des véhicules thermiques est retirée, suivie des ouvrants (portes, capot, coffre…).

Lors de l’étape de dépollution, l’ensemble des fluides (carburants, lubrifiants, frigorigènes) est extrait. Les moteurs sont ensuite prélevés, après retournement du véhicule. Puis, ils sont transférés sur une autre ligne par des gerbeurs électriques. Les techniciens les démontent, les lavent et les photographient dans un studio 3D. La récupération des pièces de réemploi se poursuit ensuite sur la carcasse du véhicule. Une vérification finale permet de s’assurer que toutes les pièces valorisables ont bien été extraites avant l’envoi de la carcasse vers un broyeur.

L'industrialisation de l'ensemble de ces opérations permet de recycler chaque véhicule en quelques heures seulement. La mise en ligne de chaque référence permet ainsi d'alimenter les réparateurs en PRE. Ces composants sont proposés entre 50 % et 90 % moins cher que leurs équivalents neufs, tout en bénéficiant d’une garantie de deux ans grâce à la rigueur des procédures de démontage et de stockage mises en place par GPA.

Boîte automatique : un kit de réparation pour Jaguar et Land Rover

Dans les ateliers, les réparations du mécanisme de déverrouillage du sélecteur de boîte automatique de plusieurs modèles Jaguar et Land Rover peuvent rapidement se transformer en interventions lourdes. Jusqu’ici, la solution préconisée par le constructeur consiste à remplacer l’ensemble complet du sélecteur, une opération lourde et onéreuse pour le client comme pour le réparateur.

Avec sa nouvelle référence febi 199055, bilstein group entend changer cette logique. L’équipementier propose désormais un kit permettant de remplacer uniquement le composant défectueux du mécanisme. Cette solution intégrée à l’offre febiPLUS cible plusieurs modèles répandus sur le marché premium, dont la Jaguar XE (X760), le Land Rover Discovery Sport (L550), le Range Rover Evoque (L551) et le Range Rover Sport (L494).

Bilstein group renforce son offre technique

Dans ces véhicules, le bouton de déverrouillage du sélecteur peut présenter une usure prématurée. Or cette petite pièce joue un rôle clé dans le fonctionnement de la transmission. Lorsqu’elle est défaillante, il devient impossible d’engager une vitesse, immobilisant immédiatement le véhicule.

Jusqu’à présent, la réparation impliquait le remplacement complet du module de sélection. En isolant le composant incriminé, le nouveau kit permet de limiter l’intervention au strict nécessaire. Pour les réparateurs, l’intérêt est double : réduire le coût de la réparation et raccourcir le temps d’intervention, tout en apportant une réponse technique à un problème régulièrement rencontré en atelier.

Bilstein Group rappelle que cette nouvelle référence s’inscrit dans la gamme febiPLUS, née au début des années 2000, qui rassemble aujourd’hui plus de 2 100 pièces dites "captives". L’objectif est d’offrir aux garages indépendants des alternatives crédibles face aux solutions constructeurs, avec des réparations plus précises et économiquement pertinentes.